Archive for août 2011

L’impromptu de Berlin..!

29 août 2011

un régal..en Alexandrins………

La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin.
Angela von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents du quatuor de Joseph Haydn.

Nicolas :
Madame, l’heure est grave : alors que Berlin danse
Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
Voyez la verte Erin, voyez l’Estrémadoure
Entendez les Romains : ils appellent au secours !
Ils scrutent l’horizon, et implorent les Dieux.
Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
Attendent de vous, madame, le geste généreux !
De leur accablement ils m’ont fait l’interprète :
Leur destin est scellé, à moins qu’on ne leur prête
Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.
Cette cause est bien rude, mais laissez moi plaider…

Angela :
Taisez-vous Nicolas ! Je crois qu’il y a méprise
Folle étais-je de croire à une douce surprise
En vous suivant ici seule et sans équipage
Je m’attendais, c’est sûr, à bien d’autres hommages !
Mais je dois déchanter, et comme c’est humiliant
De n’être courtisée que pour son seul argent !

Nicolas :
Madame, les temps sont durs, et votre cœur est grand
Vos attraits sont troublants, mais il n’est point décent
D’entrer en badinage quand notre maison brûle !
Le monde nous regarde, craignons le ridicule !
Notre Europe est malade, et vous seule pouvez
La soigner, la guérir et, qui sait ? La sauver !
Nous sommes aujourd’hui tout au bord de l’abîme
Vous n’y êtes pour rien, mais soyez magnanime !
Les Grecs ont trop triché ? Alors la belle affaire !
Qu’on les châtie un peu, mais votre main de fer
Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d’effroi !

Angela :
J’entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière
L’ouvrier mécontent, le patron en colère.
Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.
L’or du Rhin, c’est leur sueur et leur habileté.
Et vous me demandez, avec fougue et passion
De jeter cette fortune au pied du Parthénon ?
Ce serait trop facile et ma réponse est non !

 Nicolas :
On ne se grandit pas en affamant la Grèce
En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !
Nos anciens nous regardent, et nous font le grief
D’être des épiciers et non pas de vrais chefs !
Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.
Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles
Desserrez, je vous prie, le nœud de l’escarcelle !

Angela :
Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle
Votre éloquence est grande et mon âme chancelle…
Mais si je disais oui à toutes vos demandes
Je comblerais la femme, et trahirais l’Allemande !

(Ils s’éloignent, chacun de leur côté)

Un pastiche de Ruy Blas (Victor Hugo) par Luc Rosenzweig, publié sur son blog

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Sécurité sociale : les chiffres clés pour 2010.

25 août 2011

La direction de la Sécurité sociale publie les chiffres clés pour 2010.

Ces données permettent :

  • une meilleure compréhension des enjeux auxquels la Sécurité sociale est confrontée aujourd’hui ;
  • et mieux saisir son évolution.

Quelques chiffres à retenir :

Pour l’année 2010, le montant des charges nettes pour l’ensemble des régimes de base sont estimées à 433,7 milliards d’euros dans le dernier projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale, dont 316,1 milliards d’euros pour le Régime général. Le déficit de la Sécurité sociale est de 23,9 milliards d’euros pour 2010. Ci-après, quelques repères pour les quatre branches de la Sécurité sociale du Régime général :

Les programmes de qualité et d’efficience

Des indicateurs de qualité et d’efficience sont inscrits dans l’annexe 1 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ces indicateurs sont une composante des programmes de qualité et d’efficience (PQE) menés par la Sécurité sociale. Les PQE présentent les grands objectifs poursuivis par les politiques de Sécurité sociale et mesurent les progrès réalisés vers ces objectifs.

Les PQE proposent une grille d’analyse de la variété des politiques sanitaires et sociales qui permet de dégager 4 grands axes transversaux :

  • l’accès à des prestations sociales et à des soins adéquats ;
  • la qualité des prestations et services de Sécurité sociale ;
  • l’efficience de la fourniture des services de protection sociale ;
  • la viabilité du financement de la Sécurité sociale.

Ils comptent 173 indicateurs dont 65 de cadrage et 108 « objectifs/résultats ». Ils peuvent être consultés sur le portail de la Sécurité sociale.

