Archive for the ‘Humour’ Category

Pipi, caca : les matériaux du futur ?

23 novembre 2018

Bill Gates et son pot de merde lors de son discours à Pékin, le 6 novembre 2018 (photo © Nicolas Asfouri / AFP)

Bill Gates, co-fondateur de Microsoft, vient encore de faire le buzz en animant une conférence internationale à Pékin, le 6 novembre 2018, devant un aréopage de personnalités et de businessmen, en ayant posé, à côté de son pupitre, un bocal en verre contenant… des excréments humains ! L’affaire, reprise en boucle par les médias dont le Huffington Post, a déclenché comme il se doit de nombreuses réactions plus ou moins offusquées, y compris sur les pauvres collaborateurs du milliardaire excentrique, chargés de préparer le bocal pour leur patron…

Le message que cherchait à faire passer Bill Gates par ce geste quelque peu spectaculaire à défaut d’être de très bon goût, n’avait, on s’en doute, rien à voir avec un parallélisme éventuel quant à la qualité des logiciels distribués par Microsoft et que certains pourraient parfois être tentés d’assimiler à de la « merde ». L’objectif n’était pas non plus de rappeler que les excréments ont parfois rendu de grands services à l’humanité qui les utilise traditionnellement comme amendement agricole ou comme matière première dans la confection du banco, ce mélange à base d’argile, d’eau, de paille coupée et de bouse de vache ou d’autres déjections selon les habitudes locales et les coutumes traditionnelles.

Prototype de l’Omniprocessor, développé en 2014 par la firme américaine Janicki Bioenergy

On était loin également de la machine du futur qu’avait présenté le même Bill Gates début 2015 sous le nom d’Omniprocessor, destinée à valoriser non seulement nos déjections mais l’ensemble des boues issues des stations d’épuration, en les chauffant à très haute température (plus de 1000 °C) pour transformer la matière en un produit cendreux inodore susceptible de servir d’engrais dans les champs, tout en produisant à la fois de la vapeur d’eau qui génère de l’électricité via une turbine, et de l’eau potable pure après condensation de la vapeur.

Un dessin d’Olivier Lascar publié dans Sciences et Avenir

En l’occurrence, le message que cherchait à faire passer ce jour-là le milliardaire américain était plutôt d’ordre sanitaire, à l’occasion de ce salon des toilettes du futur organisé par sa fondation. Il s’agissait en effet d’attirer l’attention sur l’absence de lieux d’aisance appropriés dans de nombreux endroits de la planète, exposant les enfants à entrer en contact avec des germes fécaux porteurs de très nombreuses maladies infectieuses. Comme l’a doctement expliqué Bill Gates à son auditoire ébahi, « ce petit tas de matière fécale contient environ mille milliards de cellules du rotavirus, vingt milliards de bactéries de shigellose, et cent mille œufs de vers parasites », de quoi en effet refiler une bonne gastro-entérite à toute l’assemblée… Une bonne entrée en matière en tout cas pour faire la publicité de toilettes révolutionnaires conçues par Firmenich SA, une entreprise basée à Genève, n° 2 mondial de la parfumerie et des arômes alimentaires…

Ce spécialiste suisse des vaporisateurs et de la lutte contre les mauvaises odeurs a en effet investi le champ des latrines et, à l’issue d’une vaste enquête de terrain et d’études approfondies menées de l’Inde jusqu’au Kenya, est désormais en mesure de proposer, sur le marché, des toilettes sèches, qui fonctionnent sans eau donc sans nécessité de raccordement sur le réseau d’eaux usées, un concept particulièrement adapté à des pays comme la Chine où le réseau d’eau usées reste à développer dans bien des endroits.

Toilettes permettant la collecte séparée des urines (source © Lovely Toilettes)

Des toilettes qui pourraient permettent aussi de récupérer séparément les urines, le futur or jaune du futur, pour lequel on réfléchit désormais un peu partout dans le monde à la meilleure manière d’imaginer sa valorisation. Tout indique en effet que cette substance particulièrement riche en azote et en phosphore, qui empoisonne la vie de tous les gestionnaires de stations d’épuration et qui explique largement les difficultés à atteindre un jour la bonne qualité des milieux aquatiques en aval de nos grandes agglomérations, va devoir à plus ou moins brève échéance, être collectée et valorisée.

L’affaire pourrait d’ailleurs devenir d’autant plus intéressante qu’une équipe de chercheurs sud-africains vient d’annoncer, comme l’a relayé récemment Le Monde, avoir découvert un nouveau procédé révolutionnaire pour créer, à partir de l’urine humaine… des briques !  L’idée n’est pas totalement nouvelle puisque les Américains l’avaient déjà testée avec de l’urine de synthèse mais les chercheurs du Cap ont montré que cela pouvait fonctionner aussi avec de la simple urine humaine, recueillie dans les urinoirs de l’université.

Vukheta Mukhari, l’un des inventeurs des briques fabriquées à partir d’urine, à l’Université du Cap, le 2 novembre 2018 (photo © Rodger Bosch / AFP)

Le principe est tout simple et rappelle celui qui permet naturellement au sable de se transformer en calcaire au fond des océans grâce à la diagénèse, sauf que le processus est beaucoup plus rapide puisqu’il suffit de 6 à 8 jours pour transformer un petit tas de sable, 30 litres d’urine et quelques bactéries adéquates en une brique prête à l’emploi et sans odeur… Contrairement aux briques de terre cuite qui exigent de grosses quantités d’énergie puisqu’il faut chauffer l’argile à 1400 °C, et qui émettent de fortes quantités de gaz carbonique, le processus est nettement plus vertueux puisqu’il se fait à froid, qu’il absorbe au contraire du CO2 pour le transformer en carbonate qui va souder progressivement les grains de sable, et qu’en plus il permet de valoriser un sous-produit actuellement traité comme un déchet aussi encombrant que polluant.

Autant dire que l’on commence à voir arriver le moment où nos urines et nos excréments vont devenir des ressources naturelles à haute valeur ajoutée, susceptibles peut-être de remplacer les matières premières fossiles sur lesquelles nous avons assis jusque-là notre développement industriel… Nous vivons décidément une époque formidable !

L. V.

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Saoul comme un pigeon néo-zélandais…

18 octobre 2018

En France, il existe, selon les spécialistes, 570 espèces d’oiseaux. En Nouvelle-Zélande, ce nombre s’élève, paraît-il, à 168, pas une de plus ! On comprend donc que les Néo-zélandais, amoureux de la nature par tradition culturelle, soient très attachés à la préservation de leur faune ailée. Chaque année, ils votent donc en masse pour élire « l’oiseau de l’année ». Un concours organisé depuis 2005 par l’association environnementaliste Forest & Bird et qui connait traditionnellement un grand succès…

En 2018, les résultats du vote, dont le scrutin s’est clôturé dimanche 14 octobre ont été rendus publics dès le lundi matin. And the winner is… Pas le kiwi en tout cas, pourtant emblème symbolique du pays qui avait déjà été couronné de ce titre prestigieux en 2009. Non, cette année, les quelques 50 000 Néo-zélandais qui ont participé au vote ont décerné la majorité de leurs suffrages à un gros pigeon sauvage, dénommé kereru en langue Maori, Hemiphaga novaeseelandiae de son petit nom scientifique.

Le Kereru ou pigeon de Nouvelle-Zélande

Une espèce assez banale en apparence et qui n’est pas spécialement menacée d’extinction bien que son habitat soit localement en danger de régression. Mais un oiseau qui, comme tout un chacun, présente ses petites faiblesses… En l’occurrence, le pigeon de Nouvelle-Zélande se gave de fruits dont il contribue d’ailleurs à disséminer les graines, jouant un rôle très important dans la reproduction des espèces arborées.

Kereru dans une forêt de Nouvelle-Zélande (photo © Hawke’s Bay Today / South China Morning Post)

Mais il lui arrive souvent, à force d’ingurgiter des fruits très murs et partiellement fermentés, de voir son taux d’alcoolémie augmenter au-delà du raisonnable. Il n’est donc pas rare, à la fin de l’été, d’observer de gros pigeons tituber au bout de leur branche, voire carrément tomber de l’arbre faute de pouvoir maintenir leur équilibre tellement ils sont saouls… Un comportement qui les rend particulièrement vulnérables face aux prédateurs, dont les chats, qui peuvent alors facilement les attaquer. Des centres de protection animales sont donc régulièrement sollicités pour recueillir des pigeons ramassés à terre par des âmes charitables, afin de les placer en cellule de dégrisement, le temps qu’ils reprennent leurs esprits.

Grive musicienne dans une vigne (source grives.net)

On connaissait déjà l’expression « saoul comme une grive » qui fait référence au comportement des grives, grandes amatrices de raisins et qui font des ravages dans les vignes lorsque le raisin est bien mûr, se gavant de fruits au point de ne plus pouvoir s’envoler lorsque le danger guette. L’expression date, parait-il, d’un texte de 1486 où l’on peut lire « plus estourdy qu’une grive », le mot « estourdy » signifiant alors « saoul » en vieux français.

D’après l’ouvrage La mystérieuse histoire du nom des oiseaux (éditions Robert Laffont), ce verbe « étourdir » est probablement issu du bas latin « exturdire », lequel signifie agir follement. Un verbe qui dérive justement du latin « turdus », mot qui désigne la grive, à cause précisément du comportement de cet oiseau qui titube au point de ne plus pouvoir s’envoler lorsqu’il s’est gavé de raisin.

A croire finalement que, des vignes du Bordelais jusqu’aux forêts de Nouvelle-Zélande, les oiseaux ne sont finalement guère plus raisonnables que les humains et ne savent pas mieux qu’eux résister à un bon jus de fruit, un tantinet alcoolisé…

L. V.

Carnoux : le château de mon maire…

24 septembre 2018

Monsieur Jean-Pierre Giorgi, élu sans discontinuer dans sa bonne ville de Carnoux-en-Provence depuis maintenant 35 ans, dont 17 ans comme maire inamovible, restera sans conteste dans la jeune histoire de cette commune qui vient tout juste de fêter ses 50 ans d’existence, comme le baron qui a su faire édifier le premier château jamais construit dans ce petit vallon provençal dont il a fait son fief, à quelques encablures du Garlaban si cher à l’enfance de Marcel Pagnol.

Le nouvel hôtel de ville de Carnoux avec le futur bâtiment de l’Office de tourisme sur la gauche (photo © CPC)

Un château encore en chantier, certes, et qui risque de coûter un peu plus cher que prévu, mais qui a déjà fière allure, s’étendant tout autour de l’ancien hôtel de ville qui ne date pourtant que de 1970. Bien qu’encore non achevé, le bâtiment est déjà particulièrement imposant. Les hautes parois des façades extérieures renforcent cet aspect de forteresse imprenable, encore accentué par la présence d’un fortin édifié à l’angle de la place Tony Garnier, sous forme de bastion avancé et dont l’architecture rappelle furieusement celle d’un blockhaus fortifié. C’est l’Office de tourisme qui est destiné à prendre ses quartiers dans ce corps de garde, un beau symbole de l’ouverture d’esprit et de l’hospitalité des Carnussiens, toujours prompts à accueillir l’étranger.

Vue du chantier de l’hôtel de ville, le 22 septembre 2018 (photo © CPC)

Avec 900 m2 de surface supplémentaire, sur deux étages, la superficie au sol a été fortement augmentée par rapport à l’ancienne mairie qui n’était pourtant pas ridicule pour une commune de moins de 7000 habitants et dont la totalité du foncier disponible est déjà occupée, ce qui rend toute nouvelle urbanisation depuis longtemps impossible.

Les nouveaux bâtiments permettront certes d’accueillir la police municipale et le CCAS, mais on a quand même un peu de mal à imaginer pourquoi il était nécessaire de procéder à une telle extension alors même que la quasi-totalité des compétences communales a désormais été transférée à la métropole et que le nombre d’agents municipaux à loger est particulièrement faible, la commune ayant choisi d’externaliser la quasi-totalité de ses missions.

Vue du chantier de l’hôtel de ville depuis la rue Tony Garnier (photo © CPC)

On aurait cependant bien mauvaise grâce à faire la fine bouche devant ce monument imposant en cours de construction en plein cœur de Carnoux et qui se veut le point d’orgue du projet de rénovation du centre-ville de Carnoux, un programme initié depuis plus de 10 ans désormais et qui montre à quel point une petite commune comme Carnoux peut s’offrir ainsi de somptueux espaces publics en faisant appel pour l’essentiel à la générosité des contribuables d’autres communes.

C’est d’ailleurs un des points qui ont été relevés dans le rapport au vitriol que vient de dresser la Chambre régionale des comptes après avoir procédé à un contrôle de la gestion municipale depuis 2013. Adopté le 24 mai 2018, ce rapport est désormais consultable sur le site de la commune, assorti des réponses du maire en date du 27 juillet 2018. La Chambre régionale des comptes (CRC) y relève notamment que les quelques 15,4 millions d’euros dépensés par la commune entre 2013 et 2016 ont été très largement financés par près de 8 millions d’euros de subventions versés pour l’essentiel par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Une manne de près de 200 € par an et par habitant, totalement inhabituelle aux yeux de la CRC qui constate que les subventions d’investissement pour des communes comparables ne dépassent pas en moyenne 58 € par an et par habitant.

Le patio du nouvel hôtel de ville en travaux, le 22 septembre 2018 (photo © CPC)

Les Carnussiens ne remercieront donc jamais assez les autres contribuables d’Aubagne ou de Marseille qui acceptent bien volontiers de se serrer la ceinture et de laisser leurs propres établissements publics tomber en ruine, pour permettre à la commune de Carnoux de rénover et d’embellir à grands frais son cadre de vie. Il suffit d’ailleurs de comparer l’état des infrastructures scolaires pour constater à quel point les habitants de Carnoux sont bien servis, ce qui explique au passage pourquoi, comme l’a relevé avec étonnement la CRC, la ville de Carnoux accueille dans ses établissements autant d’élèves venant des communes voisines.

Et bien entendu, on ne louera jamais assez l’habileté de notre maire bienaimé qui est devenu le champion toutes catégories des demandes de subventions auprès du Département qui ne sait rien lui refuser. La quasi-totalité des délibérations prises en conseil municipal tournent d’ailleurs autour de ce sujet central. Une belle illustration en est donnée par le dernier compte-rendu en date du 26 juillet 2018, qui fait état de pas moins de 6 délibérations de ce type pour réclamer au Département de subventionner à hauteur de 60 à 70 % pour 1,6 millions de nouveaux travaux dans le cadre de l’enfouissement des réseaux aériens.

