Croisière autour du monde : 21ème escale

22 mars 2017 by

En croisière à bord du Queen Elisabeth, nos deux reporters sont de retour à Kobe au Japon où ils étaient déjà passés lors d’une étape précédente.

Lundi 20 mars :

Aller au Japon sans voir Kyoto, c’est impardonnable !

Gare de Kobe, en partance pour Kyoto

Nous avons donc bravement pris les moyens de transport publics et sommes allés visiter cette ville ou l’on retrouve encore un peu du Japon traditionnel : temples innombrables, femmes en kimono et obi, petites rues avec maisons en bois, boutique au rez-de-chaussée et habitation au dessus.

On nous a aidés très gentiment à prendre les billets de métro puis de train, car il n’y a pas de guichets, juste des machines toutes en japonais! Mais les gens sont vraiment serviables. On a une petite chance de se faire comprendre en anglais avec les jeunes (j’ai bien dit une petite chance, ne rêvons pas…).

Une rue dans le vieux Kyoto

Enfin, après environ 1 h de trajet, nous arrivons à Kyoto par une très belle journée ensoleillée. La ville donne une impression d’entassement. Les maisons sont serrées avec parfois à peine 1 mètre entre deux voisins. On sent le manque d’espace vital, d’autant que la plaine côtière est étroite et laisse vite place à la montagne souvent escarpée…

La gare est un chef d’œuvre d’architecture moderne et c’est d’autant plus remarquable que le quartier aux alentours est plutôt ancien.

Temple de Hongwanji à Kyoto

Nous nous dirigeons vers le temple Hongwanji, un immense complexe de salles de prière et de salles de réunion. Il y a même une école et une clinique !

Intérieur du temple

Juste en face, un musée nous attire. Il est en fait associé au temple et se définit comme
« musée bouddhiste par excellence ». Nous y prenons un petit repas fort sympathique avant de nous lancer dans la visite. Nous y voyons une exposition de peintures sur soie, certaines datant du 15e siècle, ainsi que des rouleaux de papier de riz avec calligraphie au pinceau. Les photos sont interdites. Nous arrivons cependant à en faire 1 ou 2 que vous verrez donc !

Au sortir du musée, dans une salle contiguë, de jeunes peintres (élèves de seconde peut être ?) et leur professeur présentent leurs œuvres. Du talent chez certains d entre eux ! Ces jeunes japonais sont plutôt timides, surtout les jeunes filles, ils sourient beaucoup, font des courbettes et semblent tellement ravis de rencontrer des étrangers !

Vue par hasard, une exposition de jeunes étudiants en peinture

A noter que, lorsqu’ils signent leurs tableaux c’est toujours avec l’alphabet latin ! D ailleurs dans les rues les enseignes, les affiches, jonglent avec 4 alphabets différents : le latin (préféré pour tout ce qui est publicité), le chinois (que tout le monde ne sait pas lire toutefois), le japonais classique et le japonais phonétique plus simple. Seuls ces 2 derniers sont enseignés à l’école. Ça paraît bien compliqué mais ils s’y retrouvent !

Nous avons marché toute la journée et n’avons pas vu le dixième de ce qu’il y a voir à Kyoto ! Une ville immensément riche en palais, temples et autels shintô… Il faudrait y revenir, on va y penser !

Nous partons maintenant pour la Chine et le Vietnam. Pas sûr que les connections soient super. Nous ferons de notre mieux !

Mardi 21 mars :

Je vous avais promis de vous parler des toilettes au Japon. Voici donc.

Toilettes à la Japonaise

Il y a au Japon deux sortes de toilettes (voyez les photos). La toilette japonaise qui n’est qu’une toilette à la turque et la toilette qu’ils appellent « western », autrement dit occidentale, et que vous trouverez dans les grands hôtels (alors que l’hôtel à la japonaise en est dépourvu et que vous y dormirez par terre sur un futon).

Toilettes à l’Occidentale : remarquez la barrette couverte de boutons, c’est ça qui fait la différence

Revenons à cette « western ». Vous vous asseyez. La partie en contact avec vos fesses est tiède, ce qui est plutôt agréable ! Vous faites ce que les Anglais appellent votre « business ». Si ça fait du bruit (désolé, mais j’ai promis de tout expliquer !)  vous avez un bouton appelé « flush » qui va imiter le bruit de la chasse d’eau afin de couvrir tout autre bruit inconvenant… Quand vous avez terminé, vous avez deux boutons à votre disposition : un « bidet » et un « jet ». Chacun va humecter d’eau tiède un endroit différent de votre anatomie (là, je vous laisse imaginer…). Enfin le bouton situé le plus en avant et de couleur différente stoppe l’eau.
Vous sortez de là bien propre mais je trouve personnellement que le papier cul est un peu insuffisant pour essuyer tout ça !

Voilà vous savez tout sur les toilettes de ce pays décidément pas comme les autres !

Annie

Croisière autour du monde : 20ème escale

20 mars 2017 by

Nos deux globe-trotters à bord du Queen Elisabeth poursuivent leur périple autour du Monde depuis les côtes britanniques jusque sur le continent asiatique. Les voici désormais en Corée après plusieurs escales au Japon.

 

Le port de Busan, un des plus actifs d’Asie

Jeudi 16 mars :

Busan, on dit aussi Pusan, est un port très actif de Corée du Sud, situé à l’extrême pointe sud du pays. Depuis toujours il fait le lien commercial entre la Chine et le Japon.

Nous avons pris une excursion du bateau ne sachant pas trop à quoi nous attendre dans ce pays là. En fait nous nous débrouillons en général tous seuls, n’appréciant que modérément les bus bondés avec guides parlant mal anglais et horaires rigides…

Depuis le départ de Southampton nous n’avons fait que 4 excursions avec le bateau. Notre jeune guide Coréen dit s appeler « Coup ». Quand je lui montre, geste à l’appui, ce que ça veut dire en français, il est mort de rire !

Rencontre avec un beau jeune Coréen peu loquace !

Il nous emmène dans un centre culturel voir un spectacle de chants et de danses traditionnelles. J’apprécie modérément les sons aigus et nasillards qu’ils tirent de sortes de longues guitares posées sur les genoux et encore moins les bruits tonitruants de gros tambours qui rythment les séquences. C’est très statique, sauf la dernière partie où une troupe de jeunes se déchaîne avec énergie dans des costumes colorés et magnifiques.

Nous reprenons notre car pour nous rendre dans le centre ville. La ville, très animée est moderne, avec beaucoup de bâtiments assez hauts. Nous remarquons de nombreuses églises surmontées de croix. Renseignements pris, il semble qu’environ un quart de la population est chrétienne (plutôt protestante car évangélisée par des Anglais ou des Américains), le reste se partageant entre confucianistes, bouddhistes et athées.

Entrée marché au poisson (Jagalchi)

Nous visitons un marché aux poissons fabuleux. Je pense que le plus clair de leurs protéines vient de la mer. Crabes bleus énormes, anguilles vivantes grouillant dans des bassines d’eau, bulots géants…

Tous les vendeurs sont des femmes. Le guide nous explique que durant la guerre de Corée les hommes étant à la guerre, ce sont les femmes qui se sont mises au boulot, et, depuis, cela n’a plus changé.

Ensuite nous sommes montés sur une colline pour voir les statues des « héros nationaux » (c’est ainsi que le guide s’exprime, en faisant de nombreuses références à la guerre). Finalement, comme nous le disait un de nos conférenciers, ce petit pays a été sacrifie à la fin de la seconde guerre mondiale, coupé en deux alors qu’il n’était responsable d’aucun massacre !

Busan, une ville trépidante

Une pagode de style boudhiste

On y a trouvé un centre commercial pour touristes (c’est écrit en toutes lettres sur la façade) qui vent des bricoles sans grand intérêt sauf, peut-être, le ginseng dont ils sont les premiers producteurs.

Nous voyons aussi une belle pagode de style bouddhiste et profitons d’une très belle vue sur le port et l’ensemble de la ville.

Les camélias, qui ont la taille d’arbres, commencent à fleurir : ça sera magnifique d’ici une semaine. Nous sommes venus trop tôt ! C’était déjà le cas au Japon où les fameux cerisiers dont on attend avec impatience la floraison en sont à peine à leurs premiers boutons. Je pense que la meilleure période pour voir ces pays, c’est avril et mai. Tant pis pour nous !

Le quartier commerçant

L’architecture est globalement plutôt laide : gros immeubles d’habitation de forme cubique, avec de petits balcons aux garde-corps très hauts, qui doivent assombrir énormément les pièces  de la maison et qui, apparemment ne servent qu’à étendre le linge ! Il y a très peu de verdure et il n’est pas rare que deux immeubles soient espacés de quelques mètres seulement l’un de l’autre. Ici, les règles d’urbanisme ne semblent guère contraignantes !

En fin de journée le bateau appareille avec une foule nombreuse venue nous saluer et nous souhaiter un bon voyage. C’est émouvant car il y a beaucoup de familles avec leurs enfants. On nous demande de poser pour des photos, on se sent un peu des stars ! Cet arrêt en Corée aura été bien court mais ca semble un pays intéressant où il serait bon de rester plus longtemps.

Samedi 18 mars :

Hiroshima ! Ce n’est pas une ville comme une autre ! C’est pourquoi nous n’avons pas eu une seconde d’hésitation : nous irions voir le parc dédié au souvenir du 6 août 1945.

La cote très découpée au lever du soleil

Sur le port, les voitures sont prêtes à partir vers l’Occident

La navette nous a conduits à la gare (il est à noter que, presque à chaque escale, Cunard ou la municipalité concernée mettent une navette gratuitement à notre disposition) et de là, il a fallu une demi-heure de tramway pour nous retrouver devant ce beau parc triangulaire situé entre deux rivières.

La ville est bâtie sur un delta : il y a des rivières partout

La ville est en effet construite sur un delta immense où se rejoignent six cours d’eau. De nombreux ponts, donc, donnent à Hiroshima un petit air vénitien…

Dans le parc de la paix, le seul bâtiment resté debout le 6 août 1945

En arrivant dans le parc, on découvre le « dôme ». C’est le seul bâtiment qui soit resté debout dans un rayon de 2 à 3 km autour du point d’impact. Très abîmé évidemment, il est conservé comme souvenir. Ce qui est amusant c’est que le bâtiment, construit en 1914 était un local d’exposition de ce que l’industrie du Japon avait à vendre…

Le 6 août 1945, à 8 h 15, la bombe baptisée « little boy » portée par le B 29 Enola Gay explosa en plein centre ville. Entre 20 et 30 000 personnes moururent instantanément mais beaucoup d’autres allaient périr dans les semaines qui suivirent, brûlées non seulement au niveau de la peau mais atteintes aussi dans leurs organes au plus profond du corps. Les leucémies et les cancers de toute sorte affectèrent les survivants surtout dans les années 60 et jusqu à aujourd’hui…..

Objets retrouvés calcinés dans les décombres

De nombreux monument parsèment le parc, dédiés  aux enfants, aux jeunes étudiants qui avaient été mobilisés dans les derniers mois de la guerre… Un magnifique musée raconte la catastrophe, minute par minute, et expose d’humbles objets de la vie quotidienne : un soulier d’enfant, une boucle de ceinture, un carnet de tickets de tram… C’est très émouvant et la foule qui se presse au musée le fait dans un silence profond, même les enfants restant sagement auprès des parents… Bref, une visite à ne pas manquer si vous allez un jour là-bas.

Une rue animée en ce samedi

Retour en taxi avec toujours la petite crainte : à t-il bien compris où nous voulions aller ? Je ne peux lire son alphabet, il ne peut lire le mien….mais tout se passe très bien et nous sommes au bateau vers 4 heures.

Comme d’habitude, un petit marché à été installé avec un orchestre de jeunes, une démonstration de danses avec des sabres et enfin essayage de kimonos et photos bien sûr.

 

On va me transformer en geisha !

Alors attention : si vous voulez porter le kimono sachez que l’on ne peut le mettre seule, il faut avoir au moins deux aides !

Il n’y a ni boutons, ni fermeture éclair, tout tient par des lacets et c’est long et compliqué !

Mais le résultat est charmant et je me souviendrai longtemps de la gentillesse de toutes ces femmes qui s’affairaient autour de moi, essayant, avec quelques mots d’anglais seulement, de communiquer avec moi.

Le bateau appareille pour Kochi vers 18 h. Le quai est noir de monde, on agite des drapeaux, on nous crie des souhaits de bon voyage (du moins je le pense !). Encore une escale dont nous nous rappellerons.

Dimanche 19 mars :

La bienvenue du matin

Une longue excursion nous a permis de voir beaucoup de choses en ce dimanche ! Kochi (escale non prévue au départ) est une ville moyenne de 300 000 habitants qui jouit d’un climat très agréable avec une végétation quasi méditerranéenne. On y cultive légumes, agrumes, patates douces et gingembre.

Une plage dans les pins

J’offre des bâtonnets de patate douce à Ryoma, un samouraï du 19e siècle

Nous avons vu une très belle plage de sable dans un écrin de pinède, puis ceux qui n’avaient pas mal aux guibolles sont montés au château construit au 17e siècle, pendant que nous nous baladions sur un marché en plein air agréable et où on trouvait de tout : fleurs et plantes, fruits et légumes, coutellerie très belle, et brocante en tout genre. Un arrêt surprise chez un Français de Nice qui a ouvert une crêperie et qui nous a raconté son parcours assez atypique tout de même.

Pèlerin dans la rue

Arrêt dans un temple et, pour finir, on est monté sur une colline découvrir un autre temple en pleine forêt qui jouit d’une grande réputation puisqu’il fait partie des 88 temples où il faut avoir été si on est un bouddhiste pratiquant. Nous croisons de nombreux pèlerins, tout vêtus de blanc avec le chapeau conique bien connu.

