Archive for février 2011

Quand on manque d’éducation, c’est pour la vie..

27 février 2011

Sarkozy vexe la Turquie avec un gros chewing-gum

Le maire d’Ankara Melih Gokcek a fait savoir samedi qu’il s’était permis de mâcher du chewing-gum en présence de Nicolas Sarkozy lors de sa courte visite en Turquie vendredi, en réaction au « manque de respect » dont le chef de l’Etat français avait fait preuve selon lui en faisant de même.

© afp

L’édile, figure haute en couleur de la vie politique turque et à la personnalité controversée, faisait partie de la délégation qui a accueilli et raccompagné le président français à l’aéroport lors de sa visite éclaire en Turquie vendredi dans le cadre de la présidence française du G20, selon l’agence turque Anatolie.

« M. Sarkozy est descendu de la passerelle de l’avion en mâchant un gros chewing gum. Il s’est arrêté un instant, a regardé autour de lui et a continué à mâcher… Personnellement j’ai été vexé », a rapporté M. Gokcek à l’agence Anatolie. « Il avait fait preuve du même manque de respect précédemment en présence de notre président Abdullah Gül en France », a ajouté le maire, sans détailler.

« Lorsque nous avons pris congé de lui, je n’ai donc pas retiré mon chewing-gum de ma bouche. Il fallait que quelqu’un réagisse et je pense avoir répondu avec diplomatie. En la matière, il y a quelque chose que l’on appelle la réciprocité », a-t-il ajouté.

M. Sarkozy, qui irrite depuis longtemps les Turcs en s’opposant à leur entrée dans l’Union européenne, a passé seulement six heures à Ankara. Lors d’une conférence de presse conjointe avec M. Gül, il a réaffirmé son refus de voir la Turquie intégrer l’UE et défendu l’option d’un compromis « entre le tout adhésion et l’association ».

Les référents communaux anonymes….

25 février 2011

Dans le Var, le maire de La Crau a « instauré un système de vigilance citoyenne », en chargeant 200 habitants de la commune, qui restent anonymes, de jouer le rôle d’auxiliaires de gendarmerie ou de police. Opposants et habitants s’interrogent sur le bien fondé d’une initiative interprétée comme de la délation et sur la nature des informations qui remontent…

 

A La Crau, 200 « espions » anonymes veillent sur la sécurité

Le maire UMP de La Crau, dans le Var, a développé un service bénévole et anonyme de vigilance citoyenne qui s’appuie sur 200 informateurs. Mais le système est parfaitement opaque et d’aucuns s’interrogent sur l’atteinte aux libertés individuelles.
Maire UMP de La Crau, Christian Simon a pris le gouvernement français au mot lorsque celui-ci a incité les autorités locales a instaurer des systèmes de vigilance citoyenne pour lutter contre l’insécurité. Mais il a manifestement décidé d’être un élève modèle.
A La Crau, 16 000 âmes, il y a désormais près d’une personne sur cent qui « espionne » les petits faits et gestes des voisins pour les « rapporter » confidentiellement au maire. Des « référents » au sens civique bien développé, puisqu’outre le fait qu’ils sont bénévoles, ils sont également anonymes et, selon le maire, rétifs à toute forme de publicité.
Choisis par la majorité en place en dehors de tout vote du conseil municipal, les zélés délateurs échappent donc au contrôle démocratique de l’opposition. Une absence de contrôle qui choque son chef de file, pour qui la délation est « maintenant institutionnalisée » à La Crau. Cette circonstance n’empêche pas Christian Simon de se satisfaire du « succès » de l’opération, alors que la Ligue des droits de homme s’inquiète de l’atteinte aux libertés fondamentales qu’un tel réseau d’informateurs peut générer.
Personne ne s’inquiètera sans doute que soient rapportés des faits de vandalisme ou des lieux de dépôts clandestins d’immondices. Mais qui peut prétendre, vu l’opacité du système, que ce sont là les seules informations que la commune recueille, s’interrogent des administrés.

Pour terminer : une suggestion, inspirée du formulaire en ligne sur le site du ministère du civisme et de la délation, qui permettrait de simplifier le travail des référents …

 

Les candidats de droite seraient plus beaux…?

