Posts Tagged ‘Humour’

Un perroquet qui joue les corbeaux…

28 juillet 2017

C’est une drôle d’histoire qui nous vient des Etats-Unis. Une histoire que Fernand Reynaud aurait adoré raconter, pour ceux qui ont encore en tête son sketch sur le fameux perroquet qui dialogue avec le plombier tentant désespérément de se faire ouvrir la porte et hurle « C’est le plombier ! » tandis que le volatile obstiné demande inlassablement « Qui c’est ? ».

L’histoire donc se passe dans le Michigan à Sand Lake, en mai 2015. Si l’on en croit le Detroit news, Connie Ream n’a pas vu ses voisins, Marty et Glenna Duram depuis 2 jours et finit par s’inquiéter car les deux commères ont l’habitude de bavarder chaque jour. Elle finit par envoyer un texto pour demander à Glenna ce qu’elle a bien pu fabriquer avec son mari, mais pas de réponse. Le deuxième jour, elle ouvre la porte de ses voisins et découvre leurs deux corps inanimés.

Les pompiers, aussitôt prévenus accourent mais ce n’est qu’une heure plus tard qu’un des policiers, arrivé entre temps, se rend compte que Glenna Duram, âgée de 48 ans, est encore en vie. Marty, son époux avec qui elle vit depuis 11 ans, a été abattu de 5 coups de révolver. Glenna est elle-même blessée à la tempe droite, mais elle s’en remettra rapidement. Sur le coup, après avoir cru la femme décédée, les policiers la considèrent désormais comme une victime d’un cambriolage qui aurait mal tourné.

Glenna Duram lors de son procès (photo © Rex Larsen / Detroit news)

Sauf que, au fil de l’enquête, on se rend compte que le couple avait de gros problèmes d’argent, tandis que les enfants de Marty découvrent trois lettres d’adieu écrites par Glenna. La police commence à penser que c’est elle qui a tué son mari, poussée à bout par ses difficultés financières et redoutant une saisie imminente de leur maison, avant de tenter de se suicider. Mais Glenna dément et affirme ne pas se souvenir avoir écrit ces lettres. L’enquête piétine jusqu’en mai 2016, lorsque entre en scène le fameux perroquet…

Bud, le perroquet des Duram, témoin capital d’une affaire pénal

Bud, un perroquet gris du Gabon qui appartenait aux Duram, a été recueilli par une des cousines de Marty, peu près le drame. Depuis, il n’arrête pas de rejouer la scène d’une dispute conjugale fort convaincante. Imitant à la perfection la voix de son maître brutalement décédé, il hurle à qui veut l’entendre : « Ne tire pas, putain, ne tire pas ! ». Intriguée, la cousine a filmé le perroquet un mois après en avoir hérité. Devant l’incapacité des enquêteurs à boucler l’affaire et après avoir gardé le secret pendant plusieurs mois, elle se décide finalement à communiquer la vidéo à une télévision locale.

L’affaire fait immédiatement le buzz et trois semaines plus tard, Glenna Duram est finalement arrêtée et inculpée du meurtre de son mari. Son procès vient de se tenir et le verdict est mis en délibéré jusqu’au 28 août. Elle risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité après avoir été reconnue coupable d’avoir assassiné Marty, même si elle continue à nier les faits.

Le perroquet n’a pas été amené à témoigner à la barre comme certains l’auraient souhaité. Le procureur y a songé, semble-t-il, mais y a finalement renoncé, ne sachant trop comment lui faire prêter serment : « Levez l’aile droite et dites je le jure »…

Mais le perroquet a néanmoins été considéré durant le procès comme un témoin oculaire de premier plan, après avoir subi lui-même un examen approfondi conduit par une psychologue experte en perroquets (ça existe !), laquelle a pu attester que le volatile bavard imitait bien une dispute entre deux personnes, reproduisant selon toute vraisemblance une scène effectivement vécue et qui s’est mal terminée pour son défunt maître.

Espérons quand même pour celle qui risque de finir ses jours en prison que tout cela n’est pas le fruit d’une imagination trop fertile d’un perroquet cabotin et avide de reconnaissance médiatique…

L.V. 

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Alternatives économiques : l’éco pour les nuls !

7 juillet 2017

Fondé en 1980 par l’économiste Denis Clerc en réaction au fameux slogan de Margaret Thatcher, « There is no alternative », le magazine Alternatives économiques, plus connu par les habitués sous son petit nom d’Alter Eco, est devenue une référence pour tous ceux qui ne sont pas complètement séduits par la doxa dominante du néolibéralisme le plus débridé. Edité par une société coopérative et diffusé à raison de 90 000 exemplaires payants chaque mois en moyenne, c’est devenu le deuxième magazine économique le plus lu en France, après Les Echos : une véritable référence donc en la matière qui vise à concilier le social et l’économique, dans un format très pédagogique et qui s’adresse à un très large lectorat.

Le dernier numéro d’Alter Eco va encore plus loin dans l’art de rendre accessible à tous certaines notions apparemment obscures qui font que le domaine de l’économie passe généralement pour rébarbatif et réservé aux seuls initiés. Le dossier du mois est en effet intitulé « Les (gros) mots de l’économie ». Trappe à liquidité, destruction créatrice, stagnation séculaire ou aléa moral : autant de termes parfaitement abscons pour qui n’a pas suivi un master d’économie ou ne sort pas de 2 mois de révisions fébriles en prévision de passer son bac en série ES.

L’idée de la réadction pour rendre abordable ces notions est non seulement de les expliciter par un texte d’une page, parfaitement limpide et souvent plein d’humour voire de poésie (Ah, le poéme en alexandrins sur la stagnation séculaire, un bijou d’anthologie !), mais surtout de demander à des dessinateurs d’illustrer chacune de ces notions par une planche de bande dessinée.

Le résultat est totalement bluffant et il faut vraiment se précipiter sur ce numéro double juillet-août d’Alter Eco qui assurément devrait devenir collector. Un exemple parmi d’autres pour vous donner envie de lire ce dossier où vous découvrirez aussi que la maladie hollandaise n’a rien à voir avec la frénésie pathologique de notre dernier Président de la République à escompter une soudaine et bienvenue inversion de la courbe du chômage, et où vous apprendrez stupéfait que ce bon vieux Adam Smith, outre le fait qu’il pourrait commettre des maladresses s’il se retrouvait de nos jours dans une rame de métro, n’a jamais vraiment assimilé le marché à une main invisible autorégulatrice comme on le lui attribue généreusement (et de manière perfide).

Un extrait du n° 370 d’Alternatives économiques…

Sur les externalités négatives, par exemple, l’explication est des plus limpides, basée sur l’exemple de l’agriculteur qui booste sa production à grands coûts de pesticides, provoquant pollution des nappes et des cours d’eau, avec toutes les répercussions environnementales et sanitaires qui en découlent, mais dont les coûts induits n’entrent évidemment en rien dans le bilan de son exploitation agricole. Une démonstration magistralement illustrée par Fabrice Erre, lui-même enseignant et auteur de bandes dessinées qui tient par ailleurs un blog intitulé Une année au lycée. Une adresse qui mérite le détour également et dont les dessins nous plongent actuellement dans l’ambiance des épreuves du baccalauréat : un petit extrait pour la route :

Dessin signé Fabrice Erre paru sur son blog à la date du 6 juillet 2017

Avec de tels professeurs aussi pédagogues, on se demande bien comment la France a bien pu tomber aussi bas dans le classement international PISA…

L. V. 

Emmanuel Macron, en marche vers le pouvoir ?

8 avril 2017

Décidément, rien ne se passe comme prévu lors de cette campagne pour l’élection présidentielle de 2017… A deux semaines seulement du premier tour, il paraît bien difficile de faire le moindre pronostic.

La seule certitude, c’est que la gauche en sera très vraisemblablement éliminée dès le premier tour, sauf à ce que l’un des deux candidats en lice se désiste ou que les deux finissent par trouver un accord. Mais un tel scénario devient chaque jour plus improbable, chacun s’arcqueboutant sur ses positions. Benoît Hamon, bien que vainqueur incontesté de la primaire de la gauche et bénéficiant du ralliement de Yannick Jadot, lui-même désigné à l’issue de primaires internes aux écologistes, est à la peine dans les sondages qui le créditent désormais d’à peine 10 % des intentions de vote.

Dessin de Wingz

Face à lui, Jean-Luc Mélanchon est dans une dynamique positive qui lui a permis depuis un mois de passer de 10 à 15 % des intentions de vote, comme si les électeurs de gauche avaient déjà oublié son refus hautain de participer à la primaire de la gauche. Il n’en reste pas moins que le socle de leur électorat commun reste stable et ne dépasse pas 25 %. Cela pourrait être suffisant pour être qualifié au second tour, à condition que ces voix se portent sur un candidat unique. Dispersées entre deux candidats, quelle que soit la répartition entre les deux, c’est la certitude qu’aucun candidat de gauche ne sera qualifié pour le second tour, au grand dam de millions d’électeurs de gauche qui devront donc se résigner à ne pas être représentés, une fois de plus, du fait de la stratégie suicidaire des dirigeants de ce courant politique.

Selon toute vraisemblance, le résultat de cette élection uninominale à deux tours se jouera donc entre la représentante du Front national, Marine Le Pen, et ses deux outsiders dans les sondages. François Fillon, grand gagnant des primaires de la droite en novembre dernier, est désormais englué dans le discrédit suite à sa méthode de défense déplorable et à l’arrogance extrême dont il a fait preuve pour répondre aux multiples reproches sur sa cupidité financière. Mis en examen pour détournement de fonds publics, il s’enferre dans ses mensonges successifs, tentant vainement d’accréditer la thèse d’un complot imaginaire ourdi à son encontre par le fameux « cabinet noir » de l’Elysée, avec la complicité des médias et de la justice.

Et pourtant, comme pour Marine Le Pen, elle-même sous le coup de multiples affaires judiciaires, ces accusations semblent ne guère troubler son électorat puisque les derniers sondages indiquent une remontée des intentions de vote en sa faveur, le créditant d’un score de l’ordre de 20 %, dépassant même les 30 % chez les électeurs de plus de 50 ans qui sont, comme chacun sait, les plus assidus à voter.

Un second tour laissant le choix entre François Fillon et Marine Le Pen n’est donc pas à exclure. Néanmoins, force est de constater que l’OVNI Emmanuel Macron est en train de se rapprocher, dans les intentions de vote, de la candidate du Front national, avec pas moins de 24 % selon les derniers sondages. Personne ne sait trop bien comment positionner ce candidat dont les soutiens politiques vont de Robert Hue à Alain Madelin en passant par François Bayrou et désormais Manuel Valls. Sa ligne politique le situe néanmoins sans ambiguïté à gauche de François Fillon et à droite de Benoît Hamon, dans cet espace centriste qui a eu, jusque là, bien du mal à s’affirmer dans le paysage politique de la Cinquième République et qui pourrait donc peut-être arriver à se faire une place au soleil à l’occasion de ces élections présidentielles qui s’annoncent si atypiques…

Dessin de Gros publié dans Marianne du 17 mars 2017

C’est d’ailleurs un des points faibles de la candidature d’Emmanuel Macron : beaucoup se demandent en effet sur quelle majorité il compte s’appuyer pour gouverner au cas où il serait élu. Dans cette hypothèse, certains en sont même déjà à imaginer une situation de cohabitation avec un gouvernement de droite, tant le parti LR est confiant dans sa victoire lors des prochaines législatives, face à une gauche totalement atomisée et à un FN traditionnellement handicapé dans le cadre d’un scrutin majoritaire uninominal à deux tours.

Dessin de Placide

Et pourtant, ce ne sont pas les candidats qui manquent à Emmanuel Macron pour s’aligner lors des élections législatives du mois de juin. Plus de 14 000 personnes se seraient ainsi portées candidates ! Mais la commission d’investiture présidée par l’ex-UMP Jean-Paul Delevoye a fixé un cahier des charges très strict, exigeant pour les 577 candidats investis le respect de la stricte parité hommes-femmes (alors que seules 15 % des offres de service reçues sont féminines !) ainsi qu’un équilibre entre élus et représentants de la société civile, mais aussi entre gauche, droite et centre : un vrai casse-tête donc !

Les 14 premiers candidats investis par En marche (photo extraite du site de campagne En marche)

C’est sans doute la raison pour laquelle le mouvement En marche retarde autant que possible ses procédures d’investiture, afin de ne pas polluer la campagne présidentielle. Pourtant, lors de son invitation sur le plateau de l’Emission politique de France 2, le 5 avril dernier, Emmanuel Macron s’est résolu à dévoiler une liste de 14 candidats d’ores et déjà investis par son parti pour les prochaines législatives. On y retrouve notamment Jean-Michel Fauvergue, l’ancien patron du RAID qui avait dirigé l’assaut contre l’Hyper Casher, mais aussi Mounir Mahjoubi, l’ancien président du Conseil national numérique, Hughes Renson, ancien conseiller pour les affaires sociales du Président Jacques Chirac, ou encore Elisabeth Toutut-Picard, directrice adjointe du CHU de Toulouse.

Jean Viard, candidat aux prochaines législatives (photo issue du site de campagne En marche)

Parmi ces 14 premières candidatures ainsi dévoilées se trouve en particulier le sociologue Jean Viard, qui était intervenu à Carnoux à l’invitation du Cercle progressiste carnussien, le 27 juin 2008, pour une conférence sur l’évolution des rythmes de travail et de notre rapport au temps. Fondateur et co-directeur des éditions de l’Aube à la Tour-d’Aygues, dans le Vaucluse (où il se portera candidat lors des prochaines élections législatives), il est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’aménagement du territoire, les rapports entre urbain et rural, la ville de Marseille ou encore l’essor du Front national. Ex-directeur du CEVIPOF, le Centre d’études de la vie politique française, une unité de recherche rattachée au CNRS, Jean Viard a aussi été élu en 2008 conseiller municipal de Marseille et vice-président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole jusqu’en mars 2014. Alors porte-parole du socialiste Patrick Mennucci, le voici donc désormais engagé dans le camp de l’ancien ministre de l’économie Emmanuel Macron, en marche, qui sait, vers une victoire électorale prochaine ? L’avenir le dira prochainement…

L.V.  

