Archive for avril 2013

658.000 arbres rasés…….!

30 avril 2013

658.000 arbres rasés pour le nouvel aéroport d’Istanbul

IstambulAirport01

Istanbul envisage de construire un troisième aéroport dans le nord de la ville, à proximité du lac Terkos près de la mer Noire. Celui-ci comportera six pistes et une capacité annuelle de 150 millions de passagers, selon Binali Yildirim, ministre des Transports. Un désastre écologique puisqu’il engendrera la destruction d’une forêt vierge ancienne et l’abattage de pas moins de 658.000 arbres.

Cet aéroport sera capable de dépasser le débit des passagers des plus grands aéroports existants, il deviendra donc un lieu de passage majeur. Seulement, un rapport du ministère de l’Environnement critique ce projet dont l’impact environnemental engendrera la mort d’un demi-million d’arbres, couvrant dix espèces différentes.

IstambulAirport02Le site comprend une végétation dense qui agit comme un puits de carbone naturel pour la ville d’Istanbul. Le développement de l’aéroport et la déforestation qui y sera associée vont interrompre ce cycle naturel et va augmenter considérablement la pollution atmosphérique régionale. C’est que les forêts tirent du CO2 de l’atmosphère dans le cadre de la photosynthèse et permettent donc de nettoyer une partie de la pollution atmosphérique.

La déforestation à grande échelle détruit ce stockage naturel du carbone et libère des quantités anormales de CO2 dans l’atmosphère. Le rapport ajoute que la construction de cet aéroport causera des dommages irréversibles sur la forêt et les écosystèmes aquatiques de la région.

« La zone prévue pour le projet compte 7.650 hectares alors que la superficie forestière est de 6.172 hectares. 1.180 hectares y sont utilisés pour l’exploitation minière, 660 hectares constituent un lac, 236 hectares sont consacrés au pâturage et 60 hectares sont réservés à des activités agricoles. Il y a 2.513.341 arbres dans la région: des pins maritimes, des pins parasol, des pins noirs, des pins de Calabre, des chênes, des charmes, des frênes, des tilleuls, des érables et de cèdres ».

Le rapport indique qu’il existe 70 espèces animales vivant dans la forêt, et avertit que l’aménagement proposé va détruire la végétation et les caractéristiques naturelles de la région. Sans oublier l’augmentation de la circulation et l’urbanisation autour de l’aéroport qui vont engendrer pollution et perte d’habitat.

Istanbul dispose déjà de deux aéroports internationaux: Ataturk sur la rive européenne (37 millions de passagers annuels) et Sabiha Gokcen à l’Est (13 millions de passagers annuels).

Le Carnussien Vigilant Masqué.... Clic...

A l’assaut du « 7e continent »…..

29 avril 2013

Un an après une tentative avortée, une expédition va repartir fin mai à l’assaut du « 7e continent », une gigantesque plaque de déchets plastiques flottant sur l’océan Pacifique, grande comme six fois la France mais encore largement méconnue. A l’origine de l’expédition « 7e continent », l’explorateur guyanais Patrick Deixonne, 48 ans, avait découvert en 2009 le phénomène lors de sa participation à la course en solitaire à l’aviron Rames-Guyane.

Continent7-1

« Je voyais tous ces déchets plastiques qui dérivaient autour de moi. Ca m’étonnait et je me suis demandé: mais ça va où tout ça?« , explique à l’AFP M. Deixonne à l’occasion d’un passage à Paris pour préparer son aventure.

Revenu à terre, l’ancien sapeur-pompier au Centre spatial de Kourou se documente et trouve la réponse: ces déchets plastiques s’amalgament au point de rencontre de courants marins qui s’enroulent sous l’effet de la rotation de la Terre et forment un immense vortex appelé « gyre ».

Difficile à détecter
Au total, des millions de tonnes de déchets venus des côtes et des fleuves flottent dans les cinq principaux gyres répartis dans tous les océans, la force centripète aspirant lentement les détritus vers le centre.

Problème pour les scientifiques, cette « soupe » est essentiellement composée de microdéchets de plastique décomposé en suspension sous la surface de l’eau, parfois sur 30 mètres de profondeur. Très difficilement détectable par les observations satellites, elle est seulement visible depuis des bateaux.