24 février 2011

Les candidats de droite sont jugés plus beaux et en profitent aux élections, selon une nouvelle étude réalisée par trois économistes suédois et finlandais.

« Une explication possible, c’est que les gens jugés beaux ou qui se considèrent comme beaux ont plus tendance à être anti-égalitaires, donc de droite », a déclaré mercredi à l’AFP Niclas Berggren, un des trois coauteurs de l’étude.

Celle-ci a combiné les résultats réels d’élections de 2003 et 2004 en Finlande avec une enquête de beauté menée auprès d’internautes étrangers sur quelque 1.357 candidats finlandais.

Plus de 2.500 non-Finlandais ont attribué aux photographies des candidats des notes allant de 1 (très laid) à 5 (très beau), sans savoir s’ils appartenaient au parti de droite (Parti de la Coalition nationale) ou à deux partis de gauche (Parti social-démocrate et Alliance de gauche).

« Nous avons obtenu deux principaux résultats. D’abord, les candidats de droite sont plus séduisants. Ensuite, nous constatons un effet accru de la beauté, en terme de vote, chez les candidats de droite », écrivent les auteurs.

« Beaucoup d’études ont montré qu’être beau apporte plus de votes, mais nous pensons être les premiers à nous être intéressés au rapport entre la beauté et la tendance politique », explique M. Berggren.

Au niveau international, « la gauche a peut-être aussi employé plus souvent une approche plus rationnelle fondée sur les arguments, alors que la droite a été plus consciente des facteurs extérieurs », relève-t-il, citant par exemple les cas de Ronald Reagan et de Sarah Palin aux Etats-Unis.

Carnoux : Inquiétude et résistance…

23 février 2011

La Provence 17/02/2011

La Provence 23/02/2011

A suivre…..

Et vous voudriez que l’on ne s’indigne pas !

21 février 2011

C’est le jackpot pour les compagnies pétrolières. Les profits de l’année 2010 s’envolent ! 10,3 milliards d’euros pour Total pour 2010, en progression de 32 % par rapport à l’année précédente. + 58 % pour le géant Exxon-Mobil (à 22,6 milliards d’euros), + 61 % pour Shell (à 14,9 milliards), + 79 % pour ConocoPhillips (6,5 milliards) et + 81 % pour Chevron (14,1 milliards d’euros).

De toutes façons, Total fait toujours de faramineux profits : 7 milliards d’euros en 2003, 9,6 milliards en 2004, 12 milliards en 2005, 12,6 milliards en 2006, un petit 12,2 milliards en 2007, 13,9 milliards en 2008,  7,8 en 2009, 10,3 milliards l’année dernière. Plus de 85 milliards en 10 ans !

Alors, je sais, je vais encore entendre la chanson : “Il faut se féliciter de la présence d’un grand groupe français dans les premiers mondiaux, et il vaut mieux qu’il fasse des profits que des pertes… Pourquoi s’attaquer aux entreprises françaises florissantes ? Elles enrichissent le pays.” Déjà en février 2009, la même remarque simpliste avait été avancée. “C’est une formidable, bonne, nouvelle et nous avons besoin de bonnes nouvelles. Total est la plus grande entreprise française, c’est un des plus grands champions du monde parmi l’ensemble des entreprises globales, mondiales”, avait déclaré Laurence Parisot, présidente du MEDEF sur RMC. “C’est une excellente nouvelle de voir nos entreprises gagner de l’argent”, avait-t-elle ajouté.

Une première remarque s’impose : les actionnaires français ne possèdent que 25% du total des actions (voir ici ). Les trois quarts des dividendes enrichiront donc des actionnaires étrangers. C’est aussi ce qu’ils toucheront des bénéfices qu’ils engrangent lorsque nous faisons le plein de nos réservoirs.

Seconde remarque, les bénéfices ne servent pas à l’investissement. Ils continuenet d’augmenter la trésorerie de Total, car Total gagne tellement d’argent que même s’il voulait le réinvestir, ils ne pourrait pas. La trésorerie de Total est en inflation : 2,5 milliards de cash au 1er janvier 2007, 7 milliards au 1er janvier 2008, 12.3 milliards au 1er janvier 2009 … Et même si les investissements annoncés (20 milliards d’euros en 2011) sont importants, ils affectent peu l’énorme trésorerie, qui elle même fait aussi fructifier son capital.