Un temple

Concernant la religion, la première du Japon a été le shintoïsme : pas d’image du dieu mais une sorte d’animisme puisque Dieu se trouve dans tout ce qui est vivant et même peut-être dans les pierres… Puis le bouddhisme est arrivé de l’Inde via la Chine. Pas de problème !

Un cimetière fleuri

Comme nous disait notre guide, certains jours je suis shintoiste, le 24 décembre nous sommes tous chrétiens et aujourd’hui où je vous emmène voir un temple bouddhiste, je me sens bouddhiste ! Il me semble qu’avec cette philosophie on éviterait bien des guerres de religion !

Jeunes passants

Un magnolia souleangana

Cérémonie d’au revoir du soir

De retour au bateau, nous sommes épuisés. On s’endort tout de suite et on a même failli rater le dîner !
Ah, c’est dur de faire le tour du monde !

Annie

Incroyable : le maire de Carnoux a déjà retourné sa veste !

18 mars 2017 by

Jean-Pierre Giorgi, le maire inamovible de Carnoux-en-Provence depuis bientôt 16 ans, s’est longtemps déclaré « apolitique ». C’est même sa marque de fabrique : une vision très conservatrice de la société et un positionnement très libéral en matière économique qui l’ont toujours situé très à droite de l’échiquier politique, mais un refus obstiné d’assumer ce positionnement idéologique en maintenant contre toute évidence la fiction d’une certaine neutralité idéologique.

Jean-Pierre Giorgi, truelle en main, en 2014 (photo M. M.)

Et puis voila qu’au cours de ce qui pourrait être son dernier mandat, notre maire se lâche et annonce en toute décomplexion à un journaliste du Monde, en octobre 2016 et alors que les primaires de la Droite battent leur plein, qu’il n’est « pas du tout de gauche, pas du tout d’extrême-droite » et qu’il « envisage d’appuyer François Fillon à la primaire ».

Un positionnement plutôt original à cette date alors que François Fillon est encore à la peine dans les sondages, que le député local Bernard Deflesselles, toujours aussi clairvoyant, soutient obstinément l’inénarrable Jean-François Copé, Monsieur 0,3 %, et que tous les ténors de la Droite locale, plébiscitent comme un seul homme leur mentor traditionnel, Nicolas Sarkozy. La victoire haut-la-main de l’ancien Premier ministre, François Fillon, prouve que Jean-Pierre Giorgi, en bon politicien retors, a su flairer d’où venait le vent…

Ce ralliement est somme toute assez cohérent tant les deux hommes partagent la même hantise des fonctionnaires et la même aversion pour les débats démocratiques, la protection sociale offerte à tous, l’accès gratuit aux services publics ou la notion même de déficit budgétaire. Les accents thatchériens de la campagne de François Fillon rencontrent manifestement un écho des plus favorables auprès de notre maire.

Jean-Pierre Giorgi s’affichant malgré son « apolitisme » sur le tract de campagne de l’UMP pour les élections départementales de 2015

On ne peut d’ailleurs que lui conseiller d’écouter en boucle les extraits d’un discours prononcé par le candidat devant un panel de dirigeants d’entreprises, réunis par la Fondation Concorde, le 10 mars 2016, dans lequel il explique sans détour comment il compte s’y prendre pour mener une guerre éclair dès l’été 2017, sitôt arrivé au pouvoir, pour détruire définitivement tout ce qui reste du droit du travail en profitant du choc des élections et de l’apathie des citoyens en période estivale. L’objectif est clair et la méthode sans ambiguïté : « On rendra plus difficile la réaction sociale… ». Voilà les Français prévenus et voila bien le genre de discours que Monsieur le maire de Carnoux devrait en effet apprécier, lui qui déteste avant tout le débat d’idées et qui estime que les électeurs, une fois qu’ils ont délégué à d’autres le soin de gérer les affaires, n’ont plus à se mêler de ce qui ne les regarde pas.

François Fillon devant les patrons à l’invitation de la Fondation Concorde le 10 mars 2016 (extrait video Public Sénat)

Et pourtant, contre toute attente, Monsieur Giorgi n’a pas donné son parrainage à François Fillon ! Rappelons en effet que, pour éviter la multiplication des candidatures les plus fantaisistes à l’élection présidentielle, les candidats doivent pouvoir s’appuyer sur 500 signatures d’élus en leur faveur. Les modalités de parrainage ont évolué récemment avec la loi du 25 avril 2016 et permettent désormais de connaître en détail et au fur et à mesure de leur validation par le Conseil constitutionnel, l’ensemble des parrainages exprimés.

Ce sont au total de l’ordre de 42 000 élus qui sont ainsi autorisés à parrainer un des candidats potentiel à la magistrature suprême, la plupart étant des maires de petites communes. Un reportage du Monde détaille ainsi la manière dont sont reçus et vérifiés chaque jour les formulaires de parrainage dûment remplis et signés par les élus de toute la France. Quant au fichier des résultats, régulièrement mis à jour, il est accessible directement sur internet et contient 14 296 noms à la clôture du dispositif. La liste des 11 candidats disposant des fameux 500 parrainages ad hoc est d’ailleurs désormais arrêtée.

Extrait de la liste des parrainages à l’élection présidentielle 2017

Toujours est-il que l’on apprend ainsi, avec une certaine stupéfaction, que le maire de Carnoux, malgré ses déclarations initiales, a déjà changé son fusil d’épaule puisqu’il s’est prononcé officiellement en faveur de la candidature de Nicolas Dupont-Aignan et non pas de celle de François Fillon. Il est d’ailleurs un des très rares soutiens du souverainiste dans le département des Bouches-du-Rhône, tous les ténors de la Droite locale de Jean-Claude Gaudin à Maryse Joissains en passant par Martine Vassal, Danielle Milon ou même Bernard Deflesselles ayant cette fois soutenu sans barguigner le candidat officiel LR en la personne de François Fillon…

Cette initiative du maire de Carnoux est d’autant plus surprenante que son formulaire de soutien est daté du 7 mars 2016, au lendemain du triomphe de François Filon, remis en selle par la manifestation de ses fans issus pour l’essentiel des milieux catholiques conservateurs, et alors que la majorité des dirigeants du parti LR venaient de lui renouveler leur soutien quasi unanime malgré sa mise en examen alors imminente.

Dessin de Gros paru dans Marianne

Notre maire aurait-il été indisposé par les nombreuses casseroles qui tintinnabulent désormais aux basques du candidat, depuis les emplois présumés fictifs (mais généreusement rétribués par le contribuable) de son épouse et de ses enfants, jusqu’aux fameux costumes à 13 000 € gracieusement offerts par le sulfureux Robert Bourgi, disciple de Jacques Foccart et figure discrète de la Françafrique, en passant par les libéralités de son ami Marc Ladret de Lacharrière, jamais avare d’un petit coup de pouce financier envers son ami, le châtelain de la Sarthe ?

Toujours est-il que ce revirement est pour le moins curieux et confirme une fois de plus l’extrême souplesse idéologique de notre maire qui n’avait pas hésité en 2008 à voter en faveur du socialiste Eugène Caselli pour le placer à la tête de la communauté urbaine MPM au nez et à la barbe du pauvre Renaud Muselier, alors que la Droite disposait d’une confortable avance en voix. Ce positionnement lui avait notamment permis de bénéficier des grandes largesses du président du Conseil général d’alors, le socialiste Jean-Noël Guérini, avec qui il partageait un goût immodéré pour les bondieuseries. Et le voila maintenant propulsé à l’autre extrémité de l’échiquier politique, comme soutien officiel du président de Debout la France, qui se définit comme gaulliste et souverainiste, fervent partisan de la sortie de l’Euro et adepte de l’usage du référendum, après avoir beaucoup sinué tout au long de sa carrière politique…

Nicolas Dupont-Aignan en meeting à Paris le 9 mars 2017 (photo © J. Demarthon / AFP)

Il serait sans doute malvenu de rappeler à Monsieur Giorgi que son nouveau champion n’avait recueilli que 1,79 % des suffrages lors de la dernière élection présidentielle de 2012 et que la référence au Gaullisme n’est pas forcément des mieux perçues au sein de son électorat traditionnel pied-noir. Remercions en tout cas le Conseil constitutionnel pour son effort de transparence qui permettra peut-être enfin aux Carnussiens de connaître un peu mieux les opinions politiques de celui qu’ils élisent sans discontinuer depuis 33 ans, en tout « apolitisme » s’entend…

L.V.  

Croisière autour du monde : 19ème escale

16 mars 2017 by

Nos deux voyageurs en croisière autour du monde à bord du Queen Elisabeth sont désormais au Japon. Après une première escale à Okinawa, ils arrivent maintenant à Kobe.

Du pont du bateau, une ville très moderne, Kobe

Lundi 13 mars :

Dès le premier coup d’œil, Kobe semble plus belle, plus vaste, plus moderne que Okinawa.
Agrandie par la construction de deux îles artificielles gagnées sur la mer, qui abritent à ce jour plus de 30 000 habitants, Kobe nous a fait un accueil formidable : visite du maire à bord, feu d’artifice, concert par un orchestre local, installation dans les bâtiments du terminal de multiples boutiques vendant kimonos, teeshirts, cartes postales, bonbons et gâteaux, et même présence de jeunes beautés nipponnes qui se prêtent volontiers à la photo…

Du sommet du mont Rokko, très brumeux ce matin

Notre excursion nous a permis de grimper (en bus puis en téléphérique) au sommet du mont Rokko qui qui domine la ville à 900 mètres d’altitude. Malheureusement la vue a été un peu gâchée par un brouillard assez dense.

Dans le petit troquet du sommet nous avons pris notre premier repas japonais. C’est complexe ! Tout d’abord, on choisit sur une machine les plats qu’on veut (comme tout est écrit en japonais, on doit se faire aider !) puis on apporte nos petits tickets à la serveuse. Elle les coupe en deux, en garde un, nous laisse l’autre et prépare le plateau. Quand c’est prêt, on lui rend nos demi-tickets et on peut enfin manger !

On est ensuite redescendus vers la ville par un chemin sinueux au milieu d’une végétation alpine qui n’est pas encore sortie de l’hiver.

En ville nous avons visité une fabrique de saké (parmi les plus célèbres nous a t-on dit). Cette fabrication d’un alcool de riz fermenté qui titre 18 degrés semble bien longue et compliquée.

Les barils de saké prêts à l’envoi

Le musée présentait des instruments de bois en usage au siècle dernier, mais je pense que aujourd’hui, on doit utiliser davantage le métal.

On a découvert les wc japonais ! C’est pas triste ! Je garde ce sujet brûlant pour la prochaine fois, OK ?

Un petit jardin shintoïste

On est rentrés dans notre cabine après 3 heures et on a procédé à une sieste réparatrice avant le départ de nuit. Le 20, nous revenons à Kobe pour un ultime arrêt au Japon. Nous en profiterons sans doute pour aller voir Kyoto dont on dit que c’est la plus belle ville du pays.

 

Mardi 14 mars :

Aujourd’hui, journée en mer. Le bateau grouille de japonais : il en est arrivé 850 ! Visiblement c’est, pour beaucoup d’entre eux, la première croisière et ils ouvrent des yeux ébahis devant tant de merveilles. Hier soir, au restaurant, ils ont pillé le buffet en remplissant des Tupperware… Demain nous découvrirons Kagoshima.

Mercredi 15 mars :

Aujourd’hui, on s’est lancés ! Après deux jours en excursion organisée, on est partis à l’aventure et….mon Dieu, ça s’est bien passé ! Les gens sont très gentils, souriants, se confondent en courbettes mais….ne parlent que le nippon !

Le port de Kagoshima

Nous avons quitté le bateau vers 9 h 30 avec un temps frisquet mais ensoleillé et le shuttle (navette fournie par la ville) nous a déposés au centre de Kagoshima vers 10 h.

On a un peu flâné par les rues, vu un centre commercial assez chic mais où on retrouve toujours les mêmes marques internationales. Ensuite on a fait un tour au supermarché. J’aime bien, on a l’impression de pénétrer dans la vraie vie des gens : dis-moi ce que tu manges… On a vu le bœuf de Kobe, bien trop gras à mon avis, les fromages dits français, mais le sont-ils ? Pas sûr…

Le volcan Sakurajima

Puis nous avons voulu visiter un musée qui présente des Chagall et des Modigliani et, là, il fallait un taxi. Nous en avons trouvé un qui ne parlait, bien sûr, pas un mot d’anglais (je ne mentionne même pas le français !) mais il avait une machine merveilleuse : il disait une phrase et la machine la répétait en anglais. Je répondais dans la même langue et la machine traduisait en japonais pour le chauffeur. On a donc pu se comprendre et il nous a menés sur une colline plantée de palmiers immenses avec une vue époustouflante sur la baie. En face, l’île où se trouve le Sakurajima, un volcan très actif qui a encore craché il y a deux ans. Il a tout à fait l’allure du Vésuve et on comprend pourquoi la ville est surnommée « le Naples du Japon ».

Créé il y a moins de 30 ans par un collectionneur, le musée Nagashima est superbe : marbres divers, grands espaces, jardin, sculptures… Et là, surprise agréable, un vrai concentré de peintures européennes : Kandinski, Chagall, Renoir, Utrillo, Bernard Buffet, Marie Laurencin, Modigliani, un Cézanne quand le peintre était très jeune et que je n’ai jamais vu nulle part, même dans les catalogues détaillés.

Quelques œuvres de Fujita, le seul peintre japonais qui ait eu du succès à Paris.

Bref, ce fut un très bon moment, complété par un petit en-cas sympa au café du musée, avec vue imprenable sur le volcan qui ne fumait pas aujourd’hui.

Retour au bateau à 15 h, le départ étant prévu vers 17 h.

Sur le quai, comme d’habitude, fanfare, jeunes filles en kimonos et beaucoup de gens de la ville venus assister au départ. Demain ce sera la Corée.

