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La douche écolo qui vous en fait voir de toutes les couleurs

17 mai 2017

Ségolène Royal et Gabriel Della-Monica, le fondateur de Smart & Blue

« L’écologie ne doit pas être punitive » disait Ségolène Royale pour justifier l’abandon totalement injustifiable de l’écotaxe poids lourds. Encore ministre de l’écologie la semaine dernière, comme elle l’était déjà en 1992, l’auteur de cette sentence mémorable serait, aux dernières nouvelles, toujours à la recherche d’un point de chute pour se recaser après que sa candidature à la tête du Programme des Nations Unies pour l’Environnement a été écartée… Pour autant, affirmer que les changements de comportements individuels en faveur d’une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux ne passent pas par la contrainte mais par l’adhésion et la conviction, voila assurément une idée qui ne manque pas de bon sens…

Pommeau de douche connecté Hydrao First (photo © Erwan Lecomte / Sciences et Avenir)

C’est ce côté ludique qu’a voulu explorer la jeune entreprise grenobloise Smart & Blue, un nom qui fleure bon le terroir alpin, en développant son dernier produit, elle qui se présente comme le « leader des technologies innovantes et connectées pour une gestion intelligente de l’eau potable », rien que ça ! L’idée, il est vrai ne manque pas d’originalité puisqu’elle consiste ni plus ni moins qu’à prendre sa douche en couleur, grâce à un pommeau intelligent dont les buses sont équipées de LED polychromes qui éclairent l’eau du bain de toutes les couleurs.

L’objectif n’est bien évidemment pas de transformer sa salle de bain en boîte de nuit, mais tout simplement d’inciter à économiser l’eau de la douche. Quand on ouvre le robinet, les LED éclairent l’eau du jet en vert. Jusque là, tout va bien, à condition de ne pas faire couler plus de 10 litres d’eau, un volume normalement largement suffisant pour se laver correctement, comme le savent tout ceux qui ont un jour testé les douches à l’ancienne, constituées d’un simple seau d’eau et d’un récipient adapté, bol en plastique ou calebasse selon les usages locaux.

A partir de ce volume fatidique de 10 l, le jet d’eau passe au bleu. Rien de bien inquiétant encore, mais à partir de 20 l, l’eau de la douche passe au rose, puis au rouge et au-delà de 40 l, le rouge se met à clignoter. Rassurez-vous, il n’arrivera rien de plus grave au-delà, mais après un tel festival de couleur, même le consommateur le plus endurci et le plus rétif aux économies d’eau sera incité à tourner le robinet et à attraper sa serviette pour se sécher. Selon le concepteur du système, le Français moyen n’utilise pas moins de 80 l pour sa douche quotidienne, au point que pour une famille de 4 personnes l’eau de la douche représente près de 40 % de la consommation quotidienne d’eau : l’enjeu n’est donc pas mince !

Répartition de la consommation de l’eau domestique par type d’usage en France (source © Centre d’information sur l’eau)

Bien évidemment, un concept aussi novateur, commercialisé sous le nom d’Hydrao First et déjà récompensé par plusieurs prix  n’a pas besoin d’électricité pour fonctionner car cela rendrait l’empreinte environnementale du dispositif nettement moins séduisante, sans compter le risque d’hydrocution : le système utilise simplement une turbine intégrée qui tourne sous l’effet du jet d’eau et qui fournit l’énergie nécessaire à l’éclairage des lampes. Un dispositif astucieux et par ailleurs totalement branché.

L’appli smart shower

Car bien entendu, un tel bijou de technologie est forcément connecté. Une appli adaptée permet de paramétrer sur son smartphone ses propres seuils de réglage des changements de couleurs mais aussi de suivre l’historique de consommation de ses 200 dernières douches et de comparer sa consommation par rapport à sa douche de référence. De quoi occuper les amateurs de statistiques, et de quoi attiser les conversations familiales car bien entendu l’appli n’est pas en mesure de faire la distinction en fonction de l’utilisateur. Impossible désormais, avec un tel mouchard à la maison, de se prélasser tranquillement sous la ouche sans se faire ensuite vertement remarquer qu’on a sérieusement fait baisser la moyenne familiale et fortement augmenter la facture d’eau et d’électricité.

