Archive for the ‘Santé’ Category

A Flint, mieux vaut ne pas boire pas l’eau du robinet…

4 janvier 2017

La ville de Flint, située au nord des États-Unis, dans l’État du Michigan, fait partie, comme sa voisine Detroit, située à quelques 120 km de là, de ces cités américaines qui ont fondé leur prospérité sur l’essor de l’industrie automobile et qui ont subi de plein fouet le déclin de cette dernière. La société Buick y a été fondée en 1908 et General Motors en 1911, fournissant de l’emploi à foison pour toute la région.

Chaîne de montage de l’usine Buick à Flint

Chaîne de montage de l’usine Buick à Flint

Durant près d’un siècle, toute la ville ou presque a vécu de l’industrie automobile, jusque dans les années 1990, lorsque les usines General Motors ont fermé et ont même été entièrement rasées, laissant place à de vastes friches industrielles entourées de clôtures grillagées en plein centre ville. En 25 ans, la ville a perdu un tiers de sa population qui dépasse désormais péniblement les 100 000 habitants. Plus de la moitié de la population y est noire et 42 % vit en dessous du seuil de pauvreté, tandis que le taux de criminalité y atteint des records. Maisons, écoles, supermarchés et casernes de pompiers, devenus inutiles, y sont détruits les uns après les autres tandis que la ville se meurt à petit feu.

En 2011, la ville, surendettée, est au bord de la faillite, au point que la municipalité est placée sous tutelle d’un administrateur d’urgence, nommé par le gouverneur républicain du Michigan, Rick Snyder. Les élus démocrates, qui sont à la tête de la ville depuis des décennies, sont accusés de clientélisme et de gabegie. Une cure d’austérité s’impose donc et les nouveaux responsables se lancent dans une chasse effrénée aux économies.

La rivière de Flint, nouvelle ressource en eau supposée potable (photo B. Pugliano / Getty)

La rivière de Flint, nouvelle ressource en eau supposée potable (photo B. Pugliano / Getty)

En avril 2014, c’est l’alimentation en eau potable qui est passée au crible de l’audit financier. Traditionnellement, la ville de Flint achète son eau à Detroit mais le coût de cet approvisionnement est jugé excessif par les ardents défenseurs de la rigueur budgétaire. Qu’à cela ne tienne, on décide du coup de pomper directement l’eau dans la Flint River qui traverse la ville, au moins pour quelques années, en attendant un hypothétique projet privé d’approvisionnement depuis le lac Huron, à la frontière canadienne.

Usine de traitement de l’eau à Flint (photo B. Carlsen / AFP)

Usine de traitement de l’eau à Flint (photo B. Carlsen / AFP)

La petite station de potabilisation vétuste est sommairement réhabilitée et pendant un an et demi, la ville va ainsi être alimentée par une eau fortement polluée, riche en métaux lourds et en germes pathogènes, et surtout fortement corrosive, au point d’attaquer sérieusement les conduites en plomb constituant l’essentiel du réseau de distribution d’eau supposée potable.

Très rapidement, la population se met à souffrir de vomissements et les pathologies s’accumulent. Depuis juin 2014, 87 cas de légionellose sont recensés, dont 10 s’avèrent mortels. Les autorités recommandent de faire bouillir l’eau et font appel à l’expertise de certaines sociétés dont Véolia qui préconisent des traitements chimiques mais ces derniers ne font qu’aggraver la corrosion des canalisations. Les cas de saturnisme se multiplient et General Motors, qui avait conservé sur place une usine de poids-lourds, finit par rétablir à ses frais, dès octobre 2014, une canalisation d’adduction d’eau depuis Detroit pour mettre fin aux graves problèmes de corrosion qui menacent ses propres installations industrielles !

Manifestation à Flint le 25 avril 2015 (photo J. May /Flint Journal)

Manifestation à Flint le 25 avril 2015 (photo J. May /Flint Journal)

Face à l’inertie des autorités, la population s’organise et plusieurs associations se créent, dont Flint Rising, pour dénoncer ce scandale et réclamer des solutions à la hauteur du problème. En octobre 2015, sous la menace de plusieurs recours en justice, les autorités finissent par rétablir l’alimentation par le réseau de Detroit. Mais il faut encore attendre le 8 janvier 2016 pour que le gouverneur décide enfin de déclarer l’état d’urgence sanitaire. Le 16, Barack Obama a même placé Flint en état d’urgence fédérale, afin d’accélérer la distribution d’eau en bouteille et de filtres, avec ces mots : « si j’étais en charge d’une famille là-bas, je serai hors de moi à l’idée que la santé de mes enfants puisse être en danger ».

Depuis, la situation s’améliore lentement mais les distributions d’eau potable se poursuivent en attendant que les canalisations de plomb, désormais gravement corrodées, puissent être progressivement changées afin qu’elles ne continuent plus à empoisonner la population, lentement mais sûrement. Plus de 27 000 enfants seraient ainsi menacés par une intoxication irréversible au plomb…

Distribution d’eau en bouteille à Flint en mai 2016 (photo AFP)

Distribution d’eau en bouteille à Flint en mai 2016 (photo AFP)

Dans un tel contexte, chacun règle ses comptes et les attaques en justice se multiplient. Même Véolia, qui n’est pourtant intervenu dans cette affaire que pour une expertise ponctuelle courant 2015, est attaqué par le procureur général depuis juin 2016 et va devoir s’expliquer devant la justice américaine, au même titre qu’un de ses concurrents, la société Lockwood, Andrews & Newnam.blog376_pheaupolluee

Beaucoup accusent les autorités d’avoir fait preuve d’un laxisme coupable dans une ville dont la population, majoritairement noire et pauvre, était considérée comme suffisamment passive pour supporter une telle situation et ne méritant pas d’investir plus que le strict minimum pour renouveler les infrastructures publiques. De ce point de vue, les reportages de Frédéric Autran, pour Libération, ou de Yves Eudes, paru dans le Monde, sont tout à fait instructifs…

On sait désormais, depuis le procès de Christine Lagarde, que pour les responsables politiques d’un certain niveau, la négligence en matière de gestion des affaires publiques, n’est qu’une faute vénielle qui ne mérite même pas d’être condamnée. Puisse néanmoins cet exemple amener nos élus à réfléchir aux conséquences des décisions qui sont prises sous le seul angle des économies à court terme, même si, à de multiples égards, la gestion de l’alimentation de l’eau en France n’est pas soumise à autant de risques de dérives qu’aux États-Unis, jusqu’à présent du moins…

L.V.  lutinvert1small

Pic de pollution : enfin une prise de conscience ?

10 décembre 2016

Les conditions météorologiques anticycloniques qui depuis plusieurs jours bloquent au niveau du sol de nos villes les polluants émis par les différentes activités humaines, ont au moins le mérite d’attirer l’attention sur un phénomène chronique de pollution qui nous empoisonne à petites doses. Sans atteindre les niveaux de pollution records que subissent certaines métropoles asiatiques, la situation en France n’est pas des plus rassurantes et les pics de pollution permettent de faire resurgir périodiquement un sujet que chacun s’évertue à glisser discrètement sous le tapis.

Pic de pollution sur Paris (photo M. Astar / SIPA)

Pic de pollution sur Paris (photo M. Astar / SIPA)

Rappelons que, selon un rapport publié par le Sénat en juillet 2016, le coût de la pollution de l’air en France est évalué à plus de 100 milliards d’euros par an ! Soit le montant total que le candidat de la Droite François Fillon prétend faire économiser en 5 ans au budget de la Nation en s’attaquant à la réduction des dépenses publiques en en supprimant des postes de fonctionnaires…

Peut-être que quelqu’un devrait lui souffler qu’il y a d’autres urgences et d’autres priorités auxquelles s’attaquer qui permettraient au pays d’économiser bien davantage tout en améliorant le bien-être des Français ? La pollution de l’air par les particules fines tue chaque année 48 000 personnes en France, soit autant que l’alcool, selon un rapport de Santé publique France publié en juin 2016, sans compter tous ceux qui souffrent d’asthme chronique ou d’insuffisance respiratoire. N’oublions-pas d’ailleurs que, bien plus que les pics de pollution, c’est la pollution chronique de tous les jours qui, par son accumulation, est à l’origine de la plupart de ces décès prématurés.

blog367_phvoituresOn a beaucoup parlé de la mise en place de la circulation alternée cette semaine à Paris et en proche banlieue, comme cela se pratique depuis 1988 à Mexico ou depuis 2008 à Pékin notamment. Mais de nombreux autres agglomérations françaises ont été confrontées au même problème, y compris certains territoires pourtant urbanisés mais soumis à des activités industrielles polluantes et à des conditions topographiques défavorables, comme c’est le cas dans la vallée de l’Arve en Haute-Savoie par exemple.

Les causes de ces émissions polluantes sont parfaitement connues, liées en partie à certaines activités économiques, dont les rejets industriels et les épandages agricoles, mais principalement au chauffage urbain et surtout au trafic routier. De ce point de vue, la mise en place prochaine des certificats de qualité de l’air des véhicules « Crit’Air » permettra peut-être d’améliorer la lutte contre la pollution de l’air. Elle devrait en particulier conduire la ville de Paris à bannir progressivement les voitures et deux-roues polluants, et à prolonger son action très volontaire sur le sujet, avec notamment l’interdiction des véhicules diesel polluants annoncée en juillet dernier.

Plus largement, comme l’indique La Gazette des Communes, ce sont les territoires couverts par un plan de protection de l’atmosphère (PPA) qui pourront mettre en place des zones de restriction de circulation en s’appuyant sur ces certificats. La métropole de Grenoble qui poursuit également une politique très volontariste en la matière, devrait s’en emparer après avoir déjà réduit la vitesse maximale en ville à 30 km/h depuis le 1er janvier 2016.

Mais ces politiques restrictives quant à l’usage en ville des véhicules les plus polluants ne sont efficaces et acceptées que si l’on développe en parallèle des programmes ambitieux de développement des modes doux de déplacement urbain et des transports publics performants. De ce point de vue, l’aire urbaine marseillaise, l’une de celle où l’air est de loin le plus pollué, a accumulé un très grand retard depuis des années.

Embouteillage à Marseille (photo B. Horvat / AFP)

Embouteillage à Marseille (photo B. Horvat / AFP)

Depuis que la métropole est enfin en place, les choses commencent doucement à avancer mais le chemin est encore long ! Après 6 mois de débat interne, la métropole Aix-Marseille-Provence vient en effet tout juste d’accoucher de son « agenda de la mobilité » qui sera soumis au vote des élus le 15 décembre 2016 mais qui a déjà été présenté en avant-première au ministre des transports Alain Vidalies le 29 novembre dernier par Jean-Claude Gaudin et le vice-président de la Métropole en charge des transports, Jean-Pierre Serrus, par ailleurs maire de La Roque-d’Anthéron, avant même d’être présenté aux élus locaux le 2 décembre.

L’objectif affiché dans ce plan est ambitieux puisqu’il s’agit d’ici 2025 ni plus ni moins que de « doubler l’usage des transports en commun d’échelle métropolitaine et augmenter de 50 % celui des transports locaux ». Pour cela, l’accent est mis sur la constitution d’un réseau principal de lignes métropolitaines : dix par autocar (merci Macron!), trois par train et une via le tram-train ainsi qu’un téléphérique pour relier le Vieux-Port à Notre-Dame de La Garde, avec en parallèle la constitution de nouveaux pôles d’échange et l’aménagement de voies dédiées le long des grands axes, ce qui nécessitera d’importants travaux d’infrastructures dont le coût a été évalué à 3,45 milliards d’euros d’ici 2025 et 9,8 milliards d’ici 2035 en intégrant la gare souterraine de Saint-Charles et la nouvelle ligne ferroviaire PACA.

Le futur réseau structurant de la métropole marseillaise

Le futur réseau structurant de la métropole marseillaise

Dans l’immédiat, l’agenda met aussi l’accent sur les mesures de simplification et de mise en cohérence de la tarification et de la billetique, ce qui ne sera pas un luxe dans un paysage pour l’instant très éclaté où l’usager se perd totalement. Le calendrier prévoit d’ailleurs que la première étape du projet consiste à trouver un nom au futur réseau de transport métropolitain, une étape cruciale qui devrait susciter d’âpres débats…

Calendrier du futur Agenda de la mobilités

Calendrier du futur Agenda de la mobilités

Reste bien entendu à financer un plan d’une telle ampleur, sachant que la Métropole, totalement engluée dans les nombreux projets déjà engagés que lui ont légués de force lors de sa création les intercommunalités du périmètre, est bien incapable d’investir dans ce domaine plus d’une centaine de millions d’euros par an, alors qu’il en faudrait trois fois plus pour mettre en œuvre cet agenda. Sans compter que la Métropole ne dispose évidemment pas des ressources humaines nécessaires pour suivre la conception et la réalisation d’un tel programme d’investissement. Comme d’habitude, les collectivités locales comptent donc sur l’État pour les accompagner dans cette voie, avec la mise en place d’une structure dédiée, sur le modèle de la Société du Grand Paris, chargée de la maîtrise d’ouvrage de l’extension du réseau de transports publics dans la métropole parisienne.

Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Métropole en charge des transports

Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Métropole en charge des transports

Sauf qu’à la différence des élus parisiens, leurs homologues marseillais n’ont pas la moindre intention de passer par la phase préalable du débat public pour consulter sur le projet pour lequel ils se sont laborieusement mis d’accord. Pas question en effet de perdre du temps en consultant les usagers comme l’exprime crûment l’élu en charge du dossier, Jean-Pierre Serrus, qui balaye l’argument d’un revers de main : « nous avons, nous les élus, la légitimité du suffrage universel pour pouvoir prendre en main dès la première année de la construction métropolitaine ce sujet qui empoisonne la vie des habitants : on assume ».

Voilà au moins qui a le mérite de la clarté et qui devrait redonner espoir aux habitants de l’aire métropolitaine coincés matin et soir dans les embouteillages ou attendant désespérément un train ou un bus retardé ou annulé : leurs élus, même s’ils n’ont jusqu’à présent pas fait grand-chose pour améliorer la situation, savent parfaitement ce qu’il convient de faire pour y remédier dans les moindres délais. Nous voilà complètement rassurés !

L.V.  lutinvert1small

Alors, la vaccination, est-ce bien utile ?

26 octobre 2016

afficheconfvaccination« Vaccination : agression ou protection » tel était le titre de la conférence donnée par Annick Guimezanes et Marion Mathieu, invitées par le Cercle Progressiste Carnussien le jeudi 6 octobre 2016 au Clos Blancheton à Carnoux devant une trentaine de personnes.

Annick Guimezanes est chercheuse émérite à l’Inserm, plus précisément au Centre d’Immunologie à Marseille Luminy. Elle participe depuis 2009 à des formations en immunologie auprès d’associations de malades. Marion Mathieu est docteur en biologie, formatrice dans « Tous chercheurs », association qui s’est donnée pour mission d’initier le public à la démarche scientifique et au milieu de la recherche, sur des thèmes très variés tels que la vaccination, les essais cliniques, les tests génétiques, etc.

Les deux conférencières à Carnoux le 6 octobre 2016

Les deux conférencières à Carnoux le 6 octobre 2016

Si le principe de la vaccination reste constant, les vaccins, eux, ont beaucoup évolué et se sont diversifiés depuis les débuts. Dans le même temps la perception de la population vis-à-vis de la vaccination est passée d’un accueil positif à une solide implantation. Face à cette reconnaissance, on assiste depuis quelques années à la montée de réticences tant vis-à-vis des produits que du principe même de la vaccination généralisée.

phpasteurSi la première vaccination contre la variole, avec la vaccine des vaches par E. Jenner remonte à 1796, ce n’est que dans les années 1860-1870 avec L. Pasteur en France et R. Koch en Allemagne que l’on prend conscience qu’un microbe est responsable de la maladie (bactérie ou virus) et qu’on commence à mettre au point des vaccins grâce à l’injection de la maladie atténuée.

Un rappel du mécanisme de la réponse immunitaire a permis aux intervenantes de mieux faire comprendre la vaccination. La réponse immunitaire à une infection, se fait en deux temps  une réponse innée rapide mais peu spécifique puis une réponse adaptative, plus spécifique et qui garde la mémoire de cette première rencontre avec le microbe. Cette mémoire permettra de répondre beaucoup plus vite lors d’un nouveau contact avec le même microbe. Le principe de la vaccination utilise cette mémoire immunitaire et permet de s’immuniser avec un microbe atténué, pour répondre très vite et sans être malade si l’on est un jour en contact avec le vrai microbe (voir le schéma).

schemareponseimmunitaire

Il existe deux grands types de vaccins :

– les vaccins vivants atténués. Le microbe a été rendu moins virulent, pour créer chez la personne vaccinée, une infection avec peu ou pas de symptômes. C’est le cas en France pour plusieurs vaccins dirigés contre des virus : poliomyélite (vaccin oral), rougeole-oreillons-rubéole (ROR), varicelle… et une bactérie, la tuberculose ou bacille de Calmette et Guérin : BCG

– les vaccins non vivants ou inactivés. Ils peuvent contenir le microbe entier tué, des fragments de microbe ou la toxine produite par le microbe, qui est alors inactivée. Pour obtenir une meilleure réponse protectrice, depuis la fin des années 1920 des adjuvants ont été utilisés avec les vaccins non vivants qui constituent la plupart des vaccins.

livre-vaccinationBeaucoup de critiques et de méfiance proviennent de l’utilisation des adjuvants. Ces derniers sont nécessaires et on ne sait pas toujours comment ils interviennent. Les sels d’aluminium sont les plus anciens adjuvants utilisés depuis 1926. On sait depuis peu (2009) qu’ils stimulent la réponse du système immunitaire inné, en jouant le rôle du signal de danger. On les soupçonne aujourd’hui d’être, tout comme les déodorants à aluminium, plus ou moins associés à la myofasciite à macrophages, une maladie très rare caractérisée par des lésions musculaires infiltrées par des macrophages.  L’aluminium qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années reste l’adjuvant le plus utilisé, mais de nombreux autres adjuvants sont testés aujourd’hui, pour trouver la « perle rare » qui n’aurait pas d’effets secondaires.

Comment imaginer la couverture vaccinale : la notion d’immunité de groupe

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Ce tableau nous permet d’apprécier que dans une population vaccinée les risques de propagation d’une épidémie sont faibles, les non vaccinés étant protégés par les vaccinés. A cela il faut cependant ajouter que l’immunité n’est pas pérenne, il y a nécessité de faire des rappels. Aujourd’hui avec le recul on s’aperçoit que l’efficacité des vaccins est plus longue que prévue, et pour les rappels, on parle d’âges de vaccination après l’enfance : à 25, 45 et 65 ans.

dessinterrorismeDans la législation française, la confusion existe entre l’obligation et la recommandation des vaccins. C’est une opposition historique qui n’a aucune relation avec la gravité des maladies dont ils nous protègent. Les vaccins les plus anciens (diphtérie, tétanos et poliomyélite) sont obligatoires et exigés pour l’inscription des enfants à l’école, et les autres sont recommandés mais tout aussi importants. Le vaccin est un médicament tout à fait particulier. On a en effet le sentiment de prendre des risques alors qu’on n’est pas malade. On voit beaucoup moins clairement le rapport bénéfice/risque que pour un médicament classique.dessinrats

Dans ce climat de défiance on a fait ainsi la relation entre la vaccination de l’hépatite B et la sclérose en plaque (SEP). La campagne de vaccination qui ne devait concerner que les nourrissons et les enfants de 10/11 ans, a été étendue à un grand nombre de personnes. On a constaté un nombre de cas de SEP qui a paru anormalement élevé parmi les personnes vaccinées.

Depuis, de nombreuses études rétrospectives ont été menées sur cette relation possible. Le consensus actuel dans la communauté scientifique est une absence de causalité : si on compare une population importante de gens vaccinés et non vaccinés on trouve la même proportion de cas de SEP dans les deux populations (environ 1 personne sur 10 000). Quant à la relation entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole et l’autisme, il s’agissait d’une fraude scientifique. La publication relative à ce prétendu lien a été retirée et son auteur a été radié de l’ordre de médecins. Dans un cas comme dans l’autre, la première « information scandale » circule vite tandis que le résultat des études qui contredisent ces informations ne fait plus l’objet de l’attention du public !dessingrippea

Pour d’autres raisons, l’épisode de la grippe H1N1 particulièrement mal géré en France a contribué aussi à la perte de confiance dans la vaccination. La couverture vaccinale des personnes âgées, à risque pour la grippe est passée de 65% en 2008 à 50% en 2013. Alors que 90 % des français se déclaraient favorables à la vaccination en 2000, ils n’étaient plus que 60 % en 2010. Ne rejoint-on pas un comportement général essentiellement individualiste qui ne perçoit plus l’intérêt que l’on prenne un peu de risque pour une protection individuelle et collective ?

On a pu ainsi apprécier combien il était important d’avoir une remise à jour des informations sur des notions parfois trop rapidement mises à mal par des désinformations qui circulent souvent sur internet. Merci vraiment à nos deux conférencières

Après la réponse aux nombreuses questions du public, le verre de l’amitié nous a permis de poursuivre des échanges sur cette question et sur bien d’autres, naturellement !!!

Cécile Tonnelle

Land Art à Carnoux-en-Provence

22 octobre 2016

La jeune ville de Carnoux qui fête cette année son jubilé se verrait-elle honorée par une installation artistique récemment apparue en différents points de la ville ?Blog324_PhJubile

Depuis cet été, nous avons constaté le surgissement d’éléments métalliques ou de béton de couleur orange (couleur retenue avec le vert olive pour le visuel du jubilé) qui ponctuent un itinéraire depuis le quartier des Barles jusqu’aux abords de la départementale en direction de Cassis.

Quel artiste se réclamant du Land Art a-t-il pu ainsi œuvrer sur le territoire de notre commune ?

Pour information, le land art est une tendance de l’art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, eau, rocher, etc.). Le plus souvent, les œuvres sont en extérieur, exposées aux éléments, et soumises à l’érosion naturelle. Ce courant est apparu aux Etats Unis au début des années 1970.

Dans notre région et plus précisément sur un territoire proche de Digne les Bains, l’artiste Andy Goldsworthy a créé à partir de la fin des années 1990 un parcours jalonné par des constructions de pierres récoltées sur place,  intitulées Refuges, abris réels ou fictifs.

Andy Goldworthy, Sentinelle Vallée de l’Asse, 2001

Andy Goldworthy, Sentinelle Vallée de l’Asse, 2001

Dans le cas qui nous interroge, nous rencontrons une combinaison entre Land Art et sculpture avec une référence à des œuvres comme celle  ci-dessous d’Alain Kirili, Oratorio de 1988, qui est composée de plusieurs blocs d’aluminium forgé. Aluminium, bauxite…. Il y a peut-être là une piste à explorer ?

Oratorio, d’Alain Kirili, 1988

Oratorio, d’Alain Kirili, 1988

En s’approchant des objets surgis dans notre paysage urbain carnussien, nous découvrons que chaque objet, plutôt qu’un cartel comme c’est le cas dans les musées ou les galeries, porte une plaque qui  indique « Alteo, borne n°… » et la mention « conduite sous pression ».

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Alteo n’est pas le pseudonyme d’un artiste, c’est le nom de l’entreprise internationale dont l’usine de Gardanne a rejeté pendant de trop nombreuses années ses fameuses boues rouges en Méditerranée dans la fosse de Cassidaigne située au large de Cassis !

Pour informer les riverains des canalisations sur l’installation des bornes oranges, l’entreprise Alteo leur a adressé en août 2016 un courrier nominatif émanant du responsable Santé, Sécurité Environnement qui précise qu’ « Alteo s’est engagé à mettre en place des éléments de repérage de  cette canalisation » souterraine qui traverse notre ville « afin d’éviter tout risque de dégradation lors de travaux ».

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En effet, s’il n’y a plus de boues rouges qui circulent dans le sous-sol de Carnoux, il subsiste des eaux industrielles sodiques (PH12 environ dixit la note). Rappelons que le PH (potentiel hydrogène) de degré 12 est celui de l’eau de Javel !

Loin d’un parcours artistique, Alteo a mis en place différents éléments de repérage à caractère préventif, bases aériennes hors du sol, bornes en béton et plaques avec sous plaques, toutes équipées de plaques d’identité informatives.

Voila, l’énigme des bornes oranges est levée. Il ne s’agissait pas d’une intervention artistique, mais alors pourquoi ne pas envisager l’installation d’une véritable œuvre d’art contemporain à Carnoux ?

MM

L’ogre Monsanto va t-il disparaître ?

