Archive for janvier 2015

Le tour du Monde en 114 jours : 5ème escale

31 janvier 2015

Après une plongée vertigineuse dans les profondeurs abyssales de la dette grecque et les eaux glacées de l’égoïsme européen, nous voici de nouveau à flots au large de l’Amérique latine, avec nos deux globe-trotters, dans leur croisière autour du Monde…

Mardi 27 janvier, Punta del Este

L’Uruguay que nous venons d’atteindre est un tout petit pays (grand comme le Benelux), avec 3 000 000 d’habitants, coincé entre ces deux géants que sont l’Argentine et le Brésil.

Punta del Este est surnommée la Côte d’Azur de l’Amérique du Sud. Dès le port, yachts somptueux et immeubles ultra modernes donnent le ton. Pas de favélas ici ! Les jardins non clôturés montrent que le pays est sûr. Les parterres de fleurs et les longues plages de sable blanc donnent envie de s’y attarder…

Monumento al Ahogado, les doigts de Punta del Este

Monumento al Ahogado, les doigts de Punta del Este

Œuvre d’un artiste chilien, « les doigts » se dressent sur la plage, appel au secours de l’humanité qui perd pied….? Les interprétations sont nombreuses…

Un tour dans les quartiers les plus huppés nous montre des villas de rêve entre hibiscus, palmiers et plumbagos…

Casa pueblo à Punta del Este

Casa pueblo à Punta del Este

Un peu à l’écart de la ville la « casa pueblo » de Carlos Paez Vilaro sera notre coup de cœur de la journée. Ce complexe, hôtel, bars, restaurant, galerie d’art… a été bâti entre 1940 et 1970. Vilaro l’appelait « un rêve habitable ». Imaginez un salmigondis entre Picasso, Gaudi, Dali avec une touche de Santorin… Les murs d’un blanc immaculé ont des formes arrondies et des dessins (poissons, soleils) en bleu outre-mer. La végétation est celle d’un climat méditerranéen chaud et, au pied, la mer vient lécher doucement les gros rochers sombres. Nous en sortirons éblouis !

Mercredi 28 janvier, Buenos Aires

Nous passons deux jours dans la capitale de l’Argentine, Buenos Aires.

C’est sous une pluie battante que nous allons découvrir la ville de Tigre, située juste en amont de Buenos Aires, et le delta du Rio Parana. La région est traversée par les innombrables bras de ce fleuve au bord duquel s’alignent des maisons sur pilotis, modestes pour la plupart. Ce sont en général des résidences secondaires, chacune avec son petit ponton pour y amarrer un bateau. En effet, on vit ici comme à Venise avec le bateau-poubelle, le bateau-épicerie, le bateau-courrier, le bateau-bus… Beaucoup de charme avec une végétation tout à fait européenne : saules pleureurs, hortensias…

Le soir Costa nous a promis une retransmission de la Traviata de Verdi. Nous y courons pour nous trouver en face d’un vieil enregistrement fait à Tokyo en 1974 , avec une prima donna qui pèse 90 kg et que le pauvre José Carreras a bien du mal à enlacer. Le premier acte nous a suffi et nous rentrons dans notre cabine. Demain, nous verrons le centre de Buenos Aires avec un arrêt shopping. Ça ne nous emballe pas des masses, mais nous pourrons toujours quitter le groupe si nous le souhaitons.

Danseurs de tangos dans le quartier de la Bocca à Buenos Aires

Danseurs de tangos dans le quartier de la Bocca à Buenos Aires

Jeudi 29 janvier, Buenos Aires

Notre second jour à Buenos Aires, nous sommes allés voir un quartier de marins et de pêcheurs, La Boca. Ce fut une véritable découverte : des gens presque sans moyens qui ont fait d’une espèce de bidonville un endroit où la couleur et les inventions de toute sorte sont reines. On y danse le tango dans la rue, les terrasses sont pleines de monde, et tout ça exsude une joie de vivre en dépit du fait que les maisons sont en tôle… Cela restera un des moments forts du tour du monde.

Le repas qui a suivi, copieux et délicieux (la viande argentine est égale à sa réputation) a terminé  joliment cette journée. Le soir, un groupe de chanteurs, musiciens et danseurs argentins nous a régalés d’une soirée tango, suivie par un hommage à Astor Piazzola et par un ultime rendez-vous ou ils ont exprimé leur amour pour leur pays et pour cette idole que demeure Eva Peron dans le cœur du peuple argentin.
Les spectacles du soir sur le bateau, une séance à 19 h et une autre à 21 h, sont d’inégale valeur, mais là, ce furent 3 rencontres inoubliables…

Annie Monville

 

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Petite leçon d’économie… (Partie 3 – le spectre de l’austérité)

30 janvier 2015

AfficheConfBeitone_A4coulCroissance effective, croissance potentielle

La croissance effective est la croissance qu’on mesure chaque année. En revanche la croissance potentielle indique le rythme de croissance de l’économie qu’on peut espérer obtenir si on utilise au mieux les facteurs de production (capital, travail). En imaginant qu’on se rapproche du plein emploi, qu’on utilise au mieux les capacités de production (par exemple, toutes les usines tournent…), la croissance potentielle mesure une production théorique.

Une politique conjoncturelle mal conduite peut se doubler d’un déficit très important du point de vue structurel. La croissance potentielle indique certains défauts comme une main-d’œuvre sous formée, une insuffisance de recherche et développement (R&D), un manque d’innovation. Les Européens ont compris cela puisqu’à l’issue du sommet de Lisbonne en 2000 il a été décidé de stimuler cette croissance potentielle. On a énoncé des objectifs tels que : 50 % d’une classe d’âge à Bac + 3 ; 3 % du PIB consacré à la R&D ; augmentation du taux d’emploi des femmes, etc. Et ceci à l’horizon 2010 ! Mais dix ans plus tard, le constat est implacable puisqu’aucun de ces objectifs n’a été atteint. Seule la Finlande a dépassé les 3 % du PIB pour la R&D. En 2010, les mêmes objectifs ont été réaffirmés, mais la promesse risque fort de ne pas être tenue. On peut lancer les paris !

Blog147_DessinPacteOn doit s’interroger sur une telle impuissance. En fait il n’y a pas de volonté européenne qui puisse se traduire dans une telle politique. A contrario, imaginons Kennedy, arrivant au pouvoir, avec le même problème : il a une économie déprimée et une croissance potentielle en berne. Il annonce qu’il va lutter contre la pauvreté, et … lancer le programme Apollo pour reconquérir le prestige américain mis à mal par les succès des Soviétiques, à une époque où la guerre froide battait son plein. Comment imaginer qu’il aurait pu mettre d’accord le Wyoming, le Texas et la Californie avant de lancer le programme Apollo sans le pouvoir de l’État fédéral ? A ce jour le programme Apollo ne serait toujours pas commencé ! Cette petite fiction illustre un vrai défaut de gouvernance politique de la zone euro, situation encore aggravée par les politiques d’austérité mises en œuvre.

Que faire ?

La situation actuelle de l’UE génère un nouveau cercle vicieux, car le fait d’avoir une croissance lente pour des raisons conjoncturelles affaiblit la croissance potentielle. Et plus on a une croissance potentielle faible, moins on peut atteindre une croissance suffisante ! Notre pays a une croissance qui se situe au dessous de 0,5 %. Or, pour faire baisser le chômage en zone euro, il faut une croissance qui dépasse 1,5 %… C’est « le piège de la croissance basse », selon Michel Aglietta. Mais en dépit de la nasse dans laquelle on est tombé, on continue à nous dire – pour l’essentiel – qu’il faut continuer sur le chemin emprunté !

Blog147_DessinAusterite

Face à cette difficulté de taille, un panel très large d’économistes disent tous à peu près la même chose. Tout d’abord il est nécessaire d’arrêter la politique d’austérité, non pas pour tirer un trait sur le passé mais pour lutter contre les déséquilibres qui sont apparus. Il faut étaler l’apurement : la France a encore de vieilles dettes à 4 % alors qu’elle emprunte désormais à 1 % ! Actuellement on agit comme le médecin de Molière : on fait une saignée au malade en espérant qu’il se portera mieux, alors qu’il faudrait lui donner un peu de soupe pour éviter qu’il ne meure. S’il faut l’opérer, attendons qu’il soit plus en forme. On est actuellement dans une politique qui aggrave la situation. Et 80 % des économistes, toutes orientations politiques confondues, sont d’accord sur ce point.

Il faut ensuite soutenir l’activité économique à court terme. C’est d’autant plus faisable maintenant que Mario Draghi a annoncé que la BCE va procéder à un rachat massif des dettes. Des économistes orthodoxes comme ceux de la London School of Economics ont dit cela il y a cinq ans ! Il faut néanmoins souligner que la BCE a fait tout ce qu’elle a pu (à l’exception de la question de la dette publique) sur le plan monétaire. Voici un exemple illustratif (et qui remet en cause certains commentaires malveillants) : en 2014, la BCE a proposé aux banques de l’UE de leur prêter 400 milliards à 3 ans. Cette durée de 3 ans, c’est l’éternité pour les banques (qui sont habituées à ce que la BCE leur prête à 24h). Mais la BCE n’a réussi à prêter que 200 milliards car les banques n’en voulaient pas davantage !

Blog147_DessinBanques

Les banques ne veulent pas de cet argent pour une raison simple : elles ne prêtent pas ! Dans une économie déprimée, on ne finance pas une entreprise pour faire des investissements. De toute façon les entreprises ne sont pas très demandeuses, et les seules qui cherchent à emprunter sont celles qui sont au bord de la faillite. Concernant les ménages, ce n’est pas mieux : quand les salaires stagnent et que le chômage monte, ce n’est pas le moment d’emprunter pour acheter un logement. Certains affirment que les banques se « gavent », mais quand on leur propose de l’argent, elles n’en veulent pas. Deux ans auparavant lors de la fameuse opération de 1 000 milliards, les banques ont même remboursé … par anticipation. Comprenne qui pourra !

