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Enfin débarrassés de Sarkozy !

23 novembre 2016

C’est la bonne nouvelle de ce premier tour des primaires de la droite : Nicolas Sarkozy, l’éternel revenant dont les Français à leur large majorité croyaient s’être débarrassés en mai 2012, ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle. Pour la modique somme de 2 €, plus de 4 millions de Français sympathisant de la droite, ont donc exprimé, ce dimanche 20 novembre, un très net rejet de celui qui fut président de la République de 2007 à 2012.

blog361_dessincourseAvec à peine plus de 20 % des suffrages recueillis, c’est un véritable camouflet qui lui a été infligé, à lui qui affirmait avoir totalement changé et qui rêvait de reconquérir le pouvoir suprême pour se mettre ainsi définitivement à l’abri des multiples affaires judiciaires qui lui collent à la peau et pour lesquels il devrait comparaître bientôt devant la Justice. Après avoir freiné tant qu’il a pu, à coup d’arguties abracadabrantesques, le cours des investigations judiciaires, il va bien devoir désormais répondre enfin devant les juges des multiples accusations dont il est redevable.

Ses adieux à la vie politique, comme les précédents en 2012, ont été empreints de dignité, mais son ralliement à son ancien « collaborateur » et ex-premier ministre, François Fillon n’est peut-être pas dénué de tout calcul politique… Sa longue carrière politique lui a au moins appris à ne jamais insulter l’avenir.

blog361_dessinkarcherFrançois Fillon en tout cas semble bien parti pour emporter dimanche prochain le second tour de ces primaires de la droite et il pourrait bien gagner dans la foulée les élections présidentielles le 7 mai 2017, au vu de l’état de dispersion dans lequel la gauche aborde cette échéance.

Avec un peu plus de 44 % des suffrages exprimés, cet apparatchik de la droite la plus réactionnaire, adepte d’un libéralisme économique thatchérien totalement débridé, qui n’a jamais exercé d’autre métier que celui d’homme politique, crée la surprise de cette élection, reléguant loin derrière lui le maire de Bordeaux Alain Juppé. Rien n’est encore joué mais les derniers sondages annoncent déjà une victoire éclatante de François Fillon à l’issue du second tour de ces primaires, le 27 novembre prochain.

François Fillon, grand vainqueur des primaires de la droite (photo C. Platiau / Reuters)

François Fillon, grand vainqueur des primaires de la droite (photo C. Platiau / Reuters)

Dans notre région où tous les ténors de la droite soutenaient le candidat Sarkozy, le choc a été un peu rude, mais après tout, la différence de programme entre lui et son ancien premier ministre est tellement ténue que personne ne verra la différence… Même notre député, Bernard Deflesselles, qui pourtant soutenait ardemment son ami Jean-François Copé, n’hésitera pas une seconde à se rallier à celui qui fut jadis le rival malheureux de ce dernier à la tête de l’ex-UMP (pour cause de fraude électorale massive, rappelons-le au passage).

Le maire de Meaux ressort en tout cas complètement essoré de ces primaires où il n’a recueilli qu’un peu plus de 12 000 voix à l’échelle nationale, soit 0,3 % des suffrages exprimés (et à peine davantage que les bulletins nuls !). Une sacrée claque et qui n’est certainement pas due qu’à sa seule méconnaissance du prix des viennoiseries…

blog361_dessinprimairesL’ancien ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, supposé incarner le renouveau de la droite dans ces élections, est lui aussi tombé de l’armoire en découvrant son score étriqué de 2,4 %, derrière sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet, ce qu’il n’aurait sans doute jamais imaginé, même dans ses pires cauchemars… Malgré son discours ultra nationaliste, il n’aura sans doute pas été jugé assez conservateur pour l’électorat de droite, ou peut-être tout simplement pas assez crédible au vu de ses multiples approximations ?

Sur Carnoux, comme sur l’ensemble de la 9ème circonscription des Bouches-du-Rhône, largement acquise à la droite, les électeurs se sont déplacés en masse pour ces primaires, faisant une nouvelle fois mentir nos élus locaux qui partent du principe que les Français ne s’intéressent pas à la politique. François Fillon est arrivé largement en tête, comme presque partout ailleurs, avec 43 % des suffrages sur Carnoux : un satisfecit pour le maire qui, faisant fi de sa prudence habituelle, s’était clairement déclaré en sa faveur il y a peu, dans un grand quotidien national.

Nicolas Sarkozy y résiste mieux que dans d’autres régions, avec plus de 35 % des voix sur Carnoux alors qu’Alain Juppé recueille à peine plus de 15 % des suffrages. Quant au pauvre Copé, le champion de Bernard Deflesselles, il ne récolte que 0,25 % des voix à Carnoux et 0,28 % sur l’ensemble de la circonscription, encore moins qu’au niveau national ! Il faudrait décidément que quelqu’un se dévoue pour souffler à notre député que son sens politique commence à être quelque peu émoussé après une aussi longue carrière et qu’il serait peut-être temps pour lui de passer à autre chose !

