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Prochaine conférence : école et société, comment lever le malentendu ?

19 février 2017

L’école et l’éducation constituent à la fois un enjeu politique et un terrain de conflits qu’il faut aborder clairement sans s’abriter derrière des faux fuyants ou des présupposés non explicites. On peut y retrouver tous les choix qui dépendent de convictions philosophiques ou religieuses, d’idéologies (surtout lorsqu’elles prétendent ne pas en être), d’intérêts personnels ou de groupes, de situations sociales. Transformer des usagers en clients, par exemple, n’est pas anodin : pouvons-nous être sereinement des consommateurs d’école ?

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Nous sommes bien au cœur de la politique, entendue dans son sens de choix de vie sociale et de rapports entre individus et collectivités (ou de communautés ?). Choix pour lesquels, aujourd’hui, on ne peut plus se contenter d’une démocratie représentative (soumise aux aléas médiatiques et politiciens) influencée par des experts sans contrôle et des sondages sans lisibilité laissant cours à toute démagogie et à un « clanisme » constituant d’écuries présidentielles… Repenser l’École ne peut être le privilège d’aucun spécialiste !

dessinchatLe Cercle Progressiste Carnussien cherche à faire vivre les valeurs citoyennes et toutes les idées progressistes dans leur diversité et leur richesse. Pour cela les conférences du CPC sont devenues, au fil des ans, un lieu de rencontre permettant l’information et la participation au débat entre citoyens sur l’évolution des institutions qui permettent la vie en société. L’École, à travers ses différentes composantes (maternelle, primaire, secondaire, université) a été et demeure un enjeu majeur pour l’apprentissage de la vie collective, pour la transmission des savoirs, pour l’étude les grandes questions d’aujourd’hui et de celles qui sont devant nous…

Les dernières évaluations PISA montrent, pour la France, que l’Éducation nationale ne parvient pas à améliorer la réussite des élèves les plus faibles, cela même si les critères généraux retenus ne sont pas pleinement pertinents. En effet, comment comparer la performance des élèves français à leurs condisciples coréens ou chinois quand on sait que ces derniers suivent aussi des cours  supplémentaires organisés après l’école !dessinfayot

Plusieurs sujets peuvent être mis en débat : L’école est-elle sélective ? Comment donner à tous l’envie d’apprendre ? Comment concevoir un enseignement qui favorise le fait d’apprendre et de réussir ensemble ? Comment avoir confiance dans l’école et dans sa capacité à faire réussir ? Pourquoi enregistre-t-on une augmentation sensible des demandes d’inscription dans l’enseignement privé ? Fait-on le choix d’une école pour les bons élèves ou d’une école pour tous ? Comment motiver les élèves pour l’école ? Comment construire une société d’avenir  pour tous les élèves ? Et la liste n’est pas exhaustive...

Cependant des voies d’avenir, des projets se dessinent pour améliorer l’efficacité de l’École. Certes les défis sont énormes, mais il y a des raisons d’espérer. Le thème retenu est ce point crucial autour duquel s’orienteront les échanges : École et Société, comment lever le malentendu ?

La conférence débutera sous forme d’une table ronde alimentée par quatre courtes interventions mettant en lumière des solutions ponctuelles qui surgissent dans l’école. Ces initiatives parfois ignorées ou marginalisées contredisent le fatalisme ambiant. Leur dévoilement permettra d’échapper aux lieux communs qui polluent le débat et fourniront des pistes à explorer pour l’avenir.

afficheconfecoleLes quatre intervenants, Laurent Mauneau (professeur des écoles spécialisé, enseignant référent pour la scolarisation des élèves handicapés), Michel Motré (instituteur puis professeur en zone d’éducation prioritaire et enfin inspecteur pédagogique régional en arts plastiques, ex-directeur de la délégation académique à la formation et à l’innovation pédagogique), Michel Neumayer (ex professeur en collège, puis formateur d’adultes, animateur du GFEN en Provence, le Groupe français pour l’éducation nouvelle, et membre du Lien international d’éducation nouvelle) et Jacques Tonnelle (ex professeur de mathématiques, formateur à l’IUFM et au DEA Didactique des mathématiques) exposeront des initiatives (expérimentations, innovations ou pratiques pédagogiques) probantes visant à éclairer le public avant que s’engage l’échange avec la salle.

L’École pourrait peut-être participer, par ses pratiques, (conseils, coopératives, élaboration des projets, productions d’élèves, apprentissage du débat…) de l’émergence d’une démocratie délibérative et participative? À condition que des zones de pouvoir (que peut-on décider dans la classe, dans l’école…?) soient instaurées et de ne pas sombrer dans la réunionnite aiguë. Resterait aussi à évaluer les réformes qui ont avorté ou ont été abandonnées. Peut être, aussi, à condition que se constitue une nouvelle association de chasseurs, défenseurs d’une écologie de la pensée : les chasseurs d’idées reçues…

dessinreformeNe pas oublier : vous êtes donc invités cordialement à cet échange ouvert à tous qui se tiendra jeudi 16 mars 2017 dans la salle du Clos Blancheton à Carnoux-en-Provence, à partir de 18h30.

J. Tonnelle

KATULU ? n°51

20 décembre 2016

asie-002Et voilà le n° 51 de Katulu ?, le dernier recueil en date des commentaires de lecteurs du groupe de lecture Katulu ? qui se réunit une fois par mois à Carnoux-en-Provence. Pour vous donner envie de découvrir ou redécouvrir de nouvelles pépites et de venir partager avec nous nos coups de coeur et nos émotions de lecture. A lire sans modération, y compris dans la version intégrale de nos commentaires (katulu51) !

La vallée des rubis

Joseph Kessel

ph1_valleerubisJoseph Kessel écrit ce roman en 1955 à la suite d’un voyage qu’il entreprend avec un ami parisien, spécialiste des pierres précieuses, en haute Birmanie, dans la vallée des rubis, à Mogok. « Ces pierres sont parmi les plus rares du monde. Elles se cachent, elles se dérobent. Et il y a sur place, pour les guetter, tout un peuple sagace de marchands, de courtiers, d’informateurs, d’espions. »

Cette région est très instable, très peu sûre : on ne manipule pas des trésors sans contrebande, sans règlement de compte, sans prise d’otages etc. Sont aussi posés les problèmes des minorités, en particulier le long des frontières : les Chams, les Karens… à qui appartiennent ces pierres ?

L'écrivain et aventurier Joseph Kessel en 1948

L’écrivain et aventurier Joseph Kessel en 1948

Une histoire de disparition d’une collection de pierres les plus précieuses va soutenir le côté roman policier de ce livre, mais ce qui me semble le plus intéressant est la description de ce coin de l’univers de superbes temples recouverts d’or, ce qui est finalement très fréquent en Birmanie encore aujourd’hui, ce coin de pays où des petites mains vont gratter la terre pour en faire sortir des pierres précieuses.

Ce roman n’est pas le meilleur de Kessel mais il donne une certaine idée de ce pays encore aujourd’hui très peu développé, essentiellement agricole, et étonnant par sa religiosité, qui a été tenu par une main de fer par l’armée depuis l’indépendance en 1946.

Bien sûr il n’est pas question dans ce livre de la situation politique du pays qui sortait de la colonisation anglaise en 1955, mais on a une belle description du rôle joué par la « Ruby Mine Compagny » qui fit finalement faillite. Après la guerre et l’indépendance, seuls les nationaux peuvent désormais acquérir une licence pour exploiter les mines. Encore faut-il savoir ce qu’elles contiennent et c’est bien là le problème…

Cécile

Terre Chinoise

Pearl Buck

ph4_terrechinoiseSouvenez vous : dans les années 60, nous lisions dans « le livre de poche » qui venait d’être inventé, les œuvres de la romancière Pearl Buck qui nous parlait de la Chine dans des romans comme Pivoine, La mère, ou Pavillon de femmes.

J’ai eu l’occasion de retrouver quelques uns de ces vieux ouvrages et j’y ai pris un grand plaisir : Terre chinoise et Les fils de Wang Lung. Il s’agit d’une saga familiale qui se termine avec un troisième volume que je n’ai pas trouvé : La famille dispersée.

On y découvre une Chine moyenâgeuse, des paysans qui sont de véritables bêtes de somme, des familles riches qui n’ont que mépris pour ces gens qui grattent la terre à longueur d’année… Mais, souvent, les riches s’appauvrissent, ils fument l’opium et laissent tout aller à vau l’eau. C’est le moment que choisit Wang Lung pour acquérir un lopin de terre qu ‘il agrandira peu à peu avec l’aide de sa femme O Len.

L'écrivain Pearl Buck, prix Nobel de littérature en 1938

L’écrivain Pearl Buck, prix Nobel de littérature en 1938

Elle, c’est une ancienne esclave de maison riche, qu’il a achetée sans jamais l’avoir vue. Malgré ce début peu prometteur, ils vont avoir une nombreuse famille avec plusieurs fils et une fille que l’on nomme « la petite esclave » et que la jeune maman s’excuse auprès de son mari d’avoir engendrée.

Avant tout, pour Wang Lung, il y a l’amour pour cette terre chinoise qu’il n’aura de cesse d’engraisser par son travail et sa sueur. Les fils, bien entendu, feront des études et s’éloigneront peu à peu de ces parents qui ne leur font pas honneur dans les cercles un peu plus cultivés qu’ils fréquentent maintenant. Les filles, on les mariera dès que possible avec le fils du voisin et elles s’en iront vivre avec leur nouvelle famille sans plus jamais revenir chez leurs parents ni revoir les lieux où elles ont été élevées.

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la condition de la femme, en tous cas en milieu rural comme ici ! Quand l’aisance sera venue, Wang Lung se mettra à fréquenter les salons de thé ; il ira même jusqu’à installer une jeune femme au foyer, tradition de la concubine !

Ces deux romans m’ont plongée dans ce pays si vaste que Pearl Buck a bien connu et qu’elle a surtout aimé profondément. Et pourtant quel abîme insondable entre ce pays moyenâgeux et la libre Amérique !

Annie

Nuit de Feu

Eric Emmanuel Schmitt

ph5_nuitfeuL’auteur, enseignant de philosophie, agé de 28 ans en 1989, entreprend une randonnée à pied, avec un groupe, à la rencontre de Charles de Foucaud, ancien militaire colonial « sage universel » installé à Tamanrasset en 1905. Il était attiré par son mysticisme.

Ce voyage à la recherche de ce sage est aussi pour lui la possibilité de vivre plus intensément ; il s’ennuyait un peu dans sa vie de professeur et inconsciemment il avait senti que quelque chose allait naître en lui : « quelque part mon vrai visage m’attend ». Il est parti athée, il est revenu croyant.

L'auteur, Éric-Emmanuel Schmitt, en 2011

L’auteur, Éric-Emmanuel Schmitt, en 2011

L’écriture est belle, poétique, la découverte du pays est un ravissement. Le lien qu’il noue avec le guide Touareg lui fait découvrir que la langue et la religion ne sont pas un obstacle à la communion mutuelle, à l’amitié.

La réflexion sur le sens de la vie, sur l’existence d’un dieu créateur du cosmos est au cœur de ce livre : « l’homme cherche Dieu. Ce qui m’aurait ébranlé c’est que Dieu cherche l’homme, que Dieu me poursuive », « je n’étais pas en quête de Dieu ».

Cette rencontre il la fera au cours de « la nuit de feu » ; perdu dans le désert, s’enfouissant dans le sable pour ne pas mourir de froid, il vit « une expérience mystique » dont il ne sortira pas indemne.

« Plus j’avance, moins je questionne, tout a un sens. Félicité… Feu, qui est mon ravisseur ? Il m’a ravi, je devrais probablement le baptiser Dieu… tout a un sens, tout est justifié.»

Josette J.

L’Archipel d’une autre vie

Andreï Makine

ph7_archipelvieL’Archipel d’une autre vie est un livre d’aventures, qui se passe aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans l’archipel des Chantars, au bord du Pacifique, avec pour unique horizon la Taïga, puissante et mystérieuse qui tient un rôle prépondérant dans l’ouvrage. Ce roman reprend des morceaux de vie de l’auteur.

En 1952, durant la guerre froide, cinq militaires « chacun représentant un fragment de la Russie » doivent retrouver un fugitif évadé d’un goulag. Le héros est Pavel Gartsev que Makine enfant avait rencontré et c’est son « histoire réelle » qu’il romance !

L'auteur, Andreï Makine

L’auteur, Andreï Makine

Une grande partie du roman est cette aventure de ces militaires à la recherche du prisonnier car même si le but de cette mission était banale, peu à peu les embûches se multipliant, l’expédition devient périlleuse ! C’est effréné et incroyable car le fugitif déjoue les pièges de ses poursuivants et fait preuve d’une intelligence face à l’ennemi, d’une rapidité déconcertante ! Mais qui est-il ? Ses ruses multiples excitent les militaires qui malgré les conditions extrêmes dans la Taïga ne renoncent pas et affrontent des situations extrêmement dangereuses que le fugitif surmonte sans peine !

A travers ces pages au rythme échevelé, Pavel Gartsev est le héros entraîné dans cette folle poursuite bien que n’adhérant pas vraiment à cette chasse à l’homme. Il y a en lui « un pantin de chiffon » un individu cruel acquis malgré lui à l’idéologie communiste.

C’est une peinture au vitriol de l’ère stalinienne « une époque atroce et imprévisible » où l’être humain est le jeu de la cruauté, de la peur, de la lâcheté, de l’obéissance aux ordres absurdes.

Pavlev réalise, au fur et à mesure de la course, qu’il est dans le camp sordide de la violence ; il a voulu se défaire du « pantin de chiffon » et inconsciemment il s’est attaché au fugitif… et a cru ainsi en « la possibilité d’une île au cœur de la Nature immense et majestueuse ». « Il y a peut-être la possibilité d’un Archipel où l’homme délivré de ses jeux dangereux de vainqueurs et de vaincus inventerait l’ère nouvelle d’un monde réconcilié »…. « là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour. »

Josette J.

Le Garçon

Marcus Malte

ph9_legarconCoup de foudre ! Il y avait longtemps qu’un livre ne m’avait ainsi captivée ! Un roman fleuve (plus de 500 pages) qui tient en haleine, qu’il est difficile de quitter, qu’on a hâte de reprendre. Un livre dont l’écriture séduit, puissante, poétique, raffinée.

L'auteur, Marcus Malte

L’auteur, Marcus Malte

Peu après sa lecture, j’ai appris que le Prix Fémina lui était attribué. La présidente du Jury, Mona Ozouf, a résumé en quelques mots cet ouvrage :,« Une grande épopée, une histoire magnifique qui ressuscite le mythe de l’enfant sauvage qui parvient à la civilisation. C’est un grand roman d’apprentissage, une allégorie de l’ensauvagement des hommes par la guerre. »

L’histoire se situe entre 1908 et 1938. Le garçon sans nom découvre le monde, les hommes, la femme (la sensualité irrigue le texte) ; détruit par la guerre il redevient l’enfant sauvage. Il ira chercher la mort comme un animal blessé, traqué qui ne se laisse pas prendre.

L’auteur, spécialiste de polar, s’est essayé à un autre genre et pour un coup d’essai c’est un coup de maître.

A lire… absolument !

Marie-Antoinette

Au risque de se perdre

Kathryn Hulme

ph11_aurisqueL’auteur se consacre après la guerre de 1939-45 à l’organisation des camps de personnes déplacées. C’est là qu’elle rencontre une infirmière avec laquelle, pendant sept ans, elle collabore dans ces camps. C’est la vie de cette infirmière qui est racontée dans ce livre.

