Archive for juillet 2014

Une nouvelle association citoyenne à Roquefort-La Bedoule

29 juillet 2014

Contrairement à sa voisine Carnoux-en-Provence, la commune de Roquefort-La Bedoule possède une véritable tradition d’ancrage à gauche, fruit d’un militantisme ouvrier qui s’est notamment développé en parallèle de son activité industrielle liée aux fours à chaux exploités jusqu’en 1937. Lors des dernières  élections municipales de mars 2014, la liste Rassemblement Citoyen, menée par Alain Tarrini sous les couleurs du Front de Gauche y avait obtenu 20 % des suffrages exprimés, malgré la présence d’une autre liste de gauche conduite par Paul Hubac, ce qui n’avait cependant pas empêché le maire sortant, Jérôme Orgeas, d’être facilement réélu dès le premier tour avec près de 55 % des voix. Suite à ces élections, les membres de la liste Rassemblement Citoyen ont souhaité poursuivre leur aventure et ont créé en avril dernier une nouvelle association baptisée le Carrefour citoyen, dont les statuts ont été publiés au journal officiel le 3 mai 2014.

Présentation publique de l'association le 13 juin 2014

Présentation publique de l’association le 13 juin 2014

L’association a fait l’objet d’une présentation aux habitants de la commune lors d’une réunion publique organisée le 13 juin 2014 en présence du bureau et de son président, Joseph Marcos. Son siège est situé comme il se doit au Cercle républicain des travailleurs de Roquefort-La Bedoule. L’association, qui compte déjà une quarantaine de membres, a pour objet de développer, de promouvoir et de favoriser des activités à caractère culturel et social permettant une meilleure socialisation de tous, de renforcer les échanges entre les habitants, l’esprit de solidarité, de compréhension mutuelle et d’entraide, de contribuer activement aux démarches et processus nécessaires qui contribuent au développement de l’homme dans la cité et enfin d’inciter les citoyens à participer à la vie locale.  Pour cela, le carrefour citoyen compte organiser des débats, des conférences, des expositions, des ateliers, etc. Il diffusera gratuitement tous les deux mois un bulletin d’information à l’intention des habitants de la commune. Une première conférence est prévue pour évoquer le centenaire de l’assassinat de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914.

Page d'accueil du blog de l'association

Page d’accueil du blog de l’association

Un atelier de lecture sera aussi animé par Françoise Verne, dans la continuité du collectif  » Libres de lire sous les platanes « . Et l’association ne manque pas d’idées pour d’autres activités telles qu’un concours de tarot, un atelier photo ou une exposition de peintres amateurs. Un blog a aussi été ouvert pour faire connaitre l’association et permettre aux membres d’échanger. Bref , cette nouvelle association qui vient de voir le jour à Roquefort-La Bedoule ne manque pas de points communs avec le Cercle Progressiste Carnussien et tout laisse penser que des actions communes devraient pouvoir se développer entre les deux associations voisines. Affaire à suivre donc…

L. V.  LutinVertPetit

La décharge d’Entressen se rappelle à notre bon souvenir…

18 juillet 2014

Blog88_PhEntressen2C’est le 31 mars 2010 seulement qu’avait été fermée la décharge à ciel ouvert d’Entressen, la plus vaste d’Europe encore en activité à cette date, dans laquelle se déversaient jour après jour toutes les ordures ménagères de Marseille et des communes voisines, à raison de 1000 à 1200 tonnes chaque jour. Pendant 13 ans en effet, les élus locaux avaient réussi à prolonger son exploitation à coup de dérogations, au mépris des directives européennes et des injonctions des services de l’État, préférant jouer l’inertie plutôt que de chercher des solutions alternatives à la gestion des ordures sur le territoire de la communauté urbaine MPM.

Cette décharge avait été ouverte en 1912, sur la commune de Saint-Martin-de-Crau mais à proximité du village d’Entressen qui en a subi toutes les nuisance olfactives et visuelles pendant près d’un siècle ! Sur les 120 hectares occupés par la décharge, le tas d’ordures a atteint jusqu’à 40 m de hauteur, ce qui donne une idée de notre capacité à générer des déchets et à nous en débarrasser sans trop se poser de questions… Depuis, le site a été réhabilité et une immense centrale photovoltaïque y a été implantée.

