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Le Bateau bleu bientôt au bord des Calanques…

3 septembre 2017

Décidément, les projets architecturaux fleurissent à Marseille. Alors que les travaux battent leur plein dans le cadre de l’opération Euroméditerranée, que le réaménagement de la Porte d’Aix avance à grands pas et que sont désormais quasiment achevées les constructions réalisées autour du stade Vélodrome réhabilité et agrandi, deux projets retiennent l’attention, tous deux pilotés par l’architecte Jean Nouvel.

Cet architecte français mondialement connu, s’était fait un nom au début des années 1980 avec la conception de l’Institut du Monde Arabe à Paris, avec ses spectaculaires façades à moucharabieh. C’est lui également qui a dirigé la réhabilitation de l’Opéra de Lyon, la construction du Musée des arts premiers, quai Branly à Paris, la tour Agbar à Barcelone ou encore le Louvre d’Abou Dhabi.

Les futures Tours d’Arenc dont la Marseillaise à droite (source © Constructa)

A Marseille, c’est son équipe qui a été retenue pour réaliser une des trois tours d’Arenc initiées par le promoteur Constructa dans le périmètre d’Euroméditerranée, entre le Silo et la tour CMA-CGM. Cette tour, pompeusement dénommée La Marseillaise est actuellement en cours de construction depuis fin 2014. Le noyau central en béton est désormais achevé, donnant à la tour sa hauteur définitive de 135 m, un peu moins que celle de la CMA-CGM, mais davantage que ses deux futures voisines.

Avancement du chantier de La Marseillaise (août 2017 – source © Vinci construction)

La tour H99, qui culminera comme son nom ne l’indique pas précisément à 99,90 m de hauteur, conçue par l’architecte Jean-Baptiste Pietri, comprendra 130 appartements de grand standing, répartis sur 27 étages avec vues panoramiques sur la ville et sur la baie de Marseille. Quant à la troisième, la tour Horizon, imaginée par Yves Lion, elle est prévue pour s’arrêter à 113 m de hauteur et pour abriter 200 chambres d’hôtels et 150 chambres de résidence de tourisme réparties sur 35 étages, mais le projet est encore en attente d’investisseurs.

La tour Marseillaise, quant à elle, prend forme rapidement. Ses 31 étages sont désormais en plein travaux mais la façade a déjà revêtu son apparence définitive avec ses couleurs qui oscillent, au gré de l’éclairage, entre les trois couleurs symboliques que sont, paraît-il, le bleu (comme les couleurs de l’OM, naturellement), le blanc (des nuages, forcément) et le rouge (des tuiles provençales, bien sûr). Une tour qui abritera, d’ici fin 2018, 35 000 m² de bureau, dont la moitié a été préemptée pour les services de la Métropole Aix-Marseille-Provence, le reste se partageant entre la Caisse d’Epargne, la Sodexo, la Chambre de commerce et d’industrie et Orange. Que du beau monde qui se retrouvera chaque midi dans un restaurant inter-entreprises de 2 800 m².

Et l’architecte Jean Nouvel ne compte pas s’arrêter en si beau chemin puisqu’il pilote un autre projet d’envergure, toujours dans la cité phocéenne mais cette fois à Saint-Just, juste en face du Dôme et du Bateau bleu, un bâtiment emblématique conçu par le Britannique William Aslop et qui abrite le siège du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.

Achevés tous les deux en 1994, le Bateau bleu et le Dôme, la plus grande salle de spectacle marseillaise, flottaient jusque là dans l’environnement inachevé de la ZAC Saint-Just, qui s’étend de part et d’autre de l’avenue Alexandre Flemming. Fin 2011, le promoteur Amétis s’est porté acquéreur d’une vaste parcelle de 8700 m², située juste en face, à l’angle avec le boulevard Maréchal Juin, tandis qu’un autre projet d’immeuble de bureau voyait le jour sur la parcelle adjacente côté sud, l’îlot Meyer.