Selon le CNES, l’agence spatiale française qui parraine la mission « 7e continent », le vortex du Pacifique nord, entre la Californie et Hawaï, est l’un des plus importants de la planète, avec une surface d’environ 3,4 millions de km2. Mais la plaque de déchets qui y flotte est « située dans des eaux peu concernées par la navigation marchande et le tourisme, le problème n’intéresse que les écologistes et les scientifiques« , déplore Patrick Deixonne.

Cartographier les zones polluées
Depuis sa découverte fortuite par l’océanographe américain Charles Moore en 1997, cette nappe de débris plastiques n’a fait l’objet que de quelques études visant à étudier l’impact de la pollution sur les océans et leur faune.

Patrick Deixonne

Patrick Deixonne

Membre de la Société des explorateurs français Patrick Deixonne souhaite donc médiatiser cette « catastrophe écologique » en se rendant sur place pour en rapporter observations scientifiques et images. L’expédition doit partir le 20 mai d’Oceanside (sud de laCalifornie) pour mettre le cap sur le gyre « en effectuant tout le long du parcours des mesures pour comparer la concentration et la nature des déchets« , explique-t-il.

Grâce au guidage satellitaire fourni par ses partenaires, il compte rallier en six à sept jours la zone ayant la plus forte concentration de déchets, à environ un millier de milles nautiques des côtes.

Un capteur réalisé par des élèves ingénieurs de l’ICAM (Toulouse) avec le CNES sera également testé dans une bouée dérivante. Il doit permettre de distinguer dans l’eau les plastiques des planctons et autres particules vivantes, puis à terme de cartographier les zones polluées grâce à l’imagerie satellite, ce qui serait une première mondiale.

Ironie du sort, l’expédition programmée en mai 2012 avait capoté en raison d’incidents en série impliquant notamment des déchets plastiques. Avant même le départ de Californie, un sac plastique avait bloqué la pompe à eau de la goélette de 1938 affrétée par Patrick Deixonne. Puis des débris d’un filet de pêche en nylon avaient brisé son gouvernail dans le Golfe du Mexique. « Des problèmes de plus en plus courants dans cette partie du monde, et qui touchent de façon récurrente les plaisanciers californiens », assure le Guyanais.

Sensibles à cette pollution plastique et aux déboires de Patrick Deixonne en 2012, le Yacht Club d’Oceanside a décidé cette année de s’associer à l’expédition en mettant gracieusement à sa disposition un puissant bateau à moteur et trois membres d’équipage.

Le Carnussien Vigilant Masqué.... Clic...

Notre responsabilité à l’autre bout de la terre…..

19 avril 2013

La courte vidéo que vous allez voir (3:55) est filmée sur une île qui se trouve en plein océan Pacifique, à 3000 km de toute autre terre !


Sur cette île, personne n’y habite, il n’y a que des oiseaux : des fous de Bassan pour la plupart, et pourtant……


Regardez ce qui se passe !!!!!!!!!!!!!!!

Midway

Ouvrez ce lien : http://www.midwayfilm.com/

Un petit film que tout le monde devrait voir et en tirer des conclusions … !!!

Le Carnussien Vigilant Masqué.... Clic...

KATULU n° 31

13 avril 2013

Voici le résumé des derniers ouvrages abordés par les adhérents dans le numéro 31 :

Katulu? N°31 -avril.2013-

Musique absolue

Bruno Le Maire

 (une répétition avec Carlos Kleiber)

        Il ne s’agit pas d’une véritable œuvre littéraire mais en fait d’une interview d’un violoniste proche du chef d’orchestre Carlos Kleiber.

        Le journaliste se trouvait dans sa voiture près de Marseille quand il a entendu, sous la pluie, à sa radio de bord, un enregistrement de la septième symphonie de Beethoven. Il est tellement impressionné qu’il cherche à en savoir plus, il lit des biographies et finalement rencontre un des proches de Carlos Kleiber qui consent à lui parler.

Celui-ci lui fait alors revivre des répétitions avec ce chef terriblement atypique, habité par la musique, ne se souciant ni des honneurs, ni des jugements sur sa façon d’être, uniquement soucieux de faire interpréter la musique selon sa propre opinion.

