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Prochaine conférence : école et société, comment lever le malentendu ?

19 février 2017

L’école et l’éducation constituent à la fois un enjeu politique et un terrain de conflits qu’il faut aborder clairement sans s’abriter derrière des faux fuyants ou des présupposés non explicites. On peut y retrouver tous les choix qui dépendent de convictions philosophiques ou religieuses, d’idéologies (surtout lorsqu’elles prétendent ne pas en être), d’intérêts personnels ou de groupes, de situations sociales. Transformer des usagers en clients, par exemple, n’est pas anodin : pouvons-nous être sereinement des consommateurs d’école ?

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Nous sommes bien au cœur de la politique, entendue dans son sens de choix de vie sociale et de rapports entre individus et collectivités (ou de communautés ?). Choix pour lesquels, aujourd’hui, on ne peut plus se contenter d’une démocratie représentative (soumise aux aléas médiatiques et politiciens) influencée par des experts sans contrôle et des sondages sans lisibilité laissant cours à toute démagogie et à un « clanisme » constituant d’écuries présidentielles… Repenser l’École ne peut être le privilège d’aucun spécialiste !

dessinchatLe Cercle Progressiste Carnussien cherche à faire vivre les valeurs citoyennes et toutes les idées progressistes dans leur diversité et leur richesse. Pour cela les conférences du CPC sont devenues, au fil des ans, un lieu de rencontre permettant l’information et la participation au débat entre citoyens sur l’évolution des institutions qui permettent la vie en société. L’École, à travers ses différentes composantes (maternelle, primaire, secondaire, université) a été et demeure un enjeu majeur pour l’apprentissage de la vie collective, pour la transmission des savoirs, pour l’étude les grandes questions d’aujourd’hui et de celles qui sont devant nous…

Les dernières évaluations PISA montrent, pour la France, que l’Éducation nationale ne parvient pas à améliorer la réussite des élèves les plus faibles, cela même si les critères généraux retenus ne sont pas pleinement pertinents. En effet, comment comparer la performance des élèves français à leurs condisciples coréens ou chinois quand on sait que ces derniers suivent aussi des cours  supplémentaires organisés après l’école !dessinfayot

Plusieurs sujets peuvent être mis en débat : L’école est-elle sélective ? Comment donner à tous l’envie d’apprendre ? Comment concevoir un enseignement qui favorise le fait d’apprendre et de réussir ensemble ? Comment avoir confiance dans l’école et dans sa capacité à faire réussir ? Pourquoi enregistre-t-on une augmentation sensible des demandes d’inscription dans l’enseignement privé ? Fait-on le choix d’une école pour les bons élèves ou d’une école pour tous ? Comment motiver les élèves pour l’école ? Comment construire une société d’avenir  pour tous les élèves ? Et la liste n’est pas exhaustive...

Cependant des voies d’avenir, des projets se dessinent pour améliorer l’efficacité de l’École. Certes les défis sont énormes, mais il y a des raisons d’espérer. Le thème retenu est ce point crucial autour duquel s’orienteront les échanges : École et Société, comment lever le malentendu ?

La conférence débutera sous forme d’une table ronde alimentée par quatre courtes interventions mettant en lumière des solutions ponctuelles qui surgissent dans l’école. Ces initiatives parfois ignorées ou marginalisées contredisent le fatalisme ambiant. Leur dévoilement permettra d’échapper aux lieux communs qui polluent le débat et fourniront des pistes à explorer pour l’avenir.

afficheconfecoleLes quatre intervenants, Laurent Mauneau (professeur des écoles spécialisé, enseignant référent pour la scolarisation des élèves handicapés), Michel Motré (instituteur puis professeur en zone d’éducation prioritaire et enfin inspecteur pédagogique régional en arts plastiques, ex-directeur de la délégation académique à la formation et à l’innovation pédagogique), Michel Neumayer (ex professeur en collège, puis formateur d’adultes, animateur du GFEN en Provence, le Groupe français pour l’éducation nouvelle, et membre du Lien international d’éducation nouvelle) et Jacques Tonnelle (ex professeur de mathématiques, formateur à l’IUFM et au DEA Didactique des mathématiques) exposeront des initiatives (expérimentations, innovations ou pratiques pédagogiques) probantes visant à éclairer le public avant que s’engage l’échange avec la salle.

L’École pourrait peut-être participer, par ses pratiques, (conseils, coopératives, élaboration des projets, productions d’élèves, apprentissage du débat…) de l’émergence d’une démocratie délibérative et participative? À condition que des zones de pouvoir (que peut-on décider dans la classe, dans l’école…?) soient instaurées et de ne pas sombrer dans la réunionnite aiguë. Resterait aussi à évaluer les réformes qui ont avorté ou ont été abandonnées. Peut être, aussi, à condition que se constitue une nouvelle association de chasseurs, défenseurs d’une écologie de la pensée : les chasseurs d’idées reçues…

dessinreformeNe pas oublier : vous êtes donc invités cordialement à cet échange ouvert à tous qui se tiendra jeudi 16 mars 2017 dans la salle du Clos Blancheton à Carnoux-en-Provence, à partir de 18h30.

J. Tonnelle

Migrants : comment dépasser l’émotion et envisager l’avenir ?

18 décembre 2016

afficheconfrefugies_a4coulMalgré de nombreuses manifestations culturelles se déroulant ce même jour, à la même heure, un public fidèle et intéressé était présent au clos Blancheton pour écouter les propos du conférencier, Jean-Pierre Cavalié, délégué régional de la CIMADE, sur ce sujet d’actualité ô combien préoccupant.

En préambule, il est remarqué la « frilosité » des responsables politiques pour aborder ce thème d’une façon claire-voyante et il est donc nécessaire de replacer le propos dans un aspect historique, plus global, et de l’étayer par une réflexion philosophique indispensable.

La CIMADE a été créée en 1939 suite aux conséquences de la guerre d’Espagne et des événements précurseurs du conflit qui allait embraser l’Europe. Ces événements ont eu pour effet la présence sur le sol français de réfugiés arrivés dans le Sud et dans l’Est du pays. Ce sont des volontaires, émus par la situation de ces populations déplacées qui ont spontanément élaboré une structure pour gérer l’accueil de ces réfugiés. Ceux-ci (espagnols, allemands, italiens) depuis 1938 étaient regroupés dans 200 camps (enfermement administratif).

Arrivée de réfugiés espagnols au camp de concentration de Bram, à 25 km de Carcassonne

Arrivée de réfugiés espagnols au camp de concentration de Bram, à 25 km de Carcassonne

A ce jour, la CIMADE poursuit son action en intervenant dans plus de 400 camps, et prend en compte la gestion des réfugiés pour leur faciliter les démarches administratives en vue de leur régularisation et leur insertion dans la société.

Le phénomène migratoire est mondial. Un récent rapport des Nations- Unies estime à un milliard le nombre de migrants, soit le septième de la population de la planète. Il est difficile de discriminer les raisons de ces migrations qui peuvent être climatiques, politiques ou économiques.

Ainsi, pour le continent Africain, la désertification de certaines zones est due à un phénomène climatique, avec pour conséquence des pertes économiques catastrophiques, phénomène auquel s’ajoute l’adoption d’un modèle de développement inadapté qui résulte de choix politiques et humains.

La désertification, une des causes des migrations (photo B. Bannon / HCR)

La désertification, une des causes des migrations (photo B. Bannon / HCR)

Il est néanmoins possible de modifier les comportements et d’agir pour prévenir ce genre de conséquences. Cependant il n’est pas possible d’endiguer tous ces mouvements migratoires ; reste à adopter une politique d’accueil en conformité avec les conventions internationales.

Mais celles-ci sont souvent interprétées en fonction de choix politiques spécifiques, comme en France à partir de 1984, où le tournant d’un libéralisme économique a été pris, avec pour conséquence d’accorder un statut de « demandeur d’asile » à tout réfugié, avec les conséquences administratives complexes qu’elles impliquent.

Le conférencier, Jean-Pierre Cavalié, avec le président du CPC, Michel Motré

Le conférencier, Jean-Pierre Cavalié, avec le président du CPC, Michel Motré

Il est donc question de concevoir la notion d’hospitalité, c’est ce qu’ont élaboré aux États-Unis, des membres appartenant à des églises, en créant le mouvement « sanctuaire » dans les années 80, assurant ainsi une protection aux réfugiés. Ces créateurs étaient très marqués par la résurgence d’un néo-esclavagisme lié aux excès du libéralisme économique.

Le principal souci d’un réfugié est d’obtenir un visa renouvelable pour poursuivre son séjour dans le pays d’accueil et cela explique pourquoi ceux qui ne l’obtiennent pas passent dans la clandestinité.

En Europe, en 2015, une attitude généreuse avait prévalu pour l’accueil des migrants devant l’émotion suscitée par leur sort, mais très vite des réactions hostiles ont eu pour conséquence la fermeture des frontières. Des mouvements de citoyens, sur la base du volontariat mettent au point des programmes d’accueil des réfugiés afin de les intégrer plus facilement dans la société.

La projection d’un documentaire sur l’expérience de Sheffield, ville moyenne de Grande-Bretagne, démontre qu’une bonne intégration est possible et bénéfique pour tous. La volonté des réfugiés de s’intégrer, en plus de l’aide reçue par ceux-ci sous forme de formations (apprentissage de la langue) dispensées par des volontaires, la mise à disposition de logements inoccupés, la participation aux différentes structures locales, a permis une intégration dans de bonnes conditions.

Cours de langue dispensé à des réfugiés syriens

Cours de langue dispensé à des réfugiés syriens

Il est même constaté, souvent, une revitalisation de certaines villes, l’économie locale étant dopée par cet afflux de population. Ce modèle a certes ses limites car l’on peut constater la confrontation des opinions sur la nécessité de partager la richesse dans un système où la concurrence pour l’accès aux emplois est vive. La bonne santé économique de l’Allemagne a permis, à ce jour, d’accueillir un grand nombre de réfugiés sans problèmes majeurs, mais ce modèle s’essouffle.

Dessin de Gros paru dans Marianne le 11 novembre 2016

Dessin de Gros paru dans Marianne le 11 novembre 2016

Autre exemple frappant d’intégration réussie, celui d’un village au sud de la Sicile, quasiment abandonné par sa population, qui a accepté d’accueillir des réfugiés devenus peu à peu majoritaires. Ils ont redonné vie et prospérité à la localité en réussissant même à chasser les pratiques mafieuses passées.

En France, la petite ville de Rosans, dans les Hautes-Alpes, a été le lieu d’une concertation exemplaire avec la population partagée en deux camps sur l’installation de réfugiés dans la cité. De nombreuses réunions informatives et une écoute attentive de chaque opinion ont permis de désamorcer les conflits et oppositions, aboutissant à un collectif qui a suscité la créativité d’une économie sociale basée sur l’égalité.

On aurait pu citer d’autres exemples, dont celui de Barcelonnette, qui accueille 40 personnes en demande d’asile. Il n’en demeure pas moins que le casse-tête réglementaire au niveau de l’Europe pour administrer le phénomène migratoire reste un handicap. Il est donc nécessaire de revoir la conception de l’Europe dans ce domaine.

