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Les dessous de la Présidentielle 2017

13 mars 2017

Depuis les débuts de la Ve République, jamais élection présidentielle en France n’avait revêtu un visage aussi suprenant que celle qui se profile à l’horizon. Pour la première fois sans doute un président sortant ne se représente pas après avoir fait un seul mandat de 5 ans, comme si les Français étaient devenus à leur tour des adeptes du zapping. La mise en œuvre des primaires à l’Américaine a fait des ravages du côté des ténors de la vie politique dont les principaux ont été balayés, et quant au bipartisme traditionnel, il paraît bien oublié !

A six semaines du premier tour, les sondages laissent en effet transparaître une répartitition des suffrages en quatre blocs quasi équivalents, représentant chacun, peu ou prou, un quart de l’électorat. Celui qui semble avoir toutes les chances de virer en tête au second tour est bien entendu le Front National de Marine Le Pen qui devrait sans difficulté rééditer le schéma de 2002, sauf que cela ne sera plus une surprise pour personne puisque c’est désormais ce qu’on observe lors de toutes les élections qui se suivent et se ressemblent beaucoup.

En réalité, la surprise vient plutôt de la Droite dont le candidat est singulièrement affaibli par la présence de l’ex-ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, qu’on qualifiera de centriste faute de savoir clairement où le positionner sur l’échiquier politique et qui pour l’instant dépasse dans les sondages son rival étiqueté LR.

Quant à la Gauche, elle se positionne pour la première fois depuis bien longtemps sur un programme réellement à gauche et les sondages lui donnent globalement un score proche de 25 % qui pourrait lui permettre d’accéder au second tour. Sauf que, contrairement aux trois autres blocs, elle n’a pas été capable de se rassembler derrière un candidat unique, ce qui ruine définitivement ses chances de ne pas être éliminée dès le premier tour ! De ce point de vue, Jean-Luc Mélanchon porte une lourde responsabilité, lui qui a refusé l’idée même de participer à la primaire de la Gauche alors qu’il se revendique clairement de gauche, et qui rejette désormais toute idée de dialogue avec son acolyte Benoît Hamon alors qu’on serait bien en peine de trouver la moindre différence idéologique dans le contenu de leur programme.

Les électeurs de gauche seront donc contraints de se reporter sur le banquier Macron s’ils ne veulent pas devoir arbitrer une fois de plus au second tour entre la Droite filloniste et l’Extrême-Droite lepéniste, comme c’est désormais le cas à chaque élection… En attendant, ils peuvent du moins se réjouir du spectacle croquignolesque qui se déroule à droite de l’échiquier politique autour du candidat François Fillon, mis en réelle difficulté suite aux révélations du Canard enchaîné quant aux sommes astronomiques qu’il a fait verser pendant des années à son épouse et à certains de ses enfants pour des emplois vraisemblablement fictifs.

Après avoir endossé, pendant toute la campagne des primaires, le costume du candidat intègre et vertueux, distribuant des leçons de morale à ses petits camarades Nicolas Sarkozy, mis en examen dans de multiples affaires, et Alain Juppé, jadis condamné pour détournement de fonds publics, le voilà bien en peine pour justifier les sommes énormes qu’il a ainsi soustraites pour son usage personnel. Après avoir clamé haut et fort qu’il se retirerait de la campagne s’il devait être mis en examen, le voila qui change brusquement de discours lorsqu’il se retrouve effectivement dans cette situation, criant au complot politique et ameutant ses amis de la droite la plus conservatrice pour organiser une démonstration de force devant le Trocadéro. Après avoir affirmé pendant toute sa (longue) carrière politique qu’il ne céderait jamais aux démonstrations de force de la rue et proposé encore en juin dernier d’interdire toute manifestation, le voila qui fait venir ses troupes par trains spéciaux et autocars pour montrer à son parti qu’il ne se laissera pas arrêter par quelques ennuis judiciaires momentanés et qu’il compte rester à tout prix le candidat de la Droite.

Du coup, le spectacle des élus LR et UDI clamant haut et fort vendredi dernier qu’il fallait déloger le « forcené » en actionnant un « plan B », et l’acclamant le lundi en lui renouvelant leur soutien unanime, ne manque pas de sel, à défaut de nous rassurer quant à la sincérité de ces mêmes responsables politiques. Le plus drôle de l’affaire est que c’est, semble-t-il, l’inoxydable Nicolas Sarkozy qui a mené la manœuvre, lui que l’on croyait retiré de la vie politique pour se consacrer à l’hôtellerie de luxe.