« Quand le roulement des percussions annonce le début de la tempête, je me trouvais au péage. Cinq minutes entières, je demeurai à la barrière de péage, stupéfait, incapable du moindre geste, comme médusé par la musique. Carlos ne jouait pas la tempête, il était la tempête. Son orchestre était pris dans la tempête et il se battait contre elle ».

        J’ai grande envie d’entendre cet enregistrement…

                                                        Maggy Portefaix

 NOTRE-DAME DU NIL

SCHOLASTIQUE MUKASONGA

Prix RENAUDOT 2012

 

Publication Continents Noirs chez GALLIMARD

Le titre du roman nous transporte déjà à la source du NIL au RWANDA

Il nous raconte l’histoire d’un lycée perché à 2500 m d’altitude réservé aux jeunes filles de bonne famille. Le lycée est sous la protection de la statue « Notre Dame du Nil » érigée en 1953. Cette statue et son destin mouvementé symbolise le destin tourmenté du Rwanda : on cassera son nez –trop court – pour le remplacer par un nez « majoritaire »

La lecture est donc un voyage au cœur d’un pays –peut-être méconnu ou confondu. Plus petit pays d’Afrique Centrale, pays enclavé à 1000 km des côtes mais le plus densément peuplé. Ancien protectorat ALLEMAND, puis en 1916 placé sous mission Belge. Ensuite sous l’égide de la Société des Nations, la mission Belge détient un mandat officiel.

La romancière note cette présence coloniale avec des personnages tels que M de FONTENAILLE, M de DECKER, M LE GRAND

On découvre, par ailleurs, à travers les péripéties du roman une géographie assez précise, pays aux mille collines, pays de lacs, à  l’économie essentiellement agricole, un climat très sec où la pluie est  « la Souveraine » du Rwanda, celle qui décidera de la disette ou de l’abondance (p55) ; des coutumes, comme la place importante de la sorcellerie avec les personnages de KAGOBO RUGAMBA ; un mode de vie   ex : recettes de cuisine, les épinards se nomment viengaranga, on évoque des poissons séchés ndagala, on cite la canne à sucre ibiskeke, le lait battu ikivuguto, isoghi le sorgho bière locale ; un artisanat : on décrit un modèle particulier de vannerie, hutte en forme de ruche avec un toit pointu ; la singularité touristique: le pays des gorilles…

Enfin et surtout l’auteur parle de la population, Ses peuples :90% Hutus  peuple de la Houe, 10% Tutsi très grands, au nez court, au front dégagé et Bantu/Hamite (p.88), à propos de Modesta moitié Hutu, moitié Tutsi « tu es une traître, une espionne, des cafards, une Inienzi ».

L’auteur MUKASONGA a choisi la forme d’un huis-clos et des jeunes filles    GODELIVE, FRIDA, MODESTA : chacune d’elle symbolise l’âme de ce pays, sa Tragédie.

GLORIOSA, révolutionnaire sanglante, représente le pouvoir militaire, celle qui incite à la haine, à la vengeance, au crime : « Notre lycée est encore rempli de parasites, d’immondices ( ) il faut tout nettoyer ».

« Il faut répéter sans cesse qu’il y a des Inienzis, qu’ils sont toujours  prêts à s’infiltrer ( ) on ne doit jamais oublier de faire peur au peuple »

VERONICA réincarnation d’Isis, héroïne des légendes des blancs, représentante des pharaons noirs descendants des Égyptiens Méroe mais qui sera la martyre de ce roman exterminée cruellement…

IMMACULEE, dite MUGATARE celle qui aime les gorilles et qui refuse le rôle de faire valoir réservé aux femmes, le rôle de marchandise. Elle sauvera Virginia la Tutsi.

VIRGINIA celle qui choisit de fuir le pays parce que les Tutsis ici « sont des cafards des animaux nuisibles », « celle qui se nomme aussi, MUTAMURIZA -NE LA FAITES PAS PLEURER- » et qui porte peut-être l’espoir fragile de réunification du peuple RWANDAIS.

