Archive for septembre 2009

Le 3 octobre 2009…

29 septembre 2009

Vous avez votre mot à dire..!

Non.

Non.

Ne vous laissez pas voler vos services publics.

Impunément, travailler tue

27 septembre 2009

Sinistres mais révélateurs, les suicides à France Telecom ne doivent pas devenir l’arbre qui cache la forêt. Car, depuis des dizaines d’années, des salariés meurent deux fois. Physiquement, puis symboliquement. Ils meurent car ils travaillent. Ensuite, ils meurent du silence et du mépris ; de l’absence de reconnaissance pénale, médicale et publique, des causes professionnelles de leurs décès.

Cela s’étudie, cela se tait : plus de deux personnes chaque jour décèdent en France d’accidents du travail. En 2006, près de 50 000 ont subi une incapacité permanente suite à accident du travail. Depuis 1995, les maladies professionnelles reconnues ont doublé. Les troubles musculo-squelettiques liés au travail augmentent. Le nombre des cancers professionnels explose. Liés à la multiplication des postes intenables, les dommages psychologiques ruinent toujours plus de vies (et de familles). D’ici 2020, 80 000 à 100 000 salariés exposés à l’amiante disparaîtront. Nous n’évoquons ici que les maladies professionnelles reconnues : en 2002, un rapport officiel les jugeaient sous-évaluées de 70%. Selon le rapport Diricq de 2008, une telle sous-évaluation coûte près d’un million d’euros à la Sécurité Sociale.

Des chiffres ? C’était la vie de Jérôme Bianco, qui meurt à 32 ans en lavant des vitres, qui tombe d’une nacelle parce que L’Oréal fait des « économies » sur les rambardes de sécurité et utilise un sous-traitant, Galderma… Lequel sous-traite à TNF, qui économise sur la formation et les équipements de protection.
Des chiffres ? C’est un salarié qui se jette du 5ème étage, devant ses collègues, au Technocentre Renault-Guyancourt, victime d’impératifs de productivité intenables et des harcèlements qui vont avec… Quelques mois après, la direction installe un piano dans le hall du technocentre qui joue de la musique d’ambiance pour la relaxation des personnels ! Kafka new look version DRH « trop cool ».

Des chiffres ? C’est le 31 mars dernier, Vincent, un cariste de 30 ans, retrouvé mort, une plaie à la tête, seul dans l’entrepôt PSA de Saint-Ouen, où depuis dix ans il déplace des caisses. La direction, arguant d’une baisse d’activité, venait de mettre en place des postes solitaires. Avant les agents étaient deux. La veille de son décès, Vincent signalait à son syndicat que le volume de travail n’était pas supportable. Enfin, vient l’été meurtrier à France Télécom : 23 suicides depuis février 2008; cet été, 6 suicides et 4 tentatives de suicide. Dans la nuit du 13 juillet, Michel D. se donne la mort et laisse une lettre qui identifie de manière incontestable son travail à France Télécom comme seule et unique cause de son acte. Victime de la mode ? Ce mot « malheureux » du PDG de l’entreprise exprime l’immense coupure entre la direction et les agents. Se poignarder devant ses collègues, sauter par la fenêtre de son bureau et mourir à 32 ans, serait donc le dernier chic ? Quelle obscénité ! Et quelle infamie que ce numéro vert mis en place par la direction, comme si ces morts relevaient de « problèmes personnels », alors que, d’évidence, c’est l’organisation du travail, à France Telecom comme ailleurs, qui est en cause.

Partout, la mise en concurrence accrue des salariés, les mobilités forcées, l’intensification du travail, cassent la qualité, la sécurité et le sens même de l’activité. Parallèlement, toujours plus de grandes entreprises recourent à des sous-traitants, eux-mêmes mis en concurrence, dans le cadre d’appels d’offre sans cesse renouvelés. On sélectionne les moins coûteux qui économisent sur les à-côtés (non rentables) du travail : prévention des risques, équipements de sécurité, formation des personnels, le plus souvent embauchés en CDD ou en Intérim ; les directions s’appuient sur les derniers venus pour essorer davantage leurs propres salariés.

Partout, les parcours professionnels sont plus discontinus. En conséquence, les salariés exposés à des substances cancérigènes peinent à faire établir la cause professionnelle de leur cancer. Dans certains cas, les politiques d’entreprises ou de branches jouent d’ailleurs sur cette traçabilité rendue compliquée. Dans l’industrie nucléaire, il s’agit d’une règle : Depuis la fin des années 1980, plus de 80% de la dose collective d’irradiation reçue par les travailleurs du parc nucléaire est supportée par des salariés d’entreprises intervenant comme sous-traitants ou intérimaires. Environ 25 000 salariés de plus de 1000 entreprises différentes reçoivent des doses individuelles moyennes, par mois de présence sur les sites irradiés, 11 à 15 fois plus élevées que celle des agents EDF. Cachez ces cancers, qui nuisent à l’image de marque !

