Archive for mars 2012

UN VOTE POUR LA DEFENSE DES SERVICES PUBLICS.

29 mars 2012

Aujourd’hui, les services publics doivent faire face à de nombreuses menaces : ou ils se transforment ou ils disparaissent. Les arguments avancés sont soit idéologiques : le libéralisme veut mettre l’entreprise privée au centre de l’économie et des services, soit budgétaires : l’Etat est supposé coûter cher.

Engagée en 2007, dès l’élection de N. Sarkozy, la réforme RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) a institué la règle du « un sur deux » consistant à ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite avec trois finalités affichées : améliorer la qualité du service rendu aux usagers, moderniser la fonction publique et réduire les dépenses publiques.

Quel bilan après 5 années ?

117440 postes de fonctionnaires supprimés dont 54540 dans l’Education Nationale
Compression des services de l’Etat notamment avec la fusion ANPE/ASSEDIC dans Pôle-Emploi

Suppressions de maternités, de tribunaux, de commissariats, de gendarmeries, de bureaux de poste, de caisses d’allocations familiales

Aujourd’hui, avec la fermeture de lits d’hôpitaux et de classes, la pénurie de services publics saute aux yeux de tous.

De plus, la RGPP n’a pas produit les économies escomptées. Par exemple, la diminution des effectifs de Pôle Emploi ne permettant pas de faire face à la hausse du nombre de demandeurs d’emploi, l’Etat doit avoir recours à des opérateurs privés de placement, beaucoup plus onéreux.

De plus en plus d’investissements publics (hôpitaux, stades, prisons) sont confiés à des groupes privés par le biais de la procédure PPP (partenariat public privé) en échange de loyers versés aux constructeurs occasionnant un surcoût financier important. Selon la Chambre régionale des comptes, le nouveau centre hospitalier d’Ile de France construit par BTP Eiffage coûtera 500 millions d’euros de plus que s’il avait été réalisé par le public.

Pour nous, la politique menée depuis 2007 est un échec total, entraînant à la fois la casse du service public et un surcoût scandaleux pour les usagers.

Pour nous, la valeur d’intérêt général, de solidarité, de justice sociale prime sur la volonté de tout réduire à une dimension économique. Par exemple, un service de santé assuré par un hôpital public ne peut s’apparenter à la vente d’un produit quelconque. En fait, le constat est fait que le démantèlement des services publics entraîne une augmentation des inégalités sociales. Les services publics existent pour répondre à des besoins que le marché ne peut satisfaire à lui tout seul. Ils doivent assurer les besoins des populations et l’intérêt général. Ils doivent être préservés de toute soumission à des intérêts privés, comme aux marchés financiers.

La politique de l’Europe libérale consistant à mettre en concurrence libre et non faussée les services publics et la politique de droite de notre Gouvernement prônant la privatisation de ces services se sont conjuguées pour en arriver à ce constat désastreux pour notre pays.

En examinant les propositions des divers candidats à  la Présidentielle en matière de services publics, il faut convenir que seules les propositions de gauche correspondent aux préoccupations de notre Cercle et vont dans le sens du progressisme, de la solidarité et de la justice sociale.

François Hollande veut préserver le statut public des entreprises détenues majoritairement par l’Etat (EDF, SNCF, La Poste). Jean-Luc Mélenchon, lui, va plus loin en proposant la nationalisation du secteur de l’énergie, pôle 100 % public comprenant EDF, GDF, AREVA, TOTAL. Jean-Luc Mélenchon propose également un référendum pour régler la question du nucléaire.

François Hollande met la priorité sur la réduction des déficits publics, laissant ainsi planer le doute sur le futur développement des services publics, alors que Jean-Luc Mélenchon met la priorité sur la croissance et la relance de l’activité économique, seules capables d’engendrer le redressement des finances publiques.

Andrée Alziary

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Sécurité : comment faire société ?