Le document fournit également des données sur la performance du service public de la Sécurité sociale. Parmi elles, figurent notamment des indicateurs, pour chaque branche, sur l’accueil physique, l’accueil téléphonique, les délais de traitement et la dématérialisation.

Une vaste hypocrisie.

20 août 2011

INTERVIEW – Certains riches veulent être plus taxés pour éponger les déficits publics. Une vaste hypocrisie, dénonce la sociologue Monique Pinçon-Charlot, spécialiste de la bourgeoisie…

Le patron de Publicis, Maurice Lévy estime que les Français les plus riches doivent participer à la réduction du déficit sous la forme d’une contribution fiscale exceptionnelle. Pierre Bergé y est également favorable. Mais pour

MPC

Monique Pinçon-Charlot, co-auteur du Président des riches*, ce n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux. Elle décrypte les vraies motivations des riches.

Comment analysez-vous l’appel de Maurice Lévy au paiement par les plus riches d’une contribution exceptionnelle pour éponger les déficits?

Cette idée est dans l’air du temps. Elle circule dans les cercles privés et les résidences huppées. Avec les révolutions arabesles émeutes en Angleterre, la classe dominante sent les dangers explosifs de la situation actuelle.

A la suite de la sortie de notre livre Le Président des riches, nous avons passé 8 mois à sillonner la France.  Nous avons pu mesurer à quel point il y a un sentiment de révolte dans le pays de Nicolas Sarkozy parmi les classes moyennes et populaires.

Compte tenu des affaires ServierTapieBettencourt et Wildenstein qui touchent de près le président de la République, ses amis se devaient de faire un geste pour apaiser la tension. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la tribune de Maurice Lévy.

L’idée que les riches paient une contribution exceptionnelle est quand même une bonne nouvelle?

Payer une contribution exceptionnelle est le moyen pour les riches de se légitimer. Surtout qu’elle ne serait pas très contraignante. Maurice Lévy parle bien d’une taxe exceptionnelle. Cela sous-entend qu’elle sera provisoire.

Pour réellement bien faire, les riches devraient payer enfin leurs impôts en mettant fin à l’optimisation fiscale. Il faudrait une réelle réforme fiscale progressive où tous les revenus du travail et du capital seraient prélevés à la source pour éviter les niches et l’évasion.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ne dit-elle pas que l’impôt «doit être également réparti entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés?»

Mais quand bien même, une contribution exceptionnelle serait appliquée, le montant resterait très symbolique au regard de leur richesse.

Pensez-vous qu’avec cette crise, en France, les riches vont devenir plus solidaires?

Rien ne va changer. Souvenez-vous en 2008, l’Etat français a volé au secours des banques à coup de milliards. Tout est rentré dans l’ordre très vite pour ces institutions. La preuve, elles se sont remises à verser des bonus à leurs dirigeants et à leurs traders. Regardez cette année, le plan de sauvetage de la Grèce. Il va alourdir l’endettement de la France de 15 milliards d’euros. Mais c’est un cadeau inouï aux grandes fortunes grecques qui sont les principales créancières du pays. Conclusion: on fait toujours des cadeaux aux plus riches.

A partir de quand est-on considéré comme très riche en France?

La grande richesse est multidimensionnelle. Bernard Arnault est l’homme le plus riche de France avec 21 milliards d’euros. Jean-Paul Gaultier, qui est la 500e fortune hexagonale selon Challenges est à la tête de 60 millions d’euros.  L’écart entre les deux est très important.

Mais la richesse est de plusieurs ordres. Au-delà de la richesse matérielle, il y a la richesse culturelle (tableaux et autres œuvres d’art…), sociale (cercles, réseaux…) et la richesse symbolique. Le riche est plutôt mince et redressé alors que le pauvre a tendance à souffrir d’obésité. Jamais les individus n’ont autant porté l’origine de leur classe sur leur corps.

La grande richesse, c’est comme un iceberg. Quand on en voit une partie, il faut se dire qu’il y en a 100 fois plus en-dessous.

*Une nouvelle version enrichie du Président des riches sortira en librairie le 15 septembre aux éditions La Découverte.

Collaborateurs occasionnels…?