Troisième remarque : Total ne paye pas d’impôts en France. On pourrait s’attendre, qu’avec  des profits de l’ordre de 10 milliards d’euros par an, la Société Total paye des impôts conséquents. Que nenni ! Comme une entreprise du CAC40 sur quatre, Total ne paye aucun impôt en France… Nombre de dispositifs fiscaux, comme le report illimité des pertes, le crédit impôt-recherche ou encore la déductibilité des intérêts d’emprunt, lui permettent d’échapper à l’impôt (voir ici ) … C’est légal, c’est génial, et ça s’appelle le bénéfice mondial consolidé (BMC). Le principe est simple : si un groupe international réalise des profits dans plusieurs pays, il paye ses impôts dans plusieurs pays. Mais il joue comme il veut de cette répartition. Total estime son activité française à 5%. Mais, en février 2008, l’UFC Que Choisir a enquêté et penche plutôt pour un chiffre de 20%. Pendant ce temps là, Total verse 700 à 800 millions de dollars à la junte birmane, finançant ainsi l’armée et l’argent de poche des généraux au pouvoir. Ainsi, Total paye des impôts minimes dans les pays d’extraction, ce qui occasionne un manque à gagner annuel pour le fisc français estimé à 3,5 milliards d’euros.

Quatrième remarque : Total supprime des emplois en France. Gonfreville et Notre-Dame-de-Gravenchon près du Havre, Carling en Moselle, siège de La Défense à Paris : des centaines d’emplois ont été supprimés en 2009. Et il n’y a aucune raison que cela s’arrête.

Le grand canyon menacé…..?

20 février 2011

Le Grand Canyon a beau être l’une des plus spectaculaires merveilles naturelles du monde, il n’en est pas moins menacé par les spéculateurs. C’est que la région regorge d’uranium: un véritable pactole! Les pressions sont donc de plus en plus fortes sur la Maison Blanche afin d’obtenir l’autorisation d’extraction. D’ici quelques mois, le sort du Grand Canyon sera joué, pour le meilleur ou le pire.

menacé par les spéculateurs....?

Les mines d’uranium sont particulièrement destructrices: sur 1000 kilos retirés, seul un kilo de minerai est réellement utilisé. Ce qui engendre de grandes quantités de déchets radioactifs et des masses volumineuses de boues acides.

Seulement voilà, le prix de l’uranium a explosé en flèche durant les dix dernières années, face à la demande croissante de certains pays, dont la Chine et la Corée. Vu que le Grand Canyon est rempli d’uranium, il n’en fallait pas plus pour attirer les convoitises.

Mais qui dit mines dit aussi pollution et peu importe que ces mines soient en activité dans le parc du Grand Canyon ou dans ses environs: il ne s’agit pas uniquement de préserver la beauté d’un site naturel grandiose, mais aussi de préserver les sources d’eau potable. Car une fois celles-ci souillées par l’uranium, elles deviennent nocives pour les êtres humains. Il ne faut pas oublier que le fleuve Colorado est l’une des principales ressources d’eau potable pour les 18 millions de personnes qui vivent à Los Angeles et sa région.

2000 demandes
Depuis 2003, les entreprises minières prospectent, c’est qu’en juillet 2011 la Maison Blanche devra décider si oui ou non, elle autorise l’exploitation de cette zone durant les vingt prochaines années. Plus de 2.000 demandes ont déjà été envoyées, la pression est donc grande.

Depuis 1908, aucune activité minière n’a été autorisée au sein du Parc du Grand Canyon, mais les alentours portent déjà les traces de quelques exploitations. Dans les années cinquante, le gouvernement américain avait encouragé ces mines. Durant trente ans, l’uranium a fait la gloire du Four Corners, une zone située entre l’Arizona, l’Utah, le Colorado et le Nouveau-Mexique, jusqu’à ce que le marché s’effondre. L’impact de tant d’années d’extraction, lui, est resté visible durant longtemps: terres et nappes souterraines polluées.

2000 demandes.....!