26 mars 2012

Avertissement au lecteur : La sécurité est un sujet « chaud », qui déclenche régulièrement des controverses mettant aux prises le pouvoir en place (décisions marquées par la fermeté) et des déclarations critiques qui ne sont pas toujours audibles si elles font appel à l’intelligence et non à la réaction instinctive (leur exposition publique doit passer par le canal médiatique). Nous vivons dans une société où l’on valorise davantage l’émotion que la réflexion. Le cheminement général de notre société part du spectacle de la vie, parce que les médias aiment ce qui est spectaculaire. Nous réagissons par émotion ce qui est, certes, une preuve d’humanité ! Mais il faut apprendre à vivre dans ce choc perpétuel d’images pour ne pas se laisser envahir par elles et pour ne pas réagir de manière extrêmement primaire.
 Il est nécessaire de prendre de la distance face aux événements. Les lignes qui suivent ont été écrites avant les récents événements de Toulouse et Montauban. La contribution sur ce thème de la sécurité propose une analyse plus large, parce que l’actualité immédiate est toujours dramatisée, d’autant plus qu’elle l’est, dramatique !
 La sécurité est thème racoleur par nature, disponible pour une exploitation politicienne. Ce thème est producteur d’effets d’annonce (pour répondre à l’événement), mais donne lieu à une démultiplication des lois circonstancielles (proposées dans la précipitation, et en l’occurrence en vue de l’échéance du 22 avril 2012).
 Dans cette perspective, on ne peut prévoir les rebondissements de cette affaire et ses conséquences sur la campagne. S’il est  trop tôt pour tirer toutes les leçons de ces événements tragiques, il est urgent, dès maintenant, de chercher à comprendre, à apprendre y compris de l’inhumanité de l’homme. La réponse à apporter n’est pas seulement policière.
 Il n’est donc pas question de mettre la démocratie en sommeil, et avec elle l’intelligence. Les critiques constructives sont plus que jamais nécessaires. Les propositions de campagne seront-elles à la hauteur de cette exigence ?

La sécurité est une notion qui se décline : elle peut être sanitaire, sociale, routière, informatique, etc.  Des acteurs (publics ou privés) ou des institutions spécialisés la mettent en œuvre et cherchent à l’assurer dans des secteurs spécifiques. Usuellement, lorsqu’elle n’est pas qualifiée, elle désigne plus précisément la sécurité publique, l’intégrité des biens et des personnes. La politique sécuritaire devient ainsi tout naturellement un enjeu important, un objet de débats et de controverses dans la campagne électorale. L’exemple de la lutte contre l’immigration irrégulière montre que des dérives d’instrumentalisation sont toujours possibles au profit d’intérêts bassement politiciens.

La sécurité est un droit fondamental au même titre que la santé ou l’éducation. Ce droit doit être pensé adéquatement partout et pour tous. Il n’y a pas de droit de l’homme sans sécurité ni de sécurité sans respect des droits de l’homme. Le combat pour le rétablissement de la sécurité, partout où elle est menacée, doit reposer sur les principes républicains qui font à la fois sa légitimité et son efficacité : elle se trouve au cœur du contrat social qui lie les citoyens et leurs gouvernants  au sein de la République. Elle est mise en place par la Loi, la Justice et les forces de sécurité.

Le besoin de sécurité surgit plus nettement en cas d’insécurité (réelle, ressentie ou fantasmée). Mais les faits divers violents sont rapportés et commentés à travers des canaux qui dramatisent à souhait ces événements. S’y greffent alors la mise en spectacle médiatique et l’exploitation politique. La question de la lutte contre la violence et l’insécurité envahit ainsi les esprits avec la rasade quotidienne de faits divers où prédominent l’émotion et la défense des victimes (que nous pourrions tous devenir). Face aux engagements de certains des candidats à la présidentielle appuyés sur des chiffres dument sélectionnés par des techniciens souvent à leur solde, il faut une vraie vigilance pour décrypter les intentions derrière les propositions. Celles-ci sont souvent formulées sur la base soit du rejet de l’étranger et de sa culture (quand ce n’est pas de sa civilisation), soit des jeunes (habitant banlieues ou « quartiers sensibles »).