15 octobre 2016

Pour quiconque s’intéresse un tant soit peu au fonctionnement de l’agriculture moderne et à ses effets délétères sur l’environnement, la firme américaine Monsanto, leader mondial des semences OGM, fait figure de repoussoir universel ! On ne compte plus les reportages qui dénoncent le rôle de cette multinationale toute puissante qui contrôle une large part du marché mondial des semences et poursuit en justice les paysans qui s’obstinent à vouloir produire leurs propres semences à partir d’une sélection de leur récolte, comme des générations de paysans l’ont fait avant eux. En France, une loi récente a redonné un peu d’espace de liberté aux agriculteurs dans ce domaine, mais dans de nombreux pays, Monsanto n’hésite pas à les traduire en justice pour cela afin d’assurer sa suprématie commerciale.

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Pour la plupart des tenants d’une agriculture raisonnée et les défenseurs de l’environnement, le nom de Monsanto est détesté. La firme fait d’ailleurs l’objet depuis le 12 octobre 2016 d’un procès retentissant, accusée de « violations des droits humains, crimes contre l’humanité et écocide » par un tribunal international citoyen qui siège à La Haye. Son crime : avoir commercialisé des produits dangereux responsables de la mort de milliers de personnes. Parmi ces produits toxiques, les polychlorobiphényles (PCB), le Lasso (un herbicide cancérigène, interdit en Europe depuis 2006), le glyphosate (un herbicide connu sous la marque Roundup et dont l’Union européenne vient de prolonger l’autorisation d’usage !) ou encore l’acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique, le fameux « agent orange », un puissant défoliant pulvérisé par avion au-dessus des forêts par l’armée américaine durant la guerre du Vietnam.

blog351_dessintribunalCertes, ce procès, pour le financement duquel a été monté une vaste opération de financement citoyen, est largement symbolique et d’ailleurs la firme Monsanto a refusé d’y participer pour se défendre. Les membres du tribunal n’en sont pas moins des juges professionnels aguerris en matière de droit pénal international et parmi le comité de direction de cette initiative, on retrouve de vrais spécialistes du sujet, dont l’avocate et ancienne ministre de l’environnement Corine Lepage, la journaliste Marie-Monique Robin, auteur du documentaire « Le monde selon Monsanto » ou encore l’ancien Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter.

Au delà du cas Monsanto, emblématique des pires excès du business de l’agro-alimentaire industriel, responsable de l’empoisonnement de milliers de personnes sur la planète, mais aussi de l’accélération de la perte de biodiversité, l’enjeu de ce tribunal est aussi de mettre en évidence l’ampleur des stratégies de désinformation, de corruption et de lobbying qui ont permis à la firme américaine d’imposer ses produits à travers le monde entier malgré leurs effets redoutables sur la santé humaine et sur l’environnement.

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Et voila que l’on apprend que la firme Monsanto est sur le point de disparaître, rachetée par un de ses concurrents, le géant allemand Bayer, pour la modique somme de 59 milliards d’euros ! Il faut dire que la firme américaine avait eu un petit coup de mou avec une baisse de 15 % de son bénéfice en 2015, mais elle avait déjà annoncé la suppression de 3 600 emplois d’ici 2018, histoire de redresser la barre…

En tout cas, la fusion du leader des semences et du roi des pesticides ne va pas passer inaperçue dans le paysage agricole mondial… Le chiffre d’affaire annuel des deux sociétés est de 23  milliards d’euros et elles comptent pas moins de 140 000 salariés à travers le monde. Mais surtout, après la fusion, le groupe contrôlera 24 % du marché mondial des pesticides et 30 % de celui des semences. De quoi se placer en bonne position dans le grand Monopoly mondial auquel jouent les six grands qui se partagent le marché.

blog351_phbourseEn décembre 2015, les deux géants américains Dow Chemical et Dupont de Nemours avaient déjà fusionné pour 130 millions de dollars. Monsanto avait alors tenté de racheter le suisse Syngenta dont les frasques judiciaires ont déjà été évoquées ici, mais c’est finalement le Chinois ChemChina qui l’a absorbé pour la somme conséquente de 43  milliards de dollars. Les trois mastodontes ainsi créés vont désormais contrôler à eux trois 60 % des semences et 75 % des produits phytosanitaires vendus sur la planète. Pas très rassurant pour l’avenir des agriculteurs et celui de notre environnement…

Du coup, il paraît probable que le nom de Monsanto, honni à travers toute la planète par des cohortes de petits agriculteurs et les défenseurs de la biodiversité, va disparaître, histoire de se refaire une virginité. On peut d’ailleurs faire confiance aux communicants pour dénicher un autre nom que celui de Bayer dont la réputation n’est pas moins ternie par des décennies de bonnes affaires.

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Rappelons en effet au passage que cette dernière société, dont selon une analyse d’Agoravox, les principaux actionnaires sont désormais des fonds d’investissement américains, est l’héritière de la firme allemande IG Farben, qui fournissait le Reich en Zyklon B, pour l’alimentation des chambres à gaz des camps d’extermination, après avoir été l’inventeur du gaz moutarde largement utilisé sur les champs de bataille de la première guerre mondiale. La société avait d’ailleurs été condamnée lors du procès de Nuremberg pour avoir acheté des déportés du camp d’Auschwitz à des fins de cobayes. Ses produits phares que sont les insecticides Gaucho et Regent, accusés d’exterminer les abeilles, sont également de sinistre mémoire, mais chacun sait bien qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs…blog351_dessinfusion

La stratégie d’intégration menée par Bayer et Monsanto ne manque en tout cas pas de clairvoyance. En fournissant à la planète entière semences, engrais et pesticides mais aussi de plus en plus conseils techniques et encadrement, ils transforment peu à peu les agriculteurs en de simples opérateurs industriels totalement à leur merci. Et s’ils tombent malades du fait de l’ingestion massive des produits toxiques utilisés pour les traitements phytosanitaires, c’est encore Bayer qui leur vendra à prix d’or les médicaments anti-cancéreux dont ils ont besoin.

blog351_dessindangerLa fusion entre Monsanto et Bayer laisse en effet entrevoir un avenir radieux pour la profitabilité des actionnaires du monstre ainsi créé qui maîtrisera à la fois la production alimentaire mais aussi les traitements pharmaceutiques nécessaires pour corriger les dégâts collatéraux malencontreusement causés par une industrie agroalimentaire peu regardante en matière environnementale. La tentation serait même grande pour arrondir les dividendes des actionnaires, d’introduire dans les semences des modifications génétiques porteuses de maladies dont la firme fournirait en parallèle le traitement médical approprié. Un vrai jackpot en perspective !

L.V. LutinVert1Small

Rappel : conférence sur la vaccination !

5 octobre 2016

C’est demain soir, jeudi 6 octobre à 18h30, que se tiendra la prochaine conférence du Cercle Progressiste Carnussien sur le thème suivant : Vaccinations : agression ou protection ?

Compte tenu de l’importance de ce sujet à un moment où l’absence de vaccination engendre des conséquences en matière de santé publique, et alors que certains s’interrogent sur les éventuels effets secondaires des vaccinations, ce sera l’occasion de dialoguer avec les deux intervenantes, Annick Guimezanes, immunologiste et chercheuse honoraire INSERM, et Marion Mathieu, formatrice scientifique, qui tenteront de répondre à toutes les questions que chacun se pose.
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Alors venez nous rejoindre pour cette conférence gratuite à 18H30 dans la salle du clos Blancheton à Carnoux !

La France toxique passée à la loupe

26 septembre 2016

C’est un vrai travail de Romains auquel s’est livré l’association Robin des Bois. Son rapport sobrement intitulé « l’Atlas de la France Toxique » qui a été publié en mai 2016 aux éditions Arthaud et qui contient pas moins de 36 cartes des sources de pollution recensées en France est le fruit d’un énorme travail de recherche collective dans les archives et d’investigations tous azimuts, pour arriver à mettre en évidence la répartition géographique des périls qui nous menacent.blog346_phrapport

L’inventaire n’est certainement pas exhaustif mais il est déjà bien assez inquiétant. Sont passés en revue non seulement les paramètres classiques liés à la qualité de l’air où à celle des eaux, mais aussi les cyanobactéries dans les eaux de baignades, les risques sanitaires liés à la consommation de coquillages ou aux piqûres des moustiques tigres, les stockages de déchets radioactifs en milieu hospitalier et universitaire, les munitions abandonnées à l’issue des dernières guerres, les sols pollués par d’anciennes activités industrielles, les pesticides issus de l’agriculture intensive ou encore la présence d’amiante dans de nombreux bâtiments et aménagements urbains. Un vrai cauchemar d’écologistes !

blog346_phlogoL’association Robin des Bois, créée en 1985 par des pionniers de la défense de l’environnement qui tentent de se battre, par la dénonciation verbale et non violente, contre toutes les agressions portées à notre environnement, n’en est pas à son coup d’essai. S’appuyant sur un vaste réseau de militants et de scientifiques, elle agit en menant des investigations de terrain, en publiant des synthèses bibliographiques et des rapports, mais aussi en interpellant les responsables politiques et en participant à des groupes de concertation institutionnels.

Robin des Bois publie ainsi deux bulletins d’information trimestriels en français et en anglais qui sont devenus de véritables outils de référence. « A la casse », édité depuis 2006 s’intéresse aux chantiers de démolition de navires et « A la trace », publié depuis 2010, traque à travers le monde les actes de braconnage et de contrebande d’espèces animales menacées, deux chevaux de bataille pour cette association agréée au titre de la protection de l’environnement.

Décharge sauvage en Guadeloupe (photo Robin des Bois)

Décharge sauvage en Guadeloupe (photo Robin des Bois)

L’association se mobilise aussi, souvent aux côtés de riverains qui l’ont alertée, contre certaines dégradations environnementales et pollutions locales, depuis le dépôt de déchets sauvages en bord de rivières jusqu’à la construction de bâtiments publics sur d’anciens sites industriels pollués en profondeur. C’est ce travail d’accompagnement et d’investigation sur le terrain qui l’a amenée à fouiller dans les archives pour réaliser des inventaires d’anciennes usines à gaz ou de sites pollués aux PCB par exemple, constituant ainsi au fil du temps une véritable mine de renseignements qui a été valorisée pour établir ce récent Atlas de la France Toxique qui fait référence.

Outre les cartes de France qui sont présentées dans cet atlas aussi original qu’inquiétant, l’étude fait un focus intéressant sur cinq grande agglomérations françaises : Paris, Lyon, Strasbourg, Toulouse et Marseille. Et là, bien entendu, il n’y a aucune surprise : la métropole marseillaise remporte haut la main le concours de l’agglomération urbaine la plus polluée de France !

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Certes, l’agglomération parisienne n’est pas mal placée non plus, bien que sur la troisième marche du podium derrière celle de Lyon et son remarquable couloir de la chimie. Ses cours d’eau sont fortement déconseillés à la baignades et leurs sédiments sont très largement chargés en PCB tandis que l’air est chargé en particules fines, dioxyde d’azote et benzène cancérogène. On relève aussi à Paris et en proche banlieue un nombre impressionnant de cas de saturnisme liés aux peintures au plomb très fréquentes sur les murs des logements anciens. On y recense enfin pas moins de 35 sites connus d’entreposage de sources radioactives disséminés dans des centres de recherche, des entreprises ou des hôpitaux.

Mais Robin des Bois met aussi l’accent sur d’autres sources de risque sanitaire moins connues dont le crématorium du Père Lachaise qui compte parmi les principaux émetteurs de mercure en région parisienne, du fait de la fusion des amalgames dentaires, ou encore les enrobés à base d’amiante qui ont été appliqués pendant des années entre 1970 et 1995 sur la plupart des chaussées pavées pour les rendre plus confortables à la circulation. Les fibres d’amiante avaient pour but de rendre ces revêtements routiers plus durables mais l’usure progressive de la couche de roulement libère progressivement les fibres d’amiante dans l’air ambiant . Un problème identifié en 2013 et qui va nécessiter de traiter des centaines de kilomètres de voirie…

blog346_cartemarseilleQuant à l’agglomération marseillaise, elle détient la palme de l’air le plus irrespirable de France avec une concentration en particules fines qui s’élève en moyenne annuelle à 31,8 µg/m3 (contre 29,5 à Lyon et 27 à Paris), alors même que l’OMS recommande un maximum de 20 µg/m3 en moyenne annuelle. Sont pointés également les anciens sites industriels côtiers déjà évoqués ici où les concentrations en plomb et en arsenic dépassent tous les seuils autorisés, y compris dans des sites de baignade très fréquentés, mais aussi les sédiments portuaires de la Lave et de l’anse de l’Estaque, très riches en arsenic et en mercure.