Blog147_DessinPretBanque

Ce qui fait défaut c’est le budget. Il faudrait un puissant mouvement de relance budgétaire par la dépense publique. Michel Aglietta a publié en 2013 un livre «  Un new deal pour l’Europe » dans lequel, il se réfère comme d’autres à la politique de relance de Roosevelt… Plusieurs raisons plaident pour agir dans le sens d’une telle relance. Aujourd’hui, un enjeu colossal réside dans le défi écologique. Le financement de la nécessaire transition écologique représente des sommes considérables. Il suffit de penser à l’isolation des bâtiments publics et des habitations. Le moyen d’y parvenir existe. Les économistes ont proposé une structure très simple : il s’agirait de mettre en place une banque publique européenne qui émettrait des titres de dette pouvant être rachetés sur le marché secondaire, si besoin, par la BCE. Avec cette procédure, on respecte le Traité, on finance la transition écologique et on relance l’économie. Si on décide que tous les HLM de France doivent disposer de doubles vitrages et d’une isolation en toiture, alors des commandes par centaines de millions seront faites à une multitude d’entreprises du bâtiment.

Il y a une autre façon de relancer l’économie. On assiste depuis trois décennies à un recul spectaculaire de l’investissement public dans la zone euro. Il y a 30 ans, dans l’équivalent de la zone euro actuelle, l’investissement public représentait 4 % du PIB. Aujourd’hui l’investissement public est tombé à 2 % du PIB. C’est la logique d’un retrait généralisé de l’État qui a conduit à ce résultat. Or, il y a quelques semaines le FMI a publié une étude dont le titre est « La relance de l’investissement public, c’est maintenant ! ». Et l’Europe fait la sourde oreille.

Blog147_DessinRelanceCette frilosité est hallucinante, car on a sur la table des propositions parfaitement limpides, réalisables et cohérentes. Il est possible de coupler le court terme et le long terme c’est-à-dire d’agir à la fois immédiatement et sur des enjeux plus lointains, très importants en termes d’infrastructure et de transition écologique. Les dépenses permises par l’investissement public auraient en outre un effet de soutien de la croissance potentielle. Et elles auraient un impact immédiat par le biais de la demande adressée à l’économie. La seule chose qui fait défaut c’est la volonté politique.

Cette absence de volonté provient de la quasi inexistence de forces politiques significatives qui soutiennent ce qui précède, de forces politiques qui aient le projet de dire « On peut faire autrement, et voilà comment ». Les mouvements sociaux libéraux ont déclaré leur impuissance en ne proposant que l’austérité et les mouvements critiques se sont complus dans une critique irrationnelle, en dépit d’efforts remarquables de certains économistes critiques, qui expliquent pourquoi il ne faut pas sortir de la zone euro, qu’il est possible de mettre en œuvre des politiques d’orientation progressiste, etc. Ils ne sont pas écoutés !

Alain Beitone à Carnoux

Alain Beitone à Carnoux

La zone euro est prise au piège d’un régime auto entretenu de basse croissance. Dans ce contexte, sortir de l’euro serait catastrophique. Cela aurait comme conséquence immédiate une dévaluation de la monnaie nationale de 30 %, ce qui augmenterait d’autant le prix des exportations et de la dette, et se traduirait par une forte baisse du pouvoir d’achat des ménages. En réalité, seuls un desserrement de l’étau financier au niveau de la banque européenne, une politique d’investissement public dans les états européens et une politique industrielle coordonnée au niveau européen, profitant des innovations liées à la transition énergétique devraient permettre de redynamiser l’économie. Mais cela ne peut se faire sans une volonté politique portée par tous les pays de l’Europe.

La politique d’austérité n’est pas efficace pour la relance d’un pays. Tous les économistes sont d’accord là-dessus. Il faut enfin espérer que l’arrivée au pouvoir de Syriza en Grèce va faire bouger les gauches dans les différents pays attachés à la construction européenne. Cette Europe doit affirmer et mettre en place plus de solidarité car les structures de production sont de plus en plus imbriquées. Et la confiance joue un rôle déterminant.

Blog147_DessinDraghiIl faut croire que Mario Draghi a écouté notre conférence : la Banque européenne a finalement proposé d’injecter plus de mille milliards d’euros jusqu’en 2016 pour relancer l’économie européenne. On ne peut qu’espérer que les Européens, les acteurs économiques et politiques vont mettre cet argent à profit pour faire tourner l’économie et non pas pour augmenter le revenu des actionnaires…

Notes inspirées par la conférence, prises par Jacques Tonnelle

Petite leçon d’économie… (Partie 2 – une impuissance politique voulue)

29 janvier 2015

AfficheConfBeitone_A4coulLes économies du sud ont été dopées par le passage à l’euro, car elles ont eu des entrées de capitaux peu coûteux en termes de taux d’intérêt réel. C’est grâce à ces capitaux bon marché qu’est apparue la bulle immobilière en Espagne

Avant la crise, il n’y a pas de divergence de la dette publique. Mais la dette des pays du sud s’envole avec la crise alors que les pays du nord arrivent à contrôler leur dette. Les pays du sud ont une forte dette nette par rapport au reste du monde. Ceux du nord ont de plus en plus de créances nettes. La divergence commence – puis s’accentue – avec le passage à l’euro.

Pourquoi est-on arrivé à cette situation puisque tous les pays industrialisés ont connu la même situation du point de vue de la crise mondiale ? C’est à cause des politiques d’austérité, mais aussi de l’absence de solidarité qui sévit au sein de la coordination des instances européennes.

Les processus de financement

Il faut emprunter à l’étranger pour rembourser, pour payer ce que vous achetez. Mais la nature du déficit grec produit de la richesse ailleurs. Une partie de la féta que l’on mange dans la salade grecque est importée du Danemark, et la Grèce est un importateur de citrons de Californie. Par ailleurs à la veille de la crise, la Grèce était le troisième acheteur d’armes mondial derrière la Chine, la Corée du Nord (tensions avec la Turquie). Elle les achetait aux Allemands et aux Français. Ainsi le déficit de ce pays n’est pas perdu pour tout le monde : les banques françaises prêtent aux acheteurs d’armes. Du coup les dettes s’accumulent et le déficit se creuse !

Blog146_DessinPoulet

Quand la crise de 2007 se déclenche, tous les pays décident de faire quelque chose entre 2007 et 2009. A l’époque, Nicolas Sarkozy préside le Conseil européen qui se réunit en France et qui annonce une relance. Mais la nature de cette relance est bien peu vigoureuse. Elle consiste pour l’essentiel en des mesures adoptées par les différents pays, avec un petit supplément de fonds structurels européens voté par la Commission. Au total, on aura une relance d’environ 1,5 % du PIB de la zone euro.

A la même époque le secrétaire d’état des États-Unis déplore que les Européens ne fassent pas une relance adéquate ! Par contraste, les États-Unis procèdent à une relance qui est au niveau de 8 à 9 % du PIB. Et la Chine fait une relance de 15 % du PIB. Donc, la zone euro face à la crise mondiale de 2007 a eu une réaction nettement sous dimensionnée en termes de relance, et ceci avant le déclenchement de la crise propre à la zone euro.

Blog146_DessinDivergenceFaiblesses de la construction

Deux autres éléments d’information aident à comprendre la faiblesse de la réponse. Tout d’abord l’UE a choisi de plafonner son budget à 1,1 % du PIB de la zone euro (c’est-à-dire l’équivalent de ce que pourrait être un budget fédéral). Par comparaison les États-Unis ont un budget fédéral qui représente 25 % du PIB du pays. Ce qui signifie que lorsque surgit un problème dans un état de la fédération, alors la fédération a une possibilité d’action à hauteur de 25 % du PIB. L’Europe, quant à elle, a une possibilité d’action réduite à 1,1 % du PIB. Cette distorsion manifeste permet de pointer un énorme problème, à la base de la construction européenne.

Notons que, quand la zone euro a été mise en place, on a fait le choix d’assumer une asymétrie entre un espace monétaire totalement intégré (puisque le pouvoir monétaire est concentré dans la BCE) et un pouvoir budgétaire qui est quasi inexistant (il y a des budgets nationaux et un minuscule budget de l’UE). Une politique mixte qui associerait politique budgétaire et politique monétaire est impossible dans la zone euro puisqu’on a une seule politique monétaire et autant de politiques budgétaires que l’on a de pays. Coordonner tout cela est extrêmement compliqué.

Par ailleurs, le passage à l’euro est en partie lié à un contexte politique particulier. C’est celui de l’effondrement du bloc de l’est et de la crainte qu’il y avait de voir l’Allemagne rompre les amarres de l’Europe et de se trouver en position centrale en Europe. Une des raisons du passage à l’euro était d’arrimer l’Allemagne autour d’un projet politique unificateur. Et pour cela il a fallu donner des gages à l’Allemagne en créant une monnaie commune.

Or l’Allemagne a construit son identité économique après la guerre sur une doctrine appelée l’ordolibéralisme, construite par des chrétiens démocrates anti-nazis. L’expérience nazie leur montrait que l’intervention de l’État dans l’économie était nuisible pour les libertés et qu’il fallait trouver une solution qui ne soit ni l’État, ni le marché. Le mot d’ordre de cette doctrine – économie sociale de marché – a été  « autant de marché que possible, autant d’état que nécessaire ». C’est une position centriste qui conduit à privilégier la coordination par des règles et non par une coordination discrétionnaire.

Dans une politique discrétionnaire, le gouvernement dit ce qu’il pense être bon et le fait. Cette conception est très dangereuse pour plusieurs raisons. D’abord l’État ne fait pas toujours ce qu’il faut faire et peut être amené à prendre de mauvaises décisions. Pour éviter cela, l’idée est donc d’imposer des règles. Ainsi, les critères de convergence de Maastricht sont des règles ; le Pacte de Stabilité d’un gouvernement produit de nouvelles règles qui se rajoutent aux précédentes. On a ainsi constaté qu’à chaque fois qu’une crise survient, sous l’influence allemande, on a cherché à renforcer les règles !