Suivi de consommation (photo Sciences & Avenir)

Tout se paye en effet et on sait illico en sortant de la salle de bain combien nous ont coûté ces quelques minutes passées sous la douche. Pas autant certes que le pommeau lui-même car ce gadget futuriste est quand même vendu pour près de 90 € et on a intérêt à se doucher souvent pour espérer amortir un jour un tel investissement…

C’est en tout cas une excellente affaire pour son concepteur dont la société vient de recevoir une nouvelle récompense lors d’un salon professionnel qui s’est tenu à Las Vegas en janvier dernier pour ses deux dernières nouveautés Hydrao Drop et Hydrao Loop. Toujours connectée à la même application Smart Shower, cette dernière est un pommeau de douche dont le design très élaboré rappelle vaguement le signe mathématique de l’infini, mais dont les fonctionnalités sont tout à fait comparables à celle du pommeau d’entrée de gamme Hydrao First, avec néanmoins une efficacité accrue en matière d’économie d’eau, pour la modique somme de 169 €.

Hydrao Loop, dernier né de la gamme au look futuriste

On peut bien sûr ironiser sur l’aspect gadget de ces innovations mais on est bien obligé de reconnaitre que son inventeur, l’ingénieur en télécom Gabriel Della-Monica, a su faire d’une idée originale un beau succès commercial. Installée au sein du pôle de haute technologie nano et microélectronique de Grenoble, la société Smart & Blue a mis 2 ans pour développer le produit, disponible à la vente depuis 2015. Deux ans plus tard, la société a déjà embauché plus de 10 salariés et est en plein développement. Quant à la fabrication, elle est sous-traitée à une entreprise industrielle qui favorise l’intégration des travailleurs handicapés : un bel exemple de la French Tech qui réussit en mettant en avant ses valeurs de responsabilité sociale et environnementale. Le cas n’est pas si fréquent et mérite d’être salué !

L.V.

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Google, fou de la petite reine et roi du bobard

30 janvier 2017

A l’heure où le Royaume du Danemark vient de nommer un ambassadeur auprès du géant américain Google, il n’est pas inutile de ressortir cette vidéo époustouflante mise en ligne par la multinationale montrant sa dernière invention en date : un vélo intelligent et autonome, qui tient debout sans l’aide de quiconque, se déplace tout seul dans la circulation et sur lequel on peut tranquillement se laisser porter tout en vaquant à ses occupations ordinaires.

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C’est bien évidemment l’antenne des Pays-Bas de la firme de Mountain View qui a conçu cet engin révolutionnaire, parfaitement adapté au Néerlandais qui parcours en moyenne pas moins de 900 km par an en vélo, au prix tout de même de 350 000 accidents chaque année !

blog387_phcameraLe Google self-driving bike, de son petit nom de baptême, sait se situer dans l’espace et détecter et cartographier son environnement afin de s’adapter à tout événement, tout ceci grâce à une caméra à 360° située à l’avant du vélo, à l’instar de ce qui est proposé sur les Google Car dont le projet s’inspire manifestement.

blog387_phsmartphoneLe vélo peut fonctionner comme un taxi Uber et venir vous chercher là où vous le demandez simplement depuis l’application dédiée. On peut même s’en servir de bureau mobile en installant confortablement son ordinateur sur le guidon évidemment adapté pour cela, et on peut aussi laisser le vélo promener tout seul les enfants bien installés dans leur siège.

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Une véritable merveille de la technologie dont Google s’est fait un malin plaisir d’annoncer la naissance le 1er avril 2016. Car bien évidemment, il ne s’agit que d’un poisson d’avril, issu du cerveau imaginatif des ingénieurs de la firme américaine ! Une vidéo explique même en détail, pour les plus crédules, comment ont été réalisés les trucages pour donner l’illusion d’un tel miracle.

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Pourtant, le vélo autonome qui avance tout seul existe bel et bien. Il a été inventé par 13 ingénieurs de l’université indienne de Kharagpur qui ont eu l’idée du projet i-Bike, visant à la base à venir en aide aux personnes souffrant d’un handicap moteur afin de leur permettre de se déplacer malgré tout en vélo.