Arrivée de migrants syriens à Munich en Allemagne en septembre 2015 (photo C. Stache / AFP)

Arrivée de migrants syriens à Munich en Allemagne en septembre 2015 (photo C. Stache / AFP)

Les principales difficultés du processus de prise en charge aux passages des frontières subsistent, liées notamment au respect des lois et conventions (convention de Genève qui date de 1951 !), à l’application des procédures de demande d’asile, aux conditions de traitement humain des personnes dans le respect de leur dignité (hébergement, nourriture, santé, équipements), à l’action de la justice (qui normalement doit statuer dans les 48 heures pour donner suite à une procédure du droit d’asile), à la protection des mineurs, etc.

Il faut savoir qu’une demande d’asile est traitée en préfecture par la « plate-forme asile » ; les organismes tels que l’OFI et OFPRA orientent ensuite le demandeur dans un centre d’accueil dans l’attente de la décision. Dans le cas favorable, ce droit d’asile est accordé pour une durée de dix ans et parfois définitivement. En France le taux d’accord du droit d’asile est de 33 % alors qu’il atteint 80 % en Allemagne. Des marges de progrès existent donc.

En conclusion de cet exposé, Jean-Pierre Cavalié, démontre que le phénomène migratoire est « le thermomètre de l’état du monde » reflet de toutes les crises, conflits et changements de mode de vie sur la planète. Il faudra s’habituer à vivre avec une « migration pendulaire » où des populations viendront chercher protection, se former, travailler dans un pays pour ensuite, dans une certaine proportion, retourner dans leur pays d’origine en absence de conflit armé ou de crise économique grave.

Une assemblée très attentive lors de la conférence du 8 décembre 2016

Une assemblée très attentive lors de la conférence du 8 décembre 2016

Nombre de français sont eux-mêmes installés provisoirement ou définitivement à l’étranger avec des conséquences bénéfiques pour tous. Il est donc nécessaire de faire prendre conscience le plus tôt possible que l’hospitalité est une tradition ancienne qui doit être valorisée.

Le public, à l’issue de la conférence, a pu continuer à s’entretenir avec le conférencier, manifestant ainsi sa soif d’information sur ce sujet d’actualité, mais un verre à la main, offert comme à l’accoutumée par les organisateurs du Cercle Progressiste Carnussien.

CM.

Cette semaine, l’accueil des migrants au programme !

5 décembre 2016

Réfugiés, migrants : comment dépasser l’émotion et envisager l’avenir ? Tel est le titre de la prochaine conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien et qui sera animée jeudi 8 décembre par Jean-Pierre Cavalié, délégué régional de la CIMADE, une association de solidarité qui, depuis des décennies, accompagne réfugiés politiques, migrants et demandeurs d’asile dans leur quête d’un avenir stable.

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Le sujet est complexe et d’actualité. Il suscite de multiples interrogations et bien des réactions, parfois épidermiques. Les situations, souvent dramatiques, qui poussent certains à abandonner leur patrie, leur maison, leur famille parfois, la plupart du temps sans espoir de retour, pour courir les routes et les océans, souvent au péril de leur vie, obligent à nous interroger sur ce processus qui pousse ainsi à l’exode et sur la manière d’y faire face.

Faut-il avoir peur de ces arrivées de réfugiés comme nous y incitent certains responsable politiques ? N’y a t-il pas moyen d’éviter ces situations en améliorant, par la diplomatie et l’aide au développement économique, les conditions de vie dans les pays d’origine de ces populations ? L’Europe est-elle bien efficace dans ses politiques d’accueil de ces migrants ? Nos capacités et nos procédures d’accueil de ces familles, chassées par la guerre et poussées par la misère, sont-elles à la hauteur des enjeux et font-elles honneur à notre sens humain ?

Autant de questions qui pourront être débattues avec le délégué de la CIMADE à l’occasion de cet échange ouvert à tous qui aura lieu jeudi 8 décembre à 18h30 dans la salle du Clos Blancheton à Carnoux (rue Tony Garnier, derrière l’hôtel de ville). Venez nombreux !

A quoi servent donc les caméras de surveillance à Marseille ?

3 décembre 2016

Même si certains de nos voisins dont les Anglais commencent à se détourner de la vidéosurveillance, considérée avec du recul comme un gadget coûteux et peu efficace, l’outil reste très à la mode dans nos contrées urbaines, surtout en période pré-électorale. Sur un sujet aussi sensible et qui cristallise beaucoup de préjugés et de fantasmes, un regard objectif et une analyse scientifique sont les bienvenus. C’est tout l’intérêt des recherches menées depuis plusieurs années par le sociologue Laurent Mucchielli.

Laurent Mucchielli lors de son intervention à Carnoux en mai 2014

Laurent Mucchielli lors de son intervention à Carnoux en mai 2014

Directeur de recherche au CNRS et rattaché au Laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES) à Aix-en-Provence, Laurent Mucchielli a créé en 2011 l’Observatoire régional PACA de la délinquance et des comportements déviants et suit donc de très près les politiques locales de sécurité publique dans le cadre de ses travaux de recherche qu’il était venu présenter à Carnoux, à l’invitation du Cercle progressiste carnussien, le 14 mai 2014, dans le cadre d’une conférence sur le sentiment d’insécurité.

Ce spécialiste des politiques publiques de sécurité vient de publier dans le n°38 de la revue des Archives de politique criminelle, un article très instructif concernant la manière dont la videosurveillance est utilisée par la ville de Marseille, publication dont la Gazette des communes notamment s’est fait écho (mais curieusement, pas encore le quotidien local La Provence, pourtant très friand de tout ce qui touche à la sécurité locale).

blog365_phcamerasOn y apprend ainsi que les premières caméras de surveillance ont été installées en 2000 seulement, à titre expérimental, dans le quartier de l’Opéra et de la rue de Noailles. Il a fallu ensuite attendre 2011 pour que la ville de Marseille débute son programme d’équipement en système de vidéosurveillance, en même temps qu’elle lançait le recrutement de 200 agents supplémentaires de manière à doubler les effectifs de sa police municipale. Jusque là, Jean-Claude Gaudin avait toujours considéré que le maintien de la sécurité publique relevait des missions de l’État, mais le focus médiatique sur les règlements de compte à coup de kalachnikov dans les cités marseillaises l’ont brusquement amené à changer son fusil d’épaule !blog365_dessin

Du coup, il a fallu mettre sur pied un centre de supervision urbain (CSU), opérationnel depuis avril 2012, afin de visionner en direct, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les images issues des caméras. A ce jour, ce sont quasiment 50 policiers et techniciens qui sont affectés à cette tâche, soit 20 % des effectifs totaux de la police municipale, un record ! C’est dire à quel point la ville de Marseille, à l’instar de celle de Nice qui lui a servi de modèle, mise beaucoup sur la vidéosurveillance.

Le centre de supervision urbaine de Marseille (photo © P. Maillé / Destimed)

Le centre de supervision urbaine de Marseille (photo © P. Maillé / Destimed)

Fin 2015, la ville de Marseille comptait ainsi 684 caméras installées et leur nombre devrait atteindre le millier d’ici la fin de l’année 2016. Une partie importante (30 % d’entre elles) est concentrée dans l’hyper-centre (1er et 2ème arrondissement) et les autres ont été largement saupoudrées sur le territoire selon la logique clientéliste habituelle qui prévaut localement, de manière à faire plaisir à l’ensemble des élus d’arrondissement.

La police nationale plaidait pour une répartition plus rationnelle à proximité des cités les plus sensibles et le long des principaux axes de fuite des délinquants, mais elle n’a manifestement pas été entendue, à tel point que les quartiers nord de Marseille (13ème, 14ème et 15ème arrondissements) sont ceux qui sont le moins équipés…

Installation des réseaux le long du BHNS vers Luminy (photo © F. De Corbier / La Marseillaise)

Installation des réseaux le long du BHNS vers Luminy (photo © F. De Corbier / La Marseillaise)

En revanche, la ville a profité de l’opportunité des travaux d’aménagement des trois lignes de bus à haut niveau de service, dont celle qui relie la place Castellane à Luminy, pour y déployer un grand nombre de caméras : puisque les travaux permettaient d’installer la fibre optique, autant en profiter pour y brancher les caméras à moindre coût ! Certains pourraient penser naïvement qu’on place des caméras en priorité sur les lieux de délinquance. Mais non, on les place d’abord là où la fibre optique permet de les brancher facilement. Encore un mythe qui s’effondre…

L’intérêt majeur de l’étude dont rend compte Laurent Mucchielli concerne l’usage des images de télésurveillance, exploitées soit en direct au CSU soit dans les locaux de multiples autres partenaires (police nationale, marins pompiers, mais aussi RTM qui possède par ailleurs son propre réseau de 2000 caméras supplémentaires) avec qui la ville a passé des conventions de transfert.

blog365_dessinvieilleOn pourrait imaginer, comme nous le serinent à longueur d’antenne nos élus et les forces de l’ordre, que l’essentiel des images serve à une surveillance en temps réel pour des interpellations en flagrant délit, ce qui justifierait de déployer du personnel pour leur visionnage H24. Or de telles exploitations en direct s’avèrent en réalité assez marginales : en 2015, seules 770 demandes d’intervention ont ainsi été déclenchées, qui ont abouti à 248 interpellations pour vol, agression, dégradations ou vente à la sauvette par exemple : pour un système qui mobilise près de 1000 caméras et une cinquantaine d’agents, c’est finalement assez marginal.

En fait, l’essentiel de l’activité des caméras est ailleurs : elle réside dans la vidéoverbalisation, principalement pour stationnement interdit avec plus de 45 000 verbalisations ainsi effectuées en 2014 et près de 40 000 en 2015. Autrement dit, à Marseille, les caméras de vidéosurveillance servent principalement à sanctionner les infractions au code de la route et ne sont finalement que des radars supplémentaires…

Le chercheur s’est aussi intéressé à l’usage que font les forces de l’ordre (et principalement les groupes de voie publique rattachés aux commissariat de police du centre-ville) des caméras de surveillance, pour lesquelles ils adressent quotidiennement des demandes de réquisition d’images, souvent pour aider à élucider des affaires de vol ou d’agression. Malheureusement, l’apport des caméras à l’élucidation de ces affaires n’est positif que dans un nombre assez marginal de cas, estimé entre 3,5 et 5,5 % au vu de l’année 2015, ce qui confirme une fois de plus que l’efficacité de ces dispositifs est fortement à relativiser.

Videoverbalisation : chacun est averti ! (photo © N. Vallauri / PHOTOPQR pour La Provence)

Videoverbalisation : chacun est averti ! (photo © N. Vallauri / PHOTOPQR pour La Provence)

Au total, ce sont ainsi 103 faits qui ont pu être élucidés en 2015, sur la base de près de 5 000 recherches d’images, grâce à ce réseau impressionnant de près de 1 000 caméras : un résultat peu glorieux rapporté aux 55 000 infractions enregistrées cette même année et restées dans leur grande majorité non élucidées. Heureusement que ces caméras ont au moins servi à dresser 40 000 contraventions pour stationnement interdit, action qui pour le coup montre que ces dispositifs bien que coûteux sont efficaces, pas forcément pour attraper les voleurs et les agresseurs comme certains élus, sans doute mal informés, cherchent à nous le faire croire, mais au moins pour faire payer les automobilistes indélicats.

Reste que le dispositif coûte cher : pas moins de 17 millions d’euros d’investissement pour déployer le réseau de caméras sur Marseille, auquel s’ajoutent des coûts de fonctionnement évalués à environ 7 millions d’euros chaque année. Et ce n’est pas tout puisque la ville de Marseille a annoncé, après l’attentat survenu cet été à Nice, qu’elle allait investir encore 10 à 12 millions d’euros supplémentaires dans un système de vidéosurveillance intelligente avec reconnaissance automatique de visages et de comportements suspects pour justement renforcer l’efficacité du dispositif pour le relevé d’infractions en temps réel : une bonne nouvelle pour les fournisseurs et les prestataires qui s’en frottent les mains, un peu moins peut-être pour le contribuable, mais on ne peut pas satisfaire tout le monde !