Blog146_DessinRigueur

On entend parfois l’argument qui consiste à dire que si on n’a pas de règles assez strictes, des passagers clandestins (pays mauvais joueurs) vont apparaître. Argument qui provient de raisonnements fallacieux tels que : « Si on garantit une aide en cas de difficultés des gens du sud (Grecs, Italiens, qui sont enclins à une certaine paresse)  ils vont vivre sur les efforts des autres. » Il faut donc un système de règles qui les sanctionnent s’ils se comportent mal. D’où le système de gouvernance qui a été mis en place.

Sur le plan politique, le Traité d’Amsterdam a institué le Pacte de Stabilité et de Croissance. Lionel Jospin a renégocié le Pacte de Stabilité et, de haute lutte, a obtenu qu’on l’appelle Pacte de Stabilité et de Croissance. Le couple Chirac-Jospin a prétendu avoir ainsi emporté une grande victoire. Le traité a de fait été ratifié par Parlement. Deux ans plus tard, Romano Prodi président de la Commission européenne jugeait que ce pacte était stupide, mais qu’il fallait le … respecter ! Quant au Traité sur la Stabilité et la Gouvernance, il a été adopté juste après l’élection de François Hollande, lequel voulait le renégocier : ce n’est toujours pas fait à l’heure actuelle. Et pourtant, environ 80 % des économistes considèrent que ce pacte est une mauvaise chose.

Le consensus des économistes

Lorsque le traité simplifié de Lisbonne est adopté à l’automne 2007, la crise mondiale a débuté avec le crash des premières structures financières, mais on n’est pas encore au plus fort de la crise. Eloi Laurent, économiste français de l’OFCE, publie alors un commentaire sur le Traité de Lisbonne, sous le titre « En attendant la crise» où il décrit pourquoi ce traité nous désarme dans notre possibilité de mettre en œuvre une politique qui permettrait de répondre à une dégradation de la situation économique.

Blog146_DessinTalonEn 2002 Jean Paul Fitoussi, qui est président de l’OFCE à l’époque, professeur à l’IEP de Paris, publie un livre : « La règle et le choix » dans lequel il montre clairement où est le débat. Ou bien nous appliquons les règles et cela signifie que nous renonçons au débat démocratique. Ou bien nous assumons la démocratie et alors il faut dire que les pouvoirs politiques font des choix et qu’ils doivent les soumettre aux citoyens. Il constate de plus, qu’en privilégiant la régulation de la zone euro par les règles, on limite la démocratie puisqu’il n’y a plus rien à débattre et qu’on se prive des outils qui nous permettraient de réponde à une situation de crise.

Et c’est exactement ce que nous avons vu ! Face à la crise qui s’est déclenchée, il a fallu des négociations infinies pour obtenir le déblocage de plans d’aide à la Grèce. La Troïka (CE, BCE, FMI) se rendait à Athènes jouer les gendarmes avec des scénarios de ce style : « Qu’avez-vous prévu pour votre croissance dans les 5 ans à venir ? » Ces inspecteurs sortaient leurs statistiques et leurs calculatrices pour contester les propositions grecques « Là vous avez mis 9,01. Vous vous êtes trompés à la première décimale. Cela ne va pas, c’est 9,5 ! » Et ils repartaient en reportant le déblocage l’aide financière attendue à une visite ultérieure. Cette attitude vexatoire inouïe a été absolument insupportable pour les Grecs.

Blog146_Damocles

Avec l’épée de Damoclès de ces règles, on a été dans l’incapacité totale, pour des raisons techniques et politiques, de répondre à la situation. Voila ce que déclarait au Monde le 2 janvier 2011 Axel Weber, qui était à l’époque à la tête de la Bundesbank, et qui a démissionné du conseil de la BCE lorsqu’on a mis en place les premières mesures d’intervention de la BCE sur les marchés financiers : « Il est impossible de justifier auprès des électeurs qu’on aide un autre pays afin que ce dernier puisse s’épargner les douloureux efforts d’adaptation qu’on a soi-même endurés ». Cette déclaration éclaire la logique qui est à l’œuvre à l’intérieur de l’UE. C’est une logique de non solidarité.

Alain Beitone lors de sa conférence à Carnoux le 19 janvier 2015

Alain Beitone lors de sa conférence à Carnoux le 19 janvier 2015

Il est bien évident qu’on ne peut pas « vendre » la construction européenne en disant « Attention, on ne sera pas solidaires » d’autant que le creusement des déficits macroéconomiques est dû à un certain nombre de choix politiques (opérés ou évités) par les gouvernements concernés. On a appris par exemple que, jusqu’à la crise, les biens d’église, y compris les biens fonciers et immobiliers, n’étaient pas imposés en Grèce. Des choix contestables ont ainsi été soulignés, mais l’essentiel du déséquilibre est lié à ce défaut de construction de la zone euro qui a provoqué la divergence. Et, qui plus est, a laissé des mouvements de capitaux privés gérer cette divergence. Tant que les mouvements de capitaux privés ont compensé le déficit, tout allait bien. Mais le jour où tout a craqué, on ne disposait pas ni des instruments ni de la volonté politique d’y répondre. Et ce qui aggrave cette double incapacité, c’est qu’on a répondu à la crise par un renforcement de cette logique de règles avec le Traité sur la Stabilité et la Gouvernance. On a même ajouté une contrainte budgétaire : aux 3 % de déficit sur le PIB courant, on a rajouté une contrainte de 0,5 % de déficit structurel par rapport au PIB…

Des économistes comme Irving Fisher – qui n’avait rien d’un gauchiste – ont aussi montré que les économies de marché sont instables de façon endogène, puisque les mécanismes de marché produisent nécessairement de l’instabilité et des phénomènes cumulatifs. Irving Fisher a aussi montré que lorsqu’on rentre dans une logique déflationniste, on a énormément de difficultés à en sortir parce que plus on a de déflation, plus c’est coûteux de rembourser. C’est ce cercle vicieux  que la BCE cherche a éviter actuellement.

Les économies de marché ont beaucoup d’avantages. Mais elles ont un gros inconvénient : elles produisent beaucoup d’inégalités (cf le rapport d’Oxfam) et elles produisent de l’instabilité. Pour contrer ces effets négatifs, on a imaginé l’existence d’une structure extérieure au marché qui joue un rôle régulateur, c’est-à-dire qui redistribue les revenus pour compenser l’inégalité et qui stabilise l’économie puisqu’elle est endogènement instable. Mais à partir du moment où vous avez un budget réduit à 1,1 % du PIB, vous ne pouvez plus redistribuer dans la zone, et à partir du moment où vous avez un équilibre structurel des finances publiques vous ne pouvez plus stabiliser. On se trouve dans une construction économique bancale.

Les replis nationalistes existent partout. Aux USA, il a aussi des citoyens qui veulent reconquérir leur souveraineté nationale, en « poussant les mexicains dehors » par exemple. Leurs discours sont de même nature que ceux qu’on entend chez nous. Mais la construction européenne ne peut être démocratique et efficace – les deux choses sont liées – que si on redonne à la politique les possibilités d’agir sur le réel. Et sur les questions évoquées ici, on a été très largement privé d’agir sur le réel.

Blog146_DessinGrecRetour au cas de la Grèce

On a appliqué cette politique en Grèce. Quelles en sont les conséquences à l’heure actuelle ? Le PIB a baissé, le revenu moyen des Grecs a baissé, il y a 25 % de fonctionnaires en moins, et le taux d’endettement de la Grèce est plus fort qu’avant la crise. Entre temps, 60 % de la dette a été annulée, mais elle correspond désormais à 174 % du PIB ! Donc, cette politique d’austérité n’est pas efficace. Certains pensent que ceux qui ont péché et qui n’ont pas fait assez d’efforts, doivent maintenant expier. Mais les chiffres donnés sur les comparaisons zone euro / Union européenne, ou zone euro / Grande-Bretagne montrent tous que cette politique ne fonctionne pas.  La Grèce n’en sortira pas si des mesures nouvelles ne sont pas prises.

(A suivre)

Notes inspirées par la conférence, prises par Jacques Tonnelle

Petite leçon d’économie… (Partie 1 – la crise grecque)

28 janvier 2015

AfficheConfBeitone_A4coulQuelle politique économique en Europe ? Peut-on échapper à l’austérité ?

Tel était le titre de la conférence organisée par le Cercle Progressiste de Carnoux le 19 janvier. Alain Beitone, professeur de sciences économiques et sociales en classes préparatoires au lycée Thiers à Marseille s’est livré à une analyse historique des prémisses de la crise économique et de la crise de l’euro. Chacun pourra d’ailleurs apprécier la qualité pédagogique de ses productions en se rendant sur son site. Il y défend depuis des années une vision de l’enseignement des SES qui cherche à donner du sens à ces concepts parfois opaques parce que peu interrogés par les médias alors qu’ils devraient éclairer la lanterne du citoyen au lieu de contribuer à le noyer.

Alain Beitone à Carnoux le 19 janvier 2015

Alain Beitone à Carnoux le 19 janvier 2015

Un historique est nécessaire

Le 4 octobre 2009, la Droite a perdu les élections en Grèce : G. Papandréou arrive au pouvoir et dévoile que le déficit de la Grèce n’est pas de 6 % comme l’a prétendu son prédécesseur mais de 12 %. Cette déclaration, révélant des comptes grecs inexacts et dénués de transparence, provoque une nouvelle crise, qui fait suite à celle des subprimes, terrible crise financière de 2007-2008 dont l’Europe n’est toujours pas sortie à ce jour.

Dès lors trois questions se posent :

* Pourquoi y a-t-il eu cette deuxième crise ?

* Quelles sont les politiques qui ont été mises en œuvre face à cette deuxième crise ?

* Comment peut-on analyser ces politiques ?