Vue aérienne montrant l’implantation du projet (source © Amétis)

Le projet conçu en 2014 par Jean Nouvel, et dont les travaux ont débuté fin 2016, comprendra plus de 500 logements en accession à la propriété, en locatif social ou libre et pour étudiants, répartis en 7 bâtiments de 8 à 16 étages et dont la hauteur culminera à près de 50 m, un peu en dessous de son illustre voisin puisque le Bateau bleu monte à 66 m… Un parking, destiné en partie aux usagers du Dôme voisin, prendra place sous les immeubles et un cheminement piétonnier souterrain facilitera l’accès à la station de métro toute proche.

Façade en arc de cercle face au Bateau bleu (source © Amétis)

Baptisé en toute simplicité « Les Calanques », cet ensemble architectural ne manque pas d’originalité puisqu’il se présente comme un îlot de plusieurs bâtiments en arc de cercle dont la façade extérieure, côté boulevards, ressemblera à un immense mur bleu à haute performance acoustique, rappelant furieusement la couleur originale du Bateau bleu voisin, mais l’isolant des éclats de voix des conseillers départementaux en plein débat, et surtout du bruit de la circulation environnante.

Maquette du projet (source © Ateliers Jean Nouvel – ideom)

Des balcons végétalisés sur une cour parsemée de rochers (source © Amétis)

En partie centrale et autour d’une cour intérieure végétalisée comme un jardin méditerranéen aménagé autour d’un bassin central, les 546 appartements se déploieront sous forme de terrasses étagées. De nombreux enrochements calcaires, évoquant le paysage des calanques voisines, seront disposés au pied du mur de façade végétalisé, histoire de créer en plein centre urbain, un paysage minéral et végétal rustique.

Les différents logements de ce projet immobilier ambitieux ne seront livrés qu’entre 2019 et 2020 mais il est probable, si l’on se réfère aux nombreuses polémiques initiées lors de la construction du Bateau bleu, que ce nouveau projet architectural aussi coloré que végétalisé et qui devrait se voir de loin, n’a pas fini de faire jaser sur la Cannebière…

L.V.  

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Martine Vassal serait-elle fâchée avec les chiffres ?

12 mai 2016

Blog301_PhVassalOn savait déjà que, du temps où elle n’était qu’adjointe au maire de Marseille et déléguée à la Communauté urbaine MPM, Martine Vassal avait été épinglée par la Justice, après qu’un contrôle de la Chambre régionale des comptes avait décelé de lourdes irrégularités dans l’attribution à la Société des eaux de Marseille du nouveau marché de distribution d’eau potable. Suite à une enquête ouverte le 12 janvier 2015 par le Parquet national financier pour favoritisme et prise illégale d’intérêt, complicité et recel de ces délits, son bureau et son domicile avaient fait l’objet, le 10 novembre 2015, d’une double perquisition menée par la Division économique et financière de la Police judiciaire.

Mais à la lecture du dernier numéro de la revue Accents de Provence, généreusement diffusée dans toutes les boîtes aux lettres du département par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, que Martine Vassal préside désormais, tout en étant également première vice-présidente de la Métropole Aix-Marseille et toujours adjointe au maire de Marseille, on se demande si notre élue n’est pas aussi un peu fâchée avec les mathématiques… Sans doute était-elle encore perturbée, au moment de signer cette tribune, par sa récente rencontre avec son mentor Nicolas Sarkozy en personne venue prêcher la bonne parole républicaine à Marseille le 28 avril dernier ?

Martine Vassal, secrétaire de la Fédération départementale des Républicains, aux côtés de Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Gaudin le 28 avril 2016 (photo ©Les Républicains)

Martine Vassal, secrétaire de la Fédération départementale des Républicains, aux côtés de Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Gaudin le 28 avril 2016 (photo ©Les Républicains)

Toujours est-il qu’elle annonce fièrement dans une longue interview de 2 pages que le Département des Bouches-du-Rhône vient de se lancer, sous son impulsion, dans l’ère du « collège 100 % numérique » et que « d’ici la prochaine rentrée, les élèves de 5° seront dotés d’une tablette numérique livrée dans la moitié de nos établissements ».