Mais pendant toute la période d’exploitation de cette immense décharge à ciel ouvert exposée aux vents de la Crau, des milliers de plastiques se sont envolés, se collant aux grillages du site et allant souvent bien au delà, transformant en statues multicolores tous les arbres alentours et finissant leur course au fond des canaux et des étangs qui sillonnent la Crau.

Blog88_PhEntressen3C’est à l’occasion d’une opération de curage et d’arrachage de jussie, une plante envahissante qui obstrue les canaux, menée par une association d’arrosants sur un tronçon du canal qui va de l’étang d’Entressen à la mer, que des milliers de ces plastiques mélangés à la vase ont été exhumés à coup de pelle mécanique et déposés sur la berge, formant une digue artificielle sur 1 km de longueur. L’affaire a été médiatisée en février 2014 par plusieurs associations de protection de l’environnement dont France Nature Environnement, Les amis des marais du Vigueirat, NACICCA (Nature et citoyenneté Crau Camargue Alpilles) et Agir pour la Crau, lesquelles ont porté plainte contre X afin que ces monceaux de plastiques déposés sur les berges puissent être éliminés avant d’être de nouveau disséminés par le vent.

Cyril Girard de l’association Nacicca sur les monceaux de déchets issue du curage (photo ©V. Farine)

Cyril Girard de l’association Nacicca sur les monceaux de déchets issue du curage (photo ©V. Farine)

L’origine de ces plastiques ne fait aucun doute même si le Préfet a demandé aux services de la DREAL de s’en assurer et MPM reconnaît sa responsabilité dans cette affaire. Mais plusieurs mois après cette découverte, le dossier ne semble guère avoir évolué, chacun se renvoyant la balle… Pourtant, les volumes de plastiques déjà sortis de la vase ne représentent qu’une toute petite partie du stock et tout laisse à penser que les 50 hectares de l’étang en sont encore tapissés sur une forte épaisseur, sans compter le reste des canaux qui restent à curer. Le canal en question s’étend en effet sur une vingtaine de kilomètres et traverse deux réserves naturelles, celle des Coussouls de Crau et les marais du Vigueirat.

Dessin de Lasserre in Technicités n°273

Dessin de Lasserre in Technicités n°273

Or cette pollution n’est pas anodine car la dégradation des plastiques est un processus très lent qui peut prendre plusieurs siècles selon la nature du matériau. Les dégâts sur la faune locale de tortues (cistudes) et de poissons sont donc considérables, ainsi bien sûr que les risques pour la faune marine car une partie de ces déchets finit sa course en mer. Une histoire qui vient une fois de plus nous rappeler que la politique de l’autruche en matière de gestion de nos déchets n’est jamais la plus adaptée à long terme…

L. V.  LutinVertPetit

 

Bientôt une université régionale des métiers à Marseille

12 juillet 2014

Blog87_Ph1On déplore souvent qu’en France, contrairement à l’Allemagne, l’apprentissage ne soit pas assez développé. Il semble bien en effet que les entreprises françaises soient plus réticentes que leurs concurrentes d’Outre-Rhin à s’engager dans la formation de leurs jeunes recrues. Le sujet a d’ailleurs été largement abordé lors de la récente conférence sociale où il a été constaté une chute dramatique des contrats d’apprentissage et de professionnalisation dont le nombre a baissé de 14 % lors du premier trimestre 2014 ! De nouvelles mesures financières ont d’ailleurs été annoncées par le gouvernement pour favoriser le recrutement d’apprentis par les entreprises avec un objectif affiché d’atteindre le chiffre de 500 000 apprentis à la rentrée 2017 (contre 435 000 actuellement et 1,5 millions en Allemagne…).

cognitif-humourD’autres initiatives se développent aussi à l’initiative des collectivités territoriales et notamment des régions qui sont en première ligne en matière d’aide au développement économique. Saluons à cet égard l’initiative de la Région PACA qui vient de signer, le 13 juin dernier, un protocole d’engagement avec la Chambre régionale des métiers, l’État et la Caisse des dépôts et consignations en vue de lancer la création d’une future Université régionale des métiers qui devrait ouvrir ses portes à Marseille en 2019.