L.V.  lutinvert1small

Alors, la vaccination, est-ce bien utile ?

26 octobre 2016

afficheconfvaccination« Vaccination : agression ou protection » tel était le titre de la conférence donnée par Annick Guimezanes et Marion Mathieu, invitées par le Cercle Progressiste Carnussien le jeudi 6 octobre 2016 au Clos Blancheton à Carnoux devant une trentaine de personnes.

Annick Guimezanes est chercheuse émérite à l’Inserm, plus précisément au Centre d’Immunologie à Marseille Luminy. Elle participe depuis 2009 à des formations en immunologie auprès d’associations de malades. Marion Mathieu est docteur en biologie, formatrice dans « Tous chercheurs », association qui s’est donnée pour mission d’initier le public à la démarche scientifique et au milieu de la recherche, sur des thèmes très variés tels que la vaccination, les essais cliniques, les tests génétiques, etc.

Les deux conférencières à Carnoux le 6 octobre 2016

Les deux conférencières à Carnoux le 6 octobre 2016

Si le principe de la vaccination reste constant, les vaccins, eux, ont beaucoup évolué et se sont diversifiés depuis les débuts. Dans le même temps la perception de la population vis-à-vis de la vaccination est passée d’un accueil positif à une solide implantation. Face à cette reconnaissance, on assiste depuis quelques années à la montée de réticences tant vis-à-vis des produits que du principe même de la vaccination généralisée.

phpasteurSi la première vaccination contre la variole, avec la vaccine des vaches par E. Jenner remonte à 1796, ce n’est que dans les années 1860-1870 avec L. Pasteur en France et R. Koch en Allemagne que l’on prend conscience qu’un microbe est responsable de la maladie (bactérie ou virus) et qu’on commence à mettre au point des vaccins grâce à l’injection de la maladie atténuée.

Un rappel du mécanisme de la réponse immunitaire a permis aux intervenantes de mieux faire comprendre la vaccination. La réponse immunitaire à une infection, se fait en deux temps  une réponse innée rapide mais peu spécifique puis une réponse adaptative, plus spécifique et qui garde la mémoire de cette première rencontre avec le microbe. Cette mémoire permettra de répondre beaucoup plus vite lors d’un nouveau contact avec le même microbe. Le principe de la vaccination utilise cette mémoire immunitaire et permet de s’immuniser avec un microbe atténué, pour répondre très vite et sans être malade si l’on est un jour en contact avec le vrai microbe (voir le schéma).

schemareponseimmunitaire

Il existe deux grands types de vaccins :

– les vaccins vivants atténués. Le microbe a été rendu moins virulent, pour créer chez la personne vaccinée, une infection avec peu ou pas de symptômes. C’est le cas en France pour plusieurs vaccins dirigés contre des virus : poliomyélite (vaccin oral), rougeole-oreillons-rubéole (ROR), varicelle… et une bactérie, la tuberculose ou bacille de Calmette et Guérin : BCG

– les vaccins non vivants ou inactivés. Ils peuvent contenir le microbe entier tué, des fragments de microbe ou la toxine produite par le microbe, qui est alors inactivée. Pour obtenir une meilleure réponse protectrice, depuis la fin des années 1920 des adjuvants ont été utilisés avec les vaccins non vivants qui constituent la plupart des vaccins.

livre-vaccinationBeaucoup de critiques et de méfiance proviennent de l’utilisation des adjuvants. Ces derniers sont nécessaires et on ne sait pas toujours comment ils interviennent. Les sels d’aluminium sont les plus anciens adjuvants utilisés depuis 1926. On sait depuis peu (2009) qu’ils stimulent la réponse du système immunitaire inné, en jouant le rôle du signal de danger. On les soupçonne aujourd’hui d’être, tout comme les déodorants à aluminium, plus ou moins associés à la myofasciite à macrophages, une maladie très rare caractérisée par des lésions musculaires infiltrées par des macrophages.  L’aluminium qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années reste l’adjuvant le plus utilisé, mais de nombreux autres adjuvants sont testés aujourd’hui, pour trouver la « perle rare » qui n’aurait pas d’effets secondaires.

Comment imaginer la couverture vaccinale : la notion d’immunité de groupe

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Ce tableau nous permet d’apprécier que dans une population vaccinée les risques de propagation d’une épidémie sont faibles, les non vaccinés étant protégés par les vaccinés. A cela il faut cependant ajouter que l’immunité n’est pas pérenne, il y a nécessité de faire des rappels. Aujourd’hui avec le recul on s’aperçoit que l’efficacité des vaccins est plus longue que prévue, et pour les rappels, on parle d’âges de vaccination après l’enfance : à 25, 45 et 65 ans.

dessinterrorismeDans la législation française, la confusion existe entre l’obligation et la recommandation des vaccins. C’est une opposition historique qui n’a aucune relation avec la gravité des maladies dont ils nous protègent. Les vaccins les plus anciens (diphtérie, tétanos et poliomyélite) sont obligatoires et exigés pour l’inscription des enfants à l’école, et les autres sont recommandés mais tout aussi importants. Le vaccin est un médicament tout à fait particulier. On a en effet le sentiment de prendre des risques alors qu’on n’est pas malade. On voit beaucoup moins clairement le rapport bénéfice/risque que pour un médicament classique.dessinrats

Dans ce climat de défiance on a fait ainsi la relation entre la vaccination de l’hépatite B et la sclérose en plaque (SEP). La campagne de vaccination qui ne devait concerner que les nourrissons et les enfants de 10/11 ans, a été étendue à un grand nombre de personnes. On a constaté un nombre de cas de SEP qui a paru anormalement élevé parmi les personnes vaccinées.

Depuis, de nombreuses études rétrospectives ont été menées sur cette relation possible. Le consensus actuel dans la communauté scientifique est une absence de causalité : si on compare une population importante de gens vaccinés et non vaccinés on trouve la même proportion de cas de SEP dans les deux populations (environ 1 personne sur 10 000). Quant à la relation entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole et l’autisme, il s’agissait d’une fraude scientifique. La publication relative à ce prétendu lien a été retirée et son auteur a été radié de l’ordre de médecins. Dans un cas comme dans l’autre, la première « information scandale » circule vite tandis que le résultat des études qui contredisent ces informations ne fait plus l’objet de l’attention du public !dessingrippea

Pour d’autres raisons, l’épisode de la grippe H1N1 particulièrement mal géré en France a contribué aussi à la perte de confiance dans la vaccination. La couverture vaccinale des personnes âgées, à risque pour la grippe est passée de 65% en 2008 à 50% en 2013. Alors que 90 % des français se déclaraient favorables à la vaccination en 2000, ils n’étaient plus que 60 % en 2010. Ne rejoint-on pas un comportement général essentiellement individualiste qui ne perçoit plus l’intérêt que l’on prenne un peu de risque pour une protection individuelle et collective ?

On a pu ainsi apprécier combien il était important d’avoir une remise à jour des informations sur des notions parfois trop rapidement mises à mal par des désinformations qui circulent souvent sur internet. Merci vraiment à nos deux conférencières

Après la réponse aux nombreuses questions du public, le verre de l’amitié nous a permis de poursuivre des échanges sur cette question et sur bien d’autres, naturellement !!!

Cécile Tonnelle

Rencontres Katulu ? autour de livres sur l’exil

24 octobre 2016

affichekatulu_29sept2016Ce sont plus de trente amateurs de lecture, parmi lesquels nous saluons la présence de madame Claude Dalmasso, directrice de la médiathèque Albert Camus de Carnoux, qui ont répondu à l’invitation du groupe KATULU ? du Cercle Progressiste Carnussien pour assister en cette fin d’après-midi du 29 septembre 2016 à la présentation par cinq des lectrices du groupe d’un livre récemment publié ou plus ancien traitant de l’Exil. Un événement organisé à l’occasion du jubilé de Carnoux.

Avec Le Cri des oiseaux fous de Dany Laferrière, Nicole Bonardo a relaté les dernières heures de l’auteur en Haïti avant son départ pour Montréal afin d’échapper aux milices de la famille Duvallier qui faisaient la chasse aux opposants, et notamment aux journalistes comme lui. Son roman, au-delà d’une épreuve personnelle, révèle toute la noblesse du peuple haïtien, population tant malmenée depuis de très nombreuses années.Reves oublies 9782757834350-crg.indd

Léonor de Récondo, dans Rêves oubliés, retrace l’itinéraire d’Ama qui fuit avec sa famille la guerre d’Espagne pour s’installer dans l’exil dans une ferme landaise et qui laisse en Espagne l’aïeul. Josette Jégouzo a su faire partager à l’auditoire à partir de cette fresque romanesque la douleur mais aussi l’énergie d’une famille déclassée socialement, qui tente cependant de vivre avec la peur et la nostalgie.

ph_danslamerCécile Tonnelle a choisi de présenter le roman du journaliste italien Fabio Geda Dans la mer il y a des crocodiles qui aborde la question de l’exil à partir du récit d’un jeune afghan que sa mère décide d’abandonner au Pakistan afin de le sauver et pour que de là il rejoigne des membres de sa communauté installés en Europe.

Le roman s’inscrit à la fois dans l’espace, depuis l’Afghanistan jusqu’en Italie en passant par la Turquie et la Grèce, et dans le temps puisque l’itinéraire suivi par Enaiatollah se déroule sur huit années. Ce texte nous donne à partager une épreuve humaine où le courage et la rage de vivre dominent.livresaigonmarseille

Le quatrième roman est présenté par Marie-Antoinette Ricard. Il s’agit de l’autobiographie de Nguyen Van Thanh, jeune vietnamien qui s’est engagé, en 1939, avec 20 000 de ses compatriotes « réquisitionnés de force » comme ouvriers pour faire fonctionner les poudreries dans le sud de la France. Intitulé Saïgon-Marseille aller simple, l’ouvrage nous permet d’abord de suivre un épisode douloureux qu’ont connu différents autochtones engagés dans les troupes françaises, mais aussi d’appréhender et souvent de découvrir comment s’est déroulé l’accueil de ces exilés dans les campagnes françaises. Une révélation qui a suscité de très nombreuses questions qui sont ô combien d’actualité.

ph_ecoutezEnfin, il est revenu à Annie Monville de faire revivre à partir de deux ouvrages de Marie Cardinale. Le premier, Écoutez la mer décrit comment l’auteure a difficilement vécu son déracinement de sa terre natale d’Algérie et combien la nécessité de ciel, de terre et de mer se faisait sentir depuis son installation en métropole. Le second, Les mots pour le dire, relate la démarche analytique suivie par Marie Cardinale pour tenter d’apaiser une douleur profonde et persistante.

Chaque présentation a croisé analyse et citation d’extraits afin de donner à l’auditoire envie de partager la lecture du ou des ouvrages retenus.

Les lectrices de Katulu ? lors de la séance du 29 septembre 2016

Les lectrices de Katulu ? lors de la séance du 29 septembre 2016

De cet après-midi consacré à des témoignages d’exil, ressortent des constantes : la nécessité d’échapper à un destin cruel, la douleur de ceux qui s’expatrient, douleur d’autant plus vive quand toute une famille ne peut être réunie dans cet exode, l’indispensable reconstruction après cette épreuve qui s’accompagne souvent d’un déclassement social, enfin le vécu de qualités d’accueil contrastées, des rejets mais heureusement aussi de très belles rencontres.