Google, fou de la petite reine et roi du bobard

30 janvier 2017

A l’heure où le Royaume du Danemark vient de nommer un ambassadeur auprès du géant américain Google, il n’est pas inutile de ressortir cette vidéo époustouflante mise en ligne par la multinationale montrant sa dernière invention en date : un vélo intelligent et autonome, qui tient debout sans l’aide de quiconque, se déplace tout seul dans la circulation et sur lequel on peut tranquillement se laisser porter tout en vaquant à ses occupations ordinaires.

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C’est bien évidemment l’antenne des Pays-Bas de la firme de Mountain View qui a conçu cet engin révolutionnaire, parfaitement adapté au Néerlandais qui parcours en moyenne pas moins de 900 km par an en vélo, au prix tout de même de 350 000 accidents chaque année !

blog387_phcameraLe Google self-driving bike, de son petit nom de baptême, sait se situer dans l’espace et détecter et cartographier son environnement afin de s’adapter à tout événement, tout ceci grâce à une caméra à 360° située à l’avant du vélo, à l’instar de ce qui est proposé sur les Google Car dont le projet s’inspire manifestement.

blog387_phsmartphoneLe vélo peut fonctionner comme un taxi Uber et venir vous chercher là où vous le demandez simplement depuis l’application dédiée. On peut même s’en servir de bureau mobile en installant confortablement son ordinateur sur le guidon évidemment adapté pour cela, et on peut aussi laisser le vélo promener tout seul les enfants bien installés dans leur siège.

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Une véritable merveille de la technologie dont Google s’est fait un malin plaisir d’annoncer la naissance le 1er avril 2016. Car bien évidemment, il ne s’agit que d’un poisson d’avril, issu du cerveau imaginatif des ingénieurs de la firme américaine ! Une vidéo explique même en détail, pour les plus crédules, comment ont été réalisés les trucages pour donner l’illusion d’un tel miracle.

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Pourtant, le vélo autonome qui avance tout seul existe bel et bien. Il a été inventé par 13 ingénieurs de l’université indienne de Kharagpur qui ont eu l’idée du projet i-Bike, visant à la base à venir en aide aux personnes souffrant d’un handicap moteur afin de leur permettre de se déplacer malgré tout en vélo.

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Certes, son look est quelque peu moins futuriste que celui de Google. Les esprits chagrins lui trouveront même un petit air de bricolage avec ses petites roues stabilisatrices à l’arrière et sa propulsion électrique rendue bien visible par une multitude de câbles qui pendouillent de tous les côtés : les propulsions électriques inventées par les tricheurs des courses cyclistes ont au moins le mérite d’être un peu plus discrètes ! Le guidage se ferait par GPS évidemment et pourrait permettre d’envisager que le vélo se rende tout seul à une direction pré-indiquée.

Le concept en tout cas ne manque pas d’intérêt, soit pour permettre à des malvoyants ou des handicapés moteurs de se déplacer à bicyclette, soit dans l’optique d’un système de location de vélos autonomes à direction assistée. Les Allemands plancheraient eux aussi sur un tel vélo du futur dont on peut penser qu’il ressemblera probablement davantage au prototype surréaliste de Google plutôt qu’au bricolage bout-de-ficelle des universitaires indiens…

L.V. lutinvert1small

2016 est mort, vive 2017 !

1 janvier 2017

Une nouvelle année vient de se terminer, une de plus ! Elle nous aura apporté, comme toutes les précédentes son lot de malheurs et de désillusions, d’erreurs et de regrets, mais aussi, forcément quelques petits bonheurs et peut-être même de grandes joies en cherchant bien !

Puisque c’est l’occasion de jeter un œil dans le rétroviseur, profitons-en pour nous remémorer certains des événements qui ont jalonné ce cru 2016, au travers du regard de quelques dessins humoristiques parus dans la presse ou relayés sur internet. C’est d’ailleurs l’occasion de rendre un hommage appuyé au talent de ces illustrateurs à qui nous empruntons ces œuvres, et à leur capacité sans cesse renouvelée à tirer profit de l’actualit,é même la plus noire, pour en tirer avec humour et tact, une analyse décalée qui prête à rire mais aussi à faire réfléchir.

La sélection est très personnelle et forcément totalement subjective. Elle n’a aucune autre prétention que de faire sourire à l’issue de cette année écoulée, riche en tragédies de toute sorte et qui n’incite pas forcément à l’optimisme quant à la capacité de l’humanité prise collectivement à surmonter de manière intelligente et constructive les innombrables défis qui nous attendent tous !

C’est en tout cas l’occasion, pour l’équipe qui anime ce blog collectif de souhaiter à tous nos lecteurs, occasionnels ou assidus, une excellente année 2017 en l’espérant aussi riche en rebondissements que celle qui vient de se terminer, avec peut-être un zest supplémentaire de bonnes nouvelles, sait-on jamais ?

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Janvier

Le 27 janvier 2016, la garde des sceaux Christiane Taubira, dernière conscience de gauche du gouvernement de Manuel Valls démissionne en fanfare après des semaines de malaise intense qui se cristallise en particulier autour des débats (finalement avortés) relatifs à la déchéance de nationalité. Elle quitte le ministère de la Justice sur son vélo jaune avec ces mots qui feront date ; « Parfois, résister, c’est partir ». Un dessin de l’illustrateur Ixène.blog375_ph01

Février

Le remaniement ministériel tant attendu a finalement lieu le 11 février 2016 et voit le départ de Laurent Fabius pour le Conseil constitutionnel, remplacé au poste de ministre des affaires étrangères par l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, tandis que trois écologistes font leur entrée au gouvernement. L’ambiance n’est cependant pas à la fête dans ce gouvernement au plus bas dans les sondages à un an de la prochaine échéance électorale présidentielle, comme l’a bien souligné le dessinateur Ysopeblog375_ph02

Mars

Le premier ministre britannique David Cameron négocie avec Bruxelles des conditions financières plus favorables pour son pays en menaçant de quitter l’Union européenne via un référendum s’il n’obtient pas satisfaction. La plupart de ses exigences sont satisfaites, ce qui n’empêchera pas le peuple britannique de voter largement en faveur d’une sortie de l’Union européenne. Ces négociations se passent avec en toile de fond une grave crise européenne due à l’afflux de migrants, provenant notamment de Syrie et face auxquels les pays européens ne savent plus comment se positionner. Un dessin de Cambon.blog375_ph03

Avril

Dans le contexte des manifestations contre la loi sur la réforme du Code du Travail présentée par la ministre Myriam El Khomry, la Place de la République à Paris est occupée à partir du 31 mars 2016 par la mouvement Nuit debout qui rassemble chaque nuit des milieux de citoyens tandis que le mouvement s’étend progressivement à d’autres villes. De nombreuses personnalités tentent de récupérer le mouvement, dont Alain Finkelkraut qui se fait expulser sans ménagement. Pendant ce temps-là, le gouvernement est à la peine, empêtré dans le projet de loi El Khomry : la gauche et les syndicats sont vent debout contre cette réforme qui répond avant tout aux attentes du patronat. Bien que promulguée le 9 août après avoir été fortement édulcorée, la loi continuera de provoquer des manifestations jusque fin septembre. Un dessin de Plantu publié dans Le Monde.blog375_ph04

Mai

En Autriche, les élections présidentielles voient s’affronter au 2ème tour, le 22 mai 2016, un candidat d’extême droite, Norbert Hofer, et un indépendant, Alexander Van der Bellen, ancien chef du parti des Verts. Les deux grands partis traditionnels sont éliminés de ce second tour, ce qui provoque un véritable séisme politique. L’écart de voix entre les deux finalistes est cependant si faible que le résultat est finalement invalidé le 1er juillet et un troisième tour doit être organisé, prévu initialement début octobre puis reporté au 4 décembre. C’est en définitive le candidat écologiste qui remporte ces élections, mais dans un pays où le FPÖ, parti d’extrême droite, reste très fortement soutenu, ce qui augure mal de l’avenir. Un dessin signé Vissecq.blog375_ph05

Juin

A l’occasion des matchs de l’Euro 2016 qui se déroulaient en France et qui se sont soldés par la victoire de l’équipe portugaise contre la France, des supporters russes et anglais se livrent à un déchaînement de violence qui provoque une trentaine de blessés sur le Vieux Port de Marseille le 11 juin 2016. Le lendemain, des hooligans allemands s’en prennent à des supporters ukrainiens. Quelques jours lus tard, c’est une bagarre qui éclate dans un train entre supporters éméchés anglais et gallois. Qui a dit que le sport facilite le rapprochement ? Un dessin réalisé par Deligne et publié sur son site.blog375_ph06

Juillet

Le 14 juillet, un camion conduit par un déséquilibré se revendiquant de DAECH fonce dans la foule assemblée sur la promenade des Anglais à Nice pour admirer le feu d’artifice. Après cet attentat meurtrier, l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi, lance une polémique accusant la police nationale de n’avoir pas suffisamment été présente tandis qu’il pousse la responsable de sa police municipale à remettre en cause le rapport officiel du Ministère de l’Intérieur sur ces événements tragiques. Le dessin de Placide fait référence au camion blanc du meurtrier et à cette polémique déplacée alimentée par la responsable locale de la police municipale aux ordres de Christian Estrosi.blog375_ph07

Août

Pendant tout l’été se prolonge un véritable débat national pour ou contre l’interdiction du burkini, ce fameux vêtement de bain porté par quelques femmes musulmanes intégristes. Plusieurs maires prennent des arrêtés municipaux pour interdire le port de ce vêtement sur les plages. Le Conseil d’État finit par invalider le 26 août 2016 l’arrêté pris par la commune de Villeneuve-Loubet qui interdisait les vêtement religieux ostentatoire sur la plage, rappelant que cette tenue de bain n’est pas attentatoire à l’ordre public. Un dessin de KAK publié sur son site.blog375_ph08

Septembre

La liste des candidats autorisés à concourir à la primaire de la droite et du centre est dévoilée le 21 septembre 2016 par la Haute-Autorité en charge de ce processus. Sept candidats sont finalement dans la course dont une seule femme, Nathalie Kosciusko-Morizet, et aucun candidat du centre, comprenne qui pourra. L’ancien premier ministre, pourtant condamné pour détournement de fonds publics, Alain Juppé est largement favori dans les sondages, devant l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy qui concentre les critiques de son camp du fait des nombreuses affaires judiciaires qui le concernent, relatifs en particulier aux modalités de financement de ses campagnes précédentes. Un dessin de Vadot, publié dans la revue Sandawe.com.blog375_ph09

Octobre

La campagne présidentielle aux États-Unis se termine dans un climat de tension exacerbée par l’élection surprise du milliardaire démagogue et conservateur Donald Trump face à la démocrate Hilary Clinton, considérée comme la candidate du système et fortement critiquée pour son opportunisme politique. Un dessin de Rodho paru dans le magazine Diacritik.blog375_ph10

Novembre

François Fillon remporte haut la main les primaires de la droite en prévision des prochaines élections présidentielles, éliminant dès le premier tour Nicolas Sarkozy qui avait pourtant fait le forcing pour être de nouveau candidat à l’élection présidentielle et à l’immunité judiciaire. Pour la seconde fois de sa carrière, l’ancien président de la République renonce à la vie politique, ce qui devrait lui laisser du temps libre pour s’occuper de sa défense dans les multiples affaires judiciaires dans lesquelles il est empêtré. Un dessin de Fix.blog375_ph11

Décembre

Après un suspens savamment entretenu, François Hollande annonce finalement qu’il ne briguera pas un second mandant présidentiel, ouvrant la porte à une candidature de son premier ministre, Manuel Valls, qui annonce aussitôt qu’il participera à la primaire du Parti socialiste. La cote de popularité du Président de la république était tombée si bas que ce retrait s’imposait. Pour autant, il fallait oser filer la métaphore du désamour et de la désillusion : Gros l’a fait, dans ce dessin paru dans Marianne !blog375_ph12

Joyeux Noël 2016 !

24 décembre 2016

Crise économique, chômage, insécurité, déréglement climatique, montée des extrémismes et repli identitaire : la période se prête plutôt au tragique qu’à la franche rigolade… Et pourtant, quelles que soient ses convictions religieuses, les fêtes de fin d’année sont toujours l’occasion de laisser un peu de côté ses soucis du quotidien et ses angoisses existentielles pour se laisser pénétrer par l’ambiance festive, source de générosité et de bonne humeur.

Alors, une fois de plus, laissons opérer la magie de Noël et partageons ensemble quelques sourires devant les productions de dessinateurs talentueux et débridés à qui nous empruntons les œuvres suivantes :

Avec la crise, les traditions d'hospitalité ne sont plus ce qu'elles étaient… (dessin de Delucq, à retrouver aussi ici)

Avec la crise, les traditions d’hospitalité ne sont plus ce qu’elles étaient… (dessin de Delucq, à retrouver aussi ici)

 

Noël, des relents de fête commerciale ? (dessin de Ucciani, à retrouver sur son site)

Noël, des relents de fête commerciale ? (dessin de Ucciani, à retrouver sur son site)

C'est toujours la crise… (dessin de Coco, publié ici)

C’est toujours la crise… (dessin de Coco, publié ici)

 

L'élevage aussi est en crise, et tout le monde n'est pas à la fête… (dessin de Samson, à retrouver ici)

L’élevage aussi est en crise, et tout le monde n’est pas à la fête… (dessin de Samson, à retrouver ici)

Le sentiment d'insécurité vient parfois gâcher la fête… (dessin de Lardon, à retrouver sur son blog)

Le sentiment d’insécurité vient parfois gâcher la fête… (dessin de Lardon, à retrouver sur son blog)

Et pendant ce temps-là, les bombardements se poursuivent en Syrie… (dessin d'Ysope, à retrouver sur son site)

Et pendant ce temps-là, les bombardements se poursuivent en Syrie… (dessin d’Ysope, à retrouver sur son site)

L’ensemble de l’équipe de rédaction du blog collectif souhaite à ses lecteurs d’excellentes fêtes de fin d’année, dans la joie et la bonne humeur !