L’ancien hôtel de ville de Carnoux ceinturé par les nouveaux bâtiments en construction (photo © CPC)

Comme l’explique crûment le maire, selon les termes du compte-rendu officiel, « la collectivité a décidé de taper un grand coup dans l’enfouissement des réseaux aériens et de l’éclairage public avant que l’éclairage public ne passe de compétence métropolitaine, ce qui devrait avoir lieu en 2020 » car « il n’est pas certain que la collectivité obtienne des subventions en 2020 puisque le département doit fusionner avec la métropole. De plus, il n’est pas certain que la métropole, avec l’ampleur des travaux à entreprendre pour les différentes communes, vote 1 600 000 € de travaux. Il faut donc anticiper ». En d’autres termes, il faut en profiter tant qu’on peut siphonner les caisses du Département parce que Martine Vassal est en campagne et peut allégrement arroser tous ses soutiens car lorsqu’elle prendra les rênes de la Métropole après la disparition programmée du Conseil départemental, il faudra nécessairement partager le gâteau avec les maires des autres communes. C’est donc la course contre la montre pour dépenser tout ce qui peut l’être, quitte à prévoir un peu large pour le nouvel hôtel de ville dont les horaires d’ouverture au public ont pourtant été encore réduits…

L. V. 

 

Monsieur le Maire tient à préciser…

En réaction à cet article, Monsieur le Maire de Carnoux a immédiatement écrit au Président du Cercle progressiste carnussien pour justifier son action et c’est bien sûr avec grand plaisir que nous publions ses observations qui ne sont en rien contradictoires avec ce que nous avions noté, sinon sur des points pour lesquels notre analyse a manifestement été lue un peu rapidement car il n’y a jamais été écrit que les nouveaux locaux n’étaient pas destinés à accueillir des services externalisés, ni bien entendu que les élèves des communes voisines sont accueillis sans contrepartie financière… On a donc un peu de mal à discerner où se situe « l’inexactitude du propos ». En tout cas, que le maire se rassure, il n’y avait nulle méchanceté dans notre analyse qui ne reflète que les interrogations d’un citoyen curieux de la manière dont sont gérées les affaires publiques dans sa commune !

Monsieur le Président,

Il m’a été « conseillé » de lire l’excellent article du courageusement nommé LV paru sur votre blog sous le titre « le château de mon maire… »

Je dois dire que je n’ai pas été surpris par le ton, la méchanceté et surtout l’inexactitude du propos.

Dans un premier temps je n’ai pas jugé utile de répondre puis à la réflexion j’ai estimé que je me devais de rectifier et de préciser certains points.

  • La surface de l’extension mairie n’est pas faite pour accueillir des services externalisés, mais pour donner de meilleures conditions de travail aux agents et pour offrir des locaux plus fonctionnels à la police municipale et au CCAS comme vous le dites mais aussi au service des sports et à la PMI.
  • Vous parlez du rapport au « vitriol » de la chambre régionale des comptes. C’est une affirmation gratuite. Beaucoup de communes souhaiteraient avoir le même puisque la qualité de notre gestion est reconnue.
  • Les investissements de la commune, certes importants pour sa taille, sont aidés financièrement par le Département mais aussi par la Métropole comme toutes les communes semblables à la nôtre. Vous aurez bien entendu remarqué que notre autofinancement est conséquent grâce à une gestion « responsable » et maitrisée.
  • Les élèves trop nombreux à votre sens que nous recevons de l’extérieur sont ceux qui résident à Carpiagne et qui relèvent des communes de Marseille et d’Aubagne. Pour votre information, une participation financière est versée par chacune d’elle pour chaque élève scolarisé dans notre groupe scolaire Frédéric Mistral, dans le cadre d’une convention établie il y a près de 20 ans !

Certains se réjouissent d’avoir une commune qui se modernise et s’embellit, sans endettement et sans hausse de la pression fiscale, d’autres comme vous trouvent le moyen avec un humour douteux et sans discernement de s’adonner à la critique systématique ! Ce qui est excessif n’est pas crédible..

Je n’ai certes pas la prétention de tout bien faire mais soyez assuré que dans mon action, je n’ai qu’un objectif, l’intérêt de notre ville et de ses concitoyens.

Je vous remercie d’insérer dans votre blog ce courriel en vertu de mon droit de réponse.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées .

 

Jean-Pierre GIORGI

Maire de Carnoux-en-Provence

 

 

A Paris, l’urinoir qui fait débat

21 août 2018

A Paris, la bataille pour les municipales de 2020 a déjà commencé et tous les coups sont permis pour commencer à descendre en flammes Anne Hidalgo et sa majorité de gauche plutôt brinquebalante. Après les attaques en règle contre la piétonisation des voies sur berge et les critiques tous azimuts suite aux ratés du renouvellement du marché des Vélib, sans parler de l’échec des Autolib de Bolloré, voilà que le débat prend de la hauteur en se focalisant autour d’un malheureux urinoir placé sur un quai de la Seine, en plein cœur de l’Ile Saint-Louis…

Un uritrottoir installé sur l’île Saint-Louis le 13 août 2018 (photo © Philippe Wojazer / Reuters)

En politique, la pissotière a souvent été aux cœur des débats publics. L’empereur romain Vespasien y a gagné une renommée internationale qui a traversé les âges, lui à qui on attribue, à tort, l’implantation d’urinoirs publics dans les rues de Rome, alors qu’il s’était plus prosaïquement contenté de lever un impôt public sur la collecte de l’urine, source précieuse d’ammoniac pour l’industrie teinturière de l’époque, justifiant sa décision par le constat, largement utilisé depuis, selon lequel « l’argent n’a pas d’odeur ».

Plus près de nous, l’inoubliable roman publié en 1934 par Gabriel Chevallier est resté comme un monument de l’analyse des débats citoyens locaux, lui qui raconte par le menu comment le maire de Clochemerle décide un jour de faire entrer le Progrès et l’Hygiène dans sa petite commune rurale du Beaujolais, sous la forme d’un urinoir moderne installé contre le mur de l’église, déclenchant les protestations horrifiées et la mobilisation acharnée de tout le clan clérical que compte la commune.

Un dessin signé Lacombe, publié dans Marianne le 17 août 2018

Le journaliste Guy Konopnicki, dans sa dernière chronique de Marianne, a beau jeu de faire le parallèle entre cette histoire croquignolesque et celle qui agite depuis quelques jours le microcosme de la politique parisienne, poussant l’ancienne patronne du MEDEF à s’interroger avec la plus extrême finesse qui la caractérise : « Mais qu’est-ce que cette très élégante nouvelle connerie parisienne ? », tandis que le journaliste déplore que « ce mobilier urbain ne semble pas du plus bel effet », ajoutant, un rien vachard, « le goût de chiotte des élus parisiens n’a jamais été pris en défaut »…

Il faut bien reconnaître pourtant, pour être honnête, que l’édicule en question n’a pas été conçu en conseil municipal parisien mais bien par les designers de l’agence nantaise Faltazi qui les commercialise sous le doux nom de marque déposée « uritrottoir ». Concepteur déjà de systèmes d’urinoirs secs destinés à équiper les festivals champêtres, la société a développé spécialement des pissotières urbaines écologiques installées depuis mai 2017 dans les rues de Nantes sans la moindre polémique locale. Même la petite commune bretonne de Locminé a adopté l’uritrottoir depuis plus d’un an sans faire d’histoire…

Un uritrottoir Stout installé rue de la Bléterie à Nantes (photo © Uritrottoir)

Le dispositif est astucieux, constitué grosso modo d’une botte de paille qui recueille les urines et est ensuite valorisée en compost, grâce à son enrichissement en ammoniac, permettant le développement des plantes à fleurs qui s’épanouissent en partie supérieure dans un bac dont le compost est renouvelé périodiquement. Un concept de « pipi fleuri » parfaitement maîtrisé, permettant des économies d’eau conséquentes, un entretien aisé et à moindre frais, ainsi que la valorisation d’un sous-produit de l’activité humaine tout en évitant la pollution olfactive liée à tous ces quidams qui se soulagent discrètement à tous les coins de rue.

Schéma de principe du fonctionnement des uritrottoirs (source © Uritrottoir)

L’appareil n’est pas donné, à raison de 3000 € pièce, mais il présente l’avantage de pouvoir être déposé partout sans le moindre raccordement, et déplacé à la demande. Une fonction qui ne devrait pas manquer d’être actionnée prochainement au vu des innombrables critiques qui se sont élevées lorsqu’il a été installé l’un de ces édicules sur l’Ile Saint-Louis, en plein cœur du Paris touristique. Deux premiers dispositifs similaires sont pourtant en fonction depuis janvier 2017 à proximité de la Gare de Lyon sans que cela ait déclenché la moindre réaction, et d’autre ont été installés depuis Place de Clichy et sur le quai Saint-Bernard, dans le 5ème arrondissement.

Uritrottoirs placés près de la Gare de Lyon (photo © Sylvie Charbonnier / Radio France)

Bien entendu, les féministes se sont emparés de l’affaire, tirant à boulets rouges contre cette initiative qui ne serait destinée qu’aux seuls représentants du sexe masculin, même si les initiateurs du projet se défendent tant bien que mal en expliquant que cela permettra au moins de désengorger les sanisettes locales, qui elles sont plus facilement adaptées aux deux sexes, et que cela vaut mieux en tout cas que de voir des hommes se soulager en pleine rue en se contentant de pisser contre un mur ou le tronc d’un platane comme si de rien n’était…

Curieusement, la polémique qui enfle autour de ce mobilier urbain renouvelé et qui meuble les conversations en cette période de creux estival, passe largement à côté de ce qui est pourtant un sujet majeur qui anime de plus en plus les milieux professionnels de l’assainissement urbain, à savoir : comment faire pour enclencher la collecte séparée des urines ?

La question paraît triviale mais elle fait d’ores et déjà l’objet de très sérieux projets de recherche. Le SIAAP (Syndicat intercommunal d’assainissement de l’agglomération parisienne) qui traite les effluents de près de 9 millions de Franciliens, constate en effet que la capacité épuratoire de ses usines est fortement impactée par les fortes teneurs des eaux usées en azote et en phosphore, deux composés qui proviennent justement à 80 % des urines humaine, alors que ces dernières ne représentent que 1 % des volumes à traiter !

On aurait donc tout intérêt à recueillir de manière séparée les urines humaines pour les valoriser, après nitrification qui transforme l’ammoniac et permet de valoriser de fortes quantités d’azote et de phosphore, très utiles comme fertilisants agricoles. Sachant que, chaque jour, l’humanité produit de l’ordre de 7 millions de tonnes d’urines, une telle valorisation permettrait de ne plus recourir aux exploitations minières de phosphore, et assainirait significativement les milieux aquatiques largement pollués par l’azote et le phosphore issus du rejet des effluents de station d’épuration.

Toilettes permettant le recueil séparé des urines (source SIAAP / colloque ARCEAU)

Une évolution vertueuse donc, mais qui nécessite de sortir de décennies de fonctionnement de nos toilettes classique et suppose une petite révolution culturelle… Techniquement, les systèmes sont au point avec des toilettes qui permettent de recueillir séparément les urines et de les stocker dans des cuves spécifiques avec un système de collecte adapté. Tout l’enjeu est maintenant de convaincre les aménageurs d’inclure cette évolution dans leurs nouveaux programmes de construction afin d’amorcer progressivement le changement.

Peut-être que les uritrottoirs de Nantes et de Paris, en attirant l’attention sur le pouvoir fertilisant des urines ainsi recueillies, auront-elles au moins l’avantage de faire avancer le débat sur ce dossier pressant…

L.V. 

Pourquoi la France devrait gagner le prochain Mondial de foot

11 juin 2018

Comme chacun sait, ou en tout cas le saura bientôt, au vu du matraquage médiatique lié habituellement à un tel événement sportif, cette semaine débute en Russie la 21ème édition de la Coupe du monde de football. Elle verra s’affronter entre le 14 juin, date du match d’ouverture entre l’équipe russe et celle d’Arabie saoudite, et le 15 juillet, date prévue pour la finale de cette compétition, les 32 meilleures équipes nationales du moment.

On a tous en tête l’analyse, tout en finesse, formulée en 1990 par le footballeur anglais Gary Lineker : « Le football est un sport simple : 22 joueurs courent après un ballon pendant 90 minutes, et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent ». Sauf qu’une nouvelle théorie beaucoup plus sérieuse vient d’émerger qui remet totalement en cause cette vision excessivement réductrice de la compétition footballistique.

C’est un article signé par Vincent Grimault pour le magazine Alternatives économiques qui vient éclairer d’un jour nouveau les mécanismes qui régissent ce domaine où néanmoins l’aléa garde toute sa place, surtout en matière de football, un des sports où la chance joue malgré tout une certaine part et où le talent, la motivation, la force physique et la technicité des joueurs ne sont pas toujours suffisant pour expliquer les résultats.

Si l’on fait néanmoins abstraction de cette part liée aux impondérables de toute nature qui peuvent conduire à des scores parfois inattendus, l’analyse pseudo-économique à laquelle s’est livrée Alter Eco pour prédire les résultats du prochain Mondial de foot ne manque pas de sel et elle mérite d’être détaillée. Elle se base sur un constat simple qui saute aux yeux lorsqu’on décortique les résultats de l’Euro 2016 sous l’angle du taux de prélèvements obligatoires en vigueur dans les différents pays qui s’y sont affrontés : les pays où la pression fiscale est la plus forte sont ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats dans cette compétition !

Taux de prélèvement obligatoire des participants à l’Euro 2016 en fonction de leur résultats (infographie © Alternatives économiques)

Comme toute théorie (surtout dans le domaine économique, et peut-être plus encore lorsqu’il s’agit de spéculation liée à la compétition sportive), celle-ci souffre naturellement quelques exceptions dont la Suède éliminée dès le premier tour malgré son taux de prélèvement supérieur à 50 %, ou la Pologne parvenue en quart de finale avec pourtant un taux de fiscalité dérisoire de 18,5 %. Il n’empêche que les 4 équipes arrivées jusqu’en demi-finales présentent toutes un taux de prélèvement élevé, qui approche les 49 % en moyenne.

A première vue, on pourrait certes s’interroger sur le lien qui existe entre l’aptitude à marquer des buts et ce taux de prélèvements obligatoires, lequel est le rapport entre l’ensemble des taxes, impôts et cotisations sociales d’un pays et son produit intérieur brut (PIB). Mais en réalité, la corrélation est évidente comme l’explique l’article de Vincent Grimault : « les pays à haut niveau de fiscalité sont, de façon générale, les plus développés. Grâce aux dépenses publiques, et à des systèmes de protection sociale de qualité, les habitants y sont en bonne santé et ont du temps libre pour pratiquer le sport. Par ailleurs, grâce à un haut niveau d’investissement public, les pratiquants de football de ces pays peuvent s’entraîner sur des équipements de qualité, encadrés par des éducateurs, au sein de clubs structurés, souvent payés en partie par les collectivités. », CQFD…

Les joueurs de l’équipe nationale d’Islande lors de l’Euro 2016 (photo © Denis Balibouse / Reuters)

Et l’auteur de l’article en veut pour preuve « le miracle islandais, qui a vu l’Islande et ses 320 000 habitants se qualifier pour les quarts de finale de l’Euro 2016, puis se qualifier cette année pour la première Coupe du monde de son histoire », une performance qui s’explique très bien grâce à des équipements sportifs de haut niveau et à des éducateurs compétents, comme quoi le service public a du bon, même dans ce domaine du football professionnel…

Dans ces conditions, cela devient un jeu d’enfant que de prédire les résultats du prochain Mondial de football ! L’équipe d’Alternatives économiques s’est bien entendu livré à l’exercice selon une méthodologie parfaitement rigoureuse, quoique mâtinée néanmoins d’une petite dose de chauvinisme et sans oublier totalement l’expertise sportive lorsque le seul critère fiscal ne permet pas de trancher de manière définitive.