Les échanges qui ont suivi chaque présentation ont été denses et ont enrichi les propos par des citations d’autres auteurs traitant de la même question. Notons pour conclure que l’initiative de réunir des amateurs de lecture a dépassé les limites de la commune puisque nous avons enregistré la présence de membres de deux associations de lecteurs de Ceyreste.

Les débats se sont ensuite poursuivis autour d’un apéritif dinatoire offert par les membres du Cercle Progressiste Carnussien.

L’expérience est à renouveler.

Michel Motré

Retrouvez ce compte-rendu sur La Fourmiliaire, la radio web de la MJC d’Aubagne, dans ses chroniques de Brouillon de culture : à écoutez sans modération !

Land Art à Carnoux-en-Provence

22 octobre 2016

La jeune ville de Carnoux qui fête cette année son jubilé se verrait-elle honorée par une installation artistique récemment apparue en différents points de la ville ?Blog324_PhJubile

Depuis cet été, nous avons constaté le surgissement d’éléments métalliques ou de béton de couleur orange (couleur retenue avec le vert olive pour le visuel du jubilé) qui ponctuent un itinéraire depuis le quartier des Barles jusqu’aux abords de la départementale en direction de Cassis.

Quel artiste se réclamant du Land Art a-t-il pu ainsi œuvrer sur le territoire de notre commune ?

Pour information, le land art est une tendance de l’art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, eau, rocher, etc.). Le plus souvent, les œuvres sont en extérieur, exposées aux éléments, et soumises à l’érosion naturelle. Ce courant est apparu aux Etats Unis au début des années 1970.

Dans notre région et plus précisément sur un territoire proche de Digne les Bains, l’artiste Andy Goldsworthy a créé à partir de la fin des années 1990 un parcours jalonné par des constructions de pierres récoltées sur place,  intitulées Refuges, abris réels ou fictifs.

Andy Goldworthy, Sentinelle Vallée de l’Asse, 2001

Andy Goldworthy, Sentinelle Vallée de l’Asse, 2001

Dans le cas qui nous interroge, nous rencontrons une combinaison entre Land Art et sculpture avec une référence à des œuvres comme celle  ci-dessous d’Alain Kirili, Oratorio de 1988, qui est composée de plusieurs blocs d’aluminium forgé. Aluminium, bauxite…. Il y a peut-être là une piste à explorer ?

Oratorio, d’Alain Kirili, 1988

Oratorio, d’Alain Kirili, 1988

En s’approchant des objets surgis dans notre paysage urbain carnussien, nous découvrons que chaque objet, plutôt qu’un cartel comme c’est le cas dans les musées ou les galeries, porte une plaque qui  indique « Alteo, borne n°… » et la mention « conduite sous pression ».

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Alteo n’est pas le pseudonyme d’un artiste, c’est le nom de l’entreprise internationale dont l’usine de Gardanne a rejeté pendant de trop nombreuses années ses fameuses boues rouges en Méditerranée dans la fosse de Cassidaigne située au large de Cassis !

Pour informer les riverains des canalisations sur l’installation des bornes oranges, l’entreprise Alteo leur a adressé en août 2016 un courrier nominatif émanant du responsable Santé, Sécurité Environnement qui précise qu’ « Alteo s’est engagé à mettre en place des éléments de repérage de  cette canalisation » souterraine qui traverse notre ville « afin d’éviter tout risque de dégradation lors de travaux ».

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En effet, s’il n’y a plus de boues rouges qui circulent dans le sous-sol de Carnoux, il subsiste des eaux industrielles sodiques (PH12 environ dixit la note). Rappelons que le PH (potentiel hydrogène) de degré 12 est celui de l’eau de Javel !

Loin d’un parcours artistique, Alteo a mis en place différents éléments de repérage à caractère préventif, bases aériennes hors du sol, bornes en béton et plaques avec sous plaques, toutes équipées de plaques d’identité informatives.

Voila, l’énigme des bornes oranges est levée. Il ne s’agissait pas d’une intervention artistique, mais alors pourquoi ne pas envisager l’installation d’une véritable œuvre d’art contemporain à Carnoux ?

MM

Rappel : conférence sur la vaccination !

5 octobre 2016

C’est demain soir, jeudi 6 octobre à 18h30, que se tiendra la prochaine conférence du Cercle Progressiste Carnussien sur le thème suivant : Vaccinations : agression ou protection ?

Compte tenu de l’importance de ce sujet à un moment où l’absence de vaccination engendre des conséquences en matière de santé publique, et alors que certains s’interrogent sur les éventuels effets secondaires des vaccinations, ce sera l’occasion de dialoguer avec les deux intervenantes, Annick Guimezanes, immunologiste et chercheuse honoraire INSERM, et Marion Mathieu, formatrice scientifique, qui tenteront de répondre à toutes les questions que chacun se pose.
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Alors venez nous rejoindre pour cette conférence gratuite à 18H30 dans la salle du clos Blancheton à Carnoux !

Vaccination : agression ou protection ?

24 septembre 2016

Tel est le sujet de la prochaine conférence qui est organisée par le Cercle Progressiste Carnussien et qui se tiendra à Carnoux-en-Provence, le jeudi 6 octobre 2016 à 18h30 dans la salle du Clos Blancheton, située en haut de la rue Tony Garnier, derrière la mairie. Librement accessible à tous, cette conférence destinée à un large public abordera toutes les questions que chacun se pose au sujet de la vaccination, enjeu essentiel en matière de santé public mais aussi source de controverses et de peurs plus ou moins rationnelles.

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Voici un petit aperçu des principaux thèmes qui seront abordés lors de cet échange :

Qu’est-ce que la vaccination ? De quoi sont faits les vaccins ? Comment nous protègent-ils ? Qu’est-ce que la couverture vaccinale ?

livre-vaccinationLa vaccination occupe une place particulière dans le paysage biomédical par les débats qu’elle suscite. En effet, si le principe de la vaccination reste constant, les vaccins eux, ont considérablement évolué et se sont diversifiés depuis leurs débuts. Dans le même temps, la perception de la population à l’égard de la vaccination est passée successivement de débuts héroïques, à une solide implantation dans le paysage sanitaire, et aujourd’hui à la montée de réticences d’une partie de la population tant vis-à-vis des produits que du principe même d’une vaccination généralisée.

Si ces questions vous intéressent, cette conférence est l’occasion d’en savoir plus sur le fonctionnement du système immunitaire, sa réaction à une infection. La conférence sera animée par Annick Guimezanes, chercheuse honoraire à l’Inserm, au Centre d’Immunologie de Marseille Luminy, et Marion Mathieu, biologiste, formatrice scientifique de l’Association Tous Chercheurs*, à Luminy. Cette conférence sur les vaccins est née d’une demande de patients atteints de maladies auto-immunes, qui ne trouvaient pas de réponses à leurs questions sur la vaccination : elle a été donnée dans le cadre des Séminaires Ketty Schwartz organisés par l’Inserm pour informer les membres d’associations de malades.livre-vaccination-2

Après avoir rappelé ce qu’est une infection et comment fonctionne le système immunitaire, elles vous raconteront comment sont fabriqués les vaccins, quel est le rôle des adjuvants, et nous évoquerons les controverses récentes autour de la vaccination.

Au moment où des informations contradictoires circulent sur les vaccins, cette conférence dressera un état des lieux de la vaccination et vous donnera des clés de compréhension sur la vaccination

Cette rencontre abordera les aspects biomédicaux mais aussi les aspects historiques et sociétaux qui entourent la question de la vaccination.

Annick Guimezanes et Marion Mathieu

 

 

*L’association Tous Chercheurs, située sur le Campus Universitaire de Luminy, a pour projet d’initier un large public à la démarche scientifique. Elle reçoit des lycéens et des patients dans des locaux dédiés permettant au public d’expérimenter, pour mieux comprendre.

Katulu ? fête à sa manière le jubilé de Carnoux

13 septembre 2016

Katulu ? est un « groupe de lecture » créé en 2008 à l’initiative de Maggy Portefaix, institutrice retraitée, et de deux de ses amies, « les deux Josette ».

Son objectif :    « A Katulu ? nous désirons partager nos plaisirs de lecture et nous donner mutuellement envie de lire. Aucun genre de livre n’est exclu, aucun plaisir contesté. Chacun est libre ». Ainsi s’est défini ce groupe, qui au fil du temps s’est élargi à une dizaine de membres.

Avec le départ de Maggy Portefaix de Carnoux, en octobre 2011, Katulu ? est devenu une des activités du Cercle Progressiste Carnussien.

Les réunions de « Katulu ? » se poursuivent chaque mois avec une grande régularité et la présence à chaque séance de 6 personnes au minimum, dans une salle prêtée par la municipalité.

Chacun présente un livre qu’il a lu avec esprit critique souvent positif mais parfois négatif aussi et fait un compte-rendu, lequel est diffusé sur le présent blog du CPC, depuis 2013.

C’est une cinquantaine de livres qui est ainsi évoquée chaque année au sein du groupe.

Depuis sa création, 49 numéros de Katulu ? ont été édités, regroupant les comptes-rendus des livres et des réunions. Ces journaux ont été reliés en 3 volumes pour les années 2008-2011, 2012-2013 et 2014-2015, consultables par ceux qui le souhaitent. Un répertoire de tous les livres présentés depuis 2008 a été réalisé par ordre alphabétique d’auteurs avec référence au numéro de Katulu ? où se trouve le compte-rendu correspondant.

Les réunions de « Katulu ? » où règne une ambiance sympathique et une bonne humeur sans faille, sont des moments d’enrichissement, de culture, de détente… Des moments où il fait bon se retrouver, discuter, échanger… sur les livres mais aussi sur mille et un autres sujets : spectacles, théâtre, opéra, cinéma, parfois politique ou tout simplement des « choses de la vie ».

Nous avons aussi prolongé nos rencontres en nous retrouvant aux retransmissions cinématographiques des ballets et opéras du Royal House Opera ou du Met de New-York diffusées soit à l’Artéa soit dans les deux cinémas d’Aubagne avec, alors, co-voiturage assuré depuis Carnoux !

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A l’occasion du Jubilé de Carnoux-en-Provence une réunion publique est proposée jeudi 29 septembre à 18 h au Clos Blancheton. Cinq livres seront présentés autour du thème de « l’exil ». Des époques, des auteurs, des histoires de vie, tous différents, un tour du monde où des hommes, face à la dictature ou la guerre, ont dû « renaître » et donnent une très grande leçon de courage, de force vitale et d’optimisme, comme l’ont fait les « créateurs » de Carnoux. Une manière de leur rendre hommage, 50 ans après la création de notre commune, nous tous qui avons trouvé dans cette petite ville, la possibilité de créer notre « nid ».

Marie Antoinette Ricard

Les nouvelles énergies à portée de chacun

17 juin 2016

AfficheConfEnerCoop_A4coulLa question climatique et l’épuisement des ressources fossiles sont au cœur des préoccupations, notamment depuis la COP21. Changer nos modes de production et de consommation de l’énergie s’impose. L’objectif de la conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien le 9 juin 2016, intitulée Partageons les nouvelles énergies, était de fournir une information pratique sur ce qu’il est possible de faire pour donner corps à la transition énergétique, avec l’aide d’acteurs qui se situent au cœur de cette question cruciale. Question qui n’est plus seulement théorique !