Déjà pollué
En 1979, un barrage a cédé, déversant 1.100 tonnes de boues radioactives dans la rivière Little Colorado. En 1984, des inondations ont emporté des centaines de tonnes d’uranium de la mine Hack Canyon dans la rivière Kanab, qui se jette dans le Grand Canyon.

les taux d'uranium sont trop élevés

Ici et là, des panneaux indiquent aux promeneurs de se méfier de l’eau de certains cours d’eau du Parc. Boire l’eau ou se baigner dans les rivières Little Colorado, Kanab Creek, et « d’autres ruisseaux dans le parc où les taux d’uranium sont trop élevés » est dangereux.

Cinq millions de touristes
Le parc national du Grand Canyon – qui recouvre 4 927 km2 – est situé dans le nord-ouest de l’Arizona. Il a été creusé par le fleuve Colorado et a été reconnu patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1979. Ses roches sont parmi les plus anciennes de la Terre. On estime à environ un millier le nombre de grottes et de cavernes. Cinq millions de touristes le visitent chaque année.

Le parc abrite 355 espèces d’oiseaux selon les estimations, 89 mammifères, 47 reptiles, 9 amphibiens et 17 espèces de poissons. En 1963, la construction du barrage de Glen Canyon – à quelques centaines de kilomètres – avait déjà durement touché l’écosystème du Grand Canyon, qui n’est toujours pas encore entièrement remis. Reste au gouvernement américain à choisir entre l’appât du gain et la préservation de la nature.


Bon Appétit…!

19 février 2011

Après quelques jours d’inactivité liée à des congés bien mérités, nous reprenons nos chroniques. Et pour commencer, une délicieuse recette de tarte…!

la « Recette de la tarte aux cerises« 

Voici, la liste des produits chimiques utilisés pour la fabrication d’une tarte aux cerises de supermarché, depuis le champ de blé jusqu’à l’usine agro-alimentaire. Bon appétit!

Histoire de la Pâte

Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d’un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter la verse et 1 dose importante d’engrais: 240 kg d’azote, 100 kg de phosphore et 100 kg  de potassium à l’hectare, tout de même ! Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl. Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l’acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l’amylase. Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium. Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l’hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.

Histoire de la Crème

La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des oeufs, du lait, et même de l’huile.

Les oeufs proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries avec des  granulés contenant des :

– antioxydants (E300 à E311),
– arômes,
– émulsifiants: alginate de calcium,
– conservateurs : acide formique,
– colorants : capsanthéine,
– agents liants: lignosulfate
– et enfin des appétants : glutamate de sodium, pour qu’elles puissent avaler tout ça.

Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens. Les oeufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc. * Le lait provient d’un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :

– antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714)
– antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307), buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324),
– émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol (F496),
– conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique (F280) et ses dérivés (F281 à E284),
– composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803),
– agents liants : stéarate de sodium,
– colorants : F131 ou F142
– et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout ça, comme le glutamate de sodium.
Les huiles, quant à elles, ont été :
– extraites par des solvants comme l’acétone,
– puis raffinées par action de l’acide sulfurique,
– puis lavageà chaud,
– neutralisées à la lessive de soude,
– décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium
– et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc.
– Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.
La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l’acide alginique (E400).

Histoire des Cerises

(complété d’apres des éléments de « Aromatherapie » Jean Valnet 1990, Maloine)
Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années.
* Les cerises sont :
– décolorées à l’anhydride sulfureux
– et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine.
– Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium
– et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202).
Elles sont enfin enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur bonne dose d’engrais et de pesticides. Ce sucre est extrait par :
– défécation à la chaux et à l’anhydride sulfureux,
– puis décoloré au sulfoxylate de sodium,
– puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique.
– Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.
Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est necessaire d’ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthetique du goût et de l’odeur à partir d’éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient extrêmement faibles- par économie d’echelle – en comparaison du parfum naturel de fruit.
L’exemple developpé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien des parfums artificiels de fraise, d’ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet..etc.
* Le parfum artificel de cerise se compose donc des molécules synthetiques (donc à la stéréochimie inversée) suivantes :
– acétate d’ethyle
– acéthyl méthylcarbinol
– butyrate d’isoamyle
– caproate d’ethyle
– caprylate d’isoamyle
– caprate d’ethyle
– butyrate de terpenyle
– geraniol
– butyrate de geranyl – acetylacetate d’ethyle
– heptanoate d’ethyle
– aldéhyde benzoique
– aldéhyde p-toluique
– vanilline
– essence artificielle d’amande amère SAP
– essence artificielle de girofle Bourbon
– essence artificielle de cannelle Ceylan
– essence de lie de vin .