L'auteur, Kathryne Hulme

L’auteur, Kathryne Hulme

Parce qu’elle ne peut pas épouser l’élu de son cœur, Gabrielle Van Der Mal, élevée de façon stricte par son père, rentre dans les ordres. Elle deviendra Sœur Luc et entreprendra des études d’infirmière, se passionnera pour ce métier, et, à sa demande partira en Afrique. Là, elle travaille aux côtés d’un chirurgien qui la mettra face à ses contradictions intimes. Elle reviendra en Belgique au moment de la guerre de 39 – 45. Durant les vingt ans qu’elle passe dans les ordres, elle se heurte à la règle. Et c’est le cheminement de Sœur Luc qui est intéressant à suivre.

Ce livre qui se lit agréablement. On s’attache à cette jeune femme qui veut être honnête en toutes circonstances. Elle lutte pour accepter la règle, confiante en ses supérieurs. Mais elle est douée d’un solide bon sens qui lui fait remettre en cause les obligations qui régissent la vie des religieuses, les anesthésiant pour les soumettre

Elle finira par prendre la décision qui mettra à l’unisson son cœur et sa raison.

Josette M.

Debout – Payé

Gauz

ph13_deboutpayeGauz est le nom de plume de Armand Patrick Gbaka-Brédé né à Abidjian en 1971. Il arrive en France dans les années 1990 avec l’idée de faire des études universitaires et va devoir survivre de petits boulots, ceux qu’on appelle dans ce milieu de noirs francophones, Debout-Payé, c’est à dire des boulots non qualifiés où on vous paye pour rester debout durant 8 heures d’affilée. En particulier il va devenir vigile dans 3 entreprises parisiennes.

Gauz, de son vrai nom Armand Patrick Gbaka-Brédé

Gauz, de son vrai nom Armand Patrick Gbaka-Brédé

Avec un humour fabuleux il raconte ses aventures, décrit les riches clientes (ou les moins riches) et épingle d’un oeil acéré les travers de notre société de consommation. Il s’agit d’une véritable satire sociale où chacun en prend pour son grade.

Gauz imagine que l’Europe vient de vivre ses trois « âges » à la manière de la mythologie grecque : L’âge de bronze de 1960 à 1980, alors que l’auteur vivait encore en Afrique, puis l’âge d’or entre 1990 et 2000 où la sécurité est de plus en plus confiée à des vigiles et où donc ces jeunes africains fraîchement émoulus de leur campagne vont trouver à subsister tant bien que mal. Et enfin l’âge de plomb à partir du 11 septembre 2001 où le désir du tout sécuritaire va exiger des papiers, des diplômes pour exercer quelque activité que ce soit, plongeant de ce fait ces gens dans la misère.

Aujourd’hui Gauz exerce de nombreuses activités tant en France qu’en Côte d’Ivoire, photographe, scénariste et rédacteur en chef d’un journal économique satirique ivoirien. Debout-Payé est son premier roman.

Annie

Migrants : comment dépasser l’émotion et envisager l’avenir ?

18 décembre 2016

afficheconfrefugies_a4coulMalgré de nombreuses manifestations culturelles se déroulant ce même jour, à la même heure, un public fidèle et intéressé était présent au clos Blancheton pour écouter les propos du conférencier, Jean-Pierre Cavalié, délégué régional de la CIMADE, sur ce sujet d’actualité ô combien préoccupant.

En préambule, il est remarqué la « frilosité » des responsables politiques pour aborder ce thème d’une façon claire-voyante et il est donc nécessaire de replacer le propos dans un aspect historique, plus global, et de l’étayer par une réflexion philosophique indispensable.

La CIMADE a été créée en 1939 suite aux conséquences de la guerre d’Espagne et des événements précurseurs du conflit qui allait embraser l’Europe. Ces événements ont eu pour effet la présence sur le sol français de réfugiés arrivés dans le Sud et dans l’Est du pays. Ce sont des volontaires, émus par la situation de ces populations déplacées qui ont spontanément élaboré une structure pour gérer l’accueil de ces réfugiés. Ceux-ci (espagnols, allemands, italiens) depuis 1938 étaient regroupés dans 200 camps (enfermement administratif).

Arrivée de réfugiés espagnols au camp de concentration de Bram, à 25 km de Carcassonne

Arrivée de réfugiés espagnols au camp de concentration de Bram, à 25 km de Carcassonne

A ce jour, la CIMADE poursuit son action en intervenant dans plus de 400 camps, et prend en compte la gestion des réfugiés pour leur faciliter les démarches administratives en vue de leur régularisation et leur insertion dans la société.

Le phénomène migratoire est mondial. Un récent rapport des Nations- Unies estime à un milliard le nombre de migrants, soit le septième de la population de la planète. Il est difficile de discriminer les raisons de ces migrations qui peuvent être climatiques, politiques ou économiques.

Ainsi, pour le continent Africain, la désertification de certaines zones est due à un phénomène climatique, avec pour conséquence des pertes économiques catastrophiques, phénomène auquel s’ajoute l’adoption d’un modèle de développement inadapté qui résulte de choix politiques et humains.

La désertification, une des causes des migrations (photo B. Bannon / HCR)

La désertification, une des causes des migrations (photo B. Bannon / HCR)

Il est néanmoins possible de modifier les comportements et d’agir pour prévenir ce genre de conséquences. Cependant il n’est pas possible d’endiguer tous ces mouvements migratoires ; reste à adopter une politique d’accueil en conformité avec les conventions internationales.

Mais celles-ci sont souvent interprétées en fonction de choix politiques spécifiques, comme en France à partir de 1984, où le tournant d’un libéralisme économique a été pris, avec pour conséquence d’accorder un statut de « demandeur d’asile » à tout réfugié, avec les conséquences administratives complexes qu’elles impliquent.

Le conférencier, Jean-Pierre Cavalié, avec le président du CPC, Michel Motré

Le conférencier, Jean-Pierre Cavalié, avec le président du CPC, Michel Motré

Il est donc question de concevoir la notion d’hospitalité, c’est ce qu’ont élaboré aux États-Unis, des membres appartenant à des églises, en créant le mouvement « sanctuaire » dans les années 80, assurant ainsi une protection aux réfugiés. Ces créateurs étaient très marqués par la résurgence d’un néo-esclavagisme lié aux excès du libéralisme économique.

Le principal souci d’un réfugié est d’obtenir un visa renouvelable pour poursuivre son séjour dans le pays d’accueil et cela explique pourquoi ceux qui ne l’obtiennent pas passent dans la clandestinité.

En Europe, en 2015, une attitude généreuse avait prévalu pour l’accueil des migrants devant l’émotion suscitée par leur sort, mais très vite des réactions hostiles ont eu pour conséquence la fermeture des frontières. Des mouvements de citoyens, sur la base du volontariat mettent au point des programmes d’accueil des réfugiés afin de les intégrer plus facilement dans la société.

La projection d’un documentaire sur l’expérience de Sheffield, ville moyenne de Grande-Bretagne, démontre qu’une bonne intégration est possible et bénéfique pour tous. La volonté des réfugiés de s’intégrer, en plus de l’aide reçue par ceux-ci sous forme de formations (apprentissage de la langue) dispensées par des volontaires, la mise à disposition de logements inoccupés, la participation aux différentes structures locales, a permis une intégration dans de bonnes conditions.

Cours de langue dispensé à des réfugiés syriens

Cours de langue dispensé à des réfugiés syriens

Il est même constaté, souvent, une revitalisation de certaines villes, l’économie locale étant dopée par cet afflux de population. Ce modèle a certes ses limites car l’on peut constater la confrontation des opinions sur la nécessité de partager la richesse dans un système où la concurrence pour l’accès aux emplois est vive. La bonne santé économique de l’Allemagne a permis, à ce jour, d’accueillir un grand nombre de réfugiés sans problèmes majeurs, mais ce modèle s’essouffle.

Dessin de Gros paru dans Marianne le 11 novembre 2016

Dessin de Gros paru dans Marianne le 11 novembre 2016

Autre exemple frappant d’intégration réussie, celui d’un village au sud de la Sicile, quasiment abandonné par sa population, qui a accepté d’accueillir des réfugiés devenus peu à peu majoritaires. Ils ont redonné vie et prospérité à la localité en réussissant même à chasser les pratiques mafieuses passées.

En France, la petite ville de Rosans, dans les Hautes-Alpes, a été le lieu d’une concertation exemplaire avec la population partagée en deux camps sur l’installation de réfugiés dans la cité. De nombreuses réunions informatives et une écoute attentive de chaque opinion ont permis de désamorcer les conflits et oppositions, aboutissant à un collectif qui a suscité la créativité d’une économie sociale basée sur l’égalité.

On aurait pu citer d’autres exemples, dont celui de Barcelonnette, qui accueille 40 personnes en demande d’asile. Il n’en demeure pas moins que le casse-tête réglementaire au niveau de l’Europe pour administrer le phénomène migratoire reste un handicap. Il est donc nécessaire de revoir la conception de l’Europe dans ce domaine.

Arrivée de migrants syriens à Munich en Allemagne en septembre 2015 (photo C. Stache / AFP)

Arrivée de migrants syriens à Munich en Allemagne en septembre 2015 (photo C. Stache / AFP)

Les principales difficultés du processus de prise en charge aux passages des frontières subsistent, liées notamment au respect des lois et conventions (convention de Genève qui date de 1951 !), à l’application des procédures de demande d’asile, aux conditions de traitement humain des personnes dans le respect de leur dignité (hébergement, nourriture, santé, équipements), à l’action de la justice (qui normalement doit statuer dans les 48 heures pour donner suite à une procédure du droit d’asile), à la protection des mineurs, etc.

Il faut savoir qu’une demande d’asile est traitée en préfecture par la « plate-forme asile » ; les organismes tels que l’OFI et OFPRA orientent ensuite le demandeur dans un centre d’accueil dans l’attente de la décision. Dans le cas favorable, ce droit d’asile est accordé pour une durée de dix ans et parfois définitivement. En France le taux d’accord du droit d’asile est de 33 % alors qu’il atteint 80 % en Allemagne. Des marges de progrès existent donc.

En conclusion de cet exposé, Jean-Pierre Cavalié, démontre que le phénomène migratoire est « le thermomètre de l’état du monde » reflet de toutes les crises, conflits et changements de mode de vie sur la planète. Il faudra s’habituer à vivre avec une « migration pendulaire » où des populations viendront chercher protection, se former, travailler dans un pays pour ensuite, dans une certaine proportion, retourner dans leur pays d’origine en absence de conflit armé ou de crise économique grave.

Une assemblée très attentive lors de la conférence du 8 décembre 2016

Une assemblée très attentive lors de la conférence du 8 décembre 2016

Nombre de français sont eux-mêmes installés provisoirement ou définitivement à l’étranger avec des conséquences bénéfiques pour tous. Il est donc nécessaire de faire prendre conscience le plus tôt possible que l’hospitalité est une tradition ancienne qui doit être valorisée.

Le public, à l’issue de la conférence, a pu continuer à s’entretenir avec le conférencier, manifestant ainsi sa soif d’information sur ce sujet d’actualité, mais un verre à la main, offert comme à l’accoutumée par les organisateurs du Cercle Progressiste Carnussien.

CM.

Cette semaine, l’accueil des migrants au programme !

5 décembre 2016

Réfugiés, migrants : comment dépasser l’émotion et envisager l’avenir ? Tel est le titre de la prochaine conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien et qui sera animée jeudi 8 décembre par Jean-Pierre Cavalié, délégué régional de la CIMADE, une association de solidarité qui, depuis des décennies, accompagne réfugiés politiques, migrants et demandeurs d’asile dans leur quête d’un avenir stable.

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Le sujet est complexe et d’actualité. Il suscite de multiples interrogations et bien des réactions, parfois épidermiques. Les situations, souvent dramatiques, qui poussent certains à abandonner leur patrie, leur maison, leur famille parfois, la plupart du temps sans espoir de retour, pour courir les routes et les océans, souvent au péril de leur vie, obligent à nous interroger sur ce processus qui pousse ainsi à l’exode et sur la manière d’y faire face.

Faut-il avoir peur de ces arrivées de réfugiés comme nous y incitent certains responsable politiques ? N’y a t-il pas moyen d’éviter ces situations en améliorant, par la diplomatie et l’aide au développement économique, les conditions de vie dans les pays d’origine de ces populations ? L’Europe est-elle bien efficace dans ses politiques d’accueil de ces migrants ? Nos capacités et nos procédures d’accueil de ces familles, chassées par la guerre et poussées par la misère, sont-elles à la hauteur des enjeux et font-elles honneur à notre sens humain ?

Autant de questions qui pourront être débattues avec le délégué de la CIMADE à l’occasion de cet échange ouvert à tous qui aura lieu jeudi 8 décembre à 18h30 dans la salle du Clos Blancheton à Carnoux (rue Tony Garnier, derrière l’hôtel de ville). Venez nombreux !

La ville de Carnoux portée aux nues par TPBM

28 novembre 2016

Décidément, le maire de Carnoux sait bien mettre en valeur ses réalisations ! Le numéro 1155 de la revue hebdomadaire TPBM, en date du 9 novembre 2016, consacre ainsi pas moins de 8 pages aux travaux de rénovation du centre-ville et au bilan du maire de Carnoux. Huit pages de publicité électorale gratuite, également accessibles sur le site de la revue et diffusée largement auprès de tout ce que la région PACA compte d’entrepreneurs et de professions libérales.

Extrait du n°1155 de TPBM

Extrait du n°1155 de TPBM

Bien entendu, rares sont ceux, en dehors des professionnels du secteur, qui ont déjà entendu parler de TPBM, un acronyme qui signifie Travaux publics et bâtiments du Midi, en réalité un hebdomadaire destiné aux professionnels de la commande publique régionale et qui tire l’essentiel de ses revenus de son positionnement comme support habilité à publier les annonces légales sur 5 départements de la région PACA, dont les Bouches-du-Rhône : appels d’offres, ventes aux enchères et annonces judiciaires portant avis de constitution et de dissolution de sociétés, tel est l’essentiel du contenu de ce journal d’aspect austère, publié sur papier recyclé à 13 000 exemplaires et qui n’est guère lu que par les services achat des collectivités territoriales, les entrepreneurs locaux de travaux publics et tout ce que la région compte de professions libérales, experts comptables, avocats et architectes confondus, largement mis à l’honneur dans les autres pages du journal.

Ceci dit, même si le contenu de ce journal, en dehors des annonces légales, s’apparente pour l’essentiel à du remplissage, il n’est pas si courant d’y trouver ainsi 8 pages entières consacrées à une petite commune de 7000 habitants ! On y retrouve bien entendu tous les poncifs habituels sur la « genèse d’une ville étonnante », créée par la volonté de 2 entrepreneurs, installés à Casablanca en 1957 et dont la Coopérative immobilière française, par ailleurs accusée de malversation, était plutôt en mauvaise posture en 1962 avec seulement 242 habitants recensés dans la ville en chantier qui en escomptait 4 000 ! L’arrivée des rapatriés d’Algérie a permis de redresser la situation, jusqu’à l’érection en commune nouvelle, décrétée le 26 août 2016, comme nous l’avons déjà évoqué ici.