Lorsque l’euro est mis en place, les responsables politiques, les économistes, les techniciens de la Commission européenne et les banques centrales savent très bien que les conditions pour qu’il y ait une monnaie unique dans cet espace ne sont pas réunies. Mais ils font le pari que le processus d’intégration des économies européennes va être amplifié par le passage à la monnaie unique. Ce passage devait entraîner un phénomène de convergence des économies. A l’époque, l’entrée de l’Espagne et du Portugal était critiquée, car on pointait leur éloignement de l’Europe. Une réelle convergence s’est pourtant réalisée. On a assisté à un rétrécissement de l’écart des niveaux de vie, des situations économiques et de différents indicateurs permettant d’évaluer les pays. Ceux-ci ne sont pas devenus égaux, mais les écarts mentionnés se sont réduits.

Pendant la conférence d'Alain Beitone

Pendant la conférence d’Alain Beitone

Les responsables politiques ont aussi fait le pari d’une intégration par le marché. Puisqu’on fait un seul marché en lieu et place de marchés séparés, l’hypothèse était que la mécanique du marché allait favoriser la convergence, à partir d’une l’idée simple (mais fausse) : le capital qui est abondant dans certains endroits va se diriger vers d’autres endroits où il est rare. Par exemple, le travail qualifié abondant à certains endroits ira là où il est rare. C’est une illustration du principe des vases communicants. Toujours dans cette hypothèse, les pays devraient aussi jouer sur leurs spécialisations. L’ensemble de ces facteurs devait accentuer le phénomène de convergence.

La divergence

Malheureusement, ce postulat est faux car un facteur a été sous-estimé – pourtant pris en compte par la théorie économique depuis longtemps – qui est un facteur lié à l’espace. Cet espace est hétérogène. Au lieu d’avoir un phénomène de convergence des économies, on a assisté à une concentration du capital et du travail qualifié là où ils existaient déjà. Par voie de conséquence, la situation des pays en recul, moins développés, s’est aggravée. On a finalement observé non pas le phénomène de convergence attendu, mais un phénomène de divergence des économies. C’est-à-dire que les écarts entre les situations économiques ont augmenté. Cette divergence est la cause fondamentale de la crise de la zone euro.

Crise de la zone euro et non crise de la dette

Il est préférable de ne pas parler de crise de la dette car lorsque la crise se déclenche, la Grèce est endettée certes, mais l’Espagne ne l’est pas et l’Italie a un excédent primaire de son budget (hors remboursement de la dette, le budget de l’Italie est excédentaire). On entend parfois dire que la crise tient au fait qu’il y a des pays laxistes, trop endettés et qui ont mal géré leurs finances publiques, etc. Cette explication est fausse, il suffit de regarder les données statistiques. On observe que le creusement des déficits est consécutif à la crise. Ce n’est pas la cause puisque ça se produit après !

Blog145_DessinVenus

De plus si on prend la zone euro globalement, on constate qu’elle était dans une situation macroéconomique bien meilleure que dans tous les pays du monde. En 2009, lorsque la crise grecque se déclenche, l’économie mondiale se contracte. Le commerce mondial baisse de 9 % en valeur absolue. A cette période, les États-Unis ont une dette publique plus forte que la zone euro. C’est aussi le cas du Japon qui, actuellement, a encore un endettement de 200 % de son PIB. Prétendre que la crise vient de la dette est inexact puisque des pays soumis à la même crise mondiale et qui sont plus endettés que la zone euro, ne subissent pas la même crise que la zone euro. D’un point de vue strictement logique, l’explication ne peut pas fonctionner. Si c’était la dette qui provoquait la crise, le Japon serait plus en crise que la zone euro, puisqu’il est deux fois plus endetté !

La convergence des débuts de l’euro

Au début du fonctionnement de la zone euro, on constate que le pari fait par les concepteurs du passage à l’euro fonctionne sur la convergence nominale, celle qui concerne les taux d’intérêt et les taux d’inflation (pour les économistes ce qui est nominal c’est ce qui a rapport aux prix et à la monnaie, et ce qui est réel c’est le chômage, la production,…) De fait la convergence nominale fonctionne jusqu’en 2009 malgré la divergence des économies. Pourquoi ?

Cela fonctionne pour deux raisons : il y a des zones, des pays, des territoires qui sont dans une situation économique déséquilibrée. La seule façon pour que ces territoires fonctionnent sans situation de crise, c’est qu’il y ait un système de redistribution des richesses. En effet, si la Corrèze ne devait vivre qu’avec la production de la Corrèze, elle ne pourrait pas vivre. Et si on avait une balance des paiements entre la Corrèze et le Val de Marne, on verrait que la balance des paiements de la Corrèze est absolument déficitaire. De même, le PIB par habitant va du simple au triple dans les états américains. Par exemple cette hétérogénéité est très marquée entre le Wyoming et le Texas.

Blog145_DessinAusteritéLa convergence nominale fonctionne jusqu’en 2009 parce que les services de la Commission européenne ont opéré un certain nombre de transferts au bénéfice des pays du sud, sous forme de fonds structurels (vers les pays du sud et aussi vers les pays de l’est). Mais cette aide est beaucoup moins généreuse qu’elle ne l’a été lors de l’intégration de l’Espagne et du Portugal. Après son entrée dans la zone euro, la Grèce a reçu des aides. On pouvant y voir le long des routes ou des aéroports de grands panneaux indiquant le montant du financement venant de la Commission européenne. Mais l’essentiel de l’argent n’est pas venu de l’UE. Des capitaux privés se sont déplacés du nord de la zone euro (là où il y avait beaucoup d’activité économique, de production, de capital, de main d’œuvre) vers le sud de la zone euro. Un facteur important de la crise espagnole est lié au fait qu’il y a eu une spéculation immobilière venue essentiellement des banques françaises et allemandes qui ont prêté aux banques espagnoles et aux promoteurs immobiliers lesquels ont lancé des chantiers. De plus ces banques ont aussi prêté aux acheteurs des immeubles construits.

La confiance n’est pas toujours au rendez-vous

Il y a donc eu à la fois des transferts publics (pas très importants, mais ils ont joué un rôle) et surtout des transferts privés. Pourquoi ces derniers ? Parce que les opérateurs sur les marchés financiers ont eu confiance dans la construction européenne. Ils ont considéré que finalement prêter en euros c’était bien, et peu importe à qui on prêtait ! Avant le passage à l’euro, quand on prêtait à la Grèce, ou à l’Espagne, il y avait un risque de change, le risque que ces pays dévaluent. Les prêteurs devaient estimer le risque de dévaluation avant de prêter. On a donc eu une convergence des taux d’intérêt, les taux d’inflation sont restés un peu différents, mais grosso modo, on a prêté en se disant que la solidarité européenne allait jouer

Blog145_DessinHercule

Mais la crise grecque de 2009 provoque une réaction notamment en Allemagne qui estime : « Puisque la Grèce est endettée, on ne veut plus les aider ! Ils n’ont qu’à vendre des îles, le Parthénon … » A partir de ce moment-là, ce qui se produit, c’est un phénomène classique de disparition de la confiance. Car la confiance est extrêmement volatile. Une maxime court à propos des marchés financiers : « Les marchés financiers ont une mémoire d’éléphant et ils sont courageux comme des lièvres ». Ils vous font payer ce que vous avez fait il y a 15 ans, et à la moindre alerte, ils détalent. Si on met les deux affirmations bout-à-bout, la situation devient explosive. Et à partir du moment où naît le moindre doute sur la crédibilité de la solidarité dans la zone euro, les prêts s’arrêtent immédiatement. C’est ce qu’on appelle le sudden stop : les crédits s’arrêtent brutalement.

Défaut de fonctionnement du crédit

Un crédit est accordé pour une durée donnée, et le remboursement s’enclenche jusqu’à épuisement de la dette. Puis le procédé recommence. Des flux continus d’apports en capitaux sont nécessaires pour que le niveau d’endettement soit constant ou s’accroisse. Le jour où on n’accorde pas de nouveau crédit, comme les débiteurs remboursaient avec les nouveaux crédits qu’on leur apportait, le système s’effondre. C’est exactement ce qui s’est produit.

Au pire moment de la crise, si la Grèce avait voulu emprunter sur les marchés internationaux, elle aurait emprunté à 29%. Comme elle ne pouvait pas s’endetter à ce niveau-là, il a fallu trouver une solution qui a été compliquée à mettre en œuvre

L’entrée de la Grèce dans la zone euro

Blog145_DessinGreceDans la zone euro l’inflation s’est alignée sur un taux moyen d’environ 2 %. C’était l’objectif de la BCE, le même que celui de la banque centrale des Etats-Unis. Mais entre les pays de la zone, les taux d’inflation ont été très différents. Les pays tels que l’Allemagne et la France ont mené des politiques de désinflation très tôt (ils avaient un taux d’inflation qui était autour de 2 %). Ce n’était pas le cas des pays du sud de la zone qui étaient partis de taux très élevés. Quand elle rentre dans la zone euro, la Grèce a un taux d’inflation qui est au dessus de la norme des taux d’inflation. Mais à l’époque les comptes ont été un peu maquillés. Ce fait a été rendu public. Mais Goldman Sachs, qui a modifié ces comptes à travers une opération connue de la Commission, a réalisé une opération appelée un « accord de swap ». Ils ont fait un prêt à la Grèce dans des conditions telles qu’elle pouvait baisser sa dette et en contrepartie la Grèce rembourserait plus tard. Schématiquement, ils ont échangé des « rentrées tout de suite » et des « sorties plus tard ». Mais de façon tout-à-fait connue des autorités européennes, car il y avait une volonté politique de faire entrer la Grèce dans la zone euro et donc les comptes de la Grèce ont « convergé ». Il se trouve que le traité de Maastricht précisait qu’il y avait, certes, des critères de convergence à respecter (les fameux 3 %, 60 % etc.) pour rentrer dans la zone euro. Mais il était aussi indiqué que la Commission apprécierait « en tendance » le respect des critères. C’est ce qu’ considéré la Commission pour la Grèce…

(A suivre)

Notes inspirées par la conférence, prises par Jacques Tonnelle

Le tour du Monde en 114 jours : 4ème escale

27 janvier 2015

Des nouvelles de nos deux globe-trotters depuis Rio de Janeiro au Brésil…

Dimanche 25 janvier, en mer

Le bateau a fait escale deux jours à Rio, ancienne capitale du Brésil mais surtout ville mythique avec son Carnaval et ses écoles de Samba…. D’innombrables films ont montré le métissage coloré de Rio et de ses habitants, les Cariocas.