Retard de trains : la SNCF entretient sa réputation…

17 novembre 2016

En France, et pas seulement en région PACA, les statistiques de la SNCF sont redoutables et totalement transparentes puisque accessibles à tous en open data. En juillet 2016, on constate ainsi qu’un TGV sur sept était en retard, ce qui n’est pas négligeable, surtout sur certaines lignes comme par exemple Marseille-Lille où un TGV sur 4 est en retard, qui dit mieux ?

blog359_dessinpetanqueLes chiffres annoncés pour le mois de septembre sont d’ailleurs identiques pour les trains intercités avec six trains à l’heure pour un en retard. C’est un petit peu mieux pour les TER, sauf naturellement en région PACA et en Ile de France où la SNCF n’ose même pas publier ses statistiques et se contente d’affirmer que pour un voyageur en retard, 9 ont réussi à arriver à l’heure : certains ont décidément plus de chance que d’autres…

blog359_dessinaffichageOn découvre ainsi à la lecture de ces statistiques que pour le mois d’octobre 2016, le dernier renseigné, sur 15 000 TER programmés en région PACA, 515 ont été purement et simplement supprimés, pour la plus grande joie, on s’en doute, de ceux qui avaient prévu de les emprunter, se sont parfois levé tôt pour cela, ont fait le trajet jusqu’à la gare, et découvrent bien souvent à la dernière minute ou parfois après avoir attendu en vain pendant une heure ou deux sur un quai glacé par le mistral, que finalement la SNCF avait jugé préférable de ne pas faire rouler ce train pour des raisons diverses et variées.

Quant au nombre de trains en retard, il atteint le chiffre astronomique de 2334 : impressionnant ! C’est donc un train sur 6 qui est en retard dans la région et la situation dure ainsi depuis des années. Certains mois, ce sont plus de 1300 trains qui ont été annulés et plus de 3000 qui étaient en retard. La région PACA est en tout cas clairement en queue de peloton avec un taux de régularité qui dépasse rarement  les 80 %.

blog359_dessin1Les raisons de ces retards sont multiples et la SNCF ne manque pas d’imagination pour les détailler. Les heurts avec un obstacle circulant sur la voie font partie des causes fréquemment rencontrées et tout voyageur empruntant régulièrement le train s’est un jour trouvé confronté à cette situation. Lancé à pleine vitesse, le train freine brusquement et s’arrête. La voix du contrôleur se fait rapidement entendre pour délivrer le message habituel « notre train est arrêté en pleine voie : ne tentez-pas l’ouverture des portières ». On ne sait jamais, des fois qu’un voyageur claustrophobe en profiterait pour s’échapper…

Et ensuite, c’est l’attente, interminable, ponctuée selon l’humeur du contrôleur par des messages périodiques de sa part expliquant qu’il ne sait rien mais qu’il ne manquera pas de revenir très vite vers les voyageurs dès qu’il en saura davantage.

Car dans ces cas-là, la SNCF applique ses procédures qui sont très strictes et respectées à la lettre : le conducteur d’un train qui heurte un obstacle (généralement un sanglier mais ce peut être aussi un cerf voire une vache selon les régions) arrête sa motrice et déclenche un signal radio qui oblige tous les autres trains circulant sur la voie, y compris dans l’autre sens, à stopper net. C’est donc tout le trafic ferroviaire sur le tronçon de voie qui est paralysé, avec tous les effets en cascade qu’on imagine.

Train Paris-Marseille arrêté en pleine voie...

Train Paris-Marseille arrêté en pleine voie…

Ensuite, le conducteur descend de sa machine, va jeter un œil sur l’avant du train pour évaluer les dégâts éventuel comme le ferait n’importe quel automobiliste maladroit ayant malencontreusement heurté un obstacle, puis il prend son courage à deux mains, sa lampe torche s’il fait nuit, et refait à pied le chemin parcouru en suivant les rails jusqu’au point d’impact.

Il est en effet tenu par le règlement d’aller reconnaitre lui-même la nature de l’obstacle qu’il a heurté. S’il s’agit effectivement d’un sanglier, il n’est toutefois pas obligé d’en prélever les oreilles et la queue. Son témoignage suffit et il n’a plus qu’à repartir dans l’autre sens pour rejoindre sa machine et reprendre sa route. En revanche, s’il s’avère que c’est une personne qui a été heurtée, les choses se compliquent (et l’attente se prolonge) car il faut alors appeler la gendarmerie et la police scientifique pour lancer l’enquête destinée à préciser les causes réelles de l’accident. Compter dans ce cas au moins 4 à 5 heures d’immobilisation.

Le point faible de la procédure, c’est qu’un train lancé à pleine vitesse met un certain temps pour s’arrêter, le temps de parcourir largement 1,5 à 2 km, et même 4 km pour un TGV en rase campagne. On imagine donc le pauvre conducteur forcé de parcourir seul à pied, en longeant les rails et souvent en pleine nuit ses 4 km à la recherche des restes de l’animal qu’il a percuté, puis bien évidemment de refaire ensuite le même parcours en sens inverse avant de pouvoir annoncer au contrôleur que le train va pouvoir repartir. Selon l’entraînement du chauffeur, il faut bien compter au minimum 1h, voire 2 pour un TGV en pleine nuit. C’est toujours bon à savoir, ne serait-ce que pour éviter de tirer des plans sur la comète quant à l’éventualité bien hasardeuse de pouvoir malgré tout attraper sa correspondance : dans une telle configuration, ce n’est même pas la peine d’y songer !

Photo J. Boyé

Photo J. Boyé

Certains esprits curieux pourraient se demander pourquoi le conducteur est obligé de se taper ainsi ses 8 km aller-retour à pied le long de la voie alors qu’il lui suffirait de se mettre au volant de la motrice de queue et de repartir en sens inverse à faible vitesse jusqu’au lieu du choc initial. La réponse résulte très certainement d’une analyse approfondie effectuée par les spécialistes de la sécurité au sein de la SNCF, laquelle n’a cependant pas jugée nécessaire de la communiquer, ni même d’en faire part à son personnel de bord, qui doit donc se dépatouiller tout seul pour expliquer tant bien que mal la situation aux passagers plus ou moins patients, non seulement dans le train qui a provoqué la collision, mais dans tous les autres qui sont également bloqués sur la voie en attendant le verdict de celui qui est parti en reconnaissance.

Voila en tout cas une des (multiples) causes de retard de la SNCF qui pourrait être largement atténuée moyennant une adaptation des procédures mais rien ne permet de penser qu’une telle réflexion soit à l’ordre du jour. C’est bien dommage pour les statistiques de la SNCF, et pour la patience de ses usagers…

L.V.  lutinvert1small

Exercices attentat-intrusion : entre panique et rigolade…

17 octobre 2016

blog352_phvigipirateDepuis les récents attentats de Paris et de Nice, l’affaire est entendue : nous sommes en guerre! Le Premier ministre en personne l’a affirmé et les candidats à la primaire de la Droite ne cessent de le répéter tous les jours, histoire d’entretenir la peur, toujours bonne conseillère pour élire des représentants conservateurs. Si un jour le pays devait se retrouver soumis aux bombardements de l’aviation ennemie où à l’assaut de troupes aux sol, comme cela a déjà été le cas dans un passé pas si lointain et comme cela se produit en ce moment même à Alep ou au Yémen, il faudra sans doute inventer un nouveau concept pour décrire une véritable situation de guerre, mais passons…

Toujours est-il que face à une situation de guerre, les populations doivent se préparer. Les professionnels de la protection civile tentent depuis des décennies de développer en milieu scolaire l’établissement de PPMS (plans particuliers de mise en sécurité) et la réalisation d’exercices de prévention pour aider élèves et enseignants à acquérir les bons réflexes en cas de crise face à un risque extérieur tel qu’une inondation, un séisme ou l’explosion d’un site industriel proche, à l’image de ce qui se fait dans de nombreux autres pays.

blog352_dessintables

Jusqu’à présent, le bilan de cette politique de prévention en milieu scolaire était resté très mitigé et rares sont les parents à en accepter les règles de base. On l’a encore vu lors des inondations du Var en 2010, lorsque certains principaux de collèges ont failli se faire molester par des parents d’élèves qui refusaient d’admettre que leur enfant était plus en sécurité dans l’établissement que sur les routes inondées. On l’a revu en 2014 dans ce même département lorsqu’une petite fille s’est noyée avec sa mère après que celle-ci l’a arrachée à son école en signant une décharge au personnel enseignant…

blog352_phafficheToujours est-il que lorsque le risque concerne le terrorisme, le niveau d’acceptation de la population semble nettement supérieur. Dès le lendemain des attentats du 13 novembre 2015, des exercices avaient eu lieu pour inciter les élèves à se barricader dans leur classe en cas d’intrusion. Le site du Ministère de l’Éducation nationale détaille à l’envie, plaquettes pédagogiques à l’appui, les consignes de sécurité à appliquer dans tous les établissements scolaires placés en « vigilance renforcée » et même en « alerte attentat » pour ceux d’Ile-de-France et des Alpes-Maritimes.

Le risque d’attentat semble désormais être devenu la priorité numéro 1 de tous les établissements scolaires et des exercices attentat-intrusion se sont déroulés dans la plupart des écoles, collèges et lycées du pays mi-octobre, histoire de frapper les esprits juste avant les vacances de la Toussaint !blog352_phreunion

Le bilan de ces exercices sera, n’en doutons-pas, examiné à la loupe par les technocrates du Ministère et leurs multiples conseillers techniques en prévention et en communication. La Presse s’est néanmoins fait échos de certains exercices manifestement mal maîtrisés comme celui qui s’est déroulé au collège Lise Ophion en Guyane où les forces de l’ordre n’avaient pas été prévenues. L’arrivée de faux terroristes cagoulés, en réalité des agents du personnel enseignant, a déclenché une belle panique et il a fallu toute la persuasion des gendarmes arrivés en renfort pour calmer les élèves devenus hystériques et soigner ceux qui s’étaient blessés en voulant s’enfuir : manifestement, les consignes de prévention avaient été mal assimilées et il va falloir réviser… Un autre exercice organisé le 4 octobre par le Port de Calais (hors milieu scolaire donc) avait lui-aussi failli tourner au drame suite à l’intervention inopinée des forces de l’ordre prêts à tirer dans le tas en croyant à une véritable attaque terroriste. Être dans un pays en guerre comporte effectivement certains dangers, même quand on se contente de faire des exercices…

Ceci dit, les exercices attentat-intrusion qui se sont déroulés cette semaine, ont plutôt dans l’ensemble tourné à la franche rigolade, même si certains élèves en sont sortis légèrement ébranlés. Un reportage de La Voix du Nord raconte ainsi comment s’est déroulé l’exercice au collège Jean Moulin. Tout y avait été soigneusement préparé par l’équipe enseignante. Élèves et parents d’élèves étaient prévenus pour éviter toute réaction inappropriée mais le signal de déclenchement avait été codé « L’élève Myriam Dupont est arrivée au bureau de la CPE ».

blog351_dessinexerciceAu signal, chaque enseignant était tenu de fermer la porte de la classe, de la bloquer avec un bureau, d’éteindre la lumière et de demander aux élèves de se mettre au sol sans bouger en attendant la fin de l’alerte. Certains ne peuvent s’empêcher de ricaner mais la prof les recadre et la tension monte d’un cran quand des pas se font entendre dans le couloir, que quelqu’un tente d’ouvrir la porte. Là, on ne rigole plus et celui qui ne peut s’empêcher de tousser se fait tancer par ses camarades apeurés…

L’exercice a duré 20 minutes et manifestement, les élèves de ce collège en sont sortis vaguement inquiets. Les enseignants aussi, qui ont constaté à cette occasion que les portes de deux des salles de classe ne fermaient pas à clé… Certains des élèves affirment d’ailleurs qu’en cas de véritable attaque ils n’auraient certainement pas pu s’empêcher de paniquer et de tenter de sauter par la fenêtre plutôt que de rester sagement allongé dans le noir et en silence, à attendre que tout se termine. Acquérir les bons réflexes et les appliquer en cas de crise n’est pas si naturel qu’on pourrait le croire…

Après l'exercice, le défoulement sur les réseaux sociaux… (photo Fotolia)

Après l’exercice, le défoulement sur les réseaux sociaux… (photo Fotolia)

Dans l’Eure et en Seine-Maritime, où la plupart des établissements scolaires ont procédé à l’exercice attentat-intrusion le jeudi 13 octobre, les réflexions recueillies auprès des élèves par Normandie Actu sur les réseaux sociaux ne manque pas d’intérêt non plus, ainsi que celles émises par un groupe de collégiens sur le blog du Monde des collégiens. On y retrouve le côté potache des élèves qui confirment que l’exercice avait été suffisamment annoncé pour ne créer aucune surprise lors de son déclenchement, sinon par le choix du signal utilisé : « Au début, on a cru qu’un chat maléfique s’était emparé du micro et s’était mis à miauler. Mais non, c’était l’alarme en cas d’intrusion ».

Le début amuse tout le monde : c’est le branle-bas de combat, il faut éteindre la lumière, bloquer les portes en poussant les tables, se coucher par terre ou sous les tables : « Nous sommes assis par terre. Chacun veut choisir sa place (nos chances de survie diminuent) », « Ce matin à l’alerte attentat on rigolait tous on prenait des snaps », « Nous apercevons notre professeur en train de ramper par terre. Il faut fermer les yeux et respirer profondément plusieurs minutes pour ne pas céder au besoin irrésistible de rire ».

En cours d'exercice (photo parue dans La Voix du Nord)

En cours d’exercice (photo parue dans La Voix du Nord)

Ensuite, c’est l’ennui qui gagne car l’exercice se prolonge : « On joue à pierre-feuille-ciseau. La prof nous toise de son regard de fer », « Il ne se passe rien. C’est pas très intéressant, là non plus. Ah, si : sous les tables, coincés dans une position très peu confortable, nous avons une vue imprenable sur tous les chewing-gums en décomposition des années 2000 (il paraît même que quelqu’un est resté collé à la table par les cheveux) », « je me suis tapé une sieste de 30min pdt le PPMS c‘est plutôt cool », « Déjà le truc de ppms, rien foutre pendant une heure c’était grave long », « On commence à s’impatienter. Forte envie de faire des bruitages (dans la salle à côté, il ont dépassé le stade de l’envie) ».

