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Logement social : encore un petit effort !

5 janvier 2018

C’est un vieux serpent de mer qui resurgit périodiquement : en région PACA où le foncier est cher, la plupart des maires préfèrent privilégier les villas cossues et les immeubles de grand standing plutôt que de favoriser la construction de logement social. Face à ce constat qui ne date pas d’hier, il a fallu attendre le gouvernement de Lionel Jospin pour qu’enfin soit votée une loi, dite SRU, adoptée le 13 décembre 2000, dont l’article 55 impose aux communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France) situées dans une grosse agglomération (plus de 50 000 habitants avec une ville centre de plus de 15 000 habitants) de disposer d’une proportion d’au moins 20 % de logement social.

Un dessin publié dans Témoignage chrétien

L’objectif paraît modeste quand on sait que plus de 50 % de la population est éligible au logement social et peine de plus en plus à se loger dans ces agglomérations. Dans une commune comme La Ciotat, ce pourcentage dépasse même 70 % comme le reconnait volontiers le maire Patrick Boré pour La Provence. D’où la nécessité de rehausser encore cet objectif qui est passé en janvier 2013 à 25 % sous l’impulsion de Cécile Duflot, alors ministre du logement.

Mais les élus locaux ne sont pas tous très respectueux de la loi et nombre d’entre eux préfèrent payer les amendes prévues plutôt que de se conformer à des textes qu’ils jugent trop contraignants et défavorables à leurs intérêts, partant du principe que leur électorat traditionnel voit d’un mauvais œil le développement de logements sociaux, qui s’accompagne nécessairement d’un rajeunissement de la population, donc d’une demande accrue de services publics à assurer, voire d’un brassage social qui fait peur.

Chantier en cours (photo © Reuters)

C’est ainsi que la région PACA s’était distinguée lors du bilan triennal 2011-2013 en accueillant pas moins de 88 communes carencées selon les critères de la loi SRU, ce qui représentait 40 % des communes épinglées à l’échelle nationale ! Et les élus locaux ne comptaient pas s’arrêter en si bon chemin, sautant sur l’opportunité offerte par un nouveau texte de loi afin de tenter de s’affranchir de leurs obligations réglementaires. C’est ainsi qu’en juillet dernier, comme nous l’avions déjà évoqué ici, la métropole Aix-Marseille-Provence avait adopté une liste de 28 communes carencées qu’elle estimait devoir être exemptées de toute obligation au prétexte que leur desserte en transports publics était insuffisante pour y implanter des logements sociaux supplémentaires…

Pierre Dartout, nouveau Préfet de Région (source : Made in Marseille)

La ficelle était manifestement un peu trop grosse et le nouveau Préfet de Région, Pierre Dartout, l’a rappelé dès sa prise de fonction le 11 décembre, après deux mois de vacance à ce poste suite au départ précipité de Stéphane Bouillon, muté à Lyon en remplacement de son collègue à qui était reproché le cafouillage ayant conduit au double assassinat de la gare Saint-Charles. Du fait de la forte attractivité de la région PACA où la démographie est en hausse, les priorités de l’État telle que les a rappelées le nouveau Préfet sont « Le logement et l’accessibilité, la mobilité et les transports, ainsi que la cohésion sociale ».

Pas question donc de laisser les élus se faufiler entre les mailles du filet de la loi SRU. Selon TPBM, le nouveau ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, avait ainsi transmis au Préfet de Région, dès le 8 novembre, une liste de 72 communes jugées carencées, en recommandant d’y renforcer les sanctions financières et de reprendre en main la délivrance des permis de construire dans les secteurs à plus forts enjeux. A l’échelle nationale, ce serait ainsi 269 communes qui seraient désormais considérées comme carencées, dont 79 pour la région Ile-de-France, l’autre mauvais élève de la classe…

A Neuilly non plus, on n’est pas très favorable au logement social : un dessin signé Cambon, publié par Urtikan

Ce chiffre est légèrement inférieur à celui issu du bilan précédent, ce qui tend à montrer que les choses vont en s’améliorant. De fait, sur les 183 communes de la région PACA qui sont concernées par cet article de la loi SRU, 13 disposent déjà du taux légal de logement social et 4 en sont exemptées car plus de la moitié de leur territoire est inconstructible du fait de risques naturels ou technologiques (c’est notamment le cas de Saint-Victoret, fortement impactée par les nuisances de l’aéroport de Marignane). Parmi les autres, 24 ont effectivement atteint les objectifs fixés pour la période considérée, objectifs à la fois quantitatifs (en nombre de logements sociaux produits) mais aussi qualitatifs (pour respecter en particulier les objectifs de logements destinés aux catégories de population à plus faibles revenus).

