Archive for décembre 2013

Carnoux : les étrennes de Noël vont coûter cher au contribuable…

31 décembre 2013

A Carnoux-en-Provence, une fois n’est pas coutume, le dernier conseil municipal de l’année, qui s’est tenu le 19 décembre 2013, a tourné à la foire d’empoigne. Il faut dire que le public s’était déplacé en masse pour y assister, plus nombreux même que les conseillers municipaux probablement pris par d’autres affaires plus importantes. Les carnussiens présents dans la salle n’ont d’ailleurs pas hésité à manifester, parfois bruyamment, leur désapprobation, face à un maire décidé à imposer coûte que coûte ses décisions, à trois mois seulement des élections municipales !

Article paru dans La Provence du 21 décembre 2013

Article paru dans La Provence du 21 décembre 2013

Les premières passes d’arme ont eu lieu sur la question du projet de rénovation du centre-ville, avec la présentation d’un bilan de la ZAC de la Galerie du Parc à la date du 31 décembre 2012. Un an plus tard, le bilan ne présente guère d’intérêt car les choses évoluent très vite sur ce dossier… Le promoteur initial, Promogim, à qui la commune avait initialement vendu le terrain pour 1 million d’euros, n’a jamais déposé de permis de construire et a finalement été démis, occasionnant un contentieux avec la commune. Le terrain a ensuite été attribué à la société SEARIM pour un montant très inférieur de 650 000 €. On apprend désormais que ce promoteur fait jouer une clause de son contrat pour réclamer un nouveau rabais de 60 000 € qu’il justifie en prétendant que les fondations des futurs commerces coûteront plus cher que prévu, du fait de la nature du sol : après tout, si la collectivité accepte de prendre à sa charge les aléas du métier, il n’y a pas de raison de se gêner… On apprend aussi au passage que les travaux de construction ont été très significativement réévalués depuis les estimations de l’avant-projet mais le maire se dit toujours incapable d’évaluer combien le projet coûtera à la commune : probablement de l’ordre de 1,9 millions d’euros sur un total estimé désormais à 6,5 millions, le solde étant pris en charge par des subventions publiques du Conseil général et de la Communauté urbaine. A ce stade, le plan de financement du projet semble encore bien flou, M. Giorgi n’excluant pas la nécessité d’un recours à l’emprunt… Autant d’incertitude donne une certaine impression d’amateurisme de la part de la municipalité…

Mais ce n’est qu’un début ! Le conseil municipal se penche ensuite sur le projet de l’immeuble d’habitation « L’Esplanade » qui sera construit sur le parking actuel de la mairie. Le projet, confié à la même société SEARIM, prévoit 33 logements dont 11 réservés aux primo accédants à un prix préférentiel. A ce jour, seuls 13 appartements ont été vendus dont 7 à des primo-accédants. On pourrait en déduire que la demande est plus forte pour les logements à prix encadré, ce qui n’a rien d’étonnant vu les difficultés des jeunes ménages à se loger sur Carnoux. Mais bien entendu le promoteur préfère vendre ses logements au prix fort. Il a donc demandé à la commune de le libérer de son engagement contractuel et de vendre la totalité des appartements restants au prix qu’il souhaite. Comment refuser un tel cadeau au promoteur la veille de Noël ? M. Giorgi, qui a bon cœur, vole donc une nouvelle fois à son secours et propose une délibération laissant le promoteur libre de maximiser son profit, au détriment de ceux qui souhaiteraient acquérir un appartement à prix encadré. L’opposition fait observer qu’une telle décision ne présente aucun caractère d’urgence mais le maire décide de passer outre et insiste pour que le vote ait lieu, craignant sans doute que le rapport de force lui soit moins favorable après les élections de mars 2014…

 

L'ilôt Saint-Augustin

L’ilôt Saint-Augustin

Et le festival continue, avec le projet de déménagement de l’école et du collège privés Saint-Augustin. Le site est à l’étroit et voudrait s’agrandir, mais l’évêché regarde à la dépense. Qu’à cela ne tienne, la générosité du maire n’a pas de limite. Après tout, la commune est riche et peut se permettre de faire des cadeaux, surtout en cette période de Noël. La solution que présente M. Giorgi en conseil municipal est lumineuse : la commune va racheter au Comité catholique des écoles l’ensemble des bâtiments de l’ilôt Saint-Augustin au prix fort (2 150 000 € soit 397 €/m2) et en échange lui cèdera à prix d’ami un terrain constructible quatre fois plus étendu, situé sur le plateau de l’Anguila, à l’emplacement du cynodrome, pour 1 200 000 € soit 65 €/m2). Mais comme on est entre amis et que la commune n’a aucun problème de trésorerie, elle se propose même de faire crédit à l’évêché en lui proposant de payer sans frais sur 25 ans. Tant de générosité avec l’argent public fait honneur à l’esprit chrétien du maire.