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Certes, son look est quelque peu moins futuriste que celui de Google. Les esprits chagrins lui trouveront même un petit air de bricolage avec ses petites roues stabilisatrices à l’arrière et sa propulsion électrique rendue bien visible par une multitude de câbles qui pendouillent de tous les côtés : les propulsions électriques inventées par les tricheurs des courses cyclistes ont au moins le mérite d’être un peu plus discrètes ! Le guidage se ferait par GPS évidemment et pourrait permettre d’envisager que le vélo se rende tout seul à une direction pré-indiquée.

Le concept en tout cas ne manque pas d’intérêt, soit pour permettre à des malvoyants ou des handicapés moteurs de se déplacer à bicyclette, soit dans l’optique d’un système de location de vélos autonomes à direction assistée. Les Allemands plancheraient eux aussi sur un tel vélo du futur dont on peut penser qu’il ressemblera probablement davantage au prototype surréaliste de Google plutôt qu’au bricolage bout-de-ficelle des universitaires indiens…

L.V. lutinvert1small

Maman, les petites voitures… ont-elles des ailes ?

29 octobre 2016

Chacun a en tête ces films d’anticipation et ces bandes dessinées de science fiction où l’on voit les habitants de cités futuristes se déplacer en véhicules volants qui sillonnent l’espace aérien sans plus se soucier d’emprunter les rues comme le font nos véhicules urbains actuels. La version moderne du tapis volant individuel, en quelque sorte. Immortalisées par Luc Besson dans son film Le Cinquième élément, les voitures volantes figurent à profusion dans nombre d’œuvres de fiction.

Les voitures volantes du Cinquième élément

Les voitures volantes du Cinquième élément

La fameuse Chitty Chitty Bang Bang des années 1960…

La fameuse Chitty Chitty Bang Bang des années 1960…

Leur point commun, malgré un design des plus fantaisiste : un incontestable aérodynamisme (en dehors peut-être de l’archaïque et néanmoins mythique Chitty Chitty Bang Bang des années 1960…), un mode de fonctionnement pour le moins obscur, une très grande vitesse de propulsion, une parfaite souplesse d’utilisation avec décollage vertical et maniabilité à toute épreuve, et une capacité à élever le héros loin de toute contingence matérielle, apte à faire rêver les plus matérialistes…

A l’heure de la transition énergétique, où même l’industrie automobile commence à se préoccuper de l’impact environnemental de ses voitures individuelles et où la construction d’un nouvel aéroport déclenche une mini-révolution, on pourrait penser que l’on pourrait penser à autre chose qu’à assouvir ses fantasmes d’Icare frustré, rêvant à slalomer à grande vitesse entre la cime des grattes-ciel.

Au contraire, jamais on n’a été aussi proche de voir circuler des voitures volantes dans l’espace aérien de nos villes. A vrai dire, il existe déjà de très nombreux engins, à l’état de prototypes et, pour certains d’entre eux, disponibles à la commercialisation, qui peuvent prétendre à ce statut de voiture volante.

Nombre d’entre eux ne sont en réalité de des ULM plus ou moins transformés qui peuvent rouler sur route moyennant un système de repli astucieux de leurs ailes. On peut citer par exemple l’Aeromobil, de l’ingénieur slovaque Stefan Klein, qui peut rouler normalement sur une route et voir ses ailes se déplier pour s’envoler depuis une piste de décollage.

La voiture aérienne TF-X de Terrafugia

La voiture aérienne TF-X de Terrafugia

C’est le cas aussi du modèle TF-X développé depuis 2010 par l’entreprise américaine Terrafugia, basée à Boston, et qui devrait permettre d’atteindre une vitesse de croisière de 322 km/h avec une autonomie annoncée de 800 km. Contrairement à beaucoup d’autres modèles, celui-ci devrait être capable de décoller à la verticale grâce à un astucieux de rotors directionnels placés à l’extrémité des ailes.

