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Carnoux : la mairie au bord du trou…

11 septembre 2017

Un vestige de l’ère Guérini…

Annoncés depuis plus de 10 ans dans le cadre des travaux de rénovation du centre ville de Carnoux, et largement subventionnés par le Département des Bouches du Rhône au titre du contrat 2010-2013, comme le rappelle fièrement une pancarte apposée sur la façade de la mairie, datant de l’époque où cette collectivité se dénommait encore Conseil Général et était dirigée par un certain Jean-Noël Guérini, les travaux d’agrandissement de l’hôtel de ville de Carnoux viennent enfin de démarrer !

Le projet lui-même, qui vise à reconfigurer complètement et à agrandir l’hôtel de ville de Carnoux, est dans les cartons depuis des années puisqu’il fait partie intégrante du programme de rénovation conçu en 2006 par le cabinet d’architectes marseillais Territoires et Habitat. En 2013 a été lancé le concours de maîtrise d’œuvre en vue de sélectionner l’équipe d’architectes chargée de concevoir et réaliser le projet d’extension de l’hôtel de ville lui-même. Constitué fin 2013, le jury de concours s’était réuni en catimini le 6 mars 2014, quelques jours seulement avant le premier tour des élections municipales, pour sélectionner 4 candidats appelés à présenter un projet.

C’est finalement à l’occasion du conseil municipal du 28 novembre 2014 qu’a été attribué le marché de maîtrise d’oeuvre au cabinet marseillais AT, qui associe les deux architectes Céline Teddé et Jérôme Appack. Le montant prévisionnel des travaux sur la base duquel est attribué ce marché est alors estimé à 2,9 millions d’euros hors taxe.

Maquette du projet de rénovation et d’extension de l’hôtel de ville (source : Messager n°47 – avril 2017)

Le projet, conçu par les deux architectes consiste à détruire le bâtiment de la Poste, accolé à la mairie, ainsi que les petites constructions basses situées sur l’arrière de l’hôtel de ville et attribuées à différentes associations satellites. L’espace ainsi libéré, maintenant que le bureau de Poste a été transféré dans les nouveaux immeubles voisins, permettra une reconfiguration complète des locaux. Le rez de chaussée, organisé autour d’un patio, est destiné à accueillir les bureaux d’état civil, la salle des mariages, la police municipale, la PMI, le CCAS et les locaux de l’Office municipal des sports et de la jeunesse. Au premier étage seront relégués les services administratifs et les bureaux des élus.

Le maire actuel de Carnoux en vedette sur les maquettes du projet…

Le projet ainsi élaboré a été largement présenté dans la revue municipale, en particulier en avril dernier et s’étale depuis un an sur la quasi totalité des supports publicitaires de la commune. Les maquettes du projet, élaborées par le cabinet d’architectes ont même poussé la flagornerie jusqu’à faire figurer, sur l’image qui présente le hall d’accueil du futur hôtel de ville rénové, la silhouette du maire, l’illustre Jean-Pierre Giorgi en personne, ce qui permet à ce dernier d’exposer ainsi, aux frais de la collectivité, sa binette sur tous les panneaux de la ville, selon le vieil adage : publicité bien ordonnée commence par soi-même…

La façade de l’hôtel de ville avant la démolition de la Poste attenante (photo © CMS / La Provence)

En février 2015, un premier marché a été conclu pour les missions de contrôle technique et de coordination en matière de sécurité sur le futur chantier, et le permis de construire a été délivré en avril 2016, mais il a fallu attendre ensuite septembre 2016 pour s’aviser que les anciens locaux de la Poste et de l’hôtel de ville de Carnoux, inaugurés en 1970, il y a une petite cinquantaine d’années, étaient susceptibles de contenir de l’amiante, ce qui nécessitait de recruter un assistant à maîtrise d’ouvrage spécifique pour traiter ce sujet, puis de lancer un marché pour le désamiantage des locaux, en octobre 2016.

Les marchés de travaux eux-même n’ont donc été lancés que fin 2016 et deux des treize lots ayant été déclarés infructueux ont dû être relancés en février et à nouveau en mars 2017 pour le lot 4 qui concerne les travux de serrurerie-métallerie. Tous les marchés étant désormais attribués et les anciens locaux désamiantés, les travaux de démolition ont finalement pu commencer à la fin de l’été comme chacun a pu le constater. Le dernier conseil municipal s’est d’ailleurs tenu dans une salle « rétrécie » comme n’a pas manqué de le faire remarque le maire lui-même.

Le chantier de terrassement en cours (10 septembre 2017)

Au vu des marchés qui ont été passés, et comme l’a rapporté La Provence en juillet dernier, le montant global des travaux devrait finalement s’établir aux alentours de 5 millions d’euros, soit sensiblement davantage que les 2,9 millions annoncés jusque là, le seul lot lié au gros œuvre, démolition et maçonnerie, ayant été attribué pour un peu plus de 1,7 millions d’euros, mais quand on aime, on ne compte pas…

Un hôtel de ville désormais au bord du trou…

Depuis la semaine dernière, le terrassement a débuté sur deux côtés du bâtiment principal, mettant à jour les fondations de l’hôtel de ville qui frôle donc désormais l’abîme. L’opération confirme au passage la faiblesse de cette structure manifestement édifiée à la va-vite, à l’époque des pionniers de Carnoux, plus soucieux de rapidité que de qualité d’exécution…

Espérons en tout cas pour la réputation de l’architecte et pour l’équilibre des finances municipales, que l’édifice ne basculera pas dans la fosse et qu’il tiendra le coup, le temps d’engager les opérations de confortement et d’extension…

L.V.  

Addendum : Monsieur le Maire nous écrit 

Monsieur le Président,

Je suis tombé par hasard sur l’article intitulé « Carnoux : la mairie au bord du trou » qui est paru sur votre très intéressant blog le 11 septembre.

Je ne répondrai pas point par point sur l’interprétation erronée et injuste que vous faites du déroulement des opérations de réhabilitation du centre ville en général et de l’hôtel de ville en particulier.

Ces attaques gratuites et agressives de l’auteur n’ honorent pas votre association et donc son président.

Dommage que ces préoccupations politiciennes prennent le pas sur le dialogue et l’intérêt premier de notre chère commune et de ses habitants.

Bien entendu je vous demande de publier en vertu de mon droit de réponse ce courriel.

Veuillez croire, Monsieur le Président, à la sincérité de mes sentiments à votre égard.

 

Jean-Pierre GIORGI

Maire de Carnoux-en-Provence

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Le futur téléphérique de Marseille

5 septembre 2017

Alors que la Région PACA dépense des millions pour équiper en canons à neige la station de ski de Super Sauze, si chère à son ancien Président Christian Estrosi, et si coûteuse pour ses malheureux électeurs contribuables, voilà que le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, se prend à rêver d’installer un téléphérique pour monter à la Bonne Mère depuis le Vieux-Port, et ce n’est pas une galéjade…

Un skieur devant la basilique Notre-Dame de la Garde à Marseille le 7 janvier 2009 (Photo Jean-Paul Pélissier / Reuters)

Il est vrai qu’en janvier 2009 les chutes de neige qui avaient paralysé pour quelques heures la capitale phocéenne avaient démontré l’excellente qualité du domaine skiable qui s’étend sur les pentes de la colline de Notre-Dame de la Garde, laquelle culmine tout de même, rappelons-le, à 162 m d’altitude. De quoi donner des envies d’aménager des remontées mécaniques depuis le Vieux-Port situé en contrebas.

Soyons honnête, l’idée de la Ville de Marseille, portée par l’adjoint délégué aux grands projets et par ailleurs vice-président de la Métropole, Gérard Chenoz, n’est pas de développer les sports d’hiver à Marseille. Son objectif est simplement d’installer une liaison par téléphérique pour faciliter la desserte touristique de ce site qui reçoit chaque année 1,8 millions de visiteurs en moyenne. Pour un coût estimé à 15 millions d’euros en première approche, la liaison entre le Vieux Port et la basilique ne prendrait en effet que 6 minutes en survolant allègrement la zone urbanisée.

Les voies d’accès à la basilique étant largement saturées et peu adaptées à la circulation routière, l’idée d’une liaison par câble est en effet séduisante. Elle n’est d’ailleurs pas nouvelle et a même été mise en pratique sous une forme un peu différente il y a plus d’un siècle.

L’ancien ascenseur de Notre-Dame de la Garde, qui a pu transporter jusqu’à 15 000 personnes par jour, avait en effet été mis en service en 1892. Conçu par l’ingénieur Emile Maslin l’ascenseur avait été édifié à l’emplacement d’une ancienne carrière, sur l’autre versant de la colline et permettait de rallier la Bonne Mère via une passerelle métallique de 80 m de longueur, construite par la société Eiffel.

L’ancien ascenseur qui permettait d’accéder à Notre-Dame de la Garde jusqu’en 1967

Le système d’ascenseur lui-même était particulièrement simple et ingénieux puisque constitué de deux cabines en bois guidées par deux rails et une crémaillère équipée d’un câble. Chaque cabine était surmontée d’un réservoir de 6000 l d’eau. Pendant que la cabine du bas se vidait, celle du haut se remplissait à l’aide d’un réservoir situé sur la passerelle, s’alourdissant jusqu’à descendre la rampe de 72 m de dénivelée, freinée dans sa chute par le poids de la cabine ascendante, et ceci sans autre source d’énergie que les pompes permettant de remplir périodiquement le réservoir du haut.

Un dispositif rustique (et particulièrement bruyant !) qui a fonctionné sans encombres pendant 75 ans, jusqu’en 1967, période à laquelle la concurrence de l’automobile, devenue trop rude, finit par l’emporter. Le système sera finalement démonté en 1974, emporté par le vent de modernité qui souffle à cette époque… Et voilà que, comme pour les anciens tramways, on cherche désormais à reconstituer une forme de transport qui prenne à son tour la place de la voiture dont on ne mesure maintenant que trop les désagréments en site urbain dense.

L’idée du téléphérique fait partie des promesses de campagne de Jean-Claude Gaudin et a fait l’objet d’une première étude de faisabilité dès 2014 en vue d’obtenir des financements de la part de l’Etat. Ce dernier a néanmoins fait la sourde oreille et préféré soutenir le projet de prolongement du tramway, également mis à l’étude.

Le tracé provisoire envisagé pour le futur téléphérique (source © Made in Marseille)

Qu’à cela ne tienne, la municipalité revient à la charge avec un projet plus modeste qui se limite à une simple liaison, sur une longueur d’environ 1 km, entre le Fort d’Entrecasteaux et Notre-Dame de la Garde. Le projet a été adopté par le Conseil municipal le 5 décembre 2016, permettant de débloquer une nouvelle enveloppe de 1 million d’euros pour relancer ces études de faisabilité. Un appel d’offre vient ainsi d’être lancé au cours de l’été, afin de sélectionner un assistant à maîtrise d’ouvrage chargé d’épauler la collectivité, d’abord dans le montage administratif, juridique et technique du dossier puis dans la sélection du constructeur et éventuellement dans le suivi des travaux, si d’aventure le projet va jusqu’à son terme, l’objectif visé étant une mise en service en 2020.

Le téléphérique du Mont Faron à Toulon (photo © RB / Var Matin)

A priori, l’idée paraît séduisante et de nombreuses autres villes se sont déjà dotées de ce type de transport urbain particulièrement adapté pour les zones à fort dénivelée. Celui du Mont Faron mis en service à Toulon en 1959, ou encore celui de la Bastille à Grenoble, qui fonctionne depuis 1934, confirment, s’il en était besoin, la fiabilité de ce type d’installation.

Le téléphérique de Brest, inauguré le 19 novembre 2016 par Ségolène Royal et souvent en panne depuis…

Celui qui a été inauguré à Brest en novembre 2016, pour relier les deux rives de la Penfeld et desservir le nouveau quartier des Capucins, a en revanche connu quelques déboires retentissants. L’ouverture intempestif de la porte d’une des cabines et de multiples défaillances de capteurs l’ont obligé à un arrêt technique pendant un mois juste après sa mise en service. Quelques jours seulement après son redémarrage, il a subi une panne informatique puis de nouveau des problèmes liés au déclenchement d’une alarme, de quoi pimenter quelque peu le trajet quotidien de la soixantaine de voyageurs qui peuvent s’entasser dans sa cabine.

La carrière antique de la Corderie, actuellement menacée par les tractopelles de Vinci (photo publiée par la Marseillaise)

Il n’en reste pas moins que le site de Notre-Dame de la Garde n’est pas forcément si simple à équiper et les contraintes sont multiples, à commencer par le Mistral qui rend le dispositif inexploitable lorsque la vitesse des rafales dépasse les 100 km/h, n’en déplaise aux amateurs de sensations fortes. Le survol de zones habitées peut également déplaire aux riverains, bien que la loi en la matière se soit récemment assouplie et qu’il existe désormais des techniques permettant de voiler temporairement les vitrages dans les zones sensibles. Et ceci sans parler des contraintes réglementaires car les 15 hectares de la colline de Notre-Dame de la Garde sont classés depuis 1917, tandis que le Vieux Port l’est depuis 1932 et qu’un arrêté de classement se fait attendre pour la carrière antique de la Corderie.

Pas sûr cependant que tout ceci n’arrête un Jean-Claude Gaudin qui, après s’être accroché pendant plus de 22 ans à son siège de maire, tient désormais fermement à son télésiège vers la Bonne Mère…

L.V.

La piste cyclable enfin prolongée à Carnoux

29 mai 2017

Attention, piste cyclable (source : Humour-blague)

Début 2009, un des premiers articles de ce blog plaidait déjà en faveur de la réalisation d’une piste cyclable dans la traversée de Carnoux, le long de la RD 41 E, un axe de passage très emprunté par les nombreux cyclistes qui se dirigent vers Cassis ou vers Marseille par le Col de la Gineste et qui, sur ce tronçon où la circulation est particulièrement dense, sont frôlés par les véhicules du fait de la configuration particulièrement accidentogène de la chaussée.

A cette date, une telle demande qui suscitait des ricanements polis de la part des élus municipaux, était pourtant largement légitimée par la loi LAURE sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie que Corine Lepage avait fait adoptée dès 1996 et dont l’un des articles inscrit dans le Code de l’Environnement l’obligation, à compter du 1er janvier 1998, pour les communes « à l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines » de mettre en place « des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation ».

Mais il est bien connu, comme les élus locaux se plaisent souvent à le rappeler, Jean-Claude Gaudin en tête, que les lois votés par ces fadas de Parisiens ne sont pas censées s’appliquer dans notre beau pays provençal. C’est d’ailleurs probablement pour cette raison que les députés locaux s’intéressent davantage aux fêtes de villages et aux tournois de pétanque qu’au vote de nos lois nationales.