19 août 2011

L’opération « Voisins vigilants » ne fait pas recette

C’est l’un des éléments-clés de la politique de prévention de la délinquance relancée par Claude Guéant depuis son arrivée au ministère de l’intérieur en février : la « participation citoyenne ». Le système de « Voisins vigilants », qui existe discrètement depuis 2007, surtout pour prévenir les cambriolages, concernait 29 départements en juin. Malgré un accueil mitigé de l’initiative, la Place Beauvau souhaite en mailler le territoire.Dans une circulaire du 22 juin, le ministre a annoncé aux préfets sa volonté d' »étendre la mise en œuvre du dispositif » en leur demandant de « promouvoir le concept ». Le but : faire diminuer, « dans les quartiers, les lotissements ou les zones pavillonnaires », les « cambriolages, démarchages conduisant à des escroqueries, dégradations et incivilités diverses » grâce à des habitants interlocuteurs privilégiés de la police ou de la gendarmerie.Le ministre va jusqu’à envisager de transformer les volontaires en « collaborateurs occasionnels du service public ». Ce statut, autorisé dans le domaine de la sécurité par la Loppsi 2 du 15 mars, rend possible une rémunération…..!

« CLIMAT DE DÉLATION »

Dans le Haut-Rhin, département pilote, le préfet avait, dès novembre 2010, lancé l’expérimentation dans cinq communes : Ribeauvillé, Lutterbach, Cernay, Soultz et Altkirch. Des communes rurales, mais pour la plupart situées dans l’orbite de Mulhouse. Neuf mois plus tard, personne n’a donné suite. Dès le 7 novembre, un seul couple se présente à la première réunion, à Soultz (7 400 habitants). A Lutterbach (6 150 habitants), le maire (divers droite), André Clad, a organisé des réunions dans deux quartiers. Résultat : « Nous n’avons pas eu de volontaires.«  Il hésite. « Le problème, c’est que les gens ont eu peur d’un climat de délation. Il y a le souvenir de la dernière guerre…« 

Une inquiétude qui a freiné également le maire (UMP) d’Altkirch (5 900 habitants), Jean-Luc Reitzer. Lorsqu’il a présenté le projet à son conseil municipal, « le fait de quadriller la ville, de désigner par quartier des responsables, a rappelé des pratiques qu’on aimerait oublier. Ça a choqué ». « Et puis qui choisir, comment éviter la subjectivité des référents ? », ajoute-t-il. Le responsable du programme au groupement de gendarmerie du Haut-Rhin, le capitaine Michel Di Girolamo, reconnaît que le « contexte » alsacien, avec le souvenir de la guerre, a plombé la mise en place du dispositif.

D’autant que les maires des cinq communes pilotes ont découvert tardivement qu’ils avaient été choisis. M. Clad n’avait pas fait de demande. Il s’explique le choix de son village par les « bonnes relations » entretenues avec la gendarmerie… Des échanges qui rendent justement, à son sens, tout « dispositif particulier » inutile.

EXEMPLES BRITANNIQUE ET AMÉRICAIN

A Altkirch, M. Reitzer n’était pas volontaire non plus, même s’il apprécie la « sollicitude » de la préfecture, alors qu’il signalait depuis quelques mois aux autorités quelques « soucis » : incivilités, vandalisme de « petits groupes de jeunes qui insultaient les passants, squattaient les espaces verts et la gare ». Finalement, l’épisode a été un « petit aiguillon » pour trouver une voie différente : la commune a réorganisé sa police municipale. Grâce à deux emplois aidés, des rondes de nuit ont été instituées.A l’autre bout de la France, dans les Hautes-Pyrénées, le préfet a aussi fait le métier. De Bagnères-de-Bigorre à Argelès-Gazost, il a défendu « une implication plus importante » des habitants dans leur propre sécurité, devant des salles parfois clairsemées. A Tarbes, la réunion du 6 juillet dans le quartier de la Gespe s’est bien passée, raconte Roger Calatayud, adjoint au maire (UMP) chargé de la sécurité. Elle n’a pas pour autant abouti à l’élaboration d’un protocole, recommandée par le ministère, ou à la mise en place des « référents » : « Ça n’a pas été jugé utile. »La participation citoyenne, inutile ? Pour Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité-SGP-Police (majoritaire), c’est surtout un « copié-collé des exemples britannique et américain qui ne correspond pas à la mentalité française ». Le ministère cite d’ailleurs, dans la circulaire du 22 juin, « le “neighbourhood watch” mis en œuvre depuis de nombreuses années aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne ».