C’est tout d’abord sous la forme originale d’un quizz qu’Arno Foulon, le premier intervenant, animateur d’Energie Partagée, a fait entrer la trentaine de personnes présentes au cœur du sujet. En quoi consiste la transition énergétique par et pour les citoyens ? Comment décrire aujourd’hui les actions relevant des énergies renouvelables et leur gestion sous forme collective ? Qu’est-ce qu’un projet citoyen ?

L’idée clef : le projet citoyenBlog273_PhPlateforme

Voici d’abord un exemple de projet citoyen qui s’est réalisé. C’est l’histoire de trois organisations bretonnes engagées dans la transition citoyenne, qui souhaitaient concrétiser leur partenariat et agir ensemble. Lorsque Biocoop agrandit sa plateforme logistique à Melesse, au Nord de Rennes, Enercoop et Énergie Partagée saisissent l’opportunité pour y installer une centrale photovoltaïque citoyenne, avec une particularité : une vente en circuit court. D’une surface de 2 000 m2, l’équipement en panneaux solaires permet de couvrir une partie de la consommation du site, plus importante en été qu’en hiver du fait des besoins des chambres froides, le nouveau bâtiment accueillant notamment des produits frais. L’électricité produite est vendue à Biocoop : directement du producteur au consommateur ! Les besoins restants sont couverts par l’électricité 100 % renouvelable d’Enercoop. Biocoop en profite pour travailler aussi sur la maîtrise de sa consommation d’énergie.

Le système actuel de soutien à l’énergie photovoltaïque incite à vendre la production à ERDF et injecter l’électricité dans le réseau. S’il a permis de faire progresser la filière, ce système de soutien néglige les fournisseurs alternatifs comme Enercoop, et son électricité 100 % renouvelable, en ne permettant pas au producteur de consommer sa propre énergie. Par ailleurs, cela implique des coûts d’injection réseau et de la perte de production. Dans ce projet, les électrons solaires seront consommés directement par la Biocoop. Moins de perte, moins de coûts d’installation : le bon-sens du circuit court !

Vous êtes clients de Biocoop ? Habitant du Pays de Rennes ? Ou tout simplement Breton souhaitant contribuer au développement des énergies renouvelables dans la région ? Vous pouvez participer à ce projet cohérent en investissant dans la SAS Soleil du Grand Ouest via Énergie Partagée Investissement, et ainsi devenir co-producteur d’une énergie de bon sens.

Les deux conférenciers à Carnoux : Alain Messin et Arno Foulon

Les deux conférenciers à Carnoux : Alain Messin et Arno Foulon

Un projet citoyen est donc un projet à la fois d’économie et de production d’énergie. Pour caractériser cette volonté, il doit réunir quatre critères d’authentification. Tout d’abord l’ancrage local : la maîtrise du projet reste aux mains des collectivités et habitants du territoire. Ensuite une gouvernance ouverte : toutes les décisions au sein de la société de projet sont prises de façon démocratique et transparente. La démarche du projet est non spéculative : les bénéfices réalisés sont réinvestis dans de nouveaux projets et des actions de sensibilisation. On y trouve enfin l’exigence écologique : le projet de production s’inscrit durablement dans une démarche de respect de l’environnement et de réduction des consommations d’énergie

La philosophie de l’association Energie partagée

Partout en France, des habitants, collectivités et acteurs locaux se rassemblent pour produire une énergie renouvelable. Tournés vers l’intérêt général avant tout autre souci, ils ouvrent le financement et la gouvernance des projets aux citoyens qui désirent s’y investir. Energie partagée accompagne et finance des projets citoyens de production d’énergie renouvelable. Pour cela il s’organise en deux structures complémentaires : une association de promotion et d’animation et un outil d’investissement citoyen. L’association a pour but de sensibiliser à l’énergie citoyenne et d’en fédérer les acteurs et porteurs de projets à l’échelle nationale

Les projets citoyens soutenus par Energie Partagée s’inscrivent dans la démarche négaWatt qui prône prioritairement des actions de sobriété (ex : extinction des lumières inutiles) et d’efficacité énergétique (ex : isolation des bâtiments). Puis une fois parvenus à une consommation réduite au strict minimum, il reste à développer massivement les énergies renouvelables, pour couvrir efficacement nos besoins, et nos besoins seulement

Les éoliennes citoyennes de Beganne

Les éoliennes citoyennes de Béganne

Parmi les réalisations, on trouve aussi la société Begawatts qui réunit 1 000 personnes lesquelles ont investi des sommes allant de 50 € à 60 000 € avec une moyenne de 2 000 €. Les 1 800 000 € ainsi récoltés ont ensuite permis d’emprunter la somme de 12 millions €, nécessaire pour la construction de quatre éoliennes d’une puissance de 2 MW chacune. La production annuelle estimée est de 20 000 Mégawattheure, soit l’équivalent de la consommation électrique hors chauffage de 6 250 foyers. Au-delà de produire une énergie propre et renouvelable, le parc éolien de Béganne est ainsi devenu le premier parc éolien 100 % citoyen de France! Les premiers kilowattheure « tests » ont été produits fin mai 2014, et l’inauguration du parc, le 14 juin 2014, a réuni des centaines de particuliers ayant investi dans ce projet.

On le voit, le projet citoyen fait appel à des acteurs locaux. De plus les habitants sont consultés et peuvent s’exprimer avant la phase des choix définitifs du projet permettant ainsi d’éviter les réactions d’hostilité et les recours. L’énergie produite et les bénéfices sont distribués aux actionnaires locaux, ce qui bénéficie à l’économie locale, contrairement au cas des projets privés plus classiques d’éoliennes.

Pour réussir un projet citoyen, il faut une mobilisation locale, mais il s’agit aussi de pouvoir convaincre le partenaire industriel dont la compétence technique est incontournable. La charte d’Energie partagée priorise les retombées économiques pour le territoire et la gouvernance ouverte, dans une démarche non spéculative avec une exigence écologique. Elle compte aujourd’hui une vingtaine de projets en construction, dans l’éolien, le solaire, la méthanisation et l’hydraulique.

Energie partagée les projets 2Le projet PEP2A

La conférence était à double voix. Alain Messin, Président du Pôle Energ’Ethique des Préalpes d’Azur (PEP2A), est le second conférencier. Il a, quant à lui, procédé à la description d’un projet en cours de réalisation, et permis une réflexion sur la méthode d’élaboration d’un projet citoyen. PEP2A est une coopérative de projet d’énergie renouvelable dans le département des Alpes Maritimes. L’intervention a permis d’entrer dans un projet précis d’installation de 6 toitures en panneaux photovoltaïques.

Pourquoi l’énergie solaire ? Cette énergie commence à être bien connue. Sa production a peu d’impact sur l’environnement et nous sommes dans le midi de la France. A partir d’un cadastre solaire du département établi par un étudiant de l’Ecole des Mines de Paris, on a pu cibler 2 400 bâtiments susceptibles de porter des panneaux solaires dans le département. L’association a été créée en juin 2015 et est actuellement en phase de développement, avec la nécessité d’une mobilisation des citoyens par des réunions publiques et des démarches auprès des partenaires pour trouver des investisseurs au plus près des installations. Il s’agit de produire de l’énergie avec une nécessité d’efficacité et de sobriété énergétique en créant des liens sociaux. L’électricité produite par les panneaux solaires sera revendue à ERDF dont les tarifs sont très attractifs.

Mais Alain Messin a aussi montré que la coopérative est aussi un lieu permettant la synergie de ceux qui cherchent des dispositifs de stockage de l’énergie : caler les consommations aux heures de production, innover dans les sources d’alimentation des voitures électriques, inventer de nouveaux volants d’inertie, développer les autres sources d’énergie renouvelable (biomasse, récupération de la chaleur des eaux d’écoulement, installation de petite centrale de méthanisation, etc.).

Les questions qui ont suivi l’exposé ont montré l’attachement de l’auditoire à ces problématiques qui n’attendent que des réponses. Certaines sont encourageantes, d’autres sont balbutiantes. Mais la prise en compte de ces questions est devenue incontournable aux yeux des citoyens responsables de l’avenir. C’est le cas de l’évaluation du coût énergétique pour fabriquer panneaux solaires, mais aussi pour leur recyclage.

En bref

Il semble que notre mode de vie nous conduise à sous-traiter nos vies en abandonnant nos besoins énergétiques à de grandes sociétés qui ont d’autres objectifs que ceux développés au cours de la conférence. De nombreuses questions restent ouvertes, et chaque citoyen est convié à préparer l’avenir énergétique avec lucidité.

DessinHumourEn région PACA, de plus en plus d’habitants souhaitent ne plus rester de passifs consommateurs et prennent conscience de leur pouvoir d’agir localement pour la transition énergétique. Il existe des aides pour s’organiser afin d’exploiter ensemble les énergies renouvelables du territoire, et dans l’intérêt du territoire.

Les tentatives et réalisations en cours ne reçoivent probablement pas l’écho qu’elles méritent. Leur existence doit être plus largement connue afin de donner naissance à de nouvelles initiatives. Conscientes des retombées économiques locales, les communes ne peuvent pas être en reste. Certaines prennent elles-mêmes des initiatives : installation de panneaux solaires sur le toit des écoles, par exemple. C’est ainsi qu’est né en PACA un réseau des énergies citoyennes.

Partout en France, des habitants et des acteurs locaux se rassemblent pour produire une énergie renouvelable. Tournés vers l’intérêt général avant tout autre souci, ils ouvrent le financement et la gouvernance des projets aux citoyens qui désirent s’y investir. Les collectivités locales (communauté urbaine, commune) sont évidemment concernées par cet effort collectif. L’engagement de la commune de Carnoux pourrait ainsi devenir un puissant moteur pour entreprendre et proposer des aménagements satisfaisant la philosophie mise en valeur par nos deux conférenciers.

Cécile et Jacques Tonnelle

Energies nouvelles au programme !

7 juin 2016

Ce jeudi 9 juin 2016 se tiendra à Carnoux la prochaine conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien. Elle portera sur les possibilités de développement d’une production locale d’énergie 100% renouvelable et sera assurée par Alain Messin, ambassadeur d’Enercoop PACA et président du Pôle Energ’éthique des PréAlpes d’Azur. Ce fournisseur d’énergie Enercoop, dont nous avons déjà évoqué certains projets ici, présente la particularité de promouvoir la participation citoyenne à l’élaboration de ses projets de production d’énergie renouvelable.

Le financement participatif de ces projets grâce à la mobilisation de réseaux d’initiative locale portés par de simples citoyens permet de favoriser le développement de ces unités de production d’énergie renouvelable. C’est là qu’intervient le second partenaire, comme l’expliquera Arno Foulon, animateur de l’antenne régionale en Provence-Alpes-Côte d’Azur de l’association Energie Partagée. Un véritable partenariat complémentaire qui déborde d’énergie et s’efforce de contribuer à sa manière à la transition énergétique que tout le monde sait nécessaire mais pour laquelle les réticences et les freins restent nombreux…

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Si l’avenir de la planète vous intéresse un tant soit peu et que vous souhaitez vous engager dans la démarche pour devenir acteur citoyen de cette transition énergétique à l’échelle locale, c’est l’occasion d’en savoir davantage sur les outils proposés par Enercoop et Energie Partagée en venant assister à cette conférence, d’accès libre et gratuit, qui se tiendra jeudi à partir de 18h30, dans la salle du Clos Blancheton, située au dessus du nouveau parking, en haut de la rue qui passe entre la mairie de Carnoux et l’hostellerie de la Crémaillère.