Et ce n’est pourtant pas faute de vigilance des associations locales qui s’efforcent de rappeler régulièrement nos édiles à leurs devoirs. Le 25 avril 2017, le Tribunal administratif de Marseille a ainsi donné raison pour la septième fois consécutive au collectif Vélos en ville qui demandait à la Communauté urbaine MPM devenue depuis Métropole AMP de simplement appliquer la loi et d’aménager des espaces cyclables à l’occasion de travaux de voirie. En l’occurrence, il s’agissait cette fois du boulevard Desautel situé près de Mazargues dans le 9ème arrondissement, mais ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres…

En 2008, campagne électorale oblige, l’inénarrable Jean-Claude Gaudin promettait de construire pas moins de 300 km de pistes cyclables dans la bonne ville de Marseille, une galéjade bien évidemment ! Vingt ans plus tard, selon le même collectif Vélos en ville, il n’existerait en tout et pour tout, sur l’ensemble de l’espace urbain marseillais que 70 km de voies aménagées pour les cyclistes contre près de 700 km à Paris et plus de 300 km à Nantes dont la population est pourtant 3 fois moins importante que celle de Marseille !

Premier tronçon de piste cyclable réalisé en 2013 à Carnoux

En 2014 (nouvelle échéance électorale oblige), le Schéma directeur des modes doux, adopté par la Communauté urbaine MPM, prévoyait d’aménager 10 km de pistes cyclables supplémentaires chaque année. De fait, on commence à voir les effets de cet infléchissement politique à l’occasion des travaux de voirie. A Carnoux, c’est bien sous l’impulsion de la Communauté urbaine qu’a été réalisé le premier tronçon de piste cyclable inauguré en novembre 2013 entre le Panorama et la mairie. Mais en 2014, lorsqu’ont été lancés les travaux de réfection de la voirie entre le Pont des Barles et le rond-point des Barles, le maître d’ouvrage a manifestement oublié d’appliquer la loi et rien n’a été prévu pour rendre moins périlleuse la circulation des cyclistes à cet endroit, pourtant l’un des plus faciles à aménager du fait de la configuration des lieux…

En 2017 enfin, le mouvement se poursuit à l’occasion des travaux récents de réfection de la chaussée entrepris entre le rond-point de Lou Caïre et l’église : on ne peut que se réjouir de voir que les terre-plein centraux qui rendaient la circulation si dangereuse pour les vélos ont été enfin supprimés et que deux bandes cyclables ont été matérialisées sur la chaussée. Un réel progrès pour les cyclistes qui traversent notre commune !

Bandes cyclables réalisées en mai 2017 le long du mail entre Lou Caïre et l’église

Dans le brouillard ambiant qui règne depuis la création de la métropole Aix-Marseille-Provence, et faute de signalisation placée à l’occasion de ce chantier, il est bien délicat de savoir à quel maître d’ouvrage public on doit cette avancée. La commune elle-même est restée très discrète sur le sujet et il ne sert à rien d’aller chercher sur son site internet des informations, sinon pour constater que même les comptes-rendus des conseils municipaux ne sont plus accessibles depuis septembre 2016.

Logiquement, c’est la Métropole qui était supposée, de par la loi, récupérer à compter du 1er janvier 2016 la gestion de la voirie sur son périmètre et on peut donc supposer que ce sont ses services qui ont eu à gérer ce chantier, à moins que le Conseil départemental ne soit encore aux manettes sur son ex voirie départementale ? Bien malin qui pourra démêler un tel écheveau de compétences encore bien enchevêtrées, mais peu importe au fond puisque ce sont quasiment les mêmes élus qui gèrent l’une et l’autre de ces collectivités…

Un député cycliste qui n’a pas besoin de piste cyclable (source : site internet Bernard Deflesselles)

Le plus étrange dans cette affaire est que la réalisation de cette piste cyclable n’ait pas été revendiquée par notre député actuellement en campagne pour son 5ème mandat. Son dernier tract de 8 pages sur papier glacé précise pourtant qu’il est sur tous les fronts, puisqu’on lui doit l’extension de la zone d’activité comme la création du casino (et du commissariat de police) de La Ciotat, mais aussi la réhabilitation du lycée Joliot-Curie à Aubagne, l’extension de la halte-garderie de Roquefort-La Bédoule, la construction de deux nouvelles écoles primaires à Cuges-les-Pins et à Ceyreste, sans compter bien sûr la rénovation du centre-ville de Carnoux et on en passe. A se demander même pourquoi nous avons encore besoin de choisir un maire dans nos communes avec un député aussi efficace et omnipotent qui se targue même, grâce à une utilisation judicieuse de sa réserve parlementaire de pallier les défaillances de l’Education nationale et de se charger lui-même « de l’éducation des enfants de la circonscription ». Un tel engagement force le respect et il serait vraiment étonnant qu’il ne soit pour rien dans la réalisation de ce nouveau tronçon de piste cyclable à Carnoux…

L .V.  

Incroyable : le maire de Carnoux a déjà retourné sa veste !

18 mars 2017

Jean-Pierre Giorgi, le maire inamovible de Carnoux-en-Provence depuis bientôt 16 ans, s’est longtemps déclaré « apolitique ». C’est même sa marque de fabrique : une vision très conservatrice de la société et un positionnement très libéral en matière économique qui l’ont toujours situé très à droite de l’échiquier politique, mais un refus obstiné d’assumer ce positionnement idéologique en maintenant contre toute évidence la fiction d’une certaine neutralité idéologique.

Jean-Pierre Giorgi, truelle en main, en 2014 (photo M. M.)

Et puis voila qu’au cours de ce qui pourrait être son dernier mandat, notre maire se lâche et annonce en toute décomplexion à un journaliste du Monde, en octobre 2016 et alors que les primaires de la Droite battent leur plein, qu’il n’est « pas du tout de gauche, pas du tout d’extrême-droite » et qu’il « envisage d’appuyer François Fillon à la primaire ».

Un positionnement plutôt original à cette date alors que François Fillon est encore à la peine dans les sondages, que le député local Bernard Deflesselles, toujours aussi clairvoyant, soutient obstinément l’inénarrable Jean-François Copé, Monsieur 0,3 %, et que tous les ténors de la Droite locale, plébiscitent comme un seul homme leur mentor traditionnel, Nicolas Sarkozy. La victoire haut-la-main de l’ancien Premier ministre, François Fillon, prouve que Jean-Pierre Giorgi, en bon politicien retors, a su flairer d’où venait le vent…

Ce ralliement est somme toute assez cohérent tant les deux hommes partagent la même hantise des fonctionnaires et la même aversion pour les débats démocratiques, la protection sociale offerte à tous, l’accès gratuit aux services publics ou la notion même de déficit budgétaire. Les accents thatchériens de la campagne de François Fillon rencontrent manifestement un écho des plus favorables auprès de notre maire.

Jean-Pierre Giorgi s’affichant malgré son « apolitisme » sur le tract de campagne de l’UMP pour les élections départementales de 2015

On ne peut d’ailleurs que lui conseiller d’écouter en boucle les extraits d’un discours prononcé par le candidat devant un panel de dirigeants d’entreprises, réunis par la Fondation Concorde, le 10 mars 2016, dans lequel il explique sans détour comment il compte s’y prendre pour mener une guerre éclair dès l’été 2017, sitôt arrivé au pouvoir, pour détruire définitivement tout ce qui reste du droit du travail en profitant du choc des élections et de l’apathie des citoyens en période estivale. L’objectif est clair et la méthode sans ambiguïté : « On rendra plus difficile la réaction sociale… ». Voilà les Français prévenus et voila bien le genre de discours que Monsieur le maire de Carnoux devrait en effet apprécier, lui qui déteste avant tout le débat d’idées et qui estime que les électeurs, une fois qu’ils ont délégué à d’autres le soin de gérer les affaires, n’ont plus à se mêler de ce qui ne les regarde pas.

François Fillon devant les patrons à l’invitation de la Fondation Concorde le 10 mars 2016 (extrait video Public Sénat)

Et pourtant, contre toute attente, Monsieur Giorgi n’a pas donné son parrainage à François Fillon ! Rappelons en effet que, pour éviter la multiplication des candidatures les plus fantaisistes à l’élection présidentielle, les candidats doivent pouvoir s’appuyer sur 500 signatures d’élus en leur faveur. Les modalités de parrainage ont évolué récemment avec la loi du 25 avril 2016 et permettent désormais de connaître en détail et au fur et à mesure de leur validation par le Conseil constitutionnel, l’ensemble des parrainages exprimés.

Ce sont au total de l’ordre de 42 000 élus qui sont ainsi autorisés à parrainer un des candidats potentiel à la magistrature suprême, la plupart étant des maires de petites communes. Un reportage du Monde détaille ainsi la manière dont sont reçus et vérifiés chaque jour les formulaires de parrainage dûment remplis et signés par les élus de toute la France. Quant au fichier des résultats, régulièrement mis à jour, il est accessible directement sur internet et contient 14 296 noms à la clôture du dispositif. La liste des 11 candidats disposant des fameux 500 parrainages ad hoc est d’ailleurs désormais arrêtée.

Extrait de la liste des parrainages à l’élection présidentielle 2017

Toujours est-il que l’on apprend ainsi, avec une certaine stupéfaction, que le maire de Carnoux, malgré ses déclarations initiales, a déjà changé son fusil d’épaule puisqu’il s’est prononcé officiellement en faveur de la candidature de Nicolas Dupont-Aignan et non pas de celle de François Fillon. Il est d’ailleurs un des très rares soutiens du souverainiste dans le département des Bouches-du-Rhône, tous les ténors de la Droite locale de Jean-Claude Gaudin à Maryse Joissains en passant par Martine Vassal, Danielle Milon ou même Bernard Deflesselles ayant cette fois soutenu sans barguigner le candidat officiel LR en la personne de François Fillon…

Cette initiative du maire de Carnoux est d’autant plus surprenante que son formulaire de soutien est daté du 7 mars 2016, au lendemain du triomphe de François Filon, remis en selle par la manifestation de ses fans issus pour l’essentiel des milieux catholiques conservateurs, et alors que la majorité des dirigeants du parti LR venaient de lui renouveler leur soutien quasi unanime malgré sa mise en examen alors imminente.

Dessin de Gros paru dans Marianne

Notre maire aurait-il été indisposé par les nombreuses casseroles qui tintinnabulent désormais aux basques du candidat, depuis les emplois présumés fictifs (mais généreusement rétribués par le contribuable) de son épouse et de ses enfants, jusqu’aux fameux costumes à 13 000 € gracieusement offerts par le sulfureux Robert Bourgi, disciple de Jacques Foccart et figure discrète de la Françafrique, en passant par les libéralités de son ami Marc Ladret de Lacharrière, jamais avare d’un petit coup de pouce financier envers son ami, le châtelain de la Sarthe ?

Toujours est-il que ce revirement est pour le moins curieux et confirme une fois de plus l’extrême souplesse idéologique de notre maire qui n’avait pas hésité en 2008 à voter en faveur du socialiste Eugène Caselli pour le placer à la tête de la communauté urbaine MPM au nez et à la barbe du pauvre Renaud Muselier, alors que la Droite disposait d’une confortable avance en voix. Ce positionnement lui avait notamment permis de bénéficier des grandes largesses du président du Conseil général d’alors, le socialiste Jean-Noël Guérini, avec qui il partageait un goût immodéré pour les bondieuseries. Et le voila maintenant propulsé à l’autre extrémité de l’échiquier politique, comme soutien officiel du président de Debout la France, qui se définit comme gaulliste et souverainiste, fervent partisan de la sortie de l’Euro et adepte de l’usage du référendum, après avoir beaucoup sinué tout au long de sa carrière politique…

Nicolas Dupont-Aignan en meeting à Paris le 9 mars 2017 (photo © J. Demarthon / AFP)

Il serait sans doute malvenu de rappeler à Monsieur Giorgi que son nouveau champion n’avait recueilli que 1,79 % des suffrages lors de la dernière élection présidentielle de 2012 et que la référence au Gaullisme n’est pas forcément des mieux perçues au sein de son électorat traditionnel pied-noir. Remercions en tout cas le Conseil constitutionnel pour son effort de transparence qui permettra peut-être enfin aux Carnussiens de connaître un peu mieux les opinions politiques de celui qu’ils élisent sans discontinuer depuis 33 ans, en tout « apolitisme » s’entend…

L.V.  

Trémargat, bel exemple de commune solidaire et citoyenne

29 décembre 2016

Petite commune rurale nichée dans l’arrière-pays breton, le Kreiz Breizh, un pays de landes et de bois caillouteux, un des coins les plus pauvres de la péninsule, la petite commune de Trémargat, perdue au fin fond des Côtes d’Armor, n’en finit pourtant pas de faire parler d’elle. Mise en exergue dans les années 1960 comme un symbole de ces bourgs ruraux exposés à un exode rural inéluctable, passée de 269 habitants en 1962 à 152 seulement en 1990, la petite commune bretonne a pourtant réussi à remonter la pente et fait la une de nombreux médias, de Rue89 à La Croix en passant par Basta ! le magazine associatif militant du net.

Yvette Clément, maire de la commune, au Tremargad Kafé (photo H. Ronné / La Croix)

Yvette Clément, maire de la commune, au Tremargad Kafé (photo H. Ronné / La Croix)

Ce nouvel élan doit beaucoup à l’installation de plusieurs couples de néoruraux, des anciens soixante-huitards venus s’installer ici pour élever des chèvres dans une logique totalement opposée à l’agriculture intensive alors en vogue en Bretagne. C’est le cas de la maire actuelle, Yvette Clément, arrivée ici en 1976 avec son mari François, avec qui elle a développé, sur les terres pauvres de ce pays boisé et vallonné, un élevage qui compte 150 brebis aujourd’hui.

Malgré l’exode rural il reste désormais 14 exploitations agricoles en activité à Trémargat et les nouveaux arrivants ont fait mieux que s’intégrer : ils ont réussi à redynamiser complètement le petit village breton devenu une vitrine de la gestion participative, au même titre que la commune de Saillans dans la Drôme !

Le tournant date de 1995. Jusque là, la mairie était traditionnellement aux mains de la même famille de génération en génération et son rôle principal se limitait à entretenir la voirie municipale. Mais « à quoi bon mettre des pavés s’il n’y a personne pour les lancer ? » s’est dit Eric Hamon autour de qui s’est agrégée une petite équipe de nouveaux venus débordant d’idées pour faire revivre le petit village sur le déclin en aidant à accueillir de nouveaux agriculteurs et des randonneurs venus profiter de ce coin de nature préservée. Leur slogan : « Vivre, participer et accueillir dans un environnement préservé et de qualité ».