Quant aux 142 communes restantes, les préfets des départements concernés les ont examinées au cas par cas et ont fait preuve d’indulgence pour 70 d’entre elles, en s’appuyant sur le fait que des contrats de mixité sociale ou des conventions en vue d’acquérir des terrains pour la constructions de logements avaient été signés, gages d’un minimum de bonne volonté. Carnoux, qui avait demandé à être exemptée au titre du critère d’insuffisance de desserte en transports publics se trouve ainsi écartée de la liste des communes carencées, bien que n’ayant pas atteint les objectifs fixés. La commune pourrait même désormais être considérée comme ne relevant plus de la loi SRU, de même que trois autres communes des Bouches-du-Rhône, si les informations avancées par Marsactu sont confirmées par le décret attendu pour fin 2017.

Carnoux : désormais exempté malgré un taux de logements sociaux très insuffisant ?

Même si le ministre s’est montré un poil plus exigeant que la commission nationale chargée du suivi de la loi SRU en ajoutant in extremis 8 communes supplémentaires dont Ceyreste et Peypin, cette liste de 72 communes considérées comme carencées est donc loin de refléter l’application stricte des critères de la loi. En atteste notamment le fait que des communes comme Cassis, qui est pourtant très loin d’atteindre l’objectif fixé, ne figure pas sur la liste, pas plus que Nice (où le taux de logement social ne dépasse pas 13 %), Toulon, Aix ou même Marseille (qui n’a atteint que 13 % de son objectif fixé pour la dernière période triennale).

Quant aux 72 communes considérées comme carencées, dont la liste a été publiée à l’occasion du Comité régional de l’habitat et de l’hébergement qui s’est tenu à Marseille le 22 décembre, 24 d’entre elles se situent dans les Bouches-du-Rhône dont 22 sur le territoire de la Métropole où 72 000 demandes de logements sociaux sont en souffrance alors qu’on n’y a construit en 2016, pourtant considéré comme un crû exceptionnel, que 5 000 nouveaux logements de ce type. C’est en tout cas toujours les Alpes-Maritimes qui tiennent la corde, avec 25 communes carencées, mais les Bouches-du-Rhône font néanmoins pire que le Var où seules 15 communes ont finalement été épinglées !

Un dessin signé Delucq, publié dans le Huffington Post

Sur ces 24 communes, certaines verront leurs sanctions financières fortement renforcées. C’est le cas notamment d’Éguilles dont le montant des pénalités sera multiplié par 5 tandis qu’il sera multiplié par 3,5 pour Carry-le-Rouet, le montant de ces pénalités étant reversé soit à l’intercommunalité soit à l’Établissement foncier régional. De plus, le Préfet pourra désormais se substituer au maire pour la délivrance des permis de construire au bénéfice d’organismes HLM dans certains secteurs à enjeux, et il pourra même se réserver le droit d’attribuer lui-même la majeure partie des logements ainsi construits pour limiter la tendance de nombreux élus locaux à détourner l’esprit de la loi en distribuant les nouveaux logements selon des critères plus clientélistes que réellement sociaux.

Comme quoi, la mixité sociale, dans l’agglomération marseillaise comme ailleurs, mais manifestement plus ici que dans la majeure partie du pays, ne va pas de soi…

L.V.  

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Aix-Marseille : du rififi à la métropole

3 janvier 2018

Deux ans tout juste après sa création au 1er janvier 2016, et à l’occasion de son dernier conseil métropolitain qui s’est tenu le jeudi 14 décembre au palais du Pharo, la métropole Aix-Marseille-Provence vient d’adopter son budget primitif pour l’exercice 2018, sur la base de son rapport d’orientations budgétaires. Un numéro de haute voltige et qui a bien failli tourner à l’empoignade générale. Il a fallu pas moins de 2 heures de franches discussions agrémentées de passes d’armes peu amènes pour que le projet de budget concocté par l’adjoint au budget, Jean Montagnac, par ailleurs maire de Carry-le-Rouet, et son acolyte aux finances, l’adjoint marseillais Roland Blum, finisse par être adopté, mais avec 36 abstentions et 33 votes contre, ce qui n’est pas si fréquent dans ce genre d’assemblée.

Conseil métropolitain AMP du 14 décembre 2017 pour le vote du budget (photo © Nicolas Vallauri / La Provence)

D’autant que les votes ne reflètent aucune logique politique. Certains élus socialiste dont Eugène Caselli ont voté pour, de même que des conseillers ex-Front national, tandis que les élus aixois pourtant tous LR ont voté contre. Maryse Joissains, à son habitude, était totalement déchaînée, pleurnichant une fois de plus « puisque nous sommes maltraités et mal-aimés, laissez-nous quitter cette métropole » ! Son premier adjoint, Gérard Bramoullé, a fait également dans la surenchère, affirmant avec grandiloquence : « C’est un budget mortifère économiquement, injuste territorialement et fragile légalement. Sur notre territoire, nos investissements vont s’effondrer ».