Partageons les nouvelles énergies : une conférence à ne pas rater !

4 mai 2016

La réalité d’un réchauffement climatique global est désormais reconnue par la grande majorité des experts au niveau mondial. Depuis 1870, la température mondiale a augmenté en moyenne de 0,8 °C et la dernière décennie est la plus chaude jamais enregistrée. De nombreuses analyses montrent même que la Terre n’a pas connu des températures aussi élevées en moyenne depuis au moins 1000 ans. Ce réchauffement entraîne une augmentation de l’ampleur et de la fréquence d’événements climatiques extrêmes (fortes précipitations et épisodes de sécheresse). Les glaciers des pôles et des massifs montagneux fondent. Le niveau moyen des océans s’est quant à lui élevé de 17 cm au cours du XXème siècle avec une accélération très nette depuis 1993. Le mode de vie de nombreuses espèces végétales et animales en est d’ores et déjà affecté.

PhBanquise

Les rapports successifs des experts internationaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) convergent quant à l’implication majeure des activités humaines génératrices de gaz à effet de serre dans ce réchauffement climatique. Le développement de l’industrialisation et de l’agriculture moderne repose sur une production et une consommation croissantes d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) qui émettent de façon massive des gaz à effet de serre. Entre 1970 et 2004, les émissions mondiales ont augmenté de 70 %. Des simulations indiquent qu’à ce rythme, l’augmentation de la température pourrait atteindre jusqu’à 4,8 °C d’ici 2100. En France, une canicule comme celle observée en 2003 pourrait cesser d’être exceptionnelle après 2060. La plupart de nos glaciers disparaîtrait et des zones côtières basses comme la Camargue seraient submergées.

Une réduction drastique de l’émission des gaz à effets de serre est donc vitale pour l’avenir de l’humanité. La tenue en France de la 21ème conférence mondiale pour le climat (COP 21) avec la participation de 195 pays a confirmé la gravité de la situation et la nécessité d’agir au niveau mondial pour stopper autant que possible cette augmentation des gaz à effet de serre issus des activités industrielles, commerciales et agricoles. Un accord international sur le climat, applicable à tous les pays a été signé le 22 avril 2016 par 170 pays, fixant comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre 1,5 et 2 °C d’ici 2100.

Signature en fanfare le 22 avril 2016 à l'ONU de l'accord issu de la COP 21

Signature en fanfare le 22 avril 2016 à l’ONU de l’accord issu de la COP 21

Selon une étude publiée dans la revue Nature, cet objectif ne pourra être atteint que si la production et la consommation des énergies fossiles est réduite au minimum en laissant dans le sol un tiers des réserves connues de pétrole, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 % des réserves de charbon. L’arrêt de l’exploitation des sources d’énergie fossile est devenu inévitable non seulement parce que leurs réserves s’épuisent inéluctablement mais aussi à cause de leur impact sur le climat. Les conditions d’exploitation, de plus en plus difficiles, ont un coût énergétique élevé et entraînent des dégradations environnementales problématiques.

La production d’électricité par les centrales nucléaires ne génère que 2% de la totalité des gaz à effet de serre. Ces derniers proviennent en grande majorité des secteurs économiques non électrifiés consommateurs de pétrole, de gaz, de charbon et de bois : transports, chauffage, agriculture, etc. La France émet ainsi 4 fois trop de gaz à effet de serre bien que 78% de son électricité soit d’origine nucléaire (contre seulement 2% à l’échelle mondiale). La mise en activité d’un réacteur nucléaire par semaine pendant 15 ans ne réduirait que de 9% nos émissions des gaz de serre.

Centrale nucléaire de Tricastin

Centrale nucléaire de Tricastin

De plus, le coût de production de l’électricité d’origine nucléaire croit de façon importante avec l’arrivée en fin de vie de la plupart des centrales. Le coût du MWh nucléaire a été évalué à plus du double du prix de l’électricité sur le marché européen dans un rapport de la Cour des Comptes de 2016. Les investisseurs s’en détournent comme Siemens en Allemagne et INEI en Italie, qui privilégient les énergies renouvelables. La construction de nouveaux générateurs en remplacement de ceux qui doivent être démantelés n’apparaît donc pas comme une solution durable pour des raisons économiques mais aussi environnementales : la gestion à long terme des déchets nucléaires reste problématique et représente un danger permanent qui s’ajoute aux risques d’exploitation des centrales qui ne sont pas à l’abri d’accidents industriels voire d’actes terroristes. L’évolution climatique pose aussi problème car les centrales nucléaires qui consomment de grosses quantités d’eau pour le refroidissement des réacteurs sont vulnérables aux sécheresse aussi bien qu’aux inondations.

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Dans un tel contexte, il devient urgent de mettre en place une réelle transition vers une société plus sobre en consommation d’énergie. Le mode de vie des pays industrialisés est associé à un gaspillage énergétique gigantesque évalué à plus de 60% de la consommation d’électricité mondiale. Une grande partie de ce gaspillage pourrait être résorbée en supprimant, entre autres, les éclairages nocturnes inutiles, les activités de veille des équipements électroniques, informatiques et domotique, ou les climatisations inadaptées. La consommation en énergies fossiles pourrait être aussi réduite avec une meilleure isolation de l’habitat, des transports publics plus performants, l’exigence d’une efficacité énergétique optimisée dans l’électroménager comme dans la production industrielle, et l’interdiction des processus d’obsolescence programmée qui génèrent des pannes irréparables.

La réduction de la consommation énergétique est un objectif long à mettre en œuvre en regard de l’urgence climatique qui exige une diminution drastique des émissions de gaz à effet de serre. La transition énergétique qui doit être mise en place suivant l’accord international de la COP 21 a pour but de remplacer progressivement les énergies fossiles par les sources d’énergie renouvelable potentiellement inépuisables que sont le rayonnement solaire, l’eau, le vent, la géothermie, la biomasse, la traction animale. Pour espérer limiter le réchauffement climatique à moins de 2 °C avant 2100, il faudrait que les besoins énergétiques de la planète soient couverts à 100% par les énergies renouvelables d’ici 2050.

Eoliennes à Port Saint Louis en Camargue

Eoliennes à Port Saint Louis en Camargue

Un long chemin reste à parcourir en France où la contribution des énergies renouvelables ne dépasse guère 20%. Ces sources d’énergie présentent pourtant l’immense avantage d’être disponibles partout et d’être complémentaires entre elles, ce qui pallie le fait que leur fonctionnement peut être épisodique. Leur exploitation locale permettrait de s’affranchir de toute dépendance économique et politique vis-à-vis des pays producteurs d’énergie d’origine fossile ou nucléaire. Elle aurait aussi l’avantage de développer l’autonomie énergétique des territoires dans chaque pays.

Pour cela, des structures coopératives peuvent être crées par des citoyens désireux d’investir et de s’investir pour exploiter ensemble les ressources solaires, éoliennes ou hydrauliques disponibles sur leur commune ou leur communauté de communes. En Allemagne par exemple, près de 1000 coopératives produisent plus de 45% de l’électricité consommée dans le pays. En France, ce mode de production est encore très minoritaire mais une dynamique a été enclenchée depuis quelques années avec la création d’un nombre croissant de centrales de production éco-citoyennes et de réseaux dédiés tels Enercoop et Energie Partagée.

Le développement des technologies nécessaires à l’exploitation des réserves énergétiques renouvelables est très rapide et leur coût diminue sans cesse. Si l’argent nécessaire au maintien en activité des réacteurs nucléaires obsolescents était investi dans le développement et l’utilisation de ces technologies, la France pourrait produire 100% de son énergie de façon renouvelable à l’horizon 2050.

Panneaux photovoltaïques sur le toit d'un hangar agricole

Panneaux photovoltaïques sur le toit d’un hangar agricole

Au niveau local, les investissements des communes, et des groupements coopératifs nécessaires à l’exploitation des ressources en énergie renouvelables peuvent être rapidement amortis par les gains résultant de l’autoconsommation de l’électricité produite et la revente du surplus éventuel. Les ressources financières immobilisées dans les banques sur des livrets d’épargne de rendement quasi nul pourraient être mobilisées de façon rationnelle et responsable en contribuant à la lutte contre le dérèglement climatique et au développement de notre capacité d’agir ensemble pour préserver l’avenir de notre planète. Notre région si ensoleillée a un potentiel de production d’électricité photovoltaïque qui ne demande qu’à être valorisé.

AfficheConfEnerCoop_A4coulC’est dans cette perspective que se situe la prochaine conférence du Cercle Progressiste de Carnoux qui aura lieu le 9 juin prochain à 18h30 dans la salle du clos Blancheton. Animée par Alain Messin (ambassadeur d’Enercoop PACA et président du Pôle Energ’éthique des PréAlpes d’Azur) et Arno Foulon (animateur d’Energie Partagée PACA), elle présentera précisément cette démarche qui vise à développer la production locale d’énergie renouvelable sur notre territoire pour mieux lutter contre le réchauffement climatique, et ceci en s’appuyant sur un réseau d’initiatives locales portées par des citoyens. Voilà qui devrait offrir matière à réflexion et surtout inciter à agir !

A. S.

Info ou intox : sommes-nous manipulés par nos émotions ?

19 mars 2016

AfficheConfLeCozTel était le titre de cette dernière conférence organisée le 17 mars 2016 par le Cercle Progressiste Carnussien dans la salle du Clos Blancheton à Carnoux-en-Provence et animée par Pierre Le Coz, professeur de philosophie et directeur du département de Sciences humaines à la Faculté de Médecine de la Timone (Université d’Aix-Marseille).

Le conférencier, auteur de « Le gouvernement des émotions… et l’art de déjouer les manipulations » paru chez Albin Michel en 2014, aborde le propos par une question centrale : Comment l’émotion agit comme révélateur de nos valeurs ? Pierre Le Coz se propose de montrer, à partir d’exemples issus de l’actualité, presse et télévision, ainsi que de situations relatives aux métiers de la santé, comment les émotions constituent des agents de manipulation.

Buste du général athénien Alcibiade

Buste du général athénien Alcibiade

Pour étayer son exposé qui sera nourri de références philosophiques, il évoquera d’abord le philosophe Platon qui relate le rôle joué par le démagogue Alcibiade lors de la guerre du Péloponnèse qui flatte le peuple en s’adressant à leurs bas instincts, ainsi que le mythe de la caverne et le jeu des ombres produites par des manipulateurs qui effraient leurs habitants.

Il distingue alors deux familles de manipulateurs : les rhétoriciens qui ont l’art de répondre à toutes les questions et les démagogues qui savent établir une connivence avec ceux qu’ils manipulent. Le pouvoir des images, tel qu’énoncé dans le mythe de la caverne, constitue un terrain propice comme nous allons le voir.

On peut parler de pouvoir esthétique à propos d’objets esthétiquement attractifs, même quand il s’agit de catastrophes et de pouvoir fantasmatique avec le recours à des images de grand format qui s’imposent au regard. Les médias friands de faits divers en usent et en abusent comme le montre une étude sur dix ans qui pointe une augmentation de 73% de la place des faits divers dans les émissions ou les journaux.