L’arrivée sur Rio est magnifique : une baie immense et des plages de sable blanc encadrées de pitons rocheux qui surgissent comme des doigts dressés vers le ciel, les deux plus célèbres étant bien sûr le Pain de sucre (pao de azucar) et le Corcovado dominé par la majestueuse figure du Christ rédempteur les bras ouverts.

Vol au dessus de la baie de Rio...

Vol au dessus de la baie de Rio…

Une excursion au Pain de sucre tourne à la gabegie avec 14 bus bondés coincés dans les embouteillages et deux heures d’attente pour accéder au téléphérique ! Nous quittons la foule déchaînée et faisons un survol de la baie en hélicoptère : vues à couper le souffle et moment que nous n’oublierons pas.

Le palais impérial de Pierre II à Petropolis

Le palais impérial de Pierre II à Petropolis

Le lendemain excursion à Petropolis. A 60 km de Rio, dans la montagne, la route sinueuse traverse un paysage tropical splendide avec des écharpes de brume montant de vallées encaissées… La ville, très coquette, a été choisie comme capitale d’été par Pierre II, dernier empereur du Brésil au XIXe siècle. Dans une atmosphère fraîche et aérée nous y passons une journée agréable entre exposition d’orchidées, palais impérial, maison de Santos Dumont et cathédrale néo-gothique assez kitch ! Malgré mon insistance, impossible de voir la maison où Stephan Zweig a fini ses jours en février 1942 : « ce n’est pas au programme ! » Alors…

Annie Monville

Le tour du Monde en 114 jours : 3ème escale

24 janvier 2015

Nos deux globe-trotters poursuivent leur croisière autour du Monde et viennent de faire escale au Brésil, à Rio de Janeiro d’où ils nous envoient ces quelques lignes en écho à leur précédente escale.

Mercredi 21 janvier, Salvador de Bahia

Le 21, nous arrivons à San Salvador de Bahia (en réalité, São Salvador da Bahia de Todos os Santos, de son vrai nom…), la troisième plus grande ville du Brésil avec une population noire à 80 %.

La place du pilori et l'église Saint-François

La place du pilori et l’église Saint-François

Richesse des décorations dans l'église Saint-François

Richesse des décorations dans l’église Saint-François

Lors d’une excursion pas super nous découvrons cependant une ville haute datant du XVIIème siècle, avec des maisons de maître (Solar), des rues pavées, des places superbes et de multiples églises : il paraît qu’il y en a 172 !

Les peintures naïves ne sont que des plagiats de celles d’Haïti. A noter quand même l’église d’or (Saint-François) à la façade sobre mais dont l’intérieur ruisselle de sculptures sur bois doré, un peu comme si les artistes avaient eu à cœur de ne pas laisser un centimètre de bois nu.

Un orchestre de rue à Bahia

Un orchestre de rue à Bahia

La ville basse, plus récente, recèle le marché artisanal où l’on vend essentiellement des produits…..made in China, hélas !

Carnaval à bord !

Carnaval à bord !

Jeudi 22 janvier, en mer

On en profite pour fêter le Carnaval et les animateurs confectionnent des dizaines de costumes pour habiller tous ceux qui le veulent. Quelle gentillesse, ça m’a touchée !

Annie Monville

Le tour du Monde en 114 jours : deuxième escale

21 janvier 2015

Des nouvelles de nos deux globe-trotters dans leur périple autour du Monde. Après Barcelone, le passage au Maroc mais avec des ennuis de liaisons internet qui rendent les transmissions un peu aléatoire. Un tour du Monde, cela reste malgré tout l’Aventure…

Samedi 10 janvier, Casablanca

Des maisons blanches à toits plats dans des jardins fleuris même en janvier… Finalement, et c’est normal, ça me rappelle Carnoux !

Un centre ville très européen, de grandes avenues bordées d’arbres, la houle de l’Atlantique qui se fracasse sur de longues plages et, tout au bout, gagnée sur la mer, une esplanade sur laquelle se dresse la fameuse mosquée d’Hassan.

Mosquée de Casablanca

Mosquée de Casablanca

Nous n’éprouvons aucune émotion devant ce bâtiment énorme mais vide dont on nous détaille avec orgueil les dimensions et le coût. Je me demande ce qu’a coûté Notre-Dame de Paris ? Est-ce important ? Je crois que non….. Et puis, au lendemain de la tuerie de Charlie Hebdo, difficile de s’extasier sereinement sur cette beauté islamique !

Marché aux olives à Casablanca

Marché aux olives à Casablanca

Casa a une petite médina et nous apprécions ces venelles et ce marché aux olives tout parfumé avec ces pyramides de fruits noirs ou verts.

De retour au bateau pour 3 jours de mer et nous atteindrons le Cap Vert, patrie de Cesaria Evora.

Mardi 20 janvier, Iles du Cap Vert

Blog142_MindeloLe Cap vert ce sont 10 îles, dont 8 seulement sont habitées, posées en cercle en plein océan Atlantique, face à Dakar. Sao Tiago porte la capitale Praia. Nous avons fait escale dans une île du Nord, Sao Vicente et sa capitale Mindelo.

Une population principalement africaine, lusophone, très pauvre. Un peu d’agriculture de survie, peu ou pas d’eau : on dessale l’eau de mer. Et le sable du Sahara qui envahit les plages…. La végétation ? Des Acacias qui résistent comme ils peuvent, laminés par des vents violents…. En 2014, il y a eu UN jour de pluie…. Avec le changement climatique, je crains que ça ne fasse qu’empirer !

Une exploitation agricole au Cap Vert

Une exploitation agricole au Cap Vert

Cependant le tour de l’île nous a montré des paysages austères mais non sans beauté et grandeur. Les plages sont bien entendu désertes, les tortues marines viennent y pondre, paraît-il.

Lundi 19 janvier, Recife (Brésil)

Blog142_PlaqueIl y a deux ans nous avons séjourné plusieurs semaines à Recife. Nous connaissions donc la ville et nous sommes contentés de faire un sentimental Journey dans le vieux centre (rue du Bom Jésus, un joyau datant du XVIIème siècle, malheureusement sans entretien, trottoirs défoncés, immeubles en ruine et attaques par la moisissure noirâtre qui s’infiltre partout ).

Rue Bom Jesus à Recife : façades du XVIIème siècle

Rue Bom Jesus à Recife : façades du XVIIème siècle

La chaleur était accablante et les coups de soleil commencent à faire rougir les européens que nous sommes ! Nous avons donc retrouvé avec plaisir notre navire climatisé avec ses deux piscines ou l’eau doit maintenant frôler les 30 degrés.

En route pour Maceio que nous atteindrons le 20.

Annie Monville

Déficit public : l’Armée française veut mettre en gage ses avions…

18 janvier 2015

Nous vivons une époque fabuleuse où l’imagination débridée de nos dirigeants en matière d’inventivité financière ne connait pas de bornes. La Défense nationale a semble t-il un peu de mal à boucler son budget 2015 car elle attendait une rentrée d’argent qui tarde : une bagatelle de 2,3 milliards d’euros de recette exceptionnelle attendue de la vente aux enchères de sa bande de fréquence 700 MHz aux opérateurs de télécommunication. Eh oui, c’est la grande braderie nationale en ce moment, qu’on se le dise !

Jean-Yves Le Drian (photo AFP)

Jean-Yves Le Drian (photo AFP)

Du coup, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sans doute inspiré par le succès grandissant des crédits municipaux et autres Mont-de-Piété en ces temps de crise, a eu une idée géniale : il suffit de revendre une partie du matériel militaire à une « société de projet » à qui on versera ensuite un loyer pour l’utilisation de ce même matériel. Très astucieux et parfaitement dans la lignée de la doxa européenne car cela évite de s’endetter…

L’idée est encore à creuser et le ministère y travaillait d’arrache-pied en fin d’année quand le journal La Tribune a expliqué l’affaire. Car le tour de passe-passe n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît et plusieurs obstacles seraient à lever. Il faudrait d’abord changer la loi qui ne permet à l’État de revendre un bien meuble appartenant à son domaine privé que lorsque ce bien n’est plus utilisé, ce qui n’est évidemment pas le cas des équipements en question. Il faudrait aussi que l’Armée revende certaines de ses participations afin de pouvoir investir dans le capital de ces nouvelles « sociétés de projet », sauf à laisser ces dernières totalement privées, voire contrôlées par des puissances étrangères, ce qui pourrait faire désordre… Reste aussi à définir quel type de matériel est susceptible d’être concerné : on imagine que pour des véhicules engagés sur des théâtres d’opérations extérieures, il doit y avoir de la casse et que cela risque de faire grimper le prix de la location… Mais l’armée considère que le taux d’accident de sa flotte aérienne est très faible et que cela ne pose donc aucune difficulté.