Taux de prélèvement obligatoire (valeurs 2013) des participants à la Coupe du monde 2018 (infographie © Alternatives économiques)

Il faut dire que, sous cet angle, les écarts entre compétiteurs sont plutôt larges, entre un pays comme le Nigeria où le taux de prélèvements obligatoires dépasse à peine 11 % et le champion du monde qu’est le Danemark avec son taux de 58,7 % tandis que la moyenne des pays engagés dans le Mondial s’établit à 33,5 %.

A cette aune, on ne s’étonnera donc pas que les prévisions de nos économistes amateurs de football annoncent une finale entre le Danemark et la France, cette dernière étant particulièrement bien placée avec son taux de prélèvements obligatoires de 53,5 % ! De là à affirmer que la France a toutes les chances de remporter cette prochaine coupe du monde de football, comme le fait le journaliste d’Alter Eco, c’est peut-être aller un peu vite en besogne et oublier quelques menus détails d’ordre plus sportif qui ne plaident sans doute pas autant en faveur de notre équipe nationale…

Emmanuel Macron poussant la balle à l’occasion d’une visite au centre d’entraînement de l’OM le 15 août 2017 (photo © DR)

Quoi qu’il en soit, voilà en tout cas un argument massue qui plaide sans conteste en défaveur d’une baisse de la pression fiscale pourtant mise en avant par nombre de nos responsables politiques, Emmanuel Macron en tête : espérons que son attirance affichée pour le ballon rond l’amènera à revoir sa politique en la matière !

L.V.  

La fraise Tagada, argument décisif de Macron

9 mai 2018

Les campagnes présidentielles se suivent et ne se ressemblent pas. On se souvient que celle de 2012, qui avait permis l’arrivée au pouvoir du socialiste François Hollande, s’était également soldée, fait rarissime, par le rejet des comptes de campagne du candidat sortant Nicolas Sarkozy. A l’époque, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), créée en 1990 mais qui ne contrôle les comptes de la campagne présidentielle que depuis 2007, avait estimé que les dépenses du candidat UMP dépassaient de 363 000 € le plafond maximal de dépenses autorisé, fixé à 16,85 millions d’euros pour le premier tour et à 22,5 pour le second tour.

Un dessin de Mutio publié sur le site Pinterest

En réalité, l’enquête judiciaire qui s’en est suivi a révélé que les turpitudes du candidat étaient sans commune mesure avec ce que la commission, aux moyens d’investigation très limités, avait pu imaginer, puisque le dépassement se montait en fait à au moins 18,5 millions d’euros. L’ex Président de la République a d’ailleurs depuis été mis en examen, en février 2017, pour financement illégal de campagne électorale, tandis que de forts soupçons pèsent également sur le financement illégal de sa campagne précédente de 2007 par le gouvernement libyen.

Pour l’élection présidentielle de 2017, les comptes de campagnes des 11 candidats présents au premier tour ont donc été examinés à la loupe par la commission, composée de 9 membres permanents et qui recrute, pour se faire aider, des rapporteurs chargés d’éplucher les liasses de justificatifs. Publiés au Journal officiel du 3 août 2017 tels qu’ils ont été déposés par les équipes de campagnes, les comptes ont été passés à la moulinette et la commission a remis son verdict cinq mois plus tard, en janvier 2018.

Cette fois, aucun des candidats n’a dépassé le plafond autorisé, même si Emmanuel Macron, le plus dépensier de tous, s’en est approché avec un montant total de 16,6 M€ pour le premier tour. Une analyse détaillée de ces dépenses, disponible notamment sur BFMTV, montre d’ailleurs que sa stratégie très ciblée, avec près de 5 millions consacrée aux appels téléphoniques, courriers et SMS, a été payante puisque l’investissement rapporté au nombre de suffrages obtenus est de 0,81 € par voix. Par comparaison, la campagne du socialiste Benoît Hamon, qui a coûté un peu plus de 15 M€ est un vrai fiasco économique, et pas seulement idéologique, avec un prix de revient de 6,58 € par voix obtenue…

Emmanuel Macron en meeting à Bercy pendant la campagne des présidentielles (photo © Eric Feferberg / AFP)

A se demander d’ailleurs si un tel déluge de moyens financiers est vraiment nécessaire dans une telle campagne quand on constate que l’iconoclaste Jean Lassalle, avec un budget très modeste de 257 000 €, a obtenu le meilleur retour sur investissement puisque chaque suffrage recueilli ne lui a coûté que 0,51 € !

En tout cas, chacun des candidats a pu obtenir un remboursement conséquent de ses frais de campagne, quasi intégral pour un candidat comme Jean Lassalle ou Philippe Poutou et atteignant jusqu’à 10,7 M€ pour les deux finalistes Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Certes, toutes les dépenses présentées par les candidats n’ont pas été intégralement retenues dans les calculs de la commission, mais les écarts avec les comptes présentés restent modestes.

Un dessin de Lara publié dans le Nouvel Obs

Le Monde signale néanmoins que l’un des rapporteurs, en charge d’examiner les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon (qui s’élèvent quand même à 10,7 M€ soit quasiment autant que le Front national) a émis de fortes réserves quant à l’éligibilité de certaines des dépenses présentées, pour un montant de 1,5 M€) et a démissionné avec fracas de la Commission car cette dernière ne l’a pas suivi dans son analyse, permettant à la France insoumise d’empocher, suite à cette élection, un joli pactole de plus de 6 millions d’euros, soit trois fois plus que le pauvre François Fillon pourtant arrivé devant lui : le monde est décidément trop injuste…

Et voilà que l’on apprend, via La Dépêche du Midi, que les comptes de campagne du candidat de la France en marche, élu triomphalement en mai 2017, recèlent des ingrédients insoupçonnés qui expliquent peut-être en partie le succès inattendu de ce mouvement surgi de nulle part. En épluchant les documents comptables remis à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, cette dernière s’est en effet étonnée de trouver une facture correspondant à l’achat de 17,8 kg de fraises Tagada !

Les politologues ne manqueront pas, bien entendu, d’analyser les vertus pédagogique et la force de persuasion d’une friandise sucrée offerte au tournant d’une campagne présidentielle. Nul doute en tout cas que les fraises Tagada d’Emmanuel Macron l’ont porté au pouvoir bien plus sûrement que les costumes pourtant de bonne facture du candidat LR…

Le député Mickaël Nogal en compagnie du Président de la République dans les rues de Toulouse le 11 septembre 2017 (source : site Mickaël Nogal)

 

Certes, la vérité oblige à dire que les fraises Tagada en question n’ont pas été commandées en direct par le candidat lui-même mais par l’un de ses stratèges, le futur député LREM de la 4ème circonscription de Haute-Garonne, Mickaël Nogal, qui est allé lui-même acheter ces paquets de fraises Tagada, le 1er mars 2017, au magasin Haribo du village de marques de Nailloux, au sud de Toulouse, pour la somme rondelette de 102,80 €. L’idée était de distribuer aux passants de petits sachets de bonbons accompagnés d’un flyer détaillant les propositions du candidat Macron à l’occasion de la journée de la femme, le 8 mars 2017.

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques s’est longuement tâtée au sujet de l’éligibilité de cette facture et a interrogé officiellement l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron pour qu’elle fournisse « des éléments démontrant le caractère électoral de cette dépense ». Il semblerait néanmoins que la fraise Tagada soit désormais considérée comme faisant partie intégrante de la panoplie du candidat en campagne, un argument que les campagnes publicitaires d’Haribo ne devraient pas manquer d’exploiter…

L.V.  

Inondations : on a trouvé les coupables !

3 février 2018

Une nouvelle fois, la France vient de connaître une vague d’inondations spectaculaires. A Paris, le niveau de la Seine est monté la semaine dernière à 5,85 m et aurait selon toute vraisemblance dépassé les 6,40 m sans l’action des quatre lacs-réservoirs situés en amont du Bassin parisien. A un tel niveau, certes très inférieur à celui observé en janvier 1910, mais qui n’avait pas été atteint depuis 1955, les dégâts sur les réseaux et infrastructures auraient pu être considérables, en particulier sur le réseau de transports et notamment le RER C qui commence à être sérieusement menacé au-delà de 6,20 m.

Les bords de Seine à Paris le 22 janvier 2018 (photo © Stéphane de Sakutin / AFP)

Et comme toujours dans ces cas-là, on cherche les coupables… Ainsi que lors de chaque épisode de ce type, les rumeurs les plus absurdes courent, alimentées par la certitude, aussi irrationnelle que récurrente, selon laquelle : « ils nous ont inondés pour protéger Paris » (ou tout autre ville d’ailleurs, selon l’endroit où l’on se place…). Il est toujours difficile d’admettre que l’on a été inondé parce qu’il a beaucoup plu et que l’on est situé en zone inondable, dans le lit majeur d’un cours d’eau…

Et ceci malgré tous les dispositifs de protection contre les inondations qui ont pu être mis en place et qui ont souvent joué un rôle atténuateur très bénéfique comme cela a été le cas en janvier 2018 avec les lacs-réservoirs qui ont dérivé et stocké en amont du bassin versant des centaines de millions de mètres cube d’eau, réduisant d’autant les débits en aval.

Alors, puisque l’on a vraiment besoin de trouver un bouc émissaire, ne cherchez-plus. L’explication à ces inondations, exceptionnelles par leur ampleur et leur durée, est parfaitement claire sur la photo suivante, prise le 31 janvier 2018 sur la commune de Montesson, dans les Yvelines, et garantie sans trucage : c’est simplement un étourdi qui a oublié de fermer le robinet…

A Montesson, le 31 janvier 2018 (photo © Frédéric Gache / EPTB Seine Grands Lacs)

Et pour les Parisiens qui ont une dent contre la politique menée depuis des années par la Ville de Paris en faveur de la réduction de la voiture en ville et de la réappropriation des voies sur berges par les piétons, voici une seconde explication, tout aussi recevable…

Dessin de Lacombe publié dans Marianne le 2 février 2018

Lorsque les forces de la nature dépassent l’entendement, il est toujours rassurant de se raccrocher à des explications simples et pleines de bon sens !

L.V.  

Vade retro 2017…

1 janvier 2018

L’année 2017 vient de s’achever. Les nostalgiques de toujours la regretteront sans doute : on sait ce qu’on perd mais on ne sait jamais ce qui nous attend… Les plus pessimistes redoutent déjà la nouvelle année qui vient de démarrer et le lot de futures catastrophes qu’elle ne manquera pas de nous apporter…

C’est en tout cas pour tous le moment de se remémorer quelques uns des événements qui ont jalonné l’actualité de cette année 2017, riche en rebondissements. Pour cela, mieux vaut un bon dessin qu’un long discours : un dessin de presse bien entendu, de ces petits chef-d’oeuvres d’humour grinçant ou décalés, parus dans la presse ou relayés sur internet, qui savent mieux que personne prendre l’actualité par son côté dérisoire et permettent de faire sourire de tous ces événements qui font notre quotidien !

Merci donc à ces dessinateurs de presse, tous plus talentueux les uns que les autres, qui savent à merveille tirer profit des événements les plus tragiques ou les plus insignifiants pour nous faire rire. Cette rétrospective toute personnelle n’est bien entendu ni objective ni exhaustive. C’est juste une manière de se remémorer certains événements petits ou grands survenus en 2017 et déjà oubliés, laminés par le flot quotidien d’informations qui nous submergent…

C’est aussi l’occasion, pour l’équipe qui anime ce blog collectif de souhaiter à tous nos lecteurs, occasionnels ou assidus, une excellente année 2018 en espérant, sait-on jamais, qu’elle n’apporte pas que de mauvaises nouvelles mais permette, pourquoi pas ?, de reprendre espoir dans la capacité des hommes à ne pas choisir systématiquement les options les plus regrettables…

L.V.  

Janvier

Le 25 janvier 2017, un article du Canard enchaîné informe ses lecteurs que François Fillon, vainqueur de la Primaire de la Droite et candidat favori pour les prochaines élections présidentielles, est soupçonné d’avoir utilisé son indemnité de parlementaire pour fournir pendant des années un emploi fictif à sa femme Pénélope. Les révélations s’enchaînent et ont un énorme retentissement, d’autant que François Fillon commence par tout nier en bloc avant d’accepter l’évidence tout en accusant un hypothétique cabinet noir à l’Elysée d’être à la manœuvre.

Ses amis LR, Gérard Larcher en tête font mine de le soutenir en espérant qu’il finisse par se retirer, mais en vain. Sa morgue et son obstination conduiront finalement à son élimination dès le premier tour de la présidentielle. Un dessin de Deligne publié sur Urtikan.

 

Février

Le 2 février, à Aulnay-sous-Bois, un jeune noir de 22 ans, surnommé Théo, éducateur de quartier, est violemment molesté par 3 policiers tandis qu’un quatrième tient à distance à coups de gaz lacrymogène d’autres jeunes du quartier. Embarqué au commissariat, Théo fait l’objet d’insultes racistes et reçoit des coups. Un des policiers le blesse profondément en lui introduisant sa matraque dans l’anus. Il pore plainte pour viol et le parquet de Bobigny ouvre une information judiciaire pour « violences volontaires en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique ». Plusieurs manifestions en soutien ont lieu pour dénoncer les méthodes musclées de certains policiers. En pleine campagne électorale, Marine Le Pen se refuse néanmoins à condamner de telles pratiques. Un dessin de Marc Large publié sur Pinterest.

Mars

Alors que la campagne électorale des présidentielles bat son plein, le débat se focalise sur le clause Molière, obligeant les ouvriers à parler la langue française pour bien comprendre les consignes de sécurité, en réalité destinée à freiner l’emploi de travailleurs détachés sur les gros chantiers de travaux publics.

En février, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, avait fait adopter une telle clause pour les marchés publics de sa collectivité. En mars, c’est au tour de la Région Ile-de-France de lui emboîter le pas. Le Tribunal administratif validera cette clause en juillet 2017 pour un marché passé par la Région Pays de la Loire, mais le 13 décembre 2017, le Tribunal administratif de Lyon annule la délibération du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, invoquant un « détournement de pouvoir » et mettant en doute le réel motif de cette disposition : « La délibération a été adoptée, non pour assurer la protection de la santé et la sécurité des salariés, mais pour exclure les travailleurs détachés des marchés publics régionaux et favoriser les entreprises régionales en méconnaissance des principes de liberté d’accès à la commande publique et d’égalité de traitement des candidats ». Un dessin de Pétillon publié dans le Canard enchaîné du 15 mars 2017.