L.V.  lutinvert1small

Au Gabon, les élections mettent le feu aux poudres

3 septembre 2016

Alors qu’en France les prochaines élections présidentielles approchent à grands pas, aiguisant l’appétit de toute la classe politique qui commence déjà à se déchirer, l’élection qui vient de se dérouler au Gabon est en train de virer à la tragédie. Contrairement à la présidentielle française, la gabonaise se joue à un seul tour. Le président sortant, Ali Bongo Ondimba, briguait tout naturellement un second mandat de 7 an, histoire de prolonger au moins jusqu’en 2023 une tradition familiale bien ancrée.

Omar Bongo et Jacques Foccart

Omar Bongo et Jacques Foccart

Rappelons en effet pour mémoire que son défunt père, l’ex employé des PTT de Libreville Omar Bongo, avait dirigé ce pays de 1967 jusqu’à sa mort en juin 2009, date à laquelle les Gabonais avaient tout naturellement élu son fils pour le remplacer à la tête du pays : la force de l’habitude sans doute… « En Afrique, le pouvoir se prend et ne se rend pas », disait Omar Bongo. Le fils a bien retenu la leçon !

Il n’est peut-être pas inutile non plus de rappeler que feu Omar Bongo a toujours été très proche des cercles dirigeants de l’ancienne puissance coloniale française. C’est Jacques Foccart en personne, éminence grise du général de Gaulle pour les affaires africaines, qui avait eu l’idée en 1965 de désigner cet ancien membre des services secrets français comme héritier du premier président gabonais Léon Mba, tombé gravement malade en 1965. Un petit toilettage de la constitution avait alors été opéré pour créer un poste de vice-président et des élections avaient été organisées à la va vite en mars 1967 pour que le président soit réélu avec son nouveau dauphin désigné, histoire de le légitimer juste avant la mort du président en exercice, quelques mois plus tard.

Omar Bongo avec l'ancien président Léon Mba

Omar Bongo avec l’ancien président Léon Mba

Du cousu main qui permet au nouveau président de s’installer au pouvoir pour plus de 40 ans. En 1973, il remporte haut la main (avec 99,6 % des suffrages) une première élection présidentielle après que son principal opposant ait été -heureux hasard- assassiné par deux mercenaires français. C’est le début du « miracle gabonais » grâce à la hausse des prix du pétrole dont le pays est producteur. En 1977, son nouvel opposant, le poète Ndouna Depenaud, est assasiné à son tour, ce qui permet à Omar Bongo de se faire réélire triomphalement avec cette fois 99,8 % des voix…

Forcé à mettre en place une amorce de multipartisme à partir de 1990, après que les légionnaires français aient été appelés en renfort pour mater un début de révolte populaire, il est néanmoins constamment réélu depuis lors, avec encore plus de 79 % des voix lors de son dernier scrutin en 2005, contesté par l’opposition. C’est en Espagne qu’il décède en juin 2009 car il se méfiait depuis quelque temps des risques judiciaires encourus sur le territoire français où plusieurs membres de sa famille étaient poursuivis dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis » : plus de 150 millions d’euros investis en France sous forme de biens immobiliers, dont 33 appartements et hôtels particuliers.

L’ex juge Eva Joly, qui avait d’ailleurs placé sous sequestres l’un de ses comptes en Suisse, lui reprochait de s’être largement servi au détriment de sa population, s’étonnant que le Gabon dont le PIB est équivalent à celui du Portugal, ne construise que 5 km de route par an et possède un des taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde, tandis que les avoirs de son président dans la seule Citybank de New York ont été évalués, dans le cadre d’une enquête du Sénat américain, à 130 millions de dollars…

Nicolas Sarkozy accueilli chaleureusement à Libreville par son ami Omar Bongo le 27 juillet 2007 (photo P. Kovarik / AFP)

Nicolas Sarkozy accueilli chaleureusement à Libreville par son ami Omar Bongo le 27 juillet 2007 (photo P. Kovarik / AFP)

En 2007, Nicolas Sarkozy avait fait le voyage à Libreville pour demander à Omar Bongo des « conseils » pour sa propre campagne présidentielle, ce qui l’avait amené à nouer des relations très étroites avec son aîné, au point de lui donner satisfaction en limogeant son ministre de la coopération, Jean-Marie Bockel, tout comme l’avait fait François Mitterrand avec Jean-Pierre Cot quelques années auparavant.

En 2009, c’est donc tout naturellement que Nicolas Sarkozy avait approuvé l’arrivée à la Présidence gabonaise de l’un des fils d’Omar Bongo (lequel a reconnu pas moins de 54 enfants, ce qui rend sa succession quelque peu complexe…). Ali Bongo, qui était déjà ministre de la Défense de son père avait été élu avec officiellement 41 % des voix, contre plusieurs opposants dont André Mba Obame qui conteste ce résultat et revendique lui aussi la victoire. Selon certaines sources, Obame aurait effectivement été crédité de 42 % des suffrages, mais le Conseil constitutionnel gabonais, à la botte du clan Bongo valide le résultat officiel tandis que Nicolas Sarkozy se précipite pour féliciter chaudement son ami Ali Bongo malgré les émeutes qui embrasent alors la capitale gabonaise.