Il faudrait bien entendu avoir un minimum d’assurances quant à la fiabilité des sociétés impliquées et quant à leur capacité à assurer une maintenance optimale. Il ne s’agirait pas qu’au moment de partir en guerre, la société de location réponde qu’ils n’ont malheureusement pas à disposition le matériel dont l’Armée aurait besoin : ce genre de situation s’est déjà vu chez certains loueurs de voitures…

Avion A400m de transport militaire, qui pourrait être concerné par ce montage financier

Avion A400m de transport militaire, qui pourrait être concerné par ce montage financier

Reste quand même à savoir en quoi ce montage financier original pourrait être bénéfique aux finances publiques. Quand on sait que l’État peut emprunter à un taux de 1,5 % pour acheter son propre matériel, on a un peu de mal à saisir l’intérêt d’un tel montage car on imagine bien que le coût de la location ne sera pas gratuit. Trois sénateurs ont planché sur le sujet et remis le 20 novembre 2014 un rapport détaillé intitulé « Défense : Équipement des forces ». Ils reconnaissent que les sociétés devront nécessairement facturer à l’Armée française non seulement les coûts de maintenance, mais aussi ses coûts de fonctionnement et ses frais financiers, sans compter ses frais de gestion, de conseil juridique, etc. On sait qu’en la matière, les financiers ne manquent pas d’imagination et de fait, ce coût est évalué autour de 10 %, ce qui représente une ardoise de l’ordre de 200 millions d’euros par an !

AfficheConfBeitone_A4coulPas sûr donc que l’opération soit bien judicieuse, mais elle est révélatrice de la cavalerie à laquelle on assiste pour tenter de convaincre à tout prix la Commission européenne que la France se désendette, quitte à alourdir encore davantage l’ardoise pour le contribuable… Un sujet d’actualité en tout cas à aborder lors de la conférence prévue demain soir sur Carnoux et qui sera justement consacrée à cette question du dogme de l’austérité budgétaire !

L. V. LutinVertPetit

Le PIB britannique dopé par la prostitution ?

13 janvier 2015

La question paraît saugrenue et on peut se demander si elle ne relève pas d’une certaine mauvaise foi : celle d’économistes français forcés d’admettre que pour l’année 2014, le produit intérieur brut du Royaume Uni, cet indicateur économique classiquement utilisé pour évaluer la richesse d’un pays, a surclassé celui de la France. De 98 milliards d’euros très exactement, selon les chiffres annoncés par la Commission européenne elle-même, et qui sont encore provisoires.

Dessin d'Ares, Cuba

Dessin d’Ares, Cuba

Or dans le même temps, on apprend que le mode de calcul de cet indicateur économique a évolué. Signe des temps, les Britanniques prennent désormais en compte, pour le calcul de leur richesse nationale, les chiffres du trafic de drogue et ceux de la prostitution. Ce qui a permis d’ajouter de l’ordre de 100 milliards d’euros au produit intérieur brut de la Grande-Bretagne, juste ce qu’il fallait pour dépasser la France d’une courte tête… On voit d’emblée toute la richesse du débat quant à la suprématie réelle ou supposée de nos deux économies nationales : la France surclassée par la perfide Albion grâce au coup de pouce du crime organisé et de l’industrie du sexe ! On frôle la ligne blanche et on en reviendrait presque en ces temps anciens où les deux nations n’hésitaient pas à recourir aux corsaires pour se tirer la bourre…

En fait, c’est le Figaro qui a tiré la sonnette d’alarme en déplorant dans son édition du 6 janvier 2015 que le Royaume-Uni se classait pour l’année 2014 au cinquième rang des pays les plus riches de la planète, alors que quelques jours auparavant, François Hollande prétendait encore dans ses vœux aux Français, être à la tête de la cinquième puissance économique mondiale. Le coup est rude et les bonnes affaires des prostituées britanniques ne sont manifestement pas les seules responsables de ce déclassement national.

Force est de constater qu’en 2014, la croissance outre-Manche a atteint 3 % et l’inflation 1,5 % alors que ces deux indices plafonnaient en France autour de 0,4 %, une misère qui n’a permis d’accroître la richesse nationale que de 20 milliards d’euros par rapport à l’année précédente. A cela s’ajoute une très nette réévaluation de la livre sterling, d’environ 5,4 % par rapport à l’euro, ce qui contribue également à revaloriser la richesse britannique.

Graphique paru dans le Figaro du 6 janvier 2015

Graphique paru dans le Figaro du 6 janvier 2015

Ceci dit, ce n’est pas la première fois que la France doit céder le pas face à la puissance économique britannique. Les historiens considèrent même que cette dernière était constamment en tête depuis le XVIIIe siècle jusque dans les années 1970. Depuis, les deux courbes se croisent régulièrement. Les années fastes avaient permis à l’économie française de prendre un peu d’avance, rattrapée jusqu’à la crise financière de 2008 par le Royaume-Uni qui a fortement augmenté sa richesse grâce à ses activités financières florissante. Le krach de 2008 avait permis à la France de repasser en tête mais les deux courbes viennent donc de se croiser de nouveau.

En réalité, la notion même de PIB pour évaluer la richesse d’une nation est très controversée et d’autres indicateurs sont testés afin d’établir une image plus juste des choses. Car le PIB ne prend pas en compte un grand nombre d’activités (artistiques, associatives ou domestiques notamment) pourtant importantes dans une société mais qui ne font pas l’objet de transactions financières. Inversement, sont comptabilisées comme contribuant à la richesse nationale les dépenses de publicité ou liées à certaines activités polluantes voire à des accidents dont on voit mal en quoi ils accroissent notre puissance. Comme le soulignait volontiers le regretté Bernard Maris, quand on fait tourner son moteur alors qu’on est coincé dans les embouteillages, on contribue à la richesse nationale en brûlant du gas-oil, mais si on a la mauvaise idée de marcher à pied, alors notre contribution au PIB et à la croissance économique est nulle…

Dessin Colanopa

Dessin Colanopa

N’oublions-pas non plus que ce n’est pas seulement la richesse globale du pays qui compte mais plutôt le montant par habitant. De ce point de vue, France et Grande-Bretagne disposent de populations comparables et leur richesse par habitant s’établit pour l’année 2014 autour de 44 000 $/hab., loin derrière le champion toutes catégorie qu’est le Luxembourg avec une richesse nationale estimée à 117 000 $/hab., ou la Norvège qui frôle les 100 000 $/hab.

Une chose est sûre, ce n’est pas le PIB seul qui détermine s’il fait bon vivre dans un pays. D’autres critères telles que le niveau de sécurité, le taux de chômage, les inégalités sociales, le cadre de vie ou la liberté d’expression jouent de ce point de vue un rôle majeur et il est peut-être temps de passer enfin à d’autres indicateurs pour comparer les puissances économiques entre elles !

L. V. LutinVert 

Après la tuerie de Charlie Hebdo, réactions et Réaction…

11 janvier 2015

Quelques jours seulement après l’attentat qui a lâchement décapité la rédaction du journal libertaire Charlie Hebdo, les réactions en France et à travers le monde sont unanimes pour condamner cet acte de barbarie dirigé contre la liberté de la presse et contre le droit à l’insolence toute voltairienne contre le pouvoir et les excès des religions, quelles qu’elles soient.

Rassemblement à Paris, Place de la république, dimanche 11 janvier 2015

Rassemblement à Paris, Place de la république, dimanche 11 janvier 2015

La marche qui a eu lieu cette après-midi même à Paris a rassemblé un nombre incalculable de personnes, dont de très nombreuses personnalités et même des chefs d’État venus du monde entier exprimer leur solidarité envers la France des Lumières attaquée pour son irrévérence et son esprit de controverse. C’est probablement le plus gros rassemblement à Paris depuis la Libération, ce qui en dit long sur l’ampleur du rejet que suscitent ceux qui sont entrés ce 7 janvier 2015 armés de kalachnikov dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo, d’autant que de nombreux autres cortèges ont eu lieu tout le week-end dans la plupart des grandes villes de France.

Blog139_PhCharlieEt pourtant, cette mobilisation populaire massive, ces réactions spontanées de soutien et d’adhésion de tous ceux qui proclament fièrement « je suis Charlie », tout ceci ne doit pas faire oublier que les choses ne sont malheureusement sans doute pas si simples… Plusieurs des chefs d’État qui ont défilé aujourd’hui aux côtés de François Hollande se mobilisaient certes contre le terrorisme islamisme mais sont bien loin de partager avec les fondateurs de Charlie Hebdo son combat pour la liberté d’expression…

Nombre de responsables politiques qui affirment aujourd’hui leur solidarité avec les journalistes et les caricaturistes assassinés, n’ont pas toujours exprimé le même soutien à leur égard. Rappelons-nous Laurent Fabius critiquant Charlie Hebdo depuis Le Caire et affirmant « je ne vois pas du tout l’utilité quelconque d’une provocation et même je la condamne d’une façon très nette », ou Jean-Marc Ayrault appelant à « l’esprit de responsabilité de chacun » et invitant « ceux qui se sentent heurtés dans leurs convictions » à déposer plainte. Souvenons-nous aussi de Jacques Chirac affirmant, après la fatwa lancée contre l’écrivain Salman Rushdie en 1989, « je n’ai aucune estime pour ceux qui utilisent les blasphèmes pour faire de l’argent, c’est misérable ». Avec de tels défenseurs, on conçoit que les héritiers de Voltaire, dans leur combat pour « écraser l’infâme », se sentaient un peu seuls et que l’esprit réactionnaire n’est jamais bien loin…

Ne parlons même pas de Jean-Marie Le Pen qui, non seulement ne se sent absolument pas concerné par ce qui vient d’arriver à Charlie Hebdo, mais a même profité des rassemblements de ce week-end pour annoncer sa prochaine candidature aux élections régionales… Mais n’oublions pas non plus les intellectuels qui n’ont pas tous la retenue et la finesse d’analyse d’un Boris Cyrulnik, neuropsychiatre de renom, qui décortique avec beaucoup de lucidité comment de jeunes Français se font manipuler pour devenir les instruments du terrorisme islamiste, alors que d’autres intellectuels au contraire déplorent que l’on puisse heurter les sensibilités en se moquant des excès de la religion. Qui d’entre eux a réagi face aux paroles interprétés par une dizaine de rappeurs appelant à « un autodafé contre ces chiens de Charlie Hebdo » ?