De ce roman qui démarre sur un ton tranquille, exotique, on passe à une révolution sans pitié, à la chasse aux Tutsis dans la plus parfaite indifférence des coopérants présents et où la politique n’est que mensonges…

On retient un accent sombre douloureux, une expression d’une intensité violente révoltée implorante « La mort a établi son règne sur notre pauvre RWANDA. Je reviendrai quand le soleil brillera… »

GORETTI une vraie Hutu « de ceux qui avaient résisté à toutes les colonisations, celles des Tutsis, des allemands, des belges » et qui va vaincre la sanglante Gloriosa symbolise la tragédie qui a frappé le Rwanda.

Elle dénonce la règle des quotas dans la scolarité, seul 10% de Tutsis sont admis au lycée. Elle décrit la souffrance des peuples pour se hisser dans la hiérarchie sociale

Elle évoque sans détour le rôle nocif de ceux qui les colonisent, ce MYTHE des BLANCS coupables à ses yeux de désacralisation de la monarchie locale, du renforcement puis de la destruction du pouvoir TUTSI, de l’installation d’une bureaucratie puis d’un pouvoir militaire qui ne défend pas les luttes inter-ethniques mais entretient une violence politique.

Peut être que certains « se cachent pour pleurer ; leurs larmes ne nous sauveront pas. »

Le génocide de 1963 a vu entre 10 000 et 15 000 Tutsis massacrés.

En 1994, 1 million seront encore exterminés.

                                                                Nicole Bonardo

Le bonheur côté pile

Sere Prince Halverson

 L’auteur vit en Californie, mariée , mère de quatre enfants.

Enfant elle a eu une belle-mère, devenue adulte, elle a été mère puis belle-mère.

Ella est mariée à Joé, déjà père de deux enfants. A la mort accidentelle de son mari, elle a deux mauvaises surprises : la trattoria familiale est en faillite et la mère biologique des enfants resurgit.

Entre son combat pour sauver son unique source de revenus, cette épicerie familiale italienne, et la lutte pour garder les enfants qui sont devenus les siens, elle devra affronter la famille de son mari dans son désir d’honnêteté vis-à-vis de la mère des enfants.

Ce livre qui aurait pu traiter le sujet somme toute banal, avec mièvrerie, expose des sentiments qui pourraient induire une conduite négative. Il n’en est rien et, si une partie de la fin est assez prévisible, l’auteur démontre qu’avec du bon sens, du courage et un amour vrai pour les enfants Ella saura prendre les bonnes décisions.

J’ai lu ce livre avec plaisir. L’écriture est agréable. C’est un bon ouvrage à lire en voyage, en vacances, ou au coin de la cheminée.

                                                                        Josette Monforti

 Quatre bouts de pain

Magda Hollander-Lafon

 Ce livre est une méditation et un chant d’espoir et d’optimisme : on pourrait s’attendre à la désespérance pour l’héroïne incarcérée à Auschwitz en 1944 avec sa famille .

Mais non c’est une leçon de vie magnifique, un geste tout simple en apparence : le don de quatre bouts de pain par une mourante à l’héroïne ; la joie et l’optimisme inébranlable !

Elle dit selon l’éditeur « qu’un regard et un sourire peuvent suffire à rendre la vie » et elle dit vrai…

Elle veut éblouir le futur en montrant que quelques étincelles d’espoir lui ont donné la vie « Je perce, émue, le mur épais de ma mémoire pour que tant de regards quémandeurs et d’espérance ne s’évanouissent pas en poussière ».

Des petits chapitres autonomes constituent le livre : le pain, les pieds, la faim, la soif : « j’ai vu des camarades agoniser de déshydratation »

On découvre avec horreur la haine dont l’homme peut être capable quand il se perd : « dépêchez-vous de crever, vous volez le pain des jeunes, qu’attendez-vous pour crever ! », par contre au milieu de cette horreur de bons gardiens existent : « j’ai vu dans ses yeux un visage humain ».

Superbe hymne à la vie et à l’espoir, ce livre est extrêmement émouvant, parfois difficile à lire mais il est riche d’enseignements sur la solidarité, sur la bonté des hommes parfois, sur la résilience peut être…

A lire absolument !