Les commerces le long du mail devant la Crémaillère et l'école provisoire en 1962 (source : site de la commune)

Les commerces le long du mail devant la Crémaillère et l’école provisoire en 1962 (source : site de la commune)

Le reportage, signé par le journaliste Jean-Pierre Enaut, n’hésite pas à faire dans le dithyrambique et s’enflamme quelque peu : « Terre d’accueil, Carnoux, née de l’abnégation d’un groupe de pionniers visionnaires, a su trouver son juste équilibre en regardant l’avenir sans pour autant oublier le passé ». On n’est pas loin de la Légende des Siècles et c’est encore plus beau quand on aborde les pages consacrées à la médiathèque, conçue comme chacun sait par le cabinet d’architecture Fernandez et Serres (ou en tout cas le saura après avoir lu l’article qui cite leur nom à chaque paragraphe…) : « Le site est émouvant par ses pins centenaires, ses arbres légers et entremêlés, son relief et sa vue sur la ville. L’espace intérieur étiré est agrandi et généré par le paysage. L’architecture est rythmée par l’éphémère, les nuages, le vent, les saisons » et tout le reste est à l’avenant sur 2 pages entières !

A croire que le journaliste a un peu abusé de la moquette comme combustible récréatif dans son désir de s’imprégner des lieux… Chez TPBM, le prix de la ligne est affiché à 4,12 € les 40 caractères comme le précise son éditeur, joliment dénommé « Les publications commerciales » et on comprend mieux la motivation du journaliste à broder ainsi pendant 2 pages sur la poésie des lieux…

Les nouveaux commerces le long de la place Lyautey

Les nouveaux commerces le long de la place Lyautey

Le reste du reportage porte sur la requalification du centre-ville et comporte une longue interview du maire « élu depuis fort longtemps » pour reprendre les propos du journaliste. Jean-Pierre Giorgi en profite naturellement pour détailler son bilan et préciser que le nombre de logements sociaux, qui était de 375 jusqu’à l’an dernier, vient de s’enrichir de 50 nouveaux logements grâce aux constructions des deux petits immeubles du centre-ville, auxquels devraient à terme s’ajouter 60 nouveaux logements, une fois achevé le projet confié à la Phocéenne d’habitation sur le site de l’ancien établissement Saint-Augustin : un effort qui mérite d’être salué mais qui ne permet pas encore d’atteindre l’objectif de 20 % de logements sociaux exigé par la loi SRU, et encore moins celui de 25 % qui s’impose désormais à toutes les communes de plus de 3500 habitants à l’horizon 2025 : encore un effort, Monsieur le Maire !

Défilé sur le mail pour l'inauguration du centre-ville le 11 juin 2016 (photo DR)

Défilé sur le mail pour l’inauguration du centre-ville le 11 juin 2016 (photo DR)

On apprend au passage, en lisant cette interview, que l’ensemble du réseau pluvial de Carnoux a été recalibré avec « la création de bassins de rétention ». On se demande où ont bien pu être creusés ces fameux bassins de rétention si discrets et qui n’empêchent pas le réseau pluvial de déborder à chaque orage, d’autant que le réaménagement du centre-ville n’a pas permis, comme on aurait pu le penser, de réduire l’imperméabilisation de ce secteur. Au contraire, le projet a privilégié les espaces minéralisés et revêtus qui accentuent le ruissellement, préparant ainsi les inondations de demain…

On apprend aussi que le coût global de la rénovation du centre-ville devrait s’élever finalement à « environ 10 millions d’euros, hors construction des commerces et des logements », dont 3,8 millions imputés sur le budget communal, le reste étant généreusement subventionné par la communauté urbaine et le département. Le maire de Carnoux, en bon politique, n’oublie pas d’ailleurs de « remercier les différents élus des collectivités publiques et en particulier Martine Vassal, présidente du conseil départemental, qui a accepté dernièrement d’entériner la dernière tranche financière, et Jean-Claude Gaudin, président de la métropole, qui s’est engagé à poursuivre le projet en cours jusqu’à son terme ».

Le maire de Carnoux bien entouré lors de l'inauguration du centre-ville (photo R.Achour parue dans La Provence)

Le maire de Carnoux bien entouré lors de l’inauguration du centre-ville (photo R.Achour parue dans La Provence)

On n’aura pas la faiblesse de rappeler que la quasi totalité des engagements financiers accordés à Carnoux pour la réalisation de ces travaux l’a été sous le mandat de la majorité socialiste conduite par un certain Jean-Noël Guérini pour le département et par Eugène Caselli pour la communauté urbaine. Au moins, leur éviction permet au nouveau fervent supporter de François Fillon d’éviter de les remercier et de pas avoir eu à supporter leur présence encombrante lors de la belle cérémonie d’inauguration qui s’est déroulée le 11 juin dernier. Ni de devoir remercier les nombreux habitants des communes infiniment moins riches que Carnoux, dont les malheureux contribuables marseillais, d’avoir permis ainsi de financer à grands frais la rénovation du centre-ville de la 119ème commune des Bouches-du-Rhône, en application de la célèbre sentence biblique « les derniers seront les premiers »… Ite, missa est.

L.V.  lutinvert1small

Enfin débarrassés de Sarkozy !

23 novembre 2016

C’est la bonne nouvelle de ce premier tour des primaires de la droite : Nicolas Sarkozy, l’éternel revenant dont les Français à leur large majorité croyaient s’être débarrassés en mai 2012, ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle. Pour la modique somme de 2 €, plus de 4 millions de Français sympathisant de la droite, ont donc exprimé, ce dimanche 20 novembre, un très net rejet de celui qui fut président de la République de 2007 à 2012.

blog361_dessincourseAvec à peine plus de 20 % des suffrages recueillis, c’est un véritable camouflet qui lui a été infligé, à lui qui affirmait avoir totalement changé et qui rêvait de reconquérir le pouvoir suprême pour se mettre ainsi définitivement à l’abri des multiples affaires judiciaires qui lui collent à la peau et pour lesquels il devrait comparaître bientôt devant la Justice. Après avoir freiné tant qu’il a pu, à coup d’arguties abracadabrantesques, le cours des investigations judiciaires, il va bien devoir désormais répondre enfin devant les juges des multiples accusations dont il est redevable.

Ses adieux à la vie politique, comme les précédents en 2012, ont été empreints de dignité, mais son ralliement à son ancien « collaborateur » et ex-premier ministre, François Fillon n’est peut-être pas dénué de tout calcul politique… Sa longue carrière politique lui a au moins appris à ne jamais insulter l’avenir.

blog361_dessinkarcherFrançois Fillon en tout cas semble bien parti pour emporter dimanche prochain le second tour de ces primaires de la droite et il pourrait bien gagner dans la foulée les élections présidentielles le 7 mai 2017, au vu de l’état de dispersion dans lequel la gauche aborde cette échéance.

Avec un peu plus de 44 % des suffrages exprimés, cet apparatchik de la droite la plus réactionnaire, adepte d’un libéralisme économique thatchérien totalement débridé, qui n’a jamais exercé d’autre métier que celui d’homme politique, crée la surprise de cette élection, reléguant loin derrière lui le maire de Bordeaux Alain Juppé. Rien n’est encore joué mais les derniers sondages annoncent déjà une victoire éclatante de François Fillon à l’issue du second tour de ces primaires, le 27 novembre prochain.

François Fillon, grand vainqueur des primaires de la droite (photo C. Platiau / Reuters)

François Fillon, grand vainqueur des primaires de la droite (photo C. Platiau / Reuters)

Dans notre région où tous les ténors de la droite soutenaient le candidat Sarkozy, le choc a été un peu rude, mais après tout, la différence de programme entre lui et son ancien premier ministre est tellement ténue que personne ne verra la différence… Même notre député, Bernard Deflesselles, qui pourtant soutenait ardemment son ami Jean-François Copé, n’hésitera pas une seconde à se rallier à celui qui fut jadis le rival malheureux de ce dernier à la tête de l’ex-UMP (pour cause de fraude électorale massive, rappelons-le au passage).

Le maire de Meaux ressort en tout cas complètement essoré de ces primaires où il n’a recueilli qu’un peu plus de 12 000 voix à l’échelle nationale, soit 0,3 % des suffrages exprimés (et à peine davantage que les bulletins nuls !). Une sacrée claque et qui n’est certainement pas due qu’à sa seule méconnaissance du prix des viennoiseries…

blog361_dessinprimairesL’ancien ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, supposé incarner le renouveau de la droite dans ces élections, est lui aussi tombé de l’armoire en découvrant son score étriqué de 2,4 %, derrière sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet, ce qu’il n’aurait sans doute jamais imaginé, même dans ses pires cauchemars… Malgré son discours ultra nationaliste, il n’aura sans doute pas été jugé assez conservateur pour l’électorat de droite, ou peut-être tout simplement pas assez crédible au vu de ses multiples approximations ?

Sur Carnoux, comme sur l’ensemble de la 9ème circonscription des Bouches-du-Rhône, largement acquise à la droite, les électeurs se sont déplacés en masse pour ces primaires, faisant une nouvelle fois mentir nos élus locaux qui partent du principe que les Français ne s’intéressent pas à la politique. François Fillon est arrivé largement en tête, comme presque partout ailleurs, avec 43 % des suffrages sur Carnoux : un satisfecit pour le maire qui, faisant fi de sa prudence habituelle, s’était clairement déclaré en sa faveur il y a peu, dans un grand quotidien national.

Nicolas Sarkozy y résiste mieux que dans d’autres régions, avec plus de 35 % des voix sur Carnoux alors qu’Alain Juppé recueille à peine plus de 15 % des suffrages. Quant au pauvre Copé, le champion de Bernard Deflesselles, il ne récolte que 0,25 % des voix à Carnoux et 0,28 % sur l’ensemble de la circonscription, encore moins qu’au niveau national ! Il faudrait décidément que quelqu’un se dévoue pour souffler à notre député que son sens politique commence à être quelque peu émoussé après une aussi longue carrière et qu’il serait peut-être temps pour lui de passer à autre chose !

L.V.  lutinvert1small

A Carnoux, le coming out politique du maire !

10 novembre 2016

Élu à Carnoux-en-Provence depuis déjà 33 ans et maire de la commune sans discontinuer depuis 2001, Jean-Pierre Giorgi a toujours revendiqué haut et fort son apolitisme, ce qui ne l’a jamais empêché de soutenir ouvertement ses amis de l’ex-UMP dont le député Bernard Deflesselles. Officiellement étiqueté « Divers droite », il n’a jamais fait mystère de son aversion pour les idées de gauche qu’il combat avec la dernière énergie, mais il a longtemps mis une certaine coquetterie à afficher une absence totale d’affiliation à un courant politique, ce qui lui a d’ailleurs plutôt bien réussi.

Jean-Pierre Giorgi lors de l'inauguration du Centre-ville de Carnoux le 11 juin 2016 aux côtés de ses amis politiques Jean-Claude Gaudin, Bernard Deflesselles et Martine Vassal

Jean-Pierre Giorgi lors de l’inauguration du Centre-ville de Carnoux le 11 juin 2016 aux côtés de ses amis politiques Jean-Claude Gaudin, Bernard Deflesselles et Martine Vassal

A plus de 70 ans, il fait enfin son coming out et déclare clairement son positionnement politique à l’occasion d’un article sur Carnoux paru dans Le Monde le 16 octobre 2016, dans lequel il déclare sans détour qu’il n’est « pas du tout de gauche, pas du tout d’extrême-droite » et qu’il « envisage d’appuyer François Fillon à la primaire ».

Article paru dans Le Monde du 16 octobre 2016

Article paru dans Le Monde du 16 octobre 2016

L’électeur de gauche carnussien ne sera guère surpris par ce positionnement thatchérien, mélange de conservatisme social et de libéralisme économique débridé. De toute façon, la vérité oblige à dire, comme les journalistes du Monde l’ont eux-même rapidement constaté, que l’électorat de gauche se fait plutôt rare sur Carnoux si l’on en juge par les scores obtenus aux dernières élections : 17,4 % pour le cumul des quatre listes de gauche qui étaient en lice lors des élections régionales de décembre 2015, et bien sûr 0 % au deuxième tour puisqu’il ne restait alors plus le choix qu’entre la droite et l’extrême-droite, comme lors des élections départementales et des municipales précédentes…

L’électorat d’extrême-droite sera peut-être davantage surpris de ce positionnement du maire de Carnoux dans une commune où, pour ne reprendre que les dernières élections en date, toujours les Régionales de 2015, la candidate FN avait obtenu plus de 47 % des suffrages exprimées au premier tour contre seulement 27 % à son adversaire LR Christian Estrosi. Il est vrai que jusqu’à présent, grâce au mode de scrutin majoritaire, le FN ne dispose que d’un seul élu au conseil municipal malgré ses scores fleuves aux récentes élections locales.

Hughes Peres, nouveau conseiller municipal FN à Carnoux (photo C. Matias pour La Provence)

Hughes Peres, nouveau conseiller municipal FN à Carnoux (photo C. Matias pour La Provence)

On vient d’ailleurs d’apprendre, à l’occasion du dernier conseil municipal en date du 20 octobre 2016 que l’élu en question, le très discret Vesselin Bratkov, venait de démissionner de sa fonction. On ne connaît pas les raisons de sa démission sinon qu’elles sont purement « personnelles » et l’on sait seulement qu’il n’habitait plus depuis des années à Carnoux, même s’il a affirmé quelques jours plus tard dans La Provence, qu’il a effectivement payé sa taxe d’habitation à Carnoux entre 2005 et 2010. Si c’est réellement le cas, on se demande bien comment il a pu y présenter sa candidature en 2014, mais peu importe ! Toujours est-il que c’est désormais Hughes Peres, 77 ans, résidant lui à Carnoux depuis 43 ans et par ailleurs vice-président du Souvenir Français qui représentera désormais le Front National au Conseil municipal de Carnoux.

Quant aux électeurs de droite de Monsieur Giorgi, ils seront peut-être surpris d’apprendre ainsi, au détour d’un article du Monde, quel est son véritable positionnement politique, lui qui se présente avant tout comme un simple gestionnaire. Car parmi les 7 candidats actuellement en lice dans le cadre des primaires de la droite, François Fillon est probablement celui dont le programme politique va le plus loin en matière de dérégulation de l’économie, dans la droite ligne d’un Ronald Reagan ou d’une Margaret Thatcher.

François Fillon, le champion du maire de Carnoux (photo S. Grangier)

François Fillon, le champion du maire de Carnoux (photo S. Grangier)10

S’il est élu, il compte réduire drastiquement les dépenses publiques et supprimant pas moins de 500 000 postes de fonctionnaires dont de très nombreux enseignants qu’il accuse ouvertement de ne pas travailler assez, estimant que l’enseignement privé pourrait avantageusement remplacer l’Éducation nationale jugée totalement obsolète à ses yeux. Il compte réduire à son strict minimum le droit du Travail, supprimer l’impôt sur la fortune et augmenter fortement la TVA : une sacré purge en perspective pour les plus modestes et un recul massif de l’investissement public qui risque de faire de gros dégâts dans une société déjà bien mal en point, mais chez ces gens-là, on ne compatit pas, on compte seulement…

L.V.  lutinvert1small

Katulu ? n° 50

4 novembre 2016

affichekatulu50A l’occasion des cinquante ans de la création de Carnoux-en-Provence le groupe de lecture Katulu ?, activité culturelle du CPC, a choisi le thème de « l’exil » pour présenter cinq livres au cours d’une séance ouverte au public qui s’est déroulée le 29 septembre 2016. Le texte complet de nos notes de lecture est accessible ici : katulu-n50

Le cri des oiseaux fous

Dany Laferrière

L’exil éveille en chacun d’entre nous de très singuliers échos. Cela peut être des cris rauques, déchirants comme ceux des oiseaux fous avant l’accouplement. Des cris désespérés et tragiques mais nécessaires.LaSolutionEsquimauAW

Dans ce roman cette histoire concerne Vieux Os, un jeune homme de 23 ans qui raconte son exil, un certain 1er juin 1976. Ce jour-là, il est contraint de quitter son pays, Haïti, avec « une petite valise en tôle »Vieux Os, en fait, n’est autre que Dany Laferrière car il s’agit bien d’un roman autobiographique dédié à son ami « Gasner Raymond (assassiné) dont la mort a changé ma vie »L’action se déroule en un jour « nuit fatale », en un lieu et s’apparente en cela fortement aux tragédies antiques. Le pays, Haïti, se trouve être un personnage essentiel qui se découvre à travers la déambulation amoureuse et hallucinée de notre héros.