Annie

Rappel : l’école en débat à Carnoux !

15 mars 2017 by

Comme nous l’avions déjà annoncé ici, la prochaine conférence du Cercle Progressiste Carnussien se tiendra la semaine prochaine à Carnoux-en-Provence, jeudi 16 mars 2017, à partir de 18h30, dans la salle du Clos Blancheton, située au dessus du nouveau parking, en haut de la rue qui passe entre la mairie et l’hostellerie de la Crémaillère.

Elle prendra la forme d’une table-ronde animée par quatre intervenants, ayant tous une expérience éducative en milieu scolaire et qui proposeront des pistes de réflexion et d’action pour améliorer notre système éducatif qui fait l’objet de nombreuses critiques et interrogations.

Si le sujet vous interpelle, n’hésitez-pas à venir participer à ce débat citoyen sur le fonctionnement de notre système éducatif, plus que jamais au coeur des enjeux de notre société ! L’accès y est gratuit et sans restriction, en dehors du nombre de places limité qu’offre la salle mise à disposition par la commune.

Les dessous de la Présidentielle 2017

13 mars 2017 by

Depuis les débuts de la Ve République, jamais élection présidentielle en France n’avait revêtu un visage aussi suprenant que celle qui se profile à l’horizon. Pour la première fois sans doute un président sortant ne se représente pas après avoir fait un seul mandat de 5 ans, comme si les Français étaient devenus à leur tour des adeptes du zapping. La mise en œuvre des primaires à l’Américaine a fait des ravages du côté des ténors de la vie politique dont les principaux ont été balayés, et quant au bipartisme traditionnel, il paraît bien oublié !

A six semaines du premier tour, les sondages laissent en effet transparaître une répartitition des suffrages en quatre blocs quasi équivalents, représentant chacun, peu ou prou, un quart de l’électorat. Celui qui semble avoir toutes les chances de virer en tête au second tour est bien entendu le Front National de Marine Le Pen qui devrait sans difficulté rééditer le schéma de 2002, sauf que cela ne sera plus une surprise pour personne puisque c’est désormais ce qu’on observe lors de toutes les élections qui se suivent et se ressemblent beaucoup.

En réalité, la surprise vient plutôt de la Droite dont le candidat est singulièrement affaibli par la présence de l’ex-ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, qu’on qualifiera de centriste faute de savoir clairement où le positionner sur l’échiquier politique et qui pour l’instant dépasse dans les sondages son rival étiqueté LR.

Quant à la Gauche, elle se positionne pour la première fois depuis bien longtemps sur un programme réellement à gauche et les sondages lui donnent globalement un score proche de 25 % qui pourrait lui permettre d’accéder au second tour. Sauf que, contrairement aux trois autres blocs, elle n’a pas été capable de se rassembler derrière un candidat unique, ce qui ruine définitivement ses chances de ne pas être éliminée dès le premier tour ! De ce point de vue, Jean-Luc Mélanchon porte une lourde responsabilité, lui qui a refusé l’idée même de participer à la primaire de la Gauche alors qu’il se revendique clairement de gauche, et qui rejette désormais toute idée de dialogue avec son acolyte Benoît Hamon alors qu’on serait bien en peine de trouver la moindre différence idéologique dans le contenu de leur programme.

Les électeurs de gauche seront donc contraints de se reporter sur le banquier Macron s’ils ne veulent pas devoir arbitrer une fois de plus au second tour entre la Droite filloniste et l’Extrême-Droite lepéniste, comme c’est désormais le cas à chaque élection… En attendant, ils peuvent du moins se réjouir du spectacle croquignolesque qui se déroule à droite de l’échiquier politique autour du candidat François Fillon, mis en réelle difficulté suite aux révélations du Canard enchaîné quant aux sommes astronomiques qu’il a fait verser pendant des années à son épouse et à certains de ses enfants pour des emplois vraisemblablement fictifs.

Après avoir endossé, pendant toute la campagne des primaires, le costume du candidat intègre et vertueux, distribuant des leçons de morale à ses petits camarades Nicolas Sarkozy, mis en examen dans de multiples affaires, et Alain Juppé, jadis condamné pour détournement de fonds publics, le voilà bien en peine pour justifier les sommes énormes qu’il a ainsi soustraites pour son usage personnel. Après avoir clamé haut et fort qu’il se retirerait de la campagne s’il devait être mis en examen, le voila qui change brusquement de discours lorsqu’il se retrouve effectivement dans cette situation, criant au complot politique et ameutant ses amis de la droite la plus conservatrice pour organiser une démonstration de force devant le Trocadéro. Après avoir affirmé pendant toute sa (longue) carrière politique qu’il ne céderait jamais aux démonstrations de force de la rue et proposé encore en juin dernier d’interdire toute manifestation, le voila qui fait venir ses troupes par trains spéciaux et autocars pour montrer à son parti qu’il ne se laissera pas arrêter par quelques ennuis judiciaires momentanés et qu’il compte rester à tout prix le candidat de la Droite.

Du coup, le spectacle des élus LR et UDI clamant haut et fort vendredi dernier qu’il fallait déloger le « forcené » en actionnant un « plan B », et l’acclamant le lundi en lui renouvelant leur soutien unanime, ne manque pas de sel, à défaut de nous rassurer quant à la sincérité de ces mêmes responsables politiques. Le plus drôle de l’affaire est que c’est, semble-t-il, l’inoxydable Nicolas Sarkozy qui a mené la manœuvre, lui que l’on croyait retiré de la vie politique pour se consacrer à l’hôtellerie de luxe.

Si l’on en croit les informations du Canard enchaîné, le 3 mars dernier, Sarkozy était persuadé que son ancien « collaborateur » serait obligé de renoncer, la manifestation du Trocadéro prévue deux jours plus tard n’étant qu’un baroud d’honneur. Il a donc contacté Alain Juppé en promettant de soutenir la candidature de ce dernier, à condition qu’il s’engage à prendre comme Premier ministre son petit protégé, le maire de Troyes François Baroin, ancien chiraquien pur sucre, devenu sarkosiste par opportunisme.

Mais le maire de Bordeaux réserve sa réponse. Dimanche matin, ne voyant toujours rien venir, Sarkozy s’énerve et entame cette fois les discussions avec François Fillon à qui il propose son soutien, à condition que ses proches en soient récompensés : Laurent Wauquiez à la tête du parti et François Baroin à Matignon. Il faut dire que Fillon est difficile à déloger après sa victoire aux primaires et alors qu’il a déjà fait main basse sur le trésor de guerre de LR dont il détient les cordons de la bourse…

François Fillon au Trocadéro, le 5 mars 2017 : quand même la pluie s’en mêle… (photo copyrigth AFP)

Toujours est-il que la présence des sarkozistes à la tribune du Trocadéro aux côtés de François Fillon a achevé de convaincre Alain Juppé que l’ex chef de l’État le mène en bateau et qu’il n’a pas d’autre solution que de se retirer. Et voilà pourquoi le comité politique des Républicains qui s’est tenu le lundi 6 mars en soirée s’est transformé en sacre du « repris de justesse », malgré sa mise en examen. Pour être honnête, il n’aurait d’ailleurs guère été plus moral de le remplacer par un Alain Juppé déjà condamné pour des faits d’emplois fictifs. Mais l’affaire a laissé des traces au sein de la Droite où certains ont montré plus de souplesse que d’autres pour suivre ces différents revirements successifs. L’enthousiasme des juppéistes et des centristes, dont l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, à soutenir le candidat LR finalement remis en selle, reste assez modéré, surtout au vu de la forte implication des grenouilles de bénitier de Sens Commun qui se sont très fortement mobilisées pour organiser la manifestation du Trocadéro et ce qui confirment l’ancrage très conservateur du programme de François Fillon.

Bien malin qui dira ce qu’il sortira de cette élection présidentielle. A défaut de rehausser le niveau de confiance et le respect que les Français peuvent légitimement accorder à leurs responsables politiques, au moins le spectacle et ses nombreux rebondissements auront-ils été à la hauteur de l’événement !

L.V.  

Croisière autour du monde : 18ème escale

12 mars 2017 by

Nos deux globe trotters à bord du Queen Elisabeth poursuivent leur périple autour du Monde depuis le port de Southampton. Après l’Amérique, l’Australie et la Papouasie Nouvelle-Guinée, les voila désormais au Japon pour une première escale à Okinawa.

Samedi 11 mars :

C’est sous une pluie battante que nous avons, ce matin, découvert Okinawa.

Vue du bateau, c’est une ville assez américaine avec de hauts immeubles. Notre excursion, juste après le déjeuner, nous a permis de nous faire une autre opinion de la ville, qui est, avouons-le, tres laide : maisons de bric et de broc, fils électriques emmêlés au dessus de nos têtes, circulation dense, rien de beau à se mettre dans l’œil !

Le jardin royal de Shikinaen sous la pluie…..

Une première visite au jardin royal : jusqu’au milieu du XIXe siècle en effet, l’île était indépendante du Japon avec des liens forts avec Taïwan. Le royaume s’appelait Ryukyu. Le jardin, qui faisait donc partie du palais royal, est superbe, avec un lac et des petits ponts …mais sous la pluie et dans la gadoue ce ne fut pas très drôle !

Ensuite nous avons continué vers le nord et découvert Ryukyu Mura : des maisons anciennes venues de toutes les parties de l’île ont été rassemblées là.

Le Tori qui, dans le Shintoïsme permet de passer du matériel au spirituel

On y voit les tatami, les cloisons en papier huilé, l’absence presque totale de meubles, avec la cuisine un peu à part (par crainte des incendies).

Fleurs de datura

Une végétation luxuriante nous rappelle que nous sommes en climat sub-tropical. Partout des fleurs, des dames en costume ancien avec le « obi » dans le dos… Bref, c’était charmant et nous y avons passé un bon moment, trop court malheureusement.

Entrée du Ryukyu Mura

Avec une musicienne locale

Une petite île artificielle posée sur deux barques

Un lion qui garde le foyer

Famille japonaise traditionnelle

Serpents confits dans l’alcool, présumés bons pour toutes les maladies !

Vers 19 h, le bateau a appareillé pour Kobe que nous atteindrons lundi.

Annie

Croisière autour du monde : 17ème escale

11 mars 2017 by

La croisière autour du monde de nos deux voyageurs à bord du Queen Elisabeth se poursuit. Après une escale en Papouasie Nouvelle-Guinée, ils s’approchent désormais du Japon.

Jeudi 9 mars :

Il y a quelque chose de magnifique sur ce bateau, ce sont les fleurs et plantes, toutes fraîches, qui sont disséminées partout !

Le fleuriste est un jeune Balinais que vous apercevez sur l’une des photos. Il refait une fois par semaine le gros bouquet en place dans le grand hall et c’est toujours superbe

Mais il a surtout la main verte pour les orchidées. Tous les bars sont fleuris d’orchidées dans des camaïeux de rose et de blanc. Je voulais en parler car c’est assez rare pour être signalé : en effet, nous avons connu des compagnies (je ne cite pas de nom, mais je pourrais le faire) où les fleurs, artificielles, se couvraient lentement de poussière, ce qui était assez laid !! C’est par des petits détails raffinés comme celui-ci que Cunard établit sa réputation.

Samedi, nous allons mettre le pied au Japon pour la première fois.

C’est aussi la première fois pour nombre de personnes sur le Queen. Nous sommes tous assez excités ! Cunard fait le maximum pour nous faciliter les choses : conférences quotidiennes illustrées de photos pour nous présenter les différents ports d’escale, liste de mots à connaître, de phrases toutes faites , de renseignements sur les mœurs du pays, sur son histoire ancienne ou récente etc….

Nous allons donc entamer la dernière partie de notre séjour, celle qui va nous faire connaître ou retrouver l’Extrême-Orient, puisque nous nous arrêtons non seulement au Japon mais aussi en Chine, au Vietnam et en Corée…

Comme d’habitude je vous tiendrai au courant, escale par escale, mais en attendant je bûche sur les guides !

Annie

Vinci victime d’un petit coup de mou : les zadistes en cause ?

9 mars 2017 by

L’affaire est déjà ancienne puisqu’elle s’est produite le mardi 22 novembre 2016. Elle avait alors fait la une de tous les médias et suscité de doctes interrogations de la part des plus brillants analystes boursiers, suscitant même l’intérêt du Canard enchaîné avant que ce dernier ne vienne fourrer son bec dans le cursus professionnel d’une certaine Pénélope Fillon.

Xavier Huillard, le PDG de Vinci

Ce jour-là, à 16h05, alors que Xavier Huillard, le PDG du géant du BTP (et heureux gestionnaire d’une bonne partie du réseau autoroutier français) Vinci, est en train de faire un beau discours devant la fondation de l’Ecole Polytechnique, un communiqué de presse est adressé à une poignée de journalistes et de sites économiques. L’agence de presse spécialisée Bloomberg relaie aussitôt l’information à destination des opérateurs boursiers.

Le message en question se présente comme un communiqué officiel du groupe Vinci et explique que le directeur financier du groupe, Christian Labeyrie, vient d’être limogé après la découverte d’erreurs comptables portant sur un montant total de 3,5 milliards d’euros, entraînant une révision des comptes consolidés de l’exercice 2015 et du premier trimestre 2016.

Le groupe Vinci, une véritable galaxie…

Immédiatement, la bourse s’enflamme et l’action Vinci dévisse, grâce à l’action zélée des automates de marchés qui vendent aussitôt à tour de bras sous l’effet de cette nouvelle alarmante. A 16h27, alors que les cotations venaient tout juste de reprendre après avoir été automatiquement stoppées pour éviter le désastre, un nouveau faux communiqué est diffusé, confirmant que des informations comptables explosives ont été dérobées au groupe. Le cours de Vinci poursuit alors sa dégringolade vertigineuse.