Et puis, lorsqu’en bout de course, résistant aux pressions, les salariés demandent qualification de leur cancer en maladie professionnelle devant les tribunaux, les entreprises affirment que les causes sont à chercher du côté du salarié lui-même. Pour les suicides, ce sont « ses amours, ses amis, ses emmerdes ». Pour les cancers, c’est connu, « fumer nuit gravement à la santé ».

Ainsi, chaque année, l’intensification du travail, la pénibilité accrue, la concurrence à tous les étages, l’incertitude sur son statut, les cancers professionnels, l’amiante, tuent en toute impunité. Jusqu’à quand ces tués à la tâche resteront-ils invisibles, sous-évalués, sous-indemnisés ? Tant qu’ils ne coûteront rien.

Un vol de sac à main est condamné à 6 mois de prison ferme devant tout tribunal correctionnel, en comparution immédiate. Pour un accident du travail, l’employeur est, au mieux, coupable d’homicide dit involontaire, lorsque sont reconnues les causes professionnelles de la maladie du salarié, ou la responsabilité de l’entreprise dans l’accident. Après des années d’instruction qui semblent des siècles, l’employeur n’encoure que quelques mois de prison avec sursis. Dans les faits, seuls les lampistes paient : sous-traitants de sous-traitants ou chefs de chantier…Les procédures relatives aux accidents mortels du travail sont fréquemment classées sans suite. Les indemnisations sont dérisoires (45 000 euros, au plus, pour une vie détruite)…Une telle impunité conduit à juger négligeable le coût des impératifs de prévention des risques. Une convocation au pénal des entreprises reconnues fautives (assortie de réparations financières dissuasives) inciterait peut-être à plus de prudence. Puisque seul intéresse le porte-monnaie !

Eric Beynel, porte-parole national de l’union syndicale Solidaires
Charles Hoareau, CGT Marseille
Pierre Laurent, coordinateur national du PCF
Noël Mamère, député Les Verts
Willy Pelletier, sociologue, coordinateur général de la Fondation Copernic
Christiane Taubira, députée Parti Radical de Gauche

Ce n’est pas une vanne (hélas)…!

26 septembre 2009

Après les canapés, voici des robinets industriels dangereux fabriqués en Asie pour une entreprise : 6500 vannes chinoises pourraient exploser.

christopheIl y a un maillon faible dans toute l’industrie pétrochimique française et il peut mettre en péril la vie des salariés des usines et des riverains des sites. Selon les informations exclusives de La Provence confirmées par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), ce sont des vannes fabriquées en Chine.
Réparties sur presque toutes les unités, souvent sur des circuits sensibles, depuis Gonfreville, où le « vice caché » a été détecté sur un site Total Pétrochemicals en Normandie, à Arkema La Millière, à Marseille, elles ont été fabriquées et livrées pour la société lilloise Rigau, sous la responsabilité de sa maison-mère marseillaise, Sud Robinetterie.
Selon une filière étonnante pour le non-initié, ces « vannes à coin », « robinets à soupape » et « clapets à battants » en acier à carbone ont été certifiés conformes par un organisme allemand, le TUV avant leur entrée en France. Un organisme réputé – la Rina qui avait inspecté le pétrolier poubelle l’Erika l’était aussi – qui a failli. Car ces vannes n’ont pas reçu le traitement thermique nécessaire pour assurer leur résistance lorsqu’elles sont traversées par un gaz ou autre produit froid.

Censées résister à -10º, elles ne tiendraient que jusqu’à 5º. Il y a donc un vrai danger de fuites dans les usines où elles ont été posées. L’affaire a éclaté sans être révélée publiquement dès avril en Normandie par la détection de six vannes « fuyardes ». Sud-Robinetterie, en accord avec la Dreal, a considéré que toutes les vannes produites en Chine présentaient le même défaut. Sage principe de précaution dans une industrie où l’insécurité n’est pas admissible.

Avec une alerte générale lancée au printemps par la Dreal avec obligation de retirer ces « robinets » qui peuvent fuir ou fermer les entreprises. Voilà un gigantesque chantier pour la société provençale et les industriels. « Mais mes vannes ne sont pas les plus fragiles dans une unité de production », plaide le patron de Sud-Robinetterie, Jean-François Deprat.