Ce futur  » campus des artisans  » sera construit dans le secteur d’Arenc, au cœur du périmètre d’Euroméditerranée. Le coût de l’investissement est évalué à 105,5 millions d’euros, payé pour l’essentiel (69,3 M€) par la Région PACA et par l’État pour 15,9 M€ via les crédits du Programme des investissements d’avenir (l’ex Grand emprunt). Ce dernier injecte au total près de 330 M€ dans la réalisation d’une soixantaine de projets visant à promouvoir ainsi l’apprentissage. Le solde du montage financier pour l’université régionale des métiers sera pris en charge par la communauté urbaine MPM, les chambres des métiers et Erilia (réseau Habitat en région des Caisses d’épargne, société chargée de réaliser une unité d’hébergement de 150 chambres pour l’accueil des stagiaires).

Blog87_Ph3Le chantier de ce vaste projet devrait débuter en 2016 sur deux parcelles situées juste derrière le Dock des Suds. Le complexe ainsi créé regroupera trois centres de formation existants (dont le CFA des Compagnons du devoir), l’Institut régional de formation à l’environnement et au développement durable (actuellement à l’Arbois) mais aussi plusieurs centres de ressources dont l’Observatoire régional des métiers ainsi que le siège des organisations professionnelles de l’artisanat.

Blog87_Ph2Au total, ce sont 1 200 apprentis qui pourront être accueillis sur cette nouvelle structure, soit 341 places supplémentaires par rapport à l’état actuel. Sept filières professionnelles seront concernées : bâtiment et écoconstruction, santé (optique et dentaire), services administratifs, tertiaire (commerce, tourisme, vente), électricité/électronique/électrotechnique, métiers d’art, recyclage. Un beau projet, idéalement situé, qui devrait largement contribuer à redonner de l’attractivité aux filiales de formation professionnelle par l’apprentissage et favoriser ainsi l’accès à l’emploi de nombreux jeunes de la région.

L. V. LutinVertPetit

 

Carnoux-en-Provence, point noir de la circulation routière

8 juillet 2014

En application d’une circulaire de 2007, la Direction générale des routes a lancé une vaste étude en vue d’établir des cartes de bruits le long des axes routiers majeurs. Dans le département des Bouches-du Rhône, l’étude pilotée par le  CETE Méditerranée (un des constituants du réseau scientifique et technique de l’Equipement, devenu depuis le CEREMA), a été rendue publique en mars 2009. Ces cartes de bruit constituent en quelque sorte des diagnostics de l’exposition sonore des populations et doivent ensuite servir de base à l’établissement des Plans de prévention du bruit dans l’environnement, dont le principal objectif est de réduire les situations d’exposition sonore jugées excessives.

Les données utilisées pour cette enquête sont les TFMA (trafic moyens journaliers annuels) de l’année 2005 et l’étude a porté les routes du Conseil général pour lesquelles le trafic journalier dépasse 16 400 véhicules/jour, ce qui représente en moyenne plus de 6 millions de véhicules par an.

Cette étude a ainsi permis d’identifier dans le département 22 points noirs représentant un linéaire total de 146 km. Surprise : les 2 km de la traversée du centre-ville de Carnoux (RD 41E) en font partie et sont même en très bonne position de ce palmarès avec en moyenne 21 600 véhicules par jour. Et encore, ces chiffres datent maintenant de près de 10 ans et la situation n’a fait qu’empirer depuis !

TableauPointsNoirs

Au-delà des nuisances sonores reconnues et quantifiées, les impacts du flot continu de véhicules chaque jour à travers Carnoux sont multiples et il n’est pas inutile de les rappeler pour que, peut-être, cette problématique soit enfin prise en considération par l’équipe municipale fraichement réélue et plus précisément par la nouvelle conseillère chargée du transport et de l’environnement, Mme Gebelin qui, comme le précise la revue municipale « Carnoux info » post –élections, est à notre écoute…

Le tableau ci-après (Héran F., Pour une approche systémique des nuisances liées aux transports en milieu urbain in Les Cahiers Scientifiques du Transport, n°59/2011, pp. 83-112) indique de manière synthétique les impacts directs et indirects d’une circulation excessive en milieu urbain.

TableauNuisanceRoutes

En parcourant cette liste édifiante d’impacts et de nuisances associées, il est indéniable qu’une majorité de ceux-ci sont subis par les habitants de Carnoux. Par contre, il ne semble pas que cette problématique préoccupe nos élus municipaux puisque leur seule réponse à nos doléances vis-à-vis du bruit, de  la pollution, des risques d’accidents et de la désafection pour les transports doux est :  » On a tout essayé pour résoudre le problème, il n’y a rien à faire  » . Tant de volontarisme laisse pantois…

Comment peut-on se satisfaire d’un tel immobilisme en matière de qualité de vie, voire de santé publique dont le maire est pourtant redevable ?