De ce roman se dégage un souffle de jeunesse, de plaisir, de sensualité. L’appétit de culture, le goût de la chair, de l’amitié se mélangent. Les remarques, les dialogues sont savoureux. Le style est d’une grande fraîcheur et simplicité.

L'écrivain Dany Laferrière, reçu à l'Académie Française

L’écrivain Dany Laferrière, reçu à l’Académie Française

Tout au long de cette nuit il lutte contre son attachement à son pays natal, ses amis, sa mère mais aussi il crie, se révolte : « Moi je veux vivre. Je préfère vivre de n’importe quelle manière plutôt que de mourir en héros ». Sa mère le supplie de partir car il sera « plus utile vivant que mort »Ce roman quête de soi insinue combien un pays vous façonne, combien il est difficile de trancher entre amour et individualisme entre idéal et pragmatisme entre raison et magie. Ce cri des oiseaux fous plane longtemps dans notre cœur et nous hante avec cette beauté sombre et grave de la dernière nuit avant l’exil.

Nicole

Rêves oubliés

Leonor de Recondo

Reves oublies 9782757834350-crg.inddCe livre raconte la vie d’une famille espagnole, obligée de rejoindre la France et de fuir l’Espagne à cause de la guerre civile qui a éclaté dans les années 1936 à 1939. 21 Mai 1940 : « Depuis hier nous avons définitivement perdu la guerre. L’Espagne nous ferme ses portes et le dictateur s’assure de longues années de règne où la moindre voix discordante sera muselée ! ».

la mère de famille, Ama, déracinée va tenir un journal secret tout au long de ces jours interminables depuis le 18 août 1936 jusqu’au 2 janvier 1941. Les pages sont datées et nous découvrons ainsi leur quotidien mais il n’y a aucune révolte, tout est dans la retenue, la justesse ! L’écriture lui permet de comprendre la situation, de la supporter, de maîtriser ses émotions et cela lui fait du bien : « je ne me plains pas, c’est ainsi ». 

Dans ces pages émouvantes, délicates et poétiques on assiste à la lutte intérieure de cette famille, à sa résistance pour refouler son chagrin et continuer à vivre malgré tout, pour les enfants d’abord, puis comprendre que les rêves peu à peu font place à une résignation pour accepter le présent insatisfaisant ! …

Leonor de Recondo en mai 2014 (photo E. Feferberg / AFP)

Leonor de Recondo en mai 2014 (photo E. Feferberg / AFP)

« J’abandonne une partie de moi-même là-bas au pied des orangers. J’y laisse mes rêves et je prie pour que nous restions unis, en vie ». « Je comprends votre peine, nous la ressentons tous. L’abandon de notre passé est un déchirement qui s’étire un peu plus chaque jour, ne cédons pas aux mirages de la nostalgie ».« Être ensemble c’est tout ce qui compte » ou «  malgré ces temps orageux et glacial nous sommes toujours là ensemble ».

Ce roman est délicieux à lire parce que la poésie s’écoule à chaque phrase, les mots sont choisis, les phrases sont courtes et simples, pudiques, tout en finesse ! « Ce roman a la pureté du cristal, la douceur d’une caresse… écriture délicate, aérienne, un pur bonheur de lecture ».

Josette J.

Saïgon-Marseille aller simple

Nguyen Van Thanh

livresaigonmarseilleL’auteur, né en 1921 à Hué au Viet-Nam, est décédé à 91 ans, le 2 décembre 2012 à Lattes dans l’Hérault. La première partie du livre est un récit plein d’anecdotes sur la vie familiale de l’auteur, sur la société dans laquelle vivaient les élites vietnamiennes dans les années 20. Son père, issu d’une famille de lettrés pauvres, avait acquis le titre de mandarin, et exerçait la fonction de sous-préfet de la région de Vinh.

En juillet 1939, l’empereur Bao Dai lance un appel afin de recruter 20 000 volontaires pour la France, non comme soldats mais comme main d’œuvre dans les usines d’armement. Il y eut si peu de volontaires que cela se mua en mobilisation forcée. Thanh s’engage ! Il n’a alors que dix-sept ans. Le récit du voyage, de l’arrivée à Marseille, de l’envoi dans des camps ne fait pas honneur à la France. Les Indochinois furent traités comme des « sous-hommes », « nous n’étions que des bêtes… ».

Puis se sont les années passées à la poudrerie nationale de Bergerac, un travail de manutention sans aucune protection des matières nocives. Une promesse de salaires au retour au pays qui ne seront jamais versés. Enfin le travail dans les propriétés agricoles. Thanh fait ressortir « le racisme ordinaire », combien les Vietnamiens étaient pris pour des « bêtes curieuses » : « nous apportions une variante raciale ». Un autre lieu de honte pour la France : le centre de redressement de Sorgues destiné aux Vietnamiens protestataires, agitateurs politiques… « aux mauvais Annamites ». Un véritable camp de concentration… des pages édifiantes !

En 1948, la France commença à organiser le rapatriement des travailleurs indochinois. Ce n’est qu’en 1952 que les derniers purent enfin revoir leur patrie, après douze années d’exil forcé. Environ un millier d’entre eux firent le choix de rester en France, le plus souvent parce qu’ils avaient rencontré une femme, et fondé une famille, comme Nguyen Van Thanh.

En février 1975 premier voyage au Vietnam après 35 ans d’absence, 2 mois avant que Saïgon ne tombe aux mains des communistes. Après la réunification, Thanh raconte comment ses frères et sœurs se retrouvèrent dépouillés de tout ; leur tentative de départ « en boat-people » . Et Tanh de s’interroger « Pourquoi s’enfuir de son pays pour aller endurer dans un autre la misère, le chômage et surtout le mépris ? »

La souffrance intime de l’exilé qu’est Thanh, ce fut moins son pays, son déclassement social, que sa famille… Son exil a provoqué avec elle une incompréhension qui en raison de ses choix politiques et de l’éloignement est devenue un mur infranchissable. « Je me résigne à prendre ce que ma famille m’accorde et à m’en contenter pour m’estimer comblé. »

Une page d’histoire peu connue, bouleversante à découvrir, qui interroge le passé de notre pays.

Marie-Antoinette

« Écoutez la mer »

Marie Cardinal

ph_ecoutezÉcrit en 1961-62, ce livre est un hymne à la patrie perdue où le sang coule rue Michelet, là où Marie est née. L’auteure y explique cette double appartenance culturelle, la France, un pays de rationalité, de cérébralité, et l’Algérie terre de la jouissance, des odeurs, des chants qui ont bercé l’enfance de la petite fille. Et puis bien sûr, il y a la mer omniprésente. Et les noms de ces plages sont comme une litanie, comme des grains de chapelet, les perles d’un collier qui ceinture la côte nord du pays algérois.

Elle raconte son amour pour un allemand, Karl, un être qui est un peu l’antithèse de cette méditerranéenne, spontanée, vif argent… Et pourtant, paradoxalement, c’est son amour pour Karl qui lui fait retrouver son pays perdu avec ses parfums de lauriers roses et de couscous, son soleil impitoyable et ses musiques rythmées par les derboukas et la petite flûte des bergers de la ferme.

Marie Cardinale « l’exilée absolue » : « Je suis une fille d’Algérie j’ai des rapports difficiles avec la France ». Chacun de ses ouvrages reprend sans cesse ce thème du pays natal et ce pays n’est pas la France !

Ainsi dans « Au pays de mes racines » : « Nécessité de partir là bas. D’y retourner. Là bas, l’Algérie, Alger. Pourquoi ? Ce ne sont pas les maisons que j’ai habitées qui m’attirent. Non, c’est quelque chose qui vient de la terre, du ciel, de la mer, que je veux rejoindre, quelque chose qui, pour moi, ne se trouve que dans cet endroit précis du globe terrestre ». « Vivre ailleurs cela a changé pour moi le sens du mot vivre. […] Il n’y a plus d’instants où je sois en parfaite harmonie avec le monde ».

Annie

Dans la mer il y a des crocodiles

Fabio Geda

ph_danslamerIl s’agit de l’histoire d’un petit garçon afghan Enaiatollah, de l’ethnie Hazara (chiites) persécutée par les Talibans et les Pachtounes (sunnites). Son père, il y a quelques années est mort assassiné dans son camion qui a été volé avec toutes les marchandises commandées et achetées pour les Pachtounes en Iran. Les Pachtounes le recherchent pour lui faire payer la dette du père en le réduisant en esclavage. Aussi, à son insu, sa mère le conduit et l’abandonne au Pakistan, pour qu’il puisse vivre libre, après lui avoir imposé 3 promesses : ne jamais prendre de drogues, ne jamais utiliser d’armes, ne jamais voler.

C’est le récit de 5 années d’errance : 1 an au Pakistan, 3 ans en Iran et une année pour rejoindre l’Italie en passant par la Turquie. Un livre sur la vie d’un garçon dont l’enfance se termine à 10 ans, le jour où il n’a plus de mère pour le guider, où il faut qu’il prenne des décisions pour lui. C’est un récit sur la peur de mourir, la peur d’être pris par la police et d’être torturé : il ne le sera pas, mais il connaîtra les postes de police.

Soumis à la volonté des passeurs, il fait route avec d’autres jeunes afghans comme lui mais la plupart du temps il est seul. Être seul est parfois payant, permet plus facilement la bienveillance de l’autre. C’est enfin la chance immense de trouver une famille italienne qui va l’héberger, lui permettre de faire des études et d’obtenir un permis de séjour. Un récit vivant, sans rancune, la survie avant tout, la peur mais aussi la prise en main de soi.

« Comment on trouve un endroit pour grandir, Enaiat ? Tu le reconnais parce que tu n’as plus envie de t’en aller. Bien sur il n’est pas parfait. Ça n’existe pas un endroit parfait. Mais il existe des endroits où, au moins, personne ne cherche à te faire du mal ».

« Un jour j’ai lu que le choix d’émigrer naît du besoin de respirer ».

Cécile

Ces chroniques littéraires ont fait l’objet d’une séance publique de Katulue organisée dans le cadre du jubilé de Carnoux-en-Provence. Retrouvez en le compte-rendu sur La Fourmiliaire, la radio web de la MJC d’Aubagne, dans ses chroniques de Brouillon de culture : à écoutez sans modération !

Alors, la vaccination, est-ce bien utile ?

26 octobre 2016

afficheconfvaccination« Vaccination : agression ou protection » tel était le titre de la conférence donnée par Annick Guimezanes et Marion Mathieu, invitées par le Cercle Progressiste Carnussien le jeudi 6 octobre 2016 au Clos Blancheton à Carnoux devant une trentaine de personnes.

Annick Guimezanes est chercheuse émérite à l’Inserm, plus précisément au Centre d’Immunologie à Marseille Luminy. Elle participe depuis 2009 à des formations en immunologie auprès d’associations de malades. Marion Mathieu est docteur en biologie, formatrice dans « Tous chercheurs », association qui s’est donnée pour mission d’initier le public à la démarche scientifique et au milieu de la recherche, sur des thèmes très variés tels que la vaccination, les essais cliniques, les tests génétiques, etc.

Les deux conférencières à Carnoux le 6 octobre 2016

Les deux conférencières à Carnoux le 6 octobre 2016

Si le principe de la vaccination reste constant, les vaccins, eux, ont beaucoup évolué et se sont diversifiés depuis les débuts. Dans le même temps la perception de la population vis-à-vis de la vaccination est passée d’un accueil positif à une solide implantation. Face à cette reconnaissance, on assiste depuis quelques années à la montée de réticences tant vis-à-vis des produits que du principe même de la vaccination généralisée.

phpasteurSi la première vaccination contre la variole, avec la vaccine des vaches par E. Jenner remonte à 1796, ce n’est que dans les années 1860-1870 avec L. Pasteur en France et R. Koch en Allemagne que l’on prend conscience qu’un microbe est responsable de la maladie (bactérie ou virus) et qu’on commence à mettre au point des vaccins grâce à l’injection de la maladie atténuée.

Un rappel du mécanisme de la réponse immunitaire a permis aux intervenantes de mieux faire comprendre la vaccination. La réponse immunitaire à une infection, se fait en deux temps  une réponse innée rapide mais peu spécifique puis une réponse adaptative, plus spécifique et qui garde la mémoire de cette première rencontre avec le microbe. Cette mémoire permettra de répondre beaucoup plus vite lors d’un nouveau contact avec le même microbe. Le principe de la vaccination utilise cette mémoire immunitaire et permet de s’immuniser avec un microbe atténué, pour répondre très vite et sans être malade si l’on est un jour en contact avec le vrai microbe (voir le schéma).

schemareponseimmunitaire

Il existe deux grands types de vaccins :

– les vaccins vivants atténués. Le microbe a été rendu moins virulent, pour créer chez la personne vaccinée, une infection avec peu ou pas de symptômes. C’est le cas en France pour plusieurs vaccins dirigés contre des virus : poliomyélite (vaccin oral), rougeole-oreillons-rubéole (ROR), varicelle… et une bactérie, la tuberculose ou bacille de Calmette et Guérin : BCG

– les vaccins non vivants ou inactivés. Ils peuvent contenir le microbe entier tué, des fragments de microbe ou la toxine produite par le microbe, qui est alors inactivée. Pour obtenir une meilleure réponse protectrice, depuis la fin des années 1920 des adjuvants ont été utilisés avec les vaccins non vivants qui constituent la plupart des vaccins.

livre-vaccinationBeaucoup de critiques et de méfiance proviennent de l’utilisation des adjuvants. Ces derniers sont nécessaires et on ne sait pas toujours comment ils interviennent. Les sels d’aluminium sont les plus anciens adjuvants utilisés depuis 1926. On sait depuis peu (2009) qu’ils stimulent la réponse du système immunitaire inné, en jouant le rôle du signal de danger. On les soupçonne aujourd’hui d’être, tout comme les déodorants à aluminium, plus ou moins associés à la myofasciite à macrophages, une maladie très rare caractérisée par des lésions musculaires infiltrées par des macrophages.  L’aluminium qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années reste l’adjuvant le plus utilisé, mais de nombreux autres adjuvants sont testés aujourd’hui, pour trouver la « perle rare » qui n’aurait pas d’effets secondaires.

Comment imaginer la couverture vaccinale : la notion d’immunité de groupe

notion-dimmunite-de-groupe

Ce tableau nous permet d’apprécier que dans une population vaccinée les risques de propagation d’une épidémie sont faibles, les non vaccinés étant protégés par les vaccinés. A cela il faut cependant ajouter que l’immunité n’est pas pérenne, il y a nécessité de faire des rappels. Aujourd’hui avec le recul on s’aperçoit que l’efficacité des vaccins est plus longue que prévue, et pour les rappels, on parle d’âges de vaccination après l’enfance : à 25, 45 et 65 ans.

dessinterrorismeDans la législation française, la confusion existe entre l’obligation et la recommandation des vaccins. C’est une opposition historique qui n’a aucune relation avec la gravité des maladies dont ils nous protègent. Les vaccins les plus anciens (diphtérie, tétanos et poliomyélite) sont obligatoires et exigés pour l’inscription des enfants à l’école, et les autres sont recommandés mais tout aussi importants. Le vaccin est un médicament tout à fait particulier. On a en effet le sentiment de prendre des risques alors qu’on n’est pas malade. On voit beaucoup moins clairement le rapport bénéfice/risque que pour un médicament classique.dessinrats

Dans ce climat de défiance on a fait ainsi la relation entre la vaccination de l’hépatite B et la sclérose en plaque (SEP). La campagne de vaccination qui ne devait concerner que les nourrissons et les enfants de 10/11 ans, a été étendue à un grand nombre de personnes. On a constaté un nombre de cas de SEP qui a paru anormalement élevé parmi les personnes vaccinées.