                                                                Josette Jegouzo

 L’année de la pensée magique

et

Le bleu de la nuit

Joan Didion

 L’auteur est une américaine, très connue aux États Unis, née en 1934 en Californie. Elle vit toujours à New-York malgré « la solitude qui l’assiège et le chagrin qui l’assaille. »

La France l’a découverte en 2007 avec la parution de son deuxième roman traduit en français, un journal intime né de la disparition brutale de son mari, John Gregory Dune, emporté par une crise cardiaque. Elle perdra quelques mois plus tard sa fille Quintana décédée d’une embolie pulmonaire à l’âge de 39 ans.

L’absence de son mari lui fait perdre ses repères et pour faire face à ce désastre, elle écrira ce travail de deuil mais sans s’apitoyer et en faisant de terribles efforts pour ne pas sombrer. « Il est mort mais il revient ».

Lorsque John s’écroule, elle pense qu’il lui fait une blague…

« John parlait puis ne parla plus ».

Elle raconte l’année qui suit cette perte brutale, cet homme avec qui elle était mariée depuis 40 ans, écrivain comme elle, « dont les journées étaient rythmées par le son de sa voix », le moment où tout bascule « la vie change vite, la vie change dans l’instant », « on s’apprêtait à dîner et la vie telle qu’on la connaît s’arrête. »

« J’avais besoin d’être seule pour qu’il puisse revenir ». Ainsi commence « L’année de la pensée magique ». Son chagrin la fait vaciller « le faire revenir avait été tout au long de ces mois mon seul objectif ». Elle égrène ses souvenirs au gré des pages, sans ordre, tels qu’ils arrivent : son mariage, les problèmes de santé de John, sa période de déprime (étaient-ils les prémices de sa disparition?) ; elle évoque ses amies, des deuils, ses lectures (elle est très érudite) et surtout sa fille. Ils avaient adoptés Quintana à sa naissance, petite fille privilégiée ou sacrifiée se demande-t-elle ? Sa plume balance entre le bonheur d’avoir eu cette enfant et le remord de n’avoir pas su lui dire qu’elle était tout pour elle. Elle ressent la fragilité de Quintana car elle l’éprouve avec le vieillissement. « Garder le cap. ».

Les dernières pages sur la peur de perdre ce qui lui reste sont déchirantes.

« Le bleu de la nuit », deuxième livre, fait référence à ces heures de la fin du printemps qui annoncent les jours qui raccourcissent et la fin des promesses.

Joan Didion est endurante et tellement humaine – je sens son cœur brisé – mais comme elle le dit « ne te plains pas ».

                                                                Suzanne Bastit

Histoire du pied et autres fantaisies

J.M.G Le Clézio

 Ce livre est constituée de dix nouvelles, essentiellement des portraits de femmes qui refusent le cynisme et la brutalité du monde…

« Histoire du pied », la première nouvelle donne son titre au livre …mais on trouvera aussi « Nos vies d’araignées »…et la dernière en forme d’apologue. Ces courts récits, écrit avec le style et le brio que l’on connaît à Le Clézio, se situent entre le réel et le rêve, dans des continents divers et des siècles différents. Récits âpres et sombres… même si certains se terminent par la victoire sur la violence ou le désespoir.

Mais la lecture est « pesante » au sens où ces histoires créent le malaise, engendrent le pessimisme face à la vie quelque soit les pays et les siècles…

Je ferai une exception pour la dernière nouvelle « A peu près apologue ».

L’auteur se livre à une réflexion sur l’écriture, sur l’écrivain … tout au long d’un voyage en métro… une écriture comme je l’aime, une réflexion sur la vie, le temps qui passe…une réflexion que l’on s’approprie, que l’on ressent pour sienne…

Voici quelques lignes qui m’ont enchantée et que je vous livre :

        « Écrire, c’est comme le métro. Vous savez où vous allez, vous n’avez  pas un choix infini de destinations, il y a des horaires à respecter, des zones obscures et de plus, ça n’est pas toujours agréable. Mais il y a tout ce que vous ne pouvez pas prévoir, ce qui vous transporte, vous expose, vous atteint momentanément ou durablement. »

