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Les « haut-perché-e-s » à l’assaut des Hauts de Carnoux…

19 septembre 2015

Blog229_AfficheL’artiste Rodia Bayginot exposera à la médiathèque de Carnoux-en-Provence du 15 au 25 septembre 2015 ses suspensions en tissu, dans le cadre d’une thématique science et art sur les arbres. Elle sera présente dans l’installation vendredi 25 septembre de 17 h à 19 h, en compagnie de l’équipe de la médiathèque et de la naturaliste Claude Gadbin-Henry.

« Les haut- perch-ée-s », leur nom a d’emblée évoqué, à mes yeux, ces arbres tropicaux, dépourvus de troncs, qui doivent utiliser le corps des autres végétaux arborés pour accéder à la lumière source d’énergie et garante de survie pour l’espèce…

Regardez les : ils se balancent doucement, agités par les souffles environnants. Elles/Ils sont de tissus : surfaces souples constituées par un assemblage de fils tressés ou maillés, dit le Robert.

Semblables et différentes sont les feuilles, constituées de tissus foliaires à la surface lisse où glissent les gouttes de pluie, mais qui possèdent de minuscules ostioles, parfois béantes, pour capturer sur son passage éphémère, l’eau nourricière …

Ces arbres des tropiques, en croissant étranglent parfois, ceux qui les ont portés vers le soleil, depuis leur naissance. Ainsi ces Ficus étrangleurs, survivront sans tronc, mais portés par leurs vigoureuses racines aériennes. Ce sont elles qui  apporteront les sels de la terre, assimilés grâce à l’énergie solaire…Cependant, que leur généreux « sus-porteurs », vont mourir doucement…

Blog229_PhCarnoux

Mais les « haut- perché-e-s »s, n’ont nul  besoin d’étrangler leur tuteur !  Rodia leur a donné une suspension ronde et mobile qui leur permet de se retourner vers les spectateurs ébahis !

Groupés en un lieu, elles/ils deviendront forêt : le mystère est dévoilé : Ils recèlent en leur sein des êtres étranges, énigmatiques… un visage ? serait-ce celui d’une sylphide, d’une fée ?  Se présentent un elfe, un sylphe, un enfant, un passant  tous assez sages pour se cacher et vivre là ?…

Leurs petits compagnons évoquent à s’y méprendre les « animalcules » que sont bactéries, champignons, arthropodes.  Ils sont les « minuscules », qui assurent le futur de cette forêt suspendue. Sa survie dépend de leurs activités, ils transforment les tissus végétaux et animaux en nouveaux nutriments pour les tous hôtes de cette forêt !

Ces « haut-perché-e-s » regorgent de vies et du dynamisme discret et durable des lointaines et familières forêts.

Claude Gadbin-Henry

Expression interdite à la médiathèque municipale de Carnoux

20 mars 2015

Carnoux-en-Provence a la chance de bénéficier d’une superbe médiathèque municipale, bien gérée et très agréable à fréquenter. Le groupe de lecture KATULU ?, créé à Carnoux en 2008 et désormais rattaché au Cercle progressiste carnussien, compte bien entendu parmi ses membres des usagers très assidus de ce haut-lieu de la culture et du plaisir de lire. C’est donc tout naturellement qu’ils ont proposé depuis déjà quelques années aux responsables de la médiathèque municipale d’y déposer quelques exemplaires gratuits de leurs notes de lecture que l’association édite régulièrement (et dont des extraits sont d’ailleurs régulièrement publiés sur ce même blog), afin de faire partager ses impressions et ses coups de cœur au gré de ses lectures.

La médiathèque de Carnoux

La médiathèque de Carnoux

Aucune intention mercantile ni le moindre prosélytisme ne se cachent derrière cette démarche purement altruiste qui consiste simplement à partager avec d’autres le plaisir (ou pas…) pris à la lecture d’un roman ou d’un essai passionnant, envoûtant, bouleversant, ou franchement déconcertant… Il ne s’agit pas de convaincre pour faire vendre du papier et encore moins d’orienter les choix d’un autre lecteur mais simplement de faire part des émotions et des réflexions éprouvées à la lecture d’un livre. La plupart des médiathèques en France, et celle d’Aubagne toute proche de chez nous en est un bon exemple, laissent volontiers un espace d’expression pour leur club de lecture local, car qui peut le mieux parler d’un livre que celui qui vient de le lire ?