En quelques minutes, le cours de l’action a ainsi perdu 18 % de sa valeur, tombant de 61,81 à 49,93 euros. La valorisation du groupe est passée en moins d’un quart d’heure d’environ 36 milliards d’euros à 29 milliards, soit une perte quasi instantanée de plus de 7 milliards d’euros !

Le groupe Vinci finit par réagir et publie alors, à 16h49, un communiqué officiel sur son site pour démentir les deux précédents. Le cours de l’action remonte et clôture finalement la séance à 17h en baisse de 4 % seulement.

Une demi-heure plus tard, cet acte de sabotage boursier est revendiqué par un groupe de militants qui expliquent avoir agi en représailles contre la forte implication de Vinci dans le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, et pour quelques autres turpitudes du groupe de BTP sur certains de ses chantiers à l’étranger.

Bien entendu, une enquête est aussitôt ouverte par l’Autorité des marchés financiers, le gendarme de la Bourse. Elle met d’ailleurs rapidement en évidence que les communiqués étaient des faux grossiers, des « hoax » pour emprunter le jargon anglicisant du monde de la finance. Le premier émanait d’un domaine internet « vinci-group » loué auprès du gestionnaire de noms de domaines Gandi pour la modique somme de 22,50 € par un certain Thomas Moulaert qui avait fourni comme numéro de téléphone celui de la mairie de Roermond, paisible bourgade hollandaise.

Quant au contact indiqué sur le communiqué et qui était sensé correspondre au service de presse de Vinci, il s’agit d’un numéro correspondant à une carte prépayée issue d’un opérateur virtuel indien domicilié à Londres, mais bien sûr personne ne s’est donné la peine de vérifier tout ceci avant de diffuser l’information…

Trois mois plus tard, si l’on en croît un article récent du Monde, l’Autorité des marchés financiers n’est guère plus avancée même si de nombreux articles à travers le monde ont décortiqué en détail ce cas de figure remarquable de « hoaxcrash » qui consiste ni plus ni moins qu’en un simple canular téléphonique à 7 milliards d’euros. Un beau coup de maître mais qui n’est pas si rare que cela, puisque la presse spécialisée cite de multiples autres exemples assez comparables. La bourse n’est décidément qu’une vaste loterie soumis aux humeurs joueuses de certains…

Les transactions boursières qui ont été réalisées sur le titre Vinci pendant les quelques minutes de folie qui ont vu le titre jouer allègrement au yoyo ont bien évidemment été analysées à la loupe mais il semble bien que rien de particulier n’ait été décelé et tout semble donc désigner les zadistes de Notre-Dame des Landes comme les auteurs de ce canular, sans même qu’ils se soient enrichis au passage.

Un geste de militant donc, selon toute vraisemblance, comme celui de ces faucheurs de chaises qui se sont permis de faire main basse sur le mobilier de plusieurs agences bancaires de BNP Paribas, promettant de rendre les chaises à leur propriétaire dès lors que ce dernier rendra les milliards d’euros soustraits via l’évasion fiscale que cette banque pratique à grande échelle.

Opération réquisition dans une agence de BNP-Paribas (photo Attac)

En tout cas, la mésaventure du groupe Vinci aura au moins servi aux autorités boursières françaises à prendre conscience du risque et à prendre les mesures qui s’imposent. La plus spectaculaire d’entre elles consiste ni plus ni moins qu’à rappeler aux journalistes qu’il leur est conseillé de vérifier leurs sources face à de tels communiqués. Une démarche salutaire en effet. Vinci trouvera peut-être qu’il a payé un peu cher pour que son affaire débouche sur une telle recommandation qui est sans doute déjà largement enseignée dans les écoles de journalisme, mais manifestement le groupe Vinci cherche plutôt à faire profil bas après sa mésaventure largement médiatisée.

Qu’on se rassure cependant : à ce jour l’action du groupe est remontée à plus de 70 € et le chiffre d’affaire du groupe devrait s’approcher en 2017 des 40 milliards d’euros, pour un résultat d’exploitation qui a dépassé les 4 milliards sur l’exercice 2016. Le petit incident boursier du 22 novembre n’est donc qu’une péripétie sans importance pour le géant du BTP. Qu’est-ce 7 milliards d’euros de nos jours ? Cela représente tout juste le montant total de l’aide sociale à l’enfance qui est alloué chaque année sur l’ensemble du territoire national, une broutille !

L.V. 

KATULU ? N°52

7 mars 2017 by

Ce nouveau numéro du cercle de lecture Katulu ? affilié au Cercle Progressiste Carnussien vous emmène découvrir de nouveaux ouvrages en espérant vous faire partager ses coups de coeur et son plaisir de la lecture. Retrouvez l’intégralité des notes de lecture de l’ensemble de ces livres (katulu-n52). Si vous aussi vous avez envie d’échanger en toute convivialité autour de vos dernières lectures, venez nous rejoindre pour nos prochaines réunions !

 

Chanson Douce

Leila Slimani

« Chanson douce » ou le roman de la fracture sociale, élu Prix Goncourt 2016. Roman du conflit – universel- entre ambitions professionnelles et raisons familiales.

Faut-il apprendre à voir ? Faut-il apprendre à lutter contre l’indifférence, la désinvolture, la négligence, la passivité ? Faut-il oublier l’insouciance, la naïveté ?

Leïla Slimani (photo C. Hélie © Éditions Gallimard)

Un double infanticide ouvre le roman. Le genre de ce roman est donc un thriller  dans lequel le lecteur est réduit à remonter le temps, le décrypter, le décliner, l’analyser. Et ceci afin de comprendre cet horreur, ce malheur. Le lecteur est ainsi empoigné par la force de la pensée de l’auteur qui est derrière chaque page et opère une fascination troublante sur notre esprit.

Ce roman est le portrait glacial de notre société. D’un côté des petits bourgeois en quête de réussite sociale et devenant ainsi à leur insu patrons de petites gens à leur service. En effet la soumission, l’obéissance servile de Louise (la nourrisse) va plonger le couple qui l’emploie dans leurs habits de maîtres et peu à peu va glisser vers l’exploitation de l’homme par l’homme.

L’auteur trace selon une coupe chirurgicale parfaite chaque personnage. Le style est pareil à un stylet précis, sobre. Rien n’est en trop, chaque détail sert à l’intrigue, à la vérité de l’instant, chaque élément du décor sert à situer les personnages.

De ce roman se dégage une musique « douce » lancinante aux relents effroyables, effrayants. L’auteur nous tend un miroir qui nous laisse pétrifiés, sidérés, honteux face à cette fracture sociale que l’on ne veut pas voir, avec ses excès de maltraitance ou de condescendance des plus riches envers les plus démunis. Elle nous force à sentir le poids de cette solitude et la misère des plus démunis qui poussent toujours à la haine et au crime parfois.

Le mystère de Louise reste entier. La vérité de chacun reste une part inavouable ou inaccessible à l’autre. Cet instant où tout bascule reste notre « chanson douce » insondable.

                                                                                                           Nicole


Contrepoint

Anna Enquist

Le titre indique tout de suite le rapport avec la musique, « le contrepoint » étant la superposition de deux ou plusieurs lignes mélodiques. Pour les profanes en matière musicale, le contrepoint fait penser à notre petite musique intime secrète qui se cache en chacun de nous comme une doublure invisible.

Ce qui m’a paru intéressant dans ce roman, c’est le travail de captation du lecteur, et ceci dès la présentation du premier tableau : une femme devant un piano, un crayon à la main, face à une partition de Bach, « Les Variations Goldberg ». On se trouve tout de suite emporté dans la fusion des sentiments, des aspirations, des tensions de l’auteur. Son écrit devient musique et nous entraîne malgré nous dans cette confusion structurée des impressions et des volontés. On passe de la légèreté à la gravité, de la joie à la tristesse. On vit la musique.

L’auteur, Anna Enquist

On s’approprie à travers Bach, dans un grand dénuement et naturel, de la vérité d’une « femme » de l’enfant, de la « fille ». Le portrait est tout en anonymat et délicatesse. Le lecteur a été averti dès les premières pages du livre d’une perte, d’un vide, d’un traumatisme. On devine le drame, on vit la dévastation de cette femme qui adhère à cette philosophie dans laquelle le passé est ce qui est devant alors que l’avenir n’est que derrière avec cette force de l’imprévu.

La vie c’est recevoir une chose puis c’est aussi devoir y renoncer. Selon elle, dans la vie « tout arrive deux fois ». Il y a le tragique et la farce. Le tragique vous arrive comme une vague ensuite il y a la phase de farce, celle de l’observation et ce besoin de l’effort anesthésiant, ce besoin de travail pour chasser l’absurde.

Ce livre est un chemin, un apprentissage, un message initiatique, un viatique de l’au-delà. Il nous faut donc entendre ce Contrepoint -malgré nous- et pour notre gloire. Éternel Sisyphe que nous sommes !!! C’est un livre empreint de sensibilité, de simplicité dans l’expression des sentiments, sans doute une plongée dans la technicité de l’art ou seulement dans la curiosité de la découverte de ces Variations Goldberg.

Le lecteur peut aussi s’arrêter à cette leçon de justesse, délicatesse discrétion, dignité, ce chagrin parmi tant de poésie et croire en l’art qui sauve et retenir cette belle image de la fille « embrassée par des papillons ».

                                                                                                     Nicole

 

Dans la peau d’une djihadiste

Anna Erelle

Anna Erelle est journaliste ou plus exactement pigiste dans deux journaux parisiens. Chargée de rendre compte de ce que vivent les familles dont les enfants sont partis en Syrie, elle va  se faire passer pour une jeune fille convertie récemment à l’Islam sous le nom de Mélanie et prendre contact avec Daech par internet, ceci en accord avec la direction de son journal.

Elle va tomber de façon extrêmement rapide et facile par internet sur un chef djihadiste qui va la harceler, nuit et jour, la féliciter pour sa beauté, lui promettre très rapidement le mariage et la vie facile en Syrie en accord avec l’Islam, avec la soumission de la femme et évidemment la guerre contre les impies. Le livre détaille les relations en particulier par Skype que vont avoir cette pseudo jeune fille de 20 ans avec cet homme de 38 ans. Un départ en Syrie est organisé mais n’aboutira pas.

Cette expérience périlleuse a permis, de mettre en évidence la facilité avec laquelle Daech entre en contact avec des inconnus, les convainc de partir, avec des promesses qui ne reposent sur rien et un discours semi religieux, les incitant à surtout ne pas réfléchir, faire confiance à cet homme dont les promesses vont d’ailleurs évoluer en fonction du temps, laissant en particulier beaucoup d’approximations quant à l’arrivée en Turquie ou en Syrie, un voyage où les accueillants finalement ne sont pas là et pour lequel il faut trouver d’autres solutions de dernier moment. On imagine facilement le nombre de jeunes garçons ou filles qui ont dû se trouver particulièrement seuls, perdus et qui ont dû accepter n’importe quelles conditions de vie après leur départ de France.

Les services secrets français vont d’ailleurs pouvoir récupérer un certain nombre d’informations en particulier à propos de ce chef djihadiste français qui a été repéré dès 2003. Il s’en suivra des conséquences sur la vie d’Anna qui doit changer de journal, d’appartement et de domaine d’investigation. Une fatwa a été lancée contre elle (p. 249).

Un livre qui se lit très vite comme un thriller et qui met bien en évidence le rôle de première importance que jouent les réseaux sociaux auprès des jeunes prêts à vivre une aventure supposée les sortir de la morosité de leur vie, de leur non reconnaissance par leur entourage, répondant à des arguments finalement relativement peu convaincants pour des personnes adultes.

Comment lutter contre ces enrôlements que l’on sait très importants, quand on voit aujourd’hui qui sont les auteurs des attentats de ces deux dernières années ?

Cécile

 

Heureux les heureux

Yasmina Reza

Le titre « Heureux les heureux » évoque les huit Béatitudes du Sermon sur la montagne (Matthieu), formule reprise par Jorge Luis Borges « Heureux les aimés et les aimants et ceux qui peuvent se passer de l’amour. Heureux les heureux. »

Un roman choral, récompensé par le Prix littéraire français Le Monde 2013, qui emboîte les êtres et les histoires et qui aborde des sujets aussi universels que l’amour et l’amitié, la vie et la mort, le couple et la famille, le pouvoir, la filiation, la maladie…

L’auteur, Yasmina Reza

Il se présente sous forme de courts chapitres, chacun portant le nom d’un personnage. Les récits de la vie des personnages sont écrits à la première personne. Les décors sont des lieux quelconques comme un supermarché. C’est donc une comédie humaine contemporaine.

Les personnages, écorchés vifs se débattant avec la vie qui s’échappe, les rêves et les idéaux, la spiritualité. Ils sont plus ou moins liés les uns aux autres : ce sont des maris, des filles, des pères, des maîtresses, des épouses, des collègues. Ce sont dix-huit individus qui prennent la parole et donnent des points de vue différents sur certains des événements de leur vie

Les heureux de ce récit nous ressemblent. Ils racontent nos aptitudes aux affres : s’ennuyer, subir, s’affronter, se tromper, blesser, déchaîner son sadisme. Dans de telles occupations quotidiennes, difficile de trouver son bonheur ! Ces « heureux » sont des tourmentés.

Ainsi, en plein XXIe siècle, seul, en famille, avec amant, maîtresse, même pourvu de smartphone, l’Homme est inexorablement seul.

                                                                                                           Antoinette

 

Parler d’amour au bord du gouffre

Boris Cyrulnik

C’est un essai dont le thème est la résilience, soit la capacité de chacun, à tout âge, à surmonter les épreuves et à se remettre des traumatismes. Il décrit et analyse des cas de résilience adulte, expliquant l’incidence de ces histoires de vie sur le couple et la fonction parentale. La démonstration est ainsi faite de la possibilité de surmonter de graves blessures affectives et d’entreprendre le « travail de revivre ».