Ce texte, consacré à « la tarte aux cerises de supermarché » a été rédigé par Claude Bourguignon, un ingénieur agronome qui travailla à l’INRA, avant de quitter l’honorable maison pour cause de désaccord. Spécialiste de la microbiologie des sols, c’est lui qui démontra, pour la première fois, que les sols cultivés à grand renfort d’engrais chimiques et de pesticides, étaient biologiquement … morts. Tout ce qui fait la vie, et donc la qualité des terres, à savoir les populations microbiennes et fongiques, est détruit par les produits chimiques, conduisant à une perte des nutriments et à l’érosion des sols. Membre de la Société américaine de microbiologie – en France , il n’ y a plus aucune chaire de microbiologie des sols, y compris à l’INRA! – Claude Bourguignon a créé avec sa femme le Laboratoire d’analyse microbiologique des sols, qui intervient dans de nombreux pays, pour aider les agriculteurs à retrouver la fertilité de leurs sols.

Derrière la souffrance au travail,

3 février 2011

le délitement des valeurs collectives

Début 2010, les partenaires sociaux commençaient à peine à négocier pour transposer un accord européen sur la souffrance et la violence au travail.
Cet accord, qui date du 26 avril 2007, donnait pourtant trois ans aux pays de l’Union pour le mettre en œuvre.
Malheureusement, il est à craindre que, dans l’urgence, les débats passent à côté de l’essentiel.

En 2009, la vague de suicides à France Télécom a permis de porter la question de la souffrance au travail dans le débat public et a contribué à une effervescence médiatique sur un problème longtemps méconnu.
Chacun s’accorde aujourd’hui à le reconnaître et à admettre qu’il dépasse le cas de quelques pervers harceleurs. Mais on est loin d’un consensus sur les causes sociales et économiques de cette souffrance. Ainsi pour Jean-Baptiste Obéniche,  directeur de l’agence nationale de l’amélioration des conditions de travail (ANACT), cette souffrance serait un phénomène naturel, lié aux contraintes de l’entreprise, comme la concurrence ou l’organisation du travail. « Ces tensions au travail, on ne peut pas les éviter, il faut trouver un moyen de les réguler », estime-t-il. La souffrance au travail serait-elle aussi inéluctable que les lois du marché ?

Symptôme du délitement du collectif et du retrait des syndicats

Ce discours fataliste tend à occulter la cause des difficultés actuelles.
En vérité, on arrive à l’épuisement d’un modèle qui mise tout sur l’intensification et l’individualisation à l’extrême des relations de travail. Cette évolution est le fruit d’un long processus, initié dès les années 1980.
Selon le sociologue Michel Gollac, l’intensification du travail a été continue entre 1985 et 2000, avant de se stabiliser à un niveau très élevé. Elle est le produit des nouvelles formes d’organisation importées du Japon depuis une trentaine d’années, qui se manifeste par des exigences nouvelles de production à flux tendu, de « zéro défaut » et de polyvalence.

L’économiste Philippe Askenazy évoque l’idée d’un « néo-stakhanovisme » pour parler du système moderne de management.  Un système dans lequel le travailleur devient l’unique responsable de sa productivité personnelle. Ainsi, le capitalisme contemporain multiplie les injonctions contradictoires, comme « faire vite et bien ».  Principale conséquence de cette transformation du travail : une augmentation de la productivité qui se paie par l’explosion des maladies professionnelles et des accidents du travail.

À la différence du système tayloriste, intégré, où tout le monde travaille sur une même chaîne de production, le nouveau système productif s’appuie sur l’individualisation des tâches, ce qui conduit à individualiser les relations de travail.
Cette fragilisation du collectif est du pain béni pour les managers qui se trouvent en position de force pour négocier le temps de travail, les rémunérations, lesquelles passaient auparavant par des négociations souvent difficiles avec les syndicats. Aujourd’hui, c’est la relation individuelle au manager qui devient cruciale, ce qui contribue à décrédibiliser les syndicats.