Ph_CirculationCarnouxNous en avons assez de risquer l’accident, à vélo, par manque de pistes cyclables adaptées ! Nous voulons pouvoir nous rendre à pied au centre-ville sans risquer d’être percutés par les voitures qui ne respectent pas les passages pour piétons ! Pourquoi devrions-nous continuer à subir sans réagir les nuisances engendrées par des personnes qui ne font que traverser Carnoux à bord de leur voiture ?

Faudra t-il que quelques actions médiatiques de type  » opération vélo escargot  » soient menées à travers la commune pour que l’équipe municipale prenne enfin en compte cette problématique et actionne les leviers au bon niveau pour que les améliorations nécessaires soient mises en oeuvre ?

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La Pravda de Carnoux…

7 juillet 2014

En ces temps de raréfaction des ressources publiques, les habitants de Carnoux peuvent être rassurés : les fonds ne manquent pas quand il s’agit de faire la promotion de l’équipe municipale ! La qualité du dernier Messager qui vient d’être distribué dans toutes les boîtes aux lettres de Carnoux en témoigne avec pas moins de 32 pages grand format en couleur sur papier glacé. Une revue gratuite comme le précise la couverture, payée par le contribuable certes, mais cela ne pose aucun problème « en raison de la bonne santé financière de la commune » ainsi qu’il est précisé en page 9.

Blog86_MessagerOubliée en effet la crise économique même si le vice-président de la communauté urbaine qu’est Jean-Pierre Giorgi concède dans ce même numéro du Messager que MPM a dû majorer ses taux de fiscalité en raison des « difficultés économiques du moment ». En tout cas, si crise il y a, elle évite soigneusement le territoire carnussien où tout n’est que travaux d’embellissement, fêtes en tout genre, carnaval, loisirs et activités sportives. Seuls les commerçants nouvellement installés sont évoqués, mais pas un mot pour tous ceux qui viennent de faire faillite sans que la municipalité ne lève le petit doigt pour leur venir en aide…

Le taux de chômage et de pauvreté peut bien augmenter, notre environnement se détériorer de manière irréversible et les tensions internationales se réveiller, peu importe puisque rien de tout cela ne semble devoir influer sur la vie paisible de Carnoux qui s’amuse, sous la protection bienveillante de son maire omniprésent dans les pages de cette revue municipale avec pas moins de 13 photos, un record ! Quelques semaines après la campagne municipale et sa débauche de tracts diffusant sous tous ses angles le portait du maire sortant candidat à sa réélection, qui à Carnoux pourrait encore ignorer à quoi ressemble Monsieur Giorgi ?

Blog86_GiorgiLe Messager se permet même d’informer les habitants de Carnoux que son maire bienaimé vient d’être nommé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et qu’il les invite à assister en personne à sa remise de décoration. On avait un peu perdu l’habitude d’un tel culte de la personnalité depuis la fin du stalinisme, mais il semble que certains à Carnoux cultivent la nostalgie de cette époque avec ses commémorations militaires en grandes pompes et ses gymnastes féminines de haut niveau…

Blog86_Ceremonie020Quant à attendre d’une telle revue un minimum d’objectivité et de pluralité, c’est peut-être trop demander. Les élus d’opposition ont changé de bord aux dernières élections mais ils ne sont pas mieux lotis pour autant car bien entendu, ils n’ont « communiqué aucun élément dans les délais impartis », c’est vraiment trop bête…

Le Cercle Progressiste Carnussien quant à lui a bien envoyé dans les temps sa contribution avec un bref résumé de la conférence animée le 12 mai dernier par Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS et un des meilleurs spécialistes français de l’étude de la délinquance et des violences urbaines. Seulement voilà, le comité de censure de la municipalité a sorti ses ciseaux et n’a pas hésité à réécrire entièrement l’article, quitte en dénaturer le sens, sans bien sûr en aviser ses auteurs… Le maire et ses adjoints avaient naturellement été invités à cette conférence sur l’insécurité dont le thème aurait dû les intéresser mais aucun représentant de l’équipe municipale n’a jugé nécessaire de s’y déplacer. Cela ne les a pas empêché d’en réécrire le compte-rendu à leur manière : pourquoi se gêner quand on a tous les pouvoirs ?