Confinement des élèves pendant l'exercice (photo I. Louvrier / Sud-Ouest)

Confinement des élèves pendant l’exercice (photo I. Louvrier / Sud-Ouest)

Manifestement, tous les enseignants n’ont pas mis le même zèle pour préparer l’exercice : « Mdr en #ppms le directeur à enfoncer la porte », « La prof nous fait sauter par la fenêtre pour faire le ppms », « Dans tous les snaps ya tlm en #ppms et nous on est assis le prof nous raconte sa vie, et cherche les directives sur internet bah ». « Pendant le PPMS le lycée a coupé tout le réseau c’était galère » mais ailleurs : « je tweet en direct de sous une table, le PPMS c’est beau ».

En tout cas, l’angoisse n’est jamais très loin, surtout quand l’exercice devient un peu trop réaliste : « Quelqu’un se cogne la tête contre une chaise (dans un jeu, on aurait perdu une vie). Sous la porte, nous voyons l’ombre de pas dans le couloir », « On fait l’exercice d’alerte attentat au lycée, on est tous silencieux et là t’a une meuf elle pète en plein ppms et qui dit désolée, c’est le stress », « Au ppms on avait tellement peur avec Mathilde qu’on se donnait la main ». Entre angoisse et fous rires, l’intrusion de l’état de guerre en milieu scolaire ne va pas de soi…

L.V.  LutinVert1Small

Paul Bismuth : le retour du vengeur masqué…

31 août 2016

La réalité dépasse parfois la fiction. On n’avait jamais vu une histoire aussi rocambolesque depuis le scandale du Watergate qui avait finalement acculé le président américain Richard Nixon à la démission, à l’issue d’un festival de tricheries et de mensonges ! Pendant plusieurs semaines début 2014, l’ancien Président de la République Nicolas Sarkosy et son avocat Philippe Herzog avaient été placés sur écoute, sur requête du juge d’instruction en charge de l’enquête sur un éventuel financement illicite, par le dictateur libyen Muammar al-Kadhafi, de la campagne présidentielle du RPR en 2007. Ce financement n’a pas pu être prouvé à ce jour malgré les témoignages accablants de certains anciens hauts dignitaires du régime libyen, le principal intéressé ayant été purement et simplement assassiné avec l’aide des forces armées françaises lors de leur intervention musclée dans ce pays en 2011, sur ordre du même Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy et son ex avocat Thierry Herzog (montage MaxPPP)

Nicolas Sarkozy et son ex avocat Thierry Herzog (montage MaxPPP)

Mais l’ancien Président, manifestement averti de ce risque d’écoute judiciaire, s’est comporté dans cette affaire comme un vulgaire voyou en s’offrant un autre portable sous le faux nom de Paul Bismuth pour continuer à communiquer en toute discrétion avec son avocat, tandis que les deux compères se moquaient allègrement des enquêteurs en feignant de tenir, sur leur portable habituel, de pseudos conversations officielles. La ficelle était un peu grosse et le délinquant a été vite démasqué, d’autant que les écoutes en question ont permis de lever un nouveau lièvre qui risque de valoir à l’ancien Président et à son avocat le renvoi en correctionnelle pour corruption active et trafic d’influence, avec un risque d’inéligibilité à la clé, rien de moins !

Ces écoutes sont en effet accablantes puisqu’elles mettent en évidence, sans le moindre doute possible, les manigances des deux acolytes pour obtenir, de la part d’un haut magistrat de la Cour de cassation des informations confidentielles sur un autre dossier judiciaire en cours (encore un !), dans le cadre cette fois de l’affaire Bettencourt. En échange, Nicolas Sarkozy promettait tout simplement d’user de son influence pour obtenir à ce magistrat un poste prestigieux à Monaco.

Dessin de Jiho, publié dans Marianne

Dessin de Jiho, publié dans Marianne

C’est sur la foi de ces écoutes téléphoniques que l’ancien Président et son avocat avaient été logiquement mis en examen en juillet 2014 après une garde à vue plutôt inhabituelle pour un ancien chef d’Etat. Cela tombait assez mal pour Nicolas Sarkozy, déterminé à revenir en politique malgré ses affirmations énoncées devant les caméras du monde entier et la main sur le cœur, après sa défaite aux élections présidentielles de 2012 : « vous n’entendrez plus parler de moi… ». Il est vrai que l’homme affirme avoir changé comme il l’explique longuement dans le livre qu’il a publié en début d’année, suivi quelques mois plus tard d’un nouvel opus intitulé cette fois Tout pour la France. Son obsession semble maintenant être de revenir au premier plan de la scène politique française, manifestement plus pour satisfaire son ego personnel et se venger de ceux l’en ont évincé que pour mettre en oeuvre un véritable programme politique cohérent.

FRANCE-POLITICS-LR

Pas question du coup de baisser les bras. Depuis, l’avocat d’affaire Nicolas Sarkozy se débat comme un beau diable avec l’aide de nombreux ténors du Barreau qui ne brillent pas forcément par leur objectivité, pour faire croire que ces écoutes seraient illégales et le reflet de méthodes dignes de la Stasi, l’ancienne police politique d’Allemagne de l’Est, sous l’égide de magistrats retords, appelés affectueusement dans ses conversations enregistrées « ces bâtards de Bordeaux ».

Dessin de Placide (http://www.leplacide.com/)

Dessin de Placide (http://www.leplacide.com/)

Malheureusement, le 7 mai 2015, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a validé l’essentiel de la procédure, estimant que les écoutes en question étaient parfaitement légales. Aussitôt, branle-bas dans le Landerneau sarkosyste qui dépose en toute urgence un recours devant la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire française. Pas de chance, celle-ci a confirmé le 22 mars 2016 l’analyse des magistrats instructeurs, ouvrant la voie à un prochain procès malgré les menaces du nouvel avocat de Sarkozy, Maître Patrice Spinosi, qui estime, avec un grand sens de la mesure, qu’une telle décision risquait d’entraîner la condamnation de la France devant la Cour européenne des droits de l’homme…

Dessin de Alain Goutal (http://goutal.over-blog.com/)

Dessin de Alain Goutal (http://goutal.over-blog.com/)

En attendant, le clan Sarkozy s’est dépêché d’introduire pas moins de quatre recours en nullité pour bloquer la procédure, le temps que son champion puisse tranquillement déclarer sa candidature pour la prochaine élection présidentielle. On savait déjà que les motivations des candidats à la magistrature suprême étaient diverses mais on avait rarement vu quelqu’un briguer aussi ouvertement à la fonction pour obtenir l’immunité judiciaire qui l’accompagne. Jacques Chirac et surtout Silvio Berlusconi, avec lequel Nicolas Sarkozy ne manque pas d’accointances, avaient certes déjà ouvert la voie, et avec succès, ce qui peut expliquer que l’ancien Président soit aussi confiant. Reste à savoir si les Français seront assez naïfs pour le suivre…

Dessin de Soulcié, publié dans Marianne

Dessin de Soulcié, publié dans Marianne

Qualifié par Marianne de « candidat à l’immunité présidentielle », Nicolas Sarkozy n’a en tout cas plus de souci à se faire, même s’il reste sous le coup de nombreuses autres affaires judiciaires, dont une accusation grave de  à la loi électorale, liée au financement de sa dernière campagne présidentielle en 2012. Comme l’a expliqué doctement Le Monde dans un article de mai 2016, il  a définitivement gagné sa course de lenteur contre les juges qui ont pourtant bouclé leur instruction depuis belle lurette mais qui, du fait de tous les recours déposés par ce justiciable hors norme, ne pourraient désormais le convoquer qu’au mieux en octobre prochain pour un procès qui ne pourrait pas se tenir avant début 2017 : totalement inenvisageable au vu du calendrier de la primaire et des prochaines échéances électorales ! L’insaisissable Sarkozy s’est bel et bien joué de la Justice de son pays, lui qui réclame depuis toujours une application implacable et sans délai de la loi pour tous les délinquants…

L.V.  LutinVert1Small

Jeux Olympiques 2016 : Rio, c’est fini !

23 août 2016

Blog335_LogoAprès 15 jours de compétition, les jeux olympiques de Rio viennent de se clôturer par une cérémonie grandiose dans le stade mythique de Maracana. En attendant ceux de 2020 qui se dérouleront à Tokyo, il est temps de revenir sur quelques moments de ces 31ème Olympiades, au travers de dessins d’humeur parus dans la presse. Une petite rétrospective totalement subjective sur un de ces grands événements qui captivent une bonne partie de la planète !

Le virus Zika, terreur des JO de Rio…

Le virus Zika, terreur des JO de Rio…

Avant le début de ces jeux, tous les projecteurs du monde entier étaient braqués sur ces chantiers brésiliens qui accumulaient du retard et pour lesquels chacun prédisait que rien ne serait prêt à temps. Et puis s’est déclenchée l’épidémie de zika transmise par certains moustiques et à l’origine de malformations congénitales chez le fœtus, de troubles neurologiques et de paralysies. Le Brésil étant l’un des foyers les plus touchés et malgré les efforts du gouvernement pour démoustiquer tout en s’efforçant de minimiser le risque, l’inquiétude est montée d’un cran, au point de convaincre plusieurs sélectionnés d’éviter de faire le déplacement …

Propagation alarmante du virus Zika avant les jeux (dessin de Brandan, paru dans le Business Day)

Propagation alarmante du virus Zika avant les jeux (dessin de Brandan, paru dans le Business Day)

Ajoutez à cela les révélations sur les athlètes russes confondus par l’Agence mondiale antidopage de dopage à grande échelle, organisé méticuleusement par la fédération russe d’athlétisme, mais sauvés in extremis grâce à la mansuétude du CIO alors qu’il était question d’exclure de la compétition l’ensemble des sportifs de ce pays, et voilà un cocktail idéal pour inspirer les humoristes du monde entier…

Blog335_D1_Dopage

Pour la cérémonie d’ouverture des jeux, de nombreux responsables politiques avaient fait le déplacement, parmi lesquels le roi des Belges et son épouse, et ceci en plein épisode rocambolesque de destitution de la présidente brésilienne. Mais pas question pour autant que le Brésil n’offre au reste du monde le spectacle de la misère dans les favelas…

Pendant les JO, la vie dans les favélas continue, de préférence loin des regards indiscrets… (dessin d’Oli)

Pendant les JO, la vie dans les favélas continue, de préférence loin des regards indiscrets… (dessin d’Oli)

Pour ces premiers jeux olympiques à se dérouler au Brésil, plus de 11 000 sportifs étaient en compétition, appartenant à 204 nations différentes. Au total, 28 sports différents étaient au programme avec, comme à chaque fois, des nouveautés. C’est ainsi que ces Olympiades de Rio ont vu apparaître pour la première fois le rugby à sept et même le golf. A quand les épreuves olympiques de pétanque ?

Le golf nouvelle discipline olympique (dessin d’Olivero)

Le golf nouvelle discipline olympique (dessin d’Olivero)

Le voile autorisé aux jeux olympiques ? (dessin de Chrib)

Le voile autorisé aux jeux olympiques ? (dessin de Chrib)

L’ombre des attentats terroristes d’inspiration islamiste planait sur ces jeux comme sur l’ensemble des grands rassemblements médiatisés. Pas d’attentat revendiqué par DAECH pourtant, mais les polémiques sur le voile islamique étaient présents dans de nombreuses têtes, à Rio comme ailleurs…

Le 100 m papillon aux jeux olympiques sous la menace islamiste (dessin de Cambon)

Le 100 m papillon aux jeux olympiques sous la menace islamiste (dessin de Cambon)

Les jeux olympiques, c’est l’esprit de compétition mais aussi le dépassement de soi, parfois poussé à l’extrême, comme dans le cas du Français Yohann Dinitz, dont le calvaire en finale du 50 km marche a ému le monde entier. C’est aussi l’esprit d’équipe, la solidarité voire la main tendue à l’adversaire pour l’aider à se relever.

C’est aussi parfois le pire, avec ce public chauvin qui conspue lamentablement le sauteur à la perche Renaud Lavillenie. Ce sont aussi des individualités qui crèvent l’écran comme cet haltérophile des iles Kiribati qui fait le pitre et esquisse quelques pas de danse, même après avoir échoué dans son épreuve. Où le sprinter américain Usain Bolt qui sourit tranquillement en demi-finale du 100 m en se retournant vers ses adversaires laissés loin derrière !

Usain Bolt, l’extraterrestre qui surclasse ses adversaires (dessin de Fix dans l’Indépendant)

Usain Bolt, l’extraterrestre qui surclasse ses adversaires (dessin de Fix dans l’Indépendant)

La France est finalement repartie de Rio avec une belle moisson de médailles : 42 dont 10 en or, ce qui est inespéré après les contre-performances du début et certains échecs cuisants et inattendus !

Un record de médailles pour la France qui pourtant râle toujours (dessin de Deligne)

Un record de médailles pour la France qui pourtant râle toujours (dessin de Deligne)

On est certes loin du score des Américains ou même des Anglais qui se sont surpassés avec 67 médailles dont 27 en or… Mais on saluera quand même la performance de certains pays qui à l’occasion de ces jeux ont décroché leur première médaille d’or olympique de leur histoire, comme c’est le cas du Vietnam, de la Jordanie ou de la Côte d’Ivoire. Même s’il est bien connu que l’important c’est de participer, la victoire ne laisse jamais personne indifférent…

L.V. LutinVert1Small

Conseil municipal au banc d’essai du Ravi

20 août 2016

Le Ravi, c’est ce mensuel provençal satirique qui décortique l’actualité régionale sans parti pris (sinon peut-être contre le Front National et sa vedette locale, Marion Maréchal-Le Pen surnommée « nous voilà »), mais en tout cas sans ménagement ni retenue.Blog334_PhRavi

Parmi ses rubriques, ceux qui s’intéressent encore à la vie politique locale (il paraît qu’il en existe encore…) liront avec délice la rubrique intitulée « Contrôle technique de la démocratie ». Chaque mois, un journaliste du Ravi teste incognito le déroulement d’un conseil municipal ou d’une assemblée délibérante, et en relate les moments forts, comme si vous y étiez. Rappelons au passage qu’un conseil municipal est un spectacle gratuit et que chacun peut y assister à sa guise, la seule contrainte étant d’en connaître les dates à l’avance (à Carnoux, cela relève du délit d’initié…) et de ne pas s’endormir avant la fin car la qualité des dialogues laisse parfois à désirer.