L’observatoire du stress à France Telecom a ainsi montré que les trois quarts des personnels jugeaient les syndicats inefficaces pour gérer l’emploi et les restructurations. En cas de problème grave, on verra donc les syndicats en dernier recours, après avoir vu le supérieur hiérarchique, le responsable RH,  le DRH… L’individualisation mise en place par l’employeur a ainsi été intégrée par les salariés, obnubilés par leur prime annuelle et l’atteinte de leurs résultats.

Même les réponses proposées par l’employeur à la souffrance au travail s’inscrivent dans une logique individuelle.  Derrière les propositions de stage de « gestion du stress », on enferme le salarié dans son tête à tête avec sa hiérarchie, on gomme la réalité des conditions de travail et on ne veut prendre en considération que la capacité d’endurance de l’individu face au stress et à l’accélération du changement.  L’entreprise a tout intérêt à voir l’endurance de ses salariés se renforcer plutôt que de remettre en cause ses pratiques.
Même dans l’écoute psy, les salariés se voient incités à développer des stratégies d’adaptation aux tensions, d’évitement de l’affrontement, car l’incapacité à supporter la charge est vue comme un signe d’incompétence et génère la peur de la faute professionnelle.  En somme, on considère l’organisation comme intangible. C’est aux salariés de s’adapter.

Un conflit de valeurs pour les agents issus du public

Le secteur public s’employant avec énergie à singer les techniques de gestion du privé, il n’est pas étonnant d’y retrouver les mêmes symptômes. Le management de la précarité y est de plus en plus appliqué : doctrine de l’efficience, des indicateurs, de la performance et de la rémunération individuelle.

Mais le problème se double d’une souffrance liée à un conflit de valeur : entrés dans une institution publique rarement par hasard, les employés et cadres sont confrontés dans de nombreux secteurs à des évolutions fortes de valeurs, du sens de leur travail.  La Poste,  France Télécom,  Renault,  la Sécurité sociale,  Pôle emploi, autant de structures où l’on demande aux salariés de passer d’une logique d’aideurs à une attitude de vendeurs ayant affaire à des « clients ».  Or il s’agit de deux profils de personnalité et de deux ethos très difficiles à concilier.

Dans l’ancien secteur public, la souffrance liée à l’intensification du travail se double d’un symptôme d’acculturation, conséquence d’un système où le travail et la fonction sociale d’une activité perdent leur sens. Car en cherchant à imiter l’idée qu’ils se font de l’entreprise privée, les réformateurs de la privatisation (souvent issus de la haute fonction publique) se sont attachés à construire une entreprise désincarnée, réduite une fonction de production tirée des manuels.

Or, aucune entreprise privée ne fonctionne sans histoire, sans culture d’entreprise et sans représentation identitaire partagée. En détruisant l’esprit du service public qui s’incarnait dans ces entreprises sans le remplacer par de nouvelles valeurs, on a parfois détruit ce qui rendait possible le travail collectif. Ce n’est donc pas un hasard si la souffrance au travail est forte dans des organismes où les valeurs collectives et les syndicats étaient historiquement bien ancrés. Le processus a été particulièrement poussé chez Renault, ancienne « vitrine sociale » de l’industrie française.  Dans le « contrat 2009 », il est demandé à chaque salarié d’expliquer comment il s’engage « individuellement » pour la réussite du contrat.  Dans le monde hospitalier, on observe une perte, avec les impératifs de productivité, de ce qui fait sens dans le travail : la relation au patient et à sa souffrance.

Le réveil tardif des syndicats ?

Le projet d’accord sur la violence au travail et le harcèlement soumis par le patronat aux syndicats en janvier dernier illustre bien les impasses de l’approche patronale du problème.   Tout se résume à la mise en place dans chaque entreprise d’une « procédure d’alerte » qu’un salarié pourrait actionner lorsqu’il s’estime victime d’un tel comportement. Un conciliateur interviendrait, qui traiterait de manière impartiale les deux parties. Cette proposition se situe dans une optique faussement égalitaire et, là encore, individualiste. Comme l’ont a à juste titre dénoncé les syndicats, elle passe à côté des sujets essentiels que sont l’organisation du travail et les méthodes de management.