 

Avril

Pour le premier tour de l’élection présidentielle qui se déroule le 23 avril, beaucoup de Français se déclarent indécis jusqu’à la dernière minute et les sondages, qui pour une fois se révéleront très fiables dans leurs prévisions, montrent une très forte évolution des intentions de vote entre les 11 candidats déclarés. Un dessin d’Ixène publié le 19 avril.

 

Mai

Elu au deuxième tour de la présidentielle le 7 mai face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron prend officiellement ses fonctions de Président de la République à l’issue d’une cérémonie de passation de pouvoir le 14 mai avec son prédécesseur, le socialiste François Hollande. Ce dernier avait vu les débuts de son quinquennat marqué par de violentes précipitations et la presse s’était gaussé de ces différentes cérémonies officielles au cours desquelles le Président Hollande finissait trempé comme une soupe et emprunt d’une image de looser malchanceux. Au contraire, son ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée avait reçu plusieurs coups de pouce du destin durant la campagne présidentielle, dont le retrait de la compétition de François Hollande lui-même, l’absence d’alliance à gauche entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, l’élimination à la Primaire de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé, puis l’affaire Fillon qui a eu raison de son principal adversaire. Un dessin signé JM.

 

Juin

A la suite des élections législatives des 11 et 18 juin, La République en marche obtient une large majorité avec 308 élus auxquels s’ajoutent 42 députés MODEM. Nommé garde des Sceaux dans le premier gouvernement d’Edouard Philippe, François Bayrou doit faire face à des accusations d’emplois fictifs d’attachés parlementaires européen alors qu’il tente de mettre en place son projet de loi sur la moralisation de la vie politique. Il finit par démissionner du gouvernement le 21 juin après n’être resté que 35 jours au ministère de la Justice. Nommée ministre des Affaires européennes, sa collègue Marielle de Sarnez quitte également le gouvernement à la même date. Un dessin de Na !

 

Juillet

Le 12 juillet, un iceberg géant de plus de 6 000 km2 se détache de la barrière de glace Larsen en Antarctique. La fissure s’était propagée depuis plusieurs mois et a fini par atteindre la mer, provoquant le détachement irrémédiable de cette immense laque de banquise.. Il s’agit d’un des plus grands icebergs observés de mémoire d’homme, vaste comme deux fois la superficie du Luxembourg. D’un poids estimé à plus de 1 million de tonnes, cet immense bloc de glace contient autant d’eau que le lac Ontario. Un dessin de Mutio publié sur le site Urtikan.

 

 

Août

Pour ses premières vacances de Président de la République, Emmanuel Macron a choisi de les passer à Marseille où on a pu le voir sirotant un Pastis à la terrasse d’un café ou faisant son jogging aux couleurs de l’OM, son club fétiche. Le couple Macron a ainsi profité de la villa avec piscine du préfet de la région qui surplombe la Corniche Kennedy.

Ce séjour marseillais n’a pas manqué de faire jaser. Le sociologue Jean Viard a ainsi estimé que cette visite était un message adressé à Jean-Luc Mélenchon, lequel convoiterait la mairie marseillaise pour 2020, date à laquelle chacun espère que Jean-Claude Gaudin ne se représentera pas. Un dessin de Placide publié sur son site.

 

 

Septembre

Le 6 septembre, l’ouragan Irma dévaste les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy aux Antilles. Quelques jours plus tard, alors qu’il s’attarde sur la Floride, un autre ouragan, José, traverse à son tour l’Atlantique, avant d’être rejoint par la tempête tropicale Maria qui frappe notamment Porto Rico, la Dominique, la Guadeloupe et les ïles Vierges. Le 19 septembre, Emmanuel Macron succède à la tribune à Donald Trump pour son premier discours devant l’assemblée générale de l’Organisation des Nations-Unies. Contrairement au président américain qui est obnubilé par la lutte contre l’immigration clandestine, il se pose en porte-parole des sans-voix et insiste lourdement sur notre responsabilité vis-à-vis du réchauffement climatique et sur les conséquences de ce dernier en matière de risques naturels. Un dessin de Chaunu paru dans l’Est Eclair le 19 septembre 2017.

 

Octobre

Le 1er octobre se tient un référendum pour l’indépendance de la Catalogne organisé par le président de la Généralité de Catalogne, Carles PuigdemontCe référendum a été approuvé par le Parlement de Catalogne mais jugé illégal par le Tribunal constitutionnel espagnol. Le oui à l’indépendance l’emporte à plus de 90 % mais le taux de participation ne dépasse pas 43 % et la consultation est entachée de nombreuses violences policières. Il s’ensuit un bras de fer entre les indépendantistes catalans et le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, chacun jetant de l’huile sur le feu.

La République catalane est proclamée le 27 octobre mais dans la foulée le sénat espagnol vote la dissolution du Parlement de Catalogne et la destitution de Carles Puigdemont qui se réfugie en Belgique pour éviter la prison. De nouvelles élections sont organisées pour le 21 décembre. Pendant ce temps-là, la Grande-Bretagne s’efforce de trouver un accord avec l’Union européenne suite au référendum en faveur du Brexit. Un dessin de Chappate.

Novembre

Un « projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance » est présenté le 27 novembre en Conseil des ministres. L’objectif est de simplifier les relations avec l’administration et de créer un « droit à l’erreur » en faveur des citoyens et des entreprises. Un contribuable de bonne fois et non récidiviste pourra invoquer la clémence des services fiscaux en cas d’erreur ou d’omission dans sa déclaration. Un concept qui fait beaucoup jaser et donne des idées aux politiques qui auraient négligé d’appliquer leurs promesses électorales en toute bonne foi… Un dessin de Diego Aranega publié dans le Canard enchaîné du 29 novembre 2017.

Décembre

Le 5 décembre disparaissent quasi simultanément deux monstres de la culture française. D’abord l’académicien Jean d’Ormesson, mort à 92 ans, puis le rocker Johnny Hallyday décédé la nuit suivante à 74 ans des suites d’un cancer du poumon. Avec plus de 100 millions de disques vendus et une vie tumultueuse largement mise en scène par la presse people, le chanteur aura fortement marqué sa génération et sa disparition suscite d’innombrables commentaires dans les médias. Un dessin d’Olivier Ménégol publié dans Le Figaro.

Cumul des mandats, ou l’art des contorsions…

2 novembre 2017

En matière de cumul des mandats, la messe était dite depuis le 22 janvier 2014, date à laquelle avait été votée la dernière loi en vigueur, sous l’impulsion de François Hollande : sans doute un des points positifs incontestables qui restera dans l’histoire de ce quinquennat tant décrié… A l’époque, l’opposition LR était vent debout contre une telle réforme et avait tout fait pour la bloquer, promettant haut et fort de revenir en arrière si elle obtenait la majorité en 2017.

Car, preuve de sagesse ou aveu de faiblesse, les parlementaires n’avaient pas été jusqu’à prévoir une mise en application de la loi dès les municipales, alors en préparation. Ils avaient même prévu un sursis de 3 ans, jusqu’en 2017, avant de rendre effectif cette mesure qui interdit désormais toute possibilité de cumul entre une fonction de parlementaire (député, sénateur ou élu au Parlement européen) et de président d’exécutif local (commune, intercommunalité, département ou région).

C’est donc cette année, à l’occasion des dernières législatives, que la loi a commencé à s’appliquer. Les Républicains n’ayant pas réussi à gagner l’élection présidentielle, après que leur champion a été éliminé dès le premier tour, ils ont dû renoncer à leur rêve de faire abroger ce texte et se plier, eux-aussi et la mort dans l’âme, à la loi de la démocratie…

Un dessin de Pat Thiébaut (l’agité du local)

Selon les décomptes du Monde, pas moins de 170 députés sortants étaient directement concernés par ce type de cumul de mandats. Certains d’entre eux, les plus lucides sans doute, ont choisi de s’en tenir au vieil adage « un tien vaut mieux que deux tu l’auras » et ont préféré conserver leur poste d’élu local en évitant de se représenter aux législatives où leurs chances de réélection étaient de toute façon incertaines.

Un dessin de Deligne, publié dans Var matin

C’est le cas notamment de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, ou d’Hevé Gaymard, président du Département de Savoie, mais aussi de Christian Estrosi qui a préféré se replier sur la mairie de Nice, d’Edouard Philippe, resté maire du Havre et Premier ministre quand même, de Xavier Bertrand, toujours président des Hauts-de-France, ou encore de Jean-François Copé, Monsieur 3 % aux Primaires de la droite et éternel maire de Meaux. Certains en ont d’ailleurs profité pour réclamer des compensations financières, tel le maire d’Orléans, Olivier Carré, qui a obtenu une augmentation de 400 % de ses indemnités suite à son renoncement à la députation…

D’autres néanmoins (on ne se refait pas) ont préféré faire comme d’habitude et se sont présenté aux législatives comme si de rien n’était, tout en sachant qu’en cas d’élection ils seraient alors obligés de se défaire, dans un délai de 30 jours, de tous leurs mandats de président d’exécutif local. Pas moins de 125 députés se sont ainsi retrouvés dans ce cas de figure, ce qui en dit long sur l’atavisme de notre classe politique !

Sitôt l’élection passée, on a d’ailleurs pu assister à un ballet de stratégies toutes plus subtiles les unes que les autres pour gérer au mieux cette règle bien ennuyeuse. On a vu ainsi Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI et fraîchement réélu député, imposer au Conseil municipal de Drancy sa femme pour le remplacer désormais dans le fauteuil de maire de Drancy : une pratique qui rappelle vaguement la période du Front National à Vitrolles…

Un dessin de Babouse

Dans la Haute-Marne, le député François Cornut-Gentille, a choisi soigneusement les amis qu’il a installés dans ses anciens fauteuils de maire de Saint-Dizier et de président de la communauté d’agglomération. Mais pour être certain de continuer à tirer les ficelles de ces deux collectivités bien que la loi le lui interdise désormais, il a créé de toutes pièces un comité stratégique avec ces deux marionnettes, comité qu’il préside en personne et qui aura la haute main sur toutes les décisions importantes concernant le fonctionnement de la commune et de l’agglo !

Un dessin signé Lieutenant Colombo, pour le blog Fresnes 2020

Au passage, rappelons aussi que certains professionnels de la politique qui présentent systématiquement leur candidature dès qu’une élection se profile, se sont également retrouvés, à l’occasion des dernières législatives, en situation de cumul illégal avec leur fonction de député européen. C’est le cas notamment de Marine Le Pen, Louis Aliot, Marielle de Sarnez ou encore de Jean-Luc Mélenchon, qui ont donc dû tous démissionner de leur poste au Parlement européen pourtant fraîchement acquis, deux ans avant seulement.

Et voilà que l’histoire vient de se renouveler avec les récentes élections sénatoriales. Cette fois, les choses étaient un peu plus compliquées puisque seule une partie des sénateurs voyaient leur mandat remis en jeu. Du coup, les autres ont tout tenté, y compris un recours devant le Conseil constitutionnel pour essayer de repouser de 2 ans au moins l’heure du choix. Mais peine perdue : il n’ont obtenu qu’un petit répit d’un mois supplémentaire, jusqu’à aujourd’hui 2 novembre…

Un dessin de Vissecq (source : Pointamine)

Il a donc fallu se résoudre à partager le gâteau et à renoncer à certaines fonctions électives… Sur les 138 sénateurs concernés par le cumul des mandats, seuls 41 d’entre eux ont préféré conserver leur mandat local. C’est le cas notamment de Jean-Claude Gaudin qui a choisi de rester maire de Marseille et président de la Métropole, ce qui lui évite des allers-retours parfaitement inutiles sur Paris. C’est désormais Anne-Marie Bertrand, ancienne maire de Rognonas et fervente supporter de Laurent Wauquiez qui le remplacera sur les bancs du Sénat.

C’est le cas aussi de François Baroin, qui a préféré rester maire de Troyes pour pouvoir conserver son siège de président de la très influente Association des Maires de France, tout comme Caroline Cayeux, maire de Beauvais et présidente de Villes de France. Citons aussi dans cette catégorie le jeune maire FN de Fréjus, David Rachline, qui a préféré consolider son implantation locale plutôt que de continuer à siéger au Sénat.

Un dessin de Rhodo (source : Ma commune)

Grâce à ces démissions en cascade pour lesquelles les partants sont remplacés par leur suppléant ou leur suivant de liste (selon les départements), le Sénat s’est quelque peu féminisé puisque la part des femmes y est passée de 25 à 32 % : un grand pas en avant !

Ceci dit, la plupart des sénateurs concernés par le cumul des mandats ont préféré renoncer à leur mandat local et continuer à siéger au Palais du Luxembourg. Dans les Bouches-du-Rhône, on a assisté ainsi à un repli général sur Paris. Stéphane Ravier, maire Front National des 13ème et 14ème arrondissements, a préféré confier son fauteuil à sa première adjointe qui est aussi sa nièce (au FN, la politique se fait volontiers en famille…), Sandrine d’Angio. Samia Ghali, quant à elle, qui fait actuellement l’objet d’une enquête du parquet national financier sur son patrimoine, quitte elle aussi son siège de maire des 15ème et 16ème arrondissements, de même que Bruno Gilles, qui a choisi de céder son poste de maire des 4ème et 5ème arrondissements à sa première adjointe Marine Pustorino.

De même, aux Pennes-Mirabeau, Michel Amiel a confié à son adjointe Monique Slissa les clés de la mairie qu’il détenait depuis 16 ans pour se replier sur son poste de sénateur, et Mireille Jouve en a fait autant pour son fauteuil de maire de Meyrargues, après bien des hésitations semble-t-il. Dura lex, sed lex… Heureusement pour lui, le sénateur toujours en poste, Jean-Noël Guérini, n’a pas eu à trancher un tel cas de conscience, lui qui ne détient plus de mandat électif d’exécutif local…

L.V.  

Un perroquet qui joue les corbeaux…

28 juillet 2017

C’est une drôle d’histoire qui nous vient des Etats-Unis. Une histoire que Fernand Reynaud aurait adoré raconter, pour ceux qui ont encore en tête son sketch sur le fameux perroquet qui dialogue avec le plombier tentant désespérément de se faire ouvrir la porte et hurle « C’est le plombier ! » tandis que le volatile obstiné demande inlassablement « Qui c’est ? ».

L’histoire donc se passe dans le Michigan à Sand Lake, en mai 2015. Si l’on en croit le Detroit news, Connie Ream n’a pas vu ses voisins, Marty et Glenna Duram depuis 2 jours et finit par s’inquiéter car les deux commères ont l’habitude de bavarder chaque jour. Elle finit par envoyer un texto pour demander à Glenna ce qu’elle a bien pu fabriquer avec son mari, mais pas de réponse. Le deuxième jour, elle ouvre la porte de ses voisins et découvre leurs deux corps inanimés.