Les journalistes du Ravi n’en ont donc que plus de mérite à rendre captivant les  conseils municipaux auxquels ils font l’effort d’assister régulièrement et dont ils rendent compte avec beaucoup d’humour et de finesse : une belle leçon de démocratie, pas toujours très flatteuse pour nos élus locaux !

Caricature parue dans Le Ravi

Caricature parue dans Le Ravi

En février dernier, c’était la ville de La Ciotat qui recevait la visite du Ravi, alors que le maire Patrick Boré était sous le coup de mystérieuses menaces de mort et que de curieux plaisantins au sang un peu chaud s’amusaient à tirer sur la porte de la mairie : rien que de très classique dans une commune où le principal d’un collège avait été assassiné en 2003 sur le parking de son établissement sans que son meurtre ne soit jamais élucidé…

Ce jour-là pourtant, au conseil municipal, il ne sera pas question des mystérieux mitraillages qui visent certains élus malgré les 113 caméras de vidéosurveillance présentes en ville. Parmi les délibérations prises, Le Ravi note avec bonheur que le maire s’octroie une petite augmentation de ses frais de représentation qui passent à 13 000 €, juste compensation sans doute de ses petites frayeurs récentes. A l’élu frontiste qui l’interpelle pour savoir ce qu’il compte faire de tout cet argent, le pharmacien Patrick Boré lui répond « Si je fais une coloscopie, il faut que je vous communique les résultats ? ». Un échange tout en finesse et en courtoisie…

Il faut dire que le même élu FN avait passablement énervé le maire en réclamant d’entrée à voir les procurations confiées aux membres présents de la majorité municipale. Il reviendra à la charge plusieurs fois tout au long du conseil municipal tandis que le maire « machouille délibérement son chewing gum ». Mais aux réponses évasives du début (« Vous les aurez, on est en train de les vérifier »), succèdent les rappels à l’ordre (« C’est infernal, asseyez-vous, on vous les donnera. Ce n’est pas vous qui allez me donner des leçons de démocratie ») puis le coup de colère final (« Ça ne s’arrêtera pas ! Soit vous faites un recours soit vous arrêtez, ça suffit à la fin »). On ne saura jamais ce que cachent ces fameuses procurations…

Le 17 mars 2016, le Ravi était présent également pour assister à la seconde élection de Jean-Claude Gaudin à la tête de la nouvelle métropole Aix-Marseille-Provence après le faux départ du 9 novembre 2015 et les multiples recours qui s’en sont suivis. Le décor est planté : « 240 élus se pressent au palais du Pharo à Marseille. La salle est carrée, Gaudin tout en rondeur ». Maryse Joissains qui, jusqu’à la veille avait tout fait pour que la métropole ne voit jamais le jour explique de manière pédagogique son brusque revirement : «  Mes ouailles vont payer. Mieux vaut être dedans pour récupérer le pognon. Mais je vais me battre de l’intérieur. Parce que la métropole, ça reste une vaste connerie !  ». Au moins, sa position est claire…

Rélection de Jean-Claude Gaudin le 17 mars 2016

Réélection de Jean-Claude Gaudin le 17 mars 2016

Après l’élection du nouveau président, et pour la suite des votes, « chacun reçoit une calculette orange dont un technicien, diapo à l’appui, livre le mode d’emploi. Gaudin, paumé : Va falloir réexpliquer ! Après deux tests, Gaudin prévient : Faut pas se tromper ! Election du 1er vice-président. Seule candidate : Martine Vassal. La patronne LR du Conseil départemental rafle 186 voix. Et Gaudin de citer une devise dont il a le secret : Allié, oui, vassal, non !  ». Presque du Pagnol dans le texte !

Plus tard, alors que « Gaudin rappelle à Joissains, à propos d’une disposition, que C’est la loi, l’Aixoise rétorque : Ça va, on est à Marseille !  ». Effectivement, on avait failli l’oublier…

Le maire d’Aubagne, Gérard Gazay (dessin de Trax pour Le Ravi)

Le maire d’Aubagne, Gérard Gazay (dessin de Trax pour Le Ravi)

Le 25 mai, c’est à Aubagne que le Ravi est allé tâter le pouls de la démocratie locale, dans la salle polyvalente du Bras d’or, où se tiennent désormais les réunions du conseil municipal, sous le Mac Do. La carrière politique du maire actuel, Gérard Gazay, un ancien d’IBM, devenu brusquement maire d’Aubagne puis quasi simultanément vice-président du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille, impressionne manifestement le Ravi qui, pour consulter sa biographie, a dû aller fouiller sur le site du Cercle des Libéraux, création d’Alain Madelin et soutien indéfectible de Donald Trump, tout un programme…

Comme d’habitude, le Ravi plante le décor : « A Aubagne, c’est comme à l’assemblée nationale : l’extrême-droite est à l’extrême-droite de la table du conseil et la gauche à gauche ». Au menu de ce conseil municipal, il ne s’agit rien de moins que de changer le nom de la commune que le maire souhaite désormais appeler Aubagne-en-Provence ! Pour Gérard Gazay, «  L’intérêt est évident pour le développement de notre ville  ». Denis Grandjean s’étonne de cette démarche qui rappelle furieusement celle des époux Mégret, lesquels avaient tenté la même manœuvre lorsqu’ils étaient à la mairie de Vitrolles. En tout cas, l’opposition concède au maire d’Aubagne qu’il s’agit pour l’instant de sa seule promesse de campagne tenue…

Gérard Gazay lors d’une séance du conseil municipal en juillet 2016 (photo © La Marseillaise)

Gérard Gazay lors d’une séance du conseil municipal en juillet 2016 (photo © La Marseillaise)

Les passes d’arme entre Gérard Gazay et Magali Giovannangeli ne manquent pas de sel et on constate que le maire s’agace très vite des observations de son opposition. Toute comparaison avec la situation d’une autre commune voisine ne serait bien évidemment que purement fortuite… De même qu’il serait de mauvaise grâce de relever l’absence totale d’implication des élus frontistes dans les affaires de la ville. Le Ravi note néanmoins que l’élu FN « Nicolas Robine se réveille à l’occasion d’une petite salve de délibérations sur des partenariats entre la ville et l’université Aix-Marseille qui fait pourtant l’unanimité. «  Comme on est hors compétence, je ne prendrai pas part au vote  », annonce le jeune frontiste. Par manque de compétences ? ».

A lire sans modération sur le site du Ravi

L.V. LutinVert1Small

En Tchétchénie aussi, chacun cherche son chat…

26 juillet 2016

Le président tchétchène, l’aimable autocrate Ramzan Kadyrov, mondialement connu pour sa conception assez singulière des Droits de l’Homme et de la démocratie, a perdu son chat. Comme il n’a pas l’habitude de faire dans la discrétion, il en a aussitôt fait part à la Terre entière via son compte Instagram qu’il alimente de manière compulsive avec des photos et des videos le montrant aux côtés de dirigeants du monde entier (en fait surtout de Vladimir Poutine, son mentor, qu’il adore arborer en effigie sur son tee shirt), soulevant de la fonte dans une salle de sport, visitant des usines d’un autre âge ou attrapant à mains nues la gueule d’un crocodile.

Le président tchétchène, Ramzan Kadyrov

Le président tchétchène, Ramzan Kadyrov

Un compte qui serait suivi par près de 1,8 millions de followers ! Un véritable succès d’audience donc pour ce chef de guerre hors normes, à l’air patibulaire et parfois bizarrement accoutré, mais qu’il vaut mieux ne pas trop chatouiller. Ses principaux opposants et quelques défenseurs des Droits de l’Homme qui avaient la prétention de travailler en Tchétchénie en ont fait les frais et ont mystérieusement disparu, retrouvés pour certains proprement assasinés dans le coffre de leur voiture, sans que la Justice ne puisse élucider par quel mystère ils ont bien pu en arriver là…

Ramzan Kadyrov et Vladimir Poutine

Ramzan Kadyrov et Vladimir Poutine

Boris Nemtsov, qui avait cru pouvoir s’opposer à Vladimir Poutine et qui a été malencontreusement assassiné le 27 février 2015 près de la Place rouge, compterait aussi au nombre des victimes de l’excès de zèle du président tchétchène en exercice. Les principaux suspects dans cette affaire font d’ailleurs partie de la garde rapprochée de Ramzan Kadyrov, lequel avait promis en 2002 de tuer Boris Nemtsov qui lui reprochait sa participation active dans la guerre du Donbass. L’avocat de la famille Nemtsov tente de défendre la thèse selon laquelle le président tchétchène serait le commanditaire du crime : on espère pour lui qu’il prend les précautions nécessaires pour assurer sa propre sécurité !

Dans l’un de ses derniers articles publié le 11 septembre 2006, la journaliste assassinée Anna Politkovskaïa, dont on cherche toujours (bien que mollement) les commanditaires du crime, écrivait : « Qu’est-ce que le syndrome Kadyrov ? On peut le caractériser par les traits suivants que sont l’insolence rustre et la cruauté masqués par du courage et de l’amabilité. En Tchétchénie, les kadyrovtsy frappent les hommes et les femmes à partir du moment où ils pensent que c’est nécessaire. Ils les décapitent de la même façon que leurs ennemis wahhabites. Et tout ceci est justifié et commenté par les plus hautes autorités comme des détails permettant de placer les Tchétchènes en faveur de la Russie ».

Le président tchétchène Ramzan Kadyrov le 23 mars 2014 à Abu Ghosh (photo M. Kahana / AFP)

Le président tchétchène Ramzan Kadyrov le 23 mars 2014 à Abu Ghosh (photo M. Kahana / AFP)

Car le président tchétchène fait en effet partie de ceux qui s’opposent aux fondamentalistes islamistes, d’où sa grande proximité avec le pouvoir russe. Son père, Akhmad Kadyrov, ancien grand mufti fut lui-même président de la république de Tchétchénie de 2003 jusqu’à son assassinat le 9 mai 2004. A cette date, son fils est naturellement nommé vice-Premier ministre de la République de Tchétchénie. A la tête des services de sécurité de la présidence, les fameux kadyrovtsy, une milice de 5000 hommes qui n’ont pas l’habitude de faire dans la dentelle, le jeune Ramzan s’engage alors dans une lutte pour le pouvoir auquel il accède en décembre 2005, suite à un malheureux accident de voiture du Premier ministre Sergueï Abramov, lequel finit par démissionner le 28 février 2006.

Depuis, Ramzan Kadyrov détient la réalité du pouvoir en Tchétchénie, s’appuyant sur les forces armées qu’il contrôle et sur le soutien que lui apporte Vladimir Poutine dans sa politique anti-wahhabite, tout en prônant une islamisation des mœurs et des coutumes tchétchènes dans un esprit très nationaliste,

A chacun son tigre...

A chacun son tigre…

Comme son modèle Poutine qui adore diffuser des vidéo viriles le montrant en train de chasser l’ours ou le tigre, Ramzan Kadyrov se complaît à montrer sur son compte instagram des documents mettant en valeur son courage et sa force physique, histoire d’assoir son autorité face à d’éventuels opposants. Mais en bon élève du Petit Père des Peuples, le jovial Joseph Staline, il aime bien aussi se montrer en compagnie d’enfants déguisés en costume traditionnel ou entourés d’animaux, prenant dans ses bras un agneau ou un tigre, c’est selon…

Plusieurs médias internationaux dont le Huffington Post en mai 2013, s’étaient déjà -gentiment- moqués de cette propension du président tchétchène à se mettre ainsi en scène, y compris avec certaines stars dont notre Gérard Depardieu national, mais aussi avec un certain Bekkhan Ibragimov, un aimable tchétchène impliqué dans le meurtre en 2010 d’un supporter russe de football.

Blog326_PhChatLorsque le président Kadyrov a affiché sur son compte Instagram un appel international à témoins pour signaler qu’il venait de perdre son chat, disparu du domicile depuis 10 jours, l’histoire n’est donc pas passé inaperçue. Elle a fait les gorges chaudes de nombreux internautes, profitant de la situation pour demander au président des nouvelles d’autres personnes mystérieusement disparues récemment en Tchétchénie. Elle a même été exploitée par certains humoristes dont le Britannique John Oliver dans son émission Last Week Tonight, ainsi que l’a révélé Libération.

Le message du délicieux Ramzan était pourtant libellé de manière très anodine : « Nous avons perdu notre chat. Il ressemble à un petit tigre. Il a disparu il y a dix jours. Nous pensions qu’il allait réapparaître car il est vraiment attaché à nos enfants et aime jouer avec eux. Mais nous commençons à être sérieusement inquiets. Peut-être qu’il est avec quelqu’un aux alentours et que cette personne ne saurait pas comment retrouver ses propriétaires. Je suis sûr que personne n’a besoin du chat de quelqu’un d’autre. Nous serions reconnaissants pour n’importe quelle information. Merci d’avance ». Un conseil en tout cas à celui qui trouvera le chat de Ramzan Kadyrov et qui serait tenté de le garder plutôt que de le rendre à son légitime propriétaire, mieux vaudrait qu’il reste discret car les représailles pourraient être terribles…

L.V.  LutinVert1Small

De drôles d’oiseaux bien impertinents…

29 mai 2016

Chacun connaît ces petits passereaux bleutés, ressortissant comme il se doit des États-du-Nid, toujours perchés sur leur fil télégraphique et dont la seule occupation apparente consiste à deviser de tout et de rien, avec un cynisme et un humour grinçant qui bien souvent fait mouche !