Mais c’est surtout leur méthode qui a révolutionné la vie du village. Depuis cette date en effet, chaque maire ne fait qu’un seul mandat mais reste dans l’équipe suivante pour faire profiter les autres de son expérience. Et les élus ne sont pas les seuls à s’investir : le programme fait l’objet d’un débat public avant les élections et tout est discuté en commission extra-municipale, ce qui permet à chacun de s’investir réellement dans la gestion des affaires publiques. Et quand on parle d’investissement, cela va jusqu’à mettre la main à la pâte…

La place centrale de Trémargat, réaménagée par ses habitants (photo C. Guillou / Rue89)

La place centrale de Trémargat, réaménagée par ses habitants (photo C. Guillou / Rue89)

C’est ainsi que la petite place devant l’église a été entièrement refaite par les habitants volontaires eux-même. Le projet initial conçu par un bureau d’étude et qui faisait la part belle au goudron avec bordure en ciment et mobilier urbain classique, a été abandonné et chacun s’est retroussé les manches pour transformer la petite place en un théâtre de verdure engazonné avec pergola en bois construite localement et arbres fruitiers, le tout pour une somme dérisoire !

Devant le Tremargad Kafé (photo M. Guyonvarch / Basta !)

Devant le Tremargad Kafé (photo M. Guyonvarch / Basta !)

En 1995, un des premiers actes de l’équipe municipale fraîchement élue a été de racheter le café du village en pleine décrêpitude et sur le point de fermer alors qu’il n’y avait déjà plus décole au village et que l’unique épicier partait en retraite. Il fallait donc impérativement conserver un lieu de vie où se retrouver et c’est ce qu’est devenu depuis le « Trèmargad Kafé ». La municipalité en a profité pour aménager deux logements sociaux à l’étage et à transformé l’ancien commerce sur le déclin en un café multiservice avec gîte d’étape attenant. C’est désormais une association qui a repris le flambeau depuis 2008, mais le café est devenu le centre de la vie sociale du village, avec soirées tarot, débats animés et concerts variés.

Dans l'épicerie du village (photo M. Guyonvarch / Basta !)

Dans l’épicerie du village (photo M. Guyonvarch / Basta !)

Quant à l’épicerie, c’est aussi la mairie qui a pris le taureau par les cornes en préemptant une maison qui se libérait dans le centre bourg. Une petite étude de marché a confirmé que les habitants ne voulaient pas du tout d’une supérette qui vende les mêmes produits qu’en grande surface, deux fois plus cher, mais au contraire des produits bio issus majoritairement des exploitations locales. Les vendeurs sont des bénévoles qui se relaient pour tenir la boutique moyennant un accès aux produits à prix coûtant. Il fallait un chiffre d’affaire de 30 000 € pour équilibrer le budget et dès la première année en 2013, il s’est élevé à 75 000 € : un vrai succès !

Depuis 2012, la commune a rompu son contrat avec EDF pour l’alimentation électrique municipale et est désormais abonnée chez Enercoop, ce qui lui garantit, pour un prix à peine supérieur, une énergie 100 % renouvelable et a du coup incité la coopérative bretonne à installer symboliquement à Trémargat son siège social.

Le village de Trémargat a désormais tout du laboratoire pratique de mise en œuvre des démarches de solidarité, de démocratie participative et d’écologie citoyenne. La quasi totalité des exploitants agricoles sont adhérents du Centre d’étude pour le développement d’une agriculture plus autonome (Cedapa), qui prône une agriculture durable, à l’herbe, sans intrant et à taille humaine. A Trémargat désormais, presque tout est bio, même le restaurant qui offre chaque jour pour 12 € un menu à base exclusive d’ingrédients produits localement à partir de l’agriculture biologique. Seuls deux agriculteurs récalcitrants restent adeptes des schémas traditionnels ultra-productivistes, mais du coup on ne les voit jamais au bourg, qu’ils traversent, dit-on, en 4 x 4.

Elevage à Trémargat (photo C. Guillou / Rue89)

Elevage à Trémargat (photo C. Guillou / Rue89)

Reste néanmoins à assurer l’avenir de la commune maintenant que les premiers néo-ruraux installés dans les années 1970 commencent à partir en retraite. Pour cela, le petit village de 200 habitants n’a pas hésité à se lancer dans l’élaboration d’un PLU (Plan local d’urbanisme), un exercice réservé habituellement aux communes de plus grande taille. Une quarantaine de parcelles ont ainsi été rendues constructibles et la mairie en a profité pour protéger les zones humides et les haies bocagères, et empêcher certains travaux de labour.

Mais les habitants ont souhaité aller plus loin encore et c’est ainsi qu’est née l’idée d’une société civile immobilière, dans laquelle la commune et les habitants pourraient prendre des parts et qui achèterait des terres. Financée par 140 associés, venus parfois de l’extérieur, détenteurs d’une ou plusieurs parts à 100 €, la SCI a ainsi acquis une parcelle de 21 hectares sur la commune voisine pour faciliter l’installation d’un couple de jeunes éleveurs qui était à la recherche de pâturage pour ses brebis allaitantes et ses vaches laitières.

« La ferme de 21 hectares d’un agriculteur partant à la retraite était à vendre 65 000 €. La SCI l’a achetée, pour la louer au prix de 100 € l’hectare par an. Il n’y a aucun risque, car si l’exploitation ne marche pas, la SCI peut louer à nouveau les terres », explique l’un des trois gérants de la SCI. Appuyée par la commune, via une association de soutien, la SCI aide actuellement un jeune couple de maraîchers bio à s’implanter et soutient l’agrandissement d’un boulanger-paysan. « Cette nouvelle acquisition se fait sans emprunt bancaire grâce au capital collecté, notamment auprès d’habitants de Saint-Brieuc, séduits par notre démarche et désireux de trouver des produits frais de qualité sur leur marché », ajoute le gérant.

Discussion au Tremargad Kafé (photo M. Guyonvarch / Basta !)

Discussion au Tremargad Kafé (photo M. Guyonvarch / Basta !)

A Trémargat, tout n’est pas idyllique, comme l’explique à Basta ! une jeune agricultrice, membre du conseil municipal : « Ça ne se fait pas tout seul. Il y a des clashs, des désaccords, des débats interminables, des projets qui n’aboutissent pas, des gens qui ne participent pas. Mais dans l’ensemble ça fonctionne. Car la plupart des gens vivent là, partagent un même état d’esprit et sont emportés par cette dynamique collective. Ça donne envie de s’impliquer à son tour. »

Se concerter, décider et agir ensemble : à Trémargat, c’est devenu un réflexe. D’autres communes voisines s’intéressent à la démarche et tentent de copier le modèle : pourquoi-pas à Carnoux aussi ?

L.V.  lutinvert1small

La ville de Carnoux portée aux nues par TPBM

28 novembre 2016

Décidément, le maire de Carnoux sait bien mettre en valeur ses réalisations ! Le numéro 1155 de la revue hebdomadaire TPBM, en date du 9 novembre 2016, consacre ainsi pas moins de 8 pages aux travaux de rénovation du centre-ville et au bilan du maire de Carnoux. Huit pages de publicité électorale gratuite, également accessibles sur le site de la revue et diffusée largement auprès de tout ce que la région PACA compte d’entrepreneurs et de professions libérales.

Extrait du n°1155 de TPBM

Extrait du n°1155 de TPBM

Bien entendu, rares sont ceux, en dehors des professionnels du secteur, qui ont déjà entendu parler de TPBM, un acronyme qui signifie Travaux publics et bâtiments du Midi, en réalité un hebdomadaire destiné aux professionnels de la commande publique régionale et qui tire l’essentiel de ses revenus de son positionnement comme support habilité à publier les annonces légales sur 5 départements de la région PACA, dont les Bouches-du-Rhône : appels d’offres, ventes aux enchères et annonces judiciaires portant avis de constitution et de dissolution de sociétés, tel est l’essentiel du contenu de ce journal d’aspect austère, publié sur papier recyclé à 13 000 exemplaires et qui n’est guère lu que par les services achat des collectivités territoriales, les entrepreneurs locaux de travaux publics et tout ce que la région compte de professions libérales, experts comptables, avocats et architectes confondus, largement mis à l’honneur dans les autres pages du journal.

Ceci dit, même si le contenu de ce journal, en dehors des annonces légales, s’apparente pour l’essentiel à du remplissage, il n’est pas si courant d’y trouver ainsi 8 pages entières consacrées à une petite commune de 7000 habitants ! On y retrouve bien entendu tous les poncifs habituels sur la « genèse d’une ville étonnante », créée par la volonté de 2 entrepreneurs, installés à Casablanca en 1957 et dont la Coopérative immobilière française, par ailleurs accusée de malversation, était plutôt en mauvaise posture en 1962 avec seulement 242 habitants recensés dans la ville en chantier qui en escomptait 4 000 ! L’arrivée des rapatriés d’Algérie a permis de redresser la situation, jusqu’à l’érection en commune nouvelle, décrétée le 26 août 2016, comme nous l’avons déjà évoqué ici.

Les commerces le long du mail devant la Crémaillère et l'école provisoire en 1962 (source : site de la commune)

Les commerces le long du mail devant la Crémaillère et l’école provisoire en 1962 (source : site de la commune)

Le reportage, signé par le journaliste Jean-Pierre Enaut, n’hésite pas à faire dans le dithyrambique et s’enflamme quelque peu : « Terre d’accueil, Carnoux, née de l’abnégation d’un groupe de pionniers visionnaires, a su trouver son juste équilibre en regardant l’avenir sans pour autant oublier le passé ». On n’est pas loin de la Légende des Siècles et c’est encore plus beau quand on aborde les pages consacrées à la médiathèque, conçue comme chacun sait par le cabinet d’architecture Fernandez et Serres (ou en tout cas le saura après avoir lu l’article qui cite leur nom à chaque paragraphe…) : « Le site est émouvant par ses pins centenaires, ses arbres légers et entremêlés, son relief et sa vue sur la ville. L’espace intérieur étiré est agrandi et généré par le paysage. L’architecture est rythmée par l’éphémère, les nuages, le vent, les saisons » et tout le reste est à l’avenant sur 2 pages entières !

A croire que le journaliste a un peu abusé de la moquette comme combustible récréatif dans son désir de s’imprégner des lieux… Chez TPBM, le prix de la ligne est affiché à 4,12 € les 40 caractères comme le précise son éditeur, joliment dénommé « Les publications commerciales » et on comprend mieux la motivation du journaliste à broder ainsi pendant 2 pages sur la poésie des lieux…

Les nouveaux commerces le long de la place Lyautey

Les nouveaux commerces le long de la place Lyautey

Le reste du reportage porte sur la requalification du centre-ville et comporte une longue interview du maire « élu depuis fort longtemps » pour reprendre les propos du journaliste. Jean-Pierre Giorgi en profite naturellement pour détailler son bilan et préciser que le nombre de logements sociaux, qui était de 375 jusqu’à l’an dernier, vient de s’enrichir de 50 nouveaux logements grâce aux constructions des deux petits immeubles du centre-ville, auxquels devraient à terme s’ajouter 60 nouveaux logements, une fois achevé le projet confié à la Phocéenne d’habitation sur le site de l’ancien établissement Saint-Augustin : un effort qui mérite d’être salué mais qui ne permet pas encore d’atteindre l’objectif de 20 % de logements sociaux exigé par la loi SRU, et encore moins celui de 25 % qui s’impose désormais à toutes les communes de plus de 3500 habitants à l’horizon 2025 : encore un effort, Monsieur le Maire !

Défilé sur le mail pour l'inauguration du centre-ville le 11 juin 2016 (photo DR)

Défilé sur le mail pour l’inauguration du centre-ville le 11 juin 2016 (photo DR)

On apprend au passage, en lisant cette interview, que l’ensemble du réseau pluvial de Carnoux a été recalibré avec « la création de bassins de rétention ». On se demande où ont bien pu être creusés ces fameux bassins de rétention si discrets et qui n’empêchent pas le réseau pluvial de déborder à chaque orage, d’autant que le réaménagement du centre-ville n’a pas permis, comme on aurait pu le penser, de réduire l’imperméabilisation de ce secteur. Au contraire, le projet a privilégié les espaces minéralisés et revêtus qui accentuent le ruissellement, préparant ainsi les inondations de demain…

On apprend aussi que le coût global de la rénovation du centre-ville devrait s’élever finalement à « environ 10 millions d’euros, hors construction des commerces et des logements », dont 3,8 millions imputés sur le budget communal, le reste étant généreusement subventionné par la communauté urbaine et le département. Le maire de Carnoux, en bon politique, n’oublie pas d’ailleurs de « remercier les différents élus des collectivités publiques et en particulier Martine Vassal, présidente du conseil départemental, qui a accepté dernièrement d’entériner la dernière tranche financière, et Jean-Claude Gaudin, président de la métropole, qui s’est engagé à poursuivre le projet en cours jusqu’à son terme ».

Le maire de Carnoux bien entouré lors de l'inauguration du centre-ville (photo R.Achour parue dans La Provence)

Le maire de Carnoux bien entouré lors de l’inauguration du centre-ville (photo R.Achour parue dans La Provence)

On n’aura pas la faiblesse de rappeler que la quasi totalité des engagements financiers accordés à Carnoux pour la réalisation de ces travaux l’a été sous le mandat de la majorité socialiste conduite par un certain Jean-Noël Guérini pour le département et par Eugène Caselli pour la communauté urbaine. Au moins, leur éviction permet au nouveau fervent supporter de François Fillon d’éviter de les remercier et de pas avoir eu à supporter leur présence encombrante lors de la belle cérémonie d’inauguration qui s’est déroulée le 11 juin dernier. Ni de devoir remercier les nombreux habitants des communes infiniment moins riches que Carnoux, dont les malheureux contribuables marseillais, d’avoir permis ainsi de financer à grands frais la rénovation du centre-ville de la 119ème commune des Bouches-du-Rhône, en application de la célèbre sentence biblique « les derniers seront les premiers »… Ite, missa est.

L.V.  lutinvert1small

A Carnoux, le coming out politique du maire !