Robin des Bois s’attarde quelque peu sur les eaux de l’Huveaune et de quelques cours d’eau côtiers, réceptacles de nombreux déchets et rejets peu ragoûtants, et qui charient des monceaux d’immondices et de germes fécaux sur les plages à chaque orage, au point que certains ont surnommé la plage du Prado « épluchures beach ».

Incendie sur la Gineste le 5 septembre 2016 (photo F. Speich / La Provence)

Incendie sur la Gineste le 5 septembre 2016 (photo F. Speich / La Provence)

La question des feux de forêts en limite de zone urbanisée est également pointée comme un risque très présent et ceci a été très largement confirmé par les nombreux incendies qui se sont produits cet été, après la parution de l’atlas donc, et qui se sont notament traduits par la disparition de 375 ha le 15 juillet sur la Côte Bleue, puis le 10 août de 800 ha autour de Fos-sur-Mer et de 2700 ha sur le plateau de Vitrolles, avant les 390 ha partis en fumée dans les calanques le 5 septembre dernier.

Navire de croisière à quai devant Notre-Dame de la Garde (photo G. Julien / AFP)

Navire de croisière à quai devant Notre-Dame de la Garde (photo G. Julien / AFP)

De nombreuses autres sources de pollution sont pointées par l’étude de Robin des Bois, dont celle provoquée par les bateaux de plaisance et de tourisme qui sillonnent nos côtes en brûlant des millions de litres de gasoil. Le sujet avait déjà fait débat lors de la création du Parc national des Calanques et des aides ont été accordées pour que les navires qui organisent les visites des calanques par la mer se modernisent quelque peu, mais on est encore loin du compte ! A une tout autre échelle, il faut en effet savoir que les quelques 500 gigantesques bateaux de croisière qui font escale chaque année dans le port de Marseille laissent tourner en permanence leurs générateurs au fuel lourd pour assurer un confort maximal à leur passagers… Les ferries en faisaient autant avec leurs moteurs diesel auxiliaires jusqu’en 2015 faute de pouvoir accéder à des branchements électriques à quai. Les choses progressent donc peu à peu mais le chemin restant à parcourir pour que l’agglomération marseillaise s’affranchisse de ses nombreuses sources de pollution résiduelles reste long…

L.V.  LutinVert1Small

Vaccination : agression ou protection ?

24 septembre 2016

Tel est le sujet de la prochaine conférence qui est organisée par le Cercle Progressiste Carnussien et qui se tiendra à Carnoux-en-Provence, le jeudi 6 octobre 2016 à 18h30 dans la salle du Clos Blancheton, située en haut de la rue Tony Garnier, derrière la mairie. Librement accessible à tous, cette conférence destinée à un large public abordera toutes les questions que chacun se pose au sujet de la vaccination, enjeu essentiel en matière de santé public mais aussi source de controverses et de peurs plus ou moins rationnelles.

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Voici un petit aperçu des principaux thèmes qui seront abordés lors de cet échange :

Qu’est-ce que la vaccination ? De quoi sont faits les vaccins ? Comment nous protègent-ils ? Qu’est-ce que la couverture vaccinale ?

livre-vaccinationLa vaccination occupe une place particulière dans le paysage biomédical par les débats qu’elle suscite. En effet, si le principe de la vaccination reste constant, les vaccins eux, ont considérablement évolué et se sont diversifiés depuis leurs débuts. Dans le même temps, la perception de la population à l’égard de la vaccination est passée successivement de débuts héroïques, à une solide implantation dans le paysage sanitaire, et aujourd’hui à la montée de réticences d’une partie de la population tant vis-à-vis des produits que du principe même d’une vaccination généralisée.

Si ces questions vous intéressent, cette conférence est l’occasion d’en savoir plus sur le fonctionnement du système immunitaire, sa réaction à une infection. La conférence sera animée par Annick Guimezanes, chercheuse honoraire à l’Inserm, au Centre d’Immunologie de Marseille Luminy, et Marion Mathieu, biologiste, formatrice scientifique de l’Association Tous Chercheurs*, à Luminy. Cette conférence sur les vaccins est née d’une demande de patients atteints de maladies auto-immunes, qui ne trouvaient pas de réponses à leurs questions sur la vaccination : elle a été donnée dans le cadre des Séminaires Ketty Schwartz organisés par l’Inserm pour informer les membres d’associations de malades.livre-vaccination-2

Après avoir rappelé ce qu’est une infection et comment fonctionne le système immunitaire, elles vous raconteront comment sont fabriqués les vaccins, quel est le rôle des adjuvants, et nous évoquerons les controverses récentes autour de la vaccination.

Au moment où des informations contradictoires circulent sur les vaccins, cette conférence dressera un état des lieux de la vaccination et vous donnera des clés de compréhension sur la vaccination

Cette rencontre abordera les aspects biomédicaux mais aussi les aspects historiques et sociétaux qui entourent la question de la vaccination.

Annick Guimezanes et Marion Mathieu

 

 

*L’association Tous Chercheurs, située sur le Campus Universitaire de Luminy, a pour projet d’initier un large public à la démarche scientifique. Elle reçoit des lycéens et des patients dans des locaux dédiés permettant au public d’expérimenter, pour mieux comprendre.

A Cassis, polémique autour des rejets d’eaux usées

7 août 2016

C’est une vidéo diffusée sur le site de l’association Nox Diving la veille du week-end de Pâques en avril 2016, qui a mis le feu aux poudres et déclenché une belle polémique. On y voit l’apnéiste Michel Dron plonger dans la baie de Corton à Cassis, pour aller explorer l’exutoire des canalisations souterraines par où sont rejetées les eaux issues de la station d’épuration de Cassis, à quelques mètres seulement de profondeur et à moins de 100 m du rivage, dans un secteur très fréquenté par les baigneurs et les plaisanciers.

Panache d'eau usée en sortie de la canalisation (capture écran vidéo Nox Diving)

Panache d’eau usée en sortie de la canalisation (capture écran vidéo Nox Diving)

L’association Nox Diving, qui s’était déjà distinguée par une belle vidéo montrant un plongeur en train d’évoluer en apnée le long des canalisations qui rejettent en mer les fameuses boues rouges de l’usine Altéo de Gardanne depuis le puits d’accès de Port-Miou, a réussi là un beau coup de communication qui a été largement repris par de nombreux médias dont France Bleu, FR3 ou le Nouvel Obs.

Emissaire à Cortiou

Emissaire à Cortiou

Le 28 juillet dernier, c’est même l’émission Envoyé Spécial, diffusée par France 2 qui a repris ces images pour diffuser un reportage choc, intitulé « Calanques en eaux troubles » qui dénonce, outre ce rejet des eaux usées à Cassis, l’arrivée en mer, dans le Parc National des Calanques, des rejets industriels de l’usine d’alumine de Gardanne, mais aussi des eaux issues de la station d’épuration de l’agglomération marseillaise à Cortiou, ainsi que les sols pollués au plomb et à l’arsenic en plusieurs points des calanques, autrefois occupés par des usines chimiques et désormais fréquentés par des baigneurs sans que la moindre indication ne vienne attirer leur attention quant aux risques encourus.

Panache en sortie de l'émissaire (capture écran vidéo Nox Diving)

Panache en sortie de l’émissaire (capture écran vidéo Nox Diving)

Sur la vidéo tournée par Nox Diving et reprise par les reporters d’Envoyé Spécial, on voit l’apnéiste s’approcher de l’exutoire sous-marin de la station d’épuration de Cassis par où s’échappe un panache noirâtre et que l’on devine nauséabond au vu des gestes dégoûtés du plongeur qui se bouche ostensiblement le nez. Ses commentaires, largement repris par le reportage d’Envoyé spécial, font état de présence de macrodéchets, de matière en suspension et même de matière fécale non décomposée, directement rejetés par la canalisation. On y apprend même que le plongeur trop aventureux aurait payé son exploration d’une magistrale gastro-entérite contractée dans les jours suivants…

Objectivement, il paraît peu probable que le panache d’eau rejetée en mer après traitement par la station d’épuration des eaux usées de Cassis contienne encore des macrodéchets et des excréments comme le laisse entendre l’association Nox Diving. Pendant des années, cette station, installée en 1973, a effectivement été la cible de très nombreuses critiques de la part des associations environnementales car devenue totalement obsolète et largement sous-dimensionnée. A tel point que la communauté urbaine MPM, qui avait pris depuis sa création la compétence liée à l’assainissement, avait dû investir de l’ordre de 220 k€ (largement subventionnés par l’Agence de l’Eau) pour rénover cette station entre 2003 et 2008.

Station d'épuration de Cassis à Corton

Station d’épuration de Cassis à Corton

Depuis cette date, la station est considérée comme répondant aux normes minimales exigées et les rejets sont conformes aux seuils fixés de manière réglementaires pour un rejet en milieu naturel. Dimensionnée pour 25 000 équivalent habitants (ce qui lui permet de faire face à l’affluence touristique estivale), la station est désormais pourvue d’un premier niveau de traitement physico-chimique puis d’un système de traitement biologique. Elle produit chaque année de l’ordre de 200 tonnes de boues et les eaux rejetées sont conformes à 97 % aux normes exigées. Sa mise en service depuis 2008 constitue donc indéniablement un véritable progrès en faveur d’une meilleure qualité des eaux de la baie de Cassis qui bénéficie d’ailleurs depuis 2009 du fameux Pavillon bleu qui reconnaît la qualité de ses eaux de baignade.

C’est d’ailleurs ce que s’est empressée de clamer haut et fort la maire de Cassis, Danièle Milon, qui a convoqué dès le 21 avril une conférence de presse pour vanter les efforts de la communauté urbaine (et désormais de la Métropole dont elle est d’ailleurs vice-présidente, heureuse coïncidence), insistant au passage sur les analyses quotidiennes des eaux de baignade pratiquées en période estivale sur les quatre plages principales de la commune dont celle de l’anse de Corton.

L'anse de Corton à Cassis

L’anse de Corton à Cassis

A ses côtés, le directeur de l’eau et de l’assainissement de la Métropole a confirmé que le panache d’eau noirâtre filmé par Nox Diving à quelques mêtres de la plage de Corton correspond bien aux rejets issus de l’émissaire de la station d’épuration de Cassis, dont la gestion a été confiée à la Société des Eaux de Marseille dans le cadre d’une délégation de service public. Il se garde néanmoins de préciser la composition de cette eau rejetée directement en mer à très faible profondeur et tout près de la plage. Le nombre de poissons attirés par le panache confirme sans aucun doute possible la très forte teneur en nutriments de ces rejets et il est non moins certain que la concentration en bactéries de type E. Coli est sans doute très élevée dans ce type d’effluents comme à la sortie de la quasi totalité des stations d’épuration en service, suffisant en tout cas pour provoquer une bonne gastrite à ceux qui s’en approcheraient de trop près !

Les arguments avancés par le technicien de la Métropole comme par l’élue de Cassis laissent cependant songeurs. Selon Jean-Yves Guivarch, le panache sombre issu de l’émissaire ne serait que le résultat des mouvements de palmes du plongeur alors que la vidéo prouve indéniablement qu’il ne reflète que le dégagement d’un effluent manifestement chargé.

Danielle Milon en conférence de presse (capture écran reportage FR3)

Danielle Milon en conférence de presse (capture écran reportage FR3)

Quant aux propos de la maire de Cassis, largement repris par La Provence et qui ont même fait l’objet d’un communiqué affiché sur le site officiel de la commune, ils sont d’une violence étonnante à l’égard de ceux qui ont osé mettre en doute la qualité des eaux rejetées en mer après traitement : « Comme vous l’avez certainement remarqué, notre village fait actuellement l’objet d’une campagne de presse particulièrement virulente. Cette campagne de dénigrement (à laquelle participent certains habitants de notre propre village !) tente de jeter le discrédit sur la qualité de nos eaux de baignade, mettant ainsi en péril l’économie touristique de Cassis grâce à laquelle, rappelons-le, le village parvient à vivre malgré la crise. […] Les responsables de cette émission auraient décidé, au prix d’affirmations farfelues, de tuer l’économie du village et de mettre un bon nombre de ses habitants au chômage ou sur la paille, qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. […] Contrairement à ce qu’affirment en chœur l’apnéiste gastroentérité et les reporters parisiens découvrant tout ébaubis le fonctionnement normal d’une station d’épuration, il y a des panaches dus à diverses causes techniques, mais il n’y a PAS d’excréments dans ces panaches. […] OUI, je me réserve le droit en tant que Maire attentive au bien être de notre village, de poursuivre en justice tous ceux dont les mensonges auront préjudicié aux intérêts de Cassis ».