L. V.  LutinVertPetit

Les eaux troubles de Marseille…

5 juillet 2014

La gestion de l’eau à Marseille a toujours fait l’objet d’enjeux et de tractations bien peu avouables. Elle vient de connaître un nouvel épisode avec la publication d’un rapport de la Chambre régionale des comptes qui épingle la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) pour sa récente attribution de quatre délégations de services publiques (DSP) pour un montant qui atteint quand même 3 milliards d’euros : une paille en ces temps de disette des ressources publiques !

Siège de la SEM à Marseille ©Photothèque Société des Eaux de Marseille

Siège de la SEM à Marseille ©Photothèque Société des Eaux de Marseille

Petit retour en arrière pour mieux se replacer dans le contexte local… A Marseille comme dans les différentes communes de MPM, c’est la Société des Eaux de Marseille (la SEM) qui assure depuis 1960 (un record !) l’approvisionnement en eau potable. Le service s’étend même à certaines communes extérieures telles qu’Aubagne dont le sort est lié car concerné par la concession à la SEM de la gestion du Canal de Marseille qui conduit l’eau depuis la Durance.

Le Canal de Marseille ©Photothèque Société des Eaux de Marseille

Le Canal de Marseille ©Photothèque Société des Eaux de Marseille

Pendant longtemps, la SEM, société de droit privé, est restée une filiale à parts égales de Véolia (issu de l’ex Compagnie Générale des Eaux) et de la Lyonnaise des Eaux, symbole parmi d’autres de ce domaine très rémunérateur de l’approvisionnement des collectivités en eau potable où l’on a pris l’habitude de se partager le gâteau plutôt que de se tailler des croupières…

Sous la pression des audits successifs de la Cour des comptes, la situation a fini par s’assainir : la SEM est revenue à Véolia tandis que le traitement des eaux usées, géré depuis belle lurette également par une autre société privée, la SERAM, revenait de droit à la Lyonnaise des Eaux. Mais ces beaux arrangements ne pouvant durer éternellement, il a bien fallu un jour remettre en jeu ces deux contrats de DSP pourtant reconduits d’année en année. Certains plaidaient alors pour revenir à une gestion en régie de tout ou partie de ces deux services publics que sont l’eau et l’assainissement. C’est d’ailleurs le choix qu’a fait Aubagne via la création d’une société publique locale, joliment dénommée L’eau des collines.

Mais à Marseille on ne mange pas de ce pain là ! En juillet 2011, quelques mois avant l’arrivée à échéance des contrats, la communauté urbaine, alors présidée par Eugène Caselli, a décidé de conserver le principe d’une DSP et de renouveler simultanément les contrats eau potable et assainissement pour une durée de 15 ans à compter du 31 décembre 2013. Pour ce dernier volet toutefois, le marché a été scindé en trois lots géographiques et un appel d’offre a été lancé en 2012 pour un montant total de 3 milliards donc.

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Pour ce type de délégation, les candidats capables de répondre ne sont pas très nombreux. En France, ils sont trois à ce partager l’essentiel du marché : Véolia, Suez-Lyonnaise des Eaux et la Saur. Résultat des courses : c’est la SEM qui conserve le marché de l’eau potable et qui gère désormais l’assainissement sur les lots Est et Ouest tandis que la SERAM conserve la gestion des eaux usées sur le lot du centre correspondant notamment à Marseille. Au final, on prend les mêmes et on continue comme si de rien n’était. Les seules différences par rapport à la situation antérieure concernent 4 communes périphériques dont Carnoux où l’assainissement est désormais géré par la SEM.

Bien entendu, c’est la concurrence libre et non faussée et elle seule qui a joué en faveur de ce résultat, aidée peut-être par le fait que MPM n’avait jamais fait beaucoup d’effort pour chercher à connaître son propre réseau de distribution d’eau potable, laissant à la SEM carte blanche pour s’occuper de l’intendance. Par curiosité, le Préfet a souhaité y voir de plus près et a saisi la Chambre régionale des comptes pour analyser a posteriori la manière dont les choses se sont passées. Saisie le 9 décembre 2013, quelques jours seulement après l’attribution des marchés, la Chambre a remis son rapport dès le 13 février 2014, mais ce dernier n’a été rendu public que fin avril, une fois refermée la parenthèse des élections municipales.