On connaissait les brèves de comptoirs qui permettent de faire dire aux piliers de bars un peu émechés ce que beaucoup pensent tout bas sans forcément oser le formuler tout haut tout en n’étant pas fâché de l’entendre exprimé par d’autres… C’est un peu le même rôle d’exutoire social que jouent ces petits volatiles aussi bleutés qu’impertinents qui, l’air de rien et tout en restant bien souvent plongés dans la lecture de leur journal quotidien, font preuve d’un humour grinçant et ravageur, en prise directe avec l’actualité.

Car la particularité de ces personnages de bande dessinée, créée en 2009 par Nicolas Demange et illustrée par Adeline Ruel, c’est qu’ils se développent sur un site d’humour collaboratif où chaque internaute peut apporter sa pierre. En quelque sorte une BD en kit à réaliser soi-même et à faire ensuite partager…

Un véritable kit pour écrire sa propre BD... (copyright N. Demange)

Un véritable kit pour écrire sa propre BD… (copyright N. Demange)

En fonction de l’actualité ou du calendrier, de nouveaux Birds sont mis à disposition des internautes pour attiser leur créativité, et ça marche ! La communauté compte déjà 17 000 inscrits qui publient en moyenne 100 000 nouvelles vignettes par an… Bien sûr, seules les meilleures trouvailles sont mises en ligne quotidiennement sur le site officiel de Birds à raison d’une moyenne de 70 nouvelles BD chaque jour !

Blog307_PhCouvertureUn succès incontestable donc, qui a bien évidemment fait l’objet d’une publication, éditée par Michel Lafon et disponible en librairie depuis octobre 2015, le livre « BirdsDessinés : le Best-Of » qui contient plus de 600 BD soigneusement sélectionnées par le créateur du site, Nicolas Demange, mis en page par l’illustratrice des Birds, Adeline Ruel, mais dont les scénarios émanent d’une centaine d’auteurs distincts, contributeurs du site collaboratif. Une bien belle utilisation des réseaux sociaux qui montre que si l’union fait la force, la collaboration peut aussi contribuer à la bonne humeur.

Et comme un bon dessin vaut mieux qu’un long discours, ne resistons pas au plaisir de présenter ici quelques-unes de ces BD, en renvoyant naturellement au site et aux publications des auteurs pour en découvrir davantage !

Blog307_PhSurveillance

Blog307_PhHandicap

Blog307_PhPrivileges

Blog307_PhChauvesSouris

Blog307_PhWiFi

Blog307_PhLoiTravail

Blog307_PhEcole

L.V.  LutinVertPetit

Gendarmerie de Carnoux : le Major qui voudrait être Général…

16 mai 2016

Le Major Jean-Daniel Sarkissian, inénarrable responsable depuis des années de la brigade de gendarmerie de Carnoux-en-Provence, adore communiquer. Il inonde de courriels les voisins vigilants de son secteur à partir de sa boite professionnelle du Ministère de l’Intérieur. Ses messages sont toujours écrits dans une syntaxe un peu approximative mais font preuve d’un humour potache à se rouler par terre, au point qu’on se demande comment on arrivait à se distraire avant son arrivée à Carnoux, à l’époque pas si lointaine où les militaires français étaient tenus à un certain droit de réserve et où l’Armée était surnommée « La Grande Muette ».

Le Major Sarkissian (photo © La Provence)

Le Major Sarkissian (photo © La Provence)

Heureusement, le Major Sarkissian a su surmonter ses inhibitions et n’hésite pas à faire part directement à la population locale qui l’adore, ses pensées les plus intimes y compris son souhait de monter en grade. La tactique du gendarme est habile : à force d’inonder toute la ville et au-delà avec ses messages à répétition, nul doute qu’ils devraient arriver aux oreilles attentives de ses supérieurs hiérarchiques. Le message en question a été inséré dans le dernier courriel en date, diffusé le vendredi 13 mai à 12h42 (à première vue, l’heure importe peu, mais sait-on jamais : le Major tient à la ponctualité et ne répétera jamais assez que dans son métier tout peut se jouer à la minute). Petit extrait de ces paroles mémorables :

« Il faut se dire que la communauté des gens qui volent tiennent un guide des communes bien surveillées et il faut que nous restions avec 4 étoiles – donc on compte sur vous pour acquérir la 5ème étoile – cela équivaut pour le Major au passage au Grade de Lieutenant directement avec une paye de Général. A ce moment là je vous offrirai à boire (De l’eau de CARNOUX EN PROVENCE ). iL FAUT QUE JE PENSE À LA LUTTE CONTRE L’INSÉCURITÉ ROUTIÈRE. Je compte sur vous les référents, adhérents sur l’importance de diffuser ce message de vigilance ».

L'oeil était sur la plaque et regardait Carnoux…

L’oeil était sur la plaque et regardait Carnoux…

Pour qui ne connaît pas le contexte, on pourrait penser à première vue que le Major cherche simplement à se pousser du col et à monter en grade, voire aspire à être davantage récompensé de son zèle incontestable par une rémunération plus en rapport avec son efficacité redoutable qui a fait de la commune de Carnoux-en-Provence le summum de ce qui existe en matière de sécurité urbaine, la ville la plus surveillée de France grâce à la mise en place d’un système de délation tel que l’espérance de vie d’un délinquant ou d’un simple suspect y est quasiment réduite à néant.

Le major l’explique d’ailleurs lui-même avec toute la pédagogie qui le caractérise, dans son même message :

« ce matin la Police Municipal de ROQUEFORT LA BEDOULE nous contacte pour nous signaler qu’elle a envoyé une patrouille sur le quartier la Cardeline car un riverain a constaté la présence d’un individu qui s’exprimait pas trop bien et qui cherchait une personne – Ce témoin signale que cela s’est produit il y a 30 mn – Il s’agit d’un quartier qui est placé sous panneau  » VOISINS VIGILANTS » avec une majorité de riverains qui arborent sur le devant de leur maison la mention d’appartenance à ce dispositif.

Pour ceux qui ont des soucis avec ce dispositif et qui déforment son utilisation à des fins personnelles je fais un rappel – Mettre une affiche « VOISINS VIGILANTS » c’est envoyer un message à des personnes qui rentreraient dans un quartier que sa durée de vie dans ce quartier est de 5 minutes ».

La brigade de gendarmerie de Carnoux (photo © La Provence)

La brigade de gendarmerie de Carnoux (photo © La Provence)

Le hic cependant c’est que certains habitants ont encore un peu de mal à appliquer les consignes du Major, ce qui a tendance à l’agacer quelque peu – c’est toujours le problème avec ces foutus civils qui réfléchissent trop au lieu d’agir… Alors, le Major répète encore une fois la leçon pour que chacun acquière les bons réflexes et appelle illico la gendarmerie dès qu’il aperçoit le moindre inconnu dans sa rue :

« Si on contacte les forces de police 30mn après – cela ne sert à rien car ces individus passent par les pistes – longent les propriétés et ils ont 10 mn pour sonner aux portails – pénétrer à l’intérieur et cambrioler – dans l’attente que nos politiques nous mettent à disposition des drones nous permettant de lancer une surveillance par les airs des quartiers on demande à la population de nous alerter à l’instant même pour nous permettre d’être réactif et de montrer aux personnes qui ont de mauvaises idées qu’ils ont intérêt à aller voir sur d’autres communes si l’air n’est pas meilleur.

je demande aux référents des quartiers de sensibiliser de nouveau les habitants sur l’importance de cet appel rapide – Quand cela est bien fait comme mardi à CARNOUX nous sommes efficaces quand à 2 reprises on l’apprend 30 mn après on ne peut pas être trop content ».

Le Major Sarkissian en mairie de Roquefort La Bédoule en novembre 2014 (photo © La Provence)

Le Major Sarkissian en mairie de Roquefort La Bédoule en novembre 2014 (photo © La Provence)

On comprend bien toute la frustration du Major de constater que certains habitants qui se disent pourtant vigilants en sont encore à hésiter avant de décrocher leur téléphone pour dénoncer le passage d’un individu suspect, surtout un peu basané ou, pire, osent encore laisser leur portail ouvert en pleine journée. Un véritable geste pousse au crime et qui laisse le major totalement désemparé.

Sans même parler de ceux qui lui font encore l’affront de quitter leur domicile sans avertir la gendarmerie que leur maison est vide et qu’il convient donc de la surveiller. Là c’est vraiment trop et le Major l’exprime sans détour : « A ce moment là je ne suis pas content et je le fais savoir ». On n’aimerait pas être à la place de ce voisin soi-disant vigilant qui a commis un tel manquement à la plus élémentaire des règles de sécurité !Blog58_Ph1

Car, en attendant les drones qui ne devraient pas tarder à survoler notre commune pour compléter l’action des caméras de vidéo-surveillance déjà largement déployées dans notre espace public, n’oublions-pas que la Gendarmerie nationale a d’abord et avant tout un rôle d’éducation. Et le Major Sarkissian, en visionnaire avisé, a déjà prévu toutes les éventualités, y compris celle que les plus hautes autorités du pays l’appellent à exercer ses talents sur des tâches d’une autre envergure (dès qu’il sera nommé lieutenant avec une paye de général, ce qui ne devrait guère tarder).

Le Major Sarkissian et ses équipes avec les maires de Carnoux et La Bédoule (photo © La Provence)

Le Major Sarkissian et ses équipes avec les maires de Carnoux et La Bédoule (photo © La Provence)

C’est pour parer à une telle éventualité qu’il s’efforce de mettre les bouchées doubles pour former les citoyens vigilants destinés à prendre la relève, ainsi qu’il l’explique lui-même : « Si demain dans un cadre de restructuration – d’économies – de regroupement de moyens on venait à vous enlever les gendarmes à CARNOUX A PROVENCE vous puissiez être prêts à repousser la délinquance par des moyens humains de vigilance. C’est important d’en prendre conscience et de faire en sorte de protéger ses biens et celui du voisin ».

Chacun à Carnoux bien entendu tremble que la commune puisse un jour vivre sans l’ombre tutélaire du Major Sarkissian. Faudra t-il alors pour se défendre contre le crime organisé qui rôde à nos portes mettre sur pied une véritable milice de citoyens prêts à tout pour se défendre contre toute intrusion étrangère ? En matière d’organisation de la sécurité publique, on pensait avoir quelque peu dépassé le stade du Far West mais ce n’est manifestement pas le cas de tout le monde dans les rangs de la Gendarmerie nationale…

L.V.  LutinVertPetit

Le coup de gueule de la citoyenne Nicole Ferroni

6 mai 2016

Ceux qui écoutent la matinale de France Inter ont déjà entendu cette voix gouailleuse et inimitable, au débit de mitraillette, qui s’exprime pendant quelques minutes le mercredi juste avant le journal de 9 h, celle de Nicole Ferroni dont les billets d’humeur, toujours bien tournés, sont généralement assez décapants.

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Fille de prof et elle-même agrégée, Nicole Ferroni a enseigné les sciences de la Vie et de la Terre à Luynes, Pertuis mais aussi dans les quartiers nord de Marseille avant de démissionner avec pertes et fracas de l’Education nationale en 2011, complètement écoeurée par les dérives au quotidien de l’institution. « Cette année, je ne manifeste pas, je démissionne », écrit-t-elle alors dans une lettre ouverte qui lui vaudra un portrait dans le Monde : « Je dois beaucoup à Sarkozy ! S’il n’avait pas supprimé des postes, dont le mien, je n’aurais peut-être pas imaginé une telle reconversion ».

Blo298_PhAfficheCette reconversion en question n’est pas banale puisque l’agrégée est devenue humoriste ! Elle pratiquait déjà le théâtre en amateur avec un certain succès et avait monté son propre one-woman-show, intitulé « l’oeuf, la poule ou Nicole ? » qu’elle a joué pour la première fois à Marseille fin 2010. Une reconversion parfaitement réussie donc pour cette jeune Aubagnaise qui participe avec succès à partir de février 2011 à l’émission de Laurent Ruquier « On ne demande qu’à en rire », avant de devenir chroniqueuse dans la matinale de Patrick Cohen sur France Inter depuis 2013 tout en montant ses propres spectacles humoristiques.

Certains de ses billets d’humeur resteront dans les annales comme celui du 16 décembre 2015 dans lequel elle faisait allusion, face au PDG de Véolia Antoine Frérot, aux pratiques de corruption qui parfois rendent les marchés de distribution d’eau un peu troubles : « Vous faites l’un des plus beaux métiers du monde : amener de l’eau. Et cette eau doit servir à arroser les plantes et moins les élus et les actionnaires car les actionnaires, ça ne pousse pas. Ou quand ça pousse, ça pousse le bouchon un peu trop loin ».

Le 14 avril dernier, Nicole Ferroni a posté sur sa page Facebook une courte vidéo de 2 mn 30, enregistrée dans son jardin, dans laquelle elle dénonçait une directive européenne en cours d’adoption et visant à réformer le droit des affaires. Un sujet on ne peu plus austère et a priori pas du genre à mobiliser les foules. Et pourtant, la vidéo en question, a été visionnée plus de 12 millions de fois en quelques jours, au point d’inspirer la rédaction d’un article du Monde afin d’expliquer les causes d’un tel succès…

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Il faut dire que le Parlement européen avait fait très fort en prévoyant d’adopter une directive destinée à renforcer encore le secret des entreprises quelques jours seulement après les révélations de l’affaire des Panama papers sur la création de comptes off shore dans un paradis fiscal… De nombreux lanceurs d’alerte avaient d’ailleurs mis en garde contre une telle décision totalement incongrue. La journaliste Elise Lucet, rédactrice en chef du magazine « Cash Investigation » avait lancé dès 2015 une pétition qui avait recueilli plus de 500 000 signatures de citoyens jugeant l’initiative dangereuse pour la démocratie car rendant de fait impossible le travail des journalistes enquêtant sur les pratiques illicites des multinationales.

La journaliste Elise Lucet défend sa pétition contre la directive, le 15 juin 2015 (photo ©A. Weiss / SIPA)

La journaliste Elise Lucet défend sa pétition contre la directive, le 15 juin 2015 (photo ©A. Weiss / SIPA)

C’est d’ailleurs ce qui a fait réagir Nicole Ferroni qui est tombée de sa chaise en écoutant les arguments surréalistes des eurodéputées Constance Le Grip et Virginie Rosière qui défendent la directive au prétexte que cela répondrait à une demande des PME. « C’est cela qui m’a le plus choquée parce que c’était hypocrite et démagogique. J’ai pas mal de proches qui sont des petits entrepreneurs et leur souci principal, ce n’est pas le secret des affaires ».