Le président sortant Ali Bongo (photo G. Fuentes / REUTERS)

Le président sortant Ali Bongo (photo G. Fuentes / REUTERS)

Lors des dernières présidentielles qui viennent de se dérouler, le président sortant avait failli être invalidé du fait des révélations montrant qu’il n’est pas de nationalité gabonaise, étant né au Nigéria et ayant en fait été adopté par Omar Bongo. Mais les faux certificats de naissance successifs fournis ont finalement suffi à le qualifier malgré les polémiques.

Pour cette élection, les principaux opposants s’étaient rangés sous la bannière de Jean Ping qui se présente au nom du Front uni de l’opposition pour l’alternance. Ancien ministre d’Omar Bongo, dont il fut le gendre, ce diplomate de haut vol a même présidé l’Assemblée générale des Nations-Unies en 2004-2005. A l’issue des élections qui se sont tenues le samedi 27 août, les premiers résultats donnent Jean Ping largement vainqueur avec environ 67 000 voix d’avance. Mais le 30 août, trois jours après le scrutin, il manque encore les résultats d’une des 10 provinces, celle du Haut-Ogooué, le fief de la famille Bongo. Cette province compte un nombre d’inscrits qui varie selon les versions mais qui tourne autour de 71 000.

Jean Ping, candidat de l'opposition contre Ali Bongo (photo T. Monasse/Xinhua/Sipa Press)

Jean Ping, candidat de l’opposition contre Ali Bongo (photo T. Monasse/Xinhua/Sipa Press)

Et là, miracle : alors que le taux de participation dans le reste du pays s’établit autour de 53 %, il atteint 99,93 % dans cette province particulièrement civique, avec bien entendu une nette préférence pour Ali Bongo qui recueille pas moins de 95,5 % des suffrages exprimés. Un heureux retournement de situation pour le président sortant qui se proclame donc vainqueur avec quelques milliers de voix d’avance !

Bien sûr, l’opposition a aussitôt crié au tripatouillage électoral et les débats ont été rudes au sein de la commission électorale, au point que les observateurs étrangers dépêchés par l’Union européenne ont été priés de sortir le 31 août au matin lors de l’analyse des résultats fraîchement arrivés du Haut-Ogooué…

Manifestations d'opposants à Libreville après l'annonce des résultats (photo M. Longari / AFP)

Manifestations d’opposants à Libreville après l’annonce des résultats (photo M. Longari / AFP)

Sitôt ces résultats proclamés, l’opposition a hurlé au scandale et depuis la situation est des plus confuses. Dès l’après-midi du 31 des manifestants se sont répandus dans les rues de Libreville où l’Assemblée nationale a été partiellement incendiée dans la nuit, provoquant de violents heurts avec l’armée qui s’était déployée en masse. On dénombre déjà au moins 5 morts suite à ces affrontements qui semblent se poursuivre et se propager à d’autres villes dont la capitale économique Port-Gentil.

Les États-Unis comme l’Union européenne appuient la demande de l’opposition de préciser les résultats par bureau de vote, quitte à procéder à un recomptage des bulletins dans les bureaux litigieux, ce dont le pouvoir en place ne veut même pas entendre parler. Même les ténors de la Droite française, à l’exception notable de Nicolas Sarkozy qui ne s’est pas exprimé, semblent reconnaître que le clan Bongo est peut-être cette fois allé un peu loin dans le tripatouillage électoral, c’est dire… En attendant, la situation reste pour l’instant bloquée et potentiellement explosive.

L.V.  LutinVert1Small

Faut-il une primaire à gauche ?

18 janvier 2016

Alors que les ténors de droite commencent à aiguiser leurs couteaux en vue des primaires prévues à l’automne 2016 pour départager celui d’entre eux qui sera candidat lors des prochaines élections présidentielles en mai 2017, voila que la Gauche commence à son tour à s’interoger quant à la manière d’aborder ce prochain scrutin. Ce n’est peut-être pas un luxe au vu de ses résultats lors des dernières confrontations électorales, des élections municipales aux récentes régionales en passant par les européennes et les départementales où les électeurs de gauche se sont trop souvent vus confrontés, au second tour, à devoir choisir entre un candidat d’extrême-droite et son alter ego de droite, parfois très extrême…

Daniel Cohn-Bendit

Daniel Cohn-Bendit

Tout est parti d’une pétition lancée lundi 11 janvier par une tribune publiée dans Libération à l’appel de plusieurs intellectuels de gauche, parmis lesquels l’économiste Thomas Piketty, le retraité de la politique Daniel Cohn-Bendit, l’écrivain Marie Desplechin, le cinéaste Romain Goupil, l’écologiste Yannick Jadot, la comédienne Ariane Ascaride ou encore le sociologue Michel Wieviorka. « Nous voulons du contenu, des idées, des échanges exigeants. Nous appelons à une grande primaire des gauches et des écologistes » annoncent-ils dans leur communiqué en proclamant : « Nous n’acceptons pas que la menace du FN, le risque terroriste et l’état d’urgence permanent servent de prétexte pour refuser de débattre des défis extraordinaires auxquels notre société est confrontée. (…) Nous voulons faire de la prochaine élection présidentielle la conclusion d’un débat approfondi qui est passionnément désiré et attendu dans le pays ».

