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Les îles Poubelles, une nouvelle nation émergente ?

1 octobre 2017

Que retiendra t-on de la 72ème assemblée générale des Nations-Unies qui vient de se tenir à New-York, du 12 au 25 septembre 2017 ? Le discours belliciste de Donald Trump, menaçant de rayer de la carte la Corée du Nord et de déchirer l’accord obtenu sur le nucléaire iranien, après 12 ans d’âpres négociations ? Celui de son homologue Emmanuel Macron, chantre du multilatéralisme, héraut de la lutte contre le réchauffement climatique et porte-parole des sans-voix et des opprimés ?

Source Plastic Oceans Foundation

Ou peut-être la campagne médiatique qui a beaucoup fait jaser dans les couloirs et qui vise la reconnaissance officielle d’un 196e État baptisé Trash Isles, autrement dit, Les îles Poubelles ? Une pétition toujours en ligne et qui a déjà recueilli plus de 125 000 signatures a en effet été remise au nouveau secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres. Elle cherche, de manière quelque peu symbolique, à faire reconnaître comme un nouvel État, le gigantesque amas de déchets flottants, grand comme la France, qui s’étend au centre du Pacifique Nord.

La campagne est pilotée par le site américain LADbible soutenu par l’ONG Plastic Oceans Foundation. L’idée qu’ils mettent en avant paraît saugrenue mais ne manque pas de panache. On connaît depuis 1997, et leur découverte fortuite par le navigateur Charles Moore, l’existence de ces vastes amas de déchets qui dérivent dans tous les océans de la planète mais dont les principaux se regroupent sous forme d’immenses vortex concentrés par les courants marins circulaires dans le Pacifique nord mais aussi dans le Pacifique sud, l’Atlantique nord et sud et bien sûr l’Océan indien. La Méditerranée elle-même n’est pas épargnée par le phénomène, comme toutes les étendues marines bordées de zone densément urbanisées.

Situation des principales plaques de déchets flottants (infographie © Le Monde)

Les expéditions scientifiques se sont multipliées ces 15 dernières années pour explorer ce que certains ont dénommé « Le septème continent ». En décembre 2014, une vaste étude internationale, parue dans la revue PLOS ONE, à l’issue de 24 campagnes effectuées entre 2007 et 2013, non seulement sur les cinq grands gyres océaniques, mais aussi près des côtes australiennes, dans le golfe du Bengale et en Méditerranée, avait ainsi estimé à 269 000 tonnes la quantité de détritus flottant sur les mers du globe. On a plus récemment évalué à environ 8 millions de tonnes la quantité de déchets plastiques qui auraient été rejetés directement en mer au cours de la seule année 2010.

Des miliiers de déchets plastiques flottant (photo © Christophe Launay / Race for Water)

Nous avons tous en tête ces images de milliers de déchets flottants de toutes sortes qui s’amassent sur les plages et près des côtes, que certains essaient tant bien que mal de récupérer et de valoriser. Mais les études montrent que les vortex de déchets qui dérivent au milieu des océans ressemblent en réalité plutôt à une soupe compacte constituée de milliards de microdéchets de polyéthylène, de polypropylène et de polyéthylène téréphtalate (PET) dont la taille ne dépasse guère quelques millimètres et qui ne sont pas détruits par les micro-organismes..

Les gros éléments en plastique ont tendance en effet à se fragmenter sous l’action des vagues et du rayonnement solaire, mais aussi parce qu’ils rencontrent de nombreux oiseaux et mammifères marins qui les croient comestibles et qui en meurent bien souvent comme en attestent leurs cadavres. En revanche, ces minuscules fragments de plastique eux ne disparaissent pas et continuent de flotter entre deux eaux pendant des siècles, constituant d’immenses radeaux de la taille d’un pays européen voire bien davantage, et dont on a encore du mal à évaluer l’ampleur du volume immergé. On commence en revanche à mieux identifier les nombreux effets néfastes de ces micro-résidus non seulement sur la faune marine mais aussi comme vecteurs de la prolifération de certaines espèces invasives.