10 novembre 2016

Élu à Carnoux-en-Provence depuis déjà 33 ans et maire de la commune sans discontinuer depuis 2001, Jean-Pierre Giorgi a toujours revendiqué haut et fort son apolitisme, ce qui ne l’a jamais empêché de soutenir ouvertement ses amis de l’ex-UMP dont le député Bernard Deflesselles. Officiellement étiqueté « Divers droite », il n’a jamais fait mystère de son aversion pour les idées de gauche qu’il combat avec la dernière énergie, mais il a longtemps mis une certaine coquetterie à afficher une absence totale d’affiliation à un courant politique, ce qui lui a d’ailleurs plutôt bien réussi.

Jean-Pierre Giorgi lors de l'inauguration du Centre-ville de Carnoux le 11 juin 2016 aux côtés de ses amis politiques Jean-Claude Gaudin, Bernard Deflesselles et Martine Vassal

Jean-Pierre Giorgi lors de l’inauguration du Centre-ville de Carnoux le 11 juin 2016 aux côtés de ses amis politiques Jean-Claude Gaudin, Bernard Deflesselles et Martine Vassal

A plus de 70 ans, il fait enfin son coming out et déclare clairement son positionnement politique à l’occasion d’un article sur Carnoux paru dans Le Monde le 16 octobre 2016, dans lequel il déclare sans détour qu’il n’est « pas du tout de gauche, pas du tout d’extrême-droite » et qu’il « envisage d’appuyer François Fillon à la primaire ».

Article paru dans Le Monde du 16 octobre 2016

Article paru dans Le Monde du 16 octobre 2016

L’électeur de gauche carnussien ne sera guère surpris par ce positionnement thatchérien, mélange de conservatisme social et de libéralisme économique débridé. De toute façon, la vérité oblige à dire, comme les journalistes du Monde l’ont eux-même rapidement constaté, que l’électorat de gauche se fait plutôt rare sur Carnoux si l’on en juge par les scores obtenus aux dernières élections : 17,4 % pour le cumul des quatre listes de gauche qui étaient en lice lors des élections régionales de décembre 2015, et bien sûr 0 % au deuxième tour puisqu’il ne restait alors plus le choix qu’entre la droite et l’extrême-droite, comme lors des élections départementales et des municipales précédentes…

L’électorat d’extrême-droite sera peut-être davantage surpris de ce positionnement du maire de Carnoux dans une commune où, pour ne reprendre que les dernières élections en date, toujours les Régionales de 2015, la candidate FN avait obtenu plus de 47 % des suffrages exprimées au premier tour contre seulement 27 % à son adversaire LR Christian Estrosi. Il est vrai que jusqu’à présent, grâce au mode de scrutin majoritaire, le FN ne dispose que d’un seul élu au conseil municipal malgré ses scores fleuves aux récentes élections locales.

Hughes Peres, nouveau conseiller municipal FN à Carnoux (photo C. Matias pour La Provence)

Hughes Peres, nouveau conseiller municipal FN à Carnoux (photo C. Matias pour La Provence)

On vient d’ailleurs d’apprendre, à l’occasion du dernier conseil municipal en date du 20 octobre 2016 que l’élu en question, le très discret Vesselin Bratkov, venait de démissionner de sa fonction. On ne connaît pas les raisons de sa démission sinon qu’elles sont purement « personnelles » et l’on sait seulement qu’il n’habitait plus depuis des années à Carnoux, même s’il a affirmé quelques jours plus tard dans La Provence, qu’il a effectivement payé sa taxe d’habitation à Carnoux entre 2005 et 2010. Si c’est réellement le cas, on se demande bien comment il a pu y présenter sa candidature en 2014, mais peu importe ! Toujours est-il que c’est désormais Hughes Peres, 77 ans, résidant lui à Carnoux depuis 43 ans et par ailleurs vice-président du Souvenir Français qui représentera désormais le Front National au Conseil municipal de Carnoux.

Quant aux électeurs de droite de Monsieur Giorgi, ils seront peut-être surpris d’apprendre ainsi, au détour d’un article du Monde, quel est son véritable positionnement politique, lui qui se présente avant tout comme un simple gestionnaire. Car parmi les 7 candidats actuellement en lice dans le cadre des primaires de la droite, François Fillon est probablement celui dont le programme politique va le plus loin en matière de dérégulation de l’économie, dans la droite ligne d’un Ronald Reagan ou d’une Margaret Thatcher.

François Fillon, le champion du maire de Carnoux (photo S. Grangier)

François Fillon, le champion du maire de Carnoux (photo S. Grangier)10

S’il est élu, il compte réduire drastiquement les dépenses publiques et supprimant pas moins de 500 000 postes de fonctionnaires dont de très nombreux enseignants qu’il accuse ouvertement de ne pas travailler assez, estimant que l’enseignement privé pourrait avantageusement remplacer l’Éducation nationale jugée totalement obsolète à ses yeux. Il compte réduire à son strict minimum le droit du Travail, supprimer l’impôt sur la fortune et augmenter fortement la TVA : une sacré purge en perspective pour les plus modestes et un recul massif de l’investissement public qui risque de faire de gros dégâts dans une société déjà bien mal en point, mais chez ces gens-là, on ne compatit pas, on compte seulement…

L.V.  lutinvert1small

Centre culturel de Carnoux : la révolte gronde…

28 septembre 2016

logoccLe Centre culturel de Carnoux-en-Provence, comme la plupart des structures similaires dont le modèle a été largement inspiré en France des Maisons de la Culture créées par André Malraux, alors ministre de la Culture, est une association loi 1901 dont le fonctionnement est néanmoins étroitement contrôlé par la municipalité. Ses locaux, qui ont d’ailleurs fait l’objet récemment d’un sérieux lifting entièrement financé sur fonds publics, appartiennent à la ville et sont mis gratuitement à disposition de l’association pour son usage exclusif, la commune se chargeant également à ses frais de leur entretien.phcentreculturel

Quant au fonctionnement du Centre culturel lui-même, il est très largement subventionné par la commune qui lui a octroyé pour l’exercice 2016 une généreuse subvention de 82 000 €, votée en conseil municipal le 7 avril 2016 et représentant près de la moitié du total des subventions versées par la commune à l’ensemble des associations de Carnoux (205 210 €). Cette subvention attribuée au Centre culturel prend d’ailleurs une place croissante dans la part du budget alloué chaque année aux associations carnussiennes. En 2012, son montant s’élevait à 60 000 € alors que le montant total des subventions accordées à une quarantaine d’associations carnussiennes atteignait 356 770 €. Depuis, ce montant global des subventions aux associations a été presque divisé par deux, rigueur budgétaire oblige, mais le montant versé annuellement au Centre culturel a été augmenté de plus d’un tiers en 4 ans !

Ces chiffres confirment clairement que le Centre culturel de Carnoux fait l’objet d’un traitement très privilégié parmi les  plus de 110 associations actuellement répertoriées sur la commune et listées sur le site internet de la mairie (dans un joyeux désordre, permettant à nombre d’entre elles d’être recensées à la fois comme associations sportives, culturelles, de quartier, caritatives, etc.).

Passation de pouvoir au Centre culturel (extrait du Bulletin municipal de Carnoux - juillet 2015)

Passation de pouvoir au Centre culturel (extrait du Bulletin municipal de Carnoux – juillet 2015)

Mais la forte implication de la municipalité dans la gestion de cette association se manifeste aussi par la proximité de ses dirigeants avec l’exécutif municipal. L’ancien président du Centre culturel, Gérard Lambert, resté pendant 13 ans à ce poste, est l’époux de Danièle Lambert, ancienne adjointe à la Communication et toujours conseillère municipale. Le maire Jean-Pierre Giorgi, est systématiquement présent aux assemblées générales de l’association et c’est lui qui a orchestré le changement de président, fièrement affiché dans le bulletin municipal de juillet 2015 et annoncé en grandes pompes lors du spectacle de fin d’année en juin.

Frédéric Rouquet, conseiller municipal et nouveau président du Centre culturel

Frédéric Rouquet, conseiller municipal et nouveau président du Centre culturel

Devenu effectif il y a tout juste un an, en septembre 2015, ce changement de président fait quelque peu grincer des dents l’équipe constituée d’une vingtaine d’intervenants, pour la plupart disposant d’un simple statut d’auto-entrepreneurs, qui animent les 27 activités actuellement proposées aux quelques 650 adhérents que revendique le Centre culturel. Le nouveau président n’est autre en effet que Frédéric Rouquet, par ailleurs conseiller municipal délégué aux affaires scolaires et au site internet. On ne saurait mieux exprimer en effet la main mise de la municipalité sur cette structure associative dont on serait bien en peine en revanche de connaître, ne serait-ce que le montant de son budget et la répartition de ses charges, éléments qui ne sont pas communiqués aux membres de l’association.

Le nouveau président, par ailleurs responsable de la salle de cinéma des Trois-Palmes à la Valentine, n’est certes pas un inconnu des Carnussiens, après avoir trusté pendant des années le rôle de représentant PEEP des parents d’élèves au fil de la scolarité de ses trois enfants, d’abord au groupe scolaire Frédéric Mistral, mais aussi au collège des Gorguettes et au lycée Méditerranée. Les enfants étant par ailleurs amateurs de percussions, il va de soi qu’un tel personnage ne pouvait laisser passer l’occasion de s’immiscer également dans la gestion du Centre culturel et c’est donc tout naturellement qu’il en a pris la présidence après s’être fait élire conseiller municipal.

L'équipe d'intervenants du Centre culturel autour du président

L’équipe d’intervenants du Centre culturel autour du président

Un tel dévouement à la cause publique force l’admiration ! A ceci près que l’activisme autoritaire du nouveau président commence à faire jaser. Ses prestations en Monsieur Loyal lors des spectacles de fin d’année pourraient simplement prêter à sourire si elles ne s’accompagnaient en parallèle d’une volonté hégémonique de vouloir régenter lui-même l’ordonnancement du spectacle et le choix des élèves autorisés à se produire, sans tenir compte le moins du monde de l’avis des enseignants. Après seulement un an d’activité à la tête de l’association, cette volonté d’ingérence systématique lui a d’ailleurs valu en interne le doux sobriquet de Staline, un surnom flatteur dans certains milieux mais pas forcément dans le monde feutré de la culture carnussienne…

Les fortes augmentations de tarifs décrétées unilatéralement en début d’année, les clauses abusives de non-concurrence imposées aux intervenants, les oukases interdisant désormais aux enseignants d’accepter des cours individuels de 3/4 d’heure pourtant mieux adaptés à certains niveaux et pour certaines disciplines, toutes ces décisions imposées de manière rigide et sans concertation ni réelle justification, finissent par lasser tant le personnel enseignant que les usagers du Centre culturel, même les mieux disposés à son égard.

Faudra t-il donc attendre la prochaine assemblée générale de l’association pour mettre un terme à une erreur de casting aussi flagrante ? Faut-il que les membres de l’association et le personnel enseignant expriment ouvertement leur mécontentement face à un mode de direction aussi obtus et contre-productif, quitte à organiser une pétition ? Le Centre culturel fait partie des outils dont la commune peut être fière et il serait dommage d’en casser ainsi la dynamique du fait du comportement quelque peu narcissique de son président actuel.

Des usagers du Centre culturel

Après avoir lu cet article, n’oubliez-pas de lire aussi le droit de réponse du maire de Carnoux !

Saga familiale à Aix-en-Provence

5 septembre 2016

C’est un article de Marianne, un média national, qui vient attirer l’attention de la France entière sur l’ambiance « fin de règne » qui plombe la ville d’Aix-en-Provence suite aux déboires judiciaires de Maryse Joissains-Masini, l’éternelle opposante à la métropole.

Façade de l'hôtel de ville d'Aix-en-Provence

Façade de l’hôtel de ville d’Aix-en-Provence

Rappelons pour ceux qui l’auraient oublié que l’histoire politique du clan Joissains et de sa main-mise sur la bonne ville d’Aix-en-Provence commence en 1977, il y a bientôt 40 ans. Il n’y a donc pas qu’au Gabon ou en Corée du Nord que certaines dynasties familiales s’incrustent au pouvoir… A l’époque, Alain Joissains, époux de Madame, Maryse Charton de son vrai nom, et père de Sophie Joissains, se présente aux élections municipales sous l’étiquette du Parti radical valoisien. Il perd alors l’élection face au maire sortant socialiste, Félix Ciccolini.

Qu’à cela ne tienne ! L’ancien docker toulonais, devenu avocat, conteste les résultats devant les tribunaux. Les Aixois revotent donc en 1978 et cette fois c’est Alain Joissains qui remporte l’élection, laquelle est de nouveau invalidée par le Tribunal administratif ! Rebelote donc en 1979 : face à une liste de gauche conduite par Jean-François Picheral, Alain Joissains confirme sa victoire de l’année précédente.

En 1983 cependant, alors qu’il s’apprête à se présenter pour un second mandat , le Canard enchaîné révèle qu’Alain Joissains a fait réaliser d’importants travaux d’embellissement dans la villa de ses beaux-parents en échange de l’attribution de marchés publics. Une vilaine affaire qui entrainera sa condamnation définitive en 1988 pour recel d’abus de biens sociaux à 150 000 francs d’amende et deux ans de prison avec sursis. Une affaire qui l’empêche de se représenter à la mairie et qui pousse le père de Maryse à se suicider.

Alain et Maryse Joissains lors de l'élection de cette dernière à la mairie d'Aix en mars 2001 (photo B. Horvat / AFP)

Alain et Maryse Joissains lors de l’élection de cette dernière à la mairie d’Aix en mars 2001 (photo B. Horvat / AFP)

Mais en 2001, l’heure de la vengeance a sonné. Cette fois c’est Maryse Joissains qui se présente après avoir accolé à son patronyme le nom de son grand-père maternel corse Masini. Elle est élue d’un cheveu à la mairie, face au maire sortant, le même Jean-François Picheral. Alors qu’elle est séparée (mais pas divorcée) d’Alain Joissains, son premier acte consiste à le recruter comme conseiller spécial puis directeur de cabinet, poste qu’il occupera jusqu’à sa mise en retraite en 2008, moyennant un salaire plus que confortable de 5820 € par mois. Une telle générosité peut surprendre, en faveur d’un époux condamné par la justice et qui lui a fait deux enfants dans le dos, dont elle dit elle-même « Alain a fait le couillon ». Mais chacun sait que Maryse a la main sur le coeur…

Non seulement elle héberge chez elle son ex-époux, mais elle dépose en 2005 une proposition de loi pour que les chefs et directeurs de cabinets, recrutés sur des critères purement politiques et souvent dans l’entourage proche, puissent intégrer directement la fonction publique territoriale sans même passer de concours. Il faut dire qu’à cette date, elle rémunère non seulement Alain à la mairie, mais aussi sa propre fille Sophie qui est son chef de cabinet à la communauté d’agglomération du Pays d’Aix, dont elle également présidente depuis sa création en 2001…

Lucien Alexandre Castronovo, élu d'opposition d'Aix-en-Provence

Lucien Alexandre Castronovo, élu d’opposition d’Aix-en-Provence

Malheureusement, l’un de ses opposants, Lucien Alexandre Castronovo, élégamment surnommé par le couple Joissains « Casse-couilles » et auteur prolixe d’un blog très documenté, trouve quelque peu à redire à cette générosité familiale poussée à l’extrême. Il découvre ainsi, après d’âpres investigations, que le traitement perçu par Alain Joissains est très largement au-delà de ce que permet le plafond légal.En 2008, le Tribunal administratif annule purement et simplement le contrat de travail de Monsieur, mais s’ensuivent des années d’intenses batailles judiciaires. Ce n’est qu’en février 2015, à l’issue de 10 ans de procédures, que la plus haute juridiction administrative française peut trancher définitivement le débat, obligeant le coupable à rembourser l’intégralité du traitement indûment perçu, soit plus de 475 000 €.