Les candidats à la primaire socialiste en 2011 (photo F. Dufour / Reuters)

Les candidats à la primaire socialiste en 2011 (photo F. Dufour / Reuters)

Le message est clair et leur appel a été manifestement entendu. Une semaine plus tard, leur pétition a déjà recueilli plus de 27 000 signatures, la preuve que le débat à gauche est encore possible et manifestement souhaité ! Il semble d’ailleurs trouver un véritable écho dans l’opinion publique puisque, selon un sondage réalisé le 14 janvier par Harris interactive pour Marianne, 85 % des sympathisants de gauche souhaitent l’organisation d’une primaire pour départager les candidats potentiels avant l’élection présidentielle de 2017 : un véritable plebiscite !

Voilà qui ne fait pas forcément les affaires de François Hollande, piègé par ses promesses de ne pas se représenter en 2017 s’il n’arrive pas à faire baisser significativement le chômage d’ici là. Son premier ministre Manuel Valls a beau répéter que l’actuel président de la République est le candidat naturel de la Gauche et qu’il ne peut décemment pas se soumettre aux règles d’une primaire qui pourrait l’affaiblir dans sa fonction présidentielle, il n’en demeure pas moins que les statuts même du Parti Socialiste prévoient explicitement que « le candidat à la présidence de la République est désigné aux travers de primaires citoyennes ouvertes »…

Le résultat des primaires en 2011…

Le résultat des primaires en 2011…

C’est d’autant plus gênant pour lui que sa popularité est loin d’être au zénith parmi les électeurs de gauche. Selon le récent sondage évoqué plus haut, seuls 17 % des sympathisants de gauche (et 5 % seulement des Français, une misère !) souhaitent qu’il soit leur champion lors des prochaines élections présidentielles… Curieusement, c’est Manuel Valls, le Monsieur 5 % de la primaire 2011, qui emporterait le morceau avec 25 % des suffrages auprès des sympathisants de gauche (et même 30 % parmi les seuls électeurs socialistes).

On comprend donc dans ces conditions, le peu d’enthousiasme de l’entourage du Chef de l’État face à cette proposition de primaire à gauche. Et pourtant, contre toute attente, Jean-Christophe Cambadélis a réagi en suggérant que cette primaire, pour qu’elle ait un sens, concerne l’ensemble des forces de gauche, dans toute leur diversité, d’Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélanchon, afin d’aboutir véritablement à une candidature unique de la Gauche, probablement la seule condition pour que celle-ci soit encore présente au second tour…

De Jean-Luc Mélanchon à Emmanuel Macron, la Gauche dans toute sa diversité...

De Jean-Luc Mélanchon à Emmanuel Macron, la Gauche dans toute sa diversité…

La proposition est habile et pas si déraisonnable qu’il n’y paraît. Reste qu’elle ne recueille guère d’assentiment… Le Parti de Gauche s’y oppose catégoriquement, son porte-parole estimant n’avoir plus rien en commun avec les socialistes. Quant aux écologistes, leurs leaders ne semblent pas prêts à se ranger derrière une candidature unique de la Gauche et préféraient voler de leurs propres ailes, malgré leur score systématiquement riquiqui lors des élections présidentielles.

A gauche, le débat que chacun appelle de ses vœux aura sans doute lieu, mais il semble bien peu probable que l’idée des primaires en vue d’une candidature unique à gauche aille jusqu’à son terme. Avis aux sympathisants et électeurs de gauche : ils risquent fort d’avoir encore à choisir, au second tour des prochaines élections présidentielles puis législatives, entre deux candidats bien éloignés de leur propre vision de la société…

L.V.  LutinVertPetit

Bygmalion : après Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy sur la sellette ?