L’auteur, Boris Cyrulnik

C’est un ouvrage qui nous concerne et qui nous instruit en donnant des éléments de réponse aux questions sur notre propre vie, sur celles de nos proches. Il éclaire certains de nos comportements. Il donne de l’espoir en nous montrant qu’il n’y a pas de fatalité, pas de déterminisme. Penser le traumatisme nous amène à comprendre qu’un être meurtri n’est pas condamné à le rester.

La résilience permet de surmonter les épreuves, à tous les âges et dans tous les domaines de la vie. La résilience est en effet liée à l’amour, l’amour permet la résilience, et la résilience permet l’amour, c’est ce lien qui lui donne sa valeur salvatrice. L’amour apparaît comme le remède !

L’intérêt de de ce concept faisant appel à plusieurs disciplines (psychiatrie, neurologie, psychologie, éthologie) permet de montrer les fondements biologiques, physiologiques de nos comportements. Ainsi, la résilience qui préconise de donner une représentation au traumatisme en le remaniant par des images ou des mots, a un effet concret sur notre cerveau, sa « reconfiguration » pouvant être observée par l’imagerie médicale.

                                                                                                           Antoinette

 

A l’ombre des cerisiers

Dorte Hansen

Au « Vieux Pays », en 1945, dans une campagne de Prusse occidentale, entre l’Elbe et la mer : on y parle encore le Platt, sorte de vieil allemand. Les protagonistes : Ida Eckhoff, veuve et propriétaire terrienne, Karl Eckhoff, son fils, revenu de la guerre, la jambe raide et l’esprit dérangé, Hildegarde von Kamcke, musicienne, veuve et réfugiée Prusse orientale, Vera von Kamcke, ses deux filles et Anne sa petite fille.

C’est une arborescence humaine à laquelle répondent les hautes silhouettes des cerisiers et des pommiers dans les champs. La composition évoque le style de Bruegel l’ancien, peintre de froidure rythmée de groupes humains plongés dans des historiettes qui s’interpénètrent et se répondent en un grand souffle vital.

L’auteur, Dorte Hansen

Généalogies de femmes ancrées à la terre : on les en prive, elles meurent comme Ida qui se pend dans sa grange. Ou encore, elles s’échappent de cette gangue pour y revenir âpres, taiseuses mais plus fortes car il faut se protéger face au futur instable. Souvent épousées pour leurs biens, elles protègent leur nichée et leurs hommes travaillent dur pour perpétrer les traditions.

Anne, la petite fille, mère célibataire, revient au village pour trouver un sens à sa vie et la sécurité pour son enfant Léon. Elle restaure l’antique construction ; c’est son havre, son ancrage… peut-être le vrai sujet du récit,  annoncé dès la première page : « la maison gémissait, elle ne sombrerait pas. Son toit hérissé tenait bien sur ses poutres. Les intempéries avaient altéré l’inscription du pignon … écrite en Platt : MIENNE EST CETTE MAISON ET PAS TANT MIENNE, QU’APRES MOI LA DIRA AUSSI SIENNE.

La transmission et l’intégration se sont réalisées en trois générations. La maison est, vivra… Le petit Léon y grandira dans la joie et la tendresse de sa mère et de sa grand-tante.

Roselyne

 

Le grand marin

Catherine Poulain

Un livre envoûtant : vous embarquez avec Lili et vous ne décrochez plus.

« Il faudrait toujours être en route pour l’Alaska ; mais y arriver à quoi bon…. Je ne veux plus mourir d’ennui, de bière, d’une balle perdue. De malheur. Je pars. » Ces deux lignes résument cette expérience de vie : tout quitter, se plonger dans une autre vie, pour ne pas mourir ou pour renaître ?

L’auteur, Catherine Poulain

Alors c’est Kodiak en Alaska « Je voudrais qu’un bateau m’adopte » : ce sera le « Rebel ». Il va falloir faire ses preuves. C’est la découverte des hommes, ceux qui embarquent, qui sentent la bière, chiquent du tabac, crachent, peignent la ville en rouge (ça veut dire aller se cuiter). C’est la tournée des bars, des bordels où les indiennes attendent… C’est le « shelter » l’asile de nuit, abri du frère Francis, quand on n’a pas d’argent pour l’hôtel…

A chaque retour de pêche l’auteur nous replonge dans l’atmosphère glauque du port, un monde déglingué qu’elle fait vivre avec force par des portraits saisissants des hommes à la dérive qui ne se révèlent que lorsqu’ils affrontent la mer. Et on ré-embarque, pêche à la morue noire, pêche au flétan.

Une expérience physique et mentale, d’une rudesse hors du commun pour celle que les hommes appellent « le moineau », qu’elle raconte dans un style simple, clair, sans pathos (et pourtant cela serait tentant), avec une fluidité et un certain suspens qui vous prend et vous emmène jusqu’au bout… au bout du livre, au bout de l’interrogation sur le sens de la vie !

Et puis il y aura le « grand marin », le temps d’une saison… Chacun repart de son côté. Le temps des « attaches » est passé…

Après 10 années passées dans le Grand Nord, l’auteur vit entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc : bergère, ouvrière viticole… Libre.

Marie-Antoinette

 

L’amie prodigieuse

Elena Ferrante

Dans un quartier pauvre de Naples, vers 1950, deux amies d’une dizaine d’année, Elena dite Lunù et Raphaela dite Lila, sont de brillantes écolières poussée par la maîtresse Madame Oliviero vers des études plus évoluées. La famille d’Elena accepte, celle de Lila, pourtant plus douée, refuse.

Sur fond d’histoire de quartier coincé entre talus et voie ferrée, parlant encore le patois napolitain, mêlant travail, mafia, scandales locaux, dettes et adultères, les fillettes vont fonctionner comme des vases communicants : Lila, plus dynamique, insuffle sa hargne et son génie à son amie jusqu’à un arrêt brutal dû à la nécessité de venir en aide à son frère Rino et son père le cordonnier Fernando Cerullo.

L’auteur, Elena Ferrante

Leur route se sépare. Lila est le point de départ d’une création d’entreprise de chaussures pour laquelle elle accepte d’épouser un riche jeune voisin et camarade d’enfance. Lenuccia continue jusqu’au bac, voire plus loin, comme elle le promet à son amie.

Certains épisodes comme l’expédition des jeunes du quartier vers le centre de Naples et leur rencontre violente avec des jeunes des « Beaux Quartiers » laissent supposer une suite bouillonnante de tensions sociales ou psychologiques.

Ce premier tome se termine par le mariage de Lila, selon les traditions méridionales où les plus pauvres se ruinent pour paraître. Richesse des histoires familiales qui s’entrecroisent en fresque populaire. Subtilité d’approche d’une amitié d’enfance oscillant entre la rugosité et la grande tendresse.

Un livre plein de clarté et de fluidité, agréable à lire. Une saga populaire. Les suites : « Le nouveau nom », « Celle qui reste et celle qui fuit ».

Roselyne

 

Manderley for ever

Tatiana de Rosnay

Ce livre débute par la première phrase du roman de Daphné du Maurier « Rebecca » : « j’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley ». Il y a des lectures qui peuvent vous marquer à jamais. C’est sans doute ce qui a eu lieu pour l’auteur lorsque sa mère lui offre « Rebecca », une révélation pour la petite fille de 12 ans : « je voulais déjà être romancière, j’étais possédée ».

L’auteur, Tatiana de Rosnay

Certaines scènes de ce roman restent en mémoire et font vivre Daphné loin des clichés de l’époque. Elle qui ne comprenait pas pourquoi elle avait un nom français se réfugie dans un pays imaginaire, se créant un double masculin qui lui permet d’exprimer ses instincts de garçon manqué : Menabilly le manoir abandonné auquel elle redonna vie, qu’elle habitera pendant plus de 20 ans et qui lui inspirera le château de Rebecca, ses amours féminines sensuelles ou platoniques qui ne l’empêcheront pas d’être profondément amoureuse de son mari.

Sous la plume de Tatiana de Rosnay, Daphné devient un personnage de roman « mais tout est absolument vrai je n’ai rien inventé ». Elle a rencontré les enfants et petits-enfants de la romancière, elle a lu tous ses livres, elle est allée à Mayfair, à Hampstead, à Meudon en Cornouailles. Elle a noué des liens d’amitiés avec Tessa une de ses filles qui lui a confié des lettres échangées avec sa mère. Elle y a découvert la facette méconnue de la romancière qu’on disait froide et préférant son fils.

L’auteur rend un vibrant hommage à Daphné qui l’a fascinée pendant son enfance et dont le parcours a guidé le sien au point d’avoir surnommé son bureau Manderley. Après cette lecture j’ai évidemment lu « Rebecca » qui m’a enchantée. Je vous recommande ces deux livres.

Suzanne

The Heir (l’héritier)

Vita Sackville West

Victoria Sackville West, dite Vita, naît en 1892 au château de Knole dans le Kent, d’une famille noble et très riche. « Poétesse, romancière, essayiste, biographe, traductrice, et….jardinière », c’est dire qu’elle s’intéressait à tout !

En 1913 elle a 21 ans et épouse Harold Nicolson. Ils resteront unis jusqu’à la fin en un mariage improbable, chacun d’eux se revendiquant comme bisexuel. Son mari fait de la politique, il est ministre de Churchill durant la seconde guerre mondiale. Le couple voyage beaucoup, au Moyen-Orient en particulier.

Victoria Sackville West

En 1928, à la mort de son père, la loi anglaise qui exclut les filles, l’empêche d’hériter du château de Knole. C’est un traumatisme pour la jeune femme et plusieurs de ses romans traiteront de l’amour que l’on peut éprouver pour un lieu, amour aussi puissant, plus puissant peut être, que celui que l’on a pour une personne.

Vita commence à écrire en 1919, alors qu’elle a 27 ans : 15 romans, des poèmes, deux recueils de nouvelles composent son œuvre qui la relie au groupe d’écrivains britanniques dit « de Bloomsbury » auquel appartient aussi Virginia Woolf. Vita décrit ce qu’elle connaît, c’est à dire l’aristocratie, la vie dans les grands manoirs à la campagne, l’amour des plantes, des chiens, des jardins.

Ses romans, souvent très courts, parlent de la mélancolie, du ciel anglais en été (il fait presque toujours beau dans ses histoires !) et montrent un profond amour de l’Angleterre. Un style fluide, des intrigues simples avec des personnages bien typés, c’est un régal pour qui est amoureux de l’Angleterre et de ses ciels changeants, des thés sur des pelouses verdoyantes, des parties de cricket disputées par des gentlemen tout de blanc vêtus.

Les dernières années d’une vieille femme sont évoquées dans « All passion spent » (toute passion abolie, 1931). « Grand canyon » composé en 1942 est le seul essai de Vita en science fiction. Elle y imagine les USA envahis par les Nazis. Enfin, son dernier ouvrage, qui paraît juste avant sa mort en 1961, « Escales sans nom » (No signposts in the sea) évoque ses voyages avec son mari entre les deux guerres.

Annie

 

JESSIE

Stephen KING

Gérald Burlingame, avocat réputé à Portland (État du Maine, États-Unis) et son épouse, Jessie, de son nom de jeune fille Mahout, forment un couple depuis une vingtaine d’années. Ce ne devait être qu’un simple jeu sexuel, comme les affectionnait Gérald, dans leur maison de campagne au bord du lac Kashwakamak, agrémentant le petit séjour tranquille.

L’auteur, Stephen King

Jessie se retrouve donc menottée, à la tête du montant du lit « dont les chaînes lui laissaient quinze centimètres de mou. Pas beaucoup de liberté de mouvement ».Jessie cherche vainement à faire comprendre à Gérald que ce petit jeu ne lui convient pas et qu’il la libère de ces menottes. Mais Gérald ne veut rien entendre.

Jessie prise d’une rage soudaine, lui porte deux violents coups de son pied droit et de son talon gauche. Gérald pousse un hurlement et bascule au sol, raide mort. Isolée au milieu de nulle part, nue et menottée, Jessie lutte contre ses peurs qui semblent la mener vers la folie…

Un chien errant, affamé, s’offre un festin de choix en consommant Gérald et plus tard une ombre se glisse dans la pièce et observe Jessie. Celle-ci croit voir le fantôme de son père décédé. En réalité cette silhouette est bien plus inquiétante et redoutable.

Un « huis clos » hallucinant, des scènes d’un réalisme et d’une telle intensité dramatique (mais non dépourvue d’humour) qu’il nous semble « lire un film ».

Ghislaine

Le mystère Henri Pick

David Foenkinos

« Les dernières heures d’une histoire d’amour », manuscrit signé Henri Pick est trouvé dans « la bibliothèque des livres refusés ». Ce secteur original fut crée à Crozon, en Bretagne, par Jean-Pierre Gourvec, veuf et introverti, bibliothécaire d’un très petit village au fin fond du Finistère qui apprend qu’à Vancouver existe la « Brautian Library » pour les ouvrages refusés par les éditeurs.

L’auteur, David Foenkinos

Sa mort n’éteint pas son action qui végète cependant, jusqu’à la visite impromptue d’une jeune éditrice originaire de Crozon. Elle y découvre ce manuscrit qu’elle fait publier avec grand succès mais… qui en est l’auteur réel ? Commence alors un jeu de piste socio-littéraire.

Subtilement, c’est une histoire de mise sous presse avec en broderie romanesque le cheminement d’auteurs malchanceux et de journalistes accros.

Très amusant, voire édifiant.

                                                                                                           Roselyne

 

 

 Un été avec Montaigne

Antoine Compagnon

Une quarantaine d’extraits choisis dans « Les essais » de Michel de Montaigne, sont commentés par Antoine Compagnon, professeur au Collège de France.