        « L’auteur se lance à l’aventure et risque, comme un chasseur inexpérimenté, de revenir bredouille…ma sympathie va au chasseur   aventureux. Ne sachant pas exactement ce qu’il cherche, il se laisse entraîner par le hasard et il lui arrive de trouver une surprise inappréciable…C’est ce que j’aimerais trouver dans la lecture, dans l’écriture. L’aventure. »

        « Combien de temps dure ce voyage ? Quatre, cinq minutes, parfois davantage. Mais si longues, si riches en événements et en sensations, pleines d’idées, de mots qui volettent, d’images, de vies. Jusqu’où irons-nous ? Jusqu’à quand serons-nous vivants ? Quelles raisons donnerons-nous à notre histoire ? Parce qu’il faudra bien un jour trouver une raison, donner une raison, nous ne pourrons pas accréditer notre innocence Où que nous soyons, quelle que soit notre destination finale (si une telle chose existe), il nous faudra rendre compte, rendre des comptes.

        J’ai été, j’ai fait, j’ai possédé. Et un jour je ne serai plus rien. figé immobile… ll était évident que le voyage aurait une fin. Tout se   referme…La fin annonce sans doute un soulagement…

        A chacun sa vie. »

                                                                            Marie-Antoinette Ricard

Lettres à Colette

SIDO

éditions Phébus 2012

 On savait que, toute leur vie, Sido et Colette, sa fille, s’étaient écrit deux à trois fois par semaine jusqu’à la mort de Sido en 1912

Ces lettres, égarées, détruites, voici qu’elles resurgissent par les soins des éditions Phébus en 2012 .Mais, et c’est bien dommage, nous n’entendrons qu’une voix : celle de Adèle Eugénie Sidonie Landoy, dite Sido, mariée en premières noces avec Jean Jacques Robineau Duclos dont elle eut deux enfants, Juliette, « la sœur aux longs cheveux » et Achille, médecin auprès duquel elle vivra jusqu’à son décès. Elle se remarie prestement avec Jules Joseph Colette qui était déjà son amant et, peut être même, le père d’Achille. Jules, l’amour de sa vie, n’est pas un gestionnaire : il dilapidera son bien et les laissera dans la gêne. Elle aura, là encore, deux enfants, Léo et Sidonie Gabrielle, celle que nous connaissons sous le nom de Colette.

Entre 1903 et 1912, soit durant 9 années, la mère et la fille qui étaient unies par un amour très profond, s’écriront quotidiennement mais, et c’est là le drame, Achille profondément blessé par l’absence de Colette aux obsèques de leur mère, brûlera toutes les lettres de l’écrivain sous les yeux de sa jeune fille qui écrira plus tard « L’autodafé est consommé ».

L’édition que Phébus publie aujourd’hui rend à Sido toute son humanité : 400 lettres écrites au fil de la plume, certaines courtes, d’autres longues qui rendent compte d’une relation qui n’est pas sans difficultés mais d’où l’amour n’est jamais absent.

En guise de post face, 23 lettres à la fille aînée ,Juliette qui, suite à une sordide question d’argent, se sépare presque totalement de sa famille et se suicide à 48 ans, victime d’un mari médecin qui a, sans doute, des relations incestueuses avec leur fille unique Yvonne.
Tout ce drame, Sido l’évoque en des termes feutrés mais on sent bien que, avec son esprit fin, elle a très bien compris ce qui se passe dans le ménage de son aînée.

A travers ces lettres c’est toute l’ambiance de ce petit village bourguignon (Chatillon Coligny dans le Loiret) qui est évoquée : adultères, morts plus ou moins suspectes, ennuis d’argent, (Sido reçoit chaque mois cent francs de chacun de ses enfants ; comme on la sent gênée quand elle doit rappeler à Colette cette subvention mensuelle qu’elle n’a toujours pas reçue !), maladies des enfants, des voisins, les premières voitures qu’Achille achète pour faire ses visites et qui sont régulièrement en panne !

A travers ces missives nous découvrons une femme énergique, à l’esprit libre, qui se défie du mariage et porte aux bêtes un amour qui ne faiblira jamais.