Les pompiers, aussitôt prévenus accourent mais ce n’est qu’une heure plus tard qu’un des policiers, arrivé entre temps, se rend compte que Glenna Duram, âgée de 48 ans, est encore en vie. Marty, son époux avec qui elle vit depuis 11 ans, a été abattu de 5 coups de révolver. Glenna est elle-même blessée à la tempe droite, mais elle s’en remettra rapidement. Sur le coup, après avoir cru la femme décédée, les policiers la considèrent désormais comme une victime d’un cambriolage qui aurait mal tourné.

Glenna Duram lors de son procès (photo © Rex Larsen / Detroit news)

Sauf que, au fil de l’enquête, on se rend compte que le couple avait de gros problèmes d’argent, tandis que les enfants de Marty découvrent trois lettres d’adieu écrites par Glenna. La police commence à penser que c’est elle qui a tué son mari, poussée à bout par ses difficultés financières et redoutant une saisie imminente de leur maison, avant de tenter de se suicider. Mais Glenna dément et affirme ne pas se souvenir avoir écrit ces lettres. L’enquête piétine jusqu’en mai 2016, lorsque entre en scène le fameux perroquet…

Bud, le perroquet des Duram, témoin capital d’une affaire pénal

Bud, un perroquet gris du Gabon qui appartenait aux Duram, a été recueilli par une des cousines de Marty, peu près le drame. Depuis, il n’arrête pas de rejouer la scène d’une dispute conjugale fort convaincante. Imitant à la perfection la voix de son maître brutalement décédé, il hurle à qui veut l’entendre : « Ne tire pas, putain, ne tire pas ! ». Intriguée, la cousine a filmé le perroquet un mois après en avoir hérité. Devant l’incapacité des enquêteurs à boucler l’affaire et après avoir gardé le secret pendant plusieurs mois, elle se décide finalement à communiquer la vidéo à une télévision locale.

L’affaire fait immédiatement le buzz et trois semaines plus tard, Glenna Duram est finalement arrêtée et inculpée du meurtre de son mari. Son procès vient de se tenir et le verdict est mis en délibéré jusqu’au 28 août. Elle risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité après avoir été reconnue coupable d’avoir assassiné Marty, même si elle continue à nier les faits.

Le perroquet n’a pas été amené à témoigner à la barre comme certains l’auraient souhaité. Le procureur y a songé, semble-t-il, mais y a finalement renoncé, ne sachant trop comment lui faire prêter serment : « Levez l’aile droite et dites je le jure »…

Mais le perroquet a néanmoins été considéré durant le procès comme un témoin oculaire de premier plan, après avoir subi lui-même un examen approfondi conduit par une psychologue experte en perroquets (ça existe !), laquelle a pu attester que le volatile bavard imitait bien une dispute entre deux personnes, reproduisant selon toute vraisemblance une scène effectivement vécue et qui s’est mal terminée pour son défunt maître.

Espérons quand même pour celle qui risque de finir ses jours en prison que tout cela n’est pas le fruit d’une imagination trop fertile d’un perroquet cabotin et avide de reconnaissance médiatique…

L.V. 

Alternatives économiques : l’éco pour les nuls !

7 juillet 2017

Fondé en 1980 par l’économiste Denis Clerc en réaction au fameux slogan de Margaret Thatcher, « There is no alternative », le magazine Alternatives économiques, plus connu par les habitués sous son petit nom d’Alter Eco, est devenue une référence pour tous ceux qui ne sont pas complètement séduits par la doxa dominante du néolibéralisme le plus débridé. Edité par une société coopérative et diffusé à raison de 90 000 exemplaires payants chaque mois en moyenne, c’est devenu le deuxième magazine économique le plus lu en France, après Les Echos : une véritable référence donc en la matière qui vise à concilier le social et l’économique, dans un format très pédagogique et qui s’adresse à un très large lectorat.

Le dernier numéro d’Alter Eco va encore plus loin dans l’art de rendre accessible à tous certaines notions apparemment obscures qui font que le domaine de l’économie passe généralement pour rébarbatif et réservé aux seuls initiés. Le dossier du mois est en effet intitulé « Les (gros) mots de l’économie ». Trappe à liquidité, destruction créatrice, stagnation séculaire ou aléa moral : autant de termes parfaitement abscons pour qui n’a pas suivi un master d’économie ou ne sort pas de 2 mois de révisions fébriles en prévision de passer son bac en série ES.

L’idée de la réadction pour rendre abordable ces notions est non seulement de les expliciter par un texte d’une page, parfaitement limpide et souvent plein d’humour voire de poésie (Ah, le poéme en alexandrins sur la stagnation séculaire, un bijou d’anthologie !), mais surtout de demander à des dessinateurs d’illustrer chacune de ces notions par une planche de bande dessinée.

Le résultat est totalement bluffant et il faut vraiment se précipiter sur ce numéro double juillet-août d’Alter Eco qui assurément devrait devenir collector. Un exemple parmi d’autres pour vous donner envie de lire ce dossier où vous découvrirez aussi que la maladie hollandaise n’a rien à voir avec la frénésie pathologique de notre dernier Président de la République à escompter une soudaine et bienvenue inversion de la courbe du chômage, et où vous apprendrez stupéfait que ce bon vieux Adam Smith, outre le fait qu’il pourrait commettre des maladresses s’il se retrouvait de nos jours dans une rame de métro, n’a jamais vraiment assimilé le marché à une main invisible autorégulatrice comme on le lui attribue généreusement (et de manière perfide).

Un extrait du n° 370 d’Alternatives économiques…

Sur les externalités négatives, par exemple, l’explication est des plus limpides, basée sur l’exemple de l’agriculteur qui booste sa production à grands coûts de pesticides, provoquant pollution des nappes et des cours d’eau, avec toutes les répercussions environnementales et sanitaires qui en découlent, mais dont les coûts induits n’entrent évidemment en rien dans le bilan de son exploitation agricole. Une démonstration magistralement illustrée par Fabrice Erre, lui-même enseignant et auteur de bandes dessinées qui tient par ailleurs un blog intitulé Une année au lycée. Une adresse qui mérite le détour également et dont les dessins nous plongent actuellement dans l’ambiance des épreuves du baccalauréat : un petit extrait pour la route :

Dessin signé Fabrice Erre paru sur son blog à la date du 6 juillet 2017

Avec de tels professeurs aussi pédagogues, on se demande bien comment la France a bien pu tomber aussi bas dans le classement international PISA…

L. V. 

Google, fou de la petite reine et roi du bobard

30 janvier 2017

A l’heure où le Royaume du Danemark vient de nommer un ambassadeur auprès du géant américain Google, il n’est pas inutile de ressortir cette vidéo époustouflante mise en ligne par la multinationale montrant sa dernière invention en date : un vélo intelligent et autonome, qui tient debout sans l’aide de quiconque, se déplace tout seul dans la circulation et sur lequel on peut tranquillement se laisser porter tout en vaquant à ses occupations ordinaires.

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C’est bien évidemment l’antenne des Pays-Bas de la firme de Mountain View qui a conçu cet engin révolutionnaire, parfaitement adapté au Néerlandais qui parcours en moyenne pas moins de 900 km par an en vélo, au prix tout de même de 350 000 accidents chaque année !

blog387_phcameraLe Google self-driving bike, de son petit nom de baptême, sait se situer dans l’espace et détecter et cartographier son environnement afin de s’adapter à tout événement, tout ceci grâce à une caméra à 360° située à l’avant du vélo, à l’instar de ce qui est proposé sur les Google Car dont le projet s’inspire manifestement.

blog387_phsmartphoneLe vélo peut fonctionner comme un taxi Uber et venir vous chercher là où vous le demandez simplement depuis l’application dédiée. On peut même s’en servir de bureau mobile en installant confortablement son ordinateur sur le guidon évidemment adapté pour cela, et on peut aussi laisser le vélo promener tout seul les enfants bien installés dans leur siège.

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Une véritable merveille de la technologie dont Google s’est fait un malin plaisir d’annoncer la naissance le 1er avril 2016. Car bien évidemment, il ne s’agit que d’un poisson d’avril, issu du cerveau imaginatif des ingénieurs de la firme américaine ! Une vidéo explique même en détail, pour les plus crédules, comment ont été réalisés les trucages pour donner l’illusion d’un tel miracle.

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Pourtant, le vélo autonome qui avance tout seul existe bel et bien. Il a été inventé par 13 ingénieurs de l’université indienne de Kharagpur qui ont eu l’idée du projet i-Bike, visant à la base à venir en aide aux personnes souffrant d’un handicap moteur afin de leur permettre de se déplacer malgré tout en vélo.

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Certes, son look est quelque peu moins futuriste que celui de Google. Les esprits chagrins lui trouveront même un petit air de bricolage avec ses petites roues stabilisatrices à l’arrière et sa propulsion électrique rendue bien visible par une multitude de câbles qui pendouillent de tous les côtés : les propulsions électriques inventées par les tricheurs des courses cyclistes ont au moins le mérite d’être un peu plus discrètes ! Le guidage se ferait par GPS évidemment et pourrait permettre d’envisager que le vélo se rende tout seul à une direction pré-indiquée.

Le concept en tout cas ne manque pas d’intérêt, soit pour permettre à des malvoyants ou des handicapés moteurs de se déplacer à bicyclette, soit dans l’optique d’un système de location de vélos autonomes à direction assistée. Les Allemands plancheraient eux aussi sur un tel vélo du futur dont on peut penser qu’il ressemblera probablement davantage au prototype surréaliste de Google plutôt qu’au bricolage bout-de-ficelle des universitaires indiens…

L.V. lutinvert1small

2016 est mort, vive 2017 !

1 janvier 2017

Une nouvelle année vient de se terminer, une de plus ! Elle nous aura apporté, comme toutes les précédentes son lot de malheurs et de désillusions, d’erreurs et de regrets, mais aussi, forcément quelques petits bonheurs et peut-être même de grandes joies en cherchant bien !

Puisque c’est l’occasion de jeter un œil dans le rétroviseur, profitons-en pour nous remémorer certains des événements qui ont jalonné ce cru 2016, au travers du regard de quelques dessins humoristiques parus dans la presse ou relayés sur internet. C’est d’ailleurs l’occasion de rendre un hommage appuyé au talent de ces illustrateurs à qui nous empruntons ces œuvres, et à leur capacité sans cesse renouvelée à tirer profit de l’actualit,é même la plus noire, pour en tirer avec humour et tact, une analyse décalée qui prête à rire mais aussi à faire réfléchir.

La sélection est très personnelle et forcément totalement subjective. Elle n’a aucune autre prétention que de faire sourire à l’issue de cette année écoulée, riche en tragédies de toute sorte et qui n’incite pas forcément à l’optimisme quant à la capacité de l’humanité prise collectivement à surmonter de manière intelligente et constructive les innombrables défis qui nous attendent tous !

C’est en tout cas l’occasion, pour l’équipe qui anime ce blog collectif de souhaiter à tous nos lecteurs, occasionnels ou assidus, une excellente année 2017 en l’espérant aussi riche en rebondissements que celle qui vient de se terminer, avec peut-être un zest supplémentaire de bonnes nouvelles, sait-on jamais ?

L.V.lutinvert1small  

Janvier

Le 27 janvier 2016, la garde des sceaux Christiane Taubira, dernière conscience de gauche du gouvernement de Manuel Valls démissionne en fanfare après des semaines de malaise intense qui se cristallise en particulier autour des débats (finalement avortés) relatifs à la déchéance de nationalité. Elle quitte le ministère de la Justice sur son vélo jaune avec ces mots qui feront date ; « Parfois, résister, c’est partir ». Un dessin de l’illustrateur Ixène.blog375_ph01

Février

Le remaniement ministériel tant attendu a finalement lieu le 11 février 2016 et voit le départ de Laurent Fabius pour le Conseil constitutionnel, remplacé au poste de ministre des affaires étrangères par l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, tandis que trois écologistes font leur entrée au gouvernement. L’ambiance n’est cependant pas à la fête dans ce gouvernement au plus bas dans les sondages à un an de la prochaine échéance électorale présidentielle, comme l’a bien souligné le dessinateur Ysopeblog375_ph02

Mars

Le premier ministre britannique David Cameron négocie avec Bruxelles des conditions financières plus favorables pour son pays en menaçant de quitter l’Union européenne via un référendum s’il n’obtient pas satisfaction. La plupart de ses exigences sont satisfaites, ce qui n’empêchera pas le peuple britannique de voter largement en faveur d’une sortie de l’Union européenne. Ces négociations se passent avec en toile de fond une grave crise européenne due à l’afflux de migrants, provenant notamment de Syrie et face auxquels les pays européens ne savent plus comment se positionner. Un dessin de Cambon.blog375_ph03

Avril

Dans le contexte des manifestations contre la loi sur la réforme du Code du Travail présentée par la ministre Myriam El Khomry, la Place de la République à Paris est occupée à partir du 31 mars 2016 par la mouvement Nuit debout qui rassemble chaque nuit des milieux de citoyens tandis que le mouvement s’étend progressivement à d’autres villes. De nombreuses personnalités tentent de récupérer le mouvement, dont Alain Finkelkraut qui se fait expulser sans ménagement. Pendant ce temps-là, le gouvernement est à la peine, empêtré dans le projet de loi El Khomry : la gauche et les syndicats sont vent debout contre cette réforme qui répond avant tout aux attentes du patronat. Bien que promulguée le 9 août après avoir été fortement édulcorée, la loi continuera de provoquer des manifestations jusque fin septembre. Un dessin de Plantu publié dans Le Monde.blog375_ph04

Mai

En Autriche, les élections présidentielles voient s’affronter au 2ème tour, le 22 mai 2016, un candidat d’extême droite, Norbert Hofer, et un indépendant, Alexander Van der Bellen, ancien chef du parti des Verts. Les deux grands partis traditionnels sont éliminés de ce second tour, ce qui provoque un véritable séisme politique. L’écart de voix entre les deux finalistes est cependant si faible que le résultat est finalement invalidé le 1er juillet et un troisième tour doit être organisé, prévu initialement début octobre puis reporté au 4 décembre. C’est en définitive le candidat écologiste qui remporte ces élections, mais dans un pays où le FPÖ, parti d’extrême droite, reste très fortement soutenu, ce qui augure mal de l’avenir. Un dessin signé Vissecq.blog375_ph05

Juin

A l’occasion des matchs de l’Euro 2016 qui se déroulaient en France et qui se sont soldés par la victoire de l’équipe portugaise contre la France, des supporters russes et anglais se livrent à un déchaînement de violence qui provoque une trentaine de blessés sur le Vieux Port de Marseille le 11 juin 2016. Le lendemain, des hooligans allemands s’en prennent à des supporters ukrainiens. Quelques jours lus tard, c’est une bagarre qui éclate dans un train entre supporters éméchés anglais et gallois. Qui a dit que le sport facilite le rapprochement ? Un dessin réalisé par Deligne et publié sur son site.blog375_ph06