L’auteur, Antoine Compagnon

Ces quarante chapitres, concis et vifs, sont issus de petites interventions qui lui avaient été commandées par France Inter pour une émission littéraire. Cela sent encore le commentaire parlé, dans un style alerte ; les sujets, clairement listés dans la table des matières, sont commentés et émaillés de longues citations du philosophe bordelais.

On reste ébloui de se re-souvenir : Montaigne…quel écrivain ! Sur tous les plans, c’est un plaisir délicieux.

Roselyne

 

L’Absente

Lionel Duroy

Ce récit autobiographique commence par un départ vers l’espoir d’un renouveau : Augustin, quelque peu déboussolé par sa famille et son enfance veut retourner en Bretagne. Il espère y retrouver quelque chose de sa vie qui l’attacherait, qui ferait qu’à cet endroit il aurait du plaisir à se tenir, nourri de ce souvenir.

En fait le but de ce voyage c’est d’aller sur les traces de sa mère dont il veut comprendre le caractère, la vie, les causes de sa dépression. Une mère qu’il a détestée toute son enfance. Mais réflexion faite et n’ayant pas retrouvé l’auberge qu’il cherchait, il se souvient que la route de Verdun était somptueuse et change de direction en pleine nuit pour aller à Sainte-Menehould.

L’auteur, Lionel Duroy

Le roman est ce voyage en voiture, une espèce de fuite en avant d’un homme seul, malheureux mais voulant renaître, dormant dans des hôtels simples, attaché à ses deux vélos comme on aime ses enfants, écrivain reconnu qui rencontre même un amour en chemin.

A travers ce livre l’auteur montre aussi combien la lecture et l’écriture ont eu pour lui un rôle salvateur : « je m’en suis sorti enfant parce que je me suis mis à habiter mes livres ». Il s’échappe de la vie quand déprimé elle lui devient insupportable : il va vers un nouveau lieu ou dans un nouveau livre ! Concordance entre le livre et le lieu de refuge. « L’Absente » traduit bien ce lien : c’est un parcours nécessaire à sa survie intellectuelle et psychologique !

« Écrire des choses que nous portons tous plus ou moins en nous mais que nous ne parvenons pas à exprimer, des choses que nous préférons taire parfois ». « J’écris ce que je dois écrire au moment où le livre s’impose à moi, au moment où il est prêt à venir, et je me moque de savoir si c’est un roman ou autre chose ».

                                                                                                           Josette J.

Croisière autour du monde : 16ème escale

6 mars 2017 by

Nos deux globe trotters en vadrouille autour du monde à bord du Quenn Elisabeth viennent de quitter les côtes australiennes pour aborder en Papouasie Nouvelle-Guinée.

La côte au lever du soleil. Quel calme !

La côte au lever du soleil. Quel calme !

Dimanche 5 mars :

Nous sommes aujourd’hui à Alotau au sud-est de la Papouasie Nouvelle-Guinée. Vous aurez observé que cette escale n’était pas au programme au début. Il va y avoir une seconde escale rajoutée, celle de Kochi au Japon le 19 mars. Elle remplace la journée de mer. Le reste de la croisière ne devrait pas subir de modifications.

La chaleur équatoriale, c’est comme si on vous jetait une couverture chaude et humide sur le corps ! Personnellement, je déteste. Les couleurs sont comme brouillées par la brume omniprésente, tout effort vous fait transpirer, et quand on inspire on a le sentiment d’ingérer de l’eau !

Cérémonie de bienvenue devant le bateau

Cérémonie de bienvenue devant le bateau

C’est ce genre de sensation qui nous a accueillis au sortir de l’atmosphère agréable du bateau. Après avoir assisté à la danse de bienvenue des guerriers, nous avons trouvé un minibus un peu délabré mais, oh miracle, avec l’air conditionné !

Nos guides locaux et deux jeunes anglais avec qui nous partageons le taxi

Nos guides locaux et deux jeunes anglais avec qui nous partageons le taxi

On a fait une balade de 3 heures, avec deux jeunes anglais qui travaillent dans la salle des machines à bord.

Un bain sur une plage oubliée de tous

Un bain sur une plage oubliée de tous

On a pu voir une plage comme avant la venue de l’homme blanc, admirer la vue magnifique sur la végétation du sommet d’une colline (les arbres sont très beaux : palmiers à huile ou à noix de coco, bananiers, lianes de toute sorte…).

Puis un arrêt à un petit marché artisanal où nous avons vu des bois sculptés assez beaux.

Enfin repos à l’ombre dans l’un des deux « hôtels internationaux » comme dit fièrement notre guide Cécilia, et retour à la cabine ou une bonne douche suivie d’une sieste nous remet en forme !

Un jardin de rêve au bord de la mer

Un jardin de rêve au bord de la mer

Enfants costumés

Enfants costumés

Petit marché artisanal : bois sculptés, sacs en tricot, les inévitables casquettes, sarongs etc...

Petit marché artisanal : bois sculptés, sacs en tricot, les inévitables casquettes, sarongs etc…

Barques dans le port d'Alotau

Barques dans le port d’Alotau

Au fond de la baie notre bateau

Au fond de la baie notre bateau

Quand on revient d'excursion, c'est la reine elle-même qui nous accueille !

Quand on revient d’excursion, c’est la reine elle-même qui nous accueille !

A 5 heures nous partirons plein nord pour atteindre l’archipel japonais dans sa partie la plus méridionale, au niveau de l’île d’Okinawa.

Annie

La croisière s’enfume !

5 mars 2017 by

Alors que nos deux globe-trotters parcourent le monde depuis début janvier à bord du luxueux navire de croisière Queen Elisabeth, voila qu’en France, certains se mettent à tousser au vu de l’impact environnemental de cette industrie touristique en plein essor. C’est ainsi que l’émission Thalassa, dans son édition du 20 janvier 2017, s’efforçait de dévoiler « le prix du rêve » des bateaux de croisière.

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Un petit pavé dans la mare de l’industrie touristique des croisières de luxe à bord de véritables immeubles flottants, alors que cette activité florissante et lucrative est en plein essor. En 2016, ce sont plus de 25 millions de passagers qui ont ainsi sillonné les mers du globe à bord de ces gigantesques usines à touristes, un chiffre qui a doublé en 10 ans et qui ne cesse d’augmenter !

L'épave du Costa Concordia, le 22 janvier 2012 (photo © P. P. Cito  /SIPA/ AP)

L’épave du Costa Concordia, le 22 janvier 2012 (photo © P. P. Cito /SIPA/ AP)

Pourtant, l’envers du décor incite à la réflexion comme le dénonce, non seulement ce documentaire de Thalassa, mais bien d’autres, qui pointent une industrie sans scrupule profitant largement de la captivité de sa clientèle et offrant à son personnel des conditions de travail parfois peu enviables. Même le panache de l’équipage en a pris un coup depuis l’épopée peu glorieuse du capitaine du Costa Concordia qui s’était ridiculisé devant le monde entier après avoir non seulement échoué son paquebot géant le long du littoral toscan mais ensuite pris la fuite alors même que l’évacuation des passagers venait tout juste de commencer, un naufrage spectaculaire qui avait fait 32 morts et fortement terni l’image de la compagnie Costa Croisières.

Mais les critiques les plus vives envers l’industrie des croisières de luxe portent surtout sur leur impact environnemental. Ces énormes usines flottantes chargées de milliers de touristes provoquent en effet sur certains lieux fragiles du globe, et en particulier des archipels isolés et relativement préservés, une pression fortement préjudiciable. Et c’est aussi la pollution atmosphérique provoquée par ces immenses paquebots dans leurs ports d’escale qui est de plus en plus pointée du doigt.blog404_phmarseille

On a vu notamment la journaliste de Thalassa, Sophie Rolland, s’intéresser à la qualité de l’air de Marseille, premier port de croisière en France qui accueille désormais chaque année 500 paquebots et 1,7 millions de croisiériste : une manne pour le commerce local et une source non négligeable de pollution en particules fines. Sur le quai où sont amarés les bateaux de croisière qui laisent tourner en permanence leurs moteurs pour assurer la climatisation à bord, les reporters de Thalassa mesurent ainsi plus de 100 000 particules fines par cm³ d’air, cinq fois plus que devant la gare Saint-Charles qui n’est pourtant pas réputée pour être un havre d’air pur !

blog404_phfootingSur le pont supérieur du navire, là où les passagers restés à bord font leur footing quotidien, la teneur en particules fines s’avère même encore 3 à 4 fois supérieure à celle mesurée sur le quai…

L’affaire n’est pas nouvelle, comme le rappelle un article de Marsactu qui évoque l’alerte lancée en 2015 par l’association France Nature Environnement, affirmant qu’un bateau de croisière pollue autant l’atmosphère qu’un million de voitures ! De fait, une étude menée de 2010 à 2013 sur cinq villes méditerranéennes dont Marseille, dans le cadre du projet européen APICE, avait permis de mieux quantifier l’impact de ces bateaux de croisière sur la qualité de l’air de ces villes. A Marseille, l’organisme en charge de la surveillance de la qualité de l’air, Airpaca, estime que cette contribution est globalement de l’ordre de 5 % mais elle est bien évidemment très supérieure à proximité des installations portuaires.

Système d'alimentation électrique des navires de la Méridionale, quai d'Arenc (photo © : E. Bonibi)

Système d’alimentation électrique des navires de la Méridionale, quai d’Arenc (photo © : E. Bonibi)

Une amélioration importante a pourtant été apportée en 2016 grâce à l’installation de bornes électriques permettant d’alimenter à quai les trois navires de la Compagnie méridionale de navigation lors de leurs quelque 500 escales annuelles en provenance de Corse. Le système est encore en phase de test et il faudra attendre cet été pour vérifier qu’il suffit à assurer les besoins en climatisation pendant la durée des escales…Il ne pourrait en tout cas pas être étendu aux immenses paquebots de croisière tant la consommation de ces derniers est considérable.

D’autant que l‘investissement n’est pas négligeable puisqu’il s’élève à 4,4 millions d’euros dont 1,5 apporté par le Grand port maritime de Marseille et 1,7 millions par des subventions publiques de l’État, de la Région, de l’ADEME et du FEDER. Mais cela devrait permettre d’éviter une pollution atmosphérique équivalente, pour chacun des trois navires, à 3 000 véhicules chaque jour pour ce qui est des particules fines et 65 000 véhicules/jour pour les oxydes d’azote. On respire déjà mieux !

L'Harmony of the seas en escale à Marseille (photo © D. Leriche pour Nice Matin)

L’Harmony of the seas en escale à Marseille (photo © D. Leriche pour Nice Matin)

Il n’en demeure pas moins que les autres navires de croisière monumentaux qui fréquentent quotidiennement le port de Marseille restent de gros pollueurs. Le mastodonte « Harmony of the seas », avec ses 362 m de long et ses 72 m de hauteur (l’équivalent d’un immeuble de 20 étages) brûle ainsi à lui-seul 250 000 litres de fuel lourd chaque jour !

Certaines compagnies commencent déjà à équiper leurs navires de « scrubbers » qui permettent de débarrasser les fumées de leurs émissions sulfurées les plus nocives (oxydes de soufre), ne serait-ce que pour respecter la réglementation européenne qui vient de se durcir, mais il s’agirait d’aller plus loin en s’attaquant également aux particules fines, aux oxydes d’azote et au gaz carbonique émis. En attendant, le port de Marseille lance une étude de faisabilité concernant l’installation éventuelle de « scrubbers mobiles », des sortes de gigantesques hottes aspirantes montées sur barges flottante et qui viendraient se positionner le long des navires à quai pour retraiter leurs fumées et retenir les éléments les plus polluants.

Système mobile de traitement des fumées à Los Angeles (photo © D. R.)

Système mobile de traitement des fumées à Los Angeles (photo © D. R.)

De tels systèmes mobiles sont d’ores et déjà déployés dans le port de Los Angeles et pourraient servir d’exemple. A terme, la solution la plus raisonnable serait cependant que l’ensemble des navires de croisière s’équipent pour fonctionner au gaz naturel liquéfié nettement moins polluant. Cette technologie permet en effet d’éliminer presque entièrement les rejets d’oxydes de soufre et d’azote, tout en réduisant de moitié les émissions de particules fines et d’un tiers celles de CO2. Certaines compagnies commencent à mettre en chantier de tels navires et Marseille se prépare déjà à les accueillir en aménageant une plateforme d’avitaillement grâce au terminal méthanier de Fos-sur-Mer.

Tout indique donc que le port phocéen s’installe durablement comme escale de ces usines flottantes à touristes, même si beaucoup préféreraient envisager un mode de développement un peu moins artificiel. Espérons du moins que la technologie de ces mastodontes des mers évoluera assez vite avant que l’air de la Cannebière ne devienne définitivement irrespirable…

L.V.  lutinvert1small

Croisière autour du monde : 15ème escale

4 mars 2017 by

La croisière autour du monde à bord du Quenn Elisabeth se poursuit, avec des nouvelles de la Grande barrière de corail où nos deux correspondant viennent de jeter l’ancre après une escale à Brisbane, en Australie.

Plage artificielle en ville : un mur la sépare de la haute mer en protection contre les crocodiles d'eau salée

Plage artificielle en ville : un mur la sépare de la haute mer en protection contre les crocodiles d’eau salée

Jeudi 2 mars :

Cairns est une ville moyenne de 160 000 habitants située au bord de la mer sur une plaine basse et marécageuse. C’est le domaine du « crocodile d’eau salée » un animal beaucoup plus dangereux que les crocodiles d’eau douce. Une bonne partie des rives de Cairns sont d ailleurs souvent interdites à la baignade.

Cairns est à 2 200 km au nord de Sydney. La ville exporte des minerais et du sucre, avec des plantations de canne dans toute la région. Mais sa plus grande richesse reste le tourisme. La ville jouit d’un climat tropical chaud qui permet de profiter de la nature 12 mois par an.