Face à l’opposition qui s’étonne malgré tout qu’un tel arrangement soit voté à trois mois seulement des élections municipales, les arguments que présente le maire laissent pantois. Selon lui, il est impossible de construire autre chose qu’un collège à la place du cynodrome pour la simple raison que le risque de feu de forêt interdit d’envisager la construction de maisons d’habitation… Les parents d’élèves apprécieront sans doute… Quant à l’urgence de la décision, elle s’impose pour que le nouvel établissement scolaire puisse être opérationnel à la rentrée 2014 ! On accordera charitablement au maire qu’il s’est sans doute laissé un peu emporté dans le feu de la discussion pour hasarder de tels arguments.

En revanche, on reste ébahi que des décisions aussi lourdes de conséquences pour l’avenir de la commune soient prises ainsi en catimini, sans le moindre débat public, la veille des élections municipales alors qu’elles engagent la commune sur des durées aussi longues et pour des montants aussi importants. Il s’agit là en effet de la seule et unique réserve foncière de la commune et on ne voit pas très bien a priori pour quelle raison il était indispensable de l’affecter à un établissement privé qui draine des élèves des communes voisines où la disponibilité du foncier est très supérieure. En tout cas, une telle décision méritait débat. Certes, la libération de l’ilôt Saint-Augustin permettra de construire des logements sociaux supplémentaires et d’agrandir la crèche, mais rien n’indique que le montage proposé par la municipalité soit le plus favorable à l’intérêt général. Là encore, les arguments défendus par M. Giorgi en conseil municipal laissent sans voix. Selon lui, la construction de logements sociaux est très largement subventionnée par le Département, ce qui permettra d’équilibrer l’opération : après tout, puisque c’est le contribuable qui paiera, autant se faire plaisir avec des étrennes généreuses ! C’est sans doute ce que M. Giorgi appelle la gestion de bon père de famille…

 

LVLutinVert1Small

Énergie éolienne : le vent de la discorde…

29 décembre 2013

Blog46_LivreButréJean-Louis Butré ne décolère pas : président de la Fédération environnement durable, il mène un combat acharné contre le développement de l’énergie éolienne qu’il accuse de tous les maux. Lobbyiste efficace et largement relayé par les médias, il a même écrit un livre sur le sujet, aimablement préfacé par l’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing.

A l’écouter, il semble que l’énergie éolienne cumule tous les handicaps possibles et imaginables ; l’électricité qu’elle produit serait excessivement chère (alors que les experts s’accordent pour reconnaître que le coût du MWh produit par l’éolien terrestre, de l’ordre de 70 à 75 €, est inférieur de 25 % à celui produit par le réacteur nucléaire EPR de Flamanville). La filière servirait à détourner des subventions publiques au profit d’industriels avides de profits, avec la complicité de maires de communes rurales coupables de prises illégales d’intérêts. A l’entendre, la France est menacée d’une véritable invasion d’éoliennes hideuses, bruyantes, défigurant les paysages de nos campagnes, hachant les oiseaux de passage et menaçant la santé publique, le tout pour un coût exorbitant et sans aucun bénéfice pour notre indépendance énergétique, aggravant même le déficit de notre balance commercial et nos émissions de gaz à effets de serre…

Un tableau aussi sombre interpelle. Un point est en tout cas incontestable : la filière éolienne est effectivement subventionnée. Le tarif de rachat, financé par le consommateur via la Contribution au service public de l’énergie, est en effet favorable afin d’inciter les industriels à investir à long terme. On voit mal d’ailleurs comment il pourrait en être autrement. Il a bien fallu des subventions publiques pour permettre le développement de la filière nucléaire française lorsqu’était en jeu l’indépendance énergétique de la France face au renchérissement des cours du pétrole. A cet enjeu économico-politique s’ajoutent désormais d’autres contraintes liées d’une part à l’épuisement progressif des ressources pétrolières et gazières, et d’autre part à la nécessité d’une gestion plus durable et plus responsable des sources d’énergie, ce qui oblige à s’orienter davantage vers l’exploitation des énergies renouvelables que sont notamment l’hydraulique, le solaire et l’éolien.