7 juin 2014

Décidément les affaires ne s‘arrangent pas pour l’UMP ! Après la démission forcée de son président Jean-François Copé, c’est maintenant Nicolas Sarkozy qui est indirectement visé par les investigations de la Justice dans l’affaire Bygmalion et ses liens avec la campagne présidentielle de 2012…

Meeting de Nicolas Sarkozy, à Paris, le 22 avril 2012 (photo REUTERS/Philippe Wojazer)

Meeting de Nicolas Sarkozy, à Paris, le 22 avril 2012
(photo REUTERS/Philippe Wojazer)

Petit retour en arrière pour essayer de démêler l’écheveau compliqué de cette affaire au delà des mensonges et de l’enfumage avec lesquels les dirigeants de l’UMP ont tenté de masquer leurs errements. Quant l’affaire éclate en février 2014, les révélations de l’hebdomadaire Le Point désignent la société de communication Bygmalion qui aurait surfacturé ses prestations lors de son intervention dans l’organisation des meetings de campagne de Nicolas Sarkozy, avec des montants qui atteignent parfois le double des tarifs habituellement pratiqués. A l’époque, certains à droite n’hésitaient pas à accuser les dirigeants de cette société, très proches de Jean-François Copé, d’avoir abusé de leur situation pour faire les poches du parti et même « voler Sarkozy ».

Deux mois plus tard, les révélations du journal Libération mettant en évidence l’existence de pseudo conventions de l’UMP facturées très cher à l’UMP en pleine campagne électorale donnent une toute autre tournure à l’affaire. C’est l’avocat de Bygmalion, maître Maisonneuve, qui met alors les pieds dans le plat en expliquant tranquillement que « l’affaire Bygmalion, c’est plutôt l’affaire des comptes de campagne du candidat Sarkozy »…

Perquisition au siège de l'UMP le 26 mai 2014 (photo REUTERS / Charles Platiau)

Perquisition au siège de l’UMP le 26 mai 2014 (photo REUTERS / Charles Platiau)

Les perquisitions effectuées au siège de l’UMP et chez Bygmalion tendent de fait à confirmer ses affirmations. On se souvient que les comptes de campagne du candidat Sarkozy en 2012 avaient été invalidés par le Conseil constitutionnel en juillet 2013, les Sages n’ayant d’autre solution que de suivre les conclusions de la Commission des comptes de campagne dont le verdict avait été rendu fin 2012. Le montant présenté par le candidat avait dû en effet être rectifié pour intégrer des dépenses manifestement oubliées dont certaines liées au fameux meeting de Villepinte. Après correction, le plafond autorisé de 21,5 millions d’euros, pourtant très conséquent, était largement dépassé, ce qui avait donc conduit à cette invalidation, obligeant l’UMP à lancer son fameux Sarkothon pour faire payer par les militants le manque à gagner de 11 millions d’euros non remboursé par le contribuable.

Jérôme Lavrilleux à BFMTV le 26 mai 2014

Jérôme Lavrilleux à BFMTV le 26 mai 2014

Lors de ses aveux en direct sur BFMTV le 26 mai 2014, Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé et fraîchement élu au Parlement européen depuis la veille, reconnaît sans détour que des factures payées par l’UMP correspondaient en réalité à des dépenses effectuées au titre de la campagne présidentielle de 2012. A l’époque, Jérôme Lavrilleux n’était rien moins que co-directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy aux côtés de Guillaume Lambert, actuel préfet de la Lozère. Lorsqu’il lui a remis l’insigne de l’Ordre national du Mérite le 15 octobre 2012, Nicolas Sarkozy aurait d’ailleurs dressé son éloge par les mots suivants : « voici un homme qui a le talent de ne pas embêter les personnes avec qui il travaille avec des problèmes qu’elles n’ont pas à connaître ». On ne saurait être plus clair !

Dessin2_Blog77Que s’est-il donc passé pendant cette fameuse campagne présidentielle de 2012 ? A l’époque, Nicolas Sarkozy souhaitait profiter de sa position de Président de la République pour se déclarer le plus tard possible et lancer une campagne éclair. Curieusement, ce n’est pas la société Bygmalion qui a été chargée de gérer les meetings mais une de ses filiales, Event & Compagnie, laquelle n’a été contactée qu’en janvier 2012, initialement pour organiser 4 meetings. Au final, il y aura 42 meetings et la facture s’élève à 19 millions d’euros ! D’après les comptes de Bygmalion tels qu’ils ont pu être reconstitués après enquête, Event & Compagnie aurait elle-même payé 14,5 millions d’euros à ses différents prestataires, ce qui représente une marge brute de 23 % qui n’a finalement rien d’extravagant. Pour cette seule année 2012, l’UMP aurait versé au total 23 millions d’euros à Bygmalion… Là où le bât blesse, c’est qu’une partie de ces prestations n’a pas été payée au titre de la campagne présidentielle mais directement par l’UMP, pour des prestations fictives, les fameuses « conventions UMP », selon un système de double facturation qui a donc été reconnu par Jérôme Lavrilleux. L’ancien trésorier de l’UMP, Dominique Bord, avait d’ailleurs démissionné en novembre 2012, alors que François Fillon et Jean-François Copé s’écharpaient pour la présidence du parti, précisément au moment où il devait signer les chèques pour honorer ces factures douteuses, six mois après l’élection présidentielle…