Or la lecture de ce rapport est pour le moins instructive ! On y apprend ainsi que les élus de MPM n’ont jamais débattu sur la durée à prévoir pour ces délégations de services publics alors que ceci est un facteur majeur de l’économie de ces contrats. De manière générale, leur participation au choix des heureux élus a été assez limitée puisqu’ils ont validé l’analyse des offres sans même avoir connaissance du détail des critères utilisés… Du coup, de sérieux doutes apparaissent quant à la régularité des procédures suivies qui conduisent à un résultat très favorable aux entreprises, au détriment bien entendu de la collectivité et des usagers. La Chambre s’étonne ainsi que seules certains des candidats aient été invités à négocier, surtout lorsque la négociation aboutit de fait à une situation encore plus favorable à l’entreprise retenue, avec une augmentation de sa marge nette prévisionnelle qui a été multipliée par trois par rapport à son offre initiale ! Les magistrats s’étonnent également de l’importance des frais de siège consentis aux attributaires, ainsi que de la justification des frais de tuilage qui paraissent en effet étonnants puisque la SEM ne fait que se succéder à elle-même… Son analyse va jusqu’à mettre en doute la légalité des contrats ainsi conclus qui pourraient quasiment être assimilés, vu de Bruxelles, à des subventions déguisées : c’est dire !

Martine Vassal

Martine Vassal

Comment justifier que MPM ait pu conclure avec la SEM et la SERAM des contrats aussi déséquilibrés ? Les magistrats de la Chambre régionale des comptes semblent hésiter, quant au diagnostic, entre amateurisme et connivence, l’un n’excluant d’ailleurs pas l’autre… Une chose semble sûre : la très grande proximité entre certains élus marseillais et les dirigeants des sociétés concernées (dont Loïc Fauchon, président de la SEM, qui doit sa place à Jean-Claude Gaudin) n’a pas joué en faveur d’un arbitrage objectif. La Chambre pointe d’ailleurs clairement une élue, Martine Vassal, 2ème adjointe à la mairie de Marseille et trésorière du Conseil mondial de l’eau, l’association dont le président d’honneur n’est autre que ce même Loïc Fauchon. Considérée par les magistrats comme en situation de conflit d’intérêt, elle a en effet participé très activement aux négociations et a eu accès à tous les éléments du dossier malgré sa grande proximité avec la SEM.

Face à une telle situation, le Préfet a écrit à Guy Tessier, nouveau président de MPM, pour lui demander de revoir les points les plus saillants des contrats fraîchement signés, ce qui devrait permettre de relancer les négociations avec les entreprises retenues. Mais un recours devant le Tribunal administratif ne semble pas totalement écarté à ce stade. Encore une fois, les élus marseillais auront été à la hauteur de leur réputation et on devrait de nouveau entendre parler de ce dossier dans les mois à venir…

L.V. LutinVertPetit

 

Trajets domicile-travail : une semaine par an en moyenne !

2 juillet 2014

Telle est en effet la conclusion à laquelle est arrivée cette vaste enquête que vient de mener la société Randstad, à partir d’un échantillon représentatif de 6000 personnes âgées de 18 à 65 ans ! Cela représente une durée moyenne de 23,4 minutes pour aller travailler (et autant pour revenir). Pour 35 % des personnes interrogées, cette durée du trajet quotidien dépasse 30 minutes, et même 60 minutes pour 7 % d’entre elles, soit plus de 2 h aller-retour pour aller travailler chaque jour…

Blog84_Ph1Sans grande surprise, certaines régions plus rurales telles que la Basse-Normandie ou Champagne-Ardennes font baisser la moyenne, avec un temps de trajet moyen qui descend à 17 ou 18 minutes. La région PACA est dans la moyenne nationale et bien entendu c’est en région Ile-de-France que les temps de trajets quotidiens sont les plus élevés avec une moyenne de 33 mn et plus de 45 mn pour un tiers des personnes interrogées. En région parisienne (qui concentre plus de 5 millions d’emplois salariés), la société d’info-trafic Inrix calcule d’ailleurs que les gens y passent en moyenne 55 h par an coincés dans les embouteillages (contre 35 h quand même en moyenne nationale…). Rappelons néanmoins que la capitale française des embouteillages reste Marseille où un trajet de 14 mn prend en moyenne 1 heure en période de pointe, soit 46 mn perdues dans les bouchons…

Crédit photo : Boris Horvat / AFP

Crédit photo : Boris Horvat / AFP

Un des enseignements de l’enquête commandée par Randstad est que la durée du temps de trajet journalier pour aller travailler augmente sensiblement avec le niveau de diplôme : un cadre niveau Bac + 5 met en moyenne 28 mn pour aller travailler alors qu’un employé sans diplôme annonce en moyenne 16 mn, ce qui représente un écart très significatif ! Cette évolution s’explique aisément, les employés les plus diplômés, occupant souvent des emplois mieux rémunérés, n’hésitent pas à s’éloigner de leur lieu de travail pour trouver un lieu de résidence de qualité.