Blog301_PhAccentsOn y apprend du même coup que les collèges des Bouches-du-Rhône sont désormais également en mode « 100 % sécurité ». Par quel miracle ? « grâce à la mise en place de portails ». Eh oui, c’est tout simple mais encore fallait-il y penser. On se demande même comment on a pu fonctionner si longtemps sans avoir prévu de portail à l’entrée de nos collèges… A quoi réfléchissaient donc les 1386 agents territoriaux rattachés à la Direction des collèges du département avant l’arrivée de Martine Vassal à leur tête ? Franchement, on se le demande…

Jusqu’en 2014 en tout cas et depuis maintenant une dizaine d’années, le Département des Bouches-du-Rhône avait pris l’habitude de distribuer un ordinateur portable à chaque élève entrant en classe de quatrième, dans le but de « développer l’équipement des établissements et lutter contre la fracture numérique ». Le dispositif était certes coûteux mais a permis une véritable appropriation de l’outil numérique par la majorité des jeunes du département (et par leurs parents).Blog301_PhLogo

Martine Vassal avait annoncé la couleur dès la campagne pour les élections départementales en estimant que ce dispositif coûtait trop cher et serait supprimé par mesure d’économie. De fait les tablettes numériques qui ne sont jamais que des ordinateurs au rabais avec des performances moindres coûtent 20 % moins cher. On peut donc comprendre un tel choix mais on a plus de mal à concevoir en quoi cela pourrait s’apparenter à une révolution qui ferait entrer nos collèges dans le « 100 % numérique »… Sans doute un miracle de la communication politique ?

Visite organisée de Martine Vassal au collège de la Belle de Mai le 15 mars 2016

Visite organisée de Martine Vassal au collège de la Belle de Mai le 15 mars 2016

D’autant que l’on apprend, dans le même document mais en page 29, qu’en réalité seuls 9 des 189 collèges que compte le département des Bouches-du-Rhône ont vu leurs élèves de cinquième équipés de tablettes numériques à la rentrée 2015. On est donc très loin du 100 % numérique… Au passage, on apprend également qu’en fait ce dispositif s’inscrit dans le Plan numérique mis en place par l’Education nationale et que la moitié de son coût a été pris en charge par cette dernière. La collectivité dirigée par Martine Vassal ne fait donc qu’accompagner un investissement national largement financé par le budget de l’État, celui-là même que la Droite accuse sans arrêt de ne pas maîtriser ses dépenses publiques, mais passons !

Certes, la situation devrait s’améliorer lors de la prochaine rentrée 2016 puisqu’il est annoncé que ce seront alors 40 % des classes de cinquième qui bénéficieront du dispositif, sans compter qu’à cette date la moitié des collèges du département devraient être raccordés au Très haut débit pour faciliter l’utilisation des tablettes dans les classes. Quant à la généralisation du dispositif à l’ensemble des collèges du département, elle s’étalera jusqu’en 2018. On voit donc que ce beau slogan du 100 % numérique, dont notre élue multicartes est si fière, relève pour l’instant davantage de la promesse et de l’anticipation que de la réalité. Il vaudrait mieux parler à ce jour de 5 % mais reconnaissons que cela sonne un peu moins bien en matière de communication politique, justement un domaine où excelle Martine Vassal, formée à l’École supérieure de commerce de Marseille…

L.V.  LutinVertPetit

Départementales 2015 : quels enseignements en tirer ?

5 avril 2015

Beaucoup a déjà été écrit sur ces premières élections départementales qui viennent de se dérouler les 22 et 29 mars derniers, sur la base de cantons démographiquement plus équilibrés et en imposant la parité hommes/femmes. Politiquement, le principal enseignement est clair : la Gauche qui gérait, parfois depuis de nombreuses années, 61 des 101 départements français, n’en détient plus que 34. Seul le département de la Lozère, acquis à la Droite depuis 50 ans, bascule à gauche ! La stratégie de l’UMP qui avait fait liste commune avec l’UDI dès le premier tour de ces élections a manifestement été payante, par opposition à la Gauche qui s’est présentée à ces élections de manière totalement désunie.

