Posts Tagged ‘art’

Architecte pour chats et hamsters : un marché de niche

16 octobre 2019

Comme nombre de professions libérales, l’architecte se doit de trouver le bon créneau pour asseoir sa réputation et forger sa clientèle. En Corée du sud, le cabinet d’architecte Zit Studio s’est ainsi spécialisé dans la création de mini villas de luxe pour hamsters : la niche est restreinte, certes, mais la concurrence est encore rare sur ce marché…

Villa moderne pour hamster sophistiqué (source © Zit Studio / creapills)

C’est le site Creapills qui s’en est fait l’écho et qui diffuse de nombreuses vidéos très pédagogiques de ce cabinet d’architecte montrant étape par étape comment sont assemblées ces maquettes ultra perfectionnées destinées à abriter nos amis les hamsters.

Terrain de jeu design pour hamster exigeant (source © Zit Studio / creapills)

Rien à voir bien sûr avec la vulgaire cage traditionnelle avec sa roue dans laquelle le rongeur tourne à devenir fou. On est ici dans le haut de gamme : design moderne, lignes épurées, grands espaces, matériaux de qualité, finition soignée, abords paysagers, accessoires ludiques et couche généreuse de fins copeaux de bois dans laquelle votre hamster grattouille avec délice… L’eau et la nourriture sont prévues aussi dans ces demeures luxueuses pour animal de compagnie privilégié.

Un hamster prend possession de sa nouvelle demeure (source © Zit Studio / creapills)

Et tous les styles sont disponibles, depuis le pastiche du MacDo jusqu’à la villa californienne en passant par la demeure ultra moderne aux grandes baies vitrées et à l’escalier extérieur aérien. De quoi rendre jaloux votre chat lorsqu’il verra dans quel luxe se pavane un simple rongeur d’appartement !

Mais pas de panique. Les architectes s’intéressent aussi aux chats. Des créateurs à l’imagination débridée ont même totalement révolutionné le concept de l’arbre à chats, aussi design qu’insolite, et ceci grâce à l’association Architects for animals, qui organise un concours annuel d’architecture pour créer les refuges plus originaux pour chats délicats, soucieux d’un intérieur sophistiqué.

Arbre à chat conçu par Tracy A. Stone Architect (photo © Meghan Bob Photography / Architects for animals)

Et l’imagination de certains est sans limite. De la niche en caisses de récupération empilées jusqu’au pot de fleur évidé en passant par les formes les plus futuristes, l’édition 2019 organisée au profit de l’association FixNation LA, qui revend les œuvres lauréates afin d’offrir un refuge et un service d’adoption aux chats errants, ne manque pas d’imagination.

Arbre pour chat harpiste ? (source © Architects for Animals / Feral Design Group, LLC / Creapills)

Oiseau ou poisson : un choix difficile… (source © Architects for Animals / Feral Design Group, LLC / Creapills)

Les œuvres réalisées dans ce cadre lors de la 10ème édition en 2017, dévoilées également par Creapills ne manquent pas d’intérêt non plus. Les chats y trouveront nécessairement arbre à leur goût selon qu’ils préfèrent faire vibrer les cordes d’une harpe futuriste, grimper sur une toiture extravagante, s’enrouler dans une pelure d’orange ou partir à l’assaut de cabanes à oiseaux depuis le dos d’une baleine.

De belles créations artistiques en tout cas, qui montrent que les architectes sont parfois plus inspirés pour concevoir des niches à hamsters que pour construire des logements sociaux en forme de cages à lapins…

L. V.

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Marseille : cure de jouvence pour la corniche Kennedy

26 avril 2019

A Marseille, la route de la corniche, qui longe le bord de mer, de la plage des Catalans jusqu’à celles du Prado, reliant les quartiers d’Endoume et du Roucas Blanc, a fait l’objet de gros travaux d’élargissement entre 1954 et 1968, sous la mandature de Gaston Deferre. Une promenade piétonne a alors été réalisée en encorbellement, surplombant la mer d’une dizaine de mètres et la corniche a été dénommée en hommage au président américain John Fitzgerald Kennedy, assassiné à Dallas en 1963 alors que le chantier était en cours.

Tronçon de la corniche Kennedy (source © AMP métropole)

Serpentant sur 3 km en bordure de la Méditerranée et offrant une vue imprenable sur le large et l’archipel du Frioul, cette promenade est constituée de deux trottoirs dénivelés séparés par un immense banc, réputé pour être le plus long du monde en bord de mer. Ce banc avait fait l’objet d’un premier ravalement effectué en 2009 au dessus de la plage du Prophète, mais 50 ans d’exposition aux embruns marins avaient fortement corrodé certaines des armatures pourtant indispensables pour assurer la stabilité des plaques en béton armé formant encorbellement et garantir la sécurité des milliers de promeneurs et de joggers qui empruntent quotidiennement cette promenade.

La Corniche Kennedy vue depuis la mer (photo © Diades)

Il était temps de réagir et la Direction des Infrastructures de la Métropole Aix-Marseille-Provence, désormais en charge de la gestion de cet ouvrage, a fait appel depuis 2016 à un groupement de maîtrise d’œuvre piloté par le bureau d’études Setec et mobilisant notamment sa filiale Diadès basée à Vitrolles, ainsi que l’architecte marseillais André Mascarelli. Il s’agit de rénover totalement la promenade entre le Marégraphe, près du pont de la Fausse Monnaie, et l’hôtel Palm Beach situé à l’entrée des plages du Prado. Le montant de l’opération n’est pas anodin puisqu’il devrait s’élever à 28 millions d’euros TTC pour ce lifting peu commun.

Les travaux sont programmés en deux tranches sur une durée totale de 5 ans, l’objectif étant que tout soit terminé avant les Jeux olympiques de 2024 dont certaines épreuves devraient se dérouler dans la rade de Marseille. La première tranche de travaux, dont le montant est d’un peu plus de 13 millions d’euros, a débuté en octobre 2018 et concerne un premier tronçon de 670 m entre le marégraphe et le Club des Dauphins. Elle se déroulera en 2 ans jusqu’en mai 2020, les travaux étant interrompus durant la saison estivale entre mai et septembre pour ne pas trop impacter l’activité touristique. Les parties d’ouvrage les plus gravement endommagées sont entièrement remplacées et les autres font l’objet d’un simple ragréage.

Les éléments d’ouvrage qui sont conservés seront désormais protégés de la corrosion marine par un dispositif de protection cathodique par courant imposé. Le fameux banc et le parapet seront refaits en béton fibré à hautes performances, le parapet ayant fait l’objet d’un travail architectural spécifique permettant de le mettre aux normes de sécurité actuelles sans le rehausser, ce qui aurait gêné la vue sur la mer, pour qui s’assoit sur le banc.

Dispositif provisoire de circulation sur la corniche pendant les travaux (source © AMP métropole / Info travaux octobre 2018)

La circulation automobile, qui se fait habituellement à 2 x 2 voies, a été réduite à 2 x 1 voies depuis le mois d’octobre, ce qui n’est pas sans susciter un certain agacement de la part des riverains. Un cheminement piéton a néanmoins été conservé, protégé par des palissades transparentes afin de préserver la vue sur la mer et sur le déroulement du chantier.

La piste cyclable en projet sur la corniche Kennedy (source © AMP métropole / Made in Marseille)

En parallèle a débuté en janvier 2019 un autre chantier consistant à créer une piste cyclable sur la voirie qui sera donc amputée d’une voie de circulation côté mer. Une bonne nouvelle pour les cyclistes et en particulier les porte-paroles du Collectif Vélos en ville qui se félicitent de ce nouveau projet sur lequel Martine Vassal s’était engagée. C’est néanmoins bien sûr une source de récrimination pour les habitants qui voient surtout les nuisances liées au chantier et les embouteillages qui en résultent. De quoi déclencher la fureur du président de la fédération des CIQ du 7ème arrondissement qui s’est plaint de la situation auprès du maire de secteur et s’est épanché au micro de France Bleu, estimant que « tout est fait à l’envers ! Nous avions proposé d’étudier le projet de piste cyclable une fois le Boulevard Urbain Sud ouvert et censé désengorger la corniche, c’est à dire dans 2 ou 3 ans et d’une offre de transports en communs supplémentaire ». Manifestement, pour certains Marseillais, la place du vélo en ville même sur une promenade aussi emblématique, ne fait pas partie des priorités…

Banc recouvert de céramique sur la corniche Kennedy (source © Made in Marseille)

Et ce n’est pas tout car le banc de la corniche Kennedy fait aussi l’objet d’un projet artistique des plus originaux, initié par l’art-thérapeuthe Paola Cervoni, qui dirige l’association Viv’arthe, et dont l’objectif est de recouvrir de mosaïque 77 portions du fameux banc. Il lui a fallu beaucoup de ténacité et 7 ans de patience selon le site Made in Marseille, pour obtenir les autorisations nécessaires pour cela. Mais le résultat est magnifique bien qu’engagé avec de bien faibles moyens en 2017 comme l’explique l’artiste : « Le concept est artistique et citoyen car les mosaïques sont réalisées dans des écoles, des centres sociaux, et une maison de retraite. Environ 900 élèves ont participé ainsi que trois mamies. J’avais besoin de cet aspect partage et transmission pour mon projet ». Un projet qui est d’ailleurs en train de prendre de l’ampleur puisqu’une entreprise marseillaise L’esprit Céramique, sensible à la démarche citoyenne et marseillaise du projet, soutient désormais l’idée en offrant à l’association Viv’arthe tout le carrelage nécessaire pour les 77 bancs. Sur la corniche de Marseille, les petits carreaux font les grands ouvrages…

L. V. 

Un pneu d’opéra à Paris…

6 mars 2019

Jusqu’où l’art moderne ira-t-il se nicher ? Jusque sur les pilastres du grand escalier de l’Opéra Garnier sur lesquels trônent depuis le 30 décembre 2018 et pour un an seulement, deux gigantesques pneus de tracteurs !… Certes, les pneus sont dorés (en fait simplement recouvert de feuilles de cuivre mat sur un moulage en résine), mais tout de même, le mélomane ne s’attend guère à voir des pneus de tracteur dans un tel décor. Et nombreux sont ceux d’ailleurs qui ne se sont pas gênés pour exprimer leur rejet en s’épanchant sur les réseaux sociaux, devenus réceptacles du ressentiment ordinaire.