Arrivée des touristes dans cette banlieue de Cairns

Arrivée des touristes dans cette banlieue de Cairns

Enfin, il y a la grande barrière de corail ! Elle s étend sur 2 600 km au large de Cairns et remonte jusqu’à la pointe la plus au nord de l’Australie. Elle couvre une superficie totale de 350 000 km2, soit presque autant que l’étendue d’un pays comme l’Allemagne, par exemple, qui couvre 357 000 km2!

La barrière est constituée de coraux de centaines d’espèces différentes. Certains sont juste sous la surface de l’eau, d’autres sont beaucoup plus profonds. La barrière abrite de tès nombreuses espèces vivantes : algues, fruits de mer, étoiles de mer, méduses…

Demain vendredi, je vais aller retrouver ce milieu marin exceptionnel que j’ai déjà vu il y a une dizaine d’années et qui m’a laissé un souvenir ébloui…

Embarquement sur le catamaran vers la barrière de corail

Embarquement sur le catamaran vers la barrière de corail

Vendredi 3 mars :

Il a plu toute la journée à Cairns ! Le déluge ! De ces pluies tropicales d’eau chaude, caractéristiques de cette région. C’est que la saison des pluies n’est pas terminée…

Robert, qui n’aime pas beaucoup l’eau, est allé se balader à Cairns pendant que j’allais revoir les récifs coralliens que j’avais déjà vus il y a une dizaine d’années. J’avais un peu peur de ce que j’allais trouver : on parle tellement de destruction de ces coraux par l’homme, du fait de la surexploitation touristique et en raison du réchauffement climatique…

Eh bien, bonne nouvelle ! Les coraux sont apparemment en bonne santé, colorés, variés en formes et en couleurs.… Par contre, alors qu’il y a 10 ans les poissons pullulaient tot autour, aujourd’hui il y en a, bien sûr, mais beaucoup moins nombreux. Est-ce dû à la saison ? Je ne sais pas !

En tous cas, ce fut une journée superbe. Arrivés sur le récif vers 11 h, on a pris pied sur un ponton flottant de 55 m de long où on a pu se mettre en maillot et récupérer notre équipement, palmes, masque et tuba. Pour ceux qui le voulaient, il y avait des combinaisons de plongée mais je m’en suis passée !

Les coraux sont au maximum à 2,30 m de la surface. Il suffit donc de nager le masque dans l’eau pour admirer des jardins sous marins dignes de « la petite sirène » d’Andersen !

Un bateau à fond de verre nous a transportés un peu plus au large et nous avons pu voir un coquillage géant, de ceux qu’on appelle benitiers, et même une belle tortue à la carapace presque dorée qui nous a croisés sans aucune crainte.

On nous a ensuite servi un bon déjeuner avec de délicieuses crevettes et nous n’avons regagné « notre Queen » qu’à 5 heures de l’après midi.

Samedi 4 mars :

Aujourd’hui il fait très beau, la mer est d’huile…

Demain nous allons voir les cannibales de PNG (Papouasie Nouvelle-Guinée). Vous pensez que je plaisante mais la guide nous a dit très sérieusement que cette coutume était encore pratiquée dans les zones reculées !

C’est promis, nous ne quitterons pas le bord de mer… et puis on n’a pas trop peur, on se dit qu’on est un peu trop vieux pour leur faire envie ! De plus ils n’aiment pas la viande blanche paraît-il…..!

Annie

Croisière autour du monde : 14ème escale

1 mars 2017 by

Nos deux croisiéristes à bord du Queen Elisabeth poursuivent leur périple autour de l’Australie : après une escale à Sydney, les voici désormais à Brisbane.

 Nos deux reporters sous un « arbre bouteille » qui aurait plu à Botero !

Nos deux reporters sous un « arbre bouteille » qui aurait plu à Botero !

Mardi 28 février :

Brisbane est une ville de 2 000 000 d’habitants, située au bord du fleuve Brisbane (du nom d’un gouverneur des Nouvelles Galles du Sud).

L’Australie est composée de 6 états : Western  Australia, Northern territory, Queensland, New South Wales, Victoria, South Australia, plus la Tasmanie au sud. A Sydney, nous étions dans les Nouvelles Galles du Sud. A Brisbane, nous voila dans le Queensland.

C’est un pays plat, où les colons s’installèrent dès 1842. La tribu des Turball, venue du détroit de Torres, nommait la ville Mian Jin.

Le plus grand hôtel de la ville dans un bâtiment victorien

Le plus grand hôtel de la ville dans un bâtiment victorien

Nous n’avons pas prévu d’excursions et allons nous balader au gré de nos envies. Il faudra être de retour pour 18 h, le départ étant prévu à 18 h 30.

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blog402_phgrattecielUne petite balade sur le fleuve nous a permis d’admirer l’architecture ultra moderne de la ville, avec des gratte-ciel tout en verre dignes des USA.blog402_phguerre

 

Le monument aux morts des deux guerres mondiales mérite le coup d’œil : c’est émouvant d’y lire comme lieux de bataille La Somme, Amiens…

 

 

 

Mercredi 1er mars :

Nous voici de nouveau au large : deux jours de mer nous attendent pour atteindre Cairns et la grande barrière de corail….

Je vais profiter de ces deux jours de mer pour vous parler un peu de la nourriture sur le bateau. Au 9ème il y a le Lido : il est ouvert presque 24 h sur 24. Le matin, il fait le petit déjeuner sous forme de buffet, plus copieux que je ne saurais dire ! A midi, il sert le déjeuner toujours en buffet et toujours très bon. A 4 h il sert le the à l’anglaise avec scones, crème fouettée et confitures, petits sandwiches au pain de mie fourrés au saumon, concombre (très british !). Le soir, dîner buffet et, avec supplément d’environ 18 dollars, repas typiques changeant tous les soirs : indien, mexicain, chinois…

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Un stand « pizza » existe aussi. Votre pizza est préparée devant vous et vous en choisissez les ingrédients. Ce n’est pas mauvais mais un peu fade car sans thym, ni romarin, ni huile d’olive ! A éviter si on aime la vraie pizza comme à Naples !

blog402_phbritanniaAu 2ème et 3ème (sur deux niveaux donc), le Britannia vous accueille pour un petit déjeuner servi à table (sympa mais un peu long) et un déjeuner idem. Le soir, nous y avons notre table réservée  depuis le début du voyage. Un repas de 3 plats, service grand style, sommelier, musique d’ambiance… Le grand chic, quoi !blog402_phannie

Maintenant si vous payez votre cabine plus chère ou si vous prenez une suite (ce qui n’est pas notre cas), vous aurez droit à des restaurants pour les « happy few » comme le Princess Grill, le Queen Grill, le Britannia club.

Enfin, la cuisine française se trouve à « la verandah », pont 2. On la dit très bonne, mais nous n’avons pas essayé ! Le supplément est de 25 dollars pour le lunch, et 35 pour le diner.

J’ajoute qu’à tout moment de la journée et de la nuit, the, café, boissons fraîches, biscuits sont disponibles.
En somme, il est difficile de ne pas prendre du poids sur un bateau comme celui-ci !

Annie

Croisière autour du monde : 13ème escale

27 février 2017 by

La croisière autour du monde de nos deux voyageurs à bord du Queen Elisabeth se poursuit. Après une escale en Nouvelle-Zélande, ils arrivent désormais en Australie, à Sydney.

Nos deux reporters devant Harbour bridge à Sydney

Nos deux reporters devant Harbour bridge à Sydney

Vendredi 24 février :

Nous arriverons demain à Sydney. Tout le monde est impatient !

En attendant, voici quelques généralités sur cette ville fascinante et dont nous sommes tombés amoureux dès notre premier voyage en 2007.

C’est la plus grande ville d’Australie avec 4 200 000 habitants mais ce n’en est pas la capitale qui est Canberra, une ville nouvelle à égale distance des deux mégapoles qui se disputaient l’honneur d’être capitale : Sydney et Melbourne.

La baie, tres découpée et offrant un mouillage idéal, a été découverte par Cook (encore lui !) en 1770, mais ce n’est qu’en 1788 qu’arrive le premier lot de bagnards (convicts) qui vont peupler ce véritable continent avec l’aide, si l’on peu dire, de prostituées et voleuses tirées des prisons londoniennes.

Après ce début peu reluisant, ce sera une « succes story » : des émigrants affluent de partout, surtout au moment de la découverte de métaux et pierres précieuses. A Sydney, on compte à peu près 100 nationalités d’origine différentes, dont 50 % d’Europe et 22 % d’Asie.

Durant nos deux jours d’escale nous espérons voir ou revoir le magnifique jardin botanique avec ses chauves souris et ibis blancs, mais aussi l’opéra construit en 1973 par le danois Joern Utzon qui est à Sydney ce que la Tour Eiffel est à Paris !

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Nous circulerons sur les mignons ferries qui se croisent sans cesse dans la baie. Nous flânerons dans le beau jardin chinois de l’amitié. Nous boirons un pot sur Circular quay avec ses bars et ses restaurants. Nous irons voir quelques musées. Nous ferons du shopping dans le quartier des Rocks, un ancien quartier de débauche et de bordels qui a été joliment rénové et qui est tres « tendance » aujourd’hui.

Vous aurez des photos de tout cela au fur et à mesure ! Amitiés.

blog401_phsydney1Samedi 25 février :

Ce matin il pleut dru sur la ville de Sydney ! Au fond Harbour bridge, puis le Queen Mary 2 que nous croisons pour la première fois. Au premier plan, un des nombreux ferries qui parcourent la ville par la mer.

Ce n’est vraiment pas le temps idéal pour visiter ! Souhaitons qu’il fasse meilleur demain !

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Dimanche 26 février :

blog401_phhyattAprès cette première journée si pluvieuse, Sydney, en ce dimanche matin, nous a offert son visage le plus beau sous un ciel d’une pureté magnifique. Nous avons flâné de Circular  quay au marché artisanal, avons bu un café dans un hôtel du quartier des Rocks et avons même craqué pour une lithographie par un peintre local qui, par ses couleurs, nous évoque Dufy ou les impressionnistes.

Quelques photos de notre deuxième journée à Sydney : un ferry jaune et vert passe devant l’opéra, un selfie devant Harbour bridge…

Depuis le Hyatt plaza, nous avons une vue superbe de notre bateau amarré en plein centre…

Annie

A Carnoux, les poissons sentent l’huile de friture…

25 février 2017 by

Tout le monde a tendance à l’oublier, mais le vallon dans lequel s’est établie la ville de Carnoux-en-Provence est le siège d’un oued, un vallat sec qui rejoint, en contrebas de l’autoroute, le Merlançon (issu de La Bédoule), lequel va ensuite se jeter dans l’Huveaune à Aubagne. Comme tout oued, il lui arrive de subir des crues, parfois meurtrières comme cela avait été le cas pour le Merlançon le 26 août 1986. La ville de Carnoux est d’ailleurs sujette au risque inondation, principalement du fait des nombreux dysfonctionnements de son système de gestion des eaux pluviales globalement sous-dimensionné par suite du développement anarchique de la ville depuis les années 1960.

Le ruisseau de Carnoux en contrebas de la RD 41E (photo prise le 10 novembre 2012)

Le ruisseau de Carnoux en contrebas de la RD 41E (photo prise le 10 novembre 2012)

Tout laisse penser néanmoins qu’avant l’urbanisation de ce vallon, l’oued ne devait être en eau que pour de courtes périodes consécutives aux épisodes pluvieux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et la partie visible du cours d’eau, qui sert de fossé pluvial bétonné en contrebas de la route départementale RD 41E, entre le rond-point des Barles et la limite Est de la commune, coule désormais quasiment toute l’année, en dehors de quelques rares périodes sèches. Car le ruisseau a été transformé en exutoire pluvial de la ville de Carnoux : toutes les eaux plus ou moins souillées qui s’épandent sur la chaussée, y compris au niveau de la zone industrielle, mais aussi les vidanges de piscines et les pompages permanents d’exhaure finissent tous dans le ruisseau, sans le moindre traitement !

Sortie à l'air libre du ruisseau de Carnoux en aval du rond-point des Barles

Sortie à l’air libre du ruisseau de Carnoux en aval du rond-point des Barles

Le ruisseau de Carnoux bizarrement orangé le 6 octobre 2014

Le ruisseau de Carnoux bizarrement orangé le 6 octobre 2014

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le cours d’eau, dans la partie où il s’écoule à l’air libre, à partir du rond-point des Barles, ressemble plus à un égout à ciel ouvert qu’à un ruisseau, avec des eaux qui passent par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel au gré des produits qui y ont été déversés par les habitants et les entreprises de Carnoux…

Durant toute la traversée de la ville le ruisseau est en effet purement et simplement busé, ce qui est bien commode pour éviter d’avoir à se poser trop de questions existentielles quant à ce qu’on y rejette. On voit ainsi, au gré du parcours du ruisseau, des huiles de vidange et des solvants qui sont versés directement par les « bouches d’égout » installées le long des bordures de trottoirs, mais qui en réalité communiquent directement dans le ruisseau.

Regard sur le réseau d'eaux pluviales le long de la place du marché

Regard sur le réseau d’eaux pluviales le long de la place du marché

Des travaux ont pourtant été fait tout récemment en vue du réaménagement du centre-ville et on pourrait penser que l’esplanade où se tient le marché de Carnoux deux fois par semaine est au minimum muni d’une bouche d’évacuation reliées au réseau qui permet d’évacuer les eaux usées vers la station de traitement (située à Marseille près du stade Vélodrome). Mais il semble bien que rien de tel n’ait été prévu et on peut voir les commerçants déverser leurs huiles de friture usagées directement dans le réseau d’eau pluvial via les regards protégés par les grilles en fonte le long de la rue, autrement dit directement dans le ruisseau qui coule en dessous !

blog400_phruisseauC’est bien dommage pour la qualité de l’eau du Merlançon et de l’Huveaune en aval, pour lequel sept communes se sont pourtant regroupées au sein du Syndicat intercommunal du bassin versant de l’Huveaune qui pilote depuis 2015 un contrat de rivière doté d’un budget global de 18 millions d’euros en vue d’améliorer la qualité de ce milieu aquatique remarquable et d’en protéger les abords contre le risque d’inondation. La cohérence aurait voulu que la commune de Carnoux adhère au syndicat et participe à ce contrat de rivière dans une logique bien comprise de solidarité amont-aval.