Pierre Le Coz lors de sa conférence à Carnoux le 17 mars 2016

Pierre Le Coz lors de sa conférence à Carnoux le 17 mars 2016

Quels sont ces faits divers ? Des récits d’histoires tristes avec une prédiction pour des comportements pathologiques qui flattent la délectation morbide. Des faits divers de connivence qui fonctionnent sur le ressort de l’ennemi commun, par exemple, un fou dangereux qui s’évade d’un hôpital psychiatrique, ou qui pointent des boucs émissaires (effet de réactivité des stéréotypes).

Simone Veil à la tribune de l'Assemblée nationale en 1974

Simone Veil à la tribune de l’Assemblée nationale en 1974

Des faits divers de complaisance morbide avec par exemple le cas de Vincent Lambert qui occulte le débat sur l’euthanasie ou encore des témoignages vécus qui dans leur formulation jouent sur l’intensité du ressort émotionnel comme pour ce titre : « Maman est morte dans l’ambulance sans avoir atteint l’hôpital ». Dans tous ces cas, les narrations d’événements se substituent à des débats et entretiennent une confusion entre illustration et démonstration. La connivence entretenue par le témoignage vécu agit sur l’autonomie du récepteur du message. Cette manipulation est souvent liée à une amplification quand la réalité avérée est exagérée.

Pierre Le Coz évoque aussi ce qu’il nomme le sophisme de la pente glissante quand il est fait état d’annonces d’effets en cascade, en citant certaines interventions de députés qui évoquent des « abattoirs de fœtus » lors de la présentation de la loi sur l’avortement par Simone Veil en 1975.

Faire peur, fasciner, jouer sur des ressorts sensibles innocent/méchant, enfant/vieux, fragile/puissant, peuvent provoquer la compassion ou l’indignation.

Champ d'oliviers peint par Vincent Van Gogh (Collection Kröller-Mušller Museum, Otterlo, Pays-Bas)

Champ d’oliviers peint par Vincent Van Gogh (Collection Kröller-Mušller Museum, Otterlo, Pays-Bas)

Pour conclure sur une note positive et optimiste en référence au Rire d’Henri Bergson, Pierre Le Coz prône l’éveil d’une sensibilité éthique où la raison prime avant d’évoquer le désir d’émotions esthétiques par la recherche de la Beauté et la sublimation en citant l’exemple de Vincent Van Gogh qui sut transfigurer le visible ou encore Jean-Jacques Rousseau à propos de son roman La Nouvelle Héloïse. Il nous engage à changer les perceptions pour engendrer de nouvelles émotions et en diversifier la gamme.

Une assemblée très attentive dans la salle du Clos Blancheton

Une assemblée très attentive dans la salle du Clos Blancheton

Au terme de cet exposé unanimement salué par la cinquantaine de personnes présentes et attentives, un échange nourri s’est établi avec le conférencier avant que tous se retrouvent autour d’un apéritif offert par le Cercle Progressiste Carnussien.

M.M.

Bientôt la conférence de Pierre Le Coz

15 mars 2016

C’est jeudi 17 mars 2016 qu’aura lieu la prochaine  conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien. Présentée par Pierre Le Coz, professeur de philosophie et responsable de la spécialité Ethique, science, santé et société à la Faculté de médecine d’Aix-Marseille à La Timone, elle nous permettra de nous interroger sur la manière dont nous sommes de plus en plus souvent manipulés par les médias mais aussi par la publicité voire le discours politique qui jouent sur nos émotions plutôt que de faire appel à notre raison. Un beau sujet de réflexion en perspective…

AfficheConfLeCoz

Un article paru ce jour dans La Provence vient opportunément rappeler le déroulement prochain de cette conférence :

LP 150316 annonce conf Le Coz

Venez nombreux assister à cette conférence, d’accès libre et gratuit, qui se tiendra jeudi à partir de 18h30, dans la salle du Clos Blancheton, située au dessus du nouveau parking, en haut de la rue qui passe entre la mairie et l’hostellerie de la Crémaillère.

Conférence du CPC : sommes-nous manipulés par nos émotions ?

19 février 2016

La prochaine conférence du Cercle Progressiste Carnussien se déroulera jeudi 17 mars 2016 à 18h30 et sera animée par Pierre Le Coz, professeur de philosophie et responsable de la spécialité Ethique, science, santé et société à la Faculté de médecine d’Aix-Marseille Université.

PhotoLeCozAncien vice-président du Comité consultatif national d’éthique jusqu’en 2012 et président depuis 2011 du comité de déontologie de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), il enseigne la bioéthique et l’éthique médicale à La Timone. Son dernier ouvrage, publié en 2014 chez Albin Michel s’intitule « Le gouvernement des émotions… et l’art de déjouer les manipulations ». Un vaste sujet, abordé récemment dans le Monde diplomatique et au centre de bien des débats dans notre société où les médias ont pris l’habitude de jouer avec nos émotions et notre sensibilité plutôt que de faire appel à notre rationalité y compris dans les domaines de la vie politique…

En dix ans, les faits divers ont augmenté de plus de 70 % dans les journaux télévisés. Les cordes de la sensibilité de nos concitoyens vibrent au rythme de la peur, de l’apitoiement et de la consternation. Nous sommes abreuvés de témoignages pathétiques et d’histoires angoissantes qui jouent sur le registre de la délectation morose et du voyeurisme. Des événements collectifs qui ont marqué l’actualité récente surgit un fil rouge : celui de l’émotion. On nous tient en haleine au moyen d’une fibre émotionnelle savamment entretenue.

En l’absence de projets politiques, on n’est plus gouverné que par des gestionnaires qui tentent de maîtriser nos réactions sans chercher à construire démocratiquement une vision claire de l’avenir. L’émotion pose un redoutable défi à la démocratie, car il s’agit, par nature, d’un phénomène qui place le citoyen en position passive. Il réagit au lieu d’agir. Il s’en remet à son ressenti plus qu’à sa raison. Ce sont les événements qui le motivent, pas sa pensée… jusqu’à le conduire à l’indifférence et au sentiment d’impuissance.

Des émissions de divertissement à l’actualité médiatique en passant par les discours politiques, le recours à l’émotion est devenu l’une des figures imposées de la vie publique. Si les émotions, positives ou négatives, enrichissent l’existence, cette forme d’expression peut poser de redoutables défis à la démocratie lorsqu’elle se fait envahissante et tend à remplacer l’analyse. Au-delà de la simple sortie de route politico-médiatique, l’émotion devient l’un des ressorts majeurs de l’expression sociale et du décryptage des événements.

AfficheConfLeCoz

Dès lors, quel rôle laisser aux émotions individuelles et collectives dans l’appréhension et la compréhension du monde ? Dans quelle mesure la raison gouverne-t-elle les hommes ? Y a-t-il une bonne place pour l’émotion ? Autant de questions que ne manquera pas d’aborder Pierre Le Coz dans sa prochaine intervention à Carnoux, le 17 mars prochain dans la salle du Clos Blancheton. Une belle occasion d’échanger sur ces questions d’actualité au coeur de notre société de l’information et un débat passionnant en perspective…

J. Tonnelle

Les CIQ de Marseille dans le collimateur du sociologue…

26 janvier 2016

AfficheConfMattina_A4coulC’est à Carnoux et à l’invitation du Cercle Progressiste Carnussien qu’est intervenu, ce vendredi 22 janvier 2016, Cesare Mattina. Maître de Conférences et enseignant chercheur au Laboratoire méditerranéen de sociologie, le LAMES, rattaché au CNRS et à l’Université d’Aix-Marseille, Cesare Mattina est un spécialiste de la sociologue du politique et de la gouvernance urbaine.

Napolitain d’origine, Cesare Mattina s’est notamment intéressé aux questions liées au clientélisme et à la corruption. Sa thèse, soutenue en 2003, portait précisément sur les relations clientélaires et la gouvernance urbaine à Naples et à Marseille dans les années 1970-80. Mais il a aussi travaillé dans les années 2000 à une analyse du fonctionnement des comités d’intérêts de quartier à Nice, Toulon et Marseille, comme l’a rappelé Jacques Boulesteix pour introduire le conférencier, devant une trentaine de personnes, dont plusieurs représentants des CIQ de Carnoux.

Un auditoire très attentif dans la salle du Clos Blancheton

Un auditoire très attentif dans la salle du Clos Blancheton

Le sujet abordé par Césare Mattina traitait en fait de la question du dialogue entre les représentants politiques et les citoyens à partir de l’exemple des CIQ marseillais.

La loi Vaillant de février 2002 qui vise à créer une démocratie de proximité concerne les villes de plus de 80 000 habitants et instaure la mise en place de Comités de Quartier mais ceux-ci ne sont pas installés à Marseille au prétexte qu’existent depuis la fin du XIXème siècle des CIQ.

Jean-Claude Gaudin, déjà maire de la ville et coutumier du fait, déclare froidement à l’époque qu’il n’appliquera pas la loi car il estime que la démocratie de proximité s’exerce déjà via les association loi 1901 que sont les CIQ à qui il attribue une légitimité démocratique en prétendant qu’ils sont « élus librement par la population », ce qui revient à entretenir la confusion…

Pourquoi une telle opposition à la Loi de la République ?

A Marseille, où le clientélisme constitue une pratique notoire depuis Gaston Deferre et encore avec Jean-Claude Gaudin, il existe un amalgame entre les représentants élus (mairies de secteur et mairie centrale) et les associations de type CIQ. Les membres des CIQ bénéficient en effet d’une légitimation qui prend trois formes : notablilaire (petite notoriété locale), institutionnelle (avec une confusion entre présidence associative et présence forte d’élus) et territoriale.

Cesare Mattina à Carnoux le 22 janvier 2016

Cesare Mattina à Carnoux le 22 janvier 2016

Cesare Mattina met ainsi en évidence le poids politique des CIQ dont la représentativité populaire et citoyenne est en question. En 2013, on recensait à Marseille 160 CIQ officiels (certainement seulement 90 réels) mais sans que tous les quartiers ne soient représentés (dont certains de la zone Nord de la ville). Par ailleurs, les associations de quartier ne sont pas intégrées aux CIQ.

A partir de l’exposé, de nombreuses questions ont été soulevées par l’assistance qui est convaincue de la nécessité pour les CIQ d’être une instance indépendante garantissant la qualité du dialogue entre ses représentants et les élus. C’est la base de la démocratie participative ! Mais les habitudes ont la vie dure et trop d’élus locaux ont peur de l’expression citoyenne indépendante. D’où cette volonté permanente de la contrôler en survalorisant les CIQ avec qui ils travaillent de manière collaborative sans trop se préoccuper de savoir s’ils sont vraiment représentatifs de l’opinion majoritaire des habitants du quartier.

A la suite de la conférence et du débat, les échanges se sont ensuite poursuivis autour d’un apéritif convivial offert par le C.P.C.

M.M.

Bientôt la conférence sur les CIQ à Marseille…

21 janvier 2016

C’est vendredi 22 janvier 2016 qu’aura lieu la prochaine conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien. Présentée par Cesare Mattina, enseignant-chercheur au Laboratoire  méditerranéen de sociologie (LAMES-CNRS) et à Aix-Marseille Université, elle retracera la mise en place et l’évolution des comités d’intérêt de quartiers (CIQ) et leur légitimation politique et institutionnelle dans la cité phocéenne. Un beau sujet de réflexion en perspective…

AfficheConfMattina_A4coul

Venez nombreux assister à cette conférence, d’accès libre et gratuit, qui se tiendra vendredi à partir de 18h30, dans la salle du Clos Blancheton, située au dessus du nouveau parking, en haut de la rue qui passe entre la mairie et l’hostellerie de la Crémaillère.

