Archive for mai 2012

Lettre ouverte aux fédérations des partis de gauche.

11 mai 2012

Lettre ouverte du Cercle Progressiste Carnussien aux fédérations des partis de gauche (PS, FG, EELV, NPA, LO) en vue des prochaines élections législatives

Madame, Monsieur,

Le 6 mai dernier, les Français ont choisi de ne pas renouveler leur confiance à Nicolas Sarkozy et de porter à la tête du pays, pour la première fois depuis 24 ans, un président de gauche en la personne de François Hollande. Il est très probable que les électeurs qui avaient voté au premier tour pour un des candidats de gauche n’ont pas tous reporté leur voix sur le candidat issu des primaires socialistes. Certains d’entre eux l’ont fait à contre cœur et sans nourrir trop d’illusion quant aux changements de politique à attendre de ce choix. Il n’en demeure pas moins que plus de 18 millions de Français ont choisi François Hollande comme nouveau président de la République, lui qui n’avait recueilli qu’un peu plus de 10 millions de voix au premier tour, alors que le total des suffrages de gauche n’atteignait pas 16 millions.

A défaut de traduire une adhésion enthousiaste du peuple de gauche au programme socialiste, ce choix exprime donc sans ambiguïté un rejet de la politique menée par l’UMP depuis 10 ans déjà, marquée par l’injustice, la régression des protections sociales, l’accroissement de la dette, le démantèlement des services publics et le triomphe du libéralisme débridé. Il s’agit désormais de donner à François Hollande les moyens de gouverner notre pays dans une autre direction et sur la base d’autres valeurs qui sont chères à tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche : solidarité, fraternité, justice sociale, égalité des chances, défense de l’environnement et priorité à l’humain sur l’enrichissement économique individuel. 

Le 10 juin prochain aura lieu le 1er tour des élections législatives qui devront donner au nouveau président une majorité lui permettant de mener à bien une nouvelle politique, plus respectueuse de ces valeurs qui nous rassemblent. Or, force est de constater que l’émergence d’une telle majorité ne va pas de soi dans un pays où globalement la droite et l’extrême droite sont majoritaires, puisqu’elles ont rassemblé 56 % des suffrages exprimés au premier tour des élections présidentielles, le 22 avril dernier.

Dans la 9ème circonscription des Bouches-du-Rhône, la situation est particulièrement préoccupante puisque le score des partis de droite y a frôlé les 62 %. Les chiffres extrapolés à partir des élections présidentielles, et qui sont totalement corroborés par ceux des élections précédentes (en particulier les cantonales de 2008 et 2011), parlent d’eux mêmes. Le candidat sortant de l’UMP, qui brigue un 4ème mandat consécutif après avoir été réélu dès le 1er tour en 2007, ne devrait pas obtenir moins de 30 à 32 % des suffrages exprimés et sera donc automatiquement qualifié pour le second tour. Il en sera forcément de même pour le candidat Front National avec un score attendu autour de 22 à 23 %.

En revanche, si la gauche se disperse sur plusieurs candidats comme elle l’a fait lors des dernières élections locales, le risque est très élevé que celui qui arrivera en tête ne sera pas en mesure de rassembler les 20 à 21 % de suffrages nécessaires pour se maintenir au 2ème tour (ce pourcentage dépend bien évidemment du taux de participation mais on observe traditionnellement que celui-ci est très inférieur à celui d’une élection présidentielle et ne dépasse guère 58 à 60 %). Une telle élimination de la gauche dès le 1er tour, comme cela a été le cas lors des récentes élections cantonales, à La Ciotat comme à Aubagne Est, serait d’autant plus regrettable qu’une candidature unique de la gauche permettrait un tout autre scénario. Dans ce cas, et même si tous les électeurs de gauche ne se retrouveront pas dans celui qui aura été choisi pour les représenter, le candidat de gauche, quel qu’il soit, est certain de rester en lice pour le 2ème tour et a même toutes les chances d’aborder ce second tour en tête devant les candidats du FN et de l’UMP, ce qui lui donne une sérieuse chance de remporter la circonscription.

C’est la raison pour laquelle le Cercle Progressiste Carnussien souhaite connaître votre position sur ce point qui nous parait primordial dans le cadre de cette échéance électorale. Association créée en 2001, le Cercle Progressiste Carnussien n’est ni un parti politique ni un syndicat ni un groupe de pression mais simplement un regroupement d’habitants de Carnoux désireux de promouvoir les échanges et les débats autour de thèmes variés, d’ampleur locale ou globale, qui touchent à notre vie quotidienne et à l’évolution de notre société. Outre nos réunions mensuelles, nous organisons régulièrement des conférences, animons un blog collectif (consultable à l’adresse https://carnouxprogres.wordpress.com/) et publions périodiquement un journal édité à 3 500 exemplaires et distribué dans toutes les boîtes aux lettres de Carnoux (archives accessibles via notre site http://carnouxprogres.free.fr). Le n° 26 sera diffusé avant les prochaines élections législatives et nous souhaitons y analyser les propositions des candidats qui se présenteront localement.