Mais Sido est, avant tout, une mère ; entre Achille « son cher grand » et Léo qu’elle plaint car il ne semble pas être bon à grand-chose, il y a Gabrielle, celle qu’elle appelle de lettre en lettre, « Minet chéri, Mon toutou blanc, amour chéri, chéri toutou ou cher trésor…. »

Et puis Juliette, qu’elle ne voit que de loin en loin puisqu’elle est brouillée avec son gendre, et pour laquelle elle redoute une fin tragique. Elle ne se trompait pas, nous l’avons vu.

Cet amour un peu fou pour ses enfants on le retrouve dans des phrases comme : « Et je suis loin de toi. Je ne te vois jamais. Est  ce que ma vie s’éteindra sans que je te voie davantage ? Voila, j’ai quatre enfants et je ne les vois presque jamais. Si je n’avais pas mon cher grand, combien je me trouverais malheureuse ! »

Ce sont de lettres sans prétention, écrites au jour le jour, sur un coin de table, en repoussant la chatte blanche, la Minne, qui s’obstine à s’allonger sur la feuille de papier !

On y trouve, en vrac, bulletins de santé « Tu vois comme j’écris mal, eh bien j’ai une sciatique :il ne manquait plus que ça ! »

bulletins météorologiques : « Il fait un temps superbe et…Il faut qu’on mette des chapeaux de paille aux petites (les deux filles d’Achille° pour qu’elles puissent jouer devant la maison »

Chroniques villageoises : « Le père Becquet s’est pendu. C’est sa femme Adélaïde qui l’a trouvé en rentrant des champs. Elle va être bien tranquille maintenant car ses enfants sont très affectueux avec elle et on ne l’appellera plus, la pauvre Adélaïde »

Sido suit jour après jour, la carrière de sa fille. Elle craint toujours qu’elle ne prenne froid dans des théâtres mal chauffés. « Te voila enrhumée mon pauvre chaton ? » Elle pense que Colette gaspille son talent en faisant du music hall et qu’elle devrait se consacrer davantage à l’écriture. Elle avait sans doute raison, oui, Colette perdait son temps sur des scènes de music hall, y trouvant des succès de scandale (elle joue à moitié nue, suggère des amours saphiques….). Au début, elle apprécie son gendre Willy (Henry Gauthier Villard premier époux de Colette) mais quand les relations se tendent entre les deux partenaires, elle prend résolument le parti de sa fille, « Et Willy ? Méfie toi de lui ! », couvre ses frasques et accepte même sans mot dire le « ménage » Missy/ Colette, terminant toujours ses lettres par des formules affectueuses : « Je t’embrasse comme je t’aime et amitiés à Missy », « tendresses mon chéri et beaucoup d’amitiés à Missy »

NB Missy était le surnom de Mathilde de Morny dernière fille du duc de Morny frère utérin de Napoléon III et apparenté à Talleyrand et au tsar de Russie

Sur la fin de sa vie Sido souffre de la solitude, Colette, empêtrée dans un divorce, une relation homosexuelle et la rencontre du beau Henry de Jouvenel qui sera son second mari, lui rend visite de plus en plus rarement. Elle se dédouane en envoyant des chocolats, des dattes, des photos que la mère conserve comme des trésors.

Sido, c’est vrai, est avant tout une mère possessive, ses gendres et ses belles filles sont des ennemis puisqu’ils lui ont « volé » ses enfants : « Mes gendres sont des cochons et ma « gendresse » une grosse bête ».

Cette correspondance à une seule voix est un peu frustrante puisque nous n’avons pas les réponses de Colette, mais elles sont en filigrane, parfois cachées, parfois en pleine lumière. A nous, lecteurs, de les trouver.

Annie MONVILLE

Accès direct à tous les numéros de Katulu ici.

QRLCVMSmall2

Un rapport parlementaire hors-normes…

10 avril 2013

Voilà un bien curieux rapport parlementaire que celui qui a été remis le 27 mars 2013 au Premier ministre par Messieurs Alain Lambert, président du Conseil Général de l’Orne, et Jean-Claude Boulard, maire du Mans ! Illustré en couverture par un dessin de Plantu et placé sous le patronage de Pierre Dac (et de Montesquieu), le document est rédigé dans un style très décoiffant et son ton est plus proche de l’ironie mordante du Canard enchaîné que de la rigueur austère qui sied habituellement à ce genre de rapport.