Considérons par exemple les faits divers de délinquance des jeunes. Ils occupent une place croissante dans l’actualité médiatique et sont présentés parfois comme les manifestations d’une sorte de « nouvelle barbarie ». Cette lecture amalgame, de façon absurde, les délinquances les plus bénignes et celles qui sont les plus graves. Sait-on par exemple  que le vol d’un rétroviseur et un cambriolage sont tous deux des délits, comptabilisés comme tels ? Et l’on mesure les conséquences possibles de cet amalgame. L’augmentation des vols avec violence et les coups et blessures volontaires ne s’explique-t-elle pas d’abord par une révolte contre les institutions qui socialisent moins qu’avant les jeunes. On voit aussi apparaître des prétendus « spécialistes » prompts à réactiver la vieille peur du complot de l’« ennemi intérieur ». Par honnêteté il faudrait pouvoir retracer l’histoire de la délinquance juvénile depuis les années cinquante, resituant ainsi ce problème de société dans une perspective économique, sociale et politique. On mettrait alors à distance la crispation récurrente sur de simples recettes policières. Et dénoncer aussi cette désastreuse politique du chiffre qui s’impose à la police, au détriment de la lutte contre la grande délinquance ?

Il faut considérer sérieusement l’insécurité : en dénicher l’origine réelle, et réfuter tout recours à la politique du bouc émissaire. Le sentiment d’insécurité par exemple, savamment entretenu, mène à l’angoisse et la peur. L’histoire a montré qu’on risque alors bien des déboires politiques. Même si le sentiment d’insécurité n’est pas un pur fantasme, on ne peut se borner à inverser le discours sécuritaire dominant. Il faut de la prudence face à l’utilisation précipitée de statistiques contradictoires. Il faut se méfier des effets du discours médiatique et des avis trop assurés d’experts autoproclamés et à la légitimité scientifique douteuse. Le débat sur cette question est passablement perverti par les présupposés idéologiques de certains et les intérêts économiques ou corporatistes d’autres, marchands de sécurité ou professionnels du maintien de l’ordre. Il faut aussi s’attaquer aux discours politiques savamment construit de ces  « experts » dans les champs de l’insécurité, de la violence et de la délinquance. Car le thème de la sécurité est porteur.

Mais la peur n’est jamais bonne conseillère. Ainsi, lorsqu’un candidat fait une campagne sécuritaire, c’est probablement de l’enfumage, tant les autres thèmes  sont faiblement traités. Il ne faut pas nier l’existence des problèmes, ni les dimensions de cette délinquance ? Doit-on pour autant se fier aux chiffres du ministère de l’Intérieur ? Différentes lectures sont objectivement possibles.

Il faut donc se méfier des manipulations. S’en désoler ne suffit pas : ce serait anéantir la volonté de faire société.

JT

La santé et les présidentielles.

23 mars 2012

Bilan

S’il est un domaine dans lequel il n’y a pas eu d’avancées satisfaisantes pour les français en général depuis les dix dernières années, c’est bien dans le domaine de la santé. Sous cette dénomination de prise en charge de la santé des français, on englobe à la fois les lois qui ont régi la médecine de proximité, la médecine curative et préventive, la sécurité sociale, les médicaments et l’industrie pharmaceutique, l’organisation et l’évolution de l’hôpital public et privé, la formation des personnels de santé, et la recherche en biomédecine.