Il est temps d’admettre que la souffrance au travail est un problème collectif et d’instruire le procès de trois décennies d’intensification et d’individualisation effrénées, modèle qui est aujourd’hui à bout de souffle. Il y a erreur à considérer cette stratégie comme la seule voie de la productivité.
D’autres stratégies dites « d’entreprise apprenante », s’appuyant sur l’entraide et le transfert des savoirs, peuvent s’avérer bien plus efficaces.

C’est bien du collectif qu’il faut remettre dans le monde du travail si l’on veut apporter de vraies réponses à la souffrance au travail.

Redonner de la valeur à la coopération et à l’entraide plutôt que de la décourager en pratique;
redonner du poids et de la légitimité aux syndicats pour qu’ils soient une vraie voie de recours.

Par Catherine Collombet, cadre dans le secteur public et David Cayla, maître de conférences en économie à l’université d’Angers.

01 Février 2011   –   Edition : Un monde d’avance

Par Alexie  Lorca


Projet de Parc National des Calanques : où en est-on ?

1 février 2011

Le 7 décembre 2009, le Cercle Progressiste Carnussien avait organisé une conférence sur ce projet de Parc National des Calanques, en gestation depuis de nombreuses années et pour lequel les habitants de Carnoux, pourtant directement concernés, sont globalement peu informés. D’ailleurs, le maire de Carnoux n’avait même pas daigné assister à cette réunion qui avait pourtant rassemblé une assistance particulièrement nombreuse. Depuis, aucune information n’a filtré sur ce projet dans les différents

bulletins d’information diffusés par la municipalité, ce qui est assez révélateur du faible degré d’implication de nos élus locaux dans ce dossier. D’où cette interrogation légitime de nombreux carnussiens qui aimeraient bien savoir quand et sous quelle forme ce fameux parc national verra le jour…

Une question à laquelle il semble bien difficile de répondre tant ce dossier déchaîne les passions (et les intérêts) contradictoires ! Au point que, malgré l’effort impressionnant de concertation, qui s’est traduit par plus de 150 réunions tenues depuis la « prise en considération » du projet, par un arrêté du premier ministre en date du 30 avril 2009, il semble encore prématuré de parier sur l’avenir de ce projet !

Il faut bien reconnaître que ce futur Parc National des Calanques suscite une forte opposition, venant de toute part et non dénuée d’arrières pensées parfois bien peu avouables : les élus craignent d’être dépossédés de leurs prérogatives en matière d’urbanisme, les chasseurs et les pêcheurs redoutent de voir leurs activités traditionnelles davantage encadrées, les propriétaires de terrains et de cabanons ont peur de ne plus être maîtres chez eux, les adeptes de la randonnée, de la plongée ou de l’escalade appréhendent des restrictions sur l’accès à certains sites.

Protéger la formidable biodiversité que recèle encore le massif des calanques et favoriser sa mise en valeur constituent certes des motifs louables, mais il n’est pas si facile de faire accepter les contraintes qu’exige une telle préservation… Même certains écologistes s’opposent au projet tant que n’auront pas été réglés les points noirs que constituent les rejets des eaux usées traitées à Cortiou ou des boues rouges à Cassis. Du coup, la mauvaise foi et la désinformation font rage, au point que le GIP (groupement d’intérêt public) des Calanques, en charge du dossier, a été conduit à diffuser un document pour contrer les dix principales contre-vérités qui circulent et tendent à discréditer le projet.

Et pourtant, malgré ces tirs de barrages nourris, les choses ont avancé ! Un pré-projet de charte a ainsi été rédigé, sur la base des résultats de cette concertation tous azimuts, et présenté en juin 2010 après un avis favorable du conseil scientifique

et pédagogique du GIP des Calanques. Une première version de ce texte a été diffusée et mise en ligne sur le site internet du GIP , ce qui a permis de recueillir de nombreuses contributions complémentaires qui ont été analysées, synthétisées et, pour une large partie, intégrées dans la seconde version du projet de charte qui a été présentée en novembre 2010. Il reste désormais au GIP à adopter ce texte par un vote formel en assemblée générale, puis à lancer une nouvelle consultation auprès d’environ 200 structures associatives, professionnelles et institutionnelles, déjà impliquées dans la phase de concertation initiale. Une fois cette consultation achevée, le projet pourra alors être soumis à enquête publique, procédure qui nécessitera encore plusieurs mois.