Depuis, de nombreuses études rétrospectives ont été menées sur cette relation possible. Le consensus actuel dans la communauté scientifique est une absence de causalité : si on compare une population importante de gens vaccinés et non vaccinés on trouve la même proportion de cas de SEP dans les deux populations (environ 1 personne sur 10 000). Quant à la relation entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole et l’autisme, il s’agissait d’une fraude scientifique. La publication relative à ce prétendu lien a été retirée et son auteur a été radié de l’ordre de médecins. Dans un cas comme dans l’autre, la première « information scandale » circule vite tandis que le résultat des études qui contredisent ces informations ne fait plus l’objet de l’attention du public !dessingrippea

Pour d’autres raisons, l’épisode de la grippe H1N1 particulièrement mal géré en France a contribué aussi à la perte de confiance dans la vaccination. La couverture vaccinale des personnes âgées, à risque pour la grippe est passée de 65% en 2008 à 50% en 2013. Alors que 90 % des français se déclaraient favorables à la vaccination en 2000, ils n’étaient plus que 60 % en 2010. Ne rejoint-on pas un comportement général essentiellement individualiste qui ne perçoit plus l’intérêt que l’on prenne un peu de risque pour une protection individuelle et collective ?

On a pu ainsi apprécier combien il était important d’avoir une remise à jour des informations sur des notions parfois trop rapidement mises à mal par des désinformations qui circulent souvent sur internet. Merci vraiment à nos deux conférencières

Après la réponse aux nombreuses questions du public, le verre de l’amitié nous a permis de poursuivre des échanges sur cette question et sur bien d’autres, naturellement !!!

Cécile Tonnelle

Rencontres Katulu ? autour de livres sur l’exil

24 octobre 2016

affichekatulu_29sept2016Ce sont plus de trente amateurs de lecture, parmi lesquels nous saluons la présence de madame Claude Dalmasso, directrice de la médiathèque Albert Camus de Carnoux, qui ont répondu à l’invitation du groupe KATULU ? du Cercle Progressiste Carnussien pour assister en cette fin d’après-midi du 29 septembre 2016 à la présentation par cinq des lectrices du groupe d’un livre récemment publié ou plus ancien traitant de l’Exil. Un événement organisé à l’occasion du jubilé de Carnoux.

Avec Le Cri des oiseaux fous de Dany Laferrière, Nicole Bonardo a relaté les dernières heures de l’auteur en Haïti avant son départ pour Montréal afin d’échapper aux milices de la famille Duvallier qui faisaient la chasse aux opposants, et notamment aux journalistes comme lui. Son roman, au-delà d’une épreuve personnelle, révèle toute la noblesse du peuple haïtien, population tant malmenée depuis de très nombreuses années.Reves oublies 9782757834350-crg.indd

Léonor de Récondo, dans Rêves oubliés, retrace l’itinéraire d’Ama qui fuit avec sa famille la guerre d’Espagne pour s’installer dans l’exil dans une ferme landaise et qui laisse en Espagne l’aïeul. Josette Jégouzo a su faire partager à l’auditoire à partir de cette fresque romanesque la douleur mais aussi l’énergie d’une famille déclassée socialement, qui tente cependant de vivre avec la peur et la nostalgie.

ph_danslamerCécile Tonnelle a choisi de présenter le roman du journaliste italien Fabio Geda Dans la mer il y a des crocodiles qui aborde la question de l’exil à partir du récit d’un jeune afghan que sa mère décide d’abandonner au Pakistan afin de le sauver et pour que de là il rejoigne des membres de sa communauté installés en Europe.

Le roman s’inscrit à la fois dans l’espace, depuis l’Afghanistan jusqu’en Italie en passant par la Turquie et la Grèce, et dans le temps puisque l’itinéraire suivi par Enaiatollah se déroule sur huit années. Ce texte nous donne à partager une épreuve humaine où le courage et la rage de vivre dominent.livresaigonmarseille

Le quatrième roman est présenté par Marie-Antoinette Ricard. Il s’agit de l’autobiographie de Nguyen Van Thanh, jeune vietnamien qui s’est engagé, en 1939, avec 20 000 de ses compatriotes « réquisitionnés de force » comme ouvriers pour faire fonctionner les poudreries dans le sud de la France. Intitulé Saïgon-Marseille aller simple, l’ouvrage nous permet d’abord de suivre un épisode douloureux qu’ont connu différents autochtones engagés dans les troupes françaises, mais aussi d’appréhender et souvent de découvrir comment s’est déroulé l’accueil de ces exilés dans les campagnes françaises. Une révélation qui a suscité de très nombreuses questions qui sont ô combien d’actualité.

ph_ecoutezEnfin, il est revenu à Annie Monville de faire revivre à partir de deux ouvrages de Marie Cardinale. Le premier, Écoutez la mer décrit comment l’auteure a difficilement vécu son déracinement de sa terre natale d’Algérie et combien la nécessité de ciel, de terre et de mer se faisait sentir depuis son installation en métropole. Le second, Les mots pour le dire, relate la démarche analytique suivie par Marie Cardinale pour tenter d’apaiser une douleur profonde et persistante.

Chaque présentation a croisé analyse et citation d’extraits afin de donner à l’auditoire envie de partager la lecture du ou des ouvrages retenus.

Les lectrices de Katulu ? lors de la séance du 29 septembre 2016

Les lectrices de Katulu ? lors de la séance du 29 septembre 2016

De cet après-midi consacré à des témoignages d’exil, ressortent des constantes : la nécessité d’échapper à un destin cruel, la douleur de ceux qui s’expatrient, douleur d’autant plus vive quand toute une famille ne peut être réunie dans cet exode, l’indispensable reconstruction après cette épreuve qui s’accompagne souvent d’un déclassement social, enfin le vécu de qualités d’accueil contrastées, des rejets mais heureusement aussi de très belles rencontres.

Les échanges qui ont suivi chaque présentation ont été denses et ont enrichi les propos par des citations d’autres auteurs traitant de la même question. Notons pour conclure que l’initiative de réunir des amateurs de lecture a dépassé les limites de la commune puisque nous avons enregistré la présence de membres de deux associations de lecteurs de Ceyreste.

Les débats se sont ensuite poursuivis autour d’un apéritif dinatoire offert par les membres du Cercle Progressiste Carnussien.

L’expérience est à renouveler.

Michel Motré

Retrouvez ce compte-rendu sur La Fourmiliaire, la radio web de la MJC d’Aubagne, dans ses chroniques de Brouillon de culture : à écoutez sans modération !

Land Art à Carnoux-en-Provence

22 octobre 2016

La jeune ville de Carnoux qui fête cette année son jubilé se verrait-elle honorée par une installation artistique récemment apparue en différents points de la ville ?Blog324_PhJubile

Depuis cet été, nous avons constaté le surgissement d’éléments métalliques ou de béton de couleur orange (couleur retenue avec le vert olive pour le visuel du jubilé) qui ponctuent un itinéraire depuis le quartier des Barles jusqu’aux abords de la départementale en direction de Cassis.

Quel artiste se réclamant du Land Art a-t-il pu ainsi œuvrer sur le territoire de notre commune ?

Pour information, le land art est une tendance de l’art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, eau, rocher, etc.). Le plus souvent, les œuvres sont en extérieur, exposées aux éléments, et soumises à l’érosion naturelle. Ce courant est apparu aux Etats Unis au début des années 1970.

Dans notre région et plus précisément sur un territoire proche de Digne les Bains, l’artiste Andy Goldsworthy a créé à partir de la fin des années 1990 un parcours jalonné par des constructions de pierres récoltées sur place,  intitulées Refuges, abris réels ou fictifs.

Andy Goldworthy, Sentinelle Vallée de l’Asse, 2001

Andy Goldworthy, Sentinelle Vallée de l’Asse, 2001

Dans le cas qui nous interroge, nous rencontrons une combinaison entre Land Art et sculpture avec une référence à des œuvres comme celle  ci-dessous d’Alain Kirili, Oratorio de 1988, qui est composée de plusieurs blocs d’aluminium forgé. Aluminium, bauxite…. Il y a peut-être là une piste à explorer ?

Oratorio, d’Alain Kirili, 1988

Oratorio, d’Alain Kirili, 1988

En s’approchant des objets surgis dans notre paysage urbain carnussien, nous découvrons que chaque objet, plutôt qu’un cartel comme c’est le cas dans les musées ou les galeries, porte une plaque qui  indique « Alteo, borne n°… » et la mention « conduite sous pression ».

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Alteo n’est pas le pseudonyme d’un artiste, c’est le nom de l’entreprise internationale dont l’usine de Gardanne a rejeté pendant de trop nombreuses années ses fameuses boues rouges en Méditerranée dans la fosse de Cassidaigne située au large de Cassis !

Pour informer les riverains des canalisations sur l’installation des bornes oranges, l’entreprise Alteo leur a adressé en août 2016 un courrier nominatif émanant du responsable Santé, Sécurité Environnement qui précise qu’ « Alteo s’est engagé à mettre en place des éléments de repérage de  cette canalisation » souterraine qui traverse notre ville « afin d’éviter tout risque de dégradation lors de travaux ».

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En effet, s’il n’y a plus de boues rouges qui circulent dans le sous-sol de Carnoux, il subsiste des eaux industrielles sodiques (PH12 environ dixit la note). Rappelons que le PH (potentiel hydrogène) de degré 12 est celui de l’eau de Javel !

Loin d’un parcours artistique, Alteo a mis en place différents éléments de repérage à caractère préventif, bases aériennes hors du sol, bornes en béton et plaques avec sous plaques, toutes équipées de plaques d’identité informatives.

Voila, l’énigme des bornes oranges est levée. Il ne s’agissait pas d’une intervention artistique, mais alors pourquoi ne pas envisager l’installation d’une véritable œuvre d’art contemporain à Carnoux ?

MM

Centre culturel : le droit de réponse du maire de Carnoux

20 octobre 2016

logoccIl avait été évoqué ici même  la situation très particulière du Centre culturel de Carnoux dont le nouveau président, par ailleurs conseiller municipal, est loin de faire l’unanimité au sein des équipes d’intervenants comme des usagers et membres de l’association. Comme il fallait s’y attendre, le maire de Carnoux a pris la mouche. Il a  téléphoné immédiatement au président du Cercle Progressiste Carnussien pour se plaindre que certains de ses concitoyens aient osé exprimé publiquement un regard un tant soit peu critique vis-à-vis de sa gestion municipale sur ce dossier et il nous a adressé un courrier virulent que nous nous empressons naturellement de reproduire in extenso, droit de réponse oblige.

Carnoux, le 18 octobre 2016

 

Monsieur le Président

CERCLE PROGRESSISTE CARNUSSIEN

 

Lettre RECOMMANDEE EN MAINS PROPRES

 

Monsieur le Président,

A la recherche de « sensationnel » et de lecteurs vous vous êtes autorisés à publier sur votre blog un article anonyme intitulé « Centre Culturel de Carnoux : la révolte gronde …» !

Il est dommage que votre argumentaire à partir de chiffres bruts glanés sur les documents budgétaires de la commune ait donné lieu à des conclusions hâtives non conformes à la réalité.

Il est aussi lamentable que vous vous attaquiez à un  homme actif certes mais dévoué à sa commune qui n’a que le tort d’être attentif à la bonne marche de l’association dont il est président et de ne point faire partie des gens « bien-pensants » que vous êtes censés représenter.

C’est pour ces raisons que je vous demande d’insérer dans votre blog l’ensemble de la présente en vertu de notre droit de réponse.

1/ Sur l’implication de la municipalité dans la gestion du Centre Culturel

Effectivement la municipalité et son maire sont impliqués dans le fonctionnement de l’association :

  • Juridiquement les statuts du centre culturel prévoient que le maire ou son représentant est participant de droit au Conseil d’Administration.

La nature de l’activité de l’association est en effet assimilable à un service public, financé en partie par des fonds publics et il serait irresponsable de ne pas « contrôler » le bon usage des subventions qui lui sont allouées.

  • D’une manière générale, le maire ou son représentant est « systématiquement » présent aux assemblées générales des associations chaque fois qu’il est invité, à plus forte raison à celle du Centre Culturel qui a pour mission d’offrir à la collectivité avec l’aide d’intervenants qualifiés, des activités culturelles diversifiées et de qualité.

2/ Sur les « généreuses » subventions allouées par la municipalité au Centre Culturel

Avant de tirer quelques conclusions erronées, il est nécessaire de préciser qu’il s’agit de subventions d’équilibre fixées en fonction des activités déployées, du nombre d’adhérents et des besoins chiffrés au plus juste. C’est ainsi que celles-ci peuvent varier aussi bien à la hausse qu’à la baisse suivant les années.

L’objectivité élémentaire eut été d’indiquer que si en 2012 le montant de la subvention était de 60.000 €, il était en 2013 de 86.000 €, en 2014 de 72.000 € et en 2016 effectivement de 82.000 €.

Je suis surpris que le Cercle progressiste trouve excessif cette somme de 82.000 € pour le développement d’une politique culturelle au service de plus de 500 usagers !

En 2016, il faut signaler la prise en charge financière par le centre culturel de l’opération « orchestre à l’école » appréciée par les enseignants, les élèves et leurs familles.

Enfin l’auteur anonyme de l’article fait des comparaisons hasardeuses entre les subventions versées au centre culturel par rapport à celles versées à l’ensemble des associations.

Il ne suffit pas d’affirmer pour être crédible.

Il est dit qu’en 2012 l’ensemble des subventions s’élevait à 356.770 € et en 2016 à 205.210 € « rigueur budgétaire oblige ! ».

Or l’objectivité sinon l’honnêteté eut été de souligner que depuis 2012 186.000 € ne sont plus versés en raison – soit d’une réorganisation, c’est le cas des activités de l’OMS prise en charge intégralement sur le budget communal pour un total de 178.000 € – soit d’un arrêt d’activité total ou partiel d’autres associations pour un total de 8.000 €.

Avec ces corrections le total des subventions versées en 2012 est ramené à 170.770 € contre    205.210 € en 2016 !

3/ Sur le fonctionnement du Centre Culturel

Si l’auteur anonyme de l’article était mieux informé, il n’aurait pas laissé entendre que la gestion du centre culturel était opaque.

Celle-ci est en effet discutée par le bureau, validée par le conseil d’administration et exposée à l’assemblée générale.

Le budget et les résultats financiers sont présentés par la trésorière de l’association à chaque assemblée générale et les documents sont consultables par les adhérents.

Enfin en s’attaquant d’une façon éhontée à la personne du président « un tel personnage » en évoquant sa vie professionnelle, élective et associative, en le qualifiant de « Staline », l’auteur anonyme se disqualifie de lui-même  ainsi que ceux qui ont relayé ses dires.

Monsieur Frédéric ROUQUET, puisqu’il s’agit de lui, en guise de pétition a reçu, depuis la distribution de l’article sous forme de tracts, des témoignages de soutien et de sympathie de la part de nombreux professeurs et intervenants de ce même Centre Culturel !

Oui Carnoux peut être fier de son Centre Culturel qui après avoir été entièrement rénové va bientôt s’enrichir d’une nouvelle salle de chants.