Nous avions un système de santé que le monde entier nous enviait, mais compte tenu d’un accroissement des besoins, de la pénurie de personnels de santé, de la nécessaire modernisation des techniques médicales, du prix des médicaments, du déficit récurrent de la sécurité sociale, le système de santé se devait d’être réformé. La réforme n’était pas facile et les intérêts des acteurs et des patients loin d’être convergents. Malheureusement le seul critère retenu par nos dirigeants pour faire évoluer le système de santé a été la rentabilité.

Sans préparation politique, sans consultation des intéressés la réforme Bachelot a aggravé plus qu’elle n’a aidé à gérer la crise des déficits sociaux, de la médecine en générale. La tarification à l’activité ou T2A ne pouvait pousser qu’à développer des actes jugés rentables  d’où leur inflation. Ce mode de financement identique par l’état, entre le secteur public et le secteur privé ne peut qu’aboutir au démantèlement de l’hôpital public. En effet les missions des deux secteurs ne sont pas les mêmes : le public doit assurer la permanence des soins, ce n’est pas le cas du privé. Le privé développe les traitements de maladies bien prises en charge alors que l’hôpital public doit assurer les soins de toutes les pathologies. Parmi celles-ci les maladies orphelines, qui nécessitent parfois des équipements lourds, auront du mal à être rentables, avec des critères strictement financiers. Ainsi pendant que l’hôpital public face à un déficit important n’a trouvé de solutions qu’en supprimant des emplois, la Générale de Santé qui possède de nombreuses cliniques privées dégagent de grands profits redistribués à ses actionnaires comme toute entreprise privée. Mais les 4/5 des opérations de la cataracte et les 3/4 des interventions des hanches sont faites dans le privé : ce sont des opérations bien standardisées que l’on peut prévoir de longue date, avec un planning des intervenants bien différentes des interventions d’urgence.

A ce profond bouleversement dans l’organisation de la médecine, il faut ajouter la main mise directement du ministère sur la nomination par le conseil des ministres des responsables des Agences Régionales de Santé qui nomment les directeurs des hôpitaux publics qui sont désormais des administrateurs et ne sont plus des médecins. C’est l’hôpital-entreprise sous l’œil de Paris.

On peut tous témoigner du déremboursement des médicaments ou de l’augmentation du forfait journalier à l’hôpital, pour réduire le déficit de la Sécurité Sociale.  Mais le financement de la sécurité sociale basée uniquement sur le prélèvement du travail est directement dépendant de la situation de l’emploi. Le développement du chômage et l’allègement des « charges » pour rendre les entreprises « plus performantes » sont autant de facteurs qui remettent en cause les bases même du financement de notre système de santé.

Le système de santé français basé sur la solidarité, permettant à chacun d’être soigné pour l’essentiel selon ses besoins et pas selon ses moyens, a laissé place à un système mixte où la part de la solidarité est réduite tandis qu’augmente la part des financements personnels assurés par la souscription à des mutuelles ou assurance privées.

On a tous conscience que les avancées médicales sont là, mais qui pourront en profiter sinon ceux qui pourront les payer ? Et c’est bien là le résultat le plus spectaculaire des dix dernières années.

Les réponses des candidats de gauche à ce bilan sur la santé

Dans les programmes des candidats de gauche (Jean Luc Mélanchon, François Hollande Eva Joly), tous dénoncent cette dérive vers la rentabilité de la santé et la non égalité des français face à la médecine. C’est ainsi que tous demandent le moratoire de la tarification à l’acte (T2A), et la non convergence tarifaire entre l’hôpital public et les cliniques privées puisque les missions ne sont pas le mêmes.

Tous les programmes demandent une meilleure répartition des établissements de santé sur le territoire, en particulier la lutte contre des déserts médicaux en favorisant l’installation des médecins et les personnels de santé dans les zones déficitaires. Tous se prononcent pour augmenter le numerus clausus (le nombre limité des étudiants en médecine) des médecins et pour reconnaitre le rôle primordial des médecins généralistes : d’où l’augmentation de leur rémunération forfaitaire mais avec le contrôle des dépassements d’honoraires pour toute la profession.