Juillet

Le 14 juillet, un camion conduit par un déséquilibré se revendiquant de DAECH fonce dans la foule assemblée sur la promenade des Anglais à Nice pour admirer le feu d’artifice. Après cet attentat meurtrier, l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi, lance une polémique accusant la police nationale de n’avoir pas suffisamment été présente tandis qu’il pousse la responsable de sa police municipale à remettre en cause le rapport officiel du Ministère de l’Intérieur sur ces événements tragiques. Le dessin de Placide fait référence au camion blanc du meurtrier et à cette polémique déplacée alimentée par la responsable locale de la police municipale aux ordres de Christian Estrosi.blog375_ph07

Août

Pendant tout l’été se prolonge un véritable débat national pour ou contre l’interdiction du burkini, ce fameux vêtement de bain porté par quelques femmes musulmanes intégristes. Plusieurs maires prennent des arrêtés municipaux pour interdire le port de ce vêtement sur les plages. Le Conseil d’État finit par invalider le 26 août 2016 l’arrêté pris par la commune de Villeneuve-Loubet qui interdisait les vêtement religieux ostentatoire sur la plage, rappelant que cette tenue de bain n’est pas attentatoire à l’ordre public. Un dessin de KAK publié sur son site.blog375_ph08

Septembre

La liste des candidats autorisés à concourir à la primaire de la droite et du centre est dévoilée le 21 septembre 2016 par la Haute-Autorité en charge de ce processus. Sept candidats sont finalement dans la course dont une seule femme, Nathalie Kosciusko-Morizet, et aucun candidat du centre, comprenne qui pourra. L’ancien premier ministre, pourtant condamné pour détournement de fonds publics, Alain Juppé est largement favori dans les sondages, devant l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy qui concentre les critiques de son camp du fait des nombreuses affaires judiciaires qui le concernent, relatifs en particulier aux modalités de financement de ses campagnes précédentes. Un dessin de Vadot, publié dans la revue Sandawe.com.blog375_ph09

Octobre

La campagne présidentielle aux États-Unis se termine dans un climat de tension exacerbée par l’élection surprise du milliardaire démagogue et conservateur Donald Trump face à la démocrate Hilary Clinton, considérée comme la candidate du système et fortement critiquée pour son opportunisme politique. Un dessin de Rodho paru dans le magazine Diacritik.blog375_ph10

Novembre

François Fillon remporte haut la main les primaires de la droite en prévision des prochaines élections présidentielles, éliminant dès le premier tour Nicolas Sarkozy qui avait pourtant fait le forcing pour être de nouveau candidat à l’élection présidentielle et à l’immunité judiciaire. Pour la seconde fois de sa carrière, l’ancien président de la République renonce à la vie politique, ce qui devrait lui laisser du temps libre pour s’occuper de sa défense dans les multiples affaires judiciaires dans lesquelles il est empêtré. Un dessin de Fix.blog375_ph11

Décembre

Après un suspens savamment entretenu, François Hollande annonce finalement qu’il ne briguera pas un second mandant présidentiel, ouvrant la porte à une candidature de son premier ministre, Manuel Valls, qui annonce aussitôt qu’il participera à la primaire du Parti socialiste. La cote de popularité du Président de la république était tombée si bas que ce retrait s’imposait. Pour autant, il fallait oser filer la métaphore du désamour et de la désillusion : Gros l’a fait, dans ce dessin paru dans Marianne !blog375_ph12

Joyeux Noël 2016 !

24 décembre 2016

Crise économique, chômage, insécurité, déréglement climatique, montée des extrémismes et repli identitaire : la période se prête plutôt au tragique qu’à la franche rigolade… Et pourtant, quelles que soient ses convictions religieuses, les fêtes de fin d’année sont toujours l’occasion de laisser un peu de côté ses soucis du quotidien et ses angoisses existentielles pour se laisser pénétrer par l’ambiance festive, source de générosité et de bonne humeur.

Alors, une fois de plus, laissons opérer la magie de Noël et partageons ensemble quelques sourires devant les productions de dessinateurs talentueux et débridés à qui nous empruntons les œuvres suivantes :

Avec la crise, les traditions d'hospitalité ne sont plus ce qu'elles étaient… (dessin de Delucq, à retrouver aussi ici)

Avec la crise, les traditions d’hospitalité ne sont plus ce qu’elles étaient… (dessin de Delucq, à retrouver aussi ici)

 

Noël, des relents de fête commerciale ? (dessin de Ucciani, à retrouver sur son site)

Noël, des relents de fête commerciale ? (dessin de Ucciani, à retrouver sur son site)

C'est toujours la crise… (dessin de Coco, publié ici)

C’est toujours la crise… (dessin de Coco, publié ici)

 

L'élevage aussi est en crise, et tout le monde n'est pas à la fête… (dessin de Samson, à retrouver ici)

L’élevage aussi est en crise, et tout le monde n’est pas à la fête… (dessin de Samson, à retrouver ici)

Le sentiment d'insécurité vient parfois gâcher la fête… (dessin de Lardon, à retrouver sur son blog)

Le sentiment d’insécurité vient parfois gâcher la fête… (dessin de Lardon, à retrouver sur son blog)

Et pendant ce temps-là, les bombardements se poursuivent en Syrie… (dessin d'Ysope, à retrouver sur son site)

Et pendant ce temps-là, les bombardements se poursuivent en Syrie… (dessin d’Ysope, à retrouver sur son site)

L’ensemble de l’équipe de rédaction du blog collectif souhaite à ses lecteurs d’excellentes fêtes de fin d’année, dans la joie et la bonne humeur !

Retard de trains : la SNCF entretient sa réputation…

17 novembre 2016

En France, et pas seulement en région PACA, les statistiques de la SNCF sont redoutables et totalement transparentes puisque accessibles à tous en open data. En juillet 2016, on constate ainsi qu’un TGV sur sept était en retard, ce qui n’est pas négligeable, surtout sur certaines lignes comme par exemple Marseille-Lille où un TGV sur 4 est en retard, qui dit mieux ?

blog359_dessinpetanqueLes chiffres annoncés pour le mois de septembre sont d’ailleurs identiques pour les trains intercités avec six trains à l’heure pour un en retard. C’est un petit peu mieux pour les TER, sauf naturellement en région PACA et en Ile de France où la SNCF n’ose même pas publier ses statistiques et se contente d’affirmer que pour un voyageur en retard, 9 ont réussi à arriver à l’heure : certains ont décidément plus de chance que d’autres…

blog359_dessinaffichageOn découvre ainsi à la lecture de ces statistiques que pour le mois d’octobre 2016, le dernier renseigné, sur 15 000 TER programmés en région PACA, 515 ont été purement et simplement supprimés, pour la plus grande joie, on s’en doute, de ceux qui avaient prévu de les emprunter, se sont parfois levé tôt pour cela, ont fait le trajet jusqu’à la gare, et découvrent bien souvent à la dernière minute ou parfois après avoir attendu en vain pendant une heure ou deux sur un quai glacé par le mistral, que finalement la SNCF avait jugé préférable de ne pas faire rouler ce train pour des raisons diverses et variées.

Quant au nombre de trains en retard, il atteint le chiffre astronomique de 2334 : impressionnant ! C’est donc un train sur 6 qui est en retard dans la région et la situation dure ainsi depuis des années. Certains mois, ce sont plus de 1300 trains qui ont été annulés et plus de 3000 qui étaient en retard. La région PACA est en tout cas clairement en queue de peloton avec un taux de régularité qui dépasse rarement  les 80 %.

blog359_dessin1Les raisons de ces retards sont multiples et la SNCF ne manque pas d’imagination pour les détailler. Les heurts avec un obstacle circulant sur la voie font partie des causes fréquemment rencontrées et tout voyageur empruntant régulièrement le train s’est un jour trouvé confronté à cette situation. Lancé à pleine vitesse, le train freine brusquement et s’arrête. La voix du contrôleur se fait rapidement entendre pour délivrer le message habituel « notre train est arrêté en pleine voie : ne tentez-pas l’ouverture des portières ». On ne sait jamais, des fois qu’un voyageur claustrophobe en profiterait pour s’échapper…

Et ensuite, c’est l’attente, interminable, ponctuée selon l’humeur du contrôleur par des messages périodiques de sa part expliquant qu’il ne sait rien mais qu’il ne manquera pas de revenir très vite vers les voyageurs dès qu’il en saura davantage.

Car dans ces cas-là, la SNCF applique ses procédures qui sont très strictes et respectées à la lettre : le conducteur d’un train qui heurte un obstacle (généralement un sanglier mais ce peut être aussi un cerf voire une vache selon les régions) arrête sa motrice et déclenche un signal radio qui oblige tous les autres trains circulant sur la voie, y compris dans l’autre sens, à stopper net. C’est donc tout le trafic ferroviaire sur le tronçon de voie qui est paralysé, avec tous les effets en cascade qu’on imagine.

Train Paris-Marseille arrêté en pleine voie...

Train Paris-Marseille arrêté en pleine voie…

Ensuite, le conducteur descend de sa machine, va jeter un œil sur l’avant du train pour évaluer les dégâts éventuel comme le ferait n’importe quel automobiliste maladroit ayant malencontreusement heurté un obstacle, puis il prend son courage à deux mains, sa lampe torche s’il fait nuit, et refait à pied le chemin parcouru en suivant les rails jusqu’au point d’impact.

Il est en effet tenu par le règlement d’aller reconnaitre lui-même la nature de l’obstacle qu’il a heurté. S’il s’agit effectivement d’un sanglier, il n’est toutefois pas obligé d’en prélever les oreilles et la queue. Son témoignage suffit et il n’a plus qu’à repartir dans l’autre sens pour rejoindre sa machine et reprendre sa route. En revanche, s’il s’avère que c’est une personne qui a été heurtée, les choses se compliquent (et l’attente se prolonge) car il faut alors appeler la gendarmerie et la police scientifique pour lancer l’enquête destinée à préciser les causes réelles de l’accident. Compter dans ce cas au moins 4 à 5 heures d’immobilisation.

Le point faible de la procédure, c’est qu’un train lancé à pleine vitesse met un certain temps pour s’arrêter, le temps de parcourir largement 1,5 à 2 km, et même 4 km pour un TGV en rase campagne. On imagine donc le pauvre conducteur forcé de parcourir seul à pied, en longeant les rails et souvent en pleine nuit ses 4 km à la recherche des restes de l’animal qu’il a percuté, puis bien évidemment de refaire ensuite le même parcours en sens inverse avant de pouvoir annoncer au contrôleur que le train va pouvoir repartir. Selon l’entraînement du chauffeur, il faut bien compter au minimum 1h, voire 2 pour un TGV en pleine nuit. C’est toujours bon à savoir, ne serait-ce que pour éviter de tirer des plans sur la comète quant à l’éventualité bien hasardeuse de pouvoir malgré tout attraper sa correspondance : dans une telle configuration, ce n’est même pas la peine d’y songer !

Photo J. Boyé

Photo J. Boyé

Certains esprits curieux pourraient se demander pourquoi le conducteur est obligé de se taper ainsi ses 8 km aller-retour à pied le long de la voie alors qu’il lui suffirait de se mettre au volant de la motrice de queue et de repartir en sens inverse à faible vitesse jusqu’au lieu du choc initial. La réponse résulte très certainement d’une analyse approfondie effectuée par les spécialistes de la sécurité au sein de la SNCF, laquelle n’a cependant pas jugée nécessaire de la communiquer, ni même d’en faire part à son personnel de bord, qui doit donc se dépatouiller tout seul pour expliquer tant bien que mal la situation aux passagers plus ou moins patients, non seulement dans le train qui a provoqué la collision, mais dans tous les autres qui sont également bloqués sur la voie en attendant le verdict de celui qui est parti en reconnaissance.

Voila en tout cas une des (multiples) causes de retard de la SNCF qui pourrait être largement atténuée moyennant une adaptation des procédures mais rien ne permet de penser qu’une telle réflexion soit à l’ordre du jour. C’est bien dommage pour les statistiques de la SNCF, et pour la patience de ses usagers…

L.V.  lutinvert1small

Un « branleur » à la tête de la région PACA ?

6 novembre 2016

Chacun sans doute se souvient que c’est Nicolas Sarkozy en personne, alors à la tête du parti qui ne s’appelait pas encore Les Républicains, qui avait demandé en avril 2015 à Christian Estrosi, ancien pilote motocycliste devenu député-maire de Nice et (éphémère) ministre de l’Industrie, de conduire la liste UMP aux élections régionales. Une élection remportée haut la main après que son adversaire malheureux de gauche, Christophe Castaner, ait préféré jeter l’éponge entre les deux tours pour ne pas laisser le Front National en position de gouverner la Région.

Depuis, le nouveau président de la Région PACA a largement oublié qu’il avait été élu avec de nombreuses voix de gauche et s’est surtout distingué par ses invectives contre le gouvernement (et la SNCF), et sa surenchère permanente sur le terrain sécuritaire. On le croyait en tout cas toujours très proche de Nicolas Sarkozy dont il soutient ouvertement la candidature aux primaires de la Droite (inutile désormais de rajouter « et du Centre », puisque ce courant de la Droite n’est même pas représenté parmi les candidats et considéré avec beaucoup de suspicion par plusieurs d’entre eux…).

Nicolas Sarkozy en extase lors de son meeting de campagne à Marseille (photo O. Monge / MYOP pour Libération)

Nicolas Sarkozy en extase lors de son meeting de campagne à Marseille (photo O. Monge / MYOP pour Libération)

Et pourtant, Christian Estrosi était curieusement absent lors du grand raout qui a rassemblé plus de 3000 personnes dans la salle Vallier à Marseille, le 27 octobre dernier, pour soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy. Un meeting qui se tenait à la même heure que celui du candidat Alain Juppé, lequel avait préféré se délocaliser à La Garde, près de Toulon, d’où il se permettait de se gausser de la propreté des rues marseillaises en énonçant finement : « Quand un Bordelais se plaint de la saleté, je lui dis d’aller voir à Marseille ». Une analyse qui lui a valu une réplique de Cacou formulée avec tout autant de finesse et d’ouverture d’esprit par un Renaud Muselier en pleine forme : « On ne nous critique pas nous les Marseillais. On nous aime ou on s’en va ». Décidément la campagne présidentielle est bien lancée et on voit que le niveau du débat est particulièrement élevé…

Plus de 3000 participants selon E. Ciotti…

Plus de 3000 participants selon E. Ciotti…

En tout cas, pour soutenir le candidat Sarkozy à Marseille, tous les ténors de la Droite locale, de Jean-Claude Gaudin à Renaud Muselier en passant par Eric Ciotti et Maryse Joissains étaient bien présents, « entre amis » comme l’a lourdement souligné le maire de Marseille, tous, mais pas le président de la Région PACA…

Le candidat Sarkozy s’en est lui-même ému, quelques minutes avant d’entrer en scène, interrogeant à la ronde, avec sa discrétion légendaire et son phrasé distingué qui le caractérisent : « il est où, Estrosi ? ». C’est le Canard enchaîné qui rapporte la scène, largement reprise par de nombreux médias (sauf curieusement La Provence, on se demande bien pourquoi…).