 Blog35_Ph1

A première vue, le sujet n’est pas particulièrement sexy puisqu’il traite de la « lutte contre l’inflation normative ». En clair, comment se dépêtrer de l’amas de  lois, décrets, arrêtés et règlements en tous genre, qui se sont accumulés depuis des décennies, se superposant les uns aux autres et formant un maquis inextricable et incohérent dans lequel se perdent les citoyens les mieux intentionnés et les juristes les plus aguerris… La situation n’est pas nouvelle puisque Montaigne en faisait déjà le constat : « nous avons en France plus de lois que tout le reste du monde ». Mais elle s’est sérieusement aggravée depuis, et l’intention des deux auteurs d’y mettre un sérieux coup de balai paraît en effet bien louable.

Et pourtant, on est rapidement pris d’un sentiment de malaise à la lecture de ce document qui frise bien souvent la démagogie la plus décomplexée. Sous couvert d’une volonté de simplification et de recherche d’efficacité, à laquelle chaque citoyen, confronté un jour ou l’autre à la complexité de notre  administration, ne peut qu’adhérer, le rapport prône en réalité une vision très sélective du droit. On sent derrière les auteurs l’expérience des élus locaux dont le souci principal est de s’affranchir de l’Etat et de ses services techniques chargés de veiller à la légalité de leurs actes, en particulier en matière de défense de l’environnement ou de respect de la solidarité nationale.

Car les exemples ne sont pas pris au hasard. Ce dont se gaussent nos deux rapporteurs très en verve, ce n’est pas seulement de l’incohérence de certaines règles administratives, mais c’est surtout de tout ce qui peut être perçu comme un frein à leur soif de développement local. Bloquer la construction d’une autoroute au prétexte qu’il y aurait des espèces ou des milieux naturels menacés leur est intolérable. Freiner le développement de l’urbanisation parce que cela pourrait détruire la continuité écologique entre des espaces naturels remarquables est inacceptable pour eux. Retarder la construction d’un bâtiment parce qu’il faudrait faire des fouilles archéologiques préventives leur paraît un obstacle injustifiable. Renchérir le coût d’un aménagement public parce qu’il faut le rendre accessible aux personnes à mobilité réduite ou parce qu’on est dans une zone à risque sismique potentiel, est une hérésie à leurs yeux.

La rengaine est bien connue. C’est celle qu’entonnent la plupart des élus locaux, qui pourtant votent bien souvent la loi, par la grâce du cumul des mandats (et nos deux auteurs, ex député ou sénateur, n’y font pas exception), mais rechignent à la respecter lorsqu’elle leur paraît un frein à leurs ambitions locales de bâtisseurs-aménageurs. Faut-il alors les suivre dans ce combat aux relents douteux qui voudrait affaiblir toute volonté nationale d’imposer des règles communes pour préserver ce qui reste de notre environnement menacé et protéger chaque citoyen contre les risques naturels ou la cupidité de certains ?

Voir le rapport ici.

 LVLutinVert1Small

Enquete publique PDU

7 avril 2013

Enquête publique portant sur le projet arrêté de Plan de Déplacements Urbains (PDU)

Il sera procédé à une enquête publique sur le projet arrêté de Plan de Déplacements urbains (PDU), du mardi 2 avril 2013 au Vendredi 17 mai 2013 inclus.

Par arrêté n° 13/047/CC  en date du 27 février 2013,  le Président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole, a ordonné l’ouverture de l’enquête publique portant sur le projet arrêté du Plan de Déplacements Urbains de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole.  

L’enquête se déroulera simultanément :

• Au siège institutionnel de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole ;

• Dans les dix-huit communes membres de la Communauté urbaine Marseille-Provence Métropole : Allauch, Carnoux-en-Provence, Carry-le-Rouet, Cassis, Ceyreste, Châteauneuf-les-Martigues, Ensuès-la-Redonne, Gémenos, Gignac-la-Nerthe, La Ciotat, Marignane, Marseille, Plan-de-Cuques, Roquefort-la-Bédoule, le Rove, Saint-Victoret, Sausset-les-Pins et Septèmes-les-Vallons.

PDU

QRLCVMSmall2