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L’exemple de notre canton de La Ciotat est de ce point de vue caricatural avec la présence au 1er tour de deux listes de gauche, conduites pourtant par deux alliés des dernières municipales. Pour la troisième fois consécutive, après les précédentes cantonales de 2011 et les législatives de 2012, le second tour s’est résumé à un duel entre la Droite et le Front National !

Sur notre canton, le taux de participation a été particulièrement faible au premier tour, malgré le volume massif de subventions accordées par le Département depuis des années à notre commune. Rien d’étonnant néanmoins à cette désaffection, à la lecture du programme des candidats qui pour la plupart évoquaient principalement des idées générales d’ordre national et sans aucun rapport avec les compétences effectives du Département !

Un soutien officiel de la part de Jean-Pierre Giorgi à la liste UMP

Un soutien officiel de la part de Jean-Pierre Giorgi à la liste UMP

A Carnoux, la Gauche, malgré sa désunion a fait un score honorable avec près de 400 voix. On ne peut pas en dire autant de la liste UMP, pourtant ouvertement soutenue par notre maire qui avait pris soin de déléguer une de ses adjointes comme suppléante et qui avait obligeamment posé en personne sur la photo des tracts de campagne, démentant une fois encore son prétendu apolitisme. Avec seulement 854 voix au premier tour, l’équipe Boré – Milon obtient un score dérisoire sur notre commune ! D’ailleurs, le FN y est arrivé largement en tête au premier tour avec plus de 1000 suffrages exprimés en faveur de Vesselin Bratkov, qui n’avait obtenu que 418 voix au dernières élections municipales l’an dernier, et ceci sans même faire campagne puisqu’il n’a tenu aucune réunion publique sur Carnoux et que ses interventions en conseil municipal attestent surtout de sa méconnaissance profonde de la gestion des affaires publiques.

Jean-Noël Guérini, futur ex-président du Département

Jean-Noël Guérini, futur ex-président du Département

Dans les Bouches-du-Rhône, département aux mains de la Gauche depuis 60 ans et présidé depuis 1998 par Jean-Noël Guérini, ces élections constituent un vrai séisme politique. La poussée du FN a été fortement contenue, avec seulement deux élus sur le canton de Berre mais la Droite UMP-UDI enregistre une victoire incontestable avec 32 élus sur 58 et Martine Vassal, adjointe au maire de Marseille, a été élue dès le premier tour au poste de présidente du département, malgré les soupçons de conflit d’intérêt qui pèsent sur elle et qu’a soulevés récemment la Cour Régionale des Comptes. La Gauche a fait un score plutôt honorable avec 24 élus, surtout en comparaison du Var voisin où aucun représentant de la gauche ne figure dans la nouvelle assemblée départementale : les deux seuls candidats de gauche présents au second tour se sont fait balayer suite à une interprétation locale de la stratégie du « ni, ni » qui a conduit les électeurs de droite à se reporter massivement sur le Front National qui comprend désormais 6 représentants dans ce département…

Martine Vassal, nouvelle présidente du département (photo SIPA)

Martine Vassal, nouvelle présidente du département (photo SIPA)

D’ailleurs, sur les 4108 conseillers départementaux élus, seuls 62 (soit 1,5 % d’entre eux !) appartiennent au Front National, ce qui constitue un revers incontestable pour ce parti, arrivé en tête du premier tour dans 43 départements, avec un score national moyen supérieur à 25 % et qui s’était maintenu au deuxième tour dans plus de la moitié des cantons restant à pourvoir. Bien implanté désormais dans plusieurs départements, dont celui de Vaucluse où il va jouer les arbitres entre Gauche et Droite qui ont le même nombre d’élus, le FN ne dirigera cependant aucun département, contrairement au Parti Communiste qui garde le Val-de-Marne malgré un score national assez faible (1,3 % au premier tour et 5 % en additionnant les voix du Front de Gauche).