C’est pourquoi nous vous adressons ce courrier pour connaître votre position et l’état des discussions en cours sur ce point, afin être en mesure de les analyser avec pertinence dans notre prochaine publication. Devant boucler celle-ci pour le 23 mai, nous vous serons naturellement gré de bien vouloir nous répondre dans les meilleurs délais et en tout état de cause avant cette date. Si vous souhaitez nous rencontrer pour cela, nous sommes bien entendu ouverts à la discussion.

En vous remerciant par avance pour vos réponses aussi précises que possible sur cette question, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, nos plus respectueuses salutations.

Pour le Cercle Progressiste Carnussien

Cécile Tonnelle,  Présidente

Nicolas Sarkozy se retire de la politique.

8 mai 2012

D’après son entourage, Nicolas Sarkozy a confirmé au lendemain de sa défaite au second tour de l’élection présidentielle qu’il se retirait définitivement de la vie politique. Un départ qui divise l’UMP qui se retrouve sans leader à quelques semaines des législatives.

Quel sera l’avenir politique de Nicolas Sarkozy? Si l’on en croit le Figaro, il a bel et bien décidé de tourner la page. Si, au terme de son discours dimanche soir, un doute subsistait, il semble certain, aujourd’hui, qu’il  n’exercera plus d’activité politique 30 ans après ses débuts. Il l’aurait répété ce lundi lors d’une réunion à l’Elysée évoquant le « plaisir de vous revoir pour parler du bon vieux temps ».

Au lendemain de la défaite au second tour de l’élection présidentielle, Sarkozy a reçu son comité de campagne à l’Elysée, dont faisaient partie les Fillon, Coppé ainsi que des ministres et ses principaux collaborateurs. Une réunion d’une heure, où il est apparu fatigué, le teint gris, les traits marqués, mais calme et serein, et lors de laquelle il a affirmé qu’il arrêtait la politique.

« Une page se tourne pour moi. Je ne serai pas candidat aux législatives, ni aux élections à venir », a-t-il déclaré, avant de sourire. « Soyez rassurés, je renouvellerai ma carte de l’UMP et je payerai ma cotisation. Mais je quitte l’opérationnel ». Une déclaration ambigüe, mais qui semble bien claire. « Cela veut dire qu’il arrête définitivement, c’est ça » a questionné un ministre. « Oui, c’est très clair, tu n’avais pas compris? », a répondu un proche du président. « Il n’a pas voulu que ce soit brutal, comme Lionel Jospin, il l’a donc annoncé différemment dimanche soir aux militants ».

Se revoir et parler du bon vieux temps
Dans ce dernier raout aux faux airs de verre d’adieu, Sarkozy a admis que si ça ne tenait qu’à lui, il serait parti plus tôt. « Si j’avais pu, je serais parti dès demain, mais il y a des traditions à respecter. Je les respecterai et la passation des pouvoirs (le 15 mai, ndlr) aura lieu avec François Hollande, comme elle a eu lieu entre Jacques Chirac et moi ». Beau joueur, il a justifié l’invitation lancée à François Hollande de se tenir auprès de lui lors des cérémonies du 8 mai. « Quand on prend de la hauteur, on tire tout le monde vers le haut ».

Enfin, il aspire à une vie plus calme, loin des médias. « J’espère vivre un peu normalement. J’ai perdu les élections mais les journalistes continuent de m’empêcher de faire un pas. Impossible de déjeuner au restaurant en famille. Je suis épié. J’espère qu’on me laisser un peu tranquille », avant de conclure. « On ne se quitte pas tout à fait, j’aurai le plaisir de vous revoir, pour parler du bon vieux temps ».

Les pontes brouillent les pistes
S’il semble clair, le départ de Nicolas Sarkozy est désormais devenu un enjeu politique à quelques semaines des législatives qui se dérouleront les 10 et 17 juin prochain. Groggy par la défaite, l’UMP doit éviter d’apparaître affaiblie aux yeux d’un électorat qui pourrait être tenté par le Front National. D’ailleurs, certains pontes du parti, comme Rachida Dati, jouent sur les mots, histoire de brouiller les pistes. « Nicolas  Sarkozy ne se retire pas de la vie politique. Il a très clairement dit qu’il continuerait son engagement politique sous une autre forme », a déclaré ce lundi matin sur Europe 1 l’ancien garde des Sceaux. Mais nul n’est dupe. Et il se chuchotte en coulisse qu’il réside une fracture entre l’arrière-garde et la nouvelle-garde gaulliste; cette dernière préférant un départ de celui qui pourrait, à l’image d’un Giscard voire d’un Jospin dans le camp d’en face, occulter la nouvelle mouvance d’un parti qui doit se trouver rapidement un leader. Or, il semble que personne n’ait l’envie ou la stature pour assumer ce rôle.