C’est grâce à la Collectivité, aux bénévoles du Conseil d’Administration, à son Président, aux personnels et aux adhérents de plus en plus nombreux qu’il est devenu un pôle majeur de la culture, n’en déplaise à ceux qui tiennent inutilement des propos désobligeants voir diffamatoires.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.

Jean-Pierre GIORGI

Maire

 

On ne saurait trop remercier le maire de Carnoux pour ce courrier très explicite qui confirme point par point la véracité de tous les chiffres énoncés dans l’article paru sur notre blog. On regrettera néanmoins qu’après ce long plaidoyer aussi argumenté on ne soit toujours pas en mesure de connaître le budget effectif du Centre culturel de Carnoux. Loin de nous l’idée saugrenue de penser que cela pourrait confirmer cette légère impression d’opacité évoquée dans l’article, mais nous regrettons néanmoins que la municipalité n’ait pas profité d’une telle occasion pour apporter quelques précisions à ce sujet. Réjouissons-nous enfin que cet article ait pu être l’occasion de déclencher d’aussi nombreuses marques d’affection et de soutien envers le président du Centre culturel dont nous avions sans doute mal apprécié l’immensité du talent et en tout cas la solidité des soutiens politiques dont il dispose !

Rappel : conférence sur la vaccination !

5 octobre 2016

C’est demain soir, jeudi 6 octobre à 18h30, que se tiendra la prochaine conférence du Cercle Progressiste Carnussien sur le thème suivant : Vaccinations : agression ou protection ?

Compte tenu de l’importance de ce sujet à un moment où l’absence de vaccination engendre des conséquences en matière de santé publique, et alors que certains s’interrogent sur les éventuels effets secondaires des vaccinations, ce sera l’occasion de dialoguer avec les deux intervenantes, Annick Guimezanes, immunologiste et chercheuse honoraire INSERM, et Marion Mathieu, formatrice scientifique, qui tenteront de répondre à toutes les questions que chacun se pose.
afficheconfvaccination
Alors venez nous rejoindre pour cette conférence gratuite à 18H30 dans la salle du clos Blancheton à Carnoux !

Le Cercle Progressiste Carnussien a un nouveau président !

5 octobre 2016

logocpcLe Cercle Progressiste Carnussien vient de tenir son assemblée générale annuelle, samedi 17 septembre 2016, dans la salle du Clos Blancheton à Carnoux. Le rapport moral a été présenté par la présidente, Cécile Tonnelle, et le rapport financier a fait l’objet d’un exposé par Josette Manforti, trésorière de l’association. Ces deux rapports ont été validés à l’unanimité.

Suite au renouvellement des membres sortants, le nouveau Conseil d’administration a été constitué et il a élu un nouveau bureau. La présidente Cécile Tonnelle souhaitait en effet passer la main au terme de huit ans de mandat, ainsi que le vice-président Marc Vincent, appelé à de hautes responsabilités professionnelles en Ile de France.

Les membres du Conseil d’administration remercient Cécile Tonnelle pour la qualité de son action, d’abord comme vice-présidente puis  présidente, action à laquelle ils associent son prédécesseur Jacques  Boulesteix qui a eu l’initiative de la création du CPC en 2001.

Ils saluent aussi le vice-président sortant, Marc Vincent, qui poursuivra avec la même détermination son rôle de webmestre, de rédacteur et de concepteur d’affiches ou de journaux.

L'ancien et le niuveau bureau du CPC : à gauche, Michel Motré, nouveau président de l'association

L’ancien et le nouveau bureau du CPC : à gauche, Michel Motré, nouveau président de l’association

Enfin, ils enregistrent les candidatures de l’actuel secrétaire Michel Motré à la présidence, de Marie-Antoinette Ricard à la vice-présidence et de Charles Marcarelli au secrétariat, Josette Manforti poursuivant sa mission de trésorière. Tous s’engagent à porter les valeurs qui fondent notre engagement associatif : éthique de responsabilité,  justice sociale et progrès,  sens de la préservation de  notre santé et notre cadre de vie, dans ses dimensions économiques et écologiques.

Quel apport pour le CPC ?

Pour répondre à cette interrogation, reprenons les grandes lignes des statuts du CPC :

Le Cercle Progressiste Carnussien est porteur des valeurs de la société citoyenne et de toutes les idées progressistes dans leur diversité et leur richesse. Créé en 2001 avec le statut d’association Loi 1901, il se propose de promouvoir les idées progressistes.

Rappelons au passage que l’idée de progrès est liée, sur le plan philosophique, à une tendance profonde des Lumières (XVIIIème siècle) qui pensaient pouvoir transformer le monde à partir de la diffusion de connaissances dotant les êtres humains des moyens intellectuels nécessaires à la mise en cause et à la transformation de la société d’Ancien Régime …et cela demeure une acception valide !

Le progressisme à l’heure actuelle s’attache à défendre des idéaux comme l’égalité entre les humains, quels que soient leurs origines, leurs nationalités et leur sexe, ainsi que  la laïcité. Dans le domaine économique, il défend les valeurs sociales et écologistes.

Philosophiquement, les courants progressistes prônent l’humanisme et le rationalisme. En quelques mots,  progressiste s’oppose à réactionnaire.

Les objectifs du CPC sont les suivants :

  • favoriser l’information, la participation et les rencontres entre citoyens,
  • créer des lieux permanents de débats relatifs à l’évolution de la Société, tant sur les aspects sociaux, culturels, éducatifs, économiques que sur les grands enjeux planétaires,
  • développer la démocratie participative.

Quelles missions pour le nouveau bureau élu ?

  • Poursuivre et si possible amplifier le travail en équipe qui réunit des adhérents aux parcours personnels et professionnels riches ;
  • Consacrer un large temps pour chacune de nos réunions mensuelles au traitement d’une question (économique, sociétale….) sur laquelle un ou plusieurs adhérents auraient au préalable réfléchi (par exemple, l’article de J. Stiglitz intitulé Zone Euro : la réforme ou le divorce paru récemment dans Les échos) ;
  • Diversifier les formes de rencontres entre citoyens à l’instar de la séance ouverte de KATULU ? sur le thème de l’exil ;
  • Proposer des sujets de réflexion (conférences ou autres) qui concernent des publics larges avec une attention portée à la jeunesse ;
  • Faire infuser la démocratie participative au-delà des adhérents du CPC… en manifestant par des rencontres, des visites, notre intérêt pour le monde du travail et l’action des associations.

Quinze ans après sa création, le Cercle Progressiste Carnussien est toujours aussi actif et ne manque pas d’idées pour poursuivre sa mission !

Michel Motré

Centre culturel de Carnoux : la révolte gronde…

28 septembre 2016

logoccLe Centre culturel de Carnoux-en-Provence, comme la plupart des structures similaires dont le modèle a été largement inspiré en France des Maisons de la Culture créées par André Malraux, alors ministre de la Culture, est une association loi 1901 dont le fonctionnement est néanmoins étroitement contrôlé par la municipalité. Ses locaux, qui ont d’ailleurs fait l’objet récemment d’un sérieux lifting entièrement financé sur fonds publics, appartiennent à la ville et sont mis gratuitement à disposition de l’association pour son usage exclusif, la commune se chargeant également à ses frais de leur entretien.phcentreculturel

Quant au fonctionnement du Centre culturel lui-même, il est très largement subventionné par la commune qui lui a octroyé pour l’exercice 2016 une généreuse subvention de 82 000 €, votée en conseil municipal le 7 avril 2016 et représentant près de la moitié du total des subventions versées par la commune à l’ensemble des associations de Carnoux (205 210 €). Cette subvention attribuée au Centre culturel prend d’ailleurs une place croissante dans la part du budget alloué chaque année aux associations carnussiennes. En 2012, son montant s’élevait à 60 000 € alors que le montant total des subventions accordées à une quarantaine d’associations carnussiennes atteignait 356 770 €. Depuis, ce montant global des subventions aux associations a été presque divisé par deux, rigueur budgétaire oblige, mais le montant versé annuellement au Centre culturel a été augmenté de plus d’un tiers en 4 ans !

Ces chiffres confirment clairement que le Centre culturel de Carnoux fait l’objet d’un traitement très privilégié parmi les  plus de 110 associations actuellement répertoriées sur la commune et listées sur le site internet de la mairie (dans un joyeux désordre, permettant à nombre d’entre elles d’être recensées à la fois comme associations sportives, culturelles, de quartier, caritatives, etc.).

Passation de pouvoir au Centre culturel (extrait du Bulletin municipal de Carnoux - juillet 2015)

Passation de pouvoir au Centre culturel (extrait du Bulletin municipal de Carnoux – juillet 2015)

Mais la forte implication de la municipalité dans la gestion de cette association se manifeste aussi par la proximité de ses dirigeants avec l’exécutif municipal. L’ancien président du Centre culturel, Gérard Lambert, resté pendant 13 ans à ce poste, est l’époux de Danièle Lambert, ancienne adjointe à la Communication et toujours conseillère municipale. Le maire Jean-Pierre Giorgi, est systématiquement présent aux assemblées générales de l’association et c’est lui qui a orchestré le changement de président, fièrement affiché dans le bulletin municipal de juillet 2015 et annoncé en grandes pompes lors du spectacle de fin d’année en juin.

Frédéric Rouquet, conseiller municipal et nouveau président du Centre culturel

Frédéric Rouquet, conseiller municipal et nouveau président du Centre culturel

Devenu effectif il y a tout juste un an, en septembre 2015, ce changement de président fait quelque peu grincer des dents l’équipe constituée d’une vingtaine d’intervenants, pour la plupart disposant d’un simple statut d’auto-entrepreneurs, qui animent les 27 activités actuellement proposées aux quelques 650 adhérents que revendique le Centre culturel. Le nouveau président n’est autre en effet que Frédéric Rouquet, par ailleurs conseiller municipal délégué aux affaires scolaires et au site internet. On ne saurait mieux exprimer en effet la main mise de la municipalité sur cette structure associative dont on serait bien en peine en revanche de connaître, ne serait-ce que le montant de son budget et la répartition de ses charges, éléments qui ne sont pas communiqués aux membres de l’association.

Le nouveau président, par ailleurs responsable de la salle de cinéma des Trois-Palmes à la Valentine, n’est certes pas un inconnu des Carnussiens, après avoir trusté pendant des années le rôle de représentant PEEP des parents d’élèves au fil de la scolarité de ses trois enfants, d’abord au groupe scolaire Frédéric Mistral, mais aussi au collège des Gorguettes et au lycée Méditerranée. Les enfants étant par ailleurs amateurs de percussions, il va de soi qu’un tel personnage ne pouvait laisser passer l’occasion de s’immiscer également dans la gestion du Centre culturel et c’est donc tout naturellement qu’il en a pris la présidence après s’être fait élire conseiller municipal.

L'équipe d'intervenants du Centre culturel autour du président

L’équipe d’intervenants du Centre culturel autour du président

Un tel dévouement à la cause publique force l’admiration ! A ceci près que l’activisme autoritaire du nouveau président commence à faire jaser. Ses prestations en Monsieur Loyal lors des spectacles de fin d’année pourraient simplement prêter à sourire si elles ne s’accompagnaient en parallèle d’une volonté hégémonique de vouloir régenter lui-même l’ordonnancement du spectacle et le choix des élèves autorisés à se produire, sans tenir compte le moins du monde de l’avis des enseignants. Après seulement un an d’activité à la tête de l’association, cette volonté d’ingérence systématique lui a d’ailleurs valu en interne le doux sobriquet de Staline, un surnom flatteur dans certains milieux mais pas forcément dans le monde feutré de la culture carnussienne…

Les fortes augmentations de tarifs décrétées unilatéralement en début d’année, les clauses abusives de non-concurrence imposées aux intervenants, les oukases interdisant désormais aux enseignants d’accepter des cours individuels de 3/4 d’heure pourtant mieux adaptés à certains niveaux et pour certaines disciplines, toutes ces décisions imposées de manière rigide et sans concertation ni réelle justification, finissent par lasser tant le personnel enseignant que les usagers du Centre culturel, même les mieux disposés à son égard.

Faudra t-il donc attendre la prochaine assemblée générale de l’association pour mettre un terme à une erreur de casting aussi flagrante ? Faut-il que les membres de l’association et le personnel enseignant expriment ouvertement leur mécontentement face à un mode de direction aussi obtus et contre-productif, quitte à organiser une pétition ? Le Centre culturel fait partie des outils dont la commune peut être fière et il serait dommage d’en casser ainsi la dynamique du fait du comportement quelque peu narcissique de son président actuel.

Des usagers du Centre culturel

Après avoir lu cet article, n’oubliez-pas de lire aussi le droit de réponse du maire de Carnoux !

Vaccination : agression ou protection ?

24 septembre 2016

Tel est le sujet de la prochaine conférence qui est organisée par le Cercle Progressiste Carnussien et qui se tiendra à Carnoux-en-Provence, le jeudi 6 octobre 2016 à 18h30 dans la salle du Clos Blancheton, située en haut de la rue Tony Garnier, derrière la mairie. Librement accessible à tous, cette conférence destinée à un large public abordera toutes les questions que chacun se pose au sujet de la vaccination, enjeu essentiel en matière de santé public mais aussi source de controverses et de peurs plus ou moins rationnelles.

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Voici un petit aperçu des principaux thèmes qui seront abordés lors de cet échange :

Qu’est-ce que la vaccination ? De quoi sont faits les vaccins ? Comment nous protègent-ils ? Qu’est-ce que la couverture vaccinale ?

livre-vaccinationLa vaccination occupe une place particulière dans le paysage biomédical par les débats qu’elle suscite. En effet, si le principe de la vaccination reste constant, les vaccins eux, ont considérablement évolué et se sont diversifiés depuis leurs débuts. Dans le même temps, la perception de la population à l’égard de la vaccination est passée successivement de débuts héroïques, à une solide implantation dans le paysage sanitaire, et aujourd’hui à la montée de réticences d’une partie de la population tant vis-à-vis des produits que du principe même d’une vaccination généralisée.

Si ces questions vous intéressent, cette conférence est l’occasion d’en savoir plus sur le fonctionnement du système immunitaire, sa réaction à une infection. La conférence sera animée par Annick Guimezanes, chercheuse honoraire à l’Inserm, au Centre d’Immunologie de Marseille Luminy, et Marion Mathieu, biologiste, formatrice scientifique de l’Association Tous Chercheurs*, à Luminy. Cette conférence sur les vaccins est née d’une demande de patients atteints de maladies auto-immunes, qui ne trouvaient pas de réponses à leurs questions sur la vaccination : elle a été donnée dans le cadre des Séminaires Ketty Schwartz organisés par l’Inserm pour informer les membres d’associations de malades.livre-vaccination-2

Après avoir rappelé ce qu’est une infection et comment fonctionne le système immunitaire, elles vous raconteront comment sont fabriqués les vaccins, quel est le rôle des adjuvants, et nous évoquerons les controverses récentes autour de la vaccination.

Au moment où des informations contradictoires circulent sur les vaccins, cette conférence dressera un état des lieux de la vaccination et vous donnera des clés de compréhension sur la vaccination

Cette rencontre abordera les aspects biomédicaux mais aussi les aspects historiques et sociétaux qui entourent la question de la vaccination.

Annick Guimezanes et Marion Mathieu

 

 

*L’association Tous Chercheurs, située sur le Campus Universitaire de Luminy, a pour projet d’initier un large public à la démarche scientifique. Elle reçoit des lycéens et des patients dans des locaux dédiés permettant au public d’expérimenter, pour mieux comprendre.

Mais que faisait donc Tony Garnier à Carnoux ?