Et pendant ce temps là, Christian Estrosi se baigne...

Et pendant ce temps là, Christian Estrosi se baigne…

Face au silence gêné qui l’entoure, l’ex Chef de l’État répète sa question : « il est où ? Il vient pas ? ». Un des organisateurs du meeting finit par se dévouer et lui répond : « Non, il a pris quelques jours ». « Il est malade ? » interroge Nicolas Sarkozy. « Non, il est fatigué ». « Moi aussi, je suis fatigué » lâche le candidat en campagne. Alors, son interlocuteur, de guerre lasse, finit par lâcher le morceau : « Il a pris quelques jours à l’ïle Maurice », ce qui déclenche de la part du patron des Républicains cette réplique cinglante : « A l’ïle Maurice ! Quel branleur ! ».

Espérons en tout cas que Christian Estrosi aura bien profité de ses vacances. Toujours est-il qu’il ne devrait pas craindre le choc thermique au retour de l’Océan Indien, car le voila habillé pour l’hiver…

L.V.  LutinVert1Small

Exercices attentat-intrusion : entre panique et rigolade…

17 octobre 2016

blog352_phvigipirateDepuis les récents attentats de Paris et de Nice, l’affaire est entendue : nous sommes en guerre! Le Premier ministre en personne l’a affirmé et les candidats à la primaire de la Droite ne cessent de le répéter tous les jours, histoire d’entretenir la peur, toujours bonne conseillère pour élire des représentants conservateurs. Si un jour le pays devait se retrouver soumis aux bombardements de l’aviation ennemie où à l’assaut de troupes aux sol, comme cela a déjà été le cas dans un passé pas si lointain et comme cela se produit en ce moment même à Alep ou au Yémen, il faudra sans doute inventer un nouveau concept pour décrire une véritable situation de guerre, mais passons…

Toujours est-il que face à une situation de guerre, les populations doivent se préparer. Les professionnels de la protection civile tentent depuis des décennies de développer en milieu scolaire l’établissement de PPMS (plans particuliers de mise en sécurité) et la réalisation d’exercices de prévention pour aider élèves et enseignants à acquérir les bons réflexes en cas de crise face à un risque extérieur tel qu’une inondation, un séisme ou l’explosion d’un site industriel proche, à l’image de ce qui se fait dans de nombreux autres pays.

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Jusqu’à présent, le bilan de cette politique de prévention en milieu scolaire était resté très mitigé et rares sont les parents à en accepter les règles de base. On l’a encore vu lors des inondations du Var en 2010, lorsque certains principaux de collèges ont failli se faire molester par des parents d’élèves qui refusaient d’admettre que leur enfant était plus en sécurité dans l’établissement que sur les routes inondées. On l’a revu en 2014 dans ce même département lorsqu’une petite fille s’est noyée avec sa mère après que celle-ci l’a arrachée à son école en signant une décharge au personnel enseignant…

blog352_phafficheToujours est-il que lorsque le risque concerne le terrorisme, le niveau d’acceptation de la population semble nettement supérieur. Dès le lendemain des attentats du 13 novembre 2015, des exercices avaient eu lieu pour inciter les élèves à se barricader dans leur classe en cas d’intrusion. Le site du Ministère de l’Éducation nationale détaille à l’envie, plaquettes pédagogiques à l’appui, les consignes de sécurité à appliquer dans tous les établissements scolaires placés en « vigilance renforcée » et même en « alerte attentat » pour ceux d’Ile-de-France et des Alpes-Maritimes.

Le risque d’attentat semble désormais être devenu la priorité numéro 1 de tous les établissements scolaires et des exercices attentat-intrusion se sont déroulés dans la plupart des écoles, collèges et lycées du pays mi-octobre, histoire de frapper les esprits juste avant les vacances de la Toussaint !blog352_phreunion

Le bilan de ces exercices sera, n’en doutons-pas, examiné à la loupe par les technocrates du Ministère et leurs multiples conseillers techniques en prévention et en communication. La Presse s’est néanmoins fait échos de certains exercices manifestement mal maîtrisés comme celui qui s’est déroulé au collège Lise Ophion en Guyane où les forces de l’ordre n’avaient pas été prévenues. L’arrivée de faux terroristes cagoulés, en réalité des agents du personnel enseignant, a déclenché une belle panique et il a fallu toute la persuasion des gendarmes arrivés en renfort pour calmer les élèves devenus hystériques et soigner ceux qui s’étaient blessés en voulant s’enfuir : manifestement, les consignes de prévention avaient été mal assimilées et il va falloir réviser… Un autre exercice organisé le 4 octobre par le Port de Calais (hors milieu scolaire donc) avait lui-aussi failli tourner au drame suite à l’intervention inopinée des forces de l’ordre prêts à tirer dans le tas en croyant à une véritable attaque terroriste. Être dans un pays en guerre comporte effectivement certains dangers, même quand on se contente de faire des exercices…

Ceci dit, les exercices attentat-intrusion qui se sont déroulés cette semaine, ont plutôt dans l’ensemble tourné à la franche rigolade, même si certains élèves en sont sortis légèrement ébranlés. Un reportage de La Voix du Nord raconte ainsi comment s’est déroulé l’exercice au collège Jean Moulin. Tout y avait été soigneusement préparé par l’équipe enseignante. Élèves et parents d’élèves étaient prévenus pour éviter toute réaction inappropriée mais le signal de déclenchement avait été codé « L’élève Myriam Dupont est arrivée au bureau de la CPE ».

blog351_dessinexerciceAu signal, chaque enseignant était tenu de fermer la porte de la classe, de la bloquer avec un bureau, d’éteindre la lumière et de demander aux élèves de se mettre au sol sans bouger en attendant la fin de l’alerte. Certains ne peuvent s’empêcher de ricaner mais la prof les recadre et la tension monte d’un cran quand des pas se font entendre dans le couloir, que quelqu’un tente d’ouvrir la porte. Là, on ne rigole plus et celui qui ne peut s’empêcher de tousser se fait tancer par ses camarades apeurés…

L’exercice a duré 20 minutes et manifestement, les élèves de ce collège en sont sortis vaguement inquiets. Les enseignants aussi, qui ont constaté à cette occasion que les portes de deux des salles de classe ne fermaient pas à clé… Certains des élèves affirment d’ailleurs qu’en cas de véritable attaque ils n’auraient certainement pas pu s’empêcher de paniquer et de tenter de sauter par la fenêtre plutôt que de rester sagement allongé dans le noir et en silence, à attendre que tout se termine. Acquérir les bons réflexes et les appliquer en cas de crise n’est pas si naturel qu’on pourrait le croire…

Après l'exercice, le défoulement sur les réseaux sociaux… (photo Fotolia)

Après l’exercice, le défoulement sur les réseaux sociaux… (photo Fotolia)

Dans l’Eure et en Seine-Maritime, où la plupart des établissements scolaires ont procédé à l’exercice attentat-intrusion le jeudi 13 octobre, les réflexions recueillies auprès des élèves par Normandie Actu sur les réseaux sociaux ne manque pas d’intérêt non plus, ainsi que celles émises par un groupe de collégiens sur le blog du Monde des collégiens. On y retrouve le côté potache des élèves qui confirment que l’exercice avait été suffisamment annoncé pour ne créer aucune surprise lors de son déclenchement, sinon par le choix du signal utilisé : « Au début, on a cru qu’un chat maléfique s’était emparé du micro et s’était mis à miauler. Mais non, c’était l’alarme en cas d’intrusion ».

Le début amuse tout le monde : c’est le branle-bas de combat, il faut éteindre la lumière, bloquer les portes en poussant les tables, se coucher par terre ou sous les tables : « Nous sommes assis par terre. Chacun veut choisir sa place (nos chances de survie diminuent) », « Ce matin à l’alerte attentat on rigolait tous on prenait des snaps », « Nous apercevons notre professeur en train de ramper par terre. Il faut fermer les yeux et respirer profondément plusieurs minutes pour ne pas céder au besoin irrésistible de rire ».

En cours d'exercice (photo parue dans La Voix du Nord)

En cours d’exercice (photo parue dans La Voix du Nord)

Ensuite, c’est l’ennui qui gagne car l’exercice se prolonge : « On joue à pierre-feuille-ciseau. La prof nous toise de son regard de fer », « Il ne se passe rien. C’est pas très intéressant, là non plus. Ah, si : sous les tables, coincés dans une position très peu confortable, nous avons une vue imprenable sur tous les chewing-gums en décomposition des années 2000 (il paraît même que quelqu’un est resté collé à la table par les cheveux) », « je me suis tapé une sieste de 30min pdt le PPMS c‘est plutôt cool », « Déjà le truc de ppms, rien foutre pendant une heure c’était grave long », « On commence à s’impatienter. Forte envie de faire des bruitages (dans la salle à côté, il ont dépassé le stade de l’envie) ».

Confinement des élèves pendant l'exercice (photo I. Louvrier / Sud-Ouest)

Confinement des élèves pendant l’exercice (photo I. Louvrier / Sud-Ouest)

Manifestement, tous les enseignants n’ont pas mis le même zèle pour préparer l’exercice : « Mdr en #ppms le directeur à enfoncer la porte », « La prof nous fait sauter par la fenêtre pour faire le ppms », « Dans tous les snaps ya tlm en #ppms et nous on est assis le prof nous raconte sa vie, et cherche les directives sur internet bah ». « Pendant le PPMS le lycée a coupé tout le réseau c’était galère » mais ailleurs : « je tweet en direct de sous une table, le PPMS c’est beau ».

En tout cas, l’angoisse n’est jamais très loin, surtout quand l’exercice devient un peu trop réaliste : « Quelqu’un se cogne la tête contre une chaise (dans un jeu, on aurait perdu une vie). Sous la porte, nous voyons l’ombre de pas dans le couloir », « On fait l’exercice d’alerte attentat au lycée, on est tous silencieux et là t’a une meuf elle pète en plein ppms et qui dit désolée, c’est le stress », « Au ppms on avait tellement peur avec Mathilde qu’on se donnait la main ». Entre angoisse et fous rires, l’intrusion de l’état de guerre en milieu scolaire ne va pas de soi…

L.V.  LutinVert1Small

Paul Bismuth : le retour du vengeur masqué…

31 août 2016

La réalité dépasse parfois la fiction. On n’avait jamais vu une histoire aussi rocambolesque depuis le scandale du Watergate qui avait finalement acculé le président américain Richard Nixon à la démission, à l’issue d’un festival de tricheries et de mensonges ! Pendant plusieurs semaines début 2014, l’ancien Président de la République Nicolas Sarkosy et son avocat Philippe Herzog avaient été placés sur écoute, sur requête du juge d’instruction en charge de l’enquête sur un éventuel financement illicite, par le dictateur libyen Muammar al-Kadhafi, de la campagne présidentielle du RPR en 2007. Ce financement n’a pas pu être prouvé à ce jour malgré les témoignages accablants de certains anciens hauts dignitaires du régime libyen, le principal intéressé ayant été purement et simplement assassiné avec l’aide des forces armées françaises lors de leur intervention musclée dans ce pays en 2011, sur ordre du même Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy et son ex avocat Thierry Herzog (montage MaxPPP)

Nicolas Sarkozy et son ex avocat Thierry Herzog (montage MaxPPP)

Mais l’ancien Président, manifestement averti de ce risque d’écoute judiciaire, s’est comporté dans cette affaire comme un vulgaire voyou en s’offrant un autre portable sous le faux nom de Paul Bismuth pour continuer à communiquer en toute discrétion avec son avocat, tandis que les deux compères se moquaient allègrement des enquêteurs en feignant de tenir, sur leur portable habituel, de pseudos conversations officielles. La ficelle était un peu grosse et le délinquant a été vite démasqué, d’autant que les écoutes en question ont permis de lever un nouveau lièvre qui risque de valoir à l’ancien Président et à son avocat le renvoi en correctionnelle pour corruption active et trafic d’influence, avec un risque d’inéligibilité à la clé, rien de moins !

Ces écoutes sont en effet accablantes puisqu’elles mettent en évidence, sans le moindre doute possible, les manigances des deux acolytes pour obtenir, de la part d’un haut magistrat de la Cour de cassation des informations confidentielles sur un autre dossier judiciaire en cours (encore un !), dans le cadre cette fois de l’affaire Bettencourt. En échange, Nicolas Sarkozy promettait tout simplement d’user de son influence pour obtenir à ce magistrat un poste prestigieux à Monaco.

Dessin de Jiho, publié dans Marianne

Dessin de Jiho, publié dans Marianne

C’est sur la foi de ces écoutes téléphoniques que l’ancien Président et son avocat avaient été logiquement mis en examen en juillet 2014 après une garde à vue plutôt inhabituelle pour un ancien chef d’Etat. Cela tombait assez mal pour Nicolas Sarkozy, déterminé à revenir en politique malgré ses affirmations énoncées devant les caméras du monde entier et la main sur le cœur, après sa défaite aux élections présidentielles de 2012 : « vous n’entendrez plus parler de moi… ». Il est vrai que l’homme affirme avoir changé comme il l’explique longuement dans le livre qu’il a publié en début d’année, suivi quelques mois plus tard d’un nouvel opus intitulé cette fois Tout pour la France. Son obsession semble maintenant être de revenir au premier plan de la scène politique française, manifestement plus pour satisfaire son ego personnel et se venger de ceux l’en ont évincé que pour mettre en oeuvre un véritable programme politique cohérent.

FRANCE-POLITICS-LR

Pas question du coup de baisser les bras. Depuis, l’avocat d’affaire Nicolas Sarkozy se débat comme un beau diable avec l’aide de nombreux ténors du Barreau qui ne brillent pas forcément par leur objectivité, pour faire croire que ces écoutes seraient illégales et le reflet de méthodes dignes de la Stasi, l’ancienne police politique d’Allemagne de l’Est, sous l’égide de magistrats retords, appelés affectueusement dans ses conversations enregistrées « ces bâtards de Bordeaux ».