Cette affaire tombe très mal après les accidents graves qui ont mis notamment en cause Total sur des problèmes de sécurité, avec hier encore une explosion à Gonfreville dans une unité de chimie. Aujourd’hui, il apparaît que les vannes chinoises ne sont que le sommet de l’iceberg dans l’industrie à risques française.

Grippe A : quelques précisions.

25 septembre 2009

Les assureurs prennent en charge la grippe A, sous conditions

Si vous contractez le virus H1N1, les assureurs ont prévu de vous indemniser de votre mise en quarantaine sous certaines conditions. Entre les garanties acquises ou les options à souscrire, faites le tri.

Absence au travail, déplacements annulés, garde d’un enfant malade… La grippe A, comme toute autre maladie virale, provoque des désagréments, notamment financiers. Du fait qu’il s’agisse d’une pandémie, les assurances n’apportent pas le même niveau de prise en charge. D’ailleurs, elles annoncent régulièrement des nouveautés pour prendre en compte les aléas provoqués par ce type de situation. En tout premier lieu : les annulations de voyage. Les tour opérateurs commencent à prendre les devants et proposent des garanties permettant le remboursement du voyage voire le rapatriement dans le cas où vous contracteriez le virus. Une disposition utile dans la mesure où les contrats des sociétés d’assistance telles qu’Europ assistance ou Mondial assistance excluent toute prise en charge en cas de pandémie. Et le syndicat national des sociétés d’assistance ne prévoit pour le moment aucune extension particulière de garantie pour les contrats existants.
H1N12
Pour les billets d’avion ou de train secs, aucune mesure de remboursement n’a pour l’instant été annoncée par Air France et la SNCF. Selon si vous avez bénéficié d’un tarif promotionnel, regardez bien les modalités d’échanges pour une date ultérieure. Les billets Prem’s, par exemple, sont ni échangeables ni remboursables à moins d’utiliser un site d’échange. Par chance, si votre achat a été réalisé avec votre carte bancaire, les garanties assurances associées peuvent rembourser tout ou partie le prix du billet.

Le remboursement des frais médicaux
Quoiqu’il en soit, si vous êtes contaminé par le virus H1N1, vous n’avez pas d’inquiétude concernant le remboursement des frais médicaux. Les traitements antiviraux tel que le Tamiflu sont pris en charge par l’Assurance maladie aux conditions habituelles s’il y a eu une prescription de votre médecin. Concernant la vaccination préventive, dont la campagne est attendue au mieux pour la mi-octobre, elle est intégralement prise en charge. Vous n’aurez même pas à avancer les frais. Il y a toutefois un bémol : le test de dépistage du virus. Il n’est remboursé ni par la Sécurité sociale ni par les mutuelles. Pour savoir si vous avez contracté la grippe A, il vous en coûtera environ 100 €.
Si vous êtes malade, vous serez mis en arrêt de travail. En ce cas, la procédure est la même que pour une autre maladie : adressez votre avis d’arrêt dans les 48 heures à votre caisse d’assurance maladie. En revanche, si votre enfant tombe malade et qu’il ne peut se rendre à l’école, le gouvernement n’a pas prévu de moyen de garde de substitution.

LA POSTE NE DOIT PAS ETRE PRIVATISEE

22 septembre 2009

AppelPourLaPoste

Sarkozy cible de la presse tabloïd allemande.

20 septembre 2009

Un article de presse paru dans le quotidien Bild Zeitung  la semaine dernière. La traduction est en dessous. Le titre est inspiré de la phrase de Goethe qui aimait tellement le style de vie de la noblesse française qu’il avait déclaré : « Glücklich wie Gott im Frankreich » (heureux comme Dieu en France)…

Sarko le Roi....

Sarko le Roi….

Traduction :
8 avions, 61 voitures de fonction, 1000 employés.
(grand titre) Sarkozy vit comme Dieu en France de  A. V. Schönburg
Toute la France est touchée par les mesures de récession. Toute la France ? Une personne ne joue pas le jeu : le Président français Nicolas Sarkozy (54 ans).
Le budget de la Présidence a toujours été tenu secret en France. Pour la première fois il est révélé sous Nicolas Sarkozy.