Si l’on en croit les informations du Canard enchaîné, le 3 mars dernier, Sarkozy était persuadé que son ancien « collaborateur » serait obligé de renoncer, la manifestation du Trocadéro prévue deux jours plus tard n’étant qu’un baroud d’honneur. Il a donc contacté Alain Juppé en promettant de soutenir la candidature de ce dernier, à condition qu’il s’engage à prendre comme Premier ministre son petit protégé, le maire de Troyes François Baroin, ancien chiraquien pur sucre, devenu sarkosiste par opportunisme.

Mais le maire de Bordeaux réserve sa réponse. Dimanche matin, ne voyant toujours rien venir, Sarkozy s’énerve et entame cette fois les discussions avec François Fillon à qui il propose son soutien, à condition que ses proches en soient récompensés : Laurent Wauquiez à la tête du parti et François Baroin à Matignon. Il faut dire que Fillon est difficile à déloger après sa victoire aux primaires et alors qu’il a déjà fait main basse sur le trésor de guerre de LR dont il détient les cordons de la bourse…

François Fillon au Trocadéro, le 5 mars 2017 : quand même la pluie s’en mêle… (photo copyrigth AFP)

Toujours est-il que la présence des sarkozistes à la tribune du Trocadéro aux côtés de François Fillon a achevé de convaincre Alain Juppé que l’ex chef de l’État le mène en bateau et qu’il n’a pas d’autre solution que de se retirer. Et voilà pourquoi le comité politique des Républicains qui s’est tenu le lundi 6 mars en soirée s’est transformé en sacre du « repris de justesse », malgré sa mise en examen. Pour être honnête, il n’aurait d’ailleurs guère été plus moral de le remplacer par un Alain Juppé déjà condamné pour des faits d’emplois fictifs. Mais l’affaire a laissé des traces au sein de la Droite où certains ont montré plus de souplesse que d’autres pour suivre ces différents revirements successifs. L’enthousiasme des juppéistes et des centristes, dont l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, à soutenir le candidat LR finalement remis en selle, reste assez modéré, surtout au vu de la forte implication des grenouilles de bénitier de Sens Commun qui se sont très fortement mobilisées pour organiser la manifestation du Trocadéro et ce qui confirment l’ancrage très conservateur du programme de François Fillon.

Bien malin qui dira ce qu’il sortira de cette élection présidentielle. A défaut de rehausser le niveau de confiance et le respect que les Français peuvent légitimement accorder à leurs responsables politiques, au moins le spectacle et ses nombreux rebondissements auront-ils été à la hauteur de l’événement !

L.V.  

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2016 est mort, vive 2017 !

1 janvier 2017

Une nouvelle année vient de se terminer, une de plus ! Elle nous aura apporté, comme toutes les précédentes son lot de malheurs et de désillusions, d’erreurs et de regrets, mais aussi, forcément quelques petits bonheurs et peut-être même de grandes joies en cherchant bien !

Puisque c’est l’occasion de jeter un œil dans le rétroviseur, profitons-en pour nous remémorer certains des événements qui ont jalonné ce cru 2016, au travers du regard de quelques dessins humoristiques parus dans la presse ou relayés sur internet. C’est d’ailleurs l’occasion de rendre un hommage appuyé au talent de ces illustrateurs à qui nous empruntons ces œuvres, et à leur capacité sans cesse renouvelée à tirer profit de l’actualit,é même la plus noire, pour en tirer avec humour et tact, une analyse décalée qui prête à rire mais aussi à faire réfléchir.

La sélection est très personnelle et forcément totalement subjective. Elle n’a aucune autre prétention que de faire sourire à l’issue de cette année écoulée, riche en tragédies de toute sorte et qui n’incite pas forcément à l’optimisme quant à la capacité de l’humanité prise collectivement à surmonter de manière intelligente et constructive les innombrables défis qui nous attendent tous !

C’est en tout cas l’occasion, pour l’équipe qui anime ce blog collectif de souhaiter à tous nos lecteurs, occasionnels ou assidus, une excellente année 2017 en l’espérant aussi riche en rebondissements que celle qui vient de se terminer, avec peut-être un zest supplémentaire de bonnes nouvelles, sait-on jamais ?