Blog139_DessinMahometLorsque Charlie Hebdo avait publié les fameuses caricatures de Mahomet, le Conseil français du culte musulman les avait qualifiées d’ « actes islamophobes qui visent à offenser délibérément les sentiments des musulmans ». Aujourd’hui de même, certaines réactions manquent pour le moins de chaleur et sont teintées d’ambiguïté. Ainsi, un communiqué de l’Union juive française pour la Paix n’hésite pas à affirmer que « Les actes de Charlie Hebdo, et les caricatures et les articles sont des actes, ont participé au développement de l’islamophobie en France ». Autrement dit, ces mécréants de journalistes n’auraient pas dû dessiner LE Prophète car c’était provocateur ? Donc de caricaturer chaque semaine Le Pen, a sans doute favorisé le FN ? Ou dessiner les SDF, a contribué à l’augmentation des sans abris ? C’est absurde.

Les journalistes de Charlie Hebdo ont été assassinés pour leurs idées. Celles-ci n’ont tué personne, eux non plus. Les religions qu’ils critiquaient ne peuvent, depuis quelques siècles, en dire de même. De plus, ils ne caricaturaient pas que les religions, mais aussi  les idéologies, le militarisme et la guerre, qui, comme ne le dit pas l’UJFP sont, avec l’intolérance religieuse les principaux moteurs des dominations et des discriminations. Ce communiqué rejoint hélas les propos tenus sur internet par certains islamistes (« ils l’avaient bien cherché ! ») ou de groupes d’extrême-droite, traditionnellement hostiles à Charlie Hebdo.

Blog139_DessinCabuIl ne suffit pas de dénoncer les dérives des autres. Il faut aussi être lucide sur ses propres dérives. Dans tous les mécontents de Charlie Hebdo du dessin ci-dessus, où se trouve l’UJFP ?

L.V. & J. B.

Le tour du Monde en 114 jours – 1ère escale

10 janvier 2015

C’est une grande première pour les croisières Costa qui lancent une série de trois tours du Monde à partir de Marseille. La première de ces croisières se déroule à bord du Costa Deliziosa qui vient de lever l’ancre le 7 janvier 2015 pour un tour du Monde en 114 jours et 38 escales via l’hémisphère sud, en doublant le cap Horn et celui de Bonne-Espérance.

Titre de La Provence du 7 janvier 2015

Titre de La Provence du 7 janvier 2015

Comme l’explique La Provence dans son édition de ce même jour, une autre croisière suivra, en septembre prochain, toujours au départ de Marseille mais à bord du Costa Luminosa, qui traversera cette fois le canal de Panama et celui de Suez pour boucler son tour du Monde en 98 jours, via notamment la côte ouest des États-Unis et le Sud-est asiatique. Quant au troisième périple proposé, il faudra attendre janvier 2016 et son trajet suivra les tropiques pour revenir à son point de départ en 108 jours.

Annie Monville et Robert San Nicolas, nos deux globe-trotters

Annie Monville et Robert San Nicolas, nos deux globe-trotters

De fabuleux voyages donc en perspective pour les amateurs de croisières au long cours ! Coup de chance pour nos lecteurs assidus : deux globe-trotters intrépides sont montés à bord du Costa Deliziosa et ont promis de nous faire parvenir leurs impressions de voyage à chacune des 38 escales qu’ils vont découvrir jusqu’au 30 avril prochain.

Alors, prêts pour le grand départ ? C’est parti pour 4 mois de croisière autour du globe, avec une première escale à Barcelone…

Blog138_PhDepartMercredi 7 janvier 2015, Marseille

Vite, vite ! Tel est le leitmotiv du premier jour : vite, aller changer l’heure du repas (18h30, c’est beaucoup trop tôt, mais 20h30, n’est-ce pas un peu tard ?).

Vite, aller réserver les excursions pour les prochaines escales. Vite, vider sa valise pour prendre possession de cet espace qui sera votre durant 114 jours.

Vite aller voir les piscines…. Nous en avons découvert deux, dont une couverte mais peut être n’avons-nous pas encore tout vu ?

Le bateau est complet : 2826 passagers, français, italiens et allemands forment les groupes les plus nombreux ; tout cela s’agite, cherche ses marques et déchiffre avec peine le plan lilliputien qui a été donné et qui, durant des jours, ne quittera pas ma poche !

Marseille, en cet après-midi d’hiver, déroule devant nous un paysage magique, la Bonne Mère bien sur, les collines blanches dénudées, et la mer qui scintille d’un bleu inouï…

Annie Monville

La Sagrada Familial à Barcelone

La Sagrada Familial à Barcelone

Jeudi 8 janvier 2015, Barcelone

Difficile d’être joyeux dans cette ville magnifique avec tous les médias qui ne parlent que de l’attentat contre Charlie Hebdo…. Un point positif, face à tant de haine : l’Europe et les USA qui sont dernière nous et Angela Merkel qui déclare : aujourd hui nous sommes tous parisiens et français ?

La Sagrada Familial (plus d’une heure de queue pour y entrer !) est empaquetée dans ses échafaudages mais belle avec une lumière magnifique et un petit vent frisquet.

Annie Monville

La suite à la prochaine escale…

Balles tragiques à Charlie Hebdo – 12 morts…

8 janvier 2015
© Dessin François Schmidt (France 3 Champagne-Ardenne)

© Dessin François Schmidt (France 3 Champagne-Ardenne)

Tout a été dit depuis cet instant de folie, mercredi 7 janvier 2015, où deux tireurs encagoulés ont surgi dans la salle de rédaction du journal satirique Charlie Hebdo, hurlant Allahou Akbar et tirant à la kalachnikov sur les journalistes rassemblés autour de la table, avant de s’enfuir et de tirer à plusieurs reprises sur des policiers arrivés à la rescousse. Le bilan est terrible : 12 morts et 11 blessés, dont quatre grièvement. Rarement un attentat aura autant frappé les esprits. Alors que la traque des agresseurs se poursuit, toute la France crie sa stupeur et son horreur devant un tel geste.

Charb, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo (photo AFP Fred Dufour)

Charb, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo (photo AFP Fred Dufour)

Il faut dire que Charlie Hebdo fait partie de ces symboles de l’impertinence, qui souvent agace ou dérange, mais toujours rappelle que parmi les droits de l’homme, la liberté d’expression est sans doute un des plus sacrés, un des piliers de la démocratie. Ce n’est pas la première fois que ce droit à l’expression libre lui est dénié. Le fameux titre impertinent qui avait fait la une de Hara-Kiri au lendemain de la mort de Charles de Gaulle lui avait déjà valu de disparaître avant de renaître sous ce nouveau nom de Charlie Hebdo. Relancé en 1992, l’équipe initiale qui comprend notamment des figures telles que Cavanna, Delfeil de Ton, Siné, Cabu, Wolinski ou Siné, est rejointe par de nouvelles recrues dont Charb, Tignous, Luz, Philippe Val ou Bernard Maris. Plutôt marqué à gauche, l’hebdomadaire est finalement assez éclectique et se caractérise surtout par son rejet de tout extrémisme et son esprit libertaire. Pourfendeur du Front National ou du judaïsme comme de l’islamisme, ces satires tous azimuts lui avaient déjà valu de subir un incendie criminel de ses locaux en novembre 2011 suite à la publication de caricatures de Mahomet.Blog137_CouvCharlie

C’est donc bien un marqueur de la liberté d’expression qui a été visé par cet odieux attentat unanimement condamné et partout commenté. Kalachnikov contre crayons de caricaturiste : chacun perçoit bien à quel point ce type d’attentat nous rapproche de la barbarie. D’autant qu’au delà du journal lui-même, les hommes qui sont tombés sous les balles lors de ce carnage abominable, sont de grandes figures de la presse, véritables légendes vivantes du dessin d’humour et de la caricature. Wolinski, bien sûr, le doyen de l’équipe qui, à 80 ans passés, avait dessiné à l’Humanité comme à Paris-Match et qui avait à son actif un nombre impressionnant de dessins de presse comme d’albums de bande dessinée. Cabu aussi, le célèbre créateur du Grand Duduche et de la France des Beaufs, qui restera une référence pour toute une génération… Tignous également, Daniel Verlhac de son vrai nom, dont les dessins dans Marianne notamment ont été plusieurs fois repris sur ce même blog. Et encore Charb, directeur de la rédaction, qui a su éveiller l’esprit de nombreux enfants par ses dessins qui illustrent jour après jour et depuis des années Mon quotidien.

Bernard Maris

Bernard Maris

N’oublions pas non plus Bernard Maris, l’économiste « Oncle Bernard » qui se trouvait aussi autour de la table sanglante en ce funeste jour. Connu en particulier pour ses chroniques sur France Inter et ses nombreux ouvrages de vulgarisation dont « Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles » ou « La Bourse ou la vie », cet altermondialiste convaincu, nommé en 2011 membre du conseil général de la Banque de France, avait un véritable talent pour expliquer de manière pédagogique les ressorts de l’économie mondialisée. Sa disparition laissera un grand vide car peu de chroniqueurs étaient comme lui capables d’expliquer au citoyen lambda ce qui se cache derrière les discours dominants de l’économie néolibérale.

Décidément un bien triste jour que ce 7 janvier 2015, même si l’on ne peut que se réjouir de voir à quel point ce lâche attentat a su mobiliser des millions de Français réunis dans cette volonté commune de faire front contre la bêtise et l’obscurantisme…

L. V. LutinVertPetit

NB : le titre de cet article a été emprunté à d’autres, dont Ouest-France

Blog collectif du CPC : une fréquentation 2014 en hausse !

5 janvier 2015

Lancé en janvier 2009, le blog collectif du Cercle Progressiste Carnussien, celui-là même que vous êtes en train de parcourir, a fait son chemin et est toujours aussi actif ! Six ans après sa création, ce sont au total pas moins de 775 articles qui ont été rédigés et mis en ligne sur ce blog, un tous les trois jours en moyenne, ce qui atteste de sa vitalité.