Face à tant de mauvaise foi, l’ex-sénateur Jean-Claude Gaudin s’en étranglait, tonnant en aparté, selon La Provence : « Ceux qui ont voté contre le budget sont de farouches opposants à la Métropole alors qu’ils en sont les plus grands bénéficiaires ». Il aurait même été encore plus cash dans ses échanges avec Gérard Bramoullé qui a vertement critiqué le budget et voté contre, allant jusqu’à lui dire selon Marsactu : « Vous critiquez mais vous prenez le pognon ». Du coup, les représailles n’ont pas tardé puisque dès le 24 décembre La Provence annonçait que le Président de la Métropole avait retiré à l’adjoint de Maryse Joissains sa délégation métropolitaine au territoire numérique et à l’innovation technologique. A Marseille, on a le sang chaud et la vengeance ne se fait pas attendre…

Maryse Joissains et son adjoint Gérard Bramoullé (photo © La Marseillaise)

Il faut dire que Jean-Claude Gaudin avait quelques raisons de se sentir agacé par les jérémiades des riches Aixois qui refusent toute solidarité avec le reste de l’agglomération et ont tout fait en 2016 pour plomber d’avance la future métropole en engageant pendant qu’ils en avaient encore la possibilité de très lourds investissements dont la somptueuse Arena à 70 millions d’euros et la salle des musiques actuelles (pour 20 millions supplémentaires), sachant pertinemment qu’il reviendrait à la Métropole d’assumer ces coups partis.

Pas évident dans ces conditions de dégager des marges de manœuvre pour investir enfin dans les grands équipements structurants qui justifient effectivement d’agir à l’échelle métropolitaine. D’autant que 53 % du budget de fonctionnement de la Métropole est purement et simplement reversé aux communes membres, sous forme d’attributions de compensation, soit un montant énorme de 705 millions d’euros auquel s’ajoutent 90 millions de fonds de concours. C’est deux fois plus que dans les autres métropoles et cela plombe le budget en attendant que la métropole intègre effectivement les compétences correspondantes, ce qui devrait être le cas dès 2018 pour certaines d’entre elles.

Jean-Claude Gaudin, président de la Métropole AMP jusqu’à quand ? (photo © Charles Platiau / Reuters)

Jusqu’à fin 2019 en effet, et contrairement aux autres métropoles françaises, la plupart des compétences normalement dévolues à la métropole, sont en fait déléguées aux anciennes intercommunalités, désormais dénommées Conseils de territoire. Cette situation transitoire résulte en effet des fortes réticences des anciennes intercommunalités à se fondre dans un ensemble métropolitain et, de fait, rend la structure métropolitaine quasi inopérante, chaque Conseil de territoire raisonnant à sa propre échelle et cherchant seulement à se tailler une part du gâteau supérieure à celle du voisin. Ceci explique largement l’attitude des élus aixois, même s’ils ne sont pas les plus mal servis puisque leur dotation globale (fonctionnement + investissement) s’élève pour 2018 à 175 millions d’euros contre 210 millions pour l’ancienne CUM pourtant nettement plus peuplée et 28 millions pour l’ex Pays d’Aubagne.

Du fait de cette priorité donnée par chacun des maires des 92 communes membres aux équipements de proximité, il ne reste pas grand-chose pour mettre en branle les grands chantiers métropolitains et en particulier celui des transports publics. Le budget d’investissement pour 2018 a finalement été arrêté à la somme ridiculement faible de 400 millions d’euros (hors budgets annexes), ce qui représente une baisse de 22 % par rapport à 2017 ! Sur ce montant, seuls 86 millions sont destinés aux transports alors que l’agenda de la mobilité métropolitain avait chiffré les besoins à 3,5 milliards d’euros d’ici 2025 : on est loin du compte !

Bien entendu, Jean-Claude Gaudin soutient que tout le problème vient de l’État qui ne se montre pas assez généreux, lui dont la dotation devrait être amputée de 10,3 millions en 2018 dans le cadre de l’effort demandé aux collectivités pour participer au redressement des comptes de la Nation. Mais on voit bien que ce n’est pas là le nœud du problème, d’autant que la Région a prévu d’injecter pas moins de 120 millions d’euros via le Contrat régional d’équilibre territorial, tandis que le Département (dont la Présidente, Martine Vassal, ambitionne désormais de remplacer dès 2018 Jean-Claude Gaudin à la tête de la Métropole, ainsi que l’a affirmé Marsactu) devrait prendre en charge plus de la moitié des 390 millions d’euros nécessaires aux différents chantiers de contournement routier de Marseille.

Le plan du futur réseau de transports collectifs issu de l’Agenda de la mobilité métropolitaine adopté en décembre 2016 (source : AGAM)

Difficile en tout cas de donner un signal plus négatif pour l’avenir de la Métropole Aix-Marseille-Provence dont les ressources financières ne sont manifestement pas à la hauteur de ses ambitions et dont le montant de la dette devrait atteindre 1,9 milliards d’euros dès 2020. De quoi alimenter les critiques du sénateur FN, Stéphane Ravier, qui ironisait en plein débat budgétaire : « Nous avons déjà sombré dans le ridicule et prochainement dans les abysses des déficits budgétaires »… Heureusement, en juin 2017, l’agence de notation Fitch a attribué à la Métropole la note A+ qui lui permet d’emprunter à bon compte : on respire !