C’est pour tenter d’attirer l’attention sur cette situation inacceptable que certains ont eu l’idée de faire reconnaître comme un nouveau pays le plus vaste de ces continents de déchets, celui que l’on surnomme le « Great Pacific Garbage Patch » (la grande poubelle du Pacifique). L’ancien candidat aux élections présidentielles américaines, Al Gore, fait ainsi partie des tous premiers signataires de cette pétition et aspire à devenir citoyen de ce nouvel État en voie d’émergence qui possède déjà son drapeau, son passeport et même sa monnaie, le « débris », bien entendu…

Un billet du futur Etat en gestation ? (photo © Mario Kerkstra)

Pour pouvoir être reconnu comme nation, il faut en effet disposer d’un territoire, former un gouvernement, avoir une population permanente et être capable d’interagir avec les autres nations. D’où l’idée de cette pétition qui vise à recenser tous les volontaires désireux de devenir citoyen de ce futur État. 

Le passeport du futur pays ? (photo © Mario Kerkstra)

Si d’aventure le processus arrivait à son terme, ce radeau flottant de déchets serait en mesure de solliciter l’application de la charte de l’environnement édictée par les Nations-Unies et qui postule : « tous les membres doivent coopérer dans un esprit de partenariat global pour conserver, protéger et restaurer la santé et l’intégrité de l’écosystème planétaire ». Autrement dit, cela obligerait les autres nations à s’engager à venir nettoyer ce continent de déchets.

Une démarche pour le moins originale donc, qui, bien évidemment, n’a aucune chance d’aboutir, mais qui ne manque pas d’interpeller. Voilà que des dizaines de milliers de citoyens du monde, Américains pour beaucoup, se revendiquent citoyens d’un nouvel État en voie d’émergence et s’échinent à le faire reconnaître par les autres nations non pas pour le coloniser mais tout simplement pour le faire disparaître. A côté d’un tel casse-tête juridique, la crise de la Corée du Nord ressemble à de la petite bière…

L.V.  

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La Terre croule sous des milliards de tonnes de plastique !

20 juillet 2017

C’est une étude scientifique publiée le 19 juillet dans la revue Science Advances qui l’affirme : les matières plastiques fabriquées par l’homme sur l’ensemble de la planète représenteraient la masse globale de 8,3 milliards de tonnes, soit 822 000 fois le poids de la Tour Eiffel ! Et ceci en 75 ans tout au plus puisque la production industrielle de plastique a débuté réellement dans les années 1950, même si les premières polymérisations de matières plastiques datent des années 1930.

Déchets de plastique dans la baie de Manille aux Philippines (photo © Stiv Wilson)

C’est certes moins que le ciment et l’acier qui restent (en poids sinon en volume…) les matériaux que l’homme a produits en plus grande quantité. Sauf que ces derniers matériaux sont utilisés principalement dans la construction, pour des durées relativement longues de 50 à 100 ans, et sont ensuite très majoritairement réutilisés après traitement.

C’est loin d’être le cas pour le plastique dont la durée d’utilisation est très courte, de l’ordre de 4 ans en moyenne et bien moins pour tout ce qui concerne le plastique d’emballage qui constitue une part importante du marché. L’étude des scientifiques américains considère ainsi que 6,3 milliards de tonnes du plastique produit est d’ores et déjà devenu un déchet : la planète Terre est en train de se recouvrir peu à peu d’un océan de déchets plastiques qui envahissent tout !

Il faut dire que le recyclage de ce matériau, souvent complexe car nécessitant de séparer soigneusement chacun des polymères différents, reste très marginal puisqu’il ne concerne que 9 % des quantités de plastique mis au rebut. Une part légèrement supérieure, évaluée à 12 % est incinérée. Tout le reste, soit près de 80 % de nos déchets plastiques est donc tout simplement enfoui ou, le plus souvent, abandonné au hasard des vents qui finissent toujours par les pousser dans les cours d’eau et les océans.