On ne savait pas l’économie touristique cassidaine aussi vulnérable ni la maire aussi chatouilleuse sur ces questions d’image et aussi peu regadante sur les conséquences éventuelles des rejets communaux sur la santé de ses concitoyens ou la qualité du milieu naturel d’un Parc National dont elle a été pourtant (brièvement) présidente… Mais en tout cas le message est clair : « Circulez, il n’y a rien à voir ! ». Et gare à ceux qui voudraient en savoir davantage sur le sujet…

L.V.  LutinVert1Small

Roundup : l’Europe impuissante…

29 juillet 2016

Il n’y a pas qu’en matière de politique migratoire, de dumping social ou de régulation financière que les institutions européennes se montrent impuissantes à régler des problèmes. La manière dont vient d’être traitée l’affaire du glyphosate, cette molécule qui entre dans la composition de nombreux herbicides dont le fameux Roundup commercialisé depuis 1974 par la firme américaine Monsanto, est un modèle du genre !Blog327_PhRoundup

Ce désherbant est un herbicide total non sélectif qui agit sur le système foliaire et conduit à la mort rapide des plantes, pour peu qu’on le mélange avec un produit tensio-actif qui facilite sa fixation sur les feuilles. Il remplace le désherbage mécanique et est donc utilisé non seulement en agriculture mais aussi pour l’entretien des espaces publics et des voiries, voire pour la destruction à grande échelle des plantations de coca en Colombie ! Monsanto l’a longtemps présenté comme biodégradable car il est sans effet sur les semences qui sont mises en terre après un désherbage total, ce qui peut éviter dans certains cas à l’agriculteur de retourner le sol avant de semer.

Il fait surtout partie d’une panoplie complète de semences OGM qui ont été développées par Monsanto justement pour être résistantes au Roundup, ce qui permet à la multinationale de vendre à la fois la semence et l’herbicide qui permettra de maintenir le champ indemne de toute adventice jusqu’à la récolte. Certains agriculteurs utilisent aussi ce produit avant la récolte en l’appliquant en masse pour tuer les plantes cultivées, ce qui active la maturation et facilite la récolte, une pratique connue sous le nom de « green burndown » qui entraîne une exposition accrue du consommateur.

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Un vrai produit miracle donc, dont le brevet est d’ailleurs tombé dans le domaine public depuis 2000, à tel point que le glyphosate est devenu, de loin, le pesticide le plus vendu sur la planète. La seule firme Monsanto en vend pour plus de 5 miliards de dollars chaque année, ce produit représentant à lui seul 30 % de ses ventes. Rien qu’en France, il se vend chaque année de l’ordre de 10 000 tonnes de Roundup, dont une part non négligeable à des particuliers pour désherber leur jardin. Le glyphosate et surtout les produits qui sont issus de sa dégradation, tels que l’AMTA (acide aminométhylphosphonique de son petit nom) sont devenu depuis au moins une dizaine d’années les principaux pesticides que l’on retrouve dans la plupart des analyses d’eau, présents dans la majorité des cours d’eau et dans un grand nombre de nappes souterraines.

Le 20 mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), rattaché à l’OMS, a classé le glyphosate comme « cancérogène probable pour l’homme », en se basant sur de nombreuses recherches et sur des observations in vitro et in situ. Dans la mesure où l’homologation de ce produit pour l’Europe devait être renouvelée à la date du 30 juin 2016, il paraissait évident que l’avenir de cet herbicide sur le sol européen devenait morose.

Blog327_PhBuldozer

Mais c’était sans compter sur l’intensité du lobbying et l’étrange fonctionnement de certaines institutions européennes. En l’occurrence, c’est l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) qui est sur la sellette. Chargée d’évaluer l’innocuité de tout ce qui peut entrer dans notre alimentation et plutôt que de s’appuyer sur les résultats publics et vérifiables du CIRC, un organisme qui fonctionne en toute transparence sur la base de fonds publics, l’EFSA a préféré se fier aux affirmations fournies par la Glyphosate Task Force, un organisme privé financé par les 23 firmes qui commercialisent ce produit. Comme on peut l’imaginer, ce dernier estime bien évidemment que l’effet cancérigène du glyphosate est hautement improbable, en s’appuyant naturellement sur des études totalement confidentielles puisque relevant du secret industriel : « Circulez, il n’y a rien à voir ! »…

Christopher Portier, sommité mondiale de la cancérologie et membre du CIRC, a adressé à la Commission européenne un texte signé par une centaine de confrères dénonçant l’avis « trompeur » de l’EFSA, basé sur une procédure « scientifiquement inacceptable ». Pour une fois, la querelle est sortie du cercle feutré des experts. Le médiateur européen s’est inquiété d’une procédure qui ne permet pas à la Commission européenne de « s’assurer que la santé humaine, la santé animale et l’environnement  sont effectivement protégés par l’Union européenne », tandis que le Commissaire aux comptes de l’Union s’inquiétait des dérives évidentes en matière de gestion des conflits d’intérêts.

Blog327_DessinMonsantoFace à un tel tollé, le Parlement européen a tenté de s’en sortir en coupant la poire en deux et en prolongeant l’homologation du glyphosate pour une durée de 7 ans au lieu des 15 demandés. C’était plutôt bien essayé et cela aurait eu le mérite de permettre la poursuite du commerce pour écouler les stocks en espérant que le contexte sera plus favorable quand le dossier reviendra sur le tapis. Mais la ficelle était un peu grosse et le marchandage n’a pas réussi.

Le 19 mai dernier, la Commission a dû se rendre à l’évidence face à l’opposition affichée de certains pays, dont pour une fois la France, mais aussi l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas : voyant qu’il serait difficile d’obtenir un vote favorable à la majorité qualifiée, elle a préféré surseoir au vote d’homologation. Il n’y a donc pas eu de décision, l’Europe étant comme paralysée entre ceux qui prônent le « business as usual », mettant en avant la nécessité de vendre un produit qui répond à un besoin sans trop se soucier de ses conséquences éventuelles, et ceux qui commencent à craindre d’avoir un jour à se justifier d’avoir pris des décisions dommageables pour la santé publique et l’avenir de notre planète. Un beau cas d’école qui montre que l’Europe a encore du chemin à faire !

L.V.  LutinVert1Small

Carnoux : coup de sang d’un donneur de sang…

14 juillet 2016

Blog322_PhMairieEn ce bel été 2016, la bonne ville de Carnoux-en-Provence, érigée en commune en 1966 seulement, fête son jubilé. Mais tout le monde n’est pas à la fête… Car Carnoux se distingue aussi par son mode d’utilisation pour le moins opaque des espaces publics et notamment des bâtiments municipaux. A Carnoux, non seulement le covoiturage est interdit et l’affichage strictement prohibé mais l’accès aux équipements communaux relève, pour celui qui ne fait partie du sérail politique local, du parcours du combattant pour un résultat souvent très aléatoire…

L’association pour le don du sang, basée à Carnoux et afflilée à la Fédération nationale pour le don de sang bénévole, vient d’en faire les frais à son tour, ainsi que nous l’a écrit l’un de ses membres :

« Après la disparition de l’antenne du secours populaire de Carnoux, est ce bientôt celle de l’association du don du sang ?

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Aujourd’hui, 28 juin 2016, avait lieu à Carnoux une collecte exceptionnelle de sang, conséquence d’un stock très bas avant une période de vacances où la demande est généralement élevée.

Les responsables de cette association d’intérêt général de Carnoux ont demandé à la mairie, en prévision de cette collecte, la salle du Mont fleuri qui, parce très spacieuse, est très bien adaptée à cette activité.

Malheureusement, la réponse de la mairie fut négative et sans aucune explication, on leur octroya la salle Tony Garnier.

Or, cette salle très exiguë dont l’extension sous forme d’une véranda (par ailleurs construite sans permis, mal ventilée et qui fuit comme un panier percé à chaque pluie…) est inutilisable par fortes températures et totalement impropre à la collecte de sang.Blog322_PhCollecte

Par saine curiosité, un membre de l’association s’est rendu à 18h30 à la salle du Mont fleuri pour voir à quelle utilisation cet équipement communal avait bien pu être réservé, justifiant d’un niveau de priorité supérieur à un simple don du sang. Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’en réalité la salle n’était tout simplement pas occupée !

Blog322_PhLogoIl est fort probable, eu égard aux frustrations du personnel soignant (médecin et infirmières) qui a dû assurer cette collecte dans des conditions aussi déplorables, que la crédibilité de l’association du don du sang de Carnoux soit pour le moins remise en cause.

Le système d’attribution des salles municipales à Carnoux reste pour le moins opaque, sauf peut-être pour certaines associations pour qui le problème ne se pose pas, dans la mesure où la municipalité leur a attribué à demeure et sans la moindre concertation publique des locaux à usage quasi privatif.

Pour couronner cette superbe journée, l’association du don du sang s’est vu notifiée par courrier que l’affichage sauvage était rigoureusement interdit à Carnoux, à part, peut-être pour les enquêtes d’utilité publique. Il ne manquerait plus que cette association, bien qu’elle même reconnue d’utilité publique, annonce sur la voie publique, au vu et au su de tous, qu’elle se livre dans Carnoux à une collecte de sang : quelle horreur !

Décidément, les associations caritatives ou d’intérêt public ont bien des difficultés pour perdurer sur notre belle commune ! »

Sans commentaire…

Alzheimer : des avancées incompatibles avec la logique marchande

24 février 2016

C’est le message que développe Philippe Baqué dans un article intitulé : Alzheimer, maladie politique, paru dans Le Monde Diplomatique de février 2016 à la suite d’une enquête basé sur des témoignages mais surtout sur des rapports parus récemment

Le docteur Bonnevay (photo parue dans La Dépêche du Midi)

Le docteur Bonnevay (photo parue dans La Dépêche du Midi)

Alors qu’aucun médicament n’a jusque là permis une amélioration de la maladie, les meilleurs résultats ont été obtenus dans les services spécialisés où l’approche bienveillante était mise en pratique avec du personnel formé et en nombre suffisant. Ainsi dans le service du Dr Bonnevay au centre Hospitalier de Marmande-Tonneins (Lot-et-Garonne), cette pratique, avec un minimum de médicaments mais beaucoup de soins, s’est traduite de 2002 à 2011 par une quasi-disparition des patients grabataires, une diminution des pertes de poids, le ralentissement des processus infectieux et l’absence de transfert en service d’hospitalisation de longue durée. « Il faut que les soignants soient formés à des stratégies de communication qui leur permettent d’être en phase avec les pensionnaires. Ceux-ci doivent être considérés comme des êtres humains, avec des désirs et des émotions. » dit le Dr Bonnevay,

Ces résultats n’ont été possibles que grâce à la présence d’un personnel en nombre suffisant. Le taux d’encadrement était de huit soignants pour dix personnes accueillies, un ratio de 0,8 qui demeure aujourd’hui exceptionnel: «La plupart des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ont aujourd’hui un ratio situé entre 0,3 et 0,6 alors qu’ils accueillent de plus en plus de personnes, constate le Dr Philippe Masquelier, médecin coordinateur dans trois EHPAD de l’agglomération lilloise.

Entrée de l'EHPAD de Carnoux

Entrée de l’EHPAD de Carnoux

Le plan Alzheimer, mis en place sous Nicolas Sarkozy, succédait à deux autres plans gouvernementaux, mais tranchait par son ambition et ses moyens, avec un budget de 1,6 milliard d’euros. Ancienne présidente de l’association de familles France Alzheimer, Mme Marie-Odile Desana reconnaît des avancées concrètes grâce à l’amélioration du soutien aux per­sonnes malades et à leurs familles, à l’augmentation des accueils de jour et des plates-formes d’accompagnement et de répit, ainsi qu’à la création de maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades.Blog279_PhSarko

Mais elle déplore aussi l’insuffisance de moyens humains : « II y a eu une sous-exécution du volet médico-social du plan. Seuls 41 % du budget de 1,2 milliard qui lui était attribué ont été dépensés. Je suis incapable de dire où sont passés les 700 millions qui manquent ! ». Le bilan de l’accompagnement médical et social est très en deçà des objectifs annoncés. Quant au plan maladies neurodégénératives 2014-2019, qui lui a succédé avec un budget très réduit, il comprend également la lutte contre la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques ou encore la maladie d’Huntington.