L.V.lutinvert1small  

Janvier

Le 27 janvier 2016, la garde des sceaux Christiane Taubira, dernière conscience de gauche du gouvernement de Manuel Valls démissionne en fanfare après des semaines de malaise intense qui se cristallise en particulier autour des débats (finalement avortés) relatifs à la déchéance de nationalité. Elle quitte le ministère de la Justice sur son vélo jaune avec ces mots qui feront date ; « Parfois, résister, c’est partir ». Un dessin de l’illustrateur Ixène.blog375_ph01

Février

Le remaniement ministériel tant attendu a finalement lieu le 11 février 2016 et voit le départ de Laurent Fabius pour le Conseil constitutionnel, remplacé au poste de ministre des affaires étrangères par l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, tandis que trois écologistes font leur entrée au gouvernement. L’ambiance n’est cependant pas à la fête dans ce gouvernement au plus bas dans les sondages à un an de la prochaine échéance électorale présidentielle, comme l’a bien souligné le dessinateur Ysopeblog375_ph02

Mars

Le premier ministre britannique David Cameron négocie avec Bruxelles des conditions financières plus favorables pour son pays en menaçant de quitter l’Union européenne via un référendum s’il n’obtient pas satisfaction. La plupart de ses exigences sont satisfaites, ce qui n’empêchera pas le peuple britannique de voter largement en faveur d’une sortie de l’Union européenne. Ces négociations se passent avec en toile de fond une grave crise européenne due à l’afflux de migrants, provenant notamment de Syrie et face auxquels les pays européens ne savent plus comment se positionner. Un dessin de Cambon.blog375_ph03

Avril

Dans le contexte des manifestations contre la loi sur la réforme du Code du Travail présentée par la ministre Myriam El Khomry, la Place de la République à Paris est occupée à partir du 31 mars 2016 par la mouvement Nuit debout qui rassemble chaque nuit des milieux de citoyens tandis que le mouvement s’étend progressivement à d’autres villes. De nombreuses personnalités tentent de récupérer le mouvement, dont Alain Finkelkraut qui se fait expulser sans ménagement. Pendant ce temps-là, le gouvernement est à la peine, empêtré dans le projet de loi El Khomry : la gauche et les syndicats sont vent debout contre cette réforme qui répond avant tout aux attentes du patronat. Bien que promulguée le 9 août après avoir été fortement édulcorée, la loi continuera de provoquer des manifestations jusque fin septembre. Un dessin de Plantu publié dans Le Monde.blog375_ph04

Mai

En Autriche, les élections présidentielles voient s’affronter au 2ème tour, le 22 mai 2016, un candidat d’extême droite, Norbert Hofer, et un indépendant, Alexander Van der Bellen, ancien chef du parti des Verts. Les deux grands partis traditionnels sont éliminés de ce second tour, ce qui provoque un véritable séisme politique. L’écart de voix entre les deux finalistes est cependant si faible que le résultat est finalement invalidé le 1er juillet et un troisième tour doit être organisé, prévu initialement début octobre puis reporté au 4 décembre. C’est en définitive le candidat écologiste qui remporte ces élections, mais dans un pays où le FPÖ, parti d’extrême droite, reste très fortement soutenu, ce qui augure mal de l’avenir. Un dessin signé Vissecq.blog375_ph05

Juin

A l’occasion des matchs de l’Euro 2016 qui se déroulaient en France et qui se sont soldés par la victoire de l’équipe portugaise contre la France, des supporters russes et anglais se livrent à un déchaînement de violence qui provoque une trentaine de blessés sur le Vieux Port de Marseille le 11 juin 2016. Le lendemain, des hooligans allemands s’en prennent à des supporters ukrainiens. Quelques jours lus tard, c’est une bagarre qui éclate dans un train entre supporters éméchés anglais et gallois. Qui a dit que le sport facilite le rapprochement ? Un dessin réalisé par Deligne et publié sur son site.blog375_ph06

Juillet

Le 14 juillet, un camion conduit par un déséquilibré se revendiquant de DAECH fonce dans la foule assemblée sur la promenade des Anglais à Nice pour admirer le feu d’artifice. Après cet attentat meurtrier, l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi, lance une polémique accusant la police nationale de n’avoir pas suffisamment été présente tandis qu’il pousse la responsable de sa police municipale à remettre en cause le rapport officiel du Ministère de l’Intérieur sur ces événements tragiques. Le dessin de Placide fait référence au camion blanc du meurtrier et à cette polémique déplacée alimentée par la responsable locale de la police municipale aux ordres de Christian Estrosi.blog375_ph07

Août

Pendant tout l