« CE N’EST PAS TRANSPOSABLE PARTOUT. »

Dans la Drôme, citée en exemple par le ministre, la préfecture défend un dispositif « très localisé » et affirme ne pas vouloir « gonfler » la réussite affichée. De fait, sept communes ont appliqué la mesure, dont deux – Donzère, la ville du ministre de l’énergie, Eric Besson, et Loriol – avec un certain succès, selon l’intérieur, qui fait état d’une baisse des cambriolages de 42% à Donzère et de 20% à Loriol en 2010.

Le lieutenant-colonel Philippe Talucier, numéro deux du groupement de gendarmerie de la Drôme, insiste : « Ce n’est pas transposable partout. » Seuls des quartiers pavillonnaires, constitués de résidences principales et habités par au moins quelques retraités ou femmes au foyer, pour assurer une « présence dans la journée », ont été sélectionnés. Petit plus, l’existence préalable d’une certaine « cohésion ». D’ailleurs, la gendarmerie préfère parler de voisins « solidaires » plutôt que « vigilants ».

Une mairie de gauche s’intéresse, prudemment, au dispositif. A Romans-sur-Isère, le maire (PS), Henri Berthollet, discute avec la préfecture : au premier semestre, les cambriolages ont été multipliés par deux et les vols avec effraction par 3,4 par rapport à 2010. « Nous serons attentifs à ne pas faire émerger des personnes déjà surattentives, voire paranoïaques », assure le directeur de la tranquillité publique, Philippe Pourtier. Lors d’une première réunion avec le commissaire, la mairie a insisté : surtout, pas de délation…

Une époque malheureusement révolue…?

18 août 2011

Voisins vigilants : l’étonnant lapsus d’Eric Ciotti

Cet homme a toutes les qualités requises pour la mission qu’il s’est lui-même fixé au sein de la LOPPSI2 : transformer une partie des citoyens en collaborateurs de la police, délateurs zélés des « individus suspects » au sein des quartiers dans lesquels ils vivent. Eric Ciotti est en effet secrétaire national de l’UMP en charge des questions de sécurité.L’émission « le Téléphone sonne » sur France-inter, jeudi 04 août 2011 avait donc invité Eric Ciotti (au téléphone) à défendre son système de voisins vigilants. Il y avait en studio le président de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Pierre Tartakowsky et Abdelhak Kachouri, maire adjoint de St-Ouen en charge de la sécurité (PS) .

Les « voisins vigilants », nouvelle idée de Nicolas Sarkozy et déjà expérimentée sous George Bush,  visent à améliorer la sécurité de notre beau pays. Un “système” qui inquiète les observateurs des libertés comme la Ligue des droits de l’homme, dénonçant des dérives possibles, pouvant probablement aller jusqu’au lynchage.

Pour Eric Ciotti, quand on exprime des craintes sur la délation et les vigiles citoyens, on est d’extrême gauche. Mais ce superbe défenseur des libertés pour qui « la première des libertés est la sécurité », va plus loin, et commet alors un superbe lapsus (en répondant à un policier au téléphone), alors que personne ne lui demandait de parler de la seconde guerre mondiale.

la collaboration, les milices, c’est une période très sombre de notre histoire (…) n’appellons pas à chaque fois qu’on est pas d’accord des thérories qui sont d’une époque qui malheureusement est révolue et qu’on a tous combattues”

Effectivement, l’UMP et sa branche droitière (qui s’est constituée sous le doux nom de « Droite populaire » : http://www.ladroitepopulaire.fr) peuvent rassurer les électeurs du Front National : l’époque « malheureusement révolue » est en cours de reconstruction. C’est fou ce qu’un homme politique déterminé à convaincre à grands coups de langue de bois peut dévoiler comme informations sur ses aspirations profondes, en prétendant dire l’inverse de ce qu’il finit par dire…