L’entreprise strasbourgeoise Vaylon mise quant à elle sur le parapente accroché à un buggy léger, propulsé dans les airs par une hélice : il s’agit du Pégase, classé dans la catégorie des ULM avec une double homologation aéro/route. De son côté, le PAL-V Flying Car est un véhicule doté d’une hélice dépliable qui le fait ressembler à un petit hélicoptère, et qui est capable de rouler et de voler à 180 km/h, le tout avec une autonomie de 1 200 km.

Ehang 184, le drone taxi de fabrication chinoise

Ehang 184, le drone taxi de fabrication chinoise

Citons aussi le drone de conception chinoise, l’Ehang 184, à propulsion électrique qui serait capable de transporter une personne et ses bagages (jusqu’à 120 kg de charge embarquée) sur une courte distance (pour une durée maximale du trajet limitée à 23 mn !). Volant jusqu’à 100 km/h à une altitude ne pouvant pas dépasser 3 500 m, ce véhicule qui devrait être commercialisé d’ici la fin de l’année 2016 pour un prix avoisinant les 300 000 dollars, serait totalement autonome, le passager se contentant d’indiquer sa destination sur une tablette tactile, et de prier très fort pour arriver à bon port…

Car le point faible de tous ces véhicules volants est bien évidemment de s’insérer sans encombres dans un espace aérien déjà bien encombré. La réglementation et les normes de sécurité étant de plus en plus strictes en matière de déplacement, sur route comme dans les airs, on imagine en effet que leur conduite suppose de disposer à la fois du permis de conduire et du brevet de pilote, tout en respectant la contrainte de devoir décoller et atterrir dans un espace sécurisé de type piste d’aéroport, ce qui en limiterait beaucoup l’intérêt.

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C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle les constructeurs s’orientent désormais plutôt vers des véhicules automatisés et connectés qui pourraient être guidés par un dispositif centralisé. On imagine mal en effet que chacun des 18 millions de Français qui prennent chaque jour le volant de leur voiture puissent désormais décoller du goudron à leur guise et se déplacer sans contrainte dans un espace aérien sans signalisation routière ni agent de police, avec des risques non négligeables de collision à plus de 300 km/h.

La sécurité est un des autres aspects qui rendent si difficile le développement de la voiture volante généralisée. Un véhicule qui se ballade dans les airs nécessite un niveau de fiabilité très élevé. Un avion qui tombe en panne peut encore espérer planer pour tenter de se poser sans trop de casse, mais c’est déjà plus délicat pour un engin à décollage vertical et dont les ailes seront réduites au minimum pour des questions d’encombrement. Un engin volant de petite taille se trouve très vulnérable en cas de collision avec un oiseau. Bref, conduire sa voiture volante, surtout si l’on est nombreux à vouloir le faire, pourrait rapidement devenir un sport à très haut risque…

La voiture volante, nouveau fantasme d'Uber

La voiture volante, nouveau fantasme d’Uber

Et pourtant, comme l’a récemment rapporté le Huffington Post, la société Uber, après avoir imaginé un système de taxis sans chauffeurs, vient de dévoiler un livre blanc intitulé « Avance rapide vers un futur de transport urbain à la demande dans les airs », expliquant comment des véhicules à décollage vertical pourraient bientôt en finir avec les embouteillages. En gros, il s’agit d’imaginer un monde où des véhicules électriques et autonomes pourront décoller verticalement, à l’instar des drones, puis se rendre à une destination par le chemin le plus court, la ligne droite aérienne. L’objectif, évidemment, est d’en finir avec les embouteillages, le rapport affirmant que le temps de trajet passerait par exemple de près de 2 heures à 15 minutes pour un trajet traditionnellement très encombrés, comme entre San Francisco et San Jose.

Uber n’envisage pas pour autant de se lancer immédiatement dans la construction de prototypes, préférant pour cela s’appuyer sur les multitudes start-up qui phosphorent déjà sur le sujet, rejoignant en cela la voie déjà tracée par le fondateur de Google, Larry Page, également passionné par le sujet et qui a déjà investi plus de 100 millions de dollars dans une start-up travaillant sur un prototype secret de voiture volante.

Reste à savoir si un tel objectif relève du pur fantasme ou si une telle approche a une chance de se concrétiser un jour à grande échelle…

L.V.  LutinVert1Small