Mais encore faut-il que la commune le lui réclame ! Avec Madame aux commandes, on se doute bien que cela ne va pas de soi… Elle se contente donc d’émettre à l’encontre de son époux et toujours conseiller un titre de recette de 71 000 € seulement, montant aussitôt contesté par ce dernier devant les tribunaux. Et c’est reparti pour une nouvelle course de lenteur qui permet de faire traîner le dossier !

En attendant, Maryse Joissains doit faire face à moult polémiques liées à son franc-parler et ses jugements à l’emporte-pièce. On se souvient de ses propos de 2012 dans lesquels la députée sarkozyste mettait en doute la légitimité de François Hollande pourtant fraîchement élu à la Présidence de la République (alors qu’elle même sera sèchement battue aux législatives qui se tiennent la même année).Blog340_PhMaryse

Mais d’autres affaires judiciaires ternissent son mandat actuel. Elle a notamment été placée en garde à vue en avril 2013 dans le cadre d’une affaire d’emplois fictifs présumés qui est toujours pendante. Cette fois, le principal intéressé n’est plus son mari mais celui qu’elle appelle en public « mon chéri », qui partage tous ses repas et lui tient lieu de chauffeur et de standardiste après avoir été longtemps rémunéré comme attaché parlementaire jusqu’à ce que sa patronne perde son mandat en 2012. A l’époque, et pour compenser cette perte de revenu, Maryse Joissains avait décidé arbitrairement de promouvoir son protégé au grade d’attaché territorial, une décision qui n’était pas passée inaperçue puisque l’impétrant était passé devant 167 collègues pour la plupart nettement mieux classés…

L’arrêté de nomination a été annulé suite à un recours administratif mais la mairie a fait appel et l’affaire n’est pas encore jugée, d’autant qu’en 2013, la mise en garde à vue de Maryse Joissains pour trafic d’influence et détournement de fonds publics portait aussi sur d’autres pécadilles dont des emplois suposés fictifs à la ville ou à la Communauté d’agglmomération concernant notamment le propre fils du même chauffeur-confident…

Sophie Joissains, 4ème adjointe à la maire d'Aix-en-Provence

Sophie Joissains, 4ème adjointe à la maire d’Aix-en-Provence

Il est bien difficile d’évaluer à quel point la maire d’Aix-en-Provence, qui vient de fêter ses 74 ans et a conservé toute sa gouaille, est affectée par cette accumulation d’affaires judiciaires. A droite manifestement, ce genre de considération ne gêne guère l’électorat comme l’a montrée encore récemment la réélection triomphale du couple Balkany à Levallois-Perret, ou le succès annoncé de Nicolas Sarkozy aux prochaines primaires.

En tout cas, la relève familiale est d’ores et déjà assurée puisque la fille d’Alain et Maryse, Sophie Joissains, s’est faite élire en 2008 à la fois à la commune (où elle est désormais 4ème adjointe en charge de la Politique de la ville et de la Culture), à la communauté d’agglomération et au Sénat. Réélue à ces mêmes fonctions en 2014, elle a par ailleurs depuis 2015 cumulé ces postes avec celui de vice-présidente de la Région PACA, dont elle vient de démissionner en juin 2016 pour respecter la loi sur le non-cumul des mandats. On n’a pas fini d’entendre parler de la dynastie des Joissains du côté d’Aix-en-Provence…

L.V.  LutinVert1Small

De nouvelles noisettes pour les maires…

13 juin 2016

Blog313_PhLogoL’Association des maires de France (AMF), vieille institution fondée en 1907, regroupe près de 34 500 maires, soit la quasi totalité d’entre eux, toutes étiquettes politiques confondues. Le président actuel en est François Baroin, sénateur de l’Aube et maire de Troyes (encore un cumulard), professionnel de la politique depuis son plus jeune âge, élu à 24 ans et resté député pendant près de 20 ans avant de se faire élire au Sénat. Chiraquien pur sucre, porte parole du gouvernement Juppé en 1995 alors que la moitié de la France était dans la rue pour manifester contre sa politique, il soutient Fillon en 2012 mais vient de se rallier à Nicolas Sarkozy dont il espère devenir premier ministre en 2017. Tout sauf un opportuniste donc.

François Baroin au 99e Congrès annuel des Maires de France

François Baroin au 99e Congrès annuel des Maires de France

Chaque année, le Congrès des Maires de France permet à nos élus de se retrouver, pas seulement pour se raconter des histoires de maires, mais d’abord et avant tout pour faire front commun contre l’État, généralement accusé de tous les maux et dont nos édiles ont un peu tendance à oublier qu’ils en sont le premier représentant local, agent de l’État en charge notamment de fonctions de police, de sécurité civile ou liées à l’état civil.

En novembre 1995, le 99ème Congrès des Maires de France avait dû être annulé pour cause d’attentat à Paris et il vient donc de se dérouler avec quelques mois de retard début juin 2016. Comme à l’accoutumé, les maires présents et leur président en tête étaient remontés comme une pendule contre l’État vampire qui depuis quelque temps, pour tenter de revenir à un certain équilibre budgétaire, diminue la dotation globale de fonctionnement accordée chaque année aux collectivités locales sur le budget de la Nation.

Il est toujours spectaculaire de constater l’extrême souplesse idéologique dont sont capables les élus de droite qui, à l’instar de François Baroin, reprochent au gouvernement d’être incapable de réduire davantage ses dépenses tout en l’attaquant chaque fois qu’il cherche à les restreindre… Rappelons en effet que le programme des Républicains prévoit de diminuer de 100 voire 200 milliards d’euros les dépenses de l’État. Le gouvernement de Manuel Valls a réussi péniblement à les baisser de 50 milliards depuis 2014 mais déjà les élus de droite (comme de gauche) sont vent debout contre toute baisse de la dotation qui est consacrée à la dépense publique dans leur fief électoral. Bonjour la cohérence !

Blog227_PhTractAMFDéjà en septembre dernier, en prévision justement de la tenue du congrès de l’AMF, cette dernière avait orchestré une vaste opération de propagande nationale assortie d’une pétition sur le thème fédérateur « Touche-pas à ma commune ». Notre maire, Jean-Pierre Giorgi, avait d’ailleurs été un des fidèles relais de cette campagne, alors même que le budget de Carnoux-en-Provence est très largement excédentaire depuis des années, bénéficiant à plein non seulement des largesses de la Nation mais aussi de celles de la Région et surtout du Département qui subventionne sans compter le moindre investissement communal.

Une bonne part de ce récent congrès de l’AMF a donc tourné autour de cette question. Les maires s’estiment en effet victimes d’une véritable spoliation orchestrée par le gouvernement. Depuis 2014, les lois de finance prévoient de fait une diminution progressive de leur dotation budgétaire pour tenter de réguler le déficit budgétaire qui se creuse et dans lequel les collectivités locales participent de manière croissante.

Pour l’ensemble des collectivités locales, le montant de la dotation globale de fonctionnement versée par l’État s’élevait en 2012 à 41,5 milliards d’euros dont 13,5 destinés aux seules communes. En 2014, la loi de finance a décidé une première diminution de 1,5 milliard d’euros de cette dotation et a programmé de poursuivre cette baisse au rythme d’une diminution annuelle de 3,67 milliards d’euros suplémentaires chaque année jusqu’en 2017.

Les maires au congrès de l'AMF (photo S. de Sakutin / AFP)

Les maires au congrès de l’AMF (photo S. de Sakutin / AFP)

D’où la colère des élus locaux qui voient diminuer une partie de leurs recettes et donc de leurs capacités de dépense publique car, bien entendu, ils se sont tous engagés, la main sur le coeur à ne pas augmenter les impôts locaux ! Il n’est pas question en effet de donner aux concitoyens électeurs l’impression qu’ils devront contribuer davantage pour rénover l’école ou refaire la voirie. Mieux vaut pour cela laisser faire l’État qui se chargera de taxer les mêmes concitoyens mais via l’imposition nationale, ce qui permet à l’élu local de hurler avec les loups contre l’impéritie du gouvernement (de gauche en plus !) qui est incapable de saine gestion et accable le pays de taxes iniques…

François Hollande au 99e Congrès annuel des Maires de France le 2 juin 2016 à Paris (photo C. Petit-Tesson / AFP)

François Hollande au 99e Congrès annuel des Maires de France le 2 juin 2016 à Paris (photo C. Petit-Tesson / AFP)

Le jeu a parfaitement fonctionné lors du récent Congrès des Maires de France, à l’issue duquel François Hollande a bien été obligé de venir faire amende honorable devant les élus locaux déchaînés en lâchant un petit cadeau aux maires qui verront donc la diminution de leur dotation pour 2017 divisée par deux, soit un milliard supplémentaire ainsi accordé aux communes et intercommunalités françaises. Une petite lâcheté qui creusera un peu plus le déficit du budget national dont le fardeau pèse déjà sur les épaules des futures générations de Français. Cette nouvelle entorse à la rigueur budgétaire s’accompagne par ailleurs d’une décision nettement plus justifiée qui vise à reconduire en 2017 le fonds exceptionnel pour l’investissement des communes, qui sera porté à 1,2 milliard d’euros, soit 200 millions de plus qu’en 2016.

François Baroin avec François Hollande au congrès des maires (photo S. Gauthier / La Gazette)

François Baroin avec François Hollande au congrès des maires (photo S. Gauthier / La Gazette)

Les maires repartent donc du congrès satisfaits de voir que leur stratégie a payé puisqu’ils ont obtenu de nouveaux subsides de l’État à force de pleurer misère. Pourtant, dans le même temps, on apprenait par la Gazette des communes et Libération que les maires, soi disant aux abois, sont en réalité en train de se constituer une belle cagnotte ! En 2014, ils avaient mis en dépôt auprès du Trésor public, un montant de 30,6 milliards d’euros, ce qui représente quand même plus de deux années de dotation globale de fonctionnement, soit un magot conséquent. Mais en 2015, alors même que les maires se disaient étranglés par la baisse des dotations de l’État et incapables de faire face à leurs engagements budgétaires, le montant de cette cagnotte mise en dépôt a encore augmenté jusqu’à atteindre la somme colossale de 35,1 milliards d’euros !

Plutôt que de cagnotte, le président de l’AMF, en bon communicant, préfère parler de simples « noisettes ». Des réserves qui représentent tout de même 4,5 milliards d’euros supplémentaires épargnés durant l’exercice 2015 alors que les mêmes élus locaux tendaient leur sébile à l’État au prétexte qu’ils étaient dans l’incapacité de faire face à leurs engagements : comprenne qui pourra…

Blog313_DessinManif

Les Français d’ailleurs ne s’y trompent pas puisque La Croix fait état d’un sondage réalisé par Odoxa et diffusé avant le congrès des maires qui révèle que 80 % des Français considèrent que leurs maires font encore trop de dépenses inutiles et une majorité (55 %) estime qu’ils pourront très bien faire face aux baisses de dotations. Mais à quoi bon se refréner quand il suffit de crier pour obtenir toujours davantage ?

L.V. LutinVertPetit

Robert Ménard en croisade contre les crottes de chien…

1 mai 2016

Élu maire de Béziers en 2014, l’ancien journaliste Robert Ménard n’en finit pas de faire parler de lui. Il faut dire que l’homme a des idées sur tout, fruit d’un parcours pour le moins sinueux qui donne le tournis : issu d’une famille pied-noir et fils de militant OAS, son éducation religieuse a failli le conduire à la prêtrise. Il y renonce in extremis pour embrasser la cause anarchiste puis trotskiste avant d’adhérer à la Ligue communiste révolutionnaire qu’il quittera bientôt pour rejoindre le Parti socialiste. Il en démissionne six moins après l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, alors que ce dernier s’était pourtant porté témoin de moralité en sa faveur dans un procédure juridique.

Robert Ménard en avril 2000 en campagne pour Reporters sans frontières

Robert Ménard en avril 2000 en campagne pour Reporters sans frontières

A cette époque, le jeune journaliste animait une radio libre avant de rejoindre Radio France Hérault en 1983, puis de créer, aux côtés de Rony Braumann et Jean-Claude Guillebaud, Reporters sans frontières, destinée à promouvoir la liberté d’information et l’indépendance des journalistes. Une belle aventure qui le conduira à être promu chevalier de la Légion d’honneur en 2008, sur proposition de Bernard Kouchner, mais qui révélera aussi son penchant à l’autoritarisme et son inclinaison pour les thèses les plus conservatrices. Les deux autres co-fondateurs de Reporters sans frontières quittent d’ailleurs l’organisation respectivement en 1993 et 1995, Rony Braumann déclarant alors : « J’ai vu l’autre Ménard, le petit tyran domestique, sortir de sa chrysalide. Il a un ego exagérément enflé, qui le pousse à être excessif ».

En 2008, Robert Ménard quitte à son tour l’association pour prendre la tête du très improbable Centre pour la liberté d’expression à Doha, une totale oxymore dans un des pays où la liberté de la presse est la moins respectée, le centre lui-même étant aux ordres de la famille régnante qatarie… Il en démissionnera d’ailleurs rapidement pour revenir au journalisme et animer des émissions à grande écoute sur i-Télé ou RTL.BloG297_PhLivre

En parallèle, il s’éloigne définitivement des idées de gauche pour embrasser des thèses nettement réactionnaires et se rapprocher de l’extrême-droite. Il écrit en 2011 avec son épouse un livre intitulé Vive Le Pen !, ce qui a le mérite de la clarté, et nul n’est donc surpris par ses déclarations lors de la campagne municipale de 2014 au cours de laquelle il confie : « Je n’ai pas la carte [du FN] et je ne la prendrai jamais, pas plus que celle d’un autre parti. Cela dit, je suis d’accord avec 80 % de leurs idées, notamment celles sur l’immigration ».