Plutôt que d’encourager le développement d’un accompagnement humaniste et bienveillant des malades, les politiques publiques ont préféré privilégier le soutien à l’industrie pharmaceutique dans sa recherche d’un traitement médical, sans résultat jusqu’à aujourd’hui. Entre 2000 et 2012, 1031 essais ont été menés dans le monde, et 244 molécules ont été testées, avec un taux d’échec de 99,6 % ! Les vaccins et molécules testés parfois positivement sur des souris transgéniques se sont les uns après les autres révélés inopérants sur les humains, voire dangereux.

Aujourd’hui on se tourne vers un diagnostic précoce, avec la recherche de bio-marqueurs qui pourraient être présents chez le futur patient, dans le sang, dans le liquide céphalorachidien etc…mais quand faire ce diagnostic ? Au hasard ? Sur des personnes déjà diagnostiquées ? Une fondation de coopération scientifique pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées (Fondation plan Alzheimer) a ainsi été créée en 2008. Elle associe l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à cinq laboratoires pharmaceutiques (Sanofi, Servier, MSD, Ipsen et AstraZeneca) qui la financent et siègent à son conseil d’administration, présidé par M. Philippe Lagayette, consultant financier et ancien banquier. Ce type de partenariat s’est ensuite généralisé au niveau européen.

Directeur général de la Fondation plan Alzheimer, le Pr Philippe Amouyel, spécialiste de la génétique, défend les partenariats public-privé : « Le secteur public n’est pas équipé pour faire du développement. C’est pour cela que le programme européen Innovative Medi-cines Initiative a lancé des consortiums gigantesques, avec des dizaines de laboratoires publics et privés, pour encourager des interactions entre ceux qui génèrent des hypothèses et ceux qui peuvent créer des médicaments à partir de ces hypothèses. On parle aujourd’hui d’une recherche précompétitive ».

Blog279_PhAccompagnement

Se posent évidemment des questions sur les conflits d’intérêt pour les scientifiques qui siègent dans les conseils d’administration des entreprises pharmaceutiques comme pour les dirigeants des entreprises qui siègent dans ces fondations public-privé, surtout quand il s’agit d’une maladie très complexe dont l’origine n’est ni un virus ni une bactérie.

Nouvelle incertitude, en effet : le diagnostic le plus fiable aujourd’hui, celui de la découverte des plaques de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau, vient d’être remis en cause… Une étude réalisée durant quinze ans sur les religieuses d’un couvent aux États-Unis a montré que, malgré l’impor­tance des plaques amyloïdes qui recouvraient le cerveau autopsié de certaines d’entre elles, elles avaient conservé leurs capacités cérébrales intactes jusqu’à la fin de leur vie. La stabilité de leur existence et leur activité intellectuelle soutenue pourraient expliquer leur résistance à la maladie.

Martial et Anne-Claude Van der Linden, neuropsychologues genevois (photo Eddy Mottaz)

Martial et Anne-Claude Van der Linden, neuropsychologues genevois (photo Eddy Mottaz)

Pour un certain nombre de spécialistes, il ne s’agit que d’une maladie du vieillissement sans profil biologique unique. « Une grande partie des difficultés cognitives des personnes âgées sont dues à des problèmes vasculaires, à du diabète ou à de l’hypertension et, surtout, à l’âge ! » estime ainsi Martial Van der Linden, professeur de psychopathologie et de neuropsychologie aux universités de Genève et de Liège, dans une étude critique du modèle biomédical dominant.

Avec la neuropsychologue Anne-Claude Juillerat Van der Lînden, il a créé l’association Valoriser et intégrer pour vieillir autrement (VIVA), afin de promouvoir des mesures préventives du vieillissement cérébral basées sur l’intégration sociale et culturelle des personnes âgées. Des expériences originales dans la prise en charge humaine des patients et leur participation à la vie de l’établissement, qui ont montré leur intérêt, notamment au Québec avec le projet Carpe Diem. En voyant ses pensionnaires retrouver le sourire, voire sortir de leur mutisme, un groupe de praticiens, de personnes diagnostiquées et de membres de leurs familles ont conçu sur ce principe, en France, le nouvel établissement Ama Diem, qui vient d’ouvrir à Crolles, près de Grenoble.

Le centre Ama Diem à Crolles (photo © Agence d'architecture Pascal Mollard)

Le centre Ama Diem à Crolles (photo © Agence d’architecture Pascal Mollard)

Bien sûr, il ne s’agit pas d’arrêter la recherche, mais de faire avancer l’idée qu’une partie des fonds publics doit aller aussi et de façon significative, vers le recrutement et la formation spécifique d’un personnel spécialisé. Celui-ci pourra intervenir soit dans les établissements adaptés où la rentabilité financière ne doit pas le seul critère, mais aussi à domicile pour soulager et former les aidants aux soins à la personne. Dans la période de chômage que nous vivons, n’y a-t-il pas là une petite ouverture qui mérite d’être approfondie ?

C G

Environnement : une multinationale suisse se joue de la Justice française…

16 février 2016

Les multinationales n’ont pas l’habitude de se laisser dicter leur conduite par les réglements nationaux, surtout en matière environnementale. Autant un simple citoyen pris dans les mailles de la Justice a parfois bien du mal à se défendre, autant une multinationale ne manque pas de ressources et d’imagination pour ne pas laisser un juge lui dicter sa conduite. L’exemple que plusieurs médias dont le quotidien Sud-Ouest ou La Voix du Nord et même La Provence se sont fait récemment l’écho en est une bonne illustration…

Blog275_PhEpandage

L’affaire débute en 2002 dans le bourg rural de Verteuil d’Agenais, dans le département de Lot-et-Garonne où un apiculteur, Maurice Coudoin, porte plainte contre un agriculteur voisin qui épand depuis 1999 des tonnes de semences déclassées livrées par la firme suisse Syngenta Seeds, un des leaders mondiaux de l’agrochimie. Ces semences qui sont enfouies pour servir d’engrais vert et, accesoirement, de revenu de complément à l’agriculteur, sont enrobées de produits phytosanitaires destinés à assurer leur conservation, dont le fameux Gaucho, un puissant insecticide dont les effets sur les abeilles sont particulièrement redoutés. Dès qu’il s’aperçoit du manège de son voisin, notre apiculteur s’empresse d’ailleurs de déménager ses ruches afin de les préserver de cet environnement indésirable.

A l’époque, le groupe suisse Syngenta tente de minimiser l’affaire même s’il reconnaît avoir fait épandre par cet agriculteur pas moins de 376 tonnes de semences dont 10 % effectivement traitées au Gaucho. Pourtant, l’enquête révelera en 2004 à partir de l’examen des registres que la quantité ainsi épandue était en réalité de 922 tonnes : un petit écart qui avait sans doute échappé à la multinationale.

 Mayer l'abeille (©Sten)

Mayer l’abeille (©Sten)

Une expertise conclut alors que les risques environnementaux semblaient relativement limités, à l’exception des insectes pollinisateurs, qui pouvaient être affectés par les taux résiduels élevés dans les fleurs. L’expert estimait que les semences litigieuses présentaient des risques de toxicité pour l’environnement, voire pour l’homme, en raison d’un « apport important de matières toxiques actives ». Il faut dire que le Gaucho commercialisé depuis 1993 par Bayer est un insecticide systémique qui sert à traiter les graines et qui ensuite diffuse dans toute la plante au fur et à mesure de sa croissance et se retrouve donc dans le pollen que butinent les abeilles. Or cet insecticide à base de néonicotinoïdes influe sur le système nerveux des abeilles qui perdent une partie de leurs facultés d’orientation.

Photo ©hikrcn Fotolia.com

Photo ©hikrcn Fotolia.com

L’introduction de cet insecticide ayant coïncidé avec la disparition de plus de 500 000 ruches françaises en l’espace de 15 ans et même si bien d’autres facteurs semblent en cause dans cette hécatombe, le Gaucho est finalement interdit en France en 1999, mais uniquement pour la culture du tournesol… S’ensuit alors une course à l’échalote entre les géants de l’agrochimie qui sortent sans cesse de nouveaux produits et les défenseurs des abeilles qui tentent de les faire interdire, comme le relate un excellent article du Canard enchaîné de novembre 2012 et comme l’évoque José Bové dans son livre co-écrit avec Gilles Luneau et intitulé Hold-up à Buxelles. En 2002, BASF lance sur le marché le Régent qui sera interdit deux ans plus tard et en 2008 c’est le Cruiser, issu justement des laboratoires de Syngenta, qui débarque à son tour. Il faudra attendre juin 2012 pour que ce dernier soit à son tour déclaré indésirable, mais uniquement sur le colza, après qu’une étude de l’INRA ait prouvé la toxicité de son principe actif qui désoriente les abeilles, même à très faible dose.

Manifestation contre le Gaucho devant le siège bruxellois de Bayer le 21 avril 2007

Manifestation contre le Gaucho devant le siège bruxellois de Bayer le 21 avril 2007

A Verteuil d’Agenais en tout cas, les épandages se poursuivent ainsi jusqu’en avril 2003, l’affaire étant juteuse pour l’agriculteur rémunéré pour ce petit service et pour la firme suisse qui, sinon, devrait payer bien davantage pour incinérer ces produits nocifes ou les mettre en décharge. Les services de l’État finissent par réagir et la préfecture oblige enfin l’agriculteur à cesser cette pratique qui, bien que tolérée jusqu’en 2002, est désormais parfaitement illégale au vu du Code de l’environnement.

Blog275_PhButineuseDeux associations se constituent alors partie civile : l’Union nationale des apiculteurs français (Unaf) et le syndicat départemental local des apiculteurs, l‘Abeille Gasconne. L’affaire est donc portée en justice devant le tribunal correctionnel ? En juin 2007, la société Syngenta est mise en examen puis renvoyée devant le tribunal le 16 novembre 2011, ainsi que l’agriculteur qui pratiquait les épandages pour son compte. Or, cinq jours plus tard, la société ainsi poursuivie en justice, Syngenta Seeds Holding, est purement et simplement dissoute pour se fondre dans Syngenta Holding France. Un tour de passe passe imparable qui met la multinationale suisse à l’abri des poursuites : il suffisait d’y penser !

Croyant néanmoins déceler dans cette manœuvre dilatoire ni plus ni moins qu’une pratique frauduleuse destinée à échapper aux foudres de la Justice, le parquet a saisi le tribunal de commerce de Versailles. Lequel a annulé la dissolution, estimant notamment que si la société « était certaine de son argumentaire de n’avoir commis aucune infraction, elle aurait aussi bien pu retarder sa dissolution anticipée et faire ainsi face à ses obligations ».

Mais le groupe suisse Syngenta a fait appel, et, contre toute attente mais grâce à ses excellents avocats, il vient d’obtenir gain de cause. Le 26 janvier 2016 en effet, la cour d’appel de Versailles a bien voulu admettre que la réorganisation était envisagée depuis 2010 et qu’il ne s’agit donc que d’une regrettable coïncidence. Le parquet renonçant à se pourvoir en cassation (on se demande bien pourquoi…), le tribunal correctionnel de Paris devrait ainsi être amené à constater l’extinction des poursuites contre cette entité de Syngenta qui n’existe plus. Lors du procès, l’agriculteur qui a procédé aux épandages illicites se retrouvera donc seul dans le box des accusés et jouera donc le rôle du lampiste en lieu et place du géant de l’agrochimie.

Blog275_PhSyngentaIl faut dire à la décharge de ce dernier que ses dirigeants ont en ce moment la tête à tout autre chose. Comme l’a annoncé la presse spécialisée et même La Provence,  les dirigeants de la firme bâloise négocient en effet la revente de leur société au groupe chimique chinois ChemChina pour la modique somme de 43 milliards de dollars, et ceci après avoir à plusieurs reprises refusé d’alléchantes offres de rachat de la part de Monsanto et de Dupont de Nemours. Un montant assez fabuleux pour cette quatrième plus grosse transaction en cash de l’histoire, selon les calculs de la banque HSBC qui s’y connaît en la matière. La plus grosse acquisition en tout cas pour les Chinois qui cherchent tout simplement à s’approprier la technologie occidentale en matière d’agrochimie afin de booster leur propre agriculture et nourrir leur population.

On savoit déjà les abeilles européennes menacées par le redoutable frelon asiatique, mais là ce sont les abeilles chinoises qui ont du souci à se faire… Albert Einstein aurait en son temps déclaré : « Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre : plus de pollinisation, plus d’herbe, plus d’animaux, plus d’hommes ». Le faits viennent, semble t-il, de lui donner raison quant à sa géniale intuition sur l’existence des fameuses ondes gravitationnelles. Espérons qu’il n’en sera pas de même pour sa prophétie sur la disparition des abeilles !..