Eoliennes le long du Canal du Rhône en Camargue

Eoliennes le long du Canal du Rhône en Camargue

A l’heure actuelle, le nombre d’éoliennes installées en France serait de 4 700 et l’objectif affiché est de porter ce nombre à 20 000 d’ici 2020 pour respecter les objectifs européens qui prévoient qu’à cette date 23 % de l’énergie consommée soit d’origine renouvelable. Le Grenelle de l’environnement précise que l’éolien devra alors représenter 5 % de l’énergie consommée, soit 10 % de la consommation électrique française. En 2012, la part de l’éolien dans la production d’électricité française était d’environ 3 %, ce qui reste encore très en deçà de cet objectif, mais la puissance installée avait déjà augmenté de 25 % par rapport à 2011 et représentait déjà près de 17 % de la production d’électricité française d’origine renouvelable, soit près de quatre fois plus que le solaire. La puissance totale installée fin 2013 serait de plus de 8 000 MW, avec une augmentation d’environ 1000 MW par an, soit l’équivalent d’une tranche et demi de réacteur nucléaire, ce qui est loin d’être négligeable. A titre indicatif, une seule éolienne de 2 MW fournit les besoins en électricité (chauffage compris) de 2 000 personnes.

Alors, l’éolien voie d’avenir ou hérésie absurde, comme le prétend Jean-Louis Butré ? Certes, l’Allemagne freine ses programmes d’équipement éolien, mais sa puissance installée est quatre fois supérieure à celle de la France ! L’avenir dira si cette technologie est appelée ou non à contribuer de manière importante à nos besoins énergétique, mais dans ce domaine il est toujours délicat de faire de la prospective… En attendant, il paraît difficile d’atteindre les objectifs que s’est fixée la France en matière d’énergie renouvelable sans faire appel à l’éolien ! Ceci dit, Jean-Louis Butré  a incontestablement raison de rappeler que la France devrait investir davantage pour développer la recherche dans le domaine des énergies renouvelables et surtout pour économiser l’énergie : l’énergie la plus propre et la moins coûteuse restera toujours celle qu’on a économisée…

LVLutinVert1Small

L’Europe : des ressources et des moyens qui gagnent à être connus ?

21 décembre 2013

AfficheConfEurope_A4coulNul ne peut ignorer les tiraillements, les controverses et les positionnements parfois virulents qui concernent l’Europe et l’état de sa construction. On peut mettre en avant les attentes manifestées et les occasions ratées, ou mettre en évidence les principes initiaux malmenés par l’économie mondialisée et la puissance exorbitante de la finance. C’est cependant sous un angle plus inédit que Franck Arnaud a organisé son intervention lors d’une conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien le 9 décembre 2013 : Comment utiliser les moyens mis en œuvre dans le cadre des compétences de l’Europe ?

Franck Arnaud, avocat de l'Europe...

Franck Arnaud, avocat de l’Europe…

Franck Arnaud est avocat au barreau de Marseille, spécialisé dans le droit des sociétés, le droit social, le droit des procédures collectives, mais aussi le droit de l’aide et de l’action sociale. Parmi ses dernières missions il est intervenu pour l’accueil des demandeurs d’asile ainsi que pour l’aide aux jeunes travailleurs. En outre il participe à Team Europe, réseau de conférenciers de la Commission européenne. Il se propose de relever le défi de tenter de répondre à toutes les questions que se pose le public à propos de la difficile construction européenne. Cette volonté d’écoute a montré l’ambiguïté du défi à relever. Car si l’opacité est souvent reprochée au fonctionnement de « Bruxelles », les informations concrètes et les débats « au niveau du citoyen » font largement défaut dans les médias. C’est pourtant avec conviction et pugnacité que Franck Arnaud a planté le décor.  