Constante Le Grip, députée française au Parlement européen, proche de Nicolas Sarkozy et porte-parole de la directive sur le secret des affaires

Constante Le Grip, députée française au Parlement européen, proche de Nicolas Sarkozy et porte-parole de la directive sur le secret des affaires

On se doute bien en effet que l’objectif d’une telle décision répond plutôt aux souhaits des multinationales et des actionnaires privés qui veulent pouvoir échapper tranquillement aux prélèvements fiscaux et faire leurs petites affaires tranquillement à l’abri de la curiosité malsaine du grand public. Pour vivre heureux, vivons cachés, telle est la devise des grands patrons qui redoutent avant tout d’avoir à s’expliquer au grand jour sur leurs pratiques managériales, leur stratégie commerciale ou leur niveau de rémunération…

Officiellement, le but de ce texte est en réalité de protéger les entreprises européennes contre l’espionnage industriel, ce qui part d’un bon sentiment, mais le texte est rédigé de telle sorte que des journalistes ou des asociations voulant alerter contre certaines dérives affairistes se trouveront du coup empêchés de le faire du fait de ce texte qui érige en dogme le secret des affaires. A l’heure où le secret bancaire commence enfin à se fissurer sous les coups de boutoirs portés par l’administration américaine, voila un bien mauvais signal de la part des instances européennes…

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Bien évidemment, les 12 millions de personnes qui ont visionné la vidéo de Nicole Ferroni n’ont pas spécialement ému nos eurodéputés qui ont voté le 14 avril la directive européenne à une très large majorité de 77 %. Et qu’on ne vienne pas dire que les Français ont fait de la résistance par rapport à leurs collègues européens ultralibéraux puisque les eurodéputés français, malgré les absents habituels, ont voté ce texte à 81%! Le détail de ce vote, analysé dans un article du Monde, montre que seuls les Verts et le Front de Gauche se sont opposés à ce texte, trois députés socialistes s’étant par ailleurs abstenus. Tous les autres, Renaud Muselier et le Front national en tête, ont voté comme un seul homme en faveur de ce renforcement de l’opacité dans le domaine économique.

Le résultat du vote...

Le résultat du vote…

« Mon boulot de chroniqueuse ne permet pas de changer les choses, mais de dire aux politiques qu’on n’est pas dupe, qu’on sait, qu’on les voit », considère Nicole Ferroni qui a tenu à diffuser sur sa page Facebook le détail du vote de nos représentants à Strasbourg. « Je suis un peu une alerteuse, je pointe du doigt ». Mission accomplie et de belle manière, même si ce genre de sursaut citoyen ne semble guère émouvoir nos représentants parlementaires ! Comme le rappelait le regretté Coluche, « Ca fait beaucoup marrer les gens de voir qu’on peut se moquer de la politique, alors que dans l’ensemble, c’est surtout la politique qui se moque de nous » .

L.V.  LutinVertPetit

Robert Ménard en croisade contre les crottes de chien…

1 mai 2016

Élu maire de Béziers en 2014, l’ancien journaliste Robert Ménard n’en finit pas de faire parler de lui. Il faut dire que l’homme a des idées sur tout, fruit d’un parcours pour le moins sinueux qui donne le tournis : issu d’une famille pied-noir et fils de militant OAS, son éducation religieuse a failli le conduire à la prêtrise. Il y renonce in extremis pour embrasser la cause anarchiste puis trotskiste avant d’adhérer à la Ligue communiste révolutionnaire qu’il quittera bientôt pour rejoindre le Parti socialiste. Il en démissionne six moins après l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, alors que ce dernier s’était pourtant porté témoin de moralité en sa faveur dans un procédure juridique.

Robert Ménard en avril 2000 en campagne pour Reporters sans frontières

Robert Ménard en avril 2000 en campagne pour Reporters sans frontières

A cette époque, le jeune journaliste animait une radio libre avant de rejoindre Radio France Hérault en 1983, puis de créer, aux côtés de Rony Braumann et Jean-Claude Guillebaud, Reporters sans frontières, destinée à promouvoir la liberté d’information et l’indépendance des journalistes. Une belle aventure qui le conduira à être promu chevalier de la Légion d’honneur en 2008, sur proposition de Bernard Kouchner, mais qui révélera aussi son penchant à l’autoritarisme et son inclinaison pour les thèses les plus conservatrices. Les deux autres co-fondateurs de Reporters sans frontières quittent d’ailleurs l’organisation respectivement en 1993 et 1995, Rony Braumann déclarant alors : « J’ai vu l’autre Ménard, le petit tyran domestique, sortir de sa chrysalide. Il a un ego exagérément enflé, qui le pousse à être excessif ».

En 2008, Robert Ménard quitte à son tour l’association pour prendre la tête du très improbable Centre pour la liberté d’expression à Doha, une totale oxymore dans un des pays où la liberté de la presse est la moins respectée, le centre lui-même étant aux ordres de la famille régnante qatarie… Il en démissionnera d’ailleurs rapidement pour revenir au journalisme et animer des émissions à grande écoute sur i-Télé ou RTL.BloG297_PhLivre

En parallèle, il s’éloigne définitivement des idées de gauche pour embrasser des thèses nettement réactionnaires et se rapprocher de l’extrême-droite. Il écrit en 2011 avec son épouse un livre intitulé Vive Le Pen !, ce qui a le mérite de la clarté, et nul n’est donc surpris par ses déclarations lors de la campagne municipale de 2014 au cours de laquelle il confie : « Je n’ai pas la carte [du FN] et je ne la prendrai jamais, pas plus que celle d’un autre parti. Cela dit, je suis d’accord avec 80 % de leurs idées, notamment celles sur l’immigration ».

Depuis son élection à la mairie de Béziers, l’ancien journaliste ne rate pas une occasion de faire parler de lui et semble s’être lancé dans une véritable croisade hygiéniste destinée à épurer les rues de sa ville, au point de se voir surnommer par certains « déporteur sans frontières ». Faute d’avoir pu se faire élire à la tête de la communauté d’agglomération, son action est nécessairement limitée et il compense cette paralysie par une gesticulation permanente destinée à créer la polémique.

Dès le début de son mandat, le nouveau maire de Béziers débarque le chef de la police municipale et s’emploie à muscler et à armer cette dernière dont les effectifs sont rapidement doublée tandis qu’elle se dote d’un véritable arsenal comme l’annoncent fièrement des affiches placardées sur les murs de la ville. Un couvre-feu est instauré pour les mineurs, les mosquées de la ville sont contraintes de signer une charte draconienne et le maire annonce en fanfare la création d’une milice locale, la fameuse garde biterroise, dont la mise en œuvre a été suspendue par décision de justice.

Robert Ménard, maire de Béziers (photo P. Guyot / AFP)

Robert Ménard, maire de Béziers (photo P. Guyot / AFP)

Dès le mois de mai 2014, un arrêté municipal est pris, interdisant d’étendre en journée le linge aux balcons et fenêtres donnant sur les rues du centre-ville, arrêté qui ne sera jamais appliqué. Un autre suivra qui interdit de cracher dans la rue, puis un suivant obligeant les habitants à balayer le trottoir devant leur pas-de-porte. On en passe, et des meilleurs, le maire s’attaquant même à la pollution visuelle que constituerait la présence de paraboles sur certaines façades.

En mai 2015, une nouvelle polémique s’installe à l’occasion d’une émission de télévision au cours de laquelle le maire se vante de tenir un fichier ethnique des élèves scolarisés en primaire et maternelle dans sa ville, statistiques qui lui permettent d’affirmer, sur la base d’une analyse des prénoms de ces enfants, que près de 65 % d’entre eux serait d’origine musulmane.

Blog297_PhPanneauCette polémique qui finira au tribunal et se soldera par un non-lieu en faveur du maire lui a manifestement donné des ailes puisque l’édile vient de récidiver en décidant cette fois de constituer un fichier ADN des chiens de la ville. Rassurez-vous, il ne s’agit pas de préparer la solution finale pour déporter nos animaux de compagnie mais simplement de pouvoir repérer, à partir des déjections canines retrouvées sur la chaussée, les maîtres indélicats qui n’auront pas fait l’effort de les ramasser et qui se verront alors verbaliser.

Un arrêté municipal de mai 2014 a en effet instauré une verbalisation de 35 € pour tout propriétaire d’un chien pris en flagrant délit d’abandon de déjection sur la voie publique. Restait néanmoins à régler le cas des maîtres indélicats adeptes du « pas vu, pas pris ». Faute de pouvoir y affecter les nombreuses recrues de la futur garde biterroise toujours dans les limbes, le maire compte pour cela s’appuyer sur le nec plus ultra du génie génétique et l’a fait savoir récemment lors d’une de ses conférences de presse dont il est si friand. Une annonce qui a eu un large écho national et a inspiré nombre de caricaturistes…Blog297_DessinBaudry

C’est une société bordelaise d’analyse génétique, Animagene, qui lui a soufflé l’idée, faute d’avoir pu convaincre Alain Juppé de l’adopter pour sa bonne ville de Bordeaux. Il s’agit ni plus ni moins que d’obliger chaque propriétaire de chien à se rendre chez son vétérinaire pour établir, à ses frais, un profil ADN de son animal. A défaut de ce sésame, il s’exposerait à une amende de 38 € à chaque fois que son chien, en quête d’un réverbère pour lever la patte voudrait pointer son museau dehors, au risque de croiser un représentant de la redoutable police municipale biterroise lourdement armée.

Du coup, chaque fois que les pandores repéreront sur le trottoir du centre ville une crotte de chien abandonnée, ils sortiront leurs éprouvettes et procéderont aux prélèvements de rigueur, expédiés aussitôt dans les laboratoires de la société Animagene qui établira le code génétique du corps du délit, moyennant un contrat passée avec la ville pour un montant de 50 000 € pour la première année. Il ne restera plus alors qu’à comparer le résultat avec les données du le fichier municipal pour identifier sans contestation possible le fautif qui sera passible d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 450 €.

Conférence de presse à Béziers avec la mallette pour les prélèvements ADN

Conférence de presse à Béziers avec la mallette pour les prélèvements ADN

Blog297_DessinKarakLa méthode serait déjà en vigueur dans certaines villes américaines et Londres compte également la mettre en œuvre dès le mois de septembre prochain, moyennant l’instauration d’une amende qui s’élèverait pour les contrevenants à l’équivalent de 108 € selon une enquête de BFMTV. D’autres collectivités pourraient l’envisager quant on sait que l’on ramasse chaque année 55 tonnes de crottes de chiens sur les trottoirs de Paris ou Berlin !

Bien entendu, le maire de Béziers assure qu’il n’a rien contre les chiens, mais qu’il veut simplement responsabiliser les maîtres et diminuer l’intervention de ses équipes de nettoyage dont les deux moto-crottes coûtent la bagatelle de 70 000 € chaque années au budget municipal.

Il l’affirme d’ailleurs avec conviction à l’attention de ses électeurs : « J’ai un chien… simplement je me comporte en citoyen soucieux des autres. Et donc quand mon chien fait une crotte, je la ramasse ». Espérons pour lui en effet qu’il est irréprochable sur ce plan car, à force d’encourager la délation et de durcir la répression, le moindre oubli pourrait lui coûter cher, politiquement s’entend…

L. V.  LutinVertPetit

Le petit plus du miel ardéchois…

2 avril 2016

Pot of honey and wooden stick.Parmi les nouvelles qui circulent sur la toile, en voici une qui a fait un joli buzz et qui mérite d’être évoquée ici ! L’affaire se passe en Ardèche, près d’Aubenas et est racontée avec force détails en date du 16 mars 2016, sur le site du Daily Béret sous le titre alléchant : « Ardèche : Le succès de son miel bio était dû à la plantation de cannabis de son voisin ». En voici quelques extraits qui ne manquent pas de saveur :

Rémy P. est un apiculteur dépassé par son succès, où plutôt était car sa production vient d’être stoppée net par les autorités ardéchoises. Son miel contenait en effet une quantité importante de THC (tétra-hydro-cannabinol), le composé psycho-actif du cannabis, estimée selon un expert local à « un bon quart de joint bien chargé par tartine ». D’où provenait cette substance illégale ? De la plantation tout aussi illégale de son voisin, qui sous couvert de cultiver la châtaigne maintenait également un cheptel de près de 200 pieds de cannabis, cachés parmi les arbres et autres végétaux de son domaine de plusieurs hectares. « Les abeilles devaient butiner les plantes du voisin, au lieu de butiner les châtaigniers.. » conjecturait le jeune apiculteur lors d’un point presse.Blog290_PhAbeille

C’est un père de famille albenassien qui a découvert le pot-aux-roses en faisant passer un bilan sanguin à ses deux enfants de 7 et 9 ans. « Théo et Théa sont habituellement des enfants très excités, leur mère et moi avons beaucoup de difficultés à canaliser leur énergie. Mais depuis quelques temps, ils étaient très calmes… Trop calmes même; Théo s’est mis à écouter du Sinsemilia en boucle dans sa chambre et un dimanche, Théa a regardé une motte de beurre fondre pendant 5 heures d’affilé, en rigolant. On s’est beaucoup inquiétés » déclarait-il, admettant que lui-même et sa femme avaient également développé « un certain penchant » pour ce miel.

Mais si beaucoup se félicitent de l’arrêt de la production du « space miel », ce n’est pas le cas de tous les consommateurs, à l’instar de Jean-Tristan Spliffe, 45 ans, l’un des plus gros clients de Rémy qui lui se déclare très déçu. « Avec ce miel je me sens beaucoup mieux, je n’ai plus mes douleurs matinales, je suis de meilleure humeur et j’avais même arrêté de boire ! Là, je sais pas ce que je vais devenir.. j’étais à un pot et demi par jour, arrêter d’un coup va être dur, très dur.. » confiait-il, ajoutant que « si les abeilles trouvent ça bon, c’est que ça peut pas être mauvais pour les gens ».