Toutes les études sociologiques montrent qu’on passe de plus en plus de temps dans les trajets pour aller travailler. La congestion des transports publics et du réseau routier y contribuent largement, le renchérissement des prix de l’immobilier aussi, qui pousse nombre de salariés à s’éloigner toujours davantage des centres urbains pour accéder à un foncier plus abordable. C’est en tout cas un enjeu que les entreprises commencent à prendre en compte car ces trajets quotidiens de plus en plus longs génèrent inévitablement du stress et de la fatigue. Alors, en attendant que se rééquilibrent les bassins d’emploi et que se développent des transports en communs rapides et efficaces, vive le télétravail !

L. V. LutinVertPetit

 

Nicolas Sarkozy placé en garde à vue !

1 juillet 2014
Arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Office anti-corruption de la Police judiciaire, le 1er juillet à Nanterre (photo Dominique Faget /AFP)

Arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Office anti-corruption de la Police judiciaire, le 1er juillet à Nanterre (photo Dominique Faget /AFP)

La nouvelle n’est pas banale : pour la première fois en France sous la Cinquième République, un ancien chef de l’Etat vient d’être placé en garde à vue ! Nicolas Sarkozy est en effet entendu depuis ce matin 8 h dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption, les infractions financières et fiscales au siège de la police judiciaire à Nanterre, pour une garde à vue qui peut légalement durer jusqu’à 48 heures. Son avocat, Thierry Herzog, est déjà en garde à vue depuis hier ainsi que deux magistrats, Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation, et Patrick Sassoust, avocat général à la chambre criminelle de la haute juridiction. Tous les quatre sont entendus dans le cadre d’une enquête pour trafic d’influence et violation du secret de l’instruction, menée par deux juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris.

Blog83_Dessin3Tout est parti des écoutes téléphoniques dont a fait l’objet Nicolas Sarkozy en début d’année, dans le cadre de l’enquête sur d’éventuels financements lybiens de la campagne présidentielle de 2007. L’ancien président de la République, averti de ces écoutes avait, comme un vulgaire malfrat, fait l’acquisition d’un second téléphone portable sous le faux nom de Paul Bismuth, avec lequel il échangeait avec son avocat Thierry Herzog  des plaisanteries peu amènes sur les magistrats en charge de son dossier dans l’affaire Bettencourt. On s’y perd tant les affaires judiciaires qui collent aux basques de Nicolas Sarkozy sont nombreuses ! En tout cas, les révélations issues de ces écoutes semblent montrer assez clairement que l’ancien président et son avocat sont tenus informés de très près sur les développements de cette affaire Bettencourt pour laquelle Nicolas Sarkozy avait déjà été mis en examen en septembre 2013 pour abus de faiblesse. Il semblerait même que Nicolas Sarkozy ait, par l’intermédiaire de son avocat, fait miroiter au magistrat Gilbert Azibert, un piston pour un poste prestigieux à Monaco, afin de le persuader de s’enquérir des avancées de l’instruction en cours dans l’affaire Bettencourt. Ce dernier n’ayant pas directement accès au dossier a alors fait appel à un de ses anciens subordonnés et c’est ainsi que l’ancien président de la République a pu être tenu informé des développement de l’affaire.

Blog83_Dessin1Nul ne sait encore sur quoi débouchera cette nouvelle péripétie judiciaire. Les réactions outragées des amis de Nicolas Sarkozy qui cherchent à le faire passer pour la victime d’un acharnement judiciaire orchestré par l’Elysée mettent en tout cas en évidence, une fois de plus, la conception que se fait l’UMP de la Justice française qui ne pourrait être qu’aux ordres du pouvoir exécutif !  Curieuse conception d’une Justice qui devrait être impitoyable pour les petits voyous et ne devrait pas se mêler de ce que font nos responsables politiques lorsqu’ils s’assoient allégrement sur les lois de la République…

L. V.  LutinVertPetit