Tous insistent sur l’importance d’un  plan spécifique pour la prise en charge de la santé mentale et sur le développement d’une médecine préventive.

Un point aussi important, souligné par tous les candidats de gauche est le financement de la sécurité sociale qui doit changer et dépendre non seulement de l’emploi mais aussi des revenus de la finance. Ils soulignent enfin l’importance des structures démocratiques pour décider de la gestion de la santé.

 CT

L’environnement en campagne…

18 mars 2012

Alors qu’en 2007 la préservation de notre environnement avait réussi à s’imposer comme un thème central de la campagne électorale présidentielle,  les principaux candidats s’engageant à respecter le fameux pacte écologique proposé par le journaliste Nicolas Hulot, le sujet paraît actuellement bien éloigné des préoccupations de la campagne de 2012.

Le candidat sortant, qui parlait encore d’ « urgence écologique » en 2008 lors de son discours sur la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement, n’a pas hésité à lâcher, à l’occasion d’une visite au salon de  l’agriculture en mars 2010 « toutes ces questions d’environnement, ça commence à bien faire ». On ne saurait exprimer avec plus de franchise à quel point en effet la prise en compte des enjeux environnementaux a été négligée tout au long du dernier quinquennat : assouplissement des règles régissant l’implantation de grandes surfaces commerciales ou l’épandage de lisiers d’élevage, abandon du projet de taxe carbone, démantèlement des services de l’état chargés de la police de l’eau et de l’environnement, extension inconsidérée des droits à bâtir, coup d’arrêt porté au développement de la filière photovoltaïque et, pour finir, suppression du ministre même de l’écologie, mesure emblématique montrant à quel point la protection de l’environnement est bien le dernier des soucis de l’actuel chef de l’État !

Et pourtant, jamais sans doute les enjeux environnementaux n’ont été autant importants. Le diagnostic attestant de l’impact de l’activité humaine sur le réchauffement climatique, dont on commence à mesure concrètement les effets négatifs, ne laisse plus de doute sur la nécessité de réagir au plus vite en modifiant nos comportements individuels et collectifs. Le mode de développement que nous avons adopté n’est tout simplement plus viable et tous les décideurs le savent désormais. Mais les transitions ne sont jamais faciles à mettre en œuvre, surtout quant elles se heurtent à de puissants lobbies et à l’inertie de comportements individuels consuméristes bien ancrés. L’évolution ne pourra donc se faire que par étape, en commençant par les chantiers les plus faciles et les plus urgents. Encore faut-il que nos dirigeants élus soient conscients et convaincus de la direction à prendre, ce qui est bien l’un des enjeux de cette période électorale.

De ce point de vue, il n’y a bien évidemment rien à attendre de la droite UMP qui a largement démontré depuis de nombreuses années, par ses actions sinon par ses discours, son désintérêt total pour ces questions. Corinne Lepage, qui portait à droite un certain volontarisme en matière de protection de l’environnement, ne sera finalement pas dans la course, faute de soutien politique local. François Bayrou, pour le MODEM, est incontestablement sensible à la nécessité d’une évolution en matière énergétique mais reste très frileux sur les mesures à prendre. En matière de préservation de la biodiversité, il s’est néanmoins engagé de manière forte sur un sujet qui n’est pas si anecdotique qu’il n’y paraît, à savoir la protection des abeilles et autres espèces pollinisatrices, de plus en plus menacées, notamment par l’emploi massif de pesticides, dossier sur lequel le gouvernement actuel s’est montré bien peu réactif.