Cette élection confirme en tout cas certaines évolutions du paysage politique national qui se dessinent depuis déjà plusieurs années. L’électorat FN s’est manifestement élargi vers les jeunes et surtout les couches populaires. Traduisant jusque là surtout une aspiration à l’ordre et à la sécurité voire à des tentations de repli identitaire, le vote FN semble de plus en plus motivé par d’autres ressorts parmi lesquels figure une forte méfiance vis-à-vis des élites en général et du personnel politique en particulier, mais aussi contre les institutions européennes et les multinationales, ce qui contribue clairement à siphonner une partie de l’électorat de gauche…

Ajoutons à cela la lente dérive individualiste de notre société où les citoyens se transforment de plus en plus en consommateurs davantage soucieux de leur confort personnel que de solidarité et l’on comprend aisément que la Gauche soit à la peine, surtout en période de grave crise économique et sociale qui se traduit par une crainte généralisée de déclassement. Dans ce contexte, la Droite a beau jeu de tirer à boulets rouges sur le gouvernement même si elle semble bien en peine de proposer la moindre alternative crédible, lui reprochant aujourd’hui de faire ce qu’elle même avait mis en œuvre lorsqu’elle était au pouvoir…

Le programme du Conseil national de la résistance : un modèle à suivre ?

Le programme du Conseil national de la résistance : un modèle à suivre ?

Et pendant ce temps-là, « la maison brûle » : non seulement notre pays doit faire face à des mutations économiques majeures qui se traduisent par une désindustrialisation rapide et un chômage de masse, mais se profile aussi à un horizon de plus en plus rapproché le défi colossal du changement climatique et de la transition énergétique, tandis que les conditions sociales se dégradent pour une grande partie de la population avec de réelles difficultés de logement, voire de santé pour certains, et une aggravation des écarts de richesse entre les nantis et les autres. Une véritable situation de crise qui demanderait un sursaut républicain et l’union des intelligences pour trouver ensemble les bonnes solutions, comme la France avait su le faire au sortir de la seconde guerre mondiale.

On est loin de ce schéma malheureusement et les comportements des différents partis lors de ces dernières élections départementales ne donnent guère l’espoir qu’on s’achemine vers un tel processus…

L. V. PetitLutinVert

Élections départementales 2015 : le retour des cumulards ?

24 février 2015

Blog163_Logo13Les médias n’en parlent guère, mais dans moins d’un moins se déroulera le premier tour des élections départementales, le dimanche 22 mars. Pourtant, le sujet devrait passionner chacun des citoyens que nous sommes car l’échelon départemental est après la commune celui auquel les Français sont le plus viscéralement attachés. Nous avons tous appris à l’école l’histoire de la création des départements en pleine euphorie révolutionnaire, à l’époque où la maille du découpage administratif prenait en compte la distance qu’un cavalier pouvait parcourir dans la journée pour se rendre à la préfecture. Rappelons-nous le tollé soulevé lorsqu’il a été question de supprimer le numéro du département sur les plaques d’immatriculation des voitures…

Pourquoi alors tant d’indifférence, alors que nous allons vivre dans quelques semaines un changement important dans le mode de scrutin de nos ex conseillers généraux, autrefois renouvelés par moitié tous les trois ans à l’occasion d’élections dites cantonales ? Place désormais au Conseil départemental dont les membres vont être élus pour 6 ans sous forme de binômes : pour chaque canton se présenteront obligatoirement un homme et une femme, avec leurs deux suppléants, un grand progrès pour la parité ! Les cantons eux-mêmes ont été redécoupés afin de permettre une représentation nettement plus équitable entre zones urbaines et rurales. Jusqu’à présent en effet, les secteurs densément peuplés étaient nettement sous-représentés par rapport aux campagnes et il était temps de rééquilibrer un peu la situation…

Extrait de la nouvelle carte des cantons des Bouches-du-Rhône

Extrait de la nouvelle carte des cantons des Bouches-du-Rhône

Carnoux fait désormais partie d’un canton élargi qui englobe les communes voisines de Cassis, Roquefort-La Bédoule, La Ciotat, Ceyreste, Cuges-les-pins et Gémenos, tandis que la ville d’Aubagne a été réunifiée au sein d’un autre canton qui intègre également La Penne-sur-Huveaune et Roquevaire. En 2011, lors des dernières élections, c’est Roland Giberti, maire de Gémenos, qui avait été très largement élu dans le canton d’Aubagne-Est auquel Carnoux était alors rattaché. La Gauche, qui se présentait en ordre dispersé, avait été éliminée dès le premier tour, et le second tour s’était réduit à un duel entre UMP et Front National. Même situation dans le canton voisin de La Ciotat où la Gauche, pourtant nettement majoritaire, s’était déchirée en 3 listes rivales et avait donc logiquement été balayée également dès le premier tour, laissant le maire de La Ciotat, Patrick Boré, cueillir une victoire facile au second tour face au candidat FN.