L.V.  

Le Bateau bleu bientôt au bord des Calanques…

3 septembre 2017

Décidément, les projets architecturaux fleurissent à Marseille. Alors que les travaux battent leur plein dans le cadre de l’opération Euroméditerranée, que le réaménagement de la Porte d’Aix avance à grands pas et que sont désormais quasiment achevées les constructions réalisées autour du stade Vélodrome réhabilité et agrandi, deux projets retiennent l’attention, tous deux pilotés par l’architecte Jean Nouvel.

Cet architecte français mondialement connu, s’était fait un nom au début des années 1980 avec la conception de l’Institut du Monde Arabe à Paris, avec ses spectaculaires façades à moucharabieh. C’est lui également qui a dirigé la réhabilitation de l’Opéra de Lyon, la construction du Musée des arts premiers, quai Branly à Paris, la tour Agbar à Barcelone ou encore le Louvre d’Abou Dhabi.

Les futures Tours d’Arenc dont la Marseillaise à droite (source © Constructa)

A Marseille, c’est son équipe qui a été retenue pour réaliser une des trois tours d’Arenc initiées par le promoteur Constructa dans le périmètre d’Euroméditerranée, entre le Silo et la tour CMA-CGM. Cette tour, pompeusement dénommée La Marseillaise est actuellement en cours de construction depuis fin 2014. Le noyau central en béton est désormais achevé, donnant à la tour sa hauteur définitive de 135 m, un peu moins que celle de la CMA-CGM, mais davantage que ses deux futures voisines.

Avancement du chantier de La Marseillaise (août 2017 – source © Vinci construction)

La tour H99, qui culminera comme son nom ne l’indique pas précisément à 99,90 m de hauteur, conçue par l’architecte Jean-Baptiste Pietri, comprendra 130 appartements de grand standing, répartis sur 27 étages avec vues panoramiques sur la ville et sur la baie de Marseille. Quant à la troisième, la tour Horizon, imaginée par Yves Lion, elle est prévue pour s’arrêter à 113 m de hauteur et pour abriter 200 chambres d’hôtels et 150 chambres de résidence de tourisme réparties sur 35 étages, mais le projet est encore en attente d’investisseurs.

La tour Marseillaise, quant à elle, prend forme rapidement. Ses 31 étages sont désormais en plein travaux mais la façade a déjà revêtu son apparence définitive avec ses couleurs qui oscillent, au gré de l’éclairage, entre les trois couleurs symboliques que sont, paraît-il, le bleu (comme les couleurs de l’OM, naturellement), le blanc (des nuages, forcément) et le rouge (des tuiles provençales, bien sûr). Une tour qui abritera, d’ici fin 2018, 35 000 m² de bureau, dont la moitié a été préemptée pour les services de la Métropole Aix-Marseille-Provence, le reste se partageant entre la Caisse d’Epargne, la Sodexo, la Chambre de commerce et d’industrie et Orange. Que du beau monde qui se retrouvera chaque midi dans un restaurant inter-entreprises de 2 800 m².

Et l’architecte Jean Nouvel ne compte pas s’arrêter en si beau chemin puisqu’il pilote un autre projet d’envergure, toujours dans la cité phocéenne mais cette fois à Saint-Just, juste en face du Dôme et du Bateau bleu, un bâtiment emblématique conçu par le Britannique William Aslop et qui abrite le siège du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.

Achevés tous les deux en 1994, le Bateau bleu et le Dôme, la plus grande salle de spectacle marseillaise, flottaient jusque là dans l’environnement inachevé de la ZAC Saint-Just, qui s’étend de part et d’autre de l’avenue Alexandre Flemming. Fin 2011, le promoteur Amétis s’est porté acquéreur d’une vaste parcelle de 8700 m², située juste en face, à l’angle avec le boulevard Maréchal Juin, tandis qu’un autre projet d’immeuble de bureau voyait le jour sur la parcelle adjacente côté sud, l’îlot Meyer.

Vue aérienne montrant l’implantation du projet (source © Amétis)

Le projet conçu en 2014 par Jean Nouvel, et dont les travaux ont débuté fin 2016, comprendra plus de 500 logements en accession à la propriété, en locatif social ou libre et pour étudiants, répartis en 7 bâtiments de 8 à 16 étages et dont la hauteur culminera à près de 50 m, un peu en dessous de son illustre voisin puisque le Bateau bleu monte à 66 m… Un parking, destiné en partie aux usagers du Dôme voisin, prendra place sous les immeubles et un cheminement piétonnier souterrain facilitera l’accès à la station de métro toute proche.