On est donc loin du scénario initial qui laissait entendre qu’une société aux mains de copains de Copé, aurait servi de pompe à fric pour ce dernier, au détriment de l’UMP. L’affaire traduit plus prosaïquement les dérives d’une campagne présidentielle que Nicolas Sarkozy voulait gagner à tout prix sans regarder à la dépense, quitte à plomber les comptes de son parti déjà bien mal en point, persuadé qu’il était que jamais l’on oserait invalider ses comptes de campagne. L’UMP en sort complètement essorée : déjà grevée d’un emprunt de 55 millions d’euros, elle a vu sa subvention baisser de 10 millions d’euros suite à la perte de 120 députés lors des élections législatives de 2012 et les comptes du parti sont donc plus que jamais dans le rouge. Il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler qu’après l’élection présidentielle de 2007, la situation était assez similaire avec un déficit de 10 millions d’euros en fin d’année et des dépenses déjà colossales (7 millions d’euros) en congrès et autres manifestations, pour lesquels la Justice commence aussi à s’interroger…

Dessin_Blog77Quelle qu’en soit l’issue judiciaire, l’UMP ne sortira pas grandie de cette affaire qui traduit la désinvolture avec laquelle sont gérés les comptes du parti. Voilà en tout cas une bruyante casserole supplémentaire accrochée aux basques de Nicolas Sarkozy, même si, comme l’affirme lui-même Jérôme Avrilleux,  » Ça n’ira pas jusqu’à Sarkozy. Il n’y a jamais rien qui va jusqu’à Sarkozy. On est là pour ça, hein ? « . En son temps, Alain Juppé avait déjà accepté de payer pour Jacques Chirac en endossant la responsabilité dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris : une belle tradition d’abnégation dans ce parti où les dirigeants trouvent toujours un lampiste sur qui se défausser !

L.V.LutinVertPetit

 

Nicolas Sarkozy se retire de la politique.

8 mai 2012

D’après son entourage, Nicolas Sarkozy a confirmé au lendemain de sa défaite au second tour de l’élection présidentielle qu’il se retirait définitivement de la vie politique. Un départ qui divise l’UMP qui se retrouve sans leader à quelques semaines des législatives.

Quel sera l’avenir politique de Nicolas Sarkozy? Si l’on en croit le Figaro, il a bel et bien décidé de tourner la page. Si, au terme de son discours dimanche soir, un doute subsistait, il semble certain, aujourd’hui, qu’il  n’exercera plus d’activité politique 30 ans après ses débuts. Il l’aurait répété ce lundi lors d’une réunion à l’Elysée évoquant le « plaisir de vous revoir pour parler du bon vieux temps ».

Au lendemain de la défaite au second tour de l’élection présidentielle, Sarkozy a reçu son comité de campagne à l’Elysée, dont faisaient partie les Fillon, Coppé ainsi que des ministres et ses principaux collaborateurs. Une réunion d’une heure, où il est apparu fatigué, le teint gris, les traits marqués, mais calme et serein, et lors de laquelle il a affirmé qu’il arrêtait la politique.

« Une page se tourne pour moi. Je ne serai pas candidat aux législatives, ni aux élections à venir », a-t-il déclaré, avant de sourire. « Soyez rassurés, je renouvellerai ma carte de l’UMP et je payerai ma cotisation. Mais je quitte l’opérationnel ». Une déclaration ambigüe, mais qui semble bien claire. « Cela veut dire qu’il arrête définitivement, c’est ça » a questionné un ministre. « Oui, c’est très clair, tu n’avais pas compris? », a répondu un proche du président. « Il n’a pas voulu que ce soit brutal, comme Lionel Jospin, il l’a donc annoncé différemment dimanche soir aux militants ».

Se revoir et parler du bon vieux temps
Dans ce dernier raout aux faux airs de verre d’adieu, Sarkozy a admis que si ça ne tenait qu’à lui, il serait parti plus tôt. « Si j’avais pu, je serais parti dès demain, mais il y a des traditions à respecter. Je les respecterai et la passation des pouvoirs (le 15 mai, ndlr) aura lieu avec François Hollande, comme elle a eu lieu entre Jacques Chirac et moi ». Beau joueur, il a justifié l’invitation lancée à François Hollande de se tenir auprès de lui lors des cérémonies du 8 mai. « Quand on prend de la hauteur, on tire tout le monde vers le haut ».

Enfin, il aspire à une vie plus calme, loin des médias. « J’espère vivre un peu normalement. J’ai perdu les élections mais les journalistes continuent de m’empêcher de faire un pas. Impossible de déjeuner au restaurant en famille. Je suis épié. J’espère qu’on me laisser un peu tranquille », avant de conclure. « On ne se quitte pas tout à fait, j’aurai le plaisir de vous revoir, pour parler du bon vieux temps ».