Blog290_PotsMielExaminé en laboratoire, ce miel spécial s’est révélé particulièrement concentré en molécules psycho-actives, comme le résume Océane, une jeune lycéenne, consommatrice malgré elle : « Les miels, il y en a des clairs, il y en a des foncés. Avec celui-là c’est clair : t’es défoncé ! »

Même si la justice n’a pas encore tranché, Rémy P ne pense pas être inquiété, contrairement à son voisin qui a déjà été incarcéré : « Je suis un apiculteur moi, pas un dealer. Si je deviens responsable des faits et gestes de chacune de mes abeilles alors on va où là ? ». Réponse le 31 avril prochain au tribunal de moyenne instance d’Aubenas.

Mazette, il s’en passe de belles dans les campagnes ardéchoises ! En tout cas, l’histoire n’est pas passée inaperçue et même les internautes marocains s’y sont intéressés puisque le sujet a été relayé par le site Le Desk qui s’est dit qu’il y avait peut-être là des débouchés intéressants pour les petits producteurs de cannabis du Rif…

Bien entendu, l’histoire était trop belle pour être vraie et a fait l’objet d’une mise au point sur l’édition ardéchoise du Dauphiné, qui précise que le Daily Béret est un site satirique dont il convient de ne pas prendre toutes les informations pour argent comptant…

Ceci dit, il n’est pas impossible que ce beau canular sorti avant même le 1er avril ait été inspiré par une autre information qui a également circulé sur internet début mars, annoncé par le site Newsweed, qui se présente comme le premier magasine d’information sur la consommation légale de cannabis, puis reprise par plusieurs médias dont Marie-Claire… On y apprend qu’un jeune apiculteur de 39 ans, serrurier de formation et fervent militant pour le cannabis thérapeutique qu’il utilise pour soigner son hyperactivité apprend à ses abeilles à faire du miel à partir de plants de cannabis !

Blog290_PhAbeilleCanabisSe faisant appeler Nicolas Trainerbees – tout un programme – il se dit passionné par le dressage des animaux et a développé une « technique d’entraînement pour que les abeilles recueillent la résine et l’utilisent dans leur ruche ». Nicolas et ses abeilles ont ainsi créé le premier échantillon de miel de cannabis, dénommé en toute simplicité cannahoney, un produit qui cumulerait les bienfaits pour la santé du miel et du cannabis. Selon cette source, le miel ainsi produit serait bel et bien psycho-actif mais en revanche, le THC et les autres cannabinoïdes butinés par les abeilles n’auraient pas d’effet direct sur ces dernières du fait de leur absence de système endocrinien. Des informations bien difficiles à vérifier en l’état d’autant que l’apiculteur en question serait sur le point de déménager dans un autre pays : on se demande bien pourquoi…

L.V.  LutinVertPetit

Le Nord de la France prend de la hauteur…

26 mars 2016

Au nombre de 27 jusqu’en 2015, dont 22 en France métropolitaine, les régions administrative françaises ont vu leur nombre se réduire significativement à l’occasion de la récente réforme territoriale adoptée fin 2014 et qui est entrée en vigueur au 1er janvier 2016. Certaines régions comme PACA ont conservé leur périmètre initial mais plusieurs d’entre elles se sont regroupées, si bien que leur nombre est désormais passé à 13 pour la seule France métropolitaine.

Les nouvelles régions métropolitaines et leur nom provisoire

Les nouvelles régions métropolitaines et leur nom provisoire

Se pose du coup la question de la future appellation de ces régions dans le cadre du nouveau découpage. La loi a certes fixé des noms provisoires en accolant les noms des anciennes régions qui ont fusionné, à l’exception notable de la nouvelle Normandie qui résulte de la réunification tant attendue de la basse et de la haute Normandie. Pour les autres, le moins que l’on puisse dire est que les noms provisoires ne seront pas très faciles à retenir et ne paraissent guère vendeurs pour l’attraction touristique avec leur liste à rallonge d’anciennes provinces historiques désormais accolés tel que Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente ou encore Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

On se souvient des efforts qu’avait fait Michel Vauzelle il y a quelques années pour tenter de trouver un nouveau nom plus sexy afin de remplacer l’acronyme PACA qu’il détestait plus que tout. Un appel au peuple avait alors été lancé pour essayer de faire émerger une appellation qui marie avec bonheur le soleil de la Provence, l’air pur des cimes alpines et le bleu de la Côte d’Azur. Mais il avait été contraint de renoncer devant l’éparpillement des solutions proposées et l’absence totale de consensus pour un nom magique. PACA restera donc PACA de même que Georges Frêche avait dû renoncer à faire débaptiser le Languedoc-Roussillon au profit de la Septimanie dont il se rêvait en nouvel empereur.

Il n’empêche : il va bien falloir trouver des noms aux régions nouvellement créées et la loi le prévoit d’ailleurs expressément qui fixe au 1er octobre 2016 la date limite pour sélectionner ces appellations qui remplaceront celles provisoirement en vigueur. Chacun est donc invité à faire preuve d’imagination pour trouver un nouveau nom de région qui présente une forte identité territoriale, qui ne froisse personne et qui sonne de manière suffisamment attractive, y compris pour des oreilles étrangères : un sacré challenge en perspective…

Dans l’ACAL du Grand Est où Alsaciens et Lorrains se regardent en chiens de faïence tandis que leurs voisins ardennais ou champennois sont vent debout contre cette fusion qui prévoit d’emblée que la nouvelle capitale régionale sera basée à Strasbourg, on mesure l’ampleur de la tâche ! Du coup pas moins de 360 noms ont été proposés et une première sélection a permis d’en sélectionner trois qui sont les suivants (on est prié de ne pas rire) : Acalie, Rhin-Champagne et Nouvelle Austrasie… Chacun est invité à s’exprimer sur sa préférence et ce sont les 169 conseillers régionaux qui choisiront en dernier ressort. On imagine d’avance la profondeur des débats qui animeront ce choix…

Blog288_DessinApoilDans le nouveau grand Sud-Ouest qui s’étend de Limoges à la côte atlantique, près de 5000 internautes ont participé à une consultation initiée par le journal Sud-Ouest et les propositions qui ont fusé ne seront sans doute pas toutes retenues… Un consensus semble néanmoins se dégager sur le terme historique d’Aquitaine puisque cette province s’étendait, à certaines périodes, très au-delà de son acception actuelle et englobait déjà du temps d’Aliénor d’Aquitaine le Limousin et Poitou-Charente.

Dans la nouvelle région du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le processus est encore plus avancé puisque l’assemblée délibérante a déjà retenu son choix dès le 14 mars, après consultation des lycéens et des apprentis de la région. Le nom retenu ne laisse pas d’étonner puisque, sauf avis contraire du Gouvernement, blocage de la part du Conseil d’État, ou encore mauvaise volonté des naturistes nordistes qui se sont déjà approprié ce terme depuis plus de 20 ans, le nouvelle région qui s’étend désormais des portes de l’Ile-de-France jusqu’à la frontière belge, s’appellera dorénavant « Hauts-de-France ».

Une appellation locale déjà utilisée...

Une appellation locale déjà utilisée…

Blog288_DessinBistrotIl faut dire, à la décharge des conseillers régionaux qui ont fait ce choix pour le moins surprenant que les alternatives proposées étaient Terres-du-Nord et Nord-de-France. Manifestement, ils n’ont pas souhaité insisté sur le fait que leur région se situait plutôt dans le nord de la France… Il n’en reste pas moins que le nom retenu risque d’être assez difficile à imposer et certains médias se sont quelque peu gaussé de cette appellation qui évoque plutôt celle d’un lotissement périphérique que d’une grande région française.

Blog288_DessinItalieLe Canard enchaîné en a fait ses choux gras dans son édition du 16 mars où il s’étonne de cette soudaine volonté de nos compatriotes nordistes de prendre de l’altitude alors que la région culmine à 271 m, et où il s’interroge quant à la nouvelle dénomination des habitants de la région, futurs Altofrançais ou Hautistes, voire Hautesses pour ces dames ?

Blog288_PhMoules

Les alternatives proposées par le Canard enchaîné ne manquent pas de sel ni de couleur locale, oscillant entre Chti’bérie et Biloutistan, et d’autres appellations telles que Fritonésie ou Mouldavie, davantage en lien avec les traditions gastronomiques locales qui ont faite la réputation de la région… Avec du recul, on se dit que les habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur l’ont finalement échappé belle en renonçant jusqu’à présent à changer le nom de la région PACA…

L.V.  LutinVertPetit

Les libraires se vengent de Sarkozy…

14 février 2016

Lors de la publication du dernier livre de Nicolas Sarkozy, le parti qu’il préside avait envoyé à tous ses adhérents un courrier personnalisé les invitant à commander sans tarder cet ouvrage dans lequel il a mis « toute son expérience de la vie et de la politique » rien de moins, « pour montrer tout l’amour qu’il porte à la France qu’il a chevillé au corps depuis toujours et pour la vie », et pour les siècles des siècles, amen.

Blog276_PhLettre

Certains esprits mesquins dont le bras droit d’Alain Juppé, Gilles Boyer, s’étaient émus publiquement de cette publicité gratuite aux frais du parti alors que rien de tel n’avait été prévu pour évoquer la publication toute récente des livres de François Fillon et d’Alain Juppé. Mais d’autres, dont de nombreux petits libraires ont surtout été intrigués, dans ce courrier officiel du principal parti de droite, par cette invitation sans détour à commander le précieux ouvrage sur les sites de commerce en ligne, Amazon en tête.

Dessin publié dans le Canard enchaîné du 27 janvier 2016

Dessin publié dans le Canard enchaîné du 27 janvier 2016

Comme si Les Républicains considéraient comme un fait acquis que les librairies de quartier avaient depuis belle lurette disparu du paysage de l’édition. Nombre d’entre eux avaient déjà moyennement apprécié de se voir démarcher depuis quelque temps déjà pour commander de grosses quantités d’un livre politique écrit par une personnalité de tout premier plan dont on refusait de leur indiquer le nom : on n’achète pas un âne dans un sac quand on est petit commerçant acculé à la survie du fait de la concurrence féroce du commerce par internet…

Du coup, certains de ces libraires à l’esprit un peu taquin, se sont amusés à disposer dans leurs rayons La France pour la vie (Plon) aux côtés de l’ouvrage du blogueur L’Odieux Connard – Qu’il est bon d’être mauvais (Points), du recueil de dessins humoristiques de Cabu Toujours aussi cons ! (Cherche-midi) ou du Prix de la BD Fnac Le Grand Méchant Renard (Delcourt), ainsi que l’on relevé plusieurs internautes, largement relayés par certains médias dont Le Monde.

Blog276_PhLivreSarko

Blog276_PhDinausaure

Blog276_PhCabu

Dessin paru dans le Canard enchaîné du 27 janvier 2016

Dessin paru dans le Canard enchaîné du 27 janvier 2016

Un voisinage qui ne met pas forcément en valeur une oeuvre à la portée inestimable puisqu’elle constitue de la part de l’ex président de la république à l’égo surdimensionné un exercice de mea culpa assez surréaliste, qui a largement inspiré de nombreux caricaturistes et contribue à faire beaucoup parler du livre, à défaut de donner envie de le lire…

L.V. LutinVertPetit

Blog279_DessinSarko

 

Ci-gît un perdant du loto…

23 janvier 2016

Pas de chance vraiment pour cet habitant de Carnoux dont l’enterrement se produit alors même que l’église paroissiale s’emploie à déployer sur sa façade les affiches qui annoncent en lettres géantes l’organisation dans les prochains jours d’un super loto… La mise en place de ces banderoles incitant à venir participer au tirage du loto au moment même où est célébrée dans l’église une messe d’enterrement pourrait presque passer pour une faute de goût, voire pour une légère provocation, une manière de rappeler à ce pauvre macchabée qu’il n’aura pas la chance de gagner le gros lot puisqu’il quitte cette vallée de larmes avant même le tirage du loto…

Blog269_PhCorbillard

Le curé de Carnoux serait-il donc à se point gagné par la fièvre du jeu qu’il ne pouvait pas attendre quelques heures avant de déployer ses banderoles démesurées sur la façade de Notre-Dame d’Afrique ? Et d’ailleurs, est-il bien opportun d’utiliser ainsi cette église comme un gigantesque support publicitaire ? Passe encore quand il s’agit d’afficher un message de solidarité envers les Chrétiens persécutés du Moyen-Orient, même si le message en question pêche un peu par excès de sélectivité…

Mais où est donc le discours de compassion dans cette vulgaire banderole publicitaire annonçant l’organisation du Super Loto de la paroisse ? L’appât du gain serait-il devenu le seul ressort des catholiques pratiquants de Carnoux ? On savait déjà que l’évêché faisait d’excellentes affaires avec le maire de Carnoux en matière d’investissement foncier pour faire payer par la collectivité les frais de démolition de son établissement scolaire vétuste tout en obtenant un crédit gratuit pour acquérir les parcelles nécessaires à la construction de son nouveau collège privé. Mais on croyait se souvenir que les marchands du Temple avaient depuis bien longtemps été chassés par Jésus en personne. Manifestement, le goût pour le jeu n’en a pas été totalement évincé…

Blog269_PhEglise

« Croissez et multiplez » est-il écrit dans les Saintes Écritures. Ce que certains ont peut-être traduit un peu hâtivement en « Jouez et enrichissez-vous »… A moins qu’il ne s’agisse simplement de renforcer le goût inné de tout chrétien qui se respecte pour le hasard et le pari, ce fameux pari sur lequel Pascal, en son temps, s’est fondé pour argumenter de manière magistrale en l’intérêt de croire.

Espérons du moins que la famille du mort n’y a pas vu malice que cette cérémonie religieuse se déroule ainsi sous les slogans publicitaires qui invitent à venir jouer pour espérer gagner le gros lot tout en renflouant les caisses de l’Église ! La vie est une grande loterie a t-on coutume de dire, mais à Carnoux, la religion se résume, semble t-il, à un Super Loto…

L.V.  LutinVertPetit