Depuis son élection à la mairie de Béziers, l’ancien journaliste ne rate pas une occasion de faire parler de lui et semble s’être lancé dans une véritable croisade hygiéniste destinée à épurer les rues de sa ville, au point de se voir surnommer par certains « déporteur sans frontières ». Faute d’avoir pu se faire élire à la tête de la communauté d’agglomération, son action est nécessairement limitée et il compense cette paralysie par une gesticulation permanente destinée à créer la polémique.

Dès le début de son mandat, le nouveau maire de Béziers débarque le chef de la police municipale et s’emploie à muscler et à armer cette dernière dont les effectifs sont rapidement doublée tandis qu’elle se dote d’un véritable arsenal comme l’annoncent fièrement des affiches placardées sur les murs de la ville. Un couvre-feu est instauré pour les mineurs, les mosquées de la ville sont contraintes de signer une charte draconienne et le maire annonce en fanfare la création d’une milice locale, la fameuse garde biterroise, dont la mise en œuvre a été suspendue par décision de justice.

Robert Ménard, maire de Béziers (photo P. Guyot / AFP)

Robert Ménard, maire de Béziers (photo P. Guyot / AFP)

Dès le mois de mai 2014, un arrêté municipal est pris, interdisant d’étendre en journée le linge aux balcons et fenêtres donnant sur les rues du centre-ville, arrêté qui ne sera jamais appliqué. Un autre suivra qui interdit de cracher dans la rue, puis un suivant obligeant les habitants à balayer le trottoir devant leur pas-de-porte. On en passe, et des meilleurs, le maire s’attaquant même à la pollution visuelle que constituerait la présence de paraboles sur certaines façades.

En mai 2015, une nouvelle polémique s’installe à l’occasion d’une émission de télévision au cours de laquelle le maire se vante de tenir un fichier ethnique des élèves scolarisés en primaire et maternelle dans sa ville, statistiques qui lui permettent d’affirmer, sur la base d’une analyse des prénoms de ces enfants, que près de 65 % d’entre eux serait d’origine musulmane.

Blog297_PhPanneauCette polémique qui finira au tribunal et se soldera par un non-lieu en faveur du maire lui a manifestement donné des ailes puisque l’édile vient de récidiver en décidant cette fois de constituer un fichier ADN des chiens de la ville. Rassurez-vous, il ne s’agit pas de préparer la solution finale pour déporter nos animaux de compagnie mais simplement de pouvoir repérer, à partir des déjections canines retrouvées sur la chaussée, les maîtres indélicats qui n’auront pas fait l’effort de les ramasser et qui se verront alors verbaliser.

Un arrêté municipal de mai 2014 a en effet instauré une verbalisation de 35 € pour tout propriétaire d’un chien pris en flagrant délit d’abandon de déjection sur la voie publique. Restait néanmoins à régler le cas des maîtres indélicats adeptes du « pas vu, pas pris ». Faute de pouvoir y affecter les nombreuses recrues de la futur garde biterroise toujours dans les limbes, le maire compte pour cela s’appuyer sur le nec plus ultra du génie génétique et l’a fait savoir récemment lors d’une de ses conférences de presse dont il est si friand. Une annonce qui a eu un large écho national et a inspiré nombre de caricaturistes…Blog297_DessinBaudry

C’est une société bordelaise d’analyse génétique, Animagene, qui lui a soufflé l’idée, faute d’avoir pu convaincre Alain Juppé de l’adopter pour sa bonne ville de Bordeaux. Il s’agit ni plus ni moins que d’obliger chaque propriétaire de chien à se rendre chez son vétérinaire pour établir, à ses frais, un profil ADN de son animal. A défaut de ce sésame, il s’exposerait à une amende de 38 € à chaque fois que son chien, en quête d’un réverbère pour lever la patte voudrait pointer son museau dehors, au risque de croiser un représentant de la redoutable police municipale biterroise lourdement armée.

Du coup, chaque fois que les pandores repéreront sur le trottoir du centre ville une crotte de chien abandonnée, ils sortiront leurs éprouvettes et procéderont aux prélèvements de rigueur, expédiés aussitôt dans les laboratoires de la société Animagene qui établira le code génétique du corps du délit, moyennant un contrat passée avec la ville pour un montant de 50 000 € pour la première année. Il ne restera plus alors qu’à comparer le résultat avec les données du le fichier municipal pour identifier sans contestation possible le fautif qui sera passible d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 450 €.

Conférence de presse à Béziers avec la mallette pour les prélèvements ADN

Conférence de presse à Béziers avec la mallette pour les prélèvements ADN

Blog297_DessinKarakLa méthode serait déjà en vigueur dans certaines villes américaines et Londres compte également la mettre en œuvre dès le mois de septembre prochain, moyennant l’instauration d’une amende qui s’élèverait pour les contrevenants à l’équivalent de 108 € selon une enquête de BFMTV. D’autres collectivités pourraient l’envisager quant on sait que l’on ramasse chaque année 55 tonnes de crottes de chiens sur les trottoirs de Paris ou Berlin !

Bien entendu, le maire de Béziers assure qu’il n’a rien contre les chiens, mais qu’il veut simplement responsabiliser les maîtres et diminuer l’intervention de ses équipes de nettoyage dont les deux moto-crottes coûtent la bagatelle de 70 000 € chaque années au budget municipal.

Il l’affirme d’ailleurs avec conviction à l’attention de ses électeurs : « J’ai un chien… simplement je me comporte en citoyen soucieux des autres. Et donc quand mon chien fait une crotte, je la ramasse ». Espérons pour lui en effet qu’il est irréprochable sur ce plan car, à force d’encourager la délation et de durcir la répression, le moindre oubli pourrait lui coûter cher, politiquement s’entend…

L. V.  LutinVertPetit

Vie politique : à Marseille, le client est roi…

25 septembre 2015

Blog231_PhMonnierC’est un documentaire à charge sur les mœurs de la vie politique locale que vient de diffuser France 3 lundi 21 septembre 2015 ! Intitulé « Marseille, le jeu du clientélisme », ce film a été réalisé par Xavier Monnier que l’on voit au début du film en train d’interpeller l’ex président du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et toujours sénateur Jean-Noël Guérini. Rédacteur en chef du site d’investigation bakchich.info, ce journaliste marseillais qui n’a pas froid aux yeux dénonce dans ce film les pratiques mafieuses des élus locaux en général et du clan Guérini en particulier.

On y retrouve les principaux acteurs de la vie politique locale, de Jean-Claude Gaudin à Renaud Muselier en passant par Eugène Caselli et Patrick Menucci. L’ombre de Gaston Deferre y est aussi largement évoquée, ainsi que le vieil adage marseillais selon lequel « service rendu vaut voix », le tout énoncé avec beaucoup de franchise et sans fausse honte devant la caméra par les ténors de la politique marseillaise. Pas de caméra cachée dans ce reportage où chacun s’exprime à visage découvert pour expliquer les règles du jeu politique local où le clientélisme fait force de loi.

Blog231_PhJeu

Reste à savoir ce qu’on appelle clientélisme et chacun y va de sa définition. Pour Jean-Noël Guérini, « s’occuper des gens qui sont dans le besoin, c’est normal » : aider ceux qui le demandent à obtenir un logement, c’est bien la moindre des choses quand on préside un département qui gère à lui seul 34 000 logements sociaux . Jean-Claude Gaudin reconnaît de même que quand on vient le voir c’est généralement pour demander un service et si possible obtenir un poste à la mairie, de préférence bien payé et pas trop exigeant, ce qui explique sans doute pourquoi les services municipaux de la Ville de Marseille comptent pas moins de 12 000 agents. Quant à Renaud Muselier il avoue sans détour : « le clientélisme, on en fait tous » !

Sauf que le clientélisme classique s’est peu à peu transformé en clanisme selon Michel Pezet et que désormais l’attribution des logements sociaux et des subventions sert tout simplement à acheter des voix, ce qui s’apparente ni plus ni moins qu’à du trafic d’influence… Et, cerise sur le gâteau, avec de l’argent on achète pas seulement des électeurs mais aussi des élus !

Petit exemple développé dans le documentaire : après les municipales de 2008, la Droite est largement majoritaire à la Communauté urbaine MPM avec 88 sièges contre 69 seulement pour les élus de gauche. Renaud Muselier, adjoint au maire de Marseille, est désigné comme candidat à la présidence. Mais Jean-Noël Guérini est à la manœuvre et son équipe joue habilement des vieilles rancœurs de certains et surtout de son pouvoir de séduction.

Jean-Noël Guérini (photo A.-C. Poujoulat / AFP)

Jean-Noël Guérini (photo A.-C. Poujoulat / AFP)

Le fait que le Conseil Départemental des Bouches du Rhône distribue chaque année 80 à 130 millions d’euros de subventions aux communes lui confère certains arguments auxquels tous ne sont pas insensibles. La commune de Carnoux est d’ailleurs visée parmi d’autres dans ce reportage et force est de reconnaître que ses 7000 habitants ont été particulièrement bien servis par les subventions départementales qui ont permis de rénover de fond en comble les écoles, les gymnases et le stade ainsi que la voirie et la place centrale (plutôt deux fois qu’une), sans compter l’enfouissement des lignes électriques, pendant que les habitants de certains quartiers nord de Marseille voyaient leurs équipements publics se délabrer chaque jour davantage sans le moindre investissement public.

Eugène Caselli, ex président de MPM

Eugène Caselli, ex président de MPM

Toujours est-il qu’en avril 2008 c’est le premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, Eugène Caselli, qui est élu président de MPM dès le premier tour à la surprise générale et grâce à de nombreuses voix d’élus de droite. La conséquence, selon le réalisateur du documentaire, c’est que la Communauté urbaine devient le jouet de Jean-Noël Guérini et de son frère Alexandre, entrepreneur avisé dans le domaine de la propreté urbaine, qui du jour au lendemain se sent chez lui dans les locaux de MPM.

Il en résultera de nombreuses dérives, désormais aux mains de la justice. L’affaire de l’attribution d’un marché de collecte des ordures ménagères lancé en mai 2009 est bien décrite dans le documentaire. Deux entreprises s’affrontent et le rapport d’analyse d’offre privilégie contre toute attente l’offre pourtant la plus chère (de 4 millions d’euros) et techniquement moins avantageuse puisque proposant 50 agents de moins que sa concurrente. La commission d’appel d’offres s’oppose logiquement à ce choix mais s’attire les foudres du directeur de la propreté et apprend qu’en réalité tout avait été négocié à l’avance…

Blog231_PhDessinMais tout n’est pas perdu pour la société qui a été ainsi écartée. Une grève des éboueurs est alors déclenchée fort opportunément en son sein, grève manifestement instrumentalisée par Alexandre Guérini avec l’aide semble t-il du syndicat majoritaire Force Ouvrière. Eugène Caselli est bien obligé de céder et de relancer le marché comme l’exigeait Alexandre Guérini qui finit donc par arriver à ses fins.

Les suites judiciaires de l’affaire ne sont pas réellement abordées dans le film de Xavier Monnier, pourtant bien informé puisqu’il fait partie de ceux qui l’ont dénoncé dès 2009. Seule la garde à vue d’Eugène Caselli en février 2011 est évoquée mais il n’est fait nulle mention de la lettre anonyme reçue par le Parquet de Marseille le 2 février 2009, accusant Alexandre Guérini de détournement de fonds et de trafic d’influence dans la gestion de plusieurs décharges publiques. C’est pourtant cette accusation qui a déclenché l’ouverture d’une information judiciaire contre X confiée au juge d’instruction Charles Duchaine, ainsi que les nombreuses perquisitions et les écoutes téléphoniques croustillantes qui ont suivi.

Blog231_PhCartes

Le spectateur reste donc sur sa faim suite à ce documentaire un peu court et qui donne l’impression d’être surtout un réquisitoire à charge contre Jean-Noël Guérini alors que les dérives qu’il incarne sont manifestement plus largement réparties au sein de la classe politique locale. On est heureux pour Renaud Muselier et Jean-Claude Gaudin qu’ils soient présentés à travers ce reportage sous un visage aussi vertueux dans un simple rôle de témoins de moralité, mais on a du mal à croire totalement à leur angélisme au travers de leurs déclarations, surtout lorsque sont évoquées à mots couverts, les interventions musclées de représentants de la pègre locale pour fluidifier les rapports entre agents électoraux lors de certaines campagne. Rien que de très banal en somme…

L.V.  LutinVertPetit

A Saillans, la démocratie revitalisée !

15 mars 2015

En cette période électorale, à quelques jours des prochaines élections départementales qui ne provoquent que dégoût et désintérêt de la part de nombreux électeurs, et qui promettent un taux d’abstention record, les raisons de se réconcilier avec la vie politique sont rares. Ce qui s’est passé lors des dernières élections municipales dans la commune de Saillans, gros village de 1200 habitants située dans la Drôme, au sud du Vercors, entre Crest et Die, fait partie de ces belles aventures qui méritent d’être contées.

Vue de Saillans (photo F. Morin)

Vue de Saillans (photo F. Morin)

L’affaire a été déjà largement rapportée par les médias qui ont suivi l’aventure, de Rue 89 à La Croix en passant par Le Monde, mais tout a commencé par un projet de supérette. Le maire d’alors, François Pégon, élu MoDem depuis 2008 et également conseiller général du canton après avoir été maire pendant deux mandats dans une commune voisine, a tout du notable local assis sur ses certitudes et qui n’a pas l’habitude de demander l’avis de ses concitoyens entre deux échéances électorales.

Lorsqu’il a décidé en 2010 d’implanter un supermarché à l’entrée du village, accessible uniquement en voiture, certains ont commencer à se rebeller. Des habitants se sont réunis pour discuter du projet. Un collectif est créé, les réunions se multiplient, tout le village se mobilise pour s’opposer à ce projet qui porterait un coup fatal aux commerces du centre, et le projet est finalement abandonné. Mais la mobilisation se poursuit car certains ont pris goût à cette mobilisation collective en faveur de l’avenir de la commune. Des groupes de réflexion se constituent et chacun se prend à rêver sur la manière dont il voudrait voir la commune évoluer. Tout y passe, depuis la gestion des crottes de chiens jusqu’à celle des rythmes scolaires et les idées fusent.