Les pontes brouillent les pistes
S’il semble clair, le départ de Nicolas Sarkozy est désormais devenu un enjeu politique à quelques semaines des législatives qui se dérouleront les 10 et 17 juin prochain. Groggy par la défaite, l’UMP doit éviter d’apparaître affaiblie aux yeux d’un électorat qui pourrait être tenté par le Front National. D’ailleurs, certains pontes du parti, comme Rachida Dati, jouent sur les mots, histoire de brouiller les pistes. « Nicolas  Sarkozy ne se retire pas de la vie politique. Il a très clairement dit qu’il continuerait son engagement politique sous une autre forme », a déclaré ce lundi matin sur Europe 1 l’ancien garde des Sceaux. Mais nul n’est dupe. Et il se chuchotte en coulisse qu’il réside une fracture entre l’arrière-garde et la nouvelle-garde gaulliste; cette dernière préférant un départ de celui qui pourrait, à l’image d’un Giscard voire d’un Jospin dans le camp d’en face, occulter la nouvelle mouvance d’un parti qui doit se trouver rapidement un leader. Or, il semble que personne n’ait l’envie ou la stature pour assumer ce rôle.

Lettre ouverte au Président Sarkozy

25 avril 2012

Cette « lettre citoyenne » au Président Sarkozy, est publiée par Médiapart.

Cette lettre est une initiative participative et citoyenne. Son rédacteur souhaite simplement donner aux lecteurs de Mediapart qui pourraient la soutenir la possibilité de diffuser un texte d’intervention qui a trois fonctions principales. Souligner tout d’abord que l’élection présidentielle de 2012 comporte un enjeu exceptionnel : la défense de la démocratie dont les valeurs ont été mises à mal par cinq années de pouvoir autoritaire. Faire ensuite œuvre de mémoire en rappelant le terrible passif de ce quinquennat : aucun des engagements majeurs pris par le candidat de 2007 n’a été tenu. Cette lettre a enfin pour fonction d’apporter une possible contribution à la lutte contre l’abstention, qui, si elle devait être importante, pourrait faire le jeu du président-candidat. Or la démocratie est l’affaire de toutes et de tous.

Cette lettre ne s’adresse pas prioritairement au lectorat de Mediapart, très majoritairement conscient des enjeux de cette élection. Elle n’aura d’effet que si les lecteurs de Mediapart s’en emparent pour la diffuser en premier lieu aux électrices et aux électeurs qui, à tort ou à raison, doutent de la politique et s’apprêtent à ne pas aller voter, c’est-à-dire, potentiellement plus d’un tiers de nos concitoyens.

A cette fin chaque lecteur est invité à diffuser le texte de cette lettre à tous ses contacts par courrier électronique, en le copiant dans un message qui pourrait avoir l’objet suivant : LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT SARKOZY – NE BRISEZ PAS CETTE CHAINE CITOYENNE. Les réseaux sociaux peuvent être aussi un relais efficace.

MEDIAPART

http://blogs.mediapart.fr/edition/2012-ils-sengagent/article/150412/nous-n-oublierons-pas-lettre-ouverte-au-president-sar

Monsieur le Président,

Les citoyens français vous ont élu sur la foi et la sincérité d’un programme politique dont vous n’avez pas respecté les engagements et auquel vous avez maintes fois tourné le dos depuis votre élection, le 6 mai 2007.

Aujourd’hui vous vous présentez une nouvelle fois au suffrage du peuple français et vous menez une campagne reposant sur une double imposture : la promesse d’une nouvelle rupture et l’oubli de votre bilan. Bien plus, vous utilisez les services de l’État au bénéfice de votre campagne et vous n’hésitez pas à exploiter les événements politiques, économiques et sociaux à des fins électoralistes et avec le soutien de nombreux médias qui propagent une insidieuse politique de la peur sur laquelle vous espérer bâtir une popularité.

Cette lettre citoyenne entend simplement vous rappeler les trop nombreux engagements que vous n’avez pas tenus.

Vous aviez promis en 2007 de maintenir le droit à la retraite à 60 ans : vous l’avez repoussé autoritairement à 62 ans, contre l’avis de la majorité des Français et au terme du plus long conflit social que la France ait connu depuis très longtemps. Nous n’oublierons pas !

Vous avez souhaité dans vos propositions que « la formation initiale des enseignants soit assurée » : votre réforme a supprimé l’année de stage et conduit des milliers de jeunes enseignants non formés à exercer devant des élèves désemparés.  Nous n’oublierons pas !

Vous avez voulu réformer en profondeur l’université et la recherche et vous prétendez que cette réforme est le succès de votre quinquennat : les milliards promis ne sont jamais arrivés et de nombreux établissement de l’Enseignement supérieur sont aujourd’hui en déficit tandis que les organismes de recherche sont démantelés.  Nous n’oublierons pas !

Vous avez promis de « préserver l’excellence de notre système de santé » et d’«améliorer les conditions de travail des professionnels de la santé ». Vous avez fait fermer des hôpitaux et des maternités, créé des déserts médicaux dans de nombreuses régions, supprimé des dizaines de milliers de postes de personnels de santé et détérioré gravement l’accès aux soins de millions de français.  Nous n’oublierons pas !