Danièle Milon, Patrick Boré et Sophie Gébelin (adjointe au maire de Carnoux), candidats UMP © Photo Fr. G. parue dans La Provence le 21 février 2015

Danièle Milon, Patrick Boré et Sophie Gébelin (adjointe au maire de Carnoux), candidats UMP © Photo Fr. G. parue dans La Provence le 21 février 2015

Cette année, la situation est encore plus favorable à la Droite puisque le nouveau canton ne comporte que des communes toutes dirigées, parfois depuis très longtemps, par des municipalités de Droite. Le tandem qui se présente au nom de l’UMP est d’ailleurs constitué de deux maires bien en place, ceux de La Ciotat et de Cassis, qui devraient être élus dans un fauteuil, sans même avoir besoin de faire campagne. D’autant qu’en face, la Gauche n’a rien retenu de la cuisante leçon reçue en 2011 et se présente de nouveau en ordre dispersé ! Le Parti socialiste, les Verts et Nouvelle Donne n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts pour tenter de monter une liste commune de Gauche, mais le Front de Gauche n’a rien voulu entendre et présentera contre toute logique sa propre liste face à une liste conduite par une socialiste, les Verts et Nouvelle Donne ayant préférer jeter l’éponge… La socialiste Christine Abattu et le communiste Karim Ghendouf avait pourtant réussi à faire liste commune lors des dernières élections municipales l’an dernier, mais l’alliance n’était manifestement que de façade !

Karim Ghendouf et Christine Abattu alliés ou adversaires ? © Photo C. Sollier pour La Provence (novembre 2013)

Karim Ghendouf et Christine Abattu alliés ou adversaires ? © Photo C. Sollier pour La Provence (novembre 2013)

Les règles du jeu étant ce qu’elles sont, il faut recueillir au moins 12,5 % des inscrits, soit probablement plus de 20 % des suffrages exprimés, pour espérer atteindre le second tour. Tout laisse donc penser que le second tour de ces prochaines élections départementales sur notre canton opposera une fois de plus l’UMP au Front National : bis repetita placent

A défaut de tout suspens et au risque de désespérer encore davantage les citoyens les plus républicains, ces élections départementales ont toutes les chances d’aboutir dans notre secteur à un triomphe des cumulards. Sur notre canton, Patrick Boré et Danièle Milon, déjà tous deux maires de leur commune et vice-présidents de la Communauté urbaine, vont selon toute vraisemblance se retrouver de surcroît élus au Département, tandis que dans le canton voisin d’Aubagne, la liste UMP est conduite par Gérard Gazay et Syvia Barthélémy, déjà respectivement maire d’Aubagne et présidente de la Communauté d’agglomération…

Blog163_PhCG13Depuis le temps qu’il est question de restreindre le cumul des mandats, on voit bien à quel point les élus locaux ont du mal à se plier à cette exigence démocratique ! Un tel mélange des genres, pourtant dénoncé par tous ceux qui tentent de lutter contre la corruption, est d’autant plus choquant que le Département est devenu le principal financeur des communes, subventionnant très largement la plupart de leurs projets d’investissement. Il suffit pour s’en persuader de regarder le nombre de panneaux blancs et bleus Blog163_PhPanneauqui fleurissent en ce moment au centre-ville de Carnoux et qui indiquent à quel point les chantiers en cours sont très largement soutenus financièrement par le Conseil général des Bouches-du-Rhône. Dans ces conditions, on comprend bien que tous les maires souhaitent se faire élire conseillers départementaux selon le vieil adage qui rappelle qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même… A quand la fin du clientélisme parmi nos élus locaux ?

L. V.  LutinVertPetit