19 septembre 2016

Chacun à Carnoux-en-Provence a déjà entendu le nom de Tony Garnier qui a donné son patronyme à une salle municipale, une rue et maintenant au parc qui vient d’être aménagé en plein centre ville, en lieu et place de l’ancienne galerie marchande désuète et vétuste, construite en 1960 entre l’église et la mairie de Carnoux. Mais qui à Carnoux sait réellement qui était ce fameux Tony Garnier et en quoi il a marqué d’une telle empreinte indélébile l’histoire de la jeune commune qui vient tout juste de fêter son premier cinquantenaire ?

Le nouveau Parc Tony Garnier à Carnoux

Le nouveau Parc Tony Garnier à Carnoux

Ce n’est en effet ni un de ces pionniers qui ont aménagé ce vallon suite à leur rapatriement forcé d’Afrique du Nord, ni un ancien maire de la commune comme Jean Chaland qui a laissé son nom à un autre jardin public de la ville, ni même un de ces anciens officiers de l’armée coloniale, le maréchal Lyautey en tête, dont on retrouve les noms sur nombre de plaques de rue carnussiennes.

L'architecte Tony Garnier

L’architecte Tony Garnier

A Lyon, en revanche, chacun connaît Tony Garnier, un enfant du pays, qui y est né en 1869 et y a passé l’essentiel de sa vie. Cet architecte a remporté en 1899 le premier grand prix de Rome, ce qui lui a valu un séjour très prisé à la fameuse Villa Médicis à Rome, séjour durant lequel il imagine son projet de Cité industrielle, une forme urbaine idéale en béton armé et en verre, destinée à héberger 35 000 habitants et conçu dans le plus pur esprit des utopies socialistes du XIXème siècle.

Vue aérienne de la halle Tony Garnier à Lyon

Vue aérienne de la halle Tony Garnier à Lyon

L’arrivée à la mairie de Lyon du radical Edouard Herriot en 1905 lui permet de lancer ses premières grandes réalisations. C’est notamment lui qui érige la fameuse halle en structure métallique de 210 m de longueur qui porte toujours son nom et qui servit longtemps d’abattoirs pour l’agglomération lyonnaise. Classée monument historique en 1975, elle est toujours debout et a été reconvertie en salle polyvalente et lieu d’exposition.

Vue aérienne récente de l'hôpital Edouard Herriot

Vue aérienne récente de l’hôpital Edouard Herriot

A partir de 1911, c’est le même Tony Garnier qui s’attelle à la construction de l’hôpital Grange-Blanche, qui reste à ce jour le plus grand complexe hospitalier de la métropole lyonnaise, après avoir été rebaptisé du nom de l’ancien maire Edouard Herriot. Conçu sous forme de multiples pavillons spécialisés reliés entre eux par des coursives souterraines, cet hôpital est toujours fonctionnel près d’un siècle après son achèvement.

Le stade de Gerland peu après sa construction

Le stade de Gerland peu après sa construction

Et ce n’est pas tout car on doit aussi à cet architecte lyonnais la réalisation du célèbre stade de Gerland, toujours exploité même si l’Olympique Lyonnais a désormais déménagé pour investir le nouveau stade construit à Décines à l’occasion de l’Euro 2016.

La cité des États-Unis à Lyon

La cité des États-Unis à Lyon

C’est lui encore qui a conçu et réalisé, entre 1919 et 1933, le fameux quartier des États-Unis, dans le 8ème arrondissement de Lyon. Un ensemble urbain pour revenus modestes, inauguré en même temps que le quartier des Gratte-ciel à Villeurbanne, encore habité de nos jours et où a été récemment installé un musée urbain en son honneur, qui retrace son parcours et ses réflexions d’urbaniste précurseur. Son style dépouillé et très fonctionnel inspirera d’ailleurs largement les urbanistes soviétiques de la période stalinienne.

On ne s’attend donc pas nécessairement à ce qu’un tel personnage soit autant célébré dans une ville comme Carnoux, aussi loin de ses terres de prédilection ! La raison d’un tel engouement des habitants de Carnoux en faveur de cet architecte et urbaniste lyonnais réside en réalité dans le fait que Tony Garnier est venu passer les dernières années de sa vie à l’hôtellerie de la Crémaillère où il est mort en janvier 1948… A l’époque, la ville de Carnoux n’existait pas encore et l’ancienne bâtisse du XVIIème siècle, autrefois utilisée comme relais de diligence et alors reconvertie en hôtel, se trouvait à cette époque sur le territoire de Roquefort-La Bédoule.

L'hostellerie de la Crémaillère à Carnoux, où Tony Garnier a fini ses jours

L’hostellerie de la Crémaillère à Carnoux, où Tony Garnier a fini ses jours

L’architecte n’est d’ailleurs même pas enterré ici puisque ses restes ont été rapatriés à Lyon dès 1949 et reposent désormais au cimetière de la Croix-Rousse. Il n’en demeure pas moins que sa villégiature provençale au soir de sa vie aura suffi à ancrer fortement la mémoire de ce personnage dans l’imaginaire carnussien au point de voir son nom omniprésent dans la commune. Comme quoi, la renommée post-mortem ne tient parfois qu’à un fil…

L.V.  LutinVert1Small

Katulu ? fête à sa manière le jubilé de Carnoux

13 septembre 2016

Katulu ? est un « groupe de lecture » créé en 2008 à l’initiative de Maggy Portefaix, institutrice retraitée, et de deux de ses amies, « les deux Josette ».

Son objectif :    « A Katulu ? nous désirons partager nos plaisirs de lecture et nous donner mutuellement envie de lire. Aucun genre de livre n’est exclu, aucun plaisir contesté. Chacun est libre ». Ainsi s’est défini ce groupe, qui au fil du temps s’est élargi à une dizaine de membres.

Avec le départ de Maggy Portefaix de Carnoux, en octobre 2011, Katulu ? est devenu une des activités du Cercle Progressiste Carnussien.

Les réunions de « Katulu ? » se poursuivent chaque mois avec une grande régularité et la présence à chaque séance de 6 personnes au minimum, dans une salle prêtée par la municipalité.

Chacun présente un livre qu’il a lu avec esprit critique souvent positif mais parfois négatif aussi et fait un compte-rendu, lequel est diffusé sur le présent blog du CPC, depuis 2013.

C’est une cinquantaine de livres qui est ainsi évoquée chaque année au sein du groupe.

Depuis sa création, 49 numéros de Katulu ? ont été édités, regroupant les comptes-rendus des livres et des réunions. Ces journaux ont été reliés en 3 volumes pour les années 2008-2011, 2012-2013 et 2014-2015, consultables par ceux qui le souhaitent. Un répertoire de tous les livres présentés depuis 2008 a été réalisé par ordre alphabétique d’auteurs avec référence au numéro de Katulu ? où se trouve le compte-rendu correspondant.

Les réunions de « Katulu ? » où règne une ambiance sympathique et une bonne humeur sans faille, sont des moments d’enrichissement, de culture, de détente… Des moments où il fait bon se retrouver, discuter, échanger… sur les livres mais aussi sur mille et un autres sujets : spectacles, théâtre, opéra, cinéma, parfois politique ou tout simplement des « choses de la vie ».

Nous avons aussi prolongé nos rencontres en nous retrouvant aux retransmissions cinématographiques des ballets et opéras du Royal House Opera ou du Met de New-York diffusées soit à l’Artéa soit dans les deux cinémas d’Aubagne avec, alors, co-voiturage assuré depuis Carnoux !

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A l’occasion du Jubilé de Carnoux-en-Provence une réunion publique est proposée jeudi 29 septembre à 18 h au Clos Blancheton. Cinq livres seront présentés autour du thème de « l’exil ». Des époques, des auteurs, des histoires de vie, tous différents, un tour du monde où des hommes, face à la dictature ou la guerre, ont dû « renaître » et donnent une très grande leçon de courage, de force vitale et d’optimisme, comme l’ont fait les « créateurs » de Carnoux. Une manière de leur rendre hommage, 50 ans après la création de notre commune, nous tous qui avons trouvé dans cette petite ville, la possibilité de créer notre « nid ».

Marie Antoinette Ricard

KATULU ? n°49

21 juillet 2016

n 49De nouvelles analyses de la part du groupe de lecture Katulu ? pour sa réunion de mai-juin 2016. Retrouvez l’intégralité des articles dans le compte-rendu complet (Katulu49). Et n’hésitez-pas à venir découvrir le groupe de lecture qui organisera le 29 septembre prochain à Carnoux une séance spéciale de découvertes de livres sur le thème de l’exil, dans le cadre des festivités du jubilé de Carnoux-en-Provence : une séance exceptionnelle ouverte à tous !

 

A la grâce des hommesPh1_LivreKent

Hannah Kent

 

Selon l’auteur, l’histoire personnelle d’Agnés Magnusdottir « C’est ma tentative de faire de la poésie, c’est mon hymne maladroit aux montagnes à la lumière à l’hostilité et à la grâce de l’Islande ».

Agnès Magnusdottir est accusée avec deux autres personnes d’un crime commis sur la personne de Nathan Ketilsson, mi-sorcier, mi-guérisseur, chez qui elle vivait. Abandonnée par sa mère à l’âge de huit ans, sans père, rejetée par la communauté, elle a dû survivre sans aide, sans liens familiaux, ballottée d’une famille à une autre, placée de ferme en ferme pour des travaux les plus pénibles. Elle rencontre Nathan qui lui prodigue un peu d’intérêt, mais lui-même étant instable, la situation va dégénérer jusqu’à l’incendie de la maison et au crime dont Agnès est accusée.

L'auteur, Hannah Kent

L’auteur, Hannah Kent

Dans l’attente du jugement, elle est conduite dans une ferme isolée où sa venue va bouleverser le quotidien du couple de fermier, de leurs deux filles et des domestiques. Ils remplissent leur devoir envers la Loi et l’Église. La justice suit son court et rien ne va pouvoir l’arrêter. Les accusateurs n’auront jamais cherché à savoir les faits réels et l’ont condamnée dès le début pour l’exemple.

On retiendra de cette histoire la dure vie des paysans au début du 19ème siècle,  harassés par le travail de la terre dans une nature hostile mais pour qui l’importance de la religion et le respect de la loi sont primordiaux. A cette époque en Islande, l’Église avait un rôle plus social que spirituel : responsable de l’éducation (la majorité des habitants était instruite), des problèmes de pauvreté, des naissances, des orphelins et des besoins administratifs.

Une histoire prenante par l’intensité de ce drame, par la dureté des hommes, par la vie de cette femme meurtrie, touchée par la malchance et programmée pour vivre cet enfer.

                                                                                                          Suzanne

 

 

Suite française

Irène Némirowsky

Ph3_LivreSuiteL’auteur, née en 1903 à Kiev et décédée en 1942 à Auschwitz, est une romancière russe d’origine ukrainienne et de langue française. Son père, un riche banquier ukrainien, s’installe avec sa famille à Paris en 1919.

Suite française est une photo sur le vif de l’exode en juin 1940 puis de l’occupation allemande. La première partie est une peinture acide des familles sur les routes, les villages envahis par les femmes et les enfants épuisés, affamés, luttant pour obtenir la possibilité de dormir sur une simple chaise, pour avoir de l’essence alors que c’est la pénurie. Des grands bourgeois qui ne supportent pas de partager l’essentiel avec la populace.

L’arrivée des Allemands victorieux est outrageuse, humiliante pour les français vaincus.Elle n’est pas sans mettre en évidence l’ambiguïté des positions des français entre les défaitistes et ceux qui veulent résister.

La seconde partie s’attarde à décrire le statut ambigu des relations entre quelques familles françaises et les troupes allemandes qui se sont installées chez elles. Beaucoup de méfiance de la part des français, mais le temps passant les relations humaines se nouent, chacun cherchant à définir un modus vivendi acceptable, sans perdre la face.

Adaptation au cinéma du livre

Adaptation au cinéma du livre

On suit plus précisément l’histoire de deux familles, l’une propriétaire de terres, l’autre qui les cultive. Les deux familles devront collaborer pour sauver la peau du jeune paysan, enfui d’un camp de travail en Allemagne et qui, ne pouvant supporter la présence des Allemands dans sa maison, va jusqu’à tuer un officier allemand. La solidarité entre Français contre les Allemands est forte et dépasse les barrières sociales. L’humiliation engendre la résistance.

C’est un livre toute en finesses qui décrit l’âme humaine avec ses nuances de gris, du blanc au noir, dans le milieu populaire comme chez les bourgeois. Pas vraiment de héros exemplaires mais des hommes et des femmes avec quelques gestes de générosité mais surtout d’égoïsme, de jalousie, de frustrations, beaucoup de solitude, dans une impasse totale pour le futur. Ce n’est pas un livre qui fait rêver, mais qui traduit bien cette France des années 40/41 dont on n’est pas très fier. Mais ferions-nous mieux aujourd’hui ?

Cécile

 

 

Ahlam

Marc Trévidic

Ph5_LivreAhlamLes faits se déroulent dans les années 2006-2012. Un peintre français réputé, Paul Arezzo, débarque en Tunisie aux Kerkennah, « l’Archipel est un petit paradis pour qui cherche paix et beauté », prés de Sfax, le pays étant alors gouverné par Ben Ali.

Il achète une propriété au bord de l’eau et se lie avec Farhat, un pêcheur, Nora sa femme et leurs deux enfants : Issam un garçon et une fille Ahlam, enfants d’une dizaine d’années. Cette famille vivait à l’Occidentale, grand-mère et mère étaient professeurs alors qu’à « Akerkennah les hommes sont pêcheurs et les femmes agricultrices ». Nora tomba malade et mourut à Paris, Paul leur ayant proposé de la faire soigner en France. Mais il réalisera plus tard qu’ainsi il avait privé les siens de ses derniers instants.

Paul se sent responsable de l’éducation des enfants : « Issam voulait apprendre la peinture et Ahlam la musique ». « Sachant qu’il existe un lien cosmique entre les arts, en tout cas entre la musique et la peinture »,  Paul décida à travers eux de réaliser son propre rêve : créer une inter-action entre les sons et les couleurs primaires, établir des règles artistiques. Issam jouait, sa sœur peignait sur le rythme, le son.

L'ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic

L’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic

Après plusieurs d’années consacrées à l’étude, les enfants devenus de véritables artistes, Paul imaginait une tournée mondiale sponsorisée par un Américain. Mais c’est la rupture : Issam à l’insu de sa famille s’est rapproché des Salafistes, et sous prétexte de suivre des études à Sfax, est formé et devient un membre actif de la branche AL-Quaida.

Les influences sur le jeune homme, les maladresses de Paul à son égard, l’ambiance suivant la déchéance de Ben Ali, tout est analysé avec finesse et précision. Le livre, dès lors, décrit la montée de l’Intégrisme religieux en Tunisie, « la Révolution de jasmin » « trop laïque et démocratique », le djihad, les assassinats aveugles, les violences machistes contre les femmes… Livre précis, documenté…

Le drame est au cœur de cette deuxième partie du roman… qui se termine sur une note d’espoir malgré tout !

                        Josette J.

 

La montagne ensommeillée

Contes d’une enfance andine

Alvaro Escobar Molina

Ph7_LivreMontagneLa montagne ensommeillée est composée d’une suite de contes indépendants qui sont comme des incantations à un monde disparu. Quelques titres de chapitres : Les cadeaux de la pleine Lune, La solitude mon fleuve, Les trois Dames, Ce que racontaient les tantes.