A gauche, le candidat socialiste François Hollande, propose, parmi les 60 engagements mis en avant, 4 propositions concrètes ayant un impact environnemental direct. La 1ère concerne la promotion de l’agriculture biologique et un rééquilibrage des rapports de force entre producteurs et distributeurs. Étant donné la faillite patente, tant économique que sociale et écologique, du modèle agricole dominant mis en place en France depuis les années 1950, il s’agit là d’un thème majeur, d’ailleurs largement repris par la candidate écologiste Eva Joly. Dans une lettre ouverte au président de la FNSEA, cette dernière met clairement en avant les ravages causés par ce modèle (« effondrement du nombre d’agriculteurs et du nombre de fermes, désertification des campagnes, effondrement de la biodiversité, pollution des eaux, marées vertes, érosion, atteintes à la santé des agriculteurs, suicides élevés en milieu agricole, artificialisation des sols, invasion des marchés du Sud avec nos produits subventionnés… ») et propose une « transition progressive vers l’agro-écologie » afin de « redonner sens au métier d’agriculteur ».

La seconde proposition du candidat socialiste touche à la diversification des sources d’énergie, avec un objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité (en vue de passer de 75 à 50 % d’ici 2050), tout en favorisant la montée en puissance des énergies renouvelables. Sur cette question, le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélanchon, se dit également « favorable à la sortie du nucléaire » et propose l’organisation d’un référendum sur ce thème. Quant aux écologistes, ils mettent en avant les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables afin de pouvoir diminuer autant que possible la part du nucléaire. Les médias se sont largement fait l’écho des divergences de vues entre partenaires socialistes et écologistes sur ce sujet. Toujours est-il qu’un accord a bel et bien été trouvé sur ce sujet et qu’il y a manifestement une certaine convergence à gauche sur ces questions où les Français sont très partagés entre crainte du risque nucléaire (comme l’a encore rappelé l’accident de Fukushima) et peur de la panne électrique…

Tous les indicateurs poussent désormais dans la même direction : les ressources pétrolières s’épuisent, la prise en compte des risques industriels ne permet plus de développer certaines filières telles que le nucléaire, tandis que la nécessaire préservation d’un environnement déjà gravement dégradé oblige à limiter nos rejets de CO2 et autres gaz à effets de serre. Tous les décideurs politiques responsables ont conscience de cette équation qui n’a d’autre solution qu’un développement accéléré des énergies renouvelables et une réduction de notre consommation énergétique.

Sur le premier point, la France a pris ces dernières années un retard considérable par rapport à un pays comme l’Allemagne qui a décidé dès 2000 (et l’a réaffirmé en 2010) la sortie progressive du nucléaire, tout en montant progressivement en puissance sa capacité de production éolienne et solaire : avec moins de 7 GW de production électrique éolienne et solaire cumulée, la France est très loin de ses propres objectifs fixés par la loi Grenelle 2 et accuse un retard considérable à comparer aux 40 GW déjà installés en Allemagne…

Sur le second point, à savoir la réduction de la consommation énergétique, les candidats de gauche sont également en pointe. C’est d’ailleurs l’objet de deux autres propositions du candidat socialiste : d’une part l’adoption d’une tarification progressive de l’eau, de l’électricité et du gaz (afin de favoriser les consommations les plus modestes), et d’autre part un vaste programme d’isolation thermique des logements (ce qui peut non seulement générer des économies d’énergie mais aussi créer des emplois). Les Verts insistent de surcroît sur la nécessité de lutter contre l’étalement urbain et de développer une offre de transport en commun fiable et accessible, afin de limiter autant que possible le recours à la voiture individuelle.

Bref, malgré cette désaffection manifeste de la part des médias dominants vis-à-vis des enjeux environnementaux, certains candidats à la prochaine élection présidentielle ne manquent pas de propositions pertinentes pour améliorer la situation. Espérons que ces idées trouvent un large écho parmi les électeurs…

 Marc Vincent

UN TOIT, C’EST UN DROIT !