La forme d’intervention adoptée par le conférencier se voulait un moyen de répondre à la question qui annonçait la conférence « L’Europe : quel impact sur notre vie quotidienne ? ». Loin de faire l’inventaire des bienfaits et des méfaits de ce chantier entrepris il y a 50 ans, Franck Arnaud a fourni matière à réflexion grâce aux expériences concrètes auxquelles il a participé. Ses propos ont été davantage ceux d’un usager de l’Europe, notamment via son engagement auprès de jeunes travailleurs, que ceux d’un spécialiste es-Europe.

L’objectif principal du projet européen était de maintenir une paix durable entre les belligérants d’hier, objectif clairement atteint à ce jour ! De là le  cadre historique de cette construction a été brossé à grands traits. Tout d’abord en 1950, la CECA, qui visait la mise en commun des productions de charbon et d’acier, ressources stratégiques à l’époque, matières de base pour l’industrie de l’armement. Puis sont venus l’Euratom (organisme public européen chargé de coordonner les programmes de recherche sur l’énergie nucléaire), suivi par la création en 1957 de la CEE (Communauté économique européenne), entité internationale créée par le traité de Rome. Il y a eu aussi l’échec de la CED (Communauté européenne de défense), l’instauration d’une monnaie unique et les élargissements successifs  jusqu’à la crise récente.

De nombreuses tensions sont apparues dans cet agrégat d’Etats ayant des cultures et des histoires différentes : on a parfois été proche de la rupture, mais à chaque fois une solution provisoire a permis de poursuivre le chantier. Il en résulte une construction originale et unique : les institutions européennes se créent ou se modifient chemin faisant !

Si le triplet Commission – Conseil – Parlement est bien connu, il faut reconnaitre une vraie difficulté de lisibilité – par manque de relais de qualité – quant au fonctionnement de l’Union Européenne. Objectivement, tout est complexe car la mise en place de chaque élément nouveau de cette construction rencontre régulièrement la résistance d’un ou de plusieurs des 28 états membres, chacun voulant garder ses prérogatives. Chaque état a ainsi tendance à rechercher dans l’Union les avantages et à en rejeter les inconvénients. Dès lors la réactivité du « gouvernement » de l’Union est mécaniquement freinée par la frilosité et le manque de cohésion face aux questions qui se présentent à une fédération – ce que n’est pas l’Union Européenne. La culture du consensus n’aide pas non plus à promouvoir des réactions rapides, et les 21 langues utilisées ralentissent d’autant les décisions à prendre. Malgré ces difficultés, l’Union existe avec des phases positives et des phases de crise comme celle que nous vivons actuellement.

Quelles frontières pour l'espace européen ?

Quelles frontières pour l’espace européen ?

L’acquis le plus important, c’est que, jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu de conflit entre toutes ces nations depuis plus de 60 ans. Mais d’autres avancées sont aussi enregistrées. Ainsi le parlement européen, légitimé par des élections, et qui était un organe purement consultatif va prochainement participer au vote du budget (au moins partiellement). C’est aussi lui qui déterminera le choix du futur président de la Commission à l’issue des élections européennes de juin 2014. Ces pouvoirs nouveaux témoignent d’un net progrès de la démocratie.   

Le fonctionnement pesant de la fameuse « technocratie » de Bruxelles et les dérives néolibérales inspirées par certains de nos voisins européens sont sources de nombreuses critiques ! Devant la crise actuelle, il est néanmoins important de ne pas oublier les acquis : la mobilité, l’enrichissement mutuel des cultures, la lutte contre les discriminations, l’action envers les demandeurs d’asile, la solidarité vis-à-vis des régions les plus défavorisées, la promotion de pratiques démocratiques, etc. Tous les pays ont bénéficié à un moment ou un autre des aides diverses distribuées notamment par le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen ou dans le cadre de la Politique agricole commune. Mais l’Europe intervient aussi via l’aide au démarrage et au développement des entreprises. Par exemple, la BEI (Banque Européenne d’Investissement) est intervenue comme garant dans la construction du Tunnel Prado-Carénage.

Evidemment de nombreuses questions obscurcissent l’horizon : jusqu’où peut-on étendre le périmètre de l’Europe ? La construction européenne doit-elle tendre vers davantage de fédéralisme ? Faut-il désormais envisager une meilleure harmonisation des politiques fiscales ? Ne faut-il pas recentrer les efforts dans le champ social qui paraît parfois délaissé au profit d’une approche purement économique ? N’est-il pas temps que l’Europe parle d’une seule voix sur la scène politique mondiale ? Faut-il abandonner la monnaie unique, voire stopper la construction de l’Europe comme le prônent certains ?