Carnoux : une conférence sur les CIQ à Marseille

7 janvier 2016
Cesare Mattina, enseignant-chercheur en sociologie

Cesare Mattina, enseignant-chercheur en sociologie

Dans le cadre des conférences organisées régulièrement par le Cercle Progressiste Carnussien, le sociologue Cesare Mattina interviendra vendredi 22 janvier 2016 sur le thème de la légitimation politico-institutionnelle des Comités d’Intérêt de Quartier (CIQ) à Marseille. Enseignant-chercheur au Laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES-CNRS) et à Aix-Marseille Université, Cesare Mattina est un spécialiste de la sociologie politique dont les sujets de prédilection concernent en particulier les questions de gouvernance et de démocratie participative, avec leurs dérives pathologiques que sont les relations politiques clientélaires, voire les systèmes mafieux.

Enseignant en sociologie urbaine et en sociologie politique, il anime depuis 2014 un programme de recherche franco-allemand sur la politique et la corruption mais a aussi travaillé, notamment avec Laurent Mucchielli, sur le trafic de drogue à Marseille, mais aussi sur la gestion des risques industriels dans le Val de Durance ou sur les phénomènes de criminalité organisée en Italie. Ses investigations l’ont aussi conduit à s’intéresser au fonctionnement des Comités de quartiers et conseils de quartiers (CIQ) dans les agglomérations de Nice, Toulon et Marseille.

C’est sur cette dernière thématique qu’il axera sa prochaine conférence prévue à Carnoux le 22 janvier prochain. Dans une perspective d’analyse socio-historique du rôle du secteur associatif et de leurs dirigeants dans le gouvernement de la ville de Marseille, il analysera le processus historique de légitimation par le pouvoir politique marseillaise de Comités d’Intérêt de quartier (CIQ) comme acteurs incontournables de la définition des problèmes locaux et de « proximité » et plus généralement du gouvernement de la ville.

Gaston Deferre

Gaston Deferre

Pour certains d’entre eux, nés dans les années 1890, en grand essor dans les années 1920, puis affaiblis entre la période vichyste et les années 1950, les Comités d’Intérêt de Quartier (CIQ) marseillais font résurgence concomitamment avec la nouvelle poussée de l’urbanisation des années 1960. D’une part, les CIQ proches des idées communistes et du PCF reprennent leurs activités tout particulièrement dans les quartiers au nord et à l’est de la ville. D’autre part, face à l’affaiblissement considérable des patronats d’entreprise au sortir de la guerre, face au recul de l’enracinement des cercles de sociabilités catholiques souvent liés aux partis de sa majorité, Gaston Defferre et ses camarades se voient obligés de réinvestir ces mondes associatifs de quartier dans l’objectif affiché est de mieux saisir et canaliser les nouvelles demandes provenant de la société urbaine.

Certes, ces associations et leurs membres ne vont pas recevoir les mêmes avantages dérivant de la redistribution clientélaire des ressources dont bénéficient les employés municipaux, les salariés du Provençal ou les entourages d’associations « communautaires ». Les ressources matérielles allouées par la mairie se limitent essentiellement à des petits locaux mis à la disposition des CIQ et aucune subvention publique n’est autorisée par les statuts des comités et de leur Confédération Générale. Cependant, c’est du côté des ressources symboliques et de reconnaissance notabiliaire que les CIQ bénéficient d’une très grande légitimation de la part des différentes majorités se succédant à la mairie. Malgré les récurrents débats médiatiques sur leur déclin, cette hyper-légitimation qui leur a été accordée fait, à partir des années 1960, des CIQ un acteur structuré et quasi-incontournable du gouvernement de la ville, capable de suggérer, de proposer et parfois d’imposer des visions de l’urbain et de la cité à différentes échelles (principalement mais pas uniquement, celle du « trottoir », des rues et des places, du quartier, de l’arrondissement).

AfficheConfMattina_A4coulCesare Mattina montrera comment cette hyper-légitimation des CIQ, construite dans le temps long, est essentiellement de trois types : une légitimation notabiliaire concernant davantage leurs présidents que la structure associative en elle-même; une légitimation institutionnelle qui les érige au rang même de composantes du pouvoir municipal ; une légitimation territoriale, du fait de pouvoir s’octroyer et voir reconnue une représentativité quasi-absolue du « quartier ».

Comme toutes les conférences organisées par le CPC, l’entrée est gratuite et ouverte à tous, avec un débat en direct avec l’intervenant à la suite de sa présentation. Alors venez nombreux, vendredi 22 janvier à partir de 18h30, dans la salle du Clos Blancheton !

Grosse affluence pour les rivières souterraines de Cassis !

17 octobre 2015

AfficheConfRivieres_A4La salle du Clos Blancheton n’avait pas assez de chaises pour accueillir les 120 personnes qui sont venues mardi 13 octobre 2015 assister à la dernière conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien, en collaboration avec l’association Cassis : la rivière mystérieuse. Il a fallu aller chercher des sièges supplémentaires et certains sont restés debout pour regarder les deux films présentés successivement par Louis Potié et Gérard Acquaviva, respectivement ancien et actuel présidents de l’association basée à Cassis depuis 2006.

Un public nombreux et captivé pour cette conférence du CPC

Un public nombreux et captivé pour cette conférence du CPC

Il faut dire que le sujet avait de quoi attirer l’attention puisqu’il s’agissait d’explorer les mystères de ces deux rivières d’eau douce qui débouchent en mer, l’une à la sortie de la calanque de Port-Miou et l’autre au Bestouan, à l’issue d’un long parcours souterrain au cœur des plateaux calcaires qui bordent Carnoux.

Carte de 1706 indiquant l'existence de la rivière souterraine de Port-Miou

Carte de 1706 indiquant l’existence de la rivière souterraine de Port-Miou

Connues vraisemblablement depuis l’antiquité, ces arrivées d’eau souterraines qui contribuent à rafraîchir l’été les eaux de baignade sur la plage du Bestouan, ont été étudiées dès le début du dix-huitième siècle. Mais les conduits karstiques par où transitent ces écoulements n’ont pu être explorés sérieusement qu’à partir de 1956, avec le développement des scaphandres autonomes. Blog_Plongeur1

Ce sont les péripéties de cette longue exploration que raconte le film de 26 mn présenté par Gérard Acquaviva. On y suit la lente progression des plongeurs qui peu à peu, au prix d’efforts incroyables et malgré le danger (un biologiste américain y trouvera la mort en plongée le 20 mars 1960), dessinent les contours de ces deux rivières souterraines noyées qu’ils remontent à contre-courant depuis la mer.

L’autre film, réalisé en 1973 par Paul de Roubaix et joliment intitulé Le fleuve de la nuit, retrace les premières explorations de la rivière souterraine de Port-Miou et les tentatives d’exploitation de ces ressources en eau, à l’initiative du Syndicat de recherches de Port-Miou. Ce dernier, créé en 1964 et présidé alors par Louis Potié au nom de la Société des Eaux de Marseille, avait aménagé un forage au droit d’une poche d’air située à plus de 500 m du débouché en mer, afin de faciliter l’accès à la galerie de Port-Miou.

Louis Potié à Carnoux le 13 octobre 2015

Louis Potié à Carnoux le 13 octobre 2015

A l’époque, la DATAR envisageait que la population de Marseille allait passer d’ici l’an 2000 de 700 000 à 2 millions d’habitants, ce qui exigeait de rechercher à tout prix de nouvelles sources d’approvisionnement en eau potable. Un barrage a alors été coulé en place afin d’empêcher les remontées d’eau salée par la galerie, ce qui a représenté un véritable exploit technique et humain, une épopée que le film retrace avec beaucoup de lyrisme. Des mesures de débit et de salinité réalisées dans les années qui ont suivi ont confirmé l’efficacité de l’ouvrage. Mais des infiltrations plus profondes provoquent un apport non contrôle d’eau salée, de telle sorte que l’utilisation pour une alimentation en eau potable exigerait un traitement complémentaire. Depuis, les transferts d’eau depuis la Durance et le Verdon se sont renforcés tandis que les projections démographiques de la DATAR se sont révélées infondées, ce qui explique que les projets d’exploitation ne se soient pas poursuivis au delà de la fin des années 1970.

Plongée de Marc Douchet en 1992

Plongée de Marc Douchet en 1992

Même si pour l’instant il n’est plus question d’exploiter ces ressources en eau, l’exploration des réseaux souterrains se poursuit. Le travail des plongeurs a permis de remonter la rivière de Port-Miou sur une distance de 2 230 m. Le plancher de cette longue galerie naturelle se situe en moyenne entre 30 et 40 m sous le niveau de la mer mais atteint en son point terminal 178 m sous le niveau actuel de la mer, ce qui s’explique par le fait que ces conduits souterrains ont été creusés à une période où le niveau de la Méditerranée avait considérablement baissé par rapport à son niveau actuel (pendant la phase messinienne, il y a environ 10 millions d’année, la mer Méditerranée s’était d’ailleurs totalement asséchée !). La dernière tentative dans ce puits terminal a même atteint, en juin 2013, au terme d’une plongée qui a durée pas moins de 21 heures, la profondeur incroyable de 223 m !

Blog_CoupePortMiou

Quant à la rivière du Bestouan, le développement total des galeries explorées atteint désormais 3 750 m, qui se situent pour l’essentiel à faible profondeur, entre 10 et 30 m sous le niveau de la mer.

Blog_CoupeBestouan

Plusieurs essais de coloration ont été effectués afin de mettre en évidence des liens entre ces circulations souterraines et des zones d’infiltration sur le plateau calcaire en amont, en particulier au niveau du poljé de Cuges-les-Pins, mais sans grand succès. En revanche, un lien avec un gouffre situé dans la montée de Ceyreste s’est révélé positif, ce qui confirme que ces résurgences sont en réalité des exutoires du vaste système aquifère du Beausset qui alimente notamment les sources de Dardennes au dessus de Toulon. Le projet scientifique KarstEAU, piloté par l’université d’Aix-Marseille, poursuit ses investigations pour mieux comprendre le fonctionnement de ces aquifères karstiques qui s’étendent sous le massif de la Sainte-Beaume et dont la valeur stratégique commence à être reconnue.

Gérard Acquaviva au bord du gouffre GL12 découvert en 2003

Gérard Acquaviva au bord du gouffre GL12 découvert en 2003

Des explorations spéléologiques sont aussi en cours afin de rechercher des accès vers les rivières souterraines depuis certains avens qui s’ouvrent en particulier sur le plateau de Carpiagne et au Mussuguet. Une coloration effectuée en 2014 depuis un des gouffres du Mussuguet est bel et bien ressortie au Bestouan, ce qui justifie les gros efforts que font actuellement les spéléologues pour tenter de désobstruer le fond de ce puits naturel encombré d’éboulis. Une autre coloration est prévue très prochainement dans le gouffre de la Gorguette qui s’ouvre juste en contrebas de la route départementale, dans la montée entre Cassis et Carnoux.

Espérons que tous ces efforts contribueront à lever le voile sur le mystère qui plane encore sur ces écoulements souterrains qui drainent le plateau calcaire sous nos pied. Peut-être qu’une meilleure connaissance de ces ressources en eau souterraines sera bien utile pour apporter un jour des compléments à notre système actuel d’approvisionnement en eau potable qui dépend largement de ressources exogènes…

L.V.  LutinVertPetit