Une réunion du groupe action-projet « Protection de la rivière Drôme » (photo B. Brillard)

Une réunion du groupe action-projet « Protection de la rivière Drôme » (photo B. Brillard)

Arrivent les échéances des municipales de mars 2014. La tentation est grande de valoriser toute cette réflexion collective pour la mettre en œuvre concrètement. L’idée de monter une liste collégiale et participative se fait jour peu à peu. Le groupe n’a aucune étiquette politique et n’aura même pendant longtemps pas de tête de liste mais la mobilisation est énorme et les réunions rassemblent jusqu’à 250 personnes pour discuter des projets qui fourmillent. Le 23 mars 2014, la liste collégiale arrive très largement en tête et est élue dès le premier tour avec 56,8 % des voix. Le maire sortant ne conserve que trois représentants dans le nouveau conseil municipal.

Et depuis, tout a changé à Seillans ! Chacun s’implique désormais dans la vie publique du village contrairement à ce qui se passait avant où les décisions étaient prises dans un cercle très fermé, sans la moindre consultation de la population, ce qui entraînait une désaffection totale pour la vie politique locale et un comportement purement consumériste voire clientéliste de beaucoup, un peu comme à Carnoux…

Conformément à la charte qui avait été élaborée lors de la campagne, des commissions participatives ont été créées et des groupes d’action-projet se sont mis en place qui alimentent la réflexion et facilitent la prise de décision par les élus, lesquels travaillent en binôme après s’être réparti les compétences… et les indemnités car il n’y a pas de hiérarchie et chacun a à cœur de s’impliquer réellement dans la vie communale. Depuis le 23 mars, « tous les habitants sont un peu maire », explique Sabine Girard, jeune mère de famille de trois enfants, désormais chargée de l’environnement : « il suffit de faire un peu confiance aux gens et d’excellentes idées émergent ! ».

Schéma du fonctionnement collégial et participatif de la commune de Saillans

Schéma du fonctionnement collégial et participatif de la commune de Saillans

L’avenir dira sans doute jusqu’où pourra conduire cette belle expérience. Elle a du moins le mérite de prouver concrètement à quel point la population est capable de se mobiliser pour la chose publique lorsqu’on lui en donne la possibilité. Elle confirme en tout cas que l’abstention aux élections et la méfiance envers les élus politiques ne sont pas forcément une fatalité, pourvu que l’on accepte de modifier la manière de gérer les collectivités. A l’heure où les citoyens sont de mieux en mieux formés et informés, il est logique que la démocratie participative se développe enfin. Reste quand même à convaincre nos élus locaux de cette évolution…

L. V.  PetitLutinVert

Blog collectif du CPC : une fréquentation 2014 en hausse !

5 janvier 2015

Lancé en janvier 2009, le blog collectif du Cercle Progressiste Carnussien, celui-là même que vous êtes en train de parcourir, a fait son chemin et est toujours aussi actif ! Six ans après sa création, ce sont au total pas moins de 775 articles qui ont été rédigés et mis en ligne sur ce blog, un tous les trois jours en moyenne, ce qui atteste de sa vitalité.

Ce blog permet désormais de diffuser les comptes-rendus des réunions mensuelles du groupe de lecture Katulu ?, toujours riches en coups de cœur et en découvertes d’auteurs. Il permet aussi depuis cette année de retrouver et de télécharger tous les journaux du Cercle Progressiste Carnussien : 29 numéros déjà parus depuis la création de l’association en 2001, désormais édités à 3 000 exemplaires et diffusés dans toutes les boîtes aux lettres de Carnoux. Les conférences, régulièrement organisées par le CPC sont également rappelées sur ce blog dans la rubrique qui leur est dédiée et des compte-rendus y sont régulièrement mis en ligne.

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Un bien bel outil donc pour communiquer sur les activités de l’association et sur nos réactions face à l’actualité. Alimenté par tous les membres du CPC qui le souhaitent, il s’agit bien d’un outil d’expression collectif qui reflète des points de vue et des sujets d’intérêt divers, avec pas moins de 17 auteurs répertoriés à ce jour !

Dès sa première année d’existence, ce blog a connu un beau succès de fréquentation stabilisé autour de 15 000 visites par an depuis 2011. A la fin de l’année 2014, les statistiques de fréquentation gérés par WordPress qui héberge notre blog dénombraient ainsi 76 918 visites depuis la création du blog. En 2014, cette fréquentation a été particulièrement élevée puisqu’elle a atteint 23 000 visites dans l’année, ce qui représente en moyenne 65 visites chaque jour et environ 2 000 chaque mois.

Blog135_PhMondeCurieusement, l’article qui a eu le plus de succès en 2014, avec plus d’un millier de consultations dans l’année, avait trait à la campagne électorale des municipales à Carnoux. Ceci confirme d’une part que notre public est d’abord celui des habitants de la commune (même si les visiteurs du blog proviennent de 86 pays différents selon les statistiques de WordPress !) et d’autre part que nos concitoyens restent, quoi qu’en pensent certains, très largement intéressés par la gestion des affaires publiques en général et de leur commune en particulier. Il n’est d’ailleurs pas anodin que le jour où le blog a connu son maximum de consultation en 2014 était le 23 mars, date du premier tour des élections municipales !

Blog135_PhFrequent

Mais le blog du CPC ne traite pas que de sujets politiques, loin s’en faut, et les statistiques de fréquentation du site montrent que les articles les plus lus touchent finalement à des sujets très variés : les tigres du platane, les sinistres sécheresse, les pétitions contre l’excision, la distribution de l’eau à Marseille ou les rejets des boues rouges de Gardanne, pour ne citer que les quelques articles les plus consultés à ce jour.

Ce blog est un outil vivant et un moyen d’expression et d’échanges : n’hésitez-pas à le parcourir et à nous faire part de vos commentaires !

L. V.  LutinVert 

25 ans après la chute du mur, Carnoux rallie le Bloc de l’Est…

15 décembre 2014

C’est France 3 qui l’a annoncé dès le 8 octobre 2014 mais tous les médias locaux de La Marseillaise à La Provence en passant par Marsactu ont largement relayé l’information : 21 élus Divers Droite, emmenés par le maire de Gémenos, Roland Giberti, ont quitté le groupe majoritaire constitué par Guy Tessier à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole pour rejoindre ce qu’ils n’ont pas hésité à qualifier eux-mêmes de nouveau « Bloc de l’Est ». Le choc est plutôt rude pour les électeurs de ces communes toutes très à droite, de voir ainsi se reconstituer, à l’initiative de leurs propres élus locaux, une entité pourtant farouchement combattue pendant toute la durée de la Guerre froide et que l’on croyait disparue depuis la chute du mur de Berlin début novembre 1989, il y a tout juste 25 ans.

En réalité, le nom officiel du nouveau groupe d’élus créé par M. Giberti et auquel se sont ralliés comme un seul homme les élus de Carnoux, Cassis, Roquefort-La Bédoule, Ceyreste et La Ciotat, est l’Entente pour l’intérêt des communes (EPIC). Le message est donc clair : au diable l’intérêt communautaire et vive le repli identitaire pour préserver ses intérêts personnels. Le combat pour une aire métropolitaine plus solidaire et plus intégrée n’est pas encore gagné…

Roland Giberti annonçant la création du groupe EPIC dans l'hémicycle de MPM (Photo Patrick Di Domenico - copyright Journal La Marseillaise)

Roland Giberti annonçant la création du groupe EPIC dans l’hémicycle de MPM (Photo Patrick Di Domenico – copyright Journal La Marseillaise)

Avec cette nouvelle scission, annoncée en séance le 9 octobre dernier, la Droite, pourtant largement majoritaire parmi les élus de MPM, se retrouve encore plus divisée… Sur les 18 communes qui composent l’actuelle communauté urbaine, 13 ont une majorité clairement affichée à droite, mais seuls 5 d’entre eux siègent encore dans le groupe du président UMP Guy Tessier, l’Union pour un avenir métropolitain (UPAM), qui n’a donc plus de majorité absolue ! En effet, 17 élus de Marignane et Plan-de-Cuques avaient reformé dès le mois d’avril leur groupe indépendant dénommé Ensemble pour l’avenir.

Répartition des élus de MPM (illustration publiée par marsactu)

Répartition des élus de MPM (illustration publiée par marsactu)

A MPM comme ailleurs, la Droite brille donc désormais par ses divisions mais, que ses électeurs se rassurent, ces divisions ne reflètent aucunement d’éventuelles divergences de conviction politique ou de vision stratégique quant au développement de notre territoire métropolitain. Ces chamailleries relève simplement de la volonté de chacun d’affirmer son indépendance pour défendre son pré carré. C’est d’ailleurs ainsi que le maire de Gemenos a justifié son initiative : « Les 6 communes du bloc de l’est ne sont pas assez entendues. La création de ce groupe est le seul moyen de défendre efficacement notre bassin de vie. Au sein de l’assemblée on parle trop rarement, voire pas du tout de nos communes…Nous ne mordons pas encore, s’il le faut, on le fera ». Guy Tessier et Jean-Claude Gaudin sont donc prévenus : si MPM n’arrose pas nos communes riches à la hauteur des subventions qu’y déverse le Conseil Général, certains pourraient renâcler à voter tout ce qu’on leur demande…

Guy Tessier, président de MPM

Guy Tessier, président de MPM

Guy Tessier a d’ailleurs bien compris le message puisqu’il analyse ainsi cette crise d’identité territoriale au sein de son ex-majorité : « En étudiant les comptes, j’ai constaté sous la dernière mandature 300 % d’augmentation pour les dotations des pays de l’Est, alors peut être, avec un milliard et demi de dette, serons-nous appelés à rééquilibrer. Je ne veux pas continuer dans une course folle avec le recours à l’emprunt, on est tous solidaires ». Alors, caprice de riches face à une ville de Marseille exsangue ou accentuation des délires identitaires à l’heure où certains tentent de faire émerger une vision partagée de l’espace métropolitain ?

Une chose est sûre : cette scission révèle la petitesse de nos élus locaux tout occupés à leurs chicaneries d’égos plutôt que de s’attacher à construire ensemble l’avenir de notre territoire. Car les vraies raisons de ce petit séisme politique local semblent à chercher plutôt dans la manière dont se sont déroulées deux élections récentes qui ont laissé des traces. La première, que chacun a en tête, est celle des sénatoriales qui a vu l’échec de la liste UMP conduite par Jean-Claude Gaudin qui n’a eu que trois élus sur les cinq espérés, autant que celle de Jean-Noël Guérini qui a très largement bénéficié du vote favorable de nombreux élus de droite des communes périphériques. Les maires de La Ciotat et de Cassis, Patrick Boré et Danièle Millon, qui figuraient tous les deux sur la liste UMP, auraient très mal vécu cette déroute et les trahisons qu’elle révèle au grand jour…

Michel Amiel, sénateur-maire des Pennes-Mirabeau

Michel Amiel, sénateur-maire des Pennes-Mirabeau

Ces mêmes sénatoriales ont vu l’élection, sur la liste Guérini, de Michel Amiel, maire des Pennes-Mirabeau, lequel avait durant l’été remporté une autre élection en étant renouvelé à la tête du Centre de gestion départemental des Bouches-du-Rhône, un organisme qui participe activement à les gestion des avancements de carrières des fonctionnaires publics territoriaux. Il avait pour cela manifestement eu le soutien de nombreux élus de droite et ceci au détriment d’un candidat UDI qui n’était autre que Roland Giberti ! Le genre de défaite amère qui laisse des traces et explique le ressentiment de ce dernier face à ses collègues de droite aussi peu solidaires.

Roland Giberti et Jean-Pierre Giorgi, les deux conjurés du 9 octobre 2014 (photo Ted Altier)

Roland Giberti et Jean-Pierre Giorgi, les deux conjurés du 9 octobre 2014 (photo Ted Altier)

Décidément, une joyeuse bouillabaisse que révèle ce petit épisode de notre vie politique locale… Heureusement que notre maire, Jean-Pierre Giorgi, se tient soigneusement à l’écart de toute activité politique comme il se plait à le répéter en toute occasion…

L. V. LutinVert

Une nouvelle association citoyenne à Roquefort-La Bedoule

29 juillet 2014

Contrairement à sa voisine Carnoux-en-Provence, la commune de Roquefort-La Bedoule possède une véritable tradition d’ancrage à gauche, fruit d’un militantisme ouvrier qui s’est notamment développé en parallèle de son activité industrielle liée aux fours à chaux exploités jusqu’en 1937. Lors des dernières  élections municipales de mars 2014, la liste Rassemblement Citoyen, menée par Alain Tarrini sous les couleurs du Front de Gauche y avait obtenu 20 % des suffrages exprimés, malgré la présence d’une autre liste de gauche conduite par Paul Hubac, ce qui n’avait cependant pas empêché le maire sortant, Jérôme Orgeas, d’être facilement réélu dès le premier tour avec près de 55 % des voix. Suite à ces élections, les membres de la liste Rassemblement Citoyen ont souhaité poursuivre leur aventure et ont créé en avril dernier une nouvelle association baptisée le Carrefour citoyen, dont les statuts ont été publiés au journal officiel le 3 mai 2014.

Présentation publique de l'association le 13 juin 2014

Présentation publique de l’association le 13 juin 2014

L’association a fait l’objet d’une présentation aux habitants de la commune lors d’une réunion publique organisée le 13 juin 2014 en présence du bureau et de son président, Joseph Marcos. Son siège est situé comme il se doit au Cercle républicain des travailleurs de Roquefort-La Bedoule. L’association, qui compte déjà une quarantaine de membres, a pour objet de développer, de promouvoir et de favoriser des activités à caractère culturel et social permettant une meilleure socialisation de tous, de renforcer les échanges entre les habitants, l’esprit de solidarité, de compréhension mutuelle et d’entraide, de contribuer activement aux démarches et processus nécessaires qui contribuent au développement de l’homme dans la cité et enfin d’inciter les citoyens à participer à la vie locale.  Pour cela, le carrefour citoyen compte organiser des débats, des conférences, des expositions, des ateliers, etc. Il diffusera gratuitement tous les deux mois un bulletin d’information à l’intention des habitants de la commune. Une première conférence est prévue pour évoquer le centenaire de l’assassinat de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914.