Panneau d'affichage du club de lecture à la médiathèque d'Aubagne

Panneau d’affichage du club de lecture à la médiathèque d’Aubagne

A Carnoux cependant, les choses sont toujours plus compliquées et la proposition n’a pas été accueillie avec un grand enthousiasme ! Audience a donc été demandée au premier magistrat de la commune qui nous a reçu le 27 août dernier et à qui la représentante du groupe de lecture a donc exposé sa requête. Monsieur le Maire, dans sa grande sagesse, a répondu qu’il réfléchirait à la question.

Plusieurs mois ont passé, confirmant à quel point la réflexion sur un sujet aussi grave était nécessaire. Ne voyant rien venir, nous nous sommes permis d’interroger de nouveau Monsieur le Maire qui nous a répondu qu’après réflexion il n’accéderait pas à notre demande. Nous attendons depuis lors qu’ils nous en explique la raison mais nous commençons à désespérer de la recevoir un jour. Au vu de ses explications orales, il semblerait d’ailleurs qu’il n’y ait pas grand chose à justifier sinon qu’il s’agit d’une décision arbitraire de sa part et que cela ne se discute pas. Et si on insiste un peu, il finit par lâcher que certains membres de Katulu  voteraient à gauche, ce qui suffit à les rendre suspects à ses yeux.

Blog167_PhMediatheque2Il existe malheureusement de nombreux pays de par le monde où la liberté d’expression n’existe pas. Ce n’est bien évidemment pas le cas à Carnoux où nous avons la chance de vivre dans un état de droit, qui plus est démocratique, et nous nous en réjouissons. Il n’en reste pas moins que nous nous inquiétons de cette dérive de certains de nos élus locaux qui, sous prétexte qu’ils ont été désignés à une large majorité, s’estiment en droit d’imposer leur point de vue et de décider seuls de la manière de disposer des biens publics qu’ils gèrent provisoirement au nom de la collectivité. Y aurait-il donc un tel risque politique à laisser quelques citoyens écrire librement ce qu’ils ont pensé du dernier roman de David Foenkinos ?…

L.V. PetitLutinVert

Le maire de Carnoux en guerre (sélective) contre l’affichage sauvage

10 décembre 2014

C’est le journal La Provence du 3 décembre 2014 qui le raconte : en marge du dernier conseil municipal a été abordé le problème de l’enlèvement récent d’affiches dans la ville de Carnoux, et le maire, Jean-Pierre Giorgi, a clamé haut et fort sa ferme volonté d’interdire désormais tout affichage sauvage sur la commune, déclarant en conseil municipal : « Après concertation de la gendarmerie et de la police municipale, la décision a été prise d’enlever toutes les affiches. Cependant l’affichage sera permis uniquement lorsqu’elles émaneront d’associations caritatives et humanitaires et uniquement à des endroits autorisés » .

Extrait d'un article paru dans La Provence le 3 décembre 2014

Extrait d’un article paru dans La Provence le 3 décembre 2014

Rappelons les faits. Plusieurs événements étaient en effets organisés les deux derniers week-ends de novembre : marché de Noël, loto, conférence… Ce qui est le signe que l’activité associative est diverse et variée à Carnoux. Mais le vendredi 21 novembre, la police municipale a enlevé toutes affiches annonçant ces manifestations au prétexte qu’il y avait trop de pancartes sur le mail et aux entrées de la ville. Le tout sans même bien entendu songer à en avertir les responsables : à Carnoux, la concertation ne se fait qu’avec la gendarmerie et la police municipale, pas avec les acteurs associatifs …

AfficheConfReseau_A4coulLe Cercle Progressiste Carnussien a, parmi d’autres, fait les frais de ce magistral coup de balai. Il organisait une conférence ce lundi le 1er décembre, ouverte et gratuite comme d’habitude. Ses affiches, soigneusement attachées sur les arbres le long du mail, ont été arrachées par la police municipale quelques heures seulement après avoir été mises en place et sans que personne ne songe même à nous le signaler.