Un débat long et animé a suivi les quarante minutes d’exposé, débat où l’assistance a posé de nombreuses questions, souvent cruciales. Il y a des déceptions vis-à-vis de cette entité européenne qui reste mystérieuse, trop lointaine, et qui pourtant diffuse ses effets dans la vie quotidienne : monnaie, règlementations, justice, sécurité, etc. Le débat a rapidement pris la forme d’un dialogue franc et ouvert, sans langue de bois ni fermeture sur des solutions impossibles à énoncer. Ce débat a eu pour mérite d’interroger des préjugés, d’éclairer l’origine de certaines incompréhensions concernant cette Europe dont on ne parle pas beaucoup dans les médias, et rarement dans les termes utilisés par Franck Arnaud

Il y a probablement lieu de redessiner un projet à la hauteur des grands enjeux d’aujourd’hui. Face aux menaces  et aux défis moraux, politiques, stratégiques, économiques ou écologiques auxquels nous avons à faire face, on est finalement enclin à regretter le manque de cohésion entre les états de l’Union européenne. Faut-il alors moins d’Europe, plus d’Europe, ou peut-être simplement une Europe plus efficace, plus proche des citoyens ?

Ce moment d’échange n’a certes pas permis de répondre à toutes ces interrogations, qui relèvent de toute façon des convictions de chacun, mais il a ouvert de bonnes pistes pour nous aider à sortir de la confusion, et aussi à nous interroger en prévision des prochaines élections au Parlement européen qui auront lieu en juin 2014…

Squoten Jeallnec

Municipales 2014 : la campagne s’anime à Carnoux…

15 décembre 2013

En 2008, lors des dernières élections municipales à Carnoux, seules trois listes étaient en présence. Celle du maire sortant, Jean-Pierre Giorgi, soi-disant apolitique mais ouvertement soutenue par le député UMP Bernard Deflesselles, avait été élue dès le premier tour avec 51,66 % des suffrages exprimés. La liste « Carnoux au quotidien », issue du monde associatif et conduite par Gérard Garcia était arrivée en seconde position. Quant à la Gauche, traditionnellement minoritaire à Carnoux, la liste intitulée « Gauche citoyenne et solidaire » avait obtenu 15,73 % des voix, ce qui lui avait permis d’avoir deux élus au conseil municipal, la tête de liste Laurent Mauneau rejoignant Guy Hélin qui y siégeait seul depuis 2001.

Pour les prochaines élections municipales, prévues les 23 et 30 mars 2014, la campagne promet d’être sensiblement plus animée avec probablement au moins quatre listes en présence. Le maire sortant, élu sans discontinuer au conseil municipal depuis plus de 30 ans (1983 !), maire de la commune et vice-président de la Communauté urbaine de Marseille depuis 2001, se dit certain de sa réélection. En véritable professionnel de la politique, il n’a pas hésité à faire appel à des conseils en communication pour assurer le marketing de sa campagne, installant face à l’église un local de campagne luxueux, orné d’une enseigne lumineuse sur laquelle son nom s’étale en lettres géantes ! Tant de démesure ne manque pas d’étonner pour une commune de 7 000 habitants, mais cela n’a pas empêché le député local de venir s’afficher ouvertement aux cotés du candidat lors de l’inauguration du local en grandes pompes le 7 décembre 2013…

Photo publiée par La Provence du 9 décembre 2013

Photo publiée par La Provence du 9 décembre 2013

Face au maire sortant, la liste Carnoux au quotidien, toujours pilotée par Gérard Garcia mais conduite désormais par Alain Levavasseur, ancien cadre de la Police nationale, compte bien se représenter. Ses cinq élus au conseil municipal se sont distingués tout au long de la mandature actuelle par une opposition hargneuse et systématique à toutes les décisions municipales, notamment concernant la construction de nouveaux logements sociaux sur la commune, pourtant déficitaire en la matière.