L.V.  LutinVertPetit

Plats cuisinés : mais d’où vient la viande ?

25 août 2015

Blog220_PhFindusSouvenons-nous du scandale des lasagnes au bœuf à base de viande de cheval : c’était en février 2013 et nous avons déjà largement oublié… Oublié en particulier que ce sont tous les grands noms de l’agro-alimentaire et de la grande distribution avec ses propres marques de distributeurs qui ont été concernés et qui ont dû retirer à la hâte leurs produits truffés de cheval de réforme d’origine roumaine : Findus, bien sûr, mais aussi Nestlé, Panzani, Thiriet, Picard, Auchan, Casino, Carrefour, Cora, Monoprix, Système U…

Un telle fraude aurait dû pourtant déclencher une réaction massive des consommateurs et des responsables politiques qui d’ailleurs à l’époque réclamaient tous en chœur une traçabilité plus rigoureuse de la viande utilisée dans les plats cuisinés. François Hollande lui-même, en visite au salon de l’agriculture, avait appelé de ses vœux la mise en place sans délai d’un étiquetage approprié.

Benoît Hamon, ancien ministre de la consommation

Benoît Hamon, ancien ministre de la consommation

Quelques mois plus tard, en juin 2013, le député socialiste Germain Peiro, très remonté sur le sujet, déposait un amendement en ce sens. Et là, surprise : Benoît Hamon, alors ministre délégué à la consommation, s’opposait à cet amendement, de peur de heurter le très libéral José-Manuel Barroso, qui en tant que président de la Commission européenne, avait légèrement froncé les sourcils… « Si le signal donné est de voter une disposition contraire aux textes européens, cela mettra le gouvernement français en difficulté » s’était ainsi justifié le ministre… Si son but était de rendre encore plus détestable l’Union européenne aux yeux des consommateurs français, il ne pouvait pas mieux dire !

En octobre 2013, alors qu’étaient inculpés d’anciens cadres de la société Spanghero, largement impliquée dans le trafic de ce fameux minerai de viande de cheval qui a servi à assaisonner une bonne partie des lasagnes européennes du moment, le gouvernement français se voit obligé de se montrer plus favorable à une nouvelle initiative parlementaire issue des rangs du sénat et visant à indiquer sur les plats cuisinés l’origine des produits carnés utilisés, mais cette initiative fera long feu…

Installations de l'ex société Spanghero (photo Rumeau)

Installations de l’ex société Spanghero (photo Rumeau)

Depuis, la société Spanghero, vendue puis mise en redressement judiciaire, a changé de raison sociale et s’appelle désormais La Lauragaise. Poursuivis pour escroquerie et trafic en bande organisée, deux anciens cadres de la société attendent toujours d’être jugés. Un trafic qui a porté quand même sur 50 000 t de viande de cheval vendue frauduleusement pour du bœuf à travers toute l’Europe (dont 800 t en France) !

Fin 2013, une nouvelle directive européenne a finalement été prise pour tenter de répondre au scandale qui venait de secouer le petit monde de l’agro-alimentaire. Cette directive, qui est entrée en vigueur à compter du 1er avril 2015, impose désormais d’indiquer le lieu d’élevage et d’abattage (mais pas de naissance) des animaux (porc, mouton et volaille) dont la viande est vendue emballée, fraîche comme surgelée, étendant en cela la pratique déjà imposée depuis 2002 pour la viande de bœuf suite à la crise de la vache folle.

Les choses progressent donc, mais rien n’est encore fait pour la viande utilisée dans les plats cuisinés. Aux yeux de la Commission européenne, obliger les industriels à indiquer l’origine de la viande qu’ils emploient serait en effet excessivement coûteux et contraignant. Les consommateurs devront donc refréner leur curiosité et se contenter d’avaler ce qui se présente sans trop se poser de questions…

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Certes, la loi consommation, adoptée en France le 17 mars 2014, prévoit, parmi un ensemble d’autres mesures, de rendre obligatoire l’indication d’origine de la viande dans les plats cuisinés, mais on attend toujours la parution du décret d’application qui la rendrait exécutoire ! Il est décidément bien difficile pour le consommateur de savoir ce qu’il mange à partir du moment où il s’en remet à l’industrie agro-alimentaire et à ses petits plats mitonnés…

L.V.  LutinVertPetit

Faut-il craindre la noix de coco sur la calebasse ?

20 juin 2015

Tous les médias se sont fait l’écho de cette étrange statistique selon laquelle les chutes de noix de coco feraient chaque année 15 fois plus de victimes que les attaques de requins ! Étonnant non ? Qui eut cru que les graciles cocotiers qui ondulent sur les plages paradisiaques des tropiques seraient en réalité de redoutables tueurs en série ? Et pourtant, une noix de coco de 2 kg perchée à 25 m de hauteur constitue bel et bien une arme redoutable puisqu’elle peut atteindre en chute libre la vitesse de 80 km/h et provoquer une fracture du crâne létale en cas de collision avec un touriste malchanceux…

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Reste quand même à savoir si une telle affirmation repose sur des bases solides, ce qui ne va pas forcément de soi… D’après le Nouvel Observateur, cette affirmation selon laquelle 150 personnes décéderaient chaque année après avoir reçu malencontreusement une noix de coco sur la calebasse viendrait d’une note de recherche publiée en 2002 par un certain Georges Burgess. Ce dernier, alors considéré comme un des spécialistes mondiaux des requins, travaille au Museum d’histoire naturelle de Floride et dirige The International Shark Attack File, une base de données qui compile toutes les attaques de requins recensées à travers le monde.Blog196_PhPanneauCoco

Il se serait alors contenté de relayer une note d’information d’une société d’assurance britannique, Club Direct, spécialisée dans le risque lié aux voyages touristiques et qui promettait à ses clients une couverture complète en cas d’accident dû à une chute de noix de coco sur les plages de Queensland, en Australie. Ce communiqué citait ce fameux chiffre de 150 morts par an dû aux chutes de noix de coco, en extrapolant audacieusement à partir d’une étude du professeur Peter Barss, de l’université McGill à Montréal. En réalité, ce dernier avait publié, dans le Journal of Trauma en 1984, un article sur les victimes de noix de coco dans un hôpital de Papouasie-Nouvelle-Guinée : il avait alors recensé 5 morts en 4 ans, en comptant les cueilleurs victimes d’une mauvaise chute alors qu’ils grimpaient au cocotier… Un travail de recherche absolument remarquable qui lui avait valu en 2001 le prix Ig-Nobel de médecine, la version parodiée des prix Nobel qui distingue les travaux les plus farfelus et inutiles !

Blog196_PhCueilletteUn autre article publié en 2001 par Jonathan Mulford dans le Journal of Surgery dressait un tableau synthétique des accidents impliquant des cocotiers dans les îles Salomon entre 1994 et 1999. Plus d’une centaine de victimes ont ainsi été dénombrées, dont 16 seulement touchées par la chute d’une noix de coco. Heureusement, pas un seul mort n’est à déplorer : on respire ! En fait, la grosse majorité des traumatismes constatés concernaient des personnes tombées du cocotier, mais l’inverse existe aussi avec 3 cas de cocotiers tombés sur des personnes…

Il semble donc bien que les chiffres annoncés de 150 morts par an du fait des chutes de noix de coco ne reposent sur aucune étude sérieuse. Il ne s’agit que d’un argument destiné à montrer que, par comparaison, les attaques de requins ne sont pas si fréquentes qu’on l’imagine, même si ce genre d’affirmation fait hurler les Réunionnais qui constatent qu’en 35 ans il n’a jamais été constaté la moindre victime du fait d’une chute de noix de coco alors qu’il a été dénombré dans ce même laps de temps pas moins de 21 décès du fait de rencontres avec des requins qui ont mal tournées (pour l’homme, cela s’entend).

Blog196_PhRequinBlancCeci dit, les attaques de requins sont elles-mêmes à relativiser. De fait, les accidents sont de plus en plus fréquents (et en tout cas mieux répertoriés), ne serait-ce qu’à cause d’une fréquentation accrue des zones à risques : d’une quarantaine d’attaques annuelles recensées dans les années 1980, on est passé à une centaine actuellement : 83 recensées en 2012 dont 9 mortelles et 97 en 2013 selon le Global Shark Attack File, dont 13 mortelles, mais seulement 3 morts recensés en 2014 pour 72 attaques.

Blog196_PhStatistiques

Ces chiffres en tout cas restent relativement modérés quand on les compare aux statistiques connues pour d’autres espèces animales. A titre de comparaison, on estime que le moustique, en transmettant plusieurs maladies dont le paludisme, cause plus de 800 000 morts chaque année. Quand aux serpents, dont certains cobras particulièrement virulents, leurs victimes seraient estimées en moyenne annuelle à environ 100 000 à travers le monde. Les scorpions seraient quand à eux responsables d’environ 3 000 décès par an. Les alligators eux-mêmes sont infiniment plus dangereux que les requins avec de l’ordre de 2000 humains tués chaque année. Même certains herbivores tels que les éléphants et les hippopotames, pourtant considérés comme plutôt placides et en voie rapide d’extinction ne sont pas si inoffensifs qu’on l’imagine lorsqu’on les chatouille de trop près et sont à l’origine de plusieurs centaines de morts par an.

Les accidents de la circulation, principale cause de décès des jeunes de 15 à 29 ans

Les accidents de la circulation, principale cause de décès des jeunes de 15 à 29 ans

En tout cas, et même sans parler des noix de coco tueuses, le nombre de décès qui est imputé à toutes ces bestioles plus ou moins dangereuses reste infime par rapport aux autres risques naturels qui nous guettent. Comme le rappelle justement l’OMS, sur les 56 millions de personnes qui sont décédées en 2012, 68 % d’entre elles ont été victimes d’une des quatre principales maladies non transmissibles que sont les maladies cardio-vasculaires, les cancers, le diabète et les pneumopathies chroniques. Les maladies transmissibles, les affections maternelles et périnatales et les problèmes nutritionnels sont collectivement responsables de 23 % des décès dans le monde et les accidents de seulement 9 %. Parmi ces derniers, la principale cause de mortalité reste les accidents de la circulation qui tuent chaque année de l’ordre de 1,3 millions de personnes dans le monde, dont plus de 4000 en France, rappelons-le… On est bien loin des quelques accidents rarissimes causés par une mauvaise rencontre hasardeuse, fût-ce avec un requin blanc trop curieux ou avec une noix de coco en chute libre !

L. V. LutinVertPetit

Peut-on encore être en bonne santé sur une planète malade ?

23 mai 2015

C’est à cette question que Gilles NALBONE, directeur de recherche émérite à l’INSERM, a apporté des éléments de réponse devant une assistance attentive et majoritairement féminine réunie lundi 18 mai 2015 en salle Tony Garnier à Carnoux.

Une assistance très attentive à l'écoute de Gilles Nalbone

Une assistance très attentive à l’écoute de Gilles Nalbone

Pour amorcer l’étude de ce sujet crucial, Gilles Nalbone a présenté l’action du Réseau Environnement Santé qui a pour objectif de mettre l’environnement au cœur des politiques de santé. Ses travaux déterminants ont conduit notamment à la loi récente (janvier 2015) interdisant le bisphénol A dans les contenants alimentaires ou encore l’usage du perchloroéthylène dans les pressings à compter du 1er mars 2013.

Quels sont les effets de ces molécules indésirables sur la santé, sachant qu’actuellement la chimie produit plus de deux nouvelles molécules de synthèse chaque semaine et que sur les 140 000 créées, entre 1500 et 3000 posent problèmes ?

Gilles Nalbone à Carnoux

Gilles Nalbone à Carnoux

Fondé sur des études nationales (INSERM, CPAM…) et internationales (OMS), l’exposé s’est d’abord attaché à situer la hauteur des enjeux. Ainsi, un rapport de l’OMS datant de 2004 évalue à plus de 5 millions par an le nombre des décès prématurés (avant l’âge de 65 ans) dus à l’exposition à des produits chimiques toxiques et un rapport de 2012 mentionne que plus de 7 millions de personnes décèdent chaque année à cause de la pollution atmosphérique.

Ces constats, mesurés sur 15 ans, mettent en lumière l’incidence de l’environnement sur la santé des citoyens avec l’accroissement dramatique (+ 86 % en 15 ans) des affections de longue durée dont une augmentation de 60 % des cancers, de 160 % des diabètes de types 1 et 2, et de 135 % des A.V.C. invalidants ; l’obésité a été multipliée par 2 sur la même période et concernant les troubles de la reproduction, on note qu’en 50 ans, la qualité du sperme a diminué de 50 % !