Page d'accueil du blog de l'association

Page d’accueil du blog de l’association

Un atelier de lecture sera aussi animé par Françoise Verne, dans la continuité du collectif  » Libres de lire sous les platanes « . Et l’association ne manque pas d’idées pour d’autres activités telles qu’un concours de tarot, un atelier photo ou une exposition de peintres amateurs. Un blog a aussi été ouvert pour faire connaitre l’association et permettre aux membres d’échanger. Bref , cette nouvelle association qui vient de voir le jour à Roquefort-La Bedoule ne manque pas de points communs avec le Cercle Progressiste Carnussien et tout laisse penser que des actions communes devraient pouvoir se développer entre les deux associations voisines. Affaire à suivre donc…

L. V.  LutinVertPetit

La Pravda de Carnoux…

7 juillet 2014

En ces temps de raréfaction des ressources publiques, les habitants de Carnoux peuvent être rassurés : les fonds ne manquent pas quand il s’agit de faire la promotion de l’équipe municipale ! La qualité du dernier Messager qui vient d’être distribué dans toutes les boîtes aux lettres de Carnoux en témoigne avec pas moins de 32 pages grand format en couleur sur papier glacé. Une revue gratuite comme le précise la couverture, payée par le contribuable certes, mais cela ne pose aucun problème « en raison de la bonne santé financière de la commune » ainsi qu’il est précisé en page 9.

Blog86_MessagerOubliée en effet la crise économique même si le vice-président de la communauté urbaine qu’est Jean-Pierre Giorgi concède dans ce même numéro du Messager que MPM a dû majorer ses taux de fiscalité en raison des « difficultés économiques du moment ». En tout cas, si crise il y a, elle évite soigneusement le territoire carnussien où tout n’est que travaux d’embellissement, fêtes en tout genre, carnaval, loisirs et activités sportives. Seuls les commerçants nouvellement installés sont évoqués, mais pas un mot pour tous ceux qui viennent de faire faillite sans que la municipalité ne lève le petit doigt pour leur venir en aide…

Le taux de chômage et de pauvreté peut bien augmenter, notre environnement se détériorer de manière irréversible et les tensions internationales se réveiller, peu importe puisque rien de tout cela ne semble devoir influer sur la vie paisible de Carnoux qui s’amuse, sous la protection bienveillante de son maire omniprésent dans les pages de cette revue municipale avec pas moins de 13 photos, un record ! Quelques semaines après la campagne municipale et sa débauche de tracts diffusant sous tous ses angles le portait du maire sortant candidat à sa réélection, qui à Carnoux pourrait encore ignorer à quoi ressemble Monsieur Giorgi ?

Blog86_GiorgiLe Messager se permet même d’informer les habitants de Carnoux que son maire bienaimé vient d’être nommé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et qu’il les invite à assister en personne à sa remise de décoration. On avait un peu perdu l’habitude d’un tel culte de la personnalité depuis la fin du stalinisme, mais il semble que certains à Carnoux cultivent la nostalgie de cette époque avec ses commémorations militaires en grandes pompes et ses gymnastes féminines de haut niveau…

Blog86_Ceremonie020Quant à attendre d’une telle revue un minimum d’objectivité et de pluralité, c’est peut-être trop demander. Les élus d’opposition ont changé de bord aux dernières élections mais ils ne sont pas mieux lotis pour autant car bien entendu, ils n’ont « communiqué aucun élément dans les délais impartis », c’est vraiment trop bête…

Le Cercle Progressiste Carnussien quant à lui a bien envoyé dans les temps sa contribution avec un bref résumé de la conférence animée le 12 mai dernier par Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS et un des meilleurs spécialistes français de l’étude de la délinquance et des violences urbaines. Seulement voilà, le comité de censure de la municipalité a sorti ses ciseaux et n’a pas hésité à réécrire entièrement l’article, quitte en dénaturer le sens, sans bien sûr en aviser ses auteurs… Le maire et ses adjoints avaient naturellement été invités à cette conférence sur l’insécurité dont le thème aurait dû les intéresser mais aucun représentant de l’équipe municipale n’a jugé nécessaire de s’y déplacer. Cela ne les a pas empêché d’en réécrire le compte-rendu à leur manière : pourquoi se gêner quand on a tous les pouvoirs ?

L. V.  LutinVertPetit

Elections européennes : un retraité de la politique tête de liste UMP !

24 mai 2014

Il est bien connu que les partis politiques ont pris l’habitude de recycler au Parlement européen leurs apparatchiks dont les talents sont sous-employés en raison de l’ingratitude de l’électorat. Mais là quand même, l’UMP a fait très fort en plaçant comme tête de liste pour les prochaines élections européenne dans la circonscription du Sud-Est quelqu’un qui avait été sèchement battu lors des dernières législatives en 2012 et qui avait alors annoncé haut et fort son retrait de la vie politique dont il se disait à jamais dégoûté.

Blog73_Ph1Ancien premier adjoint de Jean-Claude Gaudin à la mairie de Marseille, il avait déjà subi une sévère défaite en 2008, en réussissant l’exploit de perdre la présidence de la communauté urbaine de Marseille face au socialiste Eugène Caselli, alors que la Droite possédait une confortable majorité ! Éphémère secrétaire d’État aux affaires étrangères sous Jacques Chirac entre juin 2002 et mai 2005, il avait semble t-il assez mal vécu sa défaite électorale dans la 5ème circonscription des Bouches-du-Rhône et annonçait le 5 juillet 2012 qu’il ne briguerait pas la mairie de Marseille en 2014 et qu’il se retirait définitivement de la vie politique. Blog73_Ph3Son éviction de l’Institut du Monde Arabe en septembre 2012 n’était évidemment pas de nature à lui remonter le moral, même s’il ne semble pas y avoir laissé un souvenir impérissable…

Ce médecin et homme d’affaire habile, déjà épinglé par le Canard enchaîné pour une sombre histoire de villas défiscalisées, annonçait alors ni plus ni moins vouloir demander la nationalité de l’ile Maurice, paradis touristique mais aussi fiscal… Bien entendu, cette délocalisation n’avait aucun rapport avec une quelconque volonté d’évasion fiscale. Il s’agissait simplement de faciliter les affaires de Renaud Muselier qui expliquait benoîtement à l’époque que son seul souci était de développer des projets lucratifs dans le secteur médical et qu’il intervenait déjà depuis 7 ans comme promoteur à Maurice, confirmant au passage que la politique et les affaires peuvent faire bon ménage.

Blog73_Ph2Quelle surprise donc de le retrouver, un an et demi plus tard, sur la liste UMP pour les élections au Parlement européen, qui plus est en première place pour la grande circonscription du Sud-Est. Il n’a bien entendu fait que céder aux affectueuses pressions de ses amis et se réjouit d’être encore dans le jeu politique comme il le reconnaît sans ambiguïté :  » C’est un grand honneur, d’autant que l’Europe est un lieu de pouvoir important « . On ne saurait être plus clair en effet…

Cette fringale de pouvoir l’a même conduit à piquer la tête de liste à sa colistière, Françoise Grossetête, pourtant eurodéputée assidue. Mais la simple lecture de leur tract de campagne confirme en effet qu’il n’est nul besoin de bien connaître les dossiers européens pour briguer un poste sur la liste UMP dont le programme se résume à limiter l’immigration en supprimant l’espace Schengen, et bien sûr à  » dire non à François Hollande « , comme si c’était vraiment l’enjeu du débat ! Félicitation en tout cas à Renaud Muselier pour la grande souplesse dont il sait faire preuve dans ce nouveau rebondissement et souhaitons pour sa nouvelle carrière politique que ses électeurs n’auront pas la mémoire trop longue…

L.V. LutinVertPetit

 

Le « fini-parti » à la marseillaise, bientôt fini ?

10 mai 2014

A Marseille, la collecte des ordures ménagères n’a pas fini de faire débat, alors que la saleté des rues de la ville fait régulièrement partie des causes du dénigrement de la ville phocéenne ! L’incivilité au quotidien de nombre de ses habitants n’y est sans doute pas pour rien. Mais une autre raison est souvent évoquée : la pratique traditionnelle du  » fini-parti  » qui incite les rippeurs, chargés de cette collecte, à bâcler leur travail pour perdre le moins de temps possible sur leur lieu de travail…

Rippeurs au travail à Marseille (photo P. Magnien / 20 minutes)

Rippeurs au travail à Marseille (photo P. Magnien / 20 minutes)

L’habitude est ancienne puisqu’elle aurait été adoptée au XIXème siècle à l’initiative de la Chambre de commerce pour inciter les éboueurs a terminer au plus vite leur tournée afin que les rues soient nettoyées dès le petit matin. Mais elle a perduré y compris lorsque la collecte des ordures ménagères a été transférée, en 2006, à la communauté urbaine MPM. Dans les arrondissements où cette activité reste réalisée en régie par des agents de la collectivité, la tournée de ramassage des poubelles relève trop souvent du rallye avec des camions roulant à tombeau ouvert, empruntant les sens interdits pour gagner du temps et laissant régulièrement de coté des containers trop pleins ou trop éloignés de la route.

Toutes les études montrent sans équivoque que cette pratique du fini-parti est source d’accidents, de nuisancesBlog70_PhLaProvence supplémentaires et surtout d’une efficacité moindre dans le ramassage des ordures. La Caisse d’assurance maladie pointe régulièrement du doigt les risques accrus d’accidents multiples induits par cette méthode de travail tandis que la Cour régionale des comptes dénonçait en 2007 les dérives en matière de respect du Code du travail, calculant que les 500 éboueurs concernés travaillent en moyenne 3h30 par jour, soit deux fois moins que ce que prévoit la loi. Beaucoup d’entre eux enchaînent d’ailleurs un deuxième job dès leur tournée de ramassage terminée.

Patrick Rué (photo Mars Actu)

Patrick Rué (photo Mars Actu)

Mais voilà, cette pratique résulte d’une forte connivence entre le syndicat Force ouvrière, massivement majoritaire parmi les agents territoriaux concernés, et les élus locaux, Jean-Claude Gaudin en tête, qui a reçu le 10 janvier 2014 une carte de membre d’honneur de ce syndicat, de la part de Patrick Rué, secrétaire général des territoriaux de Force ouvrière. Certains candidats aux récentes élections municipales, dont Patrick Mennucci, s’étaient vigoureusement élevés contre cette co-gestion à la marseillaise, mais ils n’ont pas été suivis par les électeurs… Début 2012, l’ancien président de MPM, Eugène Caselli, avait bien tenté de réguler davantage ce système en proposant la mise en place de dispositifs de géolocalisation dans les camions de collecte afin de limiter les abus les plus criants, mais ces mesures n’ont jamais été mises en œuvre !

C’est finalement devant la justice que ce dossier vient de connaître enfin un début d’avancée, grâce à l’opiniâtreté d’un avocat marseillais qui, en tant que simple citoyen marseillais, dénonçait un système peu efficace, engendrant un surcoût qu’il estime à 8,6 millions d’euros pour un résultat très médiocre. Débouté une première fois par le Tribunal administratif le 19 janvier 2012, il avait fait appel. La Cour d’appel du Tribunal administratif vient de lui donner raison par son jugement en date du 25 avril 2014. Elle reconnaît qu’il est bien fondé, en tant qu’habitant de Marseille, à s’interroger sur l’efficacité du service public de collecte des ordures ménagères, et elle met en doute la légalité de l’article 4.2 du règlement intérieur de la Direction de la propreté urbaine de MPM qui organise le fini-parti en stipulant que  » Dans les opérations de collecte, un départ anticipé est accepté, sous réserve que la totalité de la section ait été collectée « . En effet, ce règlement n’a jamais fait l’objet d’une délibération de la part du Conseil communautaire de MPM, ce qui le rend caduc.

MPM dispose désormais d’un délai de six mois pour régulariser la situation. Pas sûr cependant que le nouveau président de MPM, Guy Tessier, qui annonce la signature d’un nouveau contrat propreté d’ici l’été, se montre très réformiste sur un dossier aussi sensible… Les Marseillais devront certainement patienter encore quelques années avant que la collecte de leurs poubelles ne gagne réellement en efficacité…

L.V. LutinVertPetit

 

Charlie Hebdo se déchaîne contre le Front National…

11 avril 2014

Après les succès électoraux du Front National aux dernières élections municipales, l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, jamais à court de munitions quand il s’agit de tirer à boulets rouges contre l’extrême-droite, a sorti la grosse artillerie et s’en donne à coeur joie ! Son  » offre spéciale gueule de bois électorale  » offre une réduction sur le montant des abonnements pour les habitants des 572 villes de plus de 10 000 habitants désormais gouvernées par un maire UMP ou d’extrême droite. Un joli coup médiatique de la part de ce journal satirique qui cible ainsi de nouveaux électeurs sans grand risque économique car son offre n’était valable que jusqu’au 8 avril…

Le dernier numéro de Charlie Hebdo s’adresse ainsi directement aux habitants de Fréjus où le nouvel élu Front National, David Rachline, vient de s’installer dans le fauteuil de maire, avec un article spécial en forme de premier bulletin municipal d’une ville passée au FN.

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La ficelle est bien sûr un peu grosse et le ton des articles ne devrait guère attirer de nouveaux lecteurs ayant contribué au basculement de la ville de Fréjus vers l’extrême-droite. Le pseudo éditorial du nouveau maire est plus que caricatural et les références au parti nazi sont partout présentes, entretenant à dessein la confusion entre la nouvelle équipe municipale et les chemises brunes hitlériennes, ce qui ne manquera sans doute pas de heurter les paisibles retraités varois qui ont voté en grand nombre pour le Front National, non seulement à Fréjus mais aussi dans plusieurs autres villes, qu’elles aient basculé dans l’escarcelle du FN, comme Cogolin ou Le Luc, ou qu’elles soient passées à l’UMP comme Brignoles.

Blog66_Ph2Certes les lecteurs de Charlie Hebdo sont habitués à ce ton caustique et à ces excès de langage dans des satires à l’emporte-pièce où rien ne doit être pris au premier degré. L’humour et la dérision ne sont pas les armes les moins efficaces face à des dérives autoritaires et populistes.  Les saillies de Charlie Hebdo contre les fantasmes ultra-sécuritaires sont même plutôt bien vues, telles les déclarations du nouveau maire de Fréjus commentant ses premières décisions :  » de nouvelles caméras de vidéosurveillance sont installées, pour filmer les anciennes caméras de surveillance qui ont été la cible de dégradation de la part de pigeons allochtones « …

Blog66_Ph3Le racisme au quotidien et l’esprit étroit de clocher font aussi l’objet d’attaques au vitriol de la part de Charlie Hebdo, mettant en scène l’incendie  » du restaurant de kebab de la rue Robert Ménard « , ravagé par les flammes malgré l’intervention précoce des pompiers, présent avant même le déclenchement du feu et  » malgré l’aide de la population qui a courageusement essayé d’éteindre les flammes avec des bottes de pailles et du petit bois « … Pas sûr cependant que cette caricature pour le moins outrancière suffise à faire réfléchir des électeurs décomplexés pour lesquels le vote Front National est désormais clairement assumé…

L.V.LutinVertPetit