Façade en arc de cercle face au Bateau bleu (source © Amétis)

Baptisé en toute simplicité « Les Calanques », cet ensemble architectural ne manque pas d’originalité puisqu’il se présente comme un îlot de plusieurs bâtiments en arc de cercle dont la façade extérieure, côté boulevards, ressemblera à un immense mur bleu à haute performance acoustique, rappelant furieusement la couleur originale du Bateau bleu voisin, mais l’isolant des éclats de voix des conseillers départementaux en plein débat, et surtout du bruit de la circulation environnante.

Maquette du projet (source © Ateliers Jean Nouvel – ideom)

Des balcons végétalisés sur une cour parsemée de rochers (source © Amétis)

En partie centrale et autour d’une cour intérieure végétalisée comme un jardin méditerranéen aménagé autour d’un bassin central, les 546 appartements se déploieront sous forme de terrasses étagées. De nombreux enrochements calcaires, évoquant le paysage des calanques voisines, seront disposés au pied du mur de façade végétalisé, histoire de créer en plein centre urbain, un paysage minéral et végétal rustique.

Les différents logements de ce projet immobilier ambitieux ne seront livrés qu’entre 2019 et 2020 mais il est probable, si l’on se réfère aux nombreuses polémiques initiées lors de la construction du Bateau bleu, que ce nouveau projet architectural aussi coloré que végétalisé et qui devrait se voir de loin, n’a pas fini de faire jaser sur la Cannebière…

L.V.  

Martine Vassal serait-elle fâchée avec les chiffres ?

12 mai 2016

Blog301_PhVassalOn savait déjà que, du temps où elle n’était qu’adjointe au maire de Marseille et déléguée à la Communauté urbaine MPM, Martine Vassal avait été épinglée par la Justice, après qu’un contrôle de la Chambre régionale des comptes avait décelé de lourdes irrégularités dans l’attribution à la Société des eaux de Marseille du nouveau marché de distribution d’eau potable. Suite à une enquête ouverte le 12 janvier 2015 par le Parquet national financier pour favoritisme et prise illégale d’intérêt, complicité et recel de ces délits, son bureau et son domicile avaient fait l’objet, le 10 novembre 2015, d’une double perquisition menée par la Division économique et financière de la Police judiciaire.

Mais à la lecture du dernier numéro de la revue Accents de Provence, généreusement diffusée dans toutes les boîtes aux lettres du département par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, que Martine Vassal préside désormais, tout en étant également première vice-présidente de la Métropole Aix-Marseille et toujours adjointe au maire de Marseille, on se demande si notre élue n’est pas aussi un peu fâchée avec les mathématiques… Sans doute était-elle encore perturbée, au moment de signer cette tribune, par sa récente rencontre avec son mentor Nicolas Sarkozy en personne venue prêcher la bonne parole républicaine à Marseille le 28 avril dernier ?

Martine Vassal, secrétaire de la Fédération départementale des Républicains, aux côtés de Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Gaudin le 28 avril 2016 (photo ©Les Républicains)

Martine Vassal, secrétaire de la Fédération départementale des Républicains, aux côtés de Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Gaudin le 28 avril 2016 (photo ©Les Républicains)

Toujours est-il qu’elle annonce fièrement dans une longue interview de 2 pages que le Département des Bouches-du-Rhône vient de se lancer, sous son impulsion, dans l’ère du « collège 100 % numérique » et que « d’ici la prochaine rentrée, les élèves de 5° seront dotés d’une tablette numérique livrée dans la moitié de nos établissements ».

Blog301_PhAccentsOn y apprend du même coup que les collèges des Bouches-du-Rhône sont désormais également en mode « 100 % sécurité ». Par quel miracle ? « grâce à la mise en place de portails ». Eh oui, c’est tout simple mais encore fallait-il y penser. On se demande même comment on a pu fonctionner si longtemps sans avoir prévu de portail à l’entrée de nos collèges… A quoi réfléchissaient donc les 1386 agents territoriaux rattachés à la Direction des collèges du département avant l’arrivée de Martine Vassal à leur tête ? Franchement, on se le demande…

Jusqu’en 2014 en tout cas et depuis maintenant une dizaine d’années, le Département des Bouches-du-Rhône avait pris l’habitude de distribuer un ordinateur portable à chaque élève entrant en classe de quatrième, dans le but de « développer l’équipement des établissements et lutter contre la fracture numérique ». Le dispositif était certes coûteux mais a permis une véritable appropriation de l’outil numérique par la majorité des jeunes du département (et par leurs parents).Blog301_PhLogo

Martine Vassal avait annoncé la couleur dès la campagne pour les élections départementales en estimant que ce dispositif coûtait trop cher et serait supprimé par mesure d’économie. De fait les tablettes numériques qui ne sont jamais que des ordinateurs au rabais avec des performances moindres coûtent 20 % moins cher. On peut donc comprendre un tel choix mais on a plus de mal à concevoir en quoi cela pourrait s’apparenter à une révolution qui ferait entrer nos collèges dans le « 100 % numérique »… Sans doute un miracle de la communication politique ?