La conférence ainsi annoncée portait sur l’échange de savoirs et de services, un thème porteur de valeurs humanistes et visant à développer l’esprit de partage dans l’espace de la vie locale qui en a bien besoin. L’action caritative et fraternelle dans notre société consumériste se nourrit d’une information et d’une réflexion à partir des expériences existantes. C’était effectivement le sens de ce rendez-vous, qui a eu lieu comme prévu et qui a permis de faire connaître aux Carnussiens présents une démarche originale favorisant le lien social par l’échange de savoirs et de compétences. C’est aussi cela la culture : apprendre à se connaître à travers des projets communs pour éviter la défiance, la suspicion et finalement le rejet de cet autre « qui ne pense pas comme moi » mais qui est aussi digne que moi.

Comme pour toute activité qui réclame temps, énergie et volonté en vue de saisir la complexité de notre société et d’en améliorer le fonctionnement local, notre association cherche légitimement à sortir de l’isolement et à faire partager ses initiatives le plus largement possible. Aussi, la décision du maire d’interdire désormais tout affichage permettant de faire connaître les initiatives des associations locales est perçue comme un véritable acte de censure relevant de l’autoritarisme. Le panneau lumineux municipal étant en panne à cette date, le seul lieu d’affichage public autorisé proposé par la mairie est un panneau minuscule situé devant la poste et pour lequel il convient de déposer en mairie une demande : après plusieurs jours d’attente, si le maire en est d’accord et si une place se libère sur le panneau, vous aurez peut-être la chance de voir votre affichette visible au milieu d’une nuée d’informations diverses et variées…

A Carnoux, un seul panneau d'affichage public pour 7000 habitants... et c'est la mairie qui a la clé...

A Carnoux, un seul panneau d’affichage public pour 7000 habitants… et c’est la mairie qui a la clé…

L’affaire n’en restera sans doute pas là et en tout cas le Cercle Progressiste Carnussien ne s’avoue pas vaincu. Certes, l’affichage sauvage est interdit par la loi et nul ne blâmerait notre maire de veiller à ce que la règle soit appliquée à la lettre. Encore faudrait-il que ce soit le cas. Sur quelle base légale s’appuie en effet notre édile pour procéder à un tri sélectif entre les évènements qui sont autorisés à s’afficher et ceux qui sont traqués par la police ? Pourquoi laisser dès le 23 novembre le Rotary Club couvrir la ville de ses affiches annonçant le marché de Noël juste après avoir arraché toutes celles des autres associations ? Certaines associations seraient-elles plus associatives que d’autres ?

Affichage sauvage toléré à Carnoux ? Photo prise le 5 décembre 2014...

Affichage sauvage toléré à Carnoux ? Photo prise le 5 décembre 2014…

Que dire aussi des affiches purement commerciales collées sauvagement sur les panneaux d’abribus et qui étaient encore en place le 5 décembre dernier comme en atteste la photo ci-dessus : la commune n’aurait-elle pas les coordonnées du gérant qui exploite la salle municipale de l’Artea afin de lui faire part de cette décision récente annoncée en conseil municipal ?

La loi impose à chaque commune de disposer d’un nombre minimum d’espaces publics d’affichage permettant la libre expression des acteurs locaux afin de faciliter la vie associative. Pour quelle raison la commune de Carnoux serait-elle seule à s’affranchir de cette obligation légale ? Quand la commune acceptera t-elle enfin de disposer des panneaux d’affichage accessibles devant les principaux lieux de passage de la ville ? En tant que citoyen, nous apprécions que nos élus s’efforcent de faire appliquer les lois de la République, encore faudrait-il qu’ils ne prennent pas la liberté de les interpréter à leur guise et de les appliquer de manière trop sélective…

S. J.