Ce blog permet désormais de diffuser les comptes-rendus des réunions mensuelles du groupe de lecture Katulu ?, toujours riches en coups de cœur et en découvertes d’auteurs. Il permet aussi depuis cette année de retrouver et de télécharger tous les journaux du Cercle Progressiste Carnussien : 29 numéros déjà parus depuis la création de l’association en 2001, désormais édités à 3 000 exemplaires et diffusés dans toutes les boîtes aux lettres de Carnoux. Les conférences, régulièrement organisées par le CPC sont également rappelées sur ce blog dans la rubrique qui leur est dédiée et des compte-rendus y sont régulièrement mis en ligne.

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Un bien bel outil donc pour communiquer sur les activités de l’association et sur nos réactions face à l’actualité. Alimenté par tous les membres du CPC qui le souhaitent, il s’agit bien d’un outil d’expression collectif qui reflète des points de vue et des sujets d’intérêt divers, avec pas moins de 17 auteurs répertoriés à ce jour !

Dès sa première année d’existence, ce blog a connu un beau succès de fréquentation stabilisé autour de 15 000 visites par an depuis 2011. A la fin de l’année 2014, les statistiques de fréquentation gérés par WordPress qui héberge notre blog dénombraient ainsi 76 918 visites depuis la création du blog. En 2014, cette fréquentation a été particulièrement élevée puisqu’elle a atteint 23 000 visites dans l’année, ce qui représente en moyenne 65 visites chaque jour et environ 2 000 chaque mois.

Blog135_PhMondeCurieusement, l’article qui a eu le plus de succès en 2014, avec plus d’un millier de consultations dans l’année, avait trait à la campagne électorale des municipales à Carnoux. Ceci confirme d’une part que notre public est d’abord celui des habitants de la commune (même si les visiteurs du blog proviennent de 86 pays différents selon les statistiques de WordPress !) et d’autre part que nos concitoyens restent, quoi qu’en pensent certains, très largement intéressés par la gestion des affaires publiques en général et de leur commune en particulier. Il n’est d’ailleurs pas anodin que le jour où le blog a connu son maximum de consultation en 2014 était le 23 mars, date du premier tour des élections municipales !

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Mais le blog du CPC ne traite pas que de sujets politiques, loin s’en faut, et les statistiques de fréquentation du site montrent que les articles les plus lus touchent finalement à des sujets très variés : les tigres du platane, les sinistres sécheresse, les pétitions contre l’excision, la distribution de l’eau à Marseille ou les rejets des boues rouges de Gardanne, pour ne citer que les quelques articles les plus consultés à ce jour.

Ce blog est un outil vivant et un moyen d’expression et d’échanges : n’hésitez-pas à le parcourir et à nous faire part de vos commentaires !

L. V.  LutinVert 

Une palme pour les sauveurs de palmiers

3 janvier 2015

Nous l’avions déjà évoqué sur ce blog, les palmiers de la région, qui font le bonheur de nombreux jardiniers et assurent la renommée de plusieurs villes côtières dont Hyères-Les Palmiers, sont depuis quelques années soumis à rude épreuve. Deux insectes sont la cause principale de ces attaques.

Le sphynx des palmiers, Paysandia archon (photo Michèle Carré)

Le sphynx des palmiers, Paysandia archon (photo Michèle Carré)

Le premier, un papillon géant (9 à 11 cm d’envergure), est originaire d’Amérique du Sud, et répond au joli nom de Paysandia archon, dit aussi sphynx des palmiers. Sa larve, une grosse chenille blanchâtre de 8 à 10 cm de long, se nourrit des tiges du palmier dans lequel elle creuse des galeries avant de se transformer en nymphe en s’enrobant dans un cocon bien caractéristique, hérissé de débris de fibres. L’animal se transforme ensuite en un magnifique papillon qu’on voir voleter autour des palmiers, entre juin et septembre surtout pendant la pause méridienne, au plus chaud de la journée. Introduit en France depuis le milieu des années 1990, en provenance d’Argentine, il est désormais présent dans toute la région PACA où il cause de gros dégâts à la plupart des espèces de palmiers.

Larve et adulte femelle de charançon rouge des palmiers

Larve et adulte femelle de charançon rouge des palmiers

Le second prédateur, arrivé dans le sud-est de la France en 2006, est le fameux charançon rouge des palmiers, Rhynchophorus ferrugineus, un coléoptère originaire d’Indonésie et qui s’est propagé progressivement en Europe via le Moyen-Orient. Très présent dans le Var, il cause des dégâts encore plus importants que le précédent et les palmiers attaqués meurent en l’espace de 2 à 5 ans par pourrissement complet du stipe, d’autant que les premiers symptômes n’apparaissent que bien après le début de l’infestation.

Face à ces fléaux redoutables, des procédés de lutte biologique ont été testés. Le premier utilise des vers microscopiques, des nématodes, qui tuent par septicémie les larves de l’un comme l’autre de ces ravageurs, mais ne survivent pas à la mort de leur hôte. Le second procédé consiste à épandre des spores d’un champignon pathogène, Beauveria bassiana, qui  tue également les deux types d’insectes, mais doit être lui aussi renouvelé fréquemment et son efficacité semble limitée…

Face à cette menace, s’était créée en 2007 l’Association française des professionnels du palmier, pour tenter de trouver des parades en lorgnant du côté de puissants insecticides utilisés en horticulture dans d’autres pays mais interdits en France. A l’initiative des services de l’État, des comités de pilotage se sont mis en place dans le Var et les Alpes-Maritimes, pour tenter de coordonner cette lutte contre les ravageurs des palmiers. Mais l’association a jeté l’éponge et s’est auto-dissoute en novembre 2013, déplorant que demain, Hyères-Les Palmiers ne doive être rebaptisée « Hier-Les Pamiers »…

Heureusement, tout le monde ne s’est pas découragé pour autant. Une autre association, les fous de palmiers (dont le siège est à Hyères), se démène ainsi pour tenter d’autres approches, plus artisanales mais apparemment efficaces. La Provence relatait ainsi il y a quelques jours une belle démonstration à Carry-le-Rouet d’un de ses membres, Antoine De Tata, qui s’est inspiré des expériences d’un chercheur de l’INRA, Michel Ferry, pour mettre au point un système de lutte sans produit phytosanitaire.

Démonstration de traitement à l’eau sous pression (photo S. Guéroult)

Démonstration de traitement à l’eau sous pression (photo S. Guéroult)

La méthode est simple : il s’agit d’abord d’éliminer les premières palmes qui ont été attaquées, puis d’araser les pétioles le plus près possible du stipe (le tronc) afin de mettre au jour les galeries faites par les larves du charançon rouge ou du papillon. En même temps, on en profite pour retirer tous les cocons. Ensuite, on nettoie entre les insertions des pétioles pour chasser le chanvre à l’aide d’un grattoir. Puis on envoie de l’eau avec un appareil à haute pression (sans toutefois dépasser 100 bars) en utilisant un embout le plus large possible en caoutchouc et orientable. Ceci permet d’extraire les larves et les œufs de l’intérieur des galeries, en veillant soigneusement à ne pas créer de lésion.

Phoenix canariensis, le dattier des Canaries

Phoenix canariensis, le dattier des Canaries

D’après Antoine De Tata, le procédé est efficace à condition que le palmier ne soit pas infecté à plus de 40 %. Il conseille néanmoins de terminer l’opération en pulvérisant un fongicide à large spectre car, selon lui, « les charançons sont attirés par la sève qu’ils sentent à 5 ou 7 km à la faveur des coupes de palmes ». Voilà en tout cas un espoir pour des milliers d’amoureux de palmiers désespérés à l’idée de voir dépérir leurs chers Phoenix dactylofera et autres Livinstonia chinensis

L. V. LutinVertPetit

Rétrospective 2014 : mieux vaut en rire…

1 janvier 2015

Petite rétrospective subjective de quelques faits marquants de l’année 2014, illustrés par des dessinateurs imaginatifs et talentueux…

Janvier

Mc Donald’s soupçonné d’évasion fiscale à hauteur de 2,2 milliards d’euros (signé Deligne)

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Février

Pendant les jeux olympiques d’hiver à Sotchi, la manif pour tous et les reculades du gouvernement… (signé Chimulus)

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Mars

De nombreuses listes sans étiquette lors des élections municipales (signé Tartrais)

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Avril

Silvio Berlusconi condamné à des travaux d’intérêt général dans une maison de retraite (signé Tom)

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Mai

Démission de Jean-François Copé suite à l’affaire Bygmalion qui met en cause la gestion du financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2012 (signé Frep)

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Juin

Le chef indien Raoni profite de la coupe du monde de football au Brésil pour alerter sur les menaces qui pèsent sur la forêt amazonienne (signé Mutio)

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Juillet

L’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy mis en examen (signé Placide)

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Août

Manuel Valls prépare les Français à une rentrée qui s’annonce difficile (signé Chrib)

 

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Septembre

Sarkozy de retour en politique, candidat à la présidence de l’UMP, malgré (ou à cause de) ses nombreux déboires judiciaires (signé Tignous)

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Octobre

Mort d’un militant écologiste de 21 ans, Rémi Fraisse, lors d’une manifestation contre le barrage de Sivens dans le département de Tarn-et-Garonne (signé Samson)

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Novembre

La psychose des clowns maléfiques et la guerre sans merci entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé (signé Gros)

Blog132_DessinNovMarianne

Décembre

Les feux de cheminée bientôt interdits à Paris pour cause de pollution (signé Deligne)

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Nous souhaitons à tous nos lecteurs une excellente année 2015, riche en espoirs ! Merci de votre assiduité dans la lecture de notre blog collectif, en espérant que sa lecture vous apporte beaucoup de plaisir, qu’il aiguise votre ouverture d’esprit et renforce votre esprit critique de citoyen ! Meilleurs voeux de la part de toute l’équipe de rédaction !