Les fameux pneus dorés dans le grand escalier de l’Opéra Garnier (Photo © Christophe Pelé / Opéra National de Paris / Claude Lévêque)

Sur Twitter, les habitués de l’Opéra Garnier s’en sont évidemment donnés à cœur joie, évoquant pour certains « deux immondices dorés » ou se demandant s’il s’agit, en introduisant ces pneus de tracteur dans un haut-lieu de la bourgeoisie parisienne de sensibiliser cette dernière à la révolte des Gilets jaunes. « Le palais Garnier est sponsorisé par Michelin ? », s’interroge-t-on sur les réseaux sociaux, tandis que d’autres ironisent : « C’est le salon de l’auto ou quoi ? »…

Pourtant, force est de constater que ces deux gigantesques pneus de tracteurs de 2 m de diamètre, qui ont été réalisés dans les ateliers de l’Opéra de Paris à l’initiative de l’artiste plasticien français Claude Lévêque, ne manquent pas d’allure dans cet immense escalier dessiné par l’architecte Charles Garnier sous le règne de Napoléon III.

Les anneaux lumineux dans la Rotonde de l’Opéra Garnier (Photo © Christophe Pelé / Opéra National de Paris / Claude Lévêque)

En fait, ces deux pneus sont un des éléments d’une œuvre ambitieuse dénommée Saturnales, en référence à ces fêtes romaines qui se déroulaient une semaine avant le solstice d’hiver. Outre les pneus dorés, elle comprend notamment des anneaux lumineux accrochés dans la Rotonde, toujours cette référence aux formes circulaires qui évoquent « un carrousel, une invitation à la danse, à la valse »… Mais elle intègre aussi une sorte de diadème lumineux constitué de 16 branches d’inox illuminées la nuit, qui couronne le toit de l’Opéra Bastille.

Le diadème qui ceint le toit de l’Opéra Bastille (Photo © Christophe Pelé / Opéra National de Paris / Claude Lévêque)

Car tout ceci, qui a quand même coûté la bagatelle de 200 000 €, financée dans le cadre du mécénat d’entreprise qui a le vent en poupe en ce moment, s’inscrit dans les célébrations d’un anniversaire peu commun. Il s’agit en effet de fêter à la fois les 30 ans de l’Opéra Bastille, inauguré en 1989, et les 350 ans de l’Opéra de Paris, vénérable institution qui découle en droite ligne de la compagnie française d’opéras et de ballets fondée en 1669 sous le nom d’Académie royale de musique de Paris.

Eclair de néon rouge dans la pyramide du Louvre (Photo © François Guillot / AFP / Le Monde)

C’est Stéphane Lissner, directeur général depuis juillet 2014 de l’Opéra national de Paris, qui a invité le plasticien français Claude Lévêque à œuvrer au cœur du monument en lui laissant carte blanche. Né en 1953 à Nevers, l’artiste qui vit et travaille principalement à Montreuil a acquis une renommée internationale. Il a d’ailleurs représenté la France lors de la Biennale de Venise en 2009 et en 2014 son œuvre intitulée Sous le plus grand chapiteau du monde, qui consistait à parer d’effets lumineux le musée du Louvre et la pyramide, avait beaucoup fait parler d’elle.

« Je ne suis pas un artiste de la provocation » a coutume de dire Claude Lévêque. On veut bien le croire mais pour autant, ses œuvres ne laissent pas totalement indifférent…

L. V.

Un musée sous-marin bientôt à Marseille ?

25 février 2019

Récif artificiel immergé dans le Parc marin de la Côte Bleue (photo © Laurent Piechegut / BIOS / PMCB)

A Marseille, on adore immerger toutes sortes de structures au fond de la mer. Les premières expériences datent de 1983 sur la Côte Bleue, même si l’idée n’est pas nouvelle : les Romains déjà immergeaient des amphores au fond de la mer pour y attirer le poulpe et les Japonais se sont fait une grande spécialité de cette approche qui consiste à mettre en place, sur les fonds marins, des structures immergées durables destinées à favoriser le développement et la fixation de nombreuses espèces animales et végétale qui s’en servent de support et d’abris.

Entre 1986 et 1990, ce sont ainsi 183 structures artificielles en béton qui ont été immergées au large de Carry-le-Rouet et Sausset-les-Pins pour y recréer un habitat favorable au développement de certaines espèces halieutiques. Puis, à l’automne 2007, ce sont pas moins de 401 récifs artificiels de toutes formes et de toutes tailles qui ont été déposés par la Ville de Marseille à 25 m de profondeur entre la Corniche et les Iles du Frioul, afin d’essayer de redonner un peu de vie aux fonds marins totalement ravagés par la construction de la plage du Prado dans les années 1970 et par des années de déversements de toutes sortes. Plus de 10 millions d’euros ont ainsi été investis pour construire et mettre en place près de 30 000 m3 de récifs artificiels sur 220 ha, mais aussi pour assurer un suivi scientifique afin d’étudier l’impact d’un projet aussi ambitieux.

Récifs artificiels immergés au large du Prado dans la rade de Marseille (photo © DR / Made in Marseille)

Dix ans plus tard, la Ville de Marseille a fêté bruyamment la réussite d’un tel pari qui, malgré de nombreuses critiques, a permis de faire revenir de nombreuses espèces qui avaient déserté ces fonds marins et d’augmenter la biodiversité de ce secteur, le nombre d’espèces de poissons ayant été multiplié par trois en 10 ans. Une réussite qui tient sans doute aussi en grande partie au fait que la zone en question est désormais protégée par arrêté préfectoral, interdisant toute pêche, plongée, ou même simple mouillage.

Des plongeurs déposent des récifs artificiels « hôtel à poissons » d’une dizaine de tonnes à 30 mètres de profondeur au large des calanques de Marseille, le 30 janvier 2018 (photo © Boris Horvat / AFP)

C’est en tout cas fort de ce succès que la Ville de Marseille s’est lancée l’an dernier dans l’immersion de nouveaux récifs artificiels, cette fois dans les Calanques, au niveau de l’exutoire de Cortiou qui rejette en mer les eaux issues de la station d’épuration de toute l’agglomération marseillaise, Carnoux y compris. Un secteur où la qualité des eaux reste très médiocre avec des concentrations en métaux lourds, mais aussi en résidus médicamenteux ou en fragments de plastiques qui n’incitent guère à la baignade, comme l’évoque Sciences et Avenir. Une situation qui explique d’ailleurs les critiques soulevées par de nombreux défenseurs de l’environnement, craignant que le fait d’attirer artificiellement la faune aquatique à se fixer dans ce secteur, ne se traduise en réalité par une fragilisation de ces espèces soumises à un environnement très pollué.

Mais cela n’a pas empêché l’immersion en février 2018 de 300 t de récifs artificiels sous forme de blocs de béton déposés par 20 m de fond, sous le pilotage de la start-up montpelliéraine Seaboost et pour un budget de 1 million d’euros. Là aussi, un programme de suivi scientifique est prévu et l’avenir dira si les résultats sont à la hauteur des espérances malgré le contexte a priori guère favorable.

Plan de situation du futur musée sous-marin de la plage des Catalans (source : enquête publique / Made in Marseille)

En tout cas, immerger des objets en béton au fond de la mer est devenue une habitude bien ancrée dans la cité phocéenne puisqu’on y étudie également la faisabilité de créer un musée sous-marin au large de la plage des Catalans, un projet qui devait voir le jour dès le printemps 2017, mais qui a été retardé le temps de recevoir toutes les autorisations réglementaires nécessaires. C’est désormais chose faite puisque le Préfet a finalement donné son accord à l’issue de l’enquête publique qui s’était déroulée entre mai et juin 2018.

En l’occurrence, il s’agit d’immerger par 5 m de fond, à une centaine de mètres du rivage, une dizaine de statues entre lesquelles les visiteurs munis de palmes et de tubas pourront librement se promener, des statues qui serviront elles-aussi de récifs artificiels puisque la faune et le flore sous-marines pourront les coloniser.

Musée subaquatique d’art de Cancun

L’idée n’est d’ailleurs pas nouvelle puisqu’un musée de ce type est ouvert depuis 2009 près de Cancún, sur la presqu’île du Yucatán au Mexique. L’artiste britannique Jason de Caires Taylor y a réalisé 400 sculptures dont certaines particulièrement spectaculaires que l’on peut découvrir au gré de ses plongées. Toutes réalisées avec du ciment alcalin, de la fibre de verre et différentes substances résistantes et écologiques, ces œuvres d’art ont été transportées sur des plateformes flottantes et immergées avec précision dans différents endroits, près de récifs naturels de manière à créer des salles de différentes thématiques.

Et ce n’est pas le seul site de ce genre puisque le même artiste, qui avait déjà créé un premier projet de ce type en 2006 sur l’île de la Grenade dans les Caraïbes, a récidivé cette fois au large de Lanzarote, dans les Canaries, où le Museo Atlántico a ouvert ses portes sous-marines début 2017 après 3 ans de travaux nécessaires pour installer ses 250 sculptures par 12 m de fond.