Visite organisée de Martine Vassal au collège de la Belle de Mai le 15 mars 2016

Visite organisée de Martine Vassal au collège de la Belle de Mai le 15 mars 2016

D’autant que l’on apprend, dans le même document mais en page 29, qu’en réalité seuls 9 des 189 collèges que compte le département des Bouches-du-Rhône ont vu leurs élèves de cinquième équipés de tablettes numériques à la rentrée 2015. On est donc très loin du 100 % numérique… Au passage, on apprend également qu’en fait ce dispositif s’inscrit dans le Plan numérique mis en place par l’Education nationale et que la moitié de son coût a été pris en charge par cette dernière. La collectivité dirigée par Martine Vassal ne fait donc qu’accompagner un investissement national largement financé par le budget de l’État, celui-là même que la Droite accuse sans arrêt de ne pas maîtriser ses dépenses publiques, mais passons !

Certes, la situation devrait s’améliorer lors de la prochaine rentrée 2016 puisqu’il est annoncé que ce seront alors 40 % des classes de cinquième qui bénéficieront du dispositif, sans compter qu’à cette date la moitié des collèges du département devraient être raccordés au Très haut débit pour faciliter l’utilisation des tablettes dans les classes. Quant à la généralisation du dispositif à l’ensemble des collèges du département, elle s’étalera jusqu’en 2018. On voit donc que ce beau slogan du 100 % numérique, dont notre élue multicartes est si fière, relève pour l’instant davantage de la promesse et de l’anticipation que de la réalité. Il vaudrait mieux parler à ce jour de 5 % mais reconnaissons que cela sonne un peu moins bien en matière de communication politique, justement un domaine où excelle Martine Vassal, formée à l’École supérieure de commerce de Marseille…

L.V.  LutinVertPetit

Départementales 2015 : quels enseignements en tirer ?

5 avril 2015

Beaucoup a déjà été écrit sur ces premières élections départementales qui viennent de se dérouler les 22 et 29 mars derniers, sur la base de cantons démographiquement plus équilibrés et en imposant la parité hommes/femmes. Politiquement, le principal enseignement est clair : la Gauche qui gérait, parfois depuis de nombreuses années, 61 des 101 départements français, n’en détient plus que 34. Seul le département de la Lozère, acquis à la Droite depuis 50 ans, bascule à gauche ! La stratégie de l’UMP qui avait fait liste commune avec l’UDI dès le premier tour de ces élections a manifestement été payante, par opposition à la Gauche qui s’est présentée à ces élections de manière totalement désunie.

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L’exemple de notre canton de La Ciotat est de ce point de vue caricatural avec la présence au 1er tour de deux listes de gauche, conduites pourtant par deux alliés des dernières municipales. Pour la troisième fois consécutive, après les précédentes cantonales de 2011 et les législatives de 2012, le second tour s’est résumé à un duel entre la Droite et le Front National !

Sur notre canton, le taux de participation a été particulièrement faible au premier tour, malgré le volume massif de subventions accordées par le Département depuis des années à notre commune. Rien d’étonnant néanmoins à cette désaffection, à la lecture du programme des candidats qui pour la plupart évoquaient principalement des idées générales d’ordre national et sans aucun rapport avec les compétences effectives du Département !

Un soutien officiel de la part de Jean-Pierre Giorgi à la liste UMP

Un soutien officiel de la part de Jean-Pierre Giorgi à la liste UMP

A Carnoux, la Gauche, malgré sa désunion a fait un score honorable avec près de 400 voix. On ne peut pas en dire autant de la liste UMP, pourtant ouvertement soutenue par notre maire qui avait pris soin de déléguer une de ses adjointes comme suppléante et qui avait obligeamment posé en personne sur la photo des tracts de campagne, démentant une fois encore son prétendu apolitisme. Avec seulement 854 voix au premier tour, l’équipe Boré – Milon obtient un score dérisoire sur notre commune ! D’ailleurs, le FN y est arrivé largement en tête au premier tour avec plus de 1000 suffrages exprimés en faveur de Vesselin Bratkov, qui n’avait obtenu que 418 voix au dernières élections municipales l’an dernier, et ceci sans même faire campagne puisqu’il n’a tenu aucune réunion publique sur Carnoux et que ses interventions en conseil municipal attestent surtout de sa méconnaissance profonde de la gestion des affaires publiques.