Dessin de Placide (http://www.leplacide.com/)

Dessin de Placide (http://www.leplacide.com/)

Malheureusement, le 7 mai 2015, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a validé l’essentiel de la procédure, estimant que les écoutes en question étaient parfaitement légales. Aussitôt, branle-bas dans le Landerneau sarkosyste qui dépose en toute urgence un recours devant la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire française. Pas de chance, celle-ci a confirmé le 22 mars 2016 l’analyse des magistrats instructeurs, ouvrant la voie à un prochain procès malgré les menaces du nouvel avocat de Sarkozy, Maître Patrice Spinosi, qui estime, avec un grand sens de la mesure, qu’une telle décision risquait d’entraîner la condamnation de la France devant la Cour européenne des droits de l’homme…

Dessin de Alain Goutal (http://goutal.over-blog.com/)

Dessin de Alain Goutal (http://goutal.over-blog.com/)

En attendant, le clan Sarkozy s’est dépêché d’introduire pas moins de quatre recours en nullité pour bloquer la procédure, le temps que son champion puisse tranquillement déclarer sa candidature pour la prochaine élection présidentielle. On savait déjà que les motivations des candidats à la magistrature suprême étaient diverses mais on avait rarement vu quelqu’un briguer aussi ouvertement à la fonction pour obtenir l’immunité judiciaire qui l’accompagne. Jacques Chirac et surtout Silvio Berlusconi, avec lequel Nicolas Sarkozy ne manque pas d’accointances, avaient certes déjà ouvert la voie, et avec succès, ce qui peut expliquer que l’ancien Président soit aussi confiant. Reste à savoir si les Français seront assez naïfs pour le suivre…

Dessin de Soulcié, publié dans Marianne

Dessin de Soulcié, publié dans Marianne

Qualifié par Marianne de « candidat à l’immunité présidentielle », Nicolas Sarkozy n’a en tout cas plus de souci à se faire, même s’il reste sous le coup de nombreuses autres affaires judiciaires, dont une accusation grave de  à la loi électorale, liée au financement de sa dernière campagne présidentielle en 2012. Comme l’a expliqué doctement Le Monde dans un article de mai 2016, il  a définitivement gagné sa course de lenteur contre les juges qui ont pourtant bouclé leur instruction depuis belle lurette mais qui, du fait de tous les recours déposés par ce justiciable hors norme, ne pourraient désormais le convoquer qu’au mieux en octobre prochain pour un procès qui ne pourrait pas se tenir avant début 2017 : totalement inenvisageable au vu du calendrier de la primaire et des prochaines échéances électorales ! L’insaisissable Sarkozy s’est bel et bien joué de la Justice de son pays, lui qui réclame depuis toujours une application implacable et sans délai de la loi pour tous les délinquants…

L.V.  LutinVert1Small

Jeux Olympiques 2016 : Rio, c’est fini !

23 août 2016

Blog335_LogoAprès 15 jours de compétition, les jeux olympiques de Rio viennent de se clôturer par une cérémonie grandiose dans le stade mythique de Maracana. En attendant ceux de 2020 qui se dérouleront à Tokyo, il est temps de revenir sur quelques moments de ces 31ème Olympiades, au travers de dessins d’humeur parus dans la presse. Une petite rétrospective totalement subjective sur un de ces grands événements qui captivent une bonne partie de la planète !

Le virus Zika, terreur des JO de Rio…

Le virus Zika, terreur des JO de Rio…

Avant le début de ces jeux, tous les projecteurs du monde entier étaient braqués sur ces chantiers brésiliens qui accumulaient du retard et pour lesquels chacun prédisait que rien ne serait prêt à temps. Et puis s’est déclenchée l’épidémie de zika transmise par certains moustiques et à l’origine de malformations congénitales chez le fœtus, de troubles neurologiques et de paralysies. Le Brésil étant l’un des foyers les plus touchés et malgré les efforts du gouvernement pour démoustiquer tout en s’efforçant de minimiser le risque, l’inquiétude est montée d’un cran, au point de convaincre plusieurs sélectionnés d’éviter de faire le déplacement …

Propagation alarmante du virus Zika avant les jeux (dessin de Brandan, paru dans le Business Day)

Propagation alarmante du virus Zika avant les jeux (dessin de Brandan, paru dans le Business Day)

Ajoutez à cela les révélations sur les athlètes russes confondus par l’Agence mondiale antidopage de dopage à grande échelle, organisé méticuleusement par la fédération russe d’athlétisme, mais sauvés in extremis grâce à la mansuétude du CIO alors qu’il était question d’exclure de la compétition l’ensemble des sportifs de ce pays, et voilà un cocktail idéal pour inspirer les humoristes du monde entier…

Blog335_D1_Dopage

Pour la cérémonie d’ouverture des jeux, de nombreux responsables politiques avaient fait le déplacement, parmi lesquels le roi des Belges et son épouse, et ceci en plein épisode rocambolesque de destitution de la présidente brésilienne. Mais pas question pour autant que le Brésil n’offre au reste du monde le spectacle de la misère dans les favelas…

Pendant les JO, la vie dans les favélas continue, de préférence loin des regards indiscrets… (dessin d’Oli)

Pendant les JO, la vie dans les favélas continue, de préférence loin des regards indiscrets… (dessin d’Oli)

Pour ces premiers jeux olympiques à se dérouler au Brésil, plus de 11 000 sportifs étaient en compétition, appartenant à 204 nations différentes. Au total, 28 sports différents étaient au programme avec, comme à chaque fois, des nouveautés. C’est ainsi que ces Olympiades de Rio ont vu apparaître pour la première fois le rugby à sept et même le golf. A quand les épreuves olympiques de pétanque ?

Le golf nouvelle discipline olympique (dessin d’Olivero)

Le golf nouvelle discipline olympique (dessin d’Olivero)

Le voile autorisé aux jeux olympiques ? (dessin de Chrib)

Le voile autorisé aux jeux olympiques ? (dessin de Chrib)

L’ombre des attentats terroristes d’inspiration islamiste planait sur ces jeux comme sur l’ensemble des grands rassemblements médiatisés. Pas d’attentat revendiqué par DAECH pourtant, mais les polémiques sur le voile islamique étaient présents dans de nombreuses têtes, à Rio comme ailleurs…

Le 100 m papillon aux jeux olympiques sous la menace islamiste (dessin de Cambon)

Le 100 m papillon aux jeux olympiques sous la menace islamiste (dessin de Cambon)

Les jeux olympiques, c’est l’esprit de compétition mais aussi le dépassement de soi, parfois poussé à l’extrême, comme dans le cas du Français Yohann Dinitz, dont le calvaire en finale du 50 km marche a ému le monde entier. C’est aussi l’esprit d’équipe, la solidarité voire la main tendue à l’adversaire pour l’aider à se relever.

C’est aussi parfois le pire, avec ce public chauvin qui conspue lamentablement le sauteur à la perche Renaud Lavillenie. Ce sont aussi des individualités qui crèvent l’écran comme cet haltérophile des iles Kiribati qui fait le pitre et esquisse quelques pas de danse, même après avoir échoué dans son épreuve. Où le sprinter américain Usain Bolt qui sourit tranquillement en demi-finale du 100 m en se retournant vers ses adversaires laissés loin derrière !

Usain Bolt, l’extraterrestre qui surclasse ses adversaires (dessin de Fix dans l’Indépendant)

Usain Bolt, l’extraterrestre qui surclasse ses adversaires (dessin de Fix dans l’Indépendant)

La France est finalement repartie de Rio avec une belle moisson de médailles : 42 dont 10 en or, ce qui est inespéré après les contre-performances du début et certains échecs cuisants et inattendus !

Un record de médailles pour la France qui pourtant râle toujours (dessin de Deligne)

Un record de médailles pour la France qui pourtant râle toujours (dessin de Deligne)

On est certes loin du score des Américains ou même des Anglais qui se sont surpassés avec 67 médailles dont 27 en or… Mais on saluera quand même la performance de certains pays qui à l’occasion de ces jeux ont décroché leur première médaille d’or olympique de leur histoire, comme c’est le cas du Vietnam, de la Jordanie ou de la Côte d’Ivoire. Même s’il est bien connu que l’important c’est de participer, la victoire ne laisse jamais personne indifférent…

L.V. LutinVert1Small

Conseil municipal au banc d’essai du Ravi

20 août 2016

Le Ravi, c’est ce mensuel provençal satirique qui décortique l’actualité régionale sans parti pris (sinon peut-être contre le Front National et sa vedette locale, Marion Maréchal-Le Pen surnommée « nous voilà »), mais en tout cas sans ménagement ni retenue.Blog334_PhRavi

Parmi ses rubriques, ceux qui s’intéressent encore à la vie politique locale (il paraît qu’il en existe encore…) liront avec délice la rubrique intitulée « Contrôle technique de la démocratie ». Chaque mois, un journaliste du Ravi teste incognito le déroulement d’un conseil municipal ou d’une assemblée délibérante, et en relate les moments forts, comme si vous y étiez. Rappelons au passage qu’un conseil municipal est un spectacle gratuit et que chacun peut y assister à sa guise, la seule contrainte étant d’en connaître les dates à l’avance (à Carnoux, cela relève du délit d’initié…) et de ne pas s’endormir avant la fin car la qualité des dialogues laisse parfois à désirer.

Les journalistes du Ravi n’en ont donc que plus de mérite à rendre captivant les  conseils municipaux auxquels ils font l’effort d’assister régulièrement et dont ils rendent compte avec beaucoup d’humour et de finesse : une belle leçon de démocratie, pas toujours très flatteuse pour nos élus locaux !

Caricature parue dans Le Ravi

Caricature parue dans Le Ravi

En février dernier, c’était la ville de La Ciotat qui recevait la visite du Ravi, alors que le maire Patrick Boré était sous le coup de mystérieuses menaces de mort et que de curieux plaisantins au sang un peu chaud s’amusaient à tirer sur la porte de la mairie : rien que de très classique dans une commune où le principal d’un collège avait été assassiné en 2003 sur le parking de son établissement sans que son meurtre ne soit jamais élucidé…

Ce jour-là pourtant, au conseil municipal, il ne sera pas question des mystérieux mitraillages qui visent certains élus malgré les 113 caméras de vidéosurveillance présentes en ville. Parmi les délibérations prises, Le Ravi note avec bonheur que le maire s’octroie une petite augmentation de ses frais de représentation qui passent à 13 000 €, juste compensation sans doute de ses petites frayeurs récentes. A l’élu frontiste qui l’interpelle pour savoir ce qu’il compte faire de tout cet argent, le pharmacien Patrick Boré lui répond « Si je fais une coloscopie, il faut que je vous communique les résultats ? ». Un échange tout en finesse et en courtoisie…

Il faut dire que le même élu FN avait passablement énervé le maire en réclamant d’entrée à voir les procurations confiées aux membres présents de la majorité municipale. Il reviendra à la charge plusieurs fois tout au long du conseil municipal tandis que le maire « machouille délibérement son chewing gum ». Mais aux réponses évasives du début (« Vous les aurez, on est en train de les vérifier »), succèdent les rappels à l’ordre (« C’est infernal, asseyez-vous, on vous les donnera. Ce n’est pas vous qui allez me donner des leçons de démocratie ») puis le coup de colère final (« Ça ne s’arrêtera pas ! Soit vous faites un recours soit vous arrêtez, ça suffit à la fin »). On ne saura jamais ce que cachent ces fameuses procurations…

Le 17 mars 2016, le Ravi était présent également pour assister à la seconde élection de Jean-Claude Gaudin à la tête de la nouvelle métropole Aix-Marseille-Provence après le faux départ du 9 novembre 2015 et les multiples recours qui s’en sont suivis. Le décor est planté : « 240 élus se pressent au palais du Pharo à Marseille. La salle est carrée, Gaudin tout en rondeur ». Maryse Joissains qui, jusqu’à la veille avait tout fait pour que la métropole ne voit jamais le jour explique de manière pédagogique son brusque revirement : «  Mes ouailles vont payer. Mieux vaut être dedans pour récupérer le pognon. Mais je vais me battre de l’intérieur. Parce que la métropole, ça reste une vaste connerie !  ». Au moins, sa position est claire…

Rélection de Jean-Claude Gaudin le 17 mars 2016

Réélection de Jean-Claude Gaudin le 17 mars 2016

Après l’élection du nouveau président, et pour la suite des votes, « chacun reçoit une calculette orange dont un technicien, diapo à l’appui, livre le mode d’emploi. Gaudin, paumé : Va falloir réexpliquer ! Après deux tests, Gaudin prévient : Faut pas se tromper ! Election du 1er vice-président. Seule candidate : Martine Vassal. La patronne LR du Conseil départemental rafle 186 voix. Et Gaudin de citer une devise dont il a le secret : Allié, oui, vassal, non !  ». Presque du Pagnol dans le texte !

Plus tard, alors que « Gaudin rappelle à Joissains, à propos d’une disposition, que C’est la loi, l’Aixoise rétorque : Ça va, on est à Marseille !  ». Effectivement, on avait failli l’oublier…

Le maire d’Aubagne, Gérard Gazay (dessin de Trax pour Le Ravi)

Le maire d’Aubagne, Gérard Gazay (dessin de Trax pour Le Ravi)

Le 25 mai, c’est à Aubagne que le Ravi est allé tâter le pouls de la démocratie locale, dans la salle polyvalente du Bras d’or, où se tiennent désormais les réunions du conseil municipal, sous le Mac Do. La carrière politique du maire actuel, Gérard Gazay, un ancien d’IBM, devenu brusquement maire d’Aubagne puis quasi simultanément vice-président du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille, impressionne manifestement le Ravi qui, pour consulter sa biographie, a dû aller fouiller sur le site du Cercle des Libéraux, création d’Alain Madelin et soutien indéfectible de Donald Trump, tout un programme…

Comme d’habitude, le Ravi plante le décor : « A Aubagne, c’est comme à l’assemblée nationale : l’extrême-droite est à l’extrême-droite de la table du conseil et la gauche à gauche ». Au menu de ce conseil municipal, il ne s’agit rien de moins que de changer le nom de la commune que le maire souhaite désormais appeler Aubagne-en-Provence ! Pour Gérard Gazay, «  L’intérêt est évident pour le développement de notre ville  ». Denis Grandjean s’étonne de cette démarche qui rappelle furieusement celle des époux Mégret, lesquels avaient tenté la même manœuvre lorsqu’ils étaient à la mairie de Vitrolles. En tout cas, l’opposition concède au maire d’Aubagne qu’il s’agit pour l’instant de sa seule promesse de campagne tenue…

Gérard Gazay lors d’une séance du conseil municipal en juillet 2016 (photo © La Marseillaise)

Gérard Gazay lors d’une séance du conseil municipal en juillet 2016 (photo © La Marseillaise)

Les passes d’arme entre Gérard Gazay et Magali Giovannangeli ne manquent pas de sel et on constate que le maire s’agace très vite des observations de son opposition. Toute comparaison avec la situation d’une autre commune voisine ne serait bien évidemment que purement fortuite… De même qu’il serait de mauvaise grâce de relever l’absence totale d’implication des élus frontistes dans les affaires de la ville. Le Ravi note néanmoins que l’élu FN « Nicolas Robine se réveille à l’occasion d’une petite salve de délibérations sur des partenariats entre la ville et l’université Aix-Marseille qui fait pourtant l’unanimité. «  Comme on est hors compétence, je ne prendrai pas part au vote  », annonce le jeune frontiste. Par manque de compétences ? ».

A lire sans modération sur le site du Ravi

L.V. LutinVert1Small