Vous vous êtes engagé à « veiller rigoureusement à l’indépendance de la justice » : les nombreuses affaires en cours montrent crument l’exercice d’un pouvoir qui tend à privatiser la justice au service d’intérêts financiers, personnels ou politiques, et qui contrevient gravement au principe d’indépendance dont votre fonction vous fait pourtant le garant. Vos gouvernements successifs ont enfreint sous votre autorité l’Article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui dispose que la loi « doit être la même pour tous ».  Nous n’oublierons pas !

Votre politique a ainsi ébranlé les trois socles de la République française : la Sécurité sociale, l’École et la Justice.  Nous n’oublierons pas !

Au chapitre des Droits de l’Homme vous aviez promis à vos compatriotes de « franchir de nouvelles étapes dans la préservation et la conquête des libertés ». Les seules étapes que vous avez fait franchir à la société française constituent une inadmissible régression des Droits de l’Homme : votre politique sécuritaire et d’immigration, en flattant les idéologies d’extrême droite et en avivant les haines comme les peurs, a porté non seulement atteinte dans son application aux libertés démocratiques fondamentales, mais aussi aux principes intangibles des grands textes fondateurs de notre histoire, et que votre volonté politique a travaillé à déconstruire et à mettre en péril : La Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, la loi de 1905, les valeurs issues du Conseil National de la Résistance. Nous n’oublierons pas !

Sous votre présidence plusieurs ministres condamnés ou mis en cause dans des procédures ou des informations judicaires, ont continué impunément à exercer leurs fonctions alors que dans toute démocratie digne de ce nom ils auraient dû se mettre en retrait. Vous avez ainsi contribué à l’abaissement moral de la politique en la soumettant, soit à une idéologie condamnable, soit aux intérêts d’une oligarchie financière et d’un clan.  Nous n’oublierons pas !

Aveuglé par votre hyperprésidence et votre conduite autoritaire des affaires de l’Etat, vous avez dévalorisé le rôle du gouvernement et du Parlement. En refusant obstinément de vous mettre à l’écoute des citoyens, en méprisant les associations et les organisations syndicales, vous avez délité les liens sociaux et provoqué une crise démocratique et institutionnelle sans précédent dont vous portez l’entière responsabilité. Responsabilité encore aggravée par le choix de la provoquer en une période de grave crise économique et financière, crise que vous exploitez et que votre politique alimente en choisissant d’accabler les plus pauvres et en ne cessant d’enrichir la classe des Français les plus aisés. En cinq années d’exercice de votre pouvoir, vos gouvernements ont considérablement aggravé les inégalités sociales et économiques.  Nous n’oublierons pas !

Enfin, vous avez adopté à de multiples reprises un comportement public et fait des choix politiques qui ont rabaissé la fonction présidentielle ainsi que l’image, la culture et les valeurs de la France en Europe et dans le monde.  Nous n’oublierons pas !

Pour toutes ces raisons, en allant voter les 22 avril et 6 mai prochains,  Nous n’oublierons pas que vous avez brisé le contrat social et politique qui vous unissait à nous. Vous avez perdu toute crédibilité.

Il est temps, Monsieur le Président, que vous redeveniez un citoyen et un justiciable ordinaires.

NE BRISONS PAS CETTE CHAINE CITOYENNE CONTRE L’OUBLI !

DEFENDONS TOUS ENSEMBLE LA DEMOCRATIE !

Sarkozy dégringole…

1 octobre 2010

La cote de confiance du président français Nicolas Sarkozy à la fin du mois de septembre est au plus bas depuis les élections, avec 4 points en moins (à 26%), selon un sondage de l’institut TNS Sofres Logica publié jeudi par le Figaro Magazine.

Dans cette étude réalisée pour le baromètre mensuel du journal, Nicolas Sarkozy retrouve son niveau de juillet, déjà le plus bas jamais mesuré depuis son élection à la présidence de la République.

Par ailleurs, 72% des personnes interrogées affirment ne pas faire confiance au chef de l’Etat, plus haut niveau jamais atteint. Deux pour cent sont sans opinion.

la cote de confiance du président

Fillon aussi
Avec 34% de personnes qui lui font confiance (- 3 points), le Premier ministre François Fillon suit la même pente et atteint son plus bas niveau depuis sa nomination. Soixante pour cent de personnes ne lui font pas confiance (+ 4 points). Six pour cent sont sans opinion.

L’ensemble de la classe politique française est d’ailleurs en repli, selon ce sondage. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), l’ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn est toujours en tête de ce classement avec une cote inchangée de 45%.

Cette enquête, réalisée du 24 au 27 septembre auprès de 1.000 personnes interrogées en face-à-face à leur domicile, intervient alors Nicolas Sarkozy fait face une forte grogne sociale contre son projet de réforme des retraites.

Le président français essuie également beaucoup de critiques, tant en France qu’au niveau européen, sur sa politique sécuritaire, notamment dans le dossier des Roms.