6 mars 2012

Le 15 mars, c’est le retour des expulsions et l’angoisse pour des dizaines de milliers de familles d’être jetées à la rue et de sombrer dans l’exclusion… Depuis 10 ans, le nombre d’expulsions a doublé, comme le nombre de sans-abri, à mesure que les loyers et l’immobilier flambent, que la précarité, la pauvreté salariale et le chômage s’étendent, que les charges, l’énergie, les transports, les soins et l’alimentation augmentent.

Les fins de mois sont dures …

C’est une politique délibérée des gouvernements qui, depuis 10 ans, encouragent le logement cher, et soutiennent les milieux de l’immobilier (bailleurs privés, spéculateurs, BTP, banques), qui s’enrichissent sur le dos des locataires et des accédants. Le logement cher, c’est le racket des couches populaires : jeunes, salarié-e-s, précaires, mères isolées, migrants, retraités, handicapés … De surcroît, les statuts locatifs sont attaqués et précarisés, même en HLM.

Ce n’est pas une fatalité, il faut se réveiller ! Tous ensemble, on peut gagner, le projet interdisant de vivre dans un camping plus de 3 mois a été abandonné, un projet pour encadrer les loyers a été adopté au Sénat …

 

Mr Sarkozy nous annonce des mesures qui précarisent les locataires, fragilisent les HLM, soutiennent les promoteurs et les grands patrons du BTP.  STOP !!
À quelques semaines des élections, la crise du logement s’aggrave et beaucoup ont peur de se retrouver un jour à la rue.

EXIGEONS TOUS ENSEMBLE :

ARRÊT DES EXPULSIONS ! Respect et application de la loi DALO, de la loi de réquisition, de l’obligation d’accueil inconditionnel des sans-logis jusqu’au relogement.

BAISSE DES LOYERS ET DE L’ÉNERGIE ! Encadrement et baisse de 10 à 20%  des loyers privés, des charges, hausse des allocations logement, taxation de la spéculation, suppression des cadeaux fiscaux aux plus riches.

RÉALISATION MASSIVE DE HLM ! 150 à 200 000 par an (PLUS, PLAI) aux normes environnementales, renforcement du Livret A et du 1% logement, gel des loyers HLM et des charges, abrogation des mesures de marchandisation des HLM (CUS, ventes, démolition, privatisation…), un service public du logement.

UN LOGEMENT DÉCENT POUR TOUS ! Abrogation des Lois qui précarisent les locataires (loi Boutin, congé vente …), relogement des habitants de taudis, de logements toxiques (saturnisme), de bidonvilles ; des droits pour les habitants de camping, de foyers de migrants , d’habitat hors norme et/ou choisi ; soutien à l’habitat coopératif …

Plate-forme Logement des Mouvements sociaux : AC !, ACDL, AFVS, AITEC, CAL, CAHL 94, CNL, CGL 75 et national, CSF, CGT, CNAFAL, COPAF, DAL, Advocacy, Bagagérue, Fondation Copernic, FSU, HALEM,  Jeudi Noir, MRAP, RESF, Sud Santé Sociaux, USP, Union Syndicale Solidaires, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France …
Avec le soutien de :
ANECR, EELV, NPA, Front de Gauche, Parti de Gauche
Et la participation de :
LDH …

http://contrelelogementcher.org

A l’appel de la Plate-forme Logement des Mouvements sociaux (25 associations et syndicats), avec le soutien d’organisations politiques (EELV, Front de Gauche, NPA, PG), avec la participation de la Ligue des Droits de l’homme, des manifestations se dérouleront dans plus de 20 villes, le samedi 10 mars :
Amiens, Angers, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Forcalquier, La Rochelle, Lille, Lorient, Marseille, Mulhouse, Nancy, Nantes, Notre Dame des Landes, Paris, Poitiers, Rennes, Toulon, Tours …

A Paris, la manifestation se déroulera à partir de 14h30 Place de la Bastille.

Vous trouverez le tract de la manif parisienne en pièce jointe, et toutes ces informations sur www.fondation-copernic.org