Une nouvelle liste est désormais déclarée, menée par Gilles Di Rosa, ancien adjoint de M. Giorgi mais évincé par ce dernier après que son élection ait été invalidée en 2008. Policier (encore un !) des Renseignements généraux, sa fonction (qu’il assume toujours, jusqu’au 1er janvier 2014) était en effet clairement incompatible avec un rôle d’élu sur le territoire où il exerce. Dépité de n’avoir pas été accepté par Jean-Pierre Giorgi à la place qu’il estimait mériter, sa candidature constitue une concurrence directe pour le maire sortant car on voit mal ce qui distingue ces deux listes, sinon des ambitions personnelles incompatibles…

Article paru dans La Provence le 14 décembre 2013

Article paru dans La Provence le 14 décembre 2013

Quant à la gauche, une nouvelle liste est en cours de constitution, dans la continuité de celle présentée en 2008 mais très largement renouvelée. Laurent Mauneau ayant déménagé depuis, n’y figurera plus bien qu’il soutienne la démarche, mais Guy Hélin sera toujours en bonne place sur la liste, laquelle sera conduite par Marc Vincent, ingénieur en chef de la fonction publique territoriale. L’objectif affiché de cette liste de gauche, citoyenne et solidaire, qui rassemble des sympathisants de différentes tendances de la gauche et de l’écologie politique, est d’insuffler dans la gestion des affaires publiques de Carnoux, davantage de démocratie et de transparence.

D’autres listes verront peut-être le jour d’ici les élections, le dépôt officiel des candidatures n’étant fixé qu’au 6 mars 2014. Une chose est sûre, et quoi qu’en disent certains élus locaux qui ont tendance à croire que le débat public n’intéresse plus personne, la vie politique locale à Carnoux ne laisse pas nos concitoyens indifférents… Enfin une bonne nouvelle pour la démocratie locale ?

LVLutinVert1Small

Quand les plantes nous contaminent : risques et dangers des mycotoxines

7 décembre 2013

Les mycotoxines sont des molécules produites naturellement par des moisissures sur les végétaux (pour en savoir plus, cliquer ici et ). Pour mémoire, il y a un exemple historique de dégâts provoqués par une de ces mycotoxines : la série d’intoxications alimentaires qui a touché la France durant l’été 1951 à Pont St Esprit, et qui a provoqué une dizaine de morts, une cinquantaine d’internés dans des hôpitaux psychiatriques et environ 250 personnes aux symptômes plus ou moins graves. Le responsable est connu. C’est l’ergot de seigle, un alcaloïde bien connu, sécrété par un champignon, le Claviceps purpurea qui avait contaminé les céréales avec lesquelles le pauvre boulanger local avait fabriqué son pain. Les derniers cas rapportés de ce type d’affection, chez l’homme, datent des années 1970 en Afrique et en Inde. Toutefois, dans nos contrées, le bétail reste encore touché par l’ergotisme. Il existe de très nombreuses moisissures dans la nature synthétisant de très nombreuses molécules plus ou moins dangereuses.

Alors, sommes-nous en danger ? Est-ce qu’une affection comme celle de Pont St Esprit est encore possible de nos jours, en Europe ? Est-ce du catastrophisme ! Pas du tout. Pour preuve l’Afssa, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, a trouvé la question de l’évaluation de ce risque suffisamment importante pour s’autosaisir l’an passé sur cette question et évaluer les risques liés à la présence de mycotoxines dans la chaîne alimentaire humaine et animale, et a rendu un rapport synthétique en décembre 2006. L’Afssa a mis en place un groupe de travail sur les mycotoxines.

Maïs contaminé par la fusariose

Maïs contaminé par la fusariose

L’affaire semble rebondir ces temps-ci avec un gros scandale sanitaire qui agite actuellement l’Italie, à partir de sources sûres et dont nous n’avons, très curieusement, aucun écho en France. Ce scandale met en évidence les dangers alimentaires des mycotoxines bien connues par les spécialistes (agronomes, toxicologues..) mais absolument pas du grand public et c’est très dommage ! Il attire aussi l’attention sur l’impact potentiel du réchauffement climatique qui risque d’aggraver les périls sanitaires liés à certaines grandes cultures en Europe…

Pour obtenir une information sérieuse sur ce sujet, et en attendant que des journalistes scientifiques le fassent on peut consulter le blog suivant. Ce blog, qui a pour projet de « metre les deux pieds dans le plat des croyances, superstitions et dérives médiatiques », fournit par ailleurs de nombreuses informations à caractère scientifique en particulier sur les OGM.

S. Jeallnec