Lampedusa, une œuvre immergée de l’artiste Jason de Caires Taylor au Museo Atlántico de Lanzarote (photo © Jacon DeCaires Taylor / Underwater sculpture)

Le résultat est saisissant d’autant que les effigies réalisées dans un béton spécifiquement adapté ont été moulées directement sur des habitants de l’île. Certaines sculptures représentent les migrants de Lampedusa venus s’échouer sur les plages des îles Canaries : « Ce travail ne se veut pas un hommage ou un mémorial aux nombreuses vies perdues, mais un rappel brutal de notre responsabilité collective. » explique d’ailleurs l’artiste. L’installation principale, appelée Rubicon, est constituée d’un groupe de 35 personnes marchant vers une porte, un point de non-retour, qui fait référence aux menaces pesant sur les océans de la planète.

Rubicon, œuvre magistrale de l’artiste Jason de Caires Taylor au Museo Atlántico de Lanzarote (photo © Jacon DeCaires Taylor / Underwater sculpture)

Reste que le futur musée sous-marin de la plage des Catalans ne sera probablement pas constitué d’œuvres de Jason de Caires Taylor car l’artiste anglais a semble-t-il perdu patience en attendant la fameuse autorisation préfectorale que l’association des “Amis du musée subaquatique de Marseille” a finalement reçue fin novembre 2018 seulement, comme l’indique Made in Marseille, et ceci pour une durée de 15 ans. L’association qui porte le projet est donc désormais à la recherche d’un nouvel artiste pour meubler les fonds de ce qui sera le premier musée sous-marin en Méditerranée : avis aux amateurs…

L. V. 

2018 : petite rétrospective souriante…

1 janvier 2019

L’année 2018 vient de se terminer et une nouvelle a commencé. C’est l’occasion pour l’équipe qui anime ce blog collectif de souhaiter à tous ses lecteurs, fidèles ou occasionnels, une bonne et heureuse année 2019, en espérant qu’elle apporte son lot d’espoirs et de petits bonheurs malgré la morosité ambiante, la crise économique persistante et les craintes de catastrophe écologique annoncée…

C’est aussi l’occasion de jeter, comme chaque année à cette période, un petit coup d’œil dans le rétroviseur, histoire de se remémorer quelques-uns des faits, majeurs ou insignifiants, qui ont jalonné les derniers mois écoulés et qui ont inspiré, avec plus ou moins de bonheur, les dessinateurs de presse qui savent, comme personne, faire se télescoper l’actualité et la présenter sous son angle le plus loufoque ou décalé.

La sélection est totalement subjective et n’a pas prétention à constituer une rétrospective exhaustive et structurée de l’année écoulée, mais si elle peut faire sourire quelques-uns de ceux qui tomberont par hasard sur cette petite compilation, alors notre objectif sera atteint. A défaut, ce sera du moins l’occasion de présenter à nos visiteurs du jour tous nos vœux pour une joyeuse année 2019 !

Janvier

Le 17 janvier 2018, le Premier Ministre Edouard Philippe annonce la décision du gouvernement d’abandonner le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, une opération initiée en 1963 et relancée en 2000 dans l’objectif d’y transférer l’aéroport de Nantes. Déclaré d’utilité publique en 2008, le projet avait fait l’objet d’une consultation locale en 2016, réservée aux seuls habitants de Loire-Atlantique et qui avait dégagé une majorité de 55 % en faveur du projet. Celui-ci suscitait néanmoins depuis 1972 une forte opposition, car sa mise en œuvre aurait signifier la destruction de vestes surfaces naturelles d’intérêt écologique et agricole majeur. La « zone d’aménagement différé » (ZAD, rebaptisée « zone à défendre » par les opposants au projet) faisait l’objet depuis 2008 d’une occupation par des militants venus parfois de très loin. Un dessin malicieux signé Wingz.

Février

Après le décès du chanteur Johnny Hallyday, ses proches se disputent l’héritage. Le 12 février 2018, Laura Smet et David Hallyday, les enfants de Johnny Hallyday, font savoir leur intention de contester devant la justice le dernier testament de leur père qui les déshérite au profit de sa quatrième et dernière épouse, Laetitia. Ils revendiquent aussi un droit de regard sur le dernier album posthume de Johnny et réclament le gel de ses biens immobiliers. Les médias se font alors l’écho de fortes tensions qui se seraient développées depuis des années entre Laetitia et les deux premiers enfants du chanteur décédé. Une situation qui n’a pas manqué d’attirer le regard acéré du dessinateur Tartrais…

Mars

En mars 2018, la guerre civile syrienne, qui fait rage depuis 2011, connait un nouveau paroxysme et s’invite régulièrement aux informations télévisées comme en témoigne ce dessin signé Hub. Le 11 mars, la poche rebelle de la Ghouta, à l’Est de Damas, est scindée en trois sous les assauts de l’armée syrienne de Bachar El Assad, épaulée par l’aviation russe, après d’intenses bombardements qui font des ravages parmi la population civile. Les groupes rebelles capitulent les uns après les autres, le dernier début avril après une nouvelle attaque chimique organisée par le régime syrien. Dans le même temps, l’armée turque appuyé par l’Armée syrienne libre, poursuit son offensive dans la région kurde et s’empare de la ville d’Afrine qui tombe le 18 mars 2018, confirmant le jeu mortel que se livrent différentes puissances étrangères évoluant sur le sol syrien.

Avril

Après une manifestation nationale le 22 mars 2018, les cheminots entament à partir du 2 avril une grève perlée qui durera jusqu’à l’été et perturbera fortement le trafic ferroviaire. Ce mouvement social est lié à la volonté du gouvernement de réformer le statut de cheminot dans le cadre de l’ouverture du transport ferroviaire à la concurrence et de la transformation de la SNCF en société anonyme. Bien que le gouvernement ait renoncé à recourir aux ordonnances pour mettre en œuvre la réforme projetée et qu’il se montre ouvert à la reprise de la dette colossale de la SNCF, les tensions avec les syndicats sont fortes et relèvent largement de ressentis divergents, comme l’a bien analysé le dessinateur Pascal Gros.

Mai

La Commission européenne ayant décidé de prolonger de 5 ans l’autorisation d’utiliser le glyphosate, principe actif du Roundup, malgré son effet cancérigène probable et son impact avéré sur la destruction des abeilles, le Président Macron s’était engagé à interdire le glyphosate en France dans les trois ans. Pourtant, en mai 2018, le gouvernement refuse d’inscrire cette mesure dans le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation. La condamnation en août de Monsanto, pour non avertissement du danger lié à l’utilisation du Roundup, puis la démission de Nicolas Hulot, en septembre, font monter la pression sur le dossier. Mais le 15 septembre 2018, la majorité présidentielle, en accord avec le gouvernement, rejette une nouvelle fois l’interdiction du glyphosate lors de l’adoption définitive de la loi. Encore une occasion manquée face à la puissance des lobbies de l’agro-alimentaire… Un dessin signé Mutio.

Juin

Aux États-Unis, les fusillades dans les lieux publics se multiplient malgré une forte mobilisation de la jeunesse pour mieux contrôler la commercialisation des armes à feu. Le 28 juin 2018, ce sont 5 personnes qui sont tuées par balles dans la salle de rédaction d’un quotidien d’Annapolis, tandis que le 18 mai, un adolescent de 17 ans avait massacré 8 lycéens et 2 professeurs dans son établissement scolaire de Santa Fé au Texas, et que le 14 février, une autre fusillade avait fait 17 morts dans le lycée de Parkland en Floride. Une série morbide qui n’empêche pas les lobbyistes de la NRA (National Rifle Association) de continuer à défendre mordicus le libre droit à l’acquisition et à l’usage des armes à feu. Un dessin féroce, signé Marc Large.

Juillet

Le 19 juillet 2018, Le Monde révèle qu’Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron et responsable de la sécurité pendant sa campagne présidentielle, avait été filmé en train de passer à tabac des militants en marge des manifestations du 1er mai, place de la Contrescarpe à Paris. Intervenant comme « observateur » auprès des CRS, le garde du corps du Président n’avait pas pu s’empêcher de faire le coup de poing. Sanctionné légèrement par une simple exclusion de 15 jours avant de réapparaître dans ses fonctions, Alexandre Benalla déclenche une véritable tornade médiatique qui affaiblira durablement le Président de la République. Un dessin signé Fabrice Grégoire.

Août

Le 14 août 2018, deux travées du pont Morandi à Gênes s’effondrent brusquement, ainsi qu’une des piles du viaduc sur lequel l’autoroute A10 franchit le Val Polcevera. De nombreuses voitures sont précipitées dans le vide et l’accident, aussi rare que spectaculaire, fait 43 morts et 16 blessés. Le gouvernement met rapidement en cause la responsabilité de la société concessionnaire Autostrade per l’Italia, accusée d’avoir négligé ses obligations d’entretien d’une infrastructure particulièrement sollicitée. Mais la catastrophe survient quelques mois à peine après la constitution du nouveau gouvernement formé suite à la victoire électorale du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue du Nord en mars 2018, un gouvernement qui a tendance à accuser l’Union européenne de tous les maux et à vouloir restreindre fortement l’immigration, comme le souligne judicieusement le dessinateur Oli

Septembre

Le 26 septembre 2018, le Président Emmanuel Macron a reçu des mains d’Erik Solheim, directeur du Programme des Nations-Unies de l’environnement (PNUE) la distinction de « Champion de la Terre », un prix qui récompense des personnes reconnues comme « leaders environnementaux exceptionnels » et qui a notamment été attribué à Al Gore ou au Français Yann Arthus-Bertrand. Un titre qui témoigne de la haute estime en laquelle est tenu le président français à l’international sur les questions environnementales depuis l’organisation fin 2017 du « One Planet Summit » et son fameux slogan « Make our planet great again ». Emmanuel Macron organisait d’ailleurs ce même jour à New-York, le deuxième sommet du genre en présence de chefs d’entreprise et d’opérateurs financiers. Et ceci alors que les émissions françaises de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse et dépassent largement les objectifs que la France s’était fixée, comme le suggère malicieusement le dessinateur Le Placide dans ce dessin publié par Chalon TV

Octobre

Le 29 octobre 2018, le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, militaire de réserve, raciste, climato-sceptique et homophobe, est élu Président de la République du Brésil avec plus de 55 % des suffrages, déclenchant une forte inquiétude internationale quant à l’évolution de ce pays, le plus peuplé d’Amérique du Sud et celui où les enjeux liés à la déforestation ont un impact mondial, mais qui se caractérise aussi par de fortes inégalités sociales, une corruption endémique et une violence au quotidien. A quoi ressemblera le prochain carnaval de Rio ? Telle est la question que se pose le dessinateur Péji

 

Novembre

Le mouvement des gilets jaunes, initié en réaction à la hausse des prix du carburant, prend de l’ampleur. A partir de la mi-novembre, blocages de routes et de ronds-points se multiplient tandis que les manifestations s’enchainent chaque week-end, parfois accompagnées de mouvements de violence urbaine. Un dessin de Christophe Besse publié dans Marianne le 23 novembre 2018.