Les causes de cette évolution aux coûts humains et sociaux très importants ne sont pas dues qu’aux seuls facteurs génétiques, ni seulement à un meilleur dépistage ou au simple vieillissement de la population. Comme le démontrent plusieurs études internationales conduites notamment sur des populations japonaises émigrées à Hawaï et, en Scandinavie, sur de vrais jumeaux, il existe une incidence différentielle de l’environnement sur la santé avec une augmentation très sensible des cancers.

Parmi les facteurs de cette aggravation, le rôle des perturbateurs endocriniens (PE) est déterminant et attesté. Pourquoi ? Ces PE envoient des signaux chimiques qui interviennent sur le fonctionnement des hormones. Il en existe plusieurs catégories :

– les PE persistants présents dans les pesticides tels que le DDT, les PCB (polychlorobiphényles) dont le pyralène présent dans les transformateurs, et les métaux lourds (mercure, cadmium, plomb, nickel…), auxquels on ajoute les persistants bio-accumulables dont la dioxine ;

Epandage de pesticides (photo D. Charlet / AFP)

Epandage de pesticides (photo D. Charlet / AFP)

– les peu ou moyennement accumulables dans l’organisme dont le bisphénol A et les parabènes présents dans les produits cosmétiques, ainsi que le dangereux Distilbène (diéthylstilbestrol), puissant produit œstrogène aux effets transgéniques délétères sur plusieurs générations.

L’exposition aux PE peut-être aérienne (respiration), dermique et/ou interne (absorption d’aliments) mais il n’existe pas d’immunisation contre ces molécules aux effets dangereux. Si on admet classiquement en médecine que c’est la dose qui fait la nocivité des molécules, on sait depuis les années 1980 que, pour ce type de produit, c’est la période de contamination qui fait le poison avec des facteurs aggravants, notamment pour les bébés depuis le stade du fœtus jusqu’à la petite enfance, et des effets cumulatifs. Le caractère sournois de ces molécules se traduit par l’enregistrement de délais importants entre l’exposition et le déclenchement de maladies.

Selon une étude de 2015, le coût annuel des effets des perturbateurs endocriniens en Europe serait de 157 milliards d’euros et en France, pour la seule pollution chimique, l’évaluation du coût induit est compris entre 4 et 5 milliards d’euros ! En France, on comptabilise ainsi, du seul fait de la pollution atmosphérique, 45 000 décès par an dont environ 1000 dans l’agglomération marseillaise.

Alors comment limiter l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé?

Si dépister c’est bien mais souvent trop tard, prévenir est bien plus efficace ! A défaut de pouvoir agir efficacement sur l’environnement, réduire l’exposition aux P.E. c’est déjà contribuer à réduire les risques.

Comment alors réduire son exposition aux polluants ?

Au quotidien, en cuisine …

Barbecue à cuisson verticale

Barbecue à cuisson verticale

– en se nourrissant de produits issus de la culture biologique, produits localement et de saison,

– en choisissant des aliments peu gras, notamment pour la viande et le poisson,

– en privilégiant les bocaux de verre aux conserves en boîtes métalliques,

– en évitant de réchauffer des plats au four à micro-ondes dans des barquettes en plastique,

– en limitant l’utilisation d’ustensiles de cuisine avec revêtements anti-adhésifs,

– en privilégiant pour les barbecues, des chauffages verticaux qui ne carbonisent pas les graisses.

dans la maison …

– en aérant fréquemment les pièces pour éviter la pollution intérieure,

– en renonçant aux pesticides et autres produits désherbants de type Roundup qui constituent des facteurs de risques majeurs pour les professionnels et les autres (cf. étude INSERM 2013),

– en choisissant des produits cosmétiques sains (On pourra consulter le site noteo afin d’évaluer la qualité d’une très large gamme de produits d’utilisation courante).

et, de manière générale :Ph_Fitnes

– en évitant l’alcool et le tabac,

– en pratiquant une activité physique régulière.

Pour conclure et avant que s’engage un temps d’échange fort nourri avec l’assistance, Gilles Nalbone a insisté sur le fait qu’il est urgent d’agir pour protéger les générations futures. En effet, si l’on constate actuellement une augmentation de l’espérance de vie en bonne santé pour les générations nées jusqu’en 1930-1940 dont les parents – nés entre 1890 et 1920 – avaient été peu exposés aux polluants, on observe déjà pour ceux qui sont nés depuis les années 1950, une baisse sensible de l’espérance de vie en bonne santé en Allemagne et aux USA, et une inflexion en France. Ce constat n’est d’ailleurs pas sans conséquence dans le débat concernant l’âge de départ à la retraite !

Ph_DessinRigueurLa question de l’interdiction des produits toxiques a soulevé celle de l’action des lobbies auprès des élus de la République qui, pour certains, omettent qu’ils sont les représentants du peuple et qu’ils se doivent d’œuvrer pour garantir sa santé.

C’est enfin autour du verre de l’amitié que s’est poursuivi le dialogue avec Gilles Nalbone que nous remercions pour son intervention passionnante bien qu’assez alarmante !

MM

Sites à consulter :

www.sante-environnement-travail.fr

http://reseau-environnement-sante.fr

http://www.noteo.info/

Film à revoir : Erin Brockovich de Steven Soderbergh (2000)

Pour information, le support de la présentation communiqué par Gilles Nalbone : Diaporama_18mai2015

Petit rappel : conférence du CPC ce soir !

18 mai 2015

AfficheConfNalbone_A4coulAujourd’hui lundi 18 mai 2015 se tiendra à Carnoux-en-Provence une nouvelle conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien. Déjà annoncée ici, cette conférence, ouverte gratuitement à tous, sera animée par le professeur Gilles Nalbone, directeur de recherche émérite de l’INSERM, sur le thème « Environnement et santé : comment être en bonne santé dans un monde malade ? ». Spécialiste des perturbateurs endocriniens et des pollutions par les particules fines, il tentera de répondre aux questions que chacun se pose face au risque sanitaire que fait peser notamment la pollution atmosphérique, en particulier dans notre environnement métropolitain largement dégradé, mais aussi d’autres risques plus insidieux et moins connus auxquels nous sommes confrontés, souvent à notre insu. Un thème qui devra intéresser de nombreux Carnussiens ! Rendez-vous donc ce soir à 18h30 dans la salle Tony Garnier pour en apprendre davantage !

Environnement et santé : une nouvelle conférence du CPC

5 mai 2015

Aujourd’hui, 2 décès sur 3 dans le monde sont le fait des maladies chroniques (maladies cardio-vasculaires ou respiratoires, cancers, troubles neuro-comportementaux, maladies neuro-dégénératives, diabète…). Par exemple, en France, en 15 ans, les cancers ont progressé de 60 %, le diabète de 160 %, les AVC invalidant de 135 %, l’obésité de 100 % et les problèmes d’infertilité ne cessent de croître. La progression alarmante de ces maladies ne peut s’expliquer par les seuls facteurs classiques habituellement avancés qui sont ceux du vieillissement de la population, d’un meilleur dépistage et de la génétique. Notre environnement, au sens large du terme (mode de vie, profession, milieu familial, alimentation, pollutions généralisées, ondes électromagnétiques…) en est en grande partie responsable.

C’est en tout cas la thèse que développe le Réseau Environnement Santé et que viendra nous exposer son correspondant local, Gilles Nalbone, directeur de recherche émérite de l’INSERM, lors d’une prochaine conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien, lundi 18 mai 2015 à 18h30 en salle Tony Garnier à Carnoux-en-Provence.

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En effet, le développement de la chimie et des technologies depuis environ 70 ans a considérablement impacté notre environnement en affectant tous les compartiments de notre vie (alimentation, air, eau…). Mais cette réalité est encore largement niée par la plupart des instances sanitaires.

Parmi les polluants chimiques auxquels nous sommes exposés quotidiennement, souvent à notre insu, une catégorie pose de réels problèmes sanitaires : ce sont les perturbateurs endocriniens (PE), c’est-à-dire des substances capables de perturber les régulations hormonales. Quels sont-ils ? Comment agissent-ils ? Où se cachent-ils ? Quels sont leurs effets ?

Ph_DessinCancerAutant de questions auxquelles tentera de répondre Gilles Nalbone qui montre que ces molécules défient les lois de la toxicologie classique et que certaines populations sont plus à risque comme les femmes enceintes et les jeunes enfants. Au-delà des dégâts sanitaires, c’est aussi le financement de notre système de santé qui en pâtit. Les coûts sanitaires des PE sont estimés à au moins 157 milliards d’euros en Europe, soit 1,2 % du PIB européen !

En attendant que la réglementation nous protège de façon durable des PE, des solutions existent. Nous verrons que nous pouvons au niveau individuel réduire sensiblement notre exposition à ces substances par des gestes simples, un changement dans notre mode de vie, d’alimentation, etc. sans pour autant altérer la qualité de notre vie. Il en va de notre santé et de celle des générations futures. Rendez-vous donc lundi 18 mai avec Gilles Nalbone pour en savoir plus !

C.G.

Tout sur les abeilles !

22 avril 2015
La conférencière, Claude Gadbin-Henry

La conférencière, Claude Gadbin-Henry

C’est dans une salle Tony Garnier où plus de 70 personnes avaient réussi à prendre place que Mme Claude Gadbin-Henry, Maître de conférence à Aix-Marseille Université, a traité de la question : Pourquoi les abeilles sont-elles si importantes pour notre avenir ?

Son exposé, scientifiquement étayé et très richement illustré, a d’abord situé l’apparition des abeilles sur la Terre (40 millions d’années) ainsi que leur processus de diversification qui en France compte plus de 1000 espèces dont l’abeille domestique (abeille mellifère), connue depuis l’antiquité et qui fait l’objet d’une récolte de son miel depuis environ 20 000 ans.

Il s’est ensuite poursuivi par des éclairages concernant successivement la reproduction des abeilles, et les différenciations sexuelles et fonctionnelles pour les femelles, reines et ouvrières, et pour les mâles.

Une assistance très attentive

Une assistance très attentive

abeille_fleur_chardon-redUn point a captivé le public présent (des jeunes enfants aux apiculteurs), c’est celui qui concerne les tâches des ouvrières au sein de la ruche, tour à tour ménagères, nourrices, productrices de galettes de cire et constructrices d’alvéoles, régulatrices de l’hygrométrie et de la température (ventileuses) et enfin, pour les plus expérimentées : les butineuses chargées de la récolte du nectar et du pollen.

Claude Gadbin-Henry a aussi traité de la transmission des informations entre les ouvrières. Le repérage dans l’espace, puis le rôle essentiel des abeilles pour la pollinisation des fleurs et la production de fruits de qualité gustative élevée (fraises, pommes …) a été évoqué.

Blog178_DessinPh2_AbeillePour conclure, et avant qu’un échange nourri s’établisse avec l’assistance, la conférencière nous a sensibilisé aux dangers qui menacent la survie des abeilles : les parasites comme le varroa ou un prédateur invasif tel le frelon asiatique, et des maladies comme les Teignes qui peuvent entraîner la mort rapide d’une colonie entière. Dans un autre registre, la monoculture peut provoquer des hécatombes dans la population des ruches, de même l’action des redoutables pesticides : herbicides et insecticides qui affaiblissent leurs défenses immunitaires, perturbent leur système nerveux et les font parfois brutalement mourir.

Blog178_SchemaAprès avoir joué aux apprentis sorciers par le recours inconsidéré aux traitements chimiques des plantes, certains chercheurs imaginent de recourir à des robots pollinisateurs pour pallier l’absence d’abeilles. Un comble !

Au final, deux heures d’exposé et d’échanges denses qui ont pu se poursuivre autour du verre de l’amitié.

A nous maintenant de veiller à ce que les abeilles, que nous ne devons pas craindre, trouvent dans notre environnement un cadre propice à leur préservation. Il en va de la qualité de notre vie.

M. Motré

Conférence sur les abeilles : rappel !…

19 avril 2015

Demain soir, lundi 20 avril 2015 se tiendra à Carnoux une nouvelle conférence organisée par le Cercle progressiste carnussien. Ouverte gratuitement à tous, c’est l’occasion d’en savoir plus sur ces insectes si utiles pour notre alimentation et pourtant directement menacés du fait de nos propres errements en matière de développement agricole ! Rendez-vous salle Tony Garnier pour mieux comprendre les enjeux de cette terrible méprise !

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