– Dans les 300 mètres carrés de l’appartement de fonction des Sarkozy les fleurs doivent être fraîches en permanence : coût 280.000 euros par an
– Lorsque Nicolas Sarkozy voyage à titre privé, un avion gouvernemental vide l’accompagne en permanence, pour lui permettre de rentrer à Paris en cas d’urgence.
– Il dispose de 61 voitures de fonction, 2 Airbus et 6 avions Falcon-Jet. Le dernier  avion en date (60 millions d’euros) a été baptisé « Carla » du prénom de madame Sarkozy numéro 3
– Dépenses annuelles pour les boissons (Champagne etc.) : 1 million d’euros
– Il a presque 1000 employés à son service, deux fois plus que la Reine d’Angleterre. Parmi eux 44 chauffeurs et 87 cuisiniers.
– Les cuisiniers-chefs peuvent se servir librement dans les caves à vin du Palais de l’Elysée, le repas de midi leur est servi par des laquais.
– Carla et Nico peuvent commander de la nourriture ou des boissons 24 heures sur 24. La cuisine est en service en permanence.
Indignation ? Protestations ? Pas du tout. En France il semble être une affaire d’honneur que le Chef de l’Etat incarne la « Gloire de la nation ». Il est le successeur du Roi Soleil. Et c’est exactement comme tel qu’il vit.

C.T.

Astronomie : une conférence du Cercle Progressiste

15 septembre 2009
Conférence 21 septembre 2009

Conférence 21 septembre 2009

La semaine prochaine se tiendra à Carnoux une conférence sur les planètes du système solaire, gratuite et destinée à un large publique, pour les passionnés d’astronomie et tous les autres !

Scène de violence policière ordinaire

15 septembre 2009

Mardi 8 septembre 2009, réunion de la Commission départementale des risques naturels majeurs en Préfecture de Beauvais sous la présidence du directeur de cabinet du Préfet : une trentaine de participants, élus et fonctionnaires de la République, ambiance sereine et studieuse dans le décor cossu et un peu suranné d’une calme préfecture de province. Je présente les résultats d’une étude départementale sur la prévention du risque sécheresse et m’éclipse un peu avant la fin de la réunion pour prendre le train de retour sur Marseille.

Changement à Creil où je monte dans un train Corail venant d’Amiens et se dirigeant vers Paris, départ 17h54. Le second compartiment est vide à l’exception d’un homme, endormi sur une banquette. Je m’installe dans le compartiment voisin où trois jeunes beurs me rejoignent. Deux femmes entrent dans le compartiment d’à côté et s’installent en face du dormeur. Le reste des passagers s’écoule et le train s’ébranle. Arrivent alors trois agents de la police ferroviaire, un gradé, la cinquantaine débonnaire, et deux plus jeunes dont l’un ganté, et la matraque au côté. Ils secouent l’homme endormi dans le compartiment voisin en lui indiquant qu’il est en infraction du fait qu’il occupe une banquette entière à lui seul. Aucun autre passager ne s’est plaint de la situation et d’ailleurs il reste une place dans le compartiment. Les deux contrôleurs, occupés dans une autre voiture, ne sont pas présents.

Réveillé en sursaut, l’homme rechigne à montrer ses papiers. Les policiers le prennent de haut, le menottent illico et le traînent dans le couloir jusqu’à la plate-forme en bout de voiture dont ils claquent la porte derrière eux. On entend des cris de détresse. Une jeune femme, accoudé à la fenêtre au bout du couloir entrouve la portière et se met à hurler à son tour, accusant les policiers d’étrangler l’homme menotté. Plusieurs voyageurs se précipitent. Le ton monte. Je reste un moment assis dans le compartiment. Les contrôleurs finissent par arriver sur les lieux mais n’interviennent pas. Un jeune homme et une femme qui se dit journaliste tentent de parlementer avec les policiers, accompagnés des trois beurs qui étaient dans mon compartiment et de trois autres femmes qui ont été témoins de toute la scène, dont celle qui était postée dans le couloir et qui a donné l’alerte.

Je finis par les rejoindre pour m’enquérir plus précisément de la situation. L’homme menotté est solidement maintenu à l’abri des regards par un des policiers. Le gradé parlemente au téléphone, totalement indifférent à l’émoi des passagers. Quant au policier ganté, qui bloque le passage vers la plate-forme, il tente vaguement de justifier cette intervention pour le moins musclée : l’homme était en infraction pour s’être allongé sur une banquette, même si cela ne gênait personne, et il devait de ce fait justifier de son identité. Ne l’ayant pas fait de manière suffisamment coopérative, il devenait de ce fait coupable de rébellion et devait être déféré au commissariat, y compris par la force si besoin. L’étranglement avait été maîtrisé puisque l’homme semblait respirer encore et maintenant circulez, il n’y a rien à voir : si vous avez des reproches à adresser, envoyer un courrier au procureur de la République qui, lui, sait bien que les policiers ne font que leur métier.