Décembre

Le 11 décembre 2018, un terroriste islamiste s’attaque à des passants sur le marché de Noël de Strasbourg, causant la mort de 5 personnes et en blessant 11 autres avant de réussir à s’enfuir après un échange de tirs avec une patrouille de l’opération Sentinelle. Il sera abattu deux jours plus tard par la police. Le marché de Noël est rouvert dès le 14 décembre, et le mouvement des gilets jaunes se poursuit, comme l’a malicieusement noté le caricaturiste Bauer, dans ce dessin publié dans Le Progrès le 14 décembre 2018.

Méfi ! A Marseille, les poètes sont dans la rue…

12 décembre 2018

Rarement un événement aura autant secoué le quartier de Noailles, dans le centre-ville de Marseille. L’effondrement des deux immeubles vétustes qui ont enseveli 8 personnes le 5 novembre 2018, victimes non seulement de la pluie, comme a vainement tenté de le faire croire Jean-Claude Gaudin, mais aussi de l’incurie et de l’inertie des autorités municipales, voire de la cupidité de certains propriétaires peu scrupuleux, cet événement a déclenché comme un vent de révolte.

Rue d’Aubagne, désormais, même les murs s’expriment, avec hargne souvent, avec une certaine poésie aussi parfois…

JBx

Photo prise rue d’Aubagne, le 1er décembre 2018, sur un mur, à quelques mètres des immeubles effondrés (photo © JBx)

A Carnoux, on recherche toujours le buste de Lyautey…

8 novembre 2018

En avril 2016, nous avions lancé sur ce même blog un avis de recherche pour tenter de savoir ce qu’il avait bien pu advenir du buste en bronze du maréchal Lyautey qui a trôné pendant des années à l’angle de la place du même nom, devant le pignon de l’immeuble sobrement baptisé Résidence III, avant d’en être brusquement extrait en 2013 pour laisser place à la construction d’un nouvel immeuble.

Depuis, en dehors d’une brève réapparition en 2014, à l’occasion des commémorations militaires comme la ville de Carnoux en raffole, on a perdu la trace du buste de Lyautey qui constituait pourtant le seul et unique monument public en bronze dont la jeune commune tout juste cinquantenaire pouvait s’enorgueillir. On suppose qu’il est soigneusement conservé dans quelque cachette bien gardée mais le secret n’a pas été éventé jusqu’à ce jour et la municipalité, pourtant prompte à réagir à certains de nos articles, n’a pas daigné s’exprimer à ce sujet.

Le Colonel Pierre Geoffroy (source : Babelio)

Pourtant, l’article en question, qui a été lu par près de 600 internautes depuis, n’a pas manqué d’éveiller la curiosité d’un spécialiste du maréchal Lyautey, en la personne du Colonel Pierre Geoffroy, Président de l’Association nationale Maréchal Lyautey. Cet ancien militaire de carrière, qui a combattu en Indochine et en Algérie avant de servir à l’Etat-Major de la 4ème Division blindée basée à Nancy, est un grand admirateur du maréchal Lyautey depuis sa plus tendre enfance.

En 1976, à la mort de Pierre Lyautey, neveu du maréchal, le château de Thorey que le maréchal Lyautey avait fait aménager et où il s’était installé en 1925 à son retour du Maroc et jusqu’à sa mort en 1934, a besoin de gros travaux de restauration. Ses héritiers tentent de convaincre le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle de le racheter pour en assurer l’entretien, mais sans succès.

Le château de Thorey Lyautey (source : Association nationale Maréchal Lyautey)

Pour éviter que la demeure historique ne soit vendue au plus offrant, le colonel Pierre Geoffroy crée donc l’Association nationale Maréchal Lyautey et lance une souscription pour rassembler les fonds nécessaires. C’est le début d’une grande aventure qui permettra de racheter le château et d’en assurer la restauration et l’entretien jusqu’à ce jour.

Buste du Maréchal Lyautey dans le jardin Massena à Nice (source : Ville de Nice)

Toujours est-il que ce spécialiste du Maréchal Lyautey nous a révélé plusieurs éléments qui permettent d’en savoir un peu plus sur l’histoire des effigies de son idole, lui qui est à l’origine des deux statues en pied érigées à Paris puis à Nancy à partir d’un modèle de 26 cm de haut dessiné par Cogné. Selon lui, le buste du Maréchal qui trônait dans le salon d’honneur du premier paquebot baptisé Maréchal Lyautey, a été perdu lorsque le navire a été coulé par les Allemands en 1944 dans le port de Marseille, mais la veuve du Maréchal en avait conservé le moulage en plâtre. C’est ce moulage qui a été réutilisé par des Pieds noirs de Nice pour recréer un nouveau buste en bronze qui a longtemps été exposé dans le jardin Massena avant d’être déplacé par Christian Estrosi.

Quant au buste dessiné par Cogné qui se trouvait dans le second paquebot, Le Lyautey, lancé en 1952, c’est bien le commandant Jean-Paul Thepot qui a contacté Pierre Geoffroy pour lui remettre cette œuvre lorsque le navire a été désarmé. L’original de ce buste se trouve toujours en bonne place dans le château de Thorey et c’est une copie en bronze qui est exposée dans le jardin du château, au niveau du mémorial.

Buste de Lyautey à Carnoux-en-Provence, avant son déménagement (photo © AAKPPA, 2007)

Pierre Geoffroy n’est pas en mesure de savoir quelle était l’origine du buste initial rapporté de Kenitra, placé d’abord dans les premiers bâtiments faisant office de mairie à Carnoux, comme en atteste un bulletin de la Coopérative immobilière de Carnoux en juillet 1965. Le 29 mai 1980, le colonel Pierre Geoffroy en personne était présent lors de la seconde inauguration du buste, lorsque ce dernier a été installé à son emplacement définitif (du moins jusqu’en 2013, car, comme chacun sait, Carnoux avance…), à l’angle de la place Lyautey. C’est ensuite que la statuette aurait été volée et c’est pour la remplacer que le colonel Guido Verlet, un des fondateurs de la commune de Carnoux, a contacté Pierre Geoffroy pour lui demander l’autorisation de faire une copie en bronze du fameux buste de Cogné. Le buste carnussien de Lyautey est donc bel et bien une copie récente d’un modèle initialement dessiné par Cogné pour le paquebot Le Lyautey

Et il semblerait que deux autres copies en bronze du même buste ont également pu être réalisées. La première l’a été à la demande d’André Llobel, un ancien de Boufarik, alors adjoint au maire de Puget-sur-Argens dans le Var et délégué aux anciens combattants. Cette effigie du Maréchal, coulée par la fonderie Huguenin en 1990, trône toujours dans le square Lyautey, devant une résidence pour personnes âgées.

Le buste du Maréchal Lyautey à Puget-sur-Argens (photo © Gilles Régis)

Quant à la seconde, elle a été installée dans le quartier Lyautey, aménagé par le Conseil départemental de l’Orne à Alençon qui y a d’ailleurs installé son siège, là où le Maréchal Lyautey, de retour de Madagascar en 1902, y commanda brièvement le 14ème Hussards, tout en se consacrant davantage à la rédaction de son ouvrage publié en mai 1903 sous le titre Dans le Sud de Madagascar : pénétration militaire, situation politique et économique, qu’à la gestion quotidienne de son régiment constitué selon ses propres termes de « 800 sabres qui ne sabreront jamais rien »… Il mettra d’ailleurs très vite fin à cet intermède de vie de caserne en Normandie pour rejoindre l’Algérie dès septembre 1903, comme commandant de la division d’Ain-Sefra dans le sud Oranais.

Une dernière réplique en plâtre du buste de Lyautey aurait été confiée à la Corniche Lyautey, une organisation d’étudiants de classes préparatoires du lycée militaire d’Aix-en-Provence. Il n’en reste pas moins que, si les bustes du Maréchal Lyautey ne sont finalement pas si rares qu’on pourrait le penser, celui de Carnoux-en-Provence représente malgré tout un témoignage patrimonial de valeur qui mériterait sans doute de resurgir un jour des oubliettes de l’Histoire où il semble s’être perdu corps et âme…

L.V. 