Jean-Noël Guérini, futur ex-président du Département

Jean-Noël Guérini, futur ex-président du Département

Dans les Bouches-du-Rhône, département aux mains de la Gauche depuis 60 ans et présidé depuis 1998 par Jean-Noël Guérini, ces élections constituent un vrai séisme politique. La poussée du FN a été fortement contenue, avec seulement deux élus sur le canton de Berre mais la Droite UMP-UDI enregistre une victoire incontestable avec 32 élus sur 58 et Martine Vassal, adjointe au maire de Marseille, a été élue dès le premier tour au poste de présidente du département, malgré les soupçons de conflit d’intérêt qui pèsent sur elle et qu’a soulevés récemment la Cour Régionale des Comptes. La Gauche a fait un score plutôt honorable avec 24 élus, surtout en comparaison du Var voisin où aucun représentant de la gauche ne figure dans la nouvelle assemblée départementale : les deux seuls candidats de gauche présents au second tour se sont fait balayer suite à une interprétation locale de la stratégie du « ni, ni » qui a conduit les électeurs de droite à se reporter massivement sur le Front National qui comprend désormais 6 représentants dans ce département…

Martine Vassal, nouvelle présidente du département (photo SIPA)

Martine Vassal, nouvelle présidente du département (photo SIPA)

D’ailleurs, sur les 4108 conseillers départementaux élus, seuls 62 (soit 1,5 % d’entre eux !) appartiennent au Front National, ce qui constitue un revers incontestable pour ce parti, arrivé en tête du premier tour dans 43 départements, avec un score national moyen supérieur à 25 % et qui s’était maintenu au deuxième tour dans plus de la moitié des cantons restant à pourvoir. Bien implanté désormais dans plusieurs départements, dont celui de Vaucluse où il va jouer les arbitres entre Gauche et Droite qui ont le même nombre d’élus, le FN ne dirigera cependant aucun département, contrairement au Parti Communiste qui garde le Val-de-Marne malgré un score national assez faible (1,3 % au premier tour et 5 % en additionnant les voix du Front de Gauche).

Cette élection confirme en tout cas certaines évolutions du paysage politique national qui se dessinent depuis déjà plusieurs années. L’électorat FN s’est manifestement élargi vers les jeunes et surtout les couches populaires. Traduisant jusque là surtout une aspiration à l’ordre et à la sécurité voire à des tentations de repli identitaire, le vote FN semble de plus en plus motivé par d’autres ressorts parmi lesquels figure une forte méfiance vis-à-vis des élites en général et du personnel politique en particulier, mais aussi contre les institutions européennes et les multinationales, ce qui contribue clairement à siphonner une partie de l’électorat de gauche…

Ajoutons à cela la lente dérive individualiste de notre société où les citoyens se transforment de plus en plus en consommateurs davantage soucieux de leur confort personnel que de solidarité et l’on comprend aisément que la Gauche soit à la peine, surtout en période de grave crise économique et sociale qui se traduit par une crainte généralisée de déclassement. Dans ce contexte, la Droite a beau jeu de tirer à boulets rouges sur le gouvernement même si elle semble bien en peine de proposer la moindre alternative crédible, lui reprochant aujourd’hui de faire ce qu’elle même avait mis en œuvre lorsqu’elle était au pouvoir…

Le programme du Conseil national de la résistance : un modèle à suivre ?

Le programme du Conseil national de la résistance : un modèle à suivre ?

Et pendant ce temps-là, « la maison brûle » : non seulement notre pays doit faire face à des mutations économiques majeures qui se traduisent par une désindustrialisation rapide et un chômage de masse, mais se profile aussi à un horizon de plus en plus rapproché le défi colossal du changement climatique et de la transition énergétique, tandis que les conditions sociales se dégradent pour une grande partie de la population avec de réelles difficultés de logement, voire de santé pour certains, et une aggravation des écarts de richesse entre les nantis et les autres. Une véritable situation de crise qui demanderait un sursaut républicain et l’union des intelligences pour trouver ensemble les bonnes solutions, comme la France avait su le faire au sortir de la seconde guerre mondiale.

On est loin de ce schéma malheureusement et les comportements des différents partis lors de ces dernières élections départementales ne donnent guère l’espoir qu’on s’achemine vers un tel processus…

L. V. PetitLutinVert

Élections départementales 2015 : le retour des cumulards ?

24 février 2015

Blog163_Logo13Les médias n’en parlent guère, mais dans moins d’un moins se déroulera le premier tour des élections départementales, le dimanche 22 mars. Pourtant, le sujet devrait passionner chacun des citoyens que nous sommes car l’échelon départemental est après la commune celui auquel les Français sont le plus viscéralement attachés. Nous avons tous appris à l’école l’histoire de la création des départements en pleine euphorie révolutionnaire, à l’époque où la maille du découpage administratif prenait en compte la distance qu’un cavalier pouvait parcourir dans la journée pour se rendre à la préfecture. Rappelons-nous le tollé soulevé lorsqu’il a été question de supprimer le numéro du département sur les plaques d’immatriculation des voitures…

Pourquoi alors tant d’indifférence, alors que nous allons vivre dans quelques semaines un changement important dans le mode de scrutin de nos ex conseillers généraux, autrefois renouvelés par moitié tous les trois ans à l’occasion d’élections dites cantonales ? Place désormais au Conseil départemental dont les membres vont être élus pour 6 ans sous forme de binômes : pour chaque canton se présenteront obligatoirement un homme et une femme, avec leurs deux suppléants, un grand progrès pour la parité ! Les cantons eux-mêmes ont été redécoupés afin de permettre une représentation nettement plus équitable entre zones urbaines et rurales. Jusqu’à présent en effet, les secteurs densément peuplés étaient nettement sous-représentés par rapport aux campagnes et il était temps de rééquilibrer un peu la situation…