Ces titres permettent déjà de situer la place majeure de la Nature, la place de la famille avec ses traditions et ses liens si forts. Le sujet du livre est d’abord le récit d’une enfance, celle de l’auteur quelque  part en Colombie, à l’ombre de la Montaña Madre

Ce livre évoque avec une émotion contenue l’exil, la dépossession de la terre des ancêtres, la migration forcée de la terre natale, entraînant celle des esprits et l’apprentissage d’une langue nouvelle. L’auteur ne s’apitoie pas sur les deuils, la solitude, la souffrance ; ils sont seulement constitutifs de lui-même. Il nous offre surtout l’enchantement, la magie de son enfance dans une langue poétique qui transfigure et magnifie la Terre Mère.

Le psychanalyste Alvaro Escobar Molina

Le psychanalyste Alvaro Escobar Molina

De son pays surgit la MONTAGNE, cette montagne ensommeillée qui le poursuit  jusqu’à Paris.: « A Paris je tends la main, je la glisse jusqu’à l’Océan Atlantique ( ) et je caresse mes montagnes. Mon village et mes couleurs sont avec moi. Tendre la main et fermer les paupières ».

Ce livre m’a touchée par sa simplicité. J’ai aimé le lien entre les espaces et le temps. L’harmonie du souffle des êtres, des choses et des animaux. Cette respiration singulière qui englobe l’éternité, les ancêtres avec le présent, le présent avec en germe le futur. Il en découle un grand apaisement malgré la peine et la douleur des épreuves de la vie. Ellipse et intensité : preuves d’une belle sensibilité

Nicole

 

Rendez-vous à Crawfish Creek

Nickolas Butler

Ph9_LivreCrawfish« Son visage avait été façonné en puzzle. Aïda remarqua les efforts de la pauvre fille pour dissimuler les cicatrices… ». Ainsi commence l’une des dix nouvelles Rendez-vous à Crawfish Creek que l’auteur a choisie pour titrer son ouvrage.

Aïda, récemment retraitée après vingt-cinq ans passés dans la police de la route et Béthany, jeune femme violentée par son compagnon, quittent le restaurant où elles s’étaient donné rendez-vous et se rendent à la gare routière. Bethany devait quitter la ville, et laisser Aïda « finir le boulot » pour lequel Bethany lui avait remis une liasse de billets….Ph_Butler

Brut aromatique : dans cette nouvelle, un vieil homme, Foreman, raconte à un interlocuteur, comment il avait appris la nouvelle annoncée à la radio. « des flammes de plusieurs dizaines de mètres de haut… », « …des cadavres dans l’eau réduits en miettes », « le pétrole continuait à gicler du fond de l’océan… ». On le retrouve séquestrant Hazelwood, le PDG d’une des plus grandes compagnies pétrolières du monde. Pour Foreman, il ne fait aucun doute que cet homme construisait sa fortune en faisant le malheur de la planète et des êtres vivants. Il doit payer… en lui proposant comme boisson du pétrole, du brut aromatique.

Durant ce tête-à-tête invraissemblable s’engagent alors des dialogues, des monologues de part et d’autre, des silences. Espoir, humiliations, désespoir, révoltes se succèdent chez cet homme qui dans les premières heures de son enlèvement, était sûr de ramener à la raison Foreman. Y parviendra-t-il ?

A l’exception de ces deux nouvelles, où les antagonistes font preuve de violences verbales et physiques, l’auteur nous plonge dans le quotidien de gens simples, le déroulement de leur existence. Ainsi un grand-père qui, tous les vendredis après-midi gardait son petit-fils que sa fille ayant le diable au corps lui « déposait comme un colis » (Un goût de nuage). Ou le mari de ce couple, marié depuis des années, au moment du grand nettoyage de la maison familiale après le décès de sa mère qu’il aimait. Il ne supporte plus les critiques que son épouse proférait à l’encontre de sa belle-mère et commence à remettre son couple en question (Les restes).

                                                                                                          Ghislaine

 

 

Petit Piment

Alain Mabanckou

Ph10_LivrePimentPetit Piment est l’histoire d’un jeune Africain de Pointe Noire, élevé dans un orphelinat placé sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné N. La seule figure sympathique est « Papa Moupelo », le prêtre qui vient une fois par semaine faire chanter les enfants. Mais la Révolution Socialiste-Marxiste redistribue les cartes. Papa Moupelo disparaît. Alors Petit Piment s’échappe pour rejoindre les rues de Pointe-Noire. C’est l’errance, la vie « en bandes », la pauvreté, la corruption.

L'auteur, Alain Mabanckou

L’auteur, Alain Mabanckou

Le salut, c’est « Maman Fiat 500 », patronne de bordel qui le prend sous sa coupe affectueuse. Il vit là heureux jusqu’au jour où « l’opération Pointe Noire sans putes Zaïroises » détruit sa vie en même temps que les murs du bordel. « Petit Piment finit par perdre la tête mais pas le nord : il sait qu’il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin ».

A travers ces lignes, l’Afrique est décrite avec ses rites ancestraux, ses faiblesses modernes : la corruption, la pauvreté. « Le roman de la rue Africaine », « symbole d’une Afrique qui a perdu ses repaires » dit l’auteur. Cela lui permet de mettre à l’honneur toutes les femmes Africaines qui, alors que souvent les pères n’assument pas l’existence de leurs enfants, assurent sans relâche ! C’est l’infirmière de l’Orphelinat, la mère de Bonaventure, Nzinga, l’aïeule du Royaume Kongo, la Maman Fiat 500 figure emblématique des prostituées qui protègent les enfants.

« Dans ce roman envoûté et envoûtant, A. Mabanckou renoue avec le territoire de son enfance, alliant naïveté et lucidité ».

                                                                                                          Josette J.

Stefan ZWEIG

Le monde d’hier (journal d’un européen)

 

Ph12_LivreZweigZweig laisse une œuvre immense entièrement traduite en français, dont des poèmes (2 recueils publiés en 1901 et 1907), des romans et nouvelles (26 parmi lesquels, Amok, 24 heures de la vie d’une femme, La confusion des sentiments, La pitié dangereuse, Un mariage à Lyon, Le joueur d’échecs…), huit pièces de théâtre, des essais et biographies (26 dont, entre autres, Marie Stuart, Magellan, Marie Antoinette, Balzac, Fouché…), enfin des volumes de correspondance avec Freud, Romain Rolland (plus de 500 lettres), Emile Verhaeren…..L'auteur, Stefan Zweig

Le monde d’hier : On peut dire que c’est son testament, écrit au moment le plus dur de la guerre, au moment où la victoire des nazis pouvait être considérée comme probable. Le livre comporte 16 chapitres dont les titres sont déjà un programme: En voici quelques uns : le monde de la sécurité ; L’école au siècle passé ; Eros ; L’université ; Paris la ville de l’éternelle jeunesse ; les premiers jours de la guerre 1914 ; Incipit Hitler ; L’agonie de la paix…

On y voit d’abord son amour pour son pays natal qui lui parait un modèle de démocratie calme et durable. Ses voyages lui donnent l’occasion de parler des villes qu’il a aimées, en particulier Paris. La guerre nourrit son pacifisme qu’il découvre avec son ami Romain Rolland. La montée du nazisme et la seconde guerre le plongent dans un désespoir total.

« Je savais que… L’Europe, notre patrie, pour laquelle nous avions vécu, était détruite pour un temps qui s’étendrait bien au delà de notre vie. Cette ombre de la guerre a voilé de deuil chacune de mes pensées… Mais toute ombre, en dernier lieu, est pourtant aussi fille de la lumière et seul celui qui a connu la clarté et les ténèbres, la guerre et la paix, la grandeur et la décadence, a vraiment vécu ». Cette citation, ce sont les derniers mots écrits par Zweig avant son suicide.

                                                                                              Annie

 

Carnoux jubile… sous le regard de Marsactu

18 juillet 2016

Blog324_PhJubilePersonne, parmi les quelques 6900 habitants de Carnoux-en-Provence, ne peut décemment ignorer que la ville, érigée en commune en 1966, fête cette année son jubilé, comme le proclament fièrement les placards publicitaires de 12 m² loués à l’année par la municipalité à chacune des entrées de la commune, et comme il est affiché en lettres géantes sur le fronton de la mairie depuis le début de l’année. Bien peu en revanche, sans doute, connaissent Marsactu, qui pourtant vient de consacrer à Carnoux un long article à découvrir ici.

Créé début 2010, Marsactu est un site web d’information locale, généralement bien informé et qui n’hésite pas à creuser les sujets en grattant un peu derrière la façade à laquelle s’arrête trop souvent le quotidien local de référence qu’est La Provence. Collaborant fréquemment avec Mediapart ou Rue89, en particulier sur des sujets touchant à la vie politique marseillaise et au fonctionnement -parfois surprenant- des collectivités territoriales du crû, Marsactu a connu un certain succès grâce à son modèle de diffusion gratuite, financée par la publicité. En mars 2015 néanmoins, sa société éditrice, Raj Médias, est placée en liquidation judiciaire. Cinq journalistes de la rédaction décident alors de racheter le site et ses archives après avoir lancé une demande de financement participatif, et en octobre 2015 le site est de nouveau actif. Fort désormais de 1500 abonnés, Marsactu s’apprête à ouvrir une plateforme de blog et lance une nouvelle souscription pour se développer.

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Dans ce long article paru en juin 2016, la journaliste de Marsactu, Clémentine Vaysse, insiste lourdement sur l’histoire de la ville, fondée par des rapatriés du Maroc puis d’Algérie à partir de 1962, n’hésitant pas à remuer le couteau dans la plaie en rappelant les malversations de la Coopérative immobilière française, créée en 1957 à Casablanca par Gilbert Cabanieu et Emilien Prophète, qui n’hésitait pas à revendre plusieurs fois des terrains à des expatriés français aux abois mais encore très éloignés de là. La journaliste a ainsi interrogé Christian Fenech, président de l’association Racine Pieds-Noirs qui se souvient : « Fin 61-début 62 mon grand-père avait vu une annonce dans la presse locale vantant ce vallon qui pouvait accueillir les rapatriés. La CIF avait vendu plusieurs fois les terrains en pensant que les pieds-noirs ne quitteraient jamais l’Algérie. Quand ma famille est arrivée, moi bébé, le terrain était occupé et on nous a mis ailleurs, sous des tentes de camping ». Comme le rappelle Marsactu, ces magouilles vaudront à Emilien Prophète d’être condamné…

Emilien Prophète, interviewé en 1966 par Cinq colonnes à la une (archives INA)

Emilien Prophète, interviewé en 1966 par Cinq colonnes à la une (archives INA)

L’article de Marsactu s’étonne d’ailleurs que le jubilé de Carnoux soit aussi peu centré sur l’histoire si singulière et somme toute encore très récente qui a conduit à l’édification, par une poignée de rapatriés d’Afrique du Nord, d’une ville nouvelle dans ce vallon déserté entre Aubagne et Cassis où ne se trouvaient alors que « des terrains cultivés et beaucoup de garrigue avec deux fermes inoccupées », comme l’a décrit l’adjoint au maire Nicolas Bouland dans sa conférence le 20 mai dernier, un des rares événements de ce jubilé qui se fasse l’écho de ce passé original.

La journaliste a certes observé que le nom du maréchal Lyautey, grande figure militaire de la colonisation du Maroc, est omniprésent dans la ville mais, comme nous, s’est étonnée que son buste qui trônait pourtant en bonne place sur ce qui faisait office de monument aux morts avant d’être évincé au profit d’un immeuble HLM, ait disparu de la circulation : aurait-il été perdu lors du déménagement ?

Inauguration du centre-ville de Carnoux le 11 juin 2016

Inauguration du centre-ville de Carnoux le 11 juin 2016

Un nouveau monument aux morts a bien été édifié en bordure du nouveau parc Tony Garnier, inauguré en grandes pompes le 11 juin 2016 en présence du gratin de la Droite locale et bien sûr de la présidente du Conseil départemental qui a très largement financé l’essentiel des travaux de réhabilitation du centre-ville de Carnoux.

Nouveau monument aux morts de Carnoux

Nouveau monument aux morts de Carnoux

Curieusement, l’inscription portée sur cette plaque de calcaire précise que le monument en question a été « offert par Carnoux Racines », l’autre association de pieds-noirs installée à Carnoux, elle-même largement subventionnée par la Commune, au point que l’on ne sait plus très bien qui a finalement payé cette plaque…

Melchior Calendra dans sa boutique de Carnoux en 1966 (reportage Cinq colonnes à la une)

Melchior Calendra dans sa boutique de Carnoux en 1966 (archives INA)

Toujours est-il que cette plaque porte une inscription pour le moins ambiguë puisqu’il y est écrit en partie basse : « En hommage aux Français d’Afrique du Nord morts pour la France ». S’agit-il d’un hommage aux anciens terroristes de l’OAS dont on sait que le président de Carnoux Racines, l’ex vendeur de parapluies Melchior Calandra, interviewé dans son magasin de Carnoux en 1966 pour les besoins de l’émission Cinq colonne à la une, s’est toujours senti très proche ? Ou s’agit-il plutôt de rappeler le souvenir des goumiers, ces troupes de supplétifs marocains créées en 1908 et qui en août 1944 ont participé activement à la libération de Marseille après avoir débarqué à Fréjus le 17 août ?

Troupes de goumiers sur le sol français en août 1944

Troupes de goumiers sur le sol français en août 1944

Après avoir participé à la libération de Toulon, trois groupements de tabors marocains (un tabor étant l’équivalent d’un bataillon constitué de 3 à 4 goums) traversent alors rapidement le massif de la Sainte-Baume et participent à partir du 21 août 1944 à de violents accrochages avec l’armée allemande du côté d’Auriol et de la Valentine, mais aussi à Peypin et Cadolive. Ce sont aussi des troupes marocaines qui sont chargées d’attaquer Aubagne et il échoit au 1er Tabor, commandé par le chef de bataillon Meric et constitué des 58ème, 59ème et 60ème Goums, de déborder les défenses allemandes par le Sud le long de la voie ferrée. Le lendemain, c’est le 6ème Goum qui s’empare de la colline de Carnoux avant d’occuper le camp de Carpiagne, point d’appui pour filer vers Marseille par le col de la Gineste tandis que des unités du génie civil s’emploient à déminer la route Aubagne-Cassis qui traverse le vallon de Carnoux.

Une histoire glorieuse donc, qui se solda par de très nombreux morts parmis les rangs des soldats marocains et de leurs officiers français, mais qui semble avoir été quelque peu occultée par les deux associations dont le siège est à Carnoux et qui entretiennent la mémoire des pieds-noirs, mettant pourtant en exergue la célèbre citation d’Albert Camus : « Nul ne peut savoir où il va s’il ne sait d’où il vient ».

Pèlerinage du 15 août à Carnoux-en-Provence

Pèlerinage du 15 août à Carnoux-en-Provence

A Carnoux, 50 ans après la création de la commune par ceux que le maire actuel qualifie dans son dernier éditorial du Messager d’ « admirables pionniers », il semblerait qu’enfin la page du souvenir ait été tournée, même si déjà se prépare le prochain rassemblement de pieds-noirs organisé traditionnellement chaque année à Carnoux pour le 15 août avec procession, curé en tête et bannières au vent, jusqu’à la croix, perchée sur la colline et supposée orientée en direction de Sidi Ferruch, une presqu’île située à 30 km d’Alger où a débarqué l’armée française en juin 1830, premier acte de l’invasion de ce pays.

Pour Marsactu, la meilleure preuve de la perte d’influence des pieds-noirs à Carnoux réside dans le choix d’un groupe de musique celtique pour le concert gratuit qui devait se dérouler samedi 16 juillet, et qui d’ailleurs a finalement été annulé suite à l’attentat de Nice. Il semblerait en effet que pour ce concert certains Carnussiens, qui n’ont donc pas été suivis, auraient préféré un récital d’Enrico Macias : nostalgie, quand tu nous tiens…

L.V. LutinVert1Small