Bouteilles plastiques échouées en mer près d’Abidjan (photo © Issouf Sanogo / AFP)

En 2015, la même équipe de chercheurs avait ainsi estimé que 8 millions de tonnes de déchets plastiques avaient été rejetés dans les différentes mers du globe pour la seule année 2010. La plupart de ces plastiques ne se dégradent que très lentement. Ils se fragmentent peu à peu et finissent souvent ingérés par les poissons et autres animaux aquatiques qui bien souvent en meurent.

On observe ainsi, depuis maintenant des années, de gigantesques amas de déchets plastiques plus ou moins immergés, certains parlent de septième continent, qui flottent à la surface des océans et se concentrent dans certaines zones sous l’effet de courants marins de type vortex. Une masse évaluée globalement à plusieurs centaines de milliers de tonnes mais sans doute davantage au vu des dernières estimations. Plus de 80 % de ces déchets viendrait de pays asiatiques mais des observations récentes effectuées par la goélette Tara dans l’Océan glacial arctique montrent que la quantité de déchets plastique que l’on y trouve et qui viennent plutôt de l’Europe et des Etats-Unis y sont également en quantité inquiétante. La situation de la Méditerranée le confirme d’ailleurs largement.

Recueil de déchets immergés dans le cadre de l’expédition Tara (© S.Bollet / Tara)

Les images spectaculaires des plages de l’île Henderson, un îlot désertique de l’archipel Pitcairn, classé sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO, perdu dans le Pacifique sud à plus de 5000 km de toute zone habitée et dont les côtes sont jonchées de détritus plastique ont largement été diffusées et laissent pantois. Les amas de briquets et rasoirs jetables, de brosses à dents usagées et autres petits soldats en plastique qui viennent échouer ici après avoir parcouru la moitié de la planète, ballottés au gré des courants marins, viennent nous rappeler à quel point notre Terre est vulnérable à l’activité humaine.

Amas de détritus sur une plage de l’ïle Henderson (extrait video © Jennifer Lavers / Univ. Tasmanie)

Certes, on commence à envisager de limiter l’usage de certains objets en plastique. L’interdiction récente des sacs plastiques jetables aux caisses des supermarchés, instaurée en France en 2016, devrait ainsi permettre d’économiser plus de 80 000 tonnes de plastique chaque année, une paille à l’échelle mondiale mais une bonne nouvelle pour la qualité de nos milieux aquatiques et autres espaces naturels.

Malheureusement, les perspectives ne sont pas très encourageantes à l’échelle planétaire. Alors que la production mondiale de matière plastique ne dépassait pas 1 million de tonnes en 1950, elle s’établissait en 2015 à plus de 380 millions de tonnes et rien ne permet de penser que cette croissance pourrait se ralentir dans les années à venir, même si les marchands de pots de yaourts s’enorgueillissent d’avoir réussi à diviser par deux la quantité de plastique nécessaire à leur fabrication.

Evolution des quantités de déchets plastiques produits (en noir), selon leur destination : rejet ou mise en décharge (courbe rouge), incinération (vert) et recyclage (bleu) – extrapolations à l’horizon 2050 (source : R. Geyer, J. R. Jambeck et K. Lavender Law / Science Advances)

Au rythme actuel, les chercheurs considèrent qu’en 2050 la quantité totale de plastique produit s’élèvera ainsi à 25 milliards de tonnes, soit trois fois plus que tout ce qui a déjà été produit à ce jour. Il devrait en résulter 12 milliards de tonnes de déchets de plastique tout bonnement rejetés dans la nature : des chiffres proprement effrayants et qui laisse mal augurer de l’état de notre planète dans les années à venir !

L.V. 

Notre responsabilité à l’autre bout de la terre…..

19 avril 2013

La courte vidéo que vous allez voir (3:55) est filmée sur une île qui se trouve en plein océan Pacifique, à 3000 km de toute autre terre !


Sur cette île, personne n’y habite, il n’y a que des oiseaux : des fous de Bassan pour la plupart, et pourtant……


Regardez ce qui se passe !!!!!!!!!!!!!!!

Midway

Ouvrez ce lien : http://www.midwayfilm.com/

Un petit film que tout le monde devrait voir et en tirer des conclusions … !!!

Le Carnussien Vigilant Masqué.... Clic...