Peu convaincus par les arguments péremptoires du jeune policier et son air arrogant, plusieurs voyageurs tentent de parlementer en faisant valoir que les méthodes employées pour cette interpellation étaient quelque peu disproportionnées eu égard au délit commis. Mais le policier, sûr de son bon droit, perd très vite patience, particulièrement lorsque quelqu’un suggère que l’arrestation était surtout motivée par le souci de faire du chiffre pour les statistiques officielles.

blog10_Photo1PoliceDans l’intervalle, le train arrive à la gare du Nord. Le groupe de voyageurs est toujours présent et certains proposent d’accompagner les policiers au commissariat pour témoigner. Mais un comité d’accueil attend sur le quai. Une vingtaine de policiers sont là qui se ruent sur le groupe, matraque à la main et l’air particulièrement agressif. Deux des jeunes beurs qui se trouvaient dans mon compartiment sont frappés sauvagement aux jambes par un jeune policier déchaîné qui roule des yeux féroces. Un de ceux qui avait parlementé avec les policiers dès le début de l’incartade est menotté et embarqué sans ménagement avec le contrevenant. Devant tant de violence, les autres voyageurs s’éclipsent et, lâchement, je les suis pour ne pas rater ma correspondance pour Marseille à la gare de Lyon.

Je garde néanmoins en mémoire l’image terrible de ces fonctionnaires de la République se déchaînant à coups de matraques, comme une meute de chiens enragés, contre de simples citoyens qui avaient eu le tort de vouloir discuter de leur comportement inutilement violent et provocateur. La police n’est-elle pas en train de creuser elle-même un fossé d’incompréhension et de rancœur en usant ainsi de sa force pour faire régner la terreur, plutôt que de se mettre au service des citoyens en vue d’assurer leur sécurité comme c’est normalement sa mission première ? Les policiers ont–t-ils bien la même notion du service public que leurs collègues fonctionnaires de Beauvais qui s’efforcent de renforcer la prévention contre les risques naturels en privilégiant la concertation plutôt que l’arbitraire ?

L.V.LutinVert1Small

Orthographe

7 septembre 2009

On ne sora jamè si la relanse du déba sur la réforme de l’ortografe vient du ministre de l’éducation Luc Chatel lui-même.

Toujours est-il que son ministère accumule les fautes d’orthographe dans les dossiers de presse (voir le fac-similé ci-dessous) et qu’au même moment, François de Closets publie un livre, “Zéro faute” pour prôner une réforme.

Le moment de la rentrée est sans doute le plus mal choisi. Il donne d’avance raison aux cancres et incite les enseignants à accélérer la suppression des dictées. Aller vers une langue écrite style SMS ou espéranto est une toute autre proposition que de corriger les quelques absurdités orthographiques héritées de notre histoire linguistique.

Corriger les absurdités linguistiques est justifié. Tranquille, tranquilité, l’un s’écrit avec deux “l”, l’autre pas.  Ruisseler et harceler ont la même terminaison mais lorsqu’on les conjugue, cela donne ruisselle et harcèle. Il faut simplifier tout ceci. Il y a tant d’incohérences qu’on pourrait y perdre son latin. Justement, c’est le latin qu’il ne faut pas perdre, ou plutôt toute l’évolution de notre langue écrite qui s’exprime dans la complexite de notre écriture. Simplifier, lisser, “espérantiser” notre écriture comme le propose de Closet en replaçant tous les “au” et “eau”par la lettre “o”, serait perdre notre histoire.

Car la langue française n’a cessé d’évoluer (voir ici ). En voici un exemple concret : trois versions d’un même texte, le début de l’une des Fables de La Fontaine.

Édition originale (dix-septième siècle)
Une Grenoüille vid un Bœuf,
Qui luy sembla de belle taille.
Elle qui n’estoit pas grosse en tout
comme un œuf […]

Édition de 1802
Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’étoit pas grosse en tout
comme un œuf […]

Orthographe d’aujourd’hui
Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout
comme un œuf […]

Alors, au moment où justement l’écrit passe largement par le clavier d’un ordinateur ou d’un appareil mobile, et que ceux-ci disposent tous de correcteurs orthographiques capables de corriger à la volée chaque mot, il ne faut pas abandonner les fondamentaux. Une faute d’usage, passe encore. Mais une faute de grammaire est souvent significative d’une difficulté à appréhender, à comprendre un texte. Et sans maîtrise de l’orthographe, le résumé d’un texte est beaucoup plus difficile. En soi, ce n’est pas l’orthographe qui est importante, c’est la liaison entre l’écrit et l’intelligence du cerveau.

Les petits, reprenez vos cahiers pour la dictée… Et faites mieux que Luc Chatel (ci-dessous) ! AC dfot.

les fots...

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