Les étranges sculptures de Subodh Gupta et ses pots au lait…

10 septembre 2018

Affiche de l’exposition avec l’œuvre intitulé Very Hungry God réalisée en 2006 par Subodh Gupta

Le 26 août 2018 vient tout juste de s’achever, à l’Hôtel de la Monnaie, à Paris, ce qui restera comme la première rétrospective en France de l’artiste indien Subodh Gupta. Cet artiste plasticien touche à tout, né en 1964 dans l’État déshérité du Bihar, au nord de l’Inde, a réussi en effet à se faire connaître dans le monde entier tant pour ses performances artistiques que pour ses vidéos ou ses sculptures dont une des marques de fabrique est l’utilisation d’ustensiles de cuisine métalliques, casseroles en aluminium ou pots au lait en inox…

Une de ses œuvres les plus connues est d’ailleurs son crâne géant de 6 m de haut, au nom évocateur de « Very Hungry God », que l’on pourrait traduire par « Dieu insatiable », constitué d’un assemblage hétéroclite de centaines d’instruments de cuisine en inox et en aluminium, soudés les uns aux autres. Exposée pour la première fois en 2006 dans l’église Saint-Bernard à Paris, alors occupée par un collectif de sans-papiers réclamant leur régularisation, la sculpture aussi monumentale que spectaculaire, a ensuite été racheté par la fondation de François Pinault et est, depuis, habituellement exposée devant le Palais Grassi à Venise.

God Hungry, exposée à l’église Sainte Marie-Madeleine, à Lille en 2006

Une autre de ces œuvres monumentales d’inspiration comparable, et intitulée, comme en écho à la précédente, God Hungry avait d’ailleurs été créée également en 2006 et exposée sous la coupole de l’église Sainte Marie-Madeleine à Lille, dans le cadre du festival Bombaysers. Jaillissant de la paroi sous forme de trois gigantesques cascades constituées d’un amoncellement de brocs et casseroles en inox, cette forme étrange et d’apparence incongrue était supposée faire écho au terrible tsunami qui avait ravagé les côtes de l’Océan indien le 26 décembre 2004, causant la disparition d’au moins 250 000 personnes entre l’Inde, Sri Lanka, la Thaïlande ou l’Indonésie.

« Two cows », œuvre de Subodh Gupta, exposée à l’Hôtel de la Monnaie (photo © Photo Éric Simon)

Cette utilisation d’instruments de cuisine et d’objets de la vie quotidienne indienne est très caractéristique de l’œuvre de ce plasticien déroutant comme le montre la diversité de ce qui était exposé cet été à l’Hôtel de la Monnaie : simple pâte à pain posée sur une table en bois rustique, amoncellement hétéroclite de théières et de brocs, pirogue croulant sous les jarres destinées à stocker l’eau quotidienne, porte dorée, miroirs déformant, chariot porte-bagages ou vélos rutilants chargé de bidons à lait.

Même le gigantesque arbre banian en acier inoxydable au feuillage et aux fruits constitué d’ustensiles de cuisine était présent dans la cour de l’Hôtel de la Monnaie. Intitulé « Dada » qui signifie grand-père en Hindi, cette sculpture monumentale, conservée habituellement à la National Gallery of Modern Art, à New Delhi, symbolise assez naturellement l’héritage indien profondément ancré dans une tradition séculaire, mais aussi toute la richesse et la solidité des liens familiaux, si importants dans la culture indienne.

Sculpture Dada exposée en 2014 à la National Gallery of Modern Art de Delhi

Mais le nom de cette œuvre aussi emblématique que surréaliste fait aussi bien évidemment référence au dadaïsme qui imprègne largement l’inspiration de ce plasticien indien étonnant. Le bronze noir représentant une Joconde moustachue, créé en 2010 par Subodh Gupta et intitulé « Et tu, Duchamp ? » est ainsi une référence évidente à Marcel Duchamp qui avait osé pastiché en 1919 le célèbre tableau de Léonard de Vinci en affublant Mona Lisa d’une belle paire de bacchantes et en intitulant gaillardement son tableau du titre aussi sonore que suggestif : « L.H.O.O.Q. ».

A Gauche : L.H.O.O.G de Marcel Duchamp, 1919. A Droite : Et Tu, Duchamp ? de Subodh Gupta, 2010 (source : artwiki)

De quoi rassurer ceux qui craindraient que l’art moderne, désormais largement dominé par les lois de la spéculation universelle, ne perde de son côté irrévérencieux et iconoclaste qui fait parfois son charme…

L. V. 

Les inondations irriguent aussi la photographie

9 décembre 2017

Certains sujets semblent davantage que d’autres inspirer les artistes, à moins qu’il ne s’agisse d’effets de mode. Les peintres d’antan se délectaient de natures mortes et de batailles navales. Les photographes d’aujourd’hui s’inspirent beaucoup des inondations, certes devenues de plus en plus spectaculaires à force de construire toujours davantage en zone inondable…

Nous avions déjà cité ici le travail remarquable de Jérôme Knez qui avait eu l’idée de juxtaposer à des photos d’archives de la grande crue parisienne de janvier 1910 d’autres clichés pris exactement au même endroit pendant l’inondation de juin 2016. Il faut croire que ce dernier événement a frappé les imaginations. Bien que modeste par son impact sur Paris, il avait quand même occasionné pour environ 1,4 milliards d’euros de dommages selon les assureurs si on totalise l’ensemble des dégâts observés durant toute la durée de cet événement météorologique, plutôt rare pour la saison et qui s’était traduit sur certains cours d’eau dont le Loing par une crue au moins centennale. Un tel montant en fait d’ailleurs l’inondation la plus coûteuse depuis 35 ans qu’existe le dispositif d’indemnisation des catastrophes naturelles en France !

Le Grand Palais et le pont Alexandre III (photo © Benoît Lapray)

En tout cas, cet événement a inspiré d’autres artistes dont Benoit Lapray qui s’était déjà fait connaître notamment pour ces photos de superhéros « en quête d’absolu ». La série d’images intitulées « when te night falls » et qui est notamment consultable dans le magazine The Photo Academy, est constituée également de doublons de clichés, pris exactement au même endroit et selon un cadrage rigoureusement identique.

Les immeubles du quai André Citroën dans le 15e arrondissement (photo © Benoît Lapray)

Mais pour chacun des sites, les deux images sont le jour et la nuit. Tous les clichés nocturnes ont été pris de nuit, au plus fort de la crue de juin 2016. Quant à leurs équivalents diurnes, ils ont été pris sous un soleil radieux, un an plus tard, alors que la crue de 2016 n’était plus qu’un lointain souvenir.

Quai de la Rapée (photo © Benoît Lapray)

Du coup, le contraste est saisissant entre les clichés pris à la lueur des réverbères en juin 2016 alors que l’eau noire de la Seine submergeait les voies sur berges et venait lécher le tablier de certains ponts, et ceux pris en plein jour un an plus tard et pour lesquels on a bien du mal à imaginer que les promenades verdoyantes et les jardins publics en bordure de Seine puissent être recouverts par 1 m d’eau voire bien davantage.

Au pied du pont Alexandre III (photo © Benoît Lapray)

Une série de clichés en tout cas très pédagogique et qui incite les Parisiens à conserver en tête cette idée que le coeur de la capitale et notamment certains quartiers en bord de Seine sont particulièrement vulnérables en cas de crue majeur du fleuve qui les traverse.

Et ce photographe n’est pas le seul à mettre ainsi en scène l’impact des inondations sur notre quotidien. Citons aussi son collègue sud-africain Gideon Mendel dont les clichés ont fait le tour du monde et ont été repris par de très nombreux médias. Depuis 2007, cet artiste a sillonné le monde, de la Caroline du Sud au Pakistan, en passant par le Brésil, l’Allemagne ou le Nigéria, pour témoigner visuellement de la manière dont les habitants sont impactés dans leur intimité par des inondations.

Un cliché de la série Portraits submergés (photo © Gideon Mendel)

Il en a tiré quatre séries rassemblées sous le titre accrocheur « Un monde qui se noie » et qui ont été notamment exposées aux Rencontres d’Arles en septembre dernier. La première de ces séries, « Portraits submergés », peut-être la plus spectaculaire, met en scène de simples habitants, souvent des couples, qui posent sur le pas de leur porte ou dans leur salon envahi d’eau boueuse dans laquelle ils disparaissent parfois jusqu’à mi-corps voire jusqu’aux épaules.

Dans une maison inondée du Yorkshire (Royaume-Uni) en 2007 (photo © Gideon Mendel, extraite de la série Portaits submergés)

On lit dans le regard de ces victimes des intempéries un certain fatalisme, mais aussi beaucoup de désarroi et de désespoir devant la perte de leur propre habitat devenu totalement inutilisable du fait de l’eau boueuse qui s’est engouffrée partout. On repense au slogan choc qu’avait mis en avant l’établissement public Loire pour rappeler aux populations riveraines que le risque inondation est toujours présent même si les populations l’ont largement oublié depuis les fortes crues qui s’étaient succédé en 1846, 1856, 1866 et 1907 notamment : « parce que la Loire est mieux dans son lit que dans le vôtre… ».

Maison inondée au Royaume-Uni (photo © Gideon Mendel, extraite de la série Lignes de crue)

Sauf que pour ces victimes d’inondation, l’eau s’est bel et bien répandue dans leur salon et leur chambre à coucher, tranformant à jamais ce qui était leur cadre de vie quotidien en un milieu hostile dans lequel leurs effets personnels sont en train de pourrir lentement. La série de clichés intitulée « Ligne d’eau » insiste justement sur les marques laissées par l’eau dans un décor vide de ses habitants mais tout aussi poignant de désolation.

Photo délavée récupérée dans une maison au Bengladesh (photo © Gideon Mendel, extraite de la série Trace d’eau)

Quant à la série dénommée « Traces d’eau », le photographe Gideon Mendel montre des agrandissements des photos personnelles définitivement altérées par le séjour prolongé dans l’eau boueuse et que leurs propriétaires ont soigneusement repêchées pour tenter de conserver un peu des souvenirs de leur vie, gâchée à tout jamais par la catastrophe qui les a touchés. On y voit des visages à moitié effacés, révélateurs de la fragilité de tout ce qui fait notre vie quotidienne face à un risque naturel.

Un beau travail esthétique et pédagogique qui mérite d’être salué en espérant qu’il pourra aider certains à prendre conscience qu’il vaut mieux se préparer à toute éventualité quand on vit en zone inondable : le fait d’avoir conscience du risque permet en effet de réduire fortement sa propre vulnérabilité. Une crue n’est jamais qu’un événement naturel récurrent et il dépend largement de notre comportement et de notre niveau d’adaptation qu’il ne se transforme pas en un drame personnel. Une chose est sûre : faire l’autruche en se persuadant que cela n’arrive qu’aux autres n’est certainement pas la meilleure façon de s’y préparer…

L.V.  

Carnoux en noir et blanc…

3 décembre 2017

Il y a un peu plus de trois mois déjà, le 19 août 2017, la zone boisée située entre Aubagne et Carnoux s’embrasait. Il avait fallu alors une mobilisation exceptionnelle des services d’incendie et de secours pour parvenir in extremis à arrêter les flammes le long de l’avenue Jean Bart, sans pouvoir pour autant empêcher que plusieurs haies de thuyas ne se transforment en torches dans les jardins des propriétés les plus exposées. Une fois l’incendie maîtrisé, c’est un spectacle de désolation qui s’étend désormais sur tout le flanc nord de la commune, visible même depuis l’espace, et qui vient rappeler à chacun à quel point la ville est vulnérable face à ce type de risque naturel.

Les chutes de neige survenues hier et qui ont saupoudré quelques centimètres de poudreuse dans les rues de Carnoux ont tranformé en quelques heures ce paysage dévasté, noir et calciné, devenu comme par enchantement d’une blancheur éclatante.

Ce matin, sous le soleil revenu, le spectacle était saisissant de contraste entre le sol recouvert d’un mince manteau neigeux quasi continu et les branches sombres, tordues, comme torturées par l’incendie, qui se dressaient vers le ciel, d’un bleu intense. De quoi rappeler à chacun la triste réalité de ce feu de forêt qui a bien failli réduire la commune à l’état de cendre, comme bien d’autres villes dans le monde exposées elles-aussi à de terribles feux de forêt cet été et qui n’ont pas eu la possibilité d’être protégées.

L.V.  

Fondation Louis Vuitton : merci les contribuables !

24 juin 2017

Jeunes Chinoises accro aux sacs Louis Vuitton…

LVMH : Louis Vuitton Moët Hennessy… Des lettres qui symbolisent le summum du luxe à la française, destiné à tous les snobinards de la planète, du riche émir qatari au parvenu de la mafia russe en passant par tous ces riches touristes asiatiques qui se pressent sur les Champs-Elysées pour acquérir à prix d’or un sac siglé destiné à exposer à tous leur réussite sociale.

Le groupe date de 1987, créé par le rapprochement de la firme Louis Vuitton, spécialisée en maroquinerie de luxe et issue d’une fabrique de malles fondée en 1854, et de la société de spiritueux qui regroupe des marques prestigieuses comme le cognac Hennessy (qui s’exporte depuis 1859 en Chine), mais aussi le champagne Moët et Chandon et la marque de parfums Christian Dior rachetée au groupe Boussac peu auparavant.

Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH, en 2015 (photo © Eric Piemont/AFP)

C’est ce dernier fleuron du luxe français qui attise la convoitise du requin de la finance qu’est Bernard Arnault, lequel venait d’acquérir en 1984 ce qui restait de l’empire textile Boussac – Saint Frères. Dès 1989, Bernard Arnault prend ainsi le contrôle de LVMH, via la Financière Agache, et rassemble sous le nom de holding Christian Dior, les activités liées au parfum et à la haute-couture, qui s’enrichissent en 1997 à l’occasion de l’acquisition de Sephora. A l’issue d’une bataille juridico-financière féroce, l’impitoyable Bernard Arnault se débarasse progressivement des autres actionnaires et devient propriétaire principal du groupe LVMH en 1990. Tout le reste de l’histoire de cette société n’est qu’une longue succession d’OPA hostiles et de rachats à la hussarde pour permettre aux groupe de racheter des marques réputées et s’imposer progressivement comme le géant mondial du luxe.

L’affiche du film de François Ruffin, à charge contre Bernard Arnault

Détenu à 46,7 % par Bernard Arnault, son PDG, le groupe LVMH emploie de l’ordre de 125 000 personnes dans le monde, détient près de 4000 magasins disséminés à travers la planète et a engrangé en 2016 un chiffre d’affaire de 37,6 milliards d’euros. Champion de l’optimisation fiscale, LVMH serait le groupe français qui détient le plus de filiales implantées dans des paradis fiscaux, avant même BNP Paribas, pourtant assez fort dans ce domaine. Le groupe s’est également diversifié dans les médias, en rachetant notamment Les Echos et Le Parisien, histoire de manipuler l’opinion publique au gré de ses intérêts, tout en pesant de tout son poids sur les autres médias via le marché publicitaire de ses marques de luxe, LVMH constituant le principal annonceur publicitaire en France…

Epinglé par le journaliste et désormais député La France insoumise, François Ruffin, dans son film satirique « Merci, patron ! », le milliardaire Bernard Arnault se défend mollement en reconnaissant que « le groupe LVMH est l’illustration, l’incarnation de ce que, pour ces observateurs d’extrême gauche, l’économie libérale produit de pire ». Et voila que certains commencent à s’interroger sur les dessous d’une autre affaire qui concerne cette fois la Fondation Louis Vuitton.

Créée en 2006 pour faire contrepoids à la fondation installée dans l’ancienne Bourse du Commerce, à deux pas des Halles qui est dirigée par son rival de toujours, l’autre milliardaire François Pinault, la Fondation Louis Vuitton se présente comme un outil de mécénat artistique, né de la rencontre avec l’architecte Franck Gehry, concepteur du musée Guggenheim à Bilbao. Grâce à son entregent et en moins de 2 mois, le patron de LVMH obtient que la Ville de Paris lui cède gratuitement une parcelle de 1 ha dans le Bois de Boulogne pour une durée de 55 ans. Le permis de construire, qui fera l’objet d’un recours jusque devant le Conseil d’État, mais en vain, est attribué en un temps record et la starchitecte Franck Gehry peut laisser libre court à son imagination délirante pour concevoir ce que les observateurs qualifient selon leur inspiration de « bateau à voile », de « baleine-obus » ou de « nuage ».

Le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton (source FLV)

Achevé fin 2013, le bâtiment bénéficie d’une inauguration en grandes pompes le 27 octobre 2014 en présence du chef de l’État, François Hollande, lequel a préféré venir inaugurer cet établissement privé plutôt que le Musée des Confluences à Lyon, comprenne qui pourra… A l’époque, tout le monde s’extasie devant l’originalité de cet écrin, même si les entreprises chargées de sa construction pour le moins atypique reconnaissent que « jamais un bâtiment n’aura été aussi complexe à construire pour satisfaire le génie d’un architecte ». Il faut recourir aux calculateurs de Dassault Aviation pour dimensionner les milliers de pièces à assembler dont 19 000 plaques de béton fibré toutes différentes et les 12 voiles en verre, moulées sur mesure dans un four spécial.

Inauguration du bâtiment par François Hollande vu par le dessinateur Na !

Un travail de titan qui a un coût, maintenu soigneusement caché… On parle à l’époque d’une facture dépassant les 100 millions d’euros. Mais selon l’universitaire Jean-Michel Tobelem, spécialiste du mécénat d’entreprise et dont la tribune publiée dans Le Monde en octobre 2014 sous le titre « Le mécénat d’entreprise sans la générosité » avait fait quelques vagues, le coût est plutôt de l’ordre de 400 à 500 millions, sans commune mesure avec les 75 millions d’euros qu’a coûté par exemple l’aménagement du Centre Pompidou à Metz. Mais à l’époque chacun n’a d’yeux que pour l’extrême générosité du milliardaire : « C’est un cadeau de Bernard Arnault aux Parisiens », comme le répètent en boucle ses thuriféraires.

Un chantier d’une grande complexité technique (source : Fondation Louis Vuitton)

Mais un cadeau de luxe : selon les dernières estimations dévoilées par Emmanuel Lévy dans l’hebdomadaire Marianne, le chantier pharaonique aurait finalement coûté la bagatelle de 775,8 millions d’euros ! Et ceci sans compter les coûts de fonctionnement qui se seraient élevés en 2015 à près de 80 millions d’euros, quasiment la moitié de ceux du Louvre qui reçoit pourtant 10 fois plus de visiteurs. Rapporté au nombre de visiteurs, cela représente quand même 80 € par tête de pipe. On comprend dans ces conditions pourquoi l’entrée est si chère : 14 € par personne, seuls les enfants de moins de 3 ans pouvant y entrer gratuitement. Dans le monde du luxe, il convient d’apprendre très jeune que tout se paye, et cher…

Le pire c’est que ce sont les contribuables français qui payent la plus grande part de ce geste de générosité du délicieux Bernard Arnault. Grâce aux dispositions législatives issues de la loi Aillagon de 2003, les plus généreuses du monde en faveur du mécénat d’entreprise, 60 % des sommes investies sont déduites de l’impôt sur les sociétés. En 2015, LVMH a ainsi siphoné à lui seul 10 % de l’enveloppe affectée.

Le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton coloré par Daniel Buren en mai 2016 (photo © Philippe Guignard / Air Images / Fondation Louis Vuitton)

Et ce n’est pas tout puisque le groupe a également adressé à Bercy une demande de remboursement de la totalité de la TVA payée dans le cadre du chantier, soit la bagatelle de 130 millions d’euros supplémentaire. Au final, c’est donc près de 80 % du coût du projet qui sera payé non pas par le richissime propriétaire de LVMH mais bien par le contribuable français, tandis que le groupe de luxe cultive son image de généreux mécène éclairé qui se glorifie d’avoir réalisé « un acte philanthropique majeur vis-à-vis de Paris ». On reste en effet confondu devant un tel savoir faire en matière de communication…

L.V. 

Croisière autour du monde : 7ème escale

7 février 2017

Samedi 4 février :

San Francisco est une ville qui ressemble peu aux autres cités américaines : les risques réels de tremblement de terre (le pire fut celui de 1906) font que l’on ne construit pas en hauteur et que les gratte-ciel sont rares. Cela donne à cette ville implantée au bord d’une baie magnifique un petit air européen…

Nous y sommes déjà allés plusieurs fois mais il reste toujours un musée, une église que l’on a envie de voir ou de revoir… Nous avons découvert avec bonheur le MOMA, le musée d’art moderne qui nous a réservé de belles surprises. Il faut dire que mon mari et moi sommes fanas de peinture…

Voici en illustration quelques-unes des dizaines de photos que nous avons prises dans le musée !

Une salle du MOMA de San Fransisco avec un tableau d’Andy Wahrol à gauche

Une salle du MOMA de San Francisco avec un tableau d’Andy Wahrol à gauche

Magritte – Les valeurs personnelles

Magritte – Les valeurs personnelles

Edward Hopper - l’entracte

Edward Hopper – l’entracte

Diego Rivera - Le porteur de fleurs

Diego Rivera – Le porteur de fleurs

Frida et Diego Rivera (tableau de Frida Khalo)

Frida et Diego Rivera (tableau de Frida Khalo)

La fin du voyage de Robert Colescott

La fin du voyage de Robert Colescott

 

blog392_phaquarium1Dimanche 5 février :

A San Francisco, nous avons pu voir aussi Grâce Cathedral. Construite au XIXe siècle sur le modèle de…Notre-Dame de Paris ! C’est assez cocasse dans un quartier plutôt chic dont les maisons sont, pour les plus anciennes, victoriennes.

Depuis longtemps je voulais voir Alcatraz la fameuse prison ou fut enfermé, entre autres Al Capone. La visite a été très intéressante ! Sur un bout de rocher battu des vents, des bâtiments sévères qui ne furent fermés qu’en 1963, des cellules minuscules avec le fameux mur donnant sur le couloir et qui est constitué d’une simple grille (on l’a vu dans bien des films !). Dans la boutique d’Alcatraz on a même eu la surprise de rencontrer un ancien taulard venu dédicacer le livre qu’il a consacré à son séjour dans cette prison d’où on pense que personne n’a jamais réussi à s’évader.

On est aussi allés faire coucou aux lions de mer qui donnent un spectacle gratuit aux touristes toujours nombreux. En somme deux jours de visite très variées dans une ville qui ne laisse pas indifférent.

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Et puis, il y a l’aquarium de la Baie de San Francisco : un aquarium petit mais magnifiquement coloré et très bien fait. Un vrai régal pour les yeux !

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Lundi 6 février:

Nous voici désormais en mer pour trois jours, en route pour Hawaï, après avoir passé deux jours fort agréables  à San Francisco.

J’en profite pour apporter quelques réponses aux interrogations de Nicole. Sur le bateau, tout d’abord : le Queen Elizabeth est un navire de croisière lancé en 2010, qui peut embarquer 2 081 passagers et 1 005 membres d’équipage. Il mesure 964 pieds de long (le pied vaut 30 cm, faites le calcul…) sur 106 pieds de large. Les cabines vont de la cabine intérieure sans fenêtre, à la cabine avec fenêtre carrée, puis la cabine avec balcon et enfin les suites plus grandes bien sûr. Il y a même des duplex, cabines sur deux niveaux avec deux chambres et deux salles de bain plus un grand salon et une terrasse !

Pour ce qui est de l’itinéraire, il est bien entendu imposé par la compagnie : on choisit une croisière en fonction de l’itinéraire proposé. Autrefois, quand on faisait un tour du monde, il fallait aller d’un bout à l’autre du trajet. Ce n’est plus ainsi aujourd’hui où on peut faire une fraction du tour du monde selon ses envies et ses possibilités. Nous, nous avons pris le navire à son départ d’Angleterre, à Southampton (c’est là que la compagnie Cunard à son port d’attache et ses bureaux), et le quitterons  à Singapour, soit environ 3 semaines avant son retour à Southampton.

Quant à nos motivations… La Terre n’est pas si vaste et il arrive maintenant fréquemment que nous disions « Oui mais ce port nous l’avons déjà vu plusieurs fois ! » Donc les choix de nos croisières s’avèrent parfois difficiles ! Cet itinéraire nous a séduit car il est assez branché Asie : il propose quatre escales au Japon, une en Corée du Sud, deux au Vietnam, et deux en Chine. Voilà pourquoi nous l’avons choisi cette fois-ci !

A bientôt !

Annie

Inondations à Paris : qui l’eut cru ?

11 juillet 2016

Le 4 juin 2016, l’épisode est encore tout frais dans notre mémoire, la Seine à Paris atteignait au petit matin la cote de 6,10 m au droit du pont d’Austerlitz qui sert de référence pour les mesures hydrométriques. Le RER C avait alors été fermé par précaution et la navigation interrompue depuis plusieurs jours déjà, tant au niveau des voies sur berges alors largement submergées que sur la Seine elle-même qui n’est plus navigable dès que la cote atteint 4,30 m : il ne s’agit pas qu’une péniche vienne se coincer sous un pont !

Les journaux télévisés diffusaient alors en boucle les images de l’autoroute A10 totalement noyée à proximité d’Orléans, prenant au piège des centaines d’automobilistes et de camionneurs, tandis que le centre de Nemours était évacué de ses habitants à l’aide de barques et de kayaks. Mais ce que chacun redoutait alors, c’est que la Seine ne continue à monter dans l’agglomération parisienne, au risque de s’engouffrer dans les tunnels de métro et les innombrables galeries souterraines qui minent le sous-sol parisien.

La gare Saint-Lazarre sous les flots en 1910

La gare Saint-Lazarre sous les flots en 1910

Il s’en est fallu encore une fois de quelques dizaines de centimètres, comme en 1982 où la Seine avait atteint la cote de 6,15 m le 14 janvier. Heureusement, on était loin des niveaux atteints en 1955 (7,10 m) et surtout en janvier 1910, dernière crue importante de la Seine qui était alors montée à 8,62 m au pont d’Austerlitz, provoquant une inondation très large de Paris et de sa banlieue. L’eau s’était alors propagée très loin du lit habituel de la Seine en s’engouffrant dans les tunnels de métro alors en construction et venant s’étaler jusqu’au niveau de la gare Saint-Lazarre. Il avait alors fallu attendre plus d’un mois pour que l’eau finisse par disparaître des rues de la capitale, et bien plus longtemps encore pour arriver à nettoyer la ville des déchets et de la boue qui s’étaient amoncelés.

C’est ce souvenir de la dernière crue centennale de la Seine à Paris que le photographe de talent Jérôme Knez a voulu faire revivre en superposant des images d’archives avec d’autres prises exactement au même endroit lors de cette inondation récente de juin 2016.

Baignade dans la Seine, quai d’Orléans, vers 1930 (© J. Knez)

Baignade dans la Seine, quai d’Orléans, vers 1930 (© J. Knez)

Cet artiste, dont les œuvres sont diffusées sur son blog Golem13, s’est fait connaître en superposant des photos anciennes à leur décor actuel et sa série sur le Paris historique, intitulée « Paris. Fenêtre sur l’Histoire » est absolument remarquable.

En tout cas, l’idée de juxtaposer des prises de vue du même paysage urbain lors des deux crues de 1910 et 2016 donne un résultat saisissant et particulièrement pédagogique. Une occasion unique de nous rendre compte que l’épisode que nous venons de vivre il y a quelques semaines, s’il a pu être localement exceptionnel en particulier dans la vallée du Loing, était très en deçà de ce que pourrait produire à Paris une crue centennale comme celle vécue en janvier 1910.

Blog321_PhOdeon

Un admirable travail de photographe, cadré au millimètre, mais aussi un véritable talent de pédagogue qui méritait d’être salué. Chapeau l’artiste !

Sur le pont d'Arcole en 1910

Sur le pont d’Arcole en 1910

et en 2016

et en 2016

Le pont Saint-Michel en 1910...

Le pont Saint-Michel en 1910…

et en 2016

et en 2016

Sur le pont Sully en 1910...

Sur le pont Sully en 1910…

et en 2016

et en 2016

Un constat en tout cas au vu de ces photographies : quelle que soit l’époque, en juin 2016 comme en janvier 1910, le Parisien est toujours aussi curieux des phénomènes naturels et vient s’agglutiner en masse sur tous les ponts de la capitale à la moindre crue…

L.V.  LutinVert1Small

Philippe Echaroux, messager de l’éphémère

19 juin 2016

Blog314_PhLaCiotatLe Bec de l’Aigle, c’est ce cap aux formes déchiquetées qui borde à l’ouest la baie de La Ciotat au dessus de la calanque du Mugel et des anciens chantiers naval. Une masse rocheuse imposante taillée dans des dépôts géologiques déposés à l’estuaire d’un ancien fleuve qui drainait la bordure nord d’un continent aujourd’hui disparu, en dehors de quelques vestiges parsemés des Pyrénées à l’Esterel en passant par la Corse et la Sardaigne !

Le site naturel est remarquable et le choc est grand en voyant dans La Provence du 14 juin 2016 une photo de ce massif recouvert d’un tag géant à l’entrée de la calanque du Mugel… La lecture de l’article rassure un peu, sinon sur les connaissances géographiques de la journaliste (qui attribue généreusement l’altitude de 1700 m au Bec de l’Aigle, le confondant de toute évidence avec son homonyme du Cantal ! ), du moins sur la nature de ce grafiti qui n’en est pas un…

Article paru dans La Provence du 14 juin 3016

Article paru dans La Provence du 14 juin 3016

La mise en garde « Ne grandis pas trop vite, tu vas de cogner au plafond », qui se détache en énormes lettres capitales sur le poudingue orangé du Bec de l’Aigle n’a pas été tracée à la peinture blanche mais résulte d’une projection réalisée par le photographe Philippe Echaroux dans le cadre de son projet artistique Painting with ligths : tout un programme !

Blog314_PhHopeEducateur spécialisé de formation, mais photographe de mode depuis 2008, le Marseillais Philippe Echaroux s’est lancé depuis 2014 dans une nouvelle discipline artistique : le street art 2.0. Armé de son vidéoprojecteur, il projette sur des éléments de paysage urbain des images ou des textes de sa composition et les photographie pour en conserver la trace. Une approche très originale, qui ne laisse pas de trace sinon sous forme d’archives visuelles, mais dont le résultat est totalement bluffant, d’autant que l’artiste s’intéresse avant tout à la réaction des passants qui découvrent son œuvre éphémère et réagissent en direct.

Blog314_PhTourEiffel

Marseille fait partie des terrains de prédilection de Philippe Echaroux même si ses pérégrinations l’ont conduit aussi à s’intéresser à bien d’autre terrains de jeu, de Cannes à Val d’Isère en passant par Barcelone, Paris ou Cuba où ses slogans libertaires projetés sur les façades de La Havane ont fait sensation et ont été largement rapportés par le Figaro

Blog314_PhValIsere

Certains se souviennent ainsi de ce mystérieux portait de Zinédine Zidane apparu un soir de 2014 sur une façade aveugle de la Corniche, celle-là même où avait été apposée un portrait géant du footballeur marseillais en hommage à la victoire de l’équipe de France lors du Mondial de 1998. C’était l’oeuvre de Philipe Echaroux dont les photographies et les vidéos prises sur la place Paul Ricard ont alors fait le tour du monde.

Portrait de Zidane par Philippe Echaroux, projeté à Marseille en 2014

Portrait de Zidane par Philippe Echaroux, projeté à Marseille en 2014

Au début de cette année, l’artiste a lancé une autre initiative qui a connu aussi un large échos dans les médias, dont 20 minutes qui en diffuse la video. La scène se passe dans une rue mal éclairée de Marseille, devant une place de parking réservée aux personnes à mobilité réduite. La rue est déserte et les automobilistes pressés n’hésitent pas à emprunter la place de parking, ni vu ni connu. Pas de chance, ils sont filmés et quand ils sortent de leur voiture, ils voient s’afficher sur le mur en immenses lettres le slogan vaguement ironique : « L’incivilité est-elle un handicap ? ».

Blog314_PhIncivilité

Certains, pris de honte, remontent au volant pour disparaître tandis que d’autres, peu gênés, s’abritent derrière le classique « J’en ai pour 5 minutes .. ». L’objectif de l’ex éducateur spécialisé au travers de ce « handicap happening » est d’ailleurs avant tout pédagogique, une sorte de sensibilisation éphémère destinée à faire comprendre sans être agressif, comme l’explique l’artiste : « Le but n’est pas de dire « t’es un connard » aux automobilistes. Je suis dans une démarche pédagogique ».

Philippe Echaroux et son matériel de videoprojection

Philippe Echaroux et son matériel de videoprojection

Une bien belle initiative citoyenne en tout cas, filmée par le complice vidéaste de Philippe Echaroux, Jean-Claude Piéri, indispensable alter ego du photographe, qui permet de fixer pour l’éternité les réactions du public à ces projections éphémères qui interpellent. Des artistes de talent dont les réalisations méritent d’être encouragées !

L.V.  LutinVert1Small

Grande souscription citoyenne : offrez un peu d’Amour !

9 octobre 2015
Jean-Luc Martinez, Président-Directeur du Musée du Louvre lançant officiellement la souscription dans la Pour Puget

Jean-Luc Martinez, Président-Directeur du Musée du Louvre lançant officiellement la souscription dans la Cour Puget

Le Musée du Louvre vient de lancer cette semaine sa sixième campagne de souscription populaire sur son site Tous mécènes. C’est ce même procédé qui lui avait permis d’acquérir en 2010 Les trois grâces, un petit tableau de Lucien Cranach daté de 1571 et que la générosité de 7000 donateurs avait permis de faire entrer dans les collections du Louvre.

Cette fois, l’objet de la convoitise de notre musée national concerne une petite sculpture en marbre datant de 1753 et intitulée L’Amour essayant une de ses flèches. Réalisée par le sculpteur français méconnu Jacques Saly, cette œuvre magnifique de réalisme avait été commandée par la marquise de Pompadour. Comme chacun sait, Jeanne-Antoinette Poisson de son vrai nom, fut l’épouse de Charles-Guillaume Lenormant d’Étiolles et surtout la maîtresse de Louis XV qui la nomma marquise de Pompadour puis lui offrit comme résidence parisienne l’hôtel d’Évreux, devenu depuis le palais de l’Élysée.

Sculpture de Jacques Saly : L’Amour essayant une de ses flèches (Photo : Musée du Louvre)

Sculpture de Jacques Saly : L’Amour essayant une de ses flèches (Photo : Musée du Louvre)

C’est justement dans cette demeure, où l’Amour est roi, que Mme de Pompadour fit transporter la fameuse statue en marbre de Cupidon vérifiant ses pointes de flèches, lorsqu’elle vendit en 1757 son château de Bellevue. Son auteur, Jacques Saly, passa la majeure partie de sa vie à l’étranger, à Rome d’abord puis au Danemark, où il fut nommé directeur de l’Académie des Beaux-Arts, ce qui explique que ses œuvres soient assez peu connues en France, en dehors de sa ville natale, Valenciennes. Les représentations de l’Amour jouant avec son arc et ses flèches sont en revanche très répandues à cette époque et celle-ci fait partie incontestablement des plus réussies.

Selon La Tribune de l’Art, le musée du Louvre lorgnait dessus depuis 2009, date à laquelle la sculpture a été mise en vente, mais n’avait pu donner suite à cause du prix exorbitant de 8 millions d’euros que réclamait son propriétaire. La négociation s’est finalement conclue à 5,5 millions d’euros, ce qui reste une belle somme. Mais quand on aime, on ne compte pas, c’est bien connu.

Une partie importante de la somme (2,8 millions d’euros) sera versée par l’Association des amis du Louvre et 2 millions au moins sont apportés par de grands donateurs et le mécénat d’entreprises. Il reste néanmoins 600 000 € à récolter, pour lesquels le Musée du Louvre fait appel à la générosité du public, via une de ses campagnes de souscription citoyenne qui finalement semblent assez bien fonctionner.

© Mathieu Ferrier, Agence Photo F

© Mathieu Ferrier, Agence Photo F

Alors, si le cœur vous en dit de contribuer à offrir un peu de cet Amour au Musée du Louvre, n’hésitez-pas à mettre la main à la poche, avant le 14 février prochain, date de la Saint-Valentin naturellement ! Les générations futures, en quête d’un peu de tendresse dans ce monde en crise, vous en seront sans doute reconnaissantes…

L.V.  LutinVertPetit

Les « haut-perché-e-s » à l’assaut des Hauts de Carnoux…

19 septembre 2015

Blog229_AfficheL’artiste Rodia Bayginot exposera à la médiathèque de Carnoux-en-Provence du 15 au 25 septembre 2015 ses suspensions en tissu, dans le cadre d’une thématique science et art sur les arbres. Elle sera présente dans l’installation vendredi 25 septembre de 17 h à 19 h, en compagnie de l’équipe de la médiathèque et de la naturaliste Claude Gadbin-Henry.

« Les haut- perch-ée-s », leur nom a d’emblée évoqué, à mes yeux, ces arbres tropicaux, dépourvus de troncs, qui doivent utiliser le corps des autres végétaux arborés pour accéder à la lumière source d’énergie et garante de survie pour l’espèce…

Regardez les : ils se balancent doucement, agités par les souffles environnants. Elles/Ils sont de tissus : surfaces souples constituées par un assemblage de fils tressés ou maillés, dit le Robert.

Semblables et différentes sont les feuilles, constituées de tissus foliaires à la surface lisse où glissent les gouttes de pluie, mais qui possèdent de minuscules ostioles, parfois béantes, pour capturer sur son passage éphémère, l’eau nourricière …

Ces arbres des tropiques, en croissant étranglent parfois, ceux qui les ont portés vers le soleil, depuis leur naissance. Ainsi ces Ficus étrangleurs, survivront sans tronc, mais portés par leurs vigoureuses racines aériennes. Ce sont elles qui  apporteront les sels de la terre, assimilés grâce à l’énergie solaire…Cependant, que leur généreux « sus-porteurs », vont mourir doucement…

Blog229_PhCarnoux

Mais les « haut- perché-e-s »s, n’ont nul  besoin d’étrangler leur tuteur !  Rodia leur a donné une suspension ronde et mobile qui leur permet de se retourner vers les spectateurs ébahis !

Groupés en un lieu, elles/ils deviendront forêt : le mystère est dévoilé : Ils recèlent en leur sein des êtres étranges, énigmatiques… un visage ? serait-ce celui d’une sylphide, d’une fée ?  Se présentent un elfe, un sylphe, un enfant, un passant  tous assez sages pour se cacher et vivre là ?…

Leurs petits compagnons évoquent à s’y méprendre les « animalcules » que sont bactéries, champignons, arthropodes.  Ils sont les « minuscules », qui assurent le futur de cette forêt suspendue. Sa survie dépend de leurs activités, ils transforment les tissus végétaux et animaux en nouveaux nutriments pour les tous hôtes de cette forêt !

Ces « haut-perché-e-s » regorgent de vies et du dynamisme discret et durable des lointaines et familières forêts.

Claude Gadbin-Henry

Andy Warhol…?????

28 mars 2009
Comiques troupiers...

Comiques troupiers…

No comment…!