Mais, comme à l’acoutumée, la municipalité a préféré joué les égoïstes et se soucie comme d’une guigne de ce qui se passe en aval de son territoire. Plutôt que de chercher à retenir autant que possible les eaux de ruissellement en amont et favoriser leur infiltration, elle bétonne à outrance, imperméabilise le moindre espace et élargit les tuyaux d’évacuation afin d’accélérer encore les flux qui iront inonder nos voisins en aval. Quant à la qualité des eaux qui alimentent l’Huveaune via le ruisseau de Carnoux, mieux vaut ne pas regarder de trop près ce qu’elles contiennent : assurément, les huiles de fritures que le vendeur de paëlla et ses collègues forains y déversent deux fois par semaine ne sont certainement pas les produits les plus nocifs qui s’y retrouvent ! Avis aux pêcheurs qui taquinent le goujon sur les berges de l’Huveaune : si le poisson sent un peu l’huile de friture, c’est qu’il baigne dans des eaux qui ont transité par le très buccolique vallon de Carnoux…

L.V.  lutinvert1small

Croisière autour du monde : 12ème escale

23 février 2017 by

blog399_phplage1Partis pour un demi-tour du monde à bord du Queen Elisabeth, nos deux voyageurs sont désormais en Nouvelle-Zélande où ils ont d’abord fait escale à Auckland.

 

 

Mercredi 22 février :

On appelle « Bay of islands » la région située tout au nord de l’île du nord, c’est à dire à environ 150 km d’Auckland. Tout va bien, il fait beau et chaud. Normal nous sommes à l’extrême nord…mais de l’hémisphère sud !

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C’est un endroit fabuleux avec environ 160 îles, dont certaines minuscules, protégeant des baies et de multiples passages… C’est ici que les Britanniques se sont implantés au début, malgré l’hostilité des Maoris.

Nous avons jeté l’ancré au large de Paihia, une des villes les plus animées du coin et qui est un peu la Côte d’Azur de la Nouvelle Zélande. Comme la ville n’a pas de port nous avons dû gagner la terre par des chaloupes appelées « tenders ».

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La petite ville est charmante et propose beaucoup d’activités diverses : nager avec les dauphins, gagner une ile voisine en ferry, faire du parachute ascensionnel, découvrir le pays en hélicoptère… De belles plages de sable et des bars sur pilotis en bord de mer ajoutent à son charme.

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Nous y avons passé la journée et dès 17 h sommes repartis en direction de Sydney que nous atteindrons le 25. Nous y resterons le 26 puis prendrons la route du nord vers Brisbane et Cairns.

Annie

Croisière autour du monde : 11ème escale

21 février 2017 by

En croisière à bord du Queen Elisabeth, nos deux voyageurs parcourent l’Océan Pacifique : après les îles Samoa, une escale manquée dans les Tonga….

Dimanche 19 février :

Les îles Tonga c’est cela: des assiettes vertes posées sur la table de la mer ! Malheureusement nous n’en avons pas vu davantage…. Le temps est devenu mauvais avec un vent à 32 noeuds et la passe pour entrer dans le port est étroite et bordée de récifs. Très sagement, le capitaine a décidé de renoncer à l’escale et a repris la mer en direction d’Auckland en Nouvelle-Zélande.

Nous devions y arriver mardi mais il a pu obtenir une place à quai pour lundi soir. C’est donc ce soir que nous retrouverons cette ville où modernisme et reliques de l’ère victorienne cohabitent harmonieusement.

La mer est de nouveau forte. Il a plu cette nuit mais le soleil chasse peu à peu les nuages. Comme chaque matin je reviens de faire ma demi-heure de gym, vélo, tapis roulant, haltères… Il faut se forcer un peu pour sortir du lit avant 7 heures mais en définitive ça fait du bien avec une bonne douche en prime !

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blog398_phsallereposVoici quelques photos des installations de la salle de « fitness » comme on l’appelle, avec ses douches, ses salles de repos et son sauna. blog398_phsauna

Il y a aussi les coiffeurs, pédicures et manucure, salles de massages et traitements de beauté. C’est un endroit bien agréable que je fréquente tous les jours.

 

Lundi 20 février :

Auckland, avec ses 1 400 000 habitants est la plus grande ville de tout le Pacifique. Elle a été la capitale de la Nouvelle-Zélande de 1840 à 1865. Aujourd’hui, c’est Wellington.

La colonisation britannique n’y a pas été facile. Les Maoris se sont défendus longtemps à partir de leurs villages fortifiés, les « pa ». En 1840, le capitaine Hobson signe, au nom de la couronne, le traité de Waitangi. Très contesté, encore aujourd’hui, il donne lieu à 40 années de guerres, les  land wars. En fait les aborigènes n’avaient pas pleinement compris ce à quoi ils s’engageaient en signant le traité.

Auckland a été surnommée la ville des voiliers. Le vent toujours présent, permet de nombreuses compétitions. En entrant dans le port, on est accueilli par le cône volcanique de Rangitoto qui a surgi de la mer il y a seulement 600 ans.

C’est Cook qui a, le premier, fait le tour des deux îles et en a dressé la carte. Auckland possède 3 belles plages et de nombreux musées dont le plus grand concerne la civilisation maori et se trouve au milieu d’un parc verdoyant magnifique « the domain ».

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A notre arrivée, le temps est beau mais un peu frais. Nous attendons pour débarquer que les autorités nous donnent le feu vert…

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blog398_phraieEn balade en bus nous visitons un aquarium, puis nous promenons à travers la ville de nuit… Quand vous traiterez quelqu’un de « gueule de raie », sachez de quoi vous parlez ! Et ne restez pas médusés devant ces bestioles élégantes !blog398_phmeduses

Annie

Prochaine conférence : école et société, comment lever le malentendu ?

19 février 2017 by

L’école et l’éducation constituent à la fois un enjeu politique et un terrain de conflits qu’il faut aborder clairement sans s’abriter derrière des faux fuyants ou des présupposés non explicites. On peut y retrouver tous les choix qui dépendent de convictions philosophiques ou religieuses, d’idéologies (surtout lorsqu’elles prétendent ne pas en être), d’intérêts personnels ou de groupes, de situations sociales. Transformer des usagers en clients, par exemple, n’est pas anodin : pouvons-nous être sereinement des consommateurs d’école ?

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Nous sommes bien au cœur de la politique, entendue dans son sens de choix de vie sociale et de rapports entre individus et collectivités (ou de communautés ?). Choix pour lesquels, aujourd’hui, on ne peut plus se contenter d’une démocratie représentative (soumise aux aléas médiatiques et politiciens) influencée par des experts sans contrôle et des sondages sans lisibilité laissant cours à toute démagogie et à un « clanisme » constituant d’écuries présidentielles… Repenser l’École ne peut être le privilège d’aucun spécialiste !

dessinchatLe Cercle Progressiste Carnussien cherche à faire vivre les valeurs citoyennes et toutes les idées progressistes dans leur diversité et leur richesse. Pour cela les conférences du CPC sont devenues, au fil des ans, un lieu de rencontre permettant l’information et la participation au débat entre citoyens sur l’évolution des institutions qui permettent la vie en société. L’École, à travers ses différentes composantes (maternelle, primaire, secondaire, université) a été et demeure un enjeu majeur pour l’apprentissage de la vie collective, pour la transmission des savoirs, pour l’étude les grandes questions d’aujourd’hui et de celles qui sont devant nous…

Les dernières évaluations PISA montrent, pour la France, que l’Éducation nationale ne parvient pas à améliorer la réussite des élèves les plus faibles, cela même si les critères généraux retenus ne sont pas pleinement pertinents. En effet, comment comparer la performance des élèves français à leurs condisciples coréens ou chinois quand on sait que ces derniers suivent aussi des cours  supplémentaires organisés après l’école !dessinfayot

Plusieurs sujets peuvent être mis en débat : L’école est-elle sélective ? Comment donner à tous l’envie d’apprendre ? Comment concevoir un enseignement qui favorise le fait d’apprendre et de réussir ensemble ? Comment avoir confiance dans l’école et dans sa capacité à faire réussir ? Pourquoi enregistre-t-on une augmentation sensible des demandes d’inscription dans l’enseignement privé ? Fait-on le choix d’une école pour les bons élèves ou d’une école pour tous ? Comment motiver les élèves pour l’école ? Comment construire une société d’avenir  pour tous les élèves ? Et la liste n’est pas exhaustive...

Cependant des voies d’avenir, des projets se dessinent pour améliorer l’efficacité de l’École. Certes les défis sont énormes, mais il y a des raisons d’espérer. Le thème retenu est ce point crucial autour duquel s’orienteront les échanges : École et Société, comment lever le malentendu ?

La conférence débutera sous forme d’une table ronde alimentée par quatre courtes interventions mettant en lumière des solutions ponctuelles qui surgissent dans l’école. Ces initiatives parfois ignorées ou marginalisées contredisent le fatalisme ambiant. Leur dévoilement permettra d’échapper aux lieux communs qui polluent le débat et fourniront des pistes à explorer pour l’avenir.

afficheconfecoleLes quatre intervenants, Laurent Mauneau (professeur des écoles spécialisé, enseignant référent pour la scolarisation des élèves handicapés), Michel Motré (instituteur puis professeur en zone d’éducation prioritaire et enfin inspecteur pédagogique régional en arts plastiques, ex-directeur de la délégation académique à la formation et à l’innovation pédagogique), Michel Neumayer (ex professeur en collège, puis formateur d’adultes, animateur du GFEN en Provence, le Groupe français pour l’éducation nouvelle, et membre du Lien international d’éducation nouvelle) et Jacques Tonnelle (ex professeur de mathématiques, formateur à l’IUFM et au DEA Didactique des mathématiques) exposeront des initiatives (expérimentations, innovations ou pratiques pédagogiques) probantes visant à éclairer le public avant que s’engage l’échange avec la salle.

L’École pourrait peut-être participer, par ses pratiques, (conseils, coopératives, élaboration des projets, productions d’élèves, apprentissage du débat…) de l’émergence d’une démocratie délibérative et participative? À condition que des zones de pouvoir (que peut-on décider dans la classe, dans l’école…?) soient instaurées et de ne pas sombrer dans la réunionnite aiguë. Resterait aussi à évaluer les réformes qui ont avorté ou ont été abandonnées. Peut être, aussi, à condition que se constitue une nouvelle association de chasseurs, défenseurs d’une écologie de la pensée : les chasseurs d’idées reçues…

dessinreformeNe pas oublier : vous êtes donc invités cordialement à cet échange ouvert à tous qui se tiendra jeudi 16 mars 2017 dans la salle du Clos Blancheton à Carnoux-en-Provence, à partir de 18h30.

J. Tonnelle

Croisière autour du monde : 10ème escale

18 février 2017 by

blog397_phstevenson3Nos deux croisiéristes à bord du Queen Elisabeth poursuivent leur demi-tour du monde et viennent de débarquer aux îles Samoa après plusieurs jours dans l’Océan Pacifique.

Jeudi 16 février :

La journée du 16 février à marqué notre premier contact avec l’île de Upolu et sa capitale Apia. Je ne sais pas si vous penserez comme moi, mais le mot Samoa m a toujours été très évocateur de végétation luxuriante, d’indigènes au corps peint et d’aventures de toutes sortes. Or, quand on a fantasmé longtemps sur une carte du Pacifique sud, on est parfois déçu quand la réalité se présente à vous….blog397_phulopu2

Cela n’a pas été le cas du tout cette fois et l’île nous a enchantés même si les « natifs » sont pudiquement vêtus de chemises à fleurs et de longs sarongs.

blog397_phcathedraleNous avons simplement loué un taxi pour la journée (nous étions quatre, avec un couple ami : ça n’a donc pas été ruineux !). Partis d’Apia, petite ville dont nous avons vu la belle cathédrale catholique (20 % de la population est en effet catholique) consacrée tout récemment en 2016.

Nous sommes ensuite montés vers le nord pour voir Vailima, la magnifique maison construite par Robert Louis Stevenson et où l’auteur a passé les quatre dernières années de sa vie.blog397_phstevenson2

La maison contient encore la plupart de ses meubles, ses livres, des photos… C’est très émouvant.Un jardin paradisiaque et tout fleuri l’entoure. La maison, construite en bois, est entourée de coursives ombragées et délicieusement fraîches en cette matinée déjà chaude, N’oublions pas que nous sommes à l’équateur !

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blog397_phulopuToujours vers le nord nous nous sommes arrêtés pour voir la cascade de Papapapaitai, dans un écrin de verdure tropicale, puis nous avons atteint un temple un peu inhabituel : sans prêtre et consacré à la méditation toutes religions confondues. Il n’y a que 8 temples de ce genre dans le monde et un seul en Europe, en Allemagne. Là encore, un jardin magnifique entoure la propriété.

Atteignant la côte nord enfin, nous avons découvert une plage de carte postale (voyez les photos !) où nous avons déjeuné au frais puis avons pris un des bains les plus mémorables de ma vie !

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Retrouvant Apia, nous avons flâné dans le petit marché installé, commodément pour nous, au pied de notre bateau !

De retour dans notre cabine, une bonne sieste réparatrice nous a remis en forme pour la soirée !

Annie