Extrait de la nouvelle carte des cantons des Bouches-du-Rhône

Extrait de la nouvelle carte des cantons des Bouches-du-Rhône

Carnoux fait désormais partie d’un canton élargi qui englobe les communes voisines de Cassis, Roquefort-La Bédoule, La Ciotat, Ceyreste, Cuges-les-pins et Gémenos, tandis que la ville d’Aubagne a été réunifiée au sein d’un autre canton qui intègre également La Penne-sur-Huveaune et Roquevaire. En 2011, lors des dernières élections, c’est Roland Giberti, maire de Gémenos, qui avait été très largement élu dans le canton d’Aubagne-Est auquel Carnoux était alors rattaché. La Gauche, qui se présentait en ordre dispersé, avait été éliminée dès le premier tour, et le second tour s’était réduit à un duel entre UMP et Front National. Même situation dans le canton voisin de La Ciotat où la Gauche, pourtant nettement majoritaire, s’était déchirée en 3 listes rivales et avait donc logiquement été balayée également dès le premier tour, laissant le maire de La Ciotat, Patrick Boré, cueillir une victoire facile au second tour face au candidat FN.

Danièle Milon, Patrick Boré et Sophie Gébelin (adjointe au maire de Carnoux), candidats UMP © Photo Fr. G. parue dans La Provence le 21 février 2015

Danièle Milon, Patrick Boré et Sophie Gébelin (adjointe au maire de Carnoux), candidats UMP © Photo Fr. G. parue dans La Provence le 21 février 2015

Cette année, la situation est encore plus favorable à la Droite puisque le nouveau canton ne comporte que des communes toutes dirigées, parfois depuis très longtemps, par des municipalités de Droite. Le tandem qui se présente au nom de l’UMP est d’ailleurs constitué de deux maires bien en place, ceux de La Ciotat et de Cassis, qui devraient être élus dans un fauteuil, sans même avoir besoin de faire campagne. D’autant qu’en face, la Gauche n’a rien retenu de la cuisante leçon reçue en 2011 et se présente de nouveau en ordre dispersé ! Le Parti socialiste, les Verts et Nouvelle Donne n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts pour tenter de monter une liste commune de Gauche, mais le Front de Gauche n’a rien voulu entendre et présentera contre toute logique sa propre liste face à une liste conduite par une socialiste, les Verts et Nouvelle Donne ayant préférer jeter l’éponge… La socialiste Christine Abattu et le communiste Karim Ghendouf avait pourtant réussi à faire liste commune lors des dernières élections municipales l’an dernier, mais l’alliance n’était manifestement que de façade !

Karim Ghendouf et Christine Abattu alliés ou adversaires ? © Photo C. Sollier pour La Provence (novembre 2013)

Karim Ghendouf et Christine Abattu alliés ou adversaires ? © Photo C. Sollier pour La Provence (novembre 2013)

Les règles du jeu étant ce qu’elles sont, il faut recueillir au moins 12,5 % des inscrits, soit probablement plus de 20 % des suffrages exprimés, pour espérer atteindre le second tour. Tout laisse donc penser que le second tour de ces prochaines élections départementales sur notre canton opposera une fois de plus l’UMP au Front National : bis repetita placent

A défaut de tout suspens et au risque de désespérer encore davantage les citoyens les plus républicains, ces élections départementales ont toutes les chances d’aboutir dans notre secteur à un triomphe des cumulards. Sur notre canton, Patrick Boré et Danièle Milon, déjà tous deux maires de leur commune et vice-présidents de la Communauté urbaine, vont selon toute vraisemblance se retrouver de surcroît élus au Département, tandis que dans le canton voisin d’Aubagne, la liste UMP est conduite par Gérard Gazay et Syvia Barthélémy, déjà respectivement maire d’Aubagne et présidente de la Communauté d’agglomération…

Blog163_PhCG13Depuis le temps qu’il est question de restreindre le cumul des mandats, on voit bien à quel point les élus locaux ont du mal à se plier à cette exigence démocratique ! Un tel mélange des genres, pourtant dénoncé par tous ceux qui tentent de lutter contre la corruption, est d’autant plus choquant que le Département est devenu le principal financeur des communes, subventionnant très largement la plupart de leurs projets d’investissement. Il suffit pour s’en persuader de regarder le nombre de panneaux blancs et bleus Blog163_PhPanneauqui fleurissent en ce moment au centre-ville de Carnoux et qui indiquent à quel point les chantiers en cours sont très largement soutenus financièrement par le Conseil général des Bouches-du-Rhône. Dans ces conditions, on comprend bien que tous les maires souhaitent se faire élire conseillers départementaux selon le vieil adage qui rappelle qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même… A quand la fin du clientélisme parmi nos élus locaux ?

L. V.  LutinVertPetit