On le voit, rien n’est donc acquis à ce stade et les discussions risquent d’être encore longues, en espérant qu’elles ne conduisent pas à dénaturer totalement le projet sous l’effet des pressions partisanes de toutes sortes… Le 13 septembre 2010, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’écologie, avait publiquement affirmé que le Parc National des Calanques verrait le jour avant la fin de l’année, mais il s’était bien imprudemment avancé et, dans l’état actuel des choses, la création officielle du parc ne pourrait avoir lieu avant fin 2011. Il faut dire que depuis lors, le titulaire du ministère a changé et que le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, l’ancien préfet des Bouches-du-Rhône Christian Frémont, a reçu à plusieurs reprises des opposants farouches au projet de parc tel qu’il était en train de se dessiner… Du coup, l’assemblée générale du GIP chargée de se prononcer sur la nouvelle version du projet de charte a dû être reportée à deux reprises depuis novembre 2010 et ne devrait finalement se tenir que le 11 février prochain, en espérant que les derniers arbitrages attendus puissent déboucher sur un consensus qui ne remette pas entièrement en cause l’intérêt même du projet.

Parmi les principaux points de discussion figure le contour même du cœur du futur parc qui était initialement de 11 000 ha à terre (sur les communes de Marseille, Cassis, La Ciotat, Roquefort-La-Bedoule et Ceyreste) et 48 000 ha en mer, surfaces déjà très réduites par rapport au périmètre d’étude initial qui englobait même la Côte Bleue… Les plaisanciers et les professionnels du nautisme plaident en effet pour réduire encore davantage la superficie du cœur marin en excluant notamment toute la rade sud de Marseille et les îles du Frioul, tandis que les communes voisines de Ceyreste et Roquefort manœuvrent pour réduire les superficies impactées sur leur territoire… Quant à l’aire optimale d’adhésion et même si les enjeux sont moindres, de nombreuses réticences se sont fait jour également, en particulier de la part de la ville de Cassis qui insiste pour en exclure tout le vignoble. Quant à Carnoux, seules les parties boisées situées en bordure nord-est de la commune pourraient en définitive être intégrées à cette aire d’adhésion alors que tout le territoire communal était initialement potentiellement concerné.

Un autre point de blocage concerne la délimitation des zones marines protégées dans lesquelles toute forme de pêche professionnelle ou de loisir serait interdite, dans le but d’y favoriser la reproduction de la faune marine et donc le renouvellement des ressources halieutiques. Le curseur concernant la délimitation de ces futures réserves semble néanmoins bien difficile à placer de manière consensuelle…. Il en est de même d’ailleurs pour ce qui concerne la délimitation des zones de mouillage et la réglementation des activités nautiques dans le futur parc, tous points qui suscitent de fortes interrogations et réticences de la part de certains !

Il n’est pas surprenant qu’un projet aussi ambitieux de créer un parc national aux portes de la deuxième ville de France, dans un environnement fortement imprégné d’activités humaines multiples, se heurte ainsi à de réelles difficultés et suscite de fortes oppositions. Il est néanmoins dommage que les discussions sur un tel dossier restent trop souvent confinées entre décideurs politiques et groupes de pression socio-professionnels car il est bien évident que l’intérêt général, y compris celui des générations futures à qui nous nous devons de léguer un environnement viable, doit primer sur les intérêts particuliers à court terme. Comme le disait si bien Albert Falco, ancien capitaine de la Calypso, « il faut ce parc pour que nos enfants n’aient pas honte de nous ». Un sondage récent a d’ailleurs montré que 76 % des personnes interrogées se disaient favorables à la création d’un tel parc, mais encore faut-il que chacun ait la possibilité de se faire entendre pour que le projet ne soit pas réduit à néant par la frilosité de certains de nos élus locaux incapables d’imposer des choix d’avenir face à des lobbies arqueboutés sur la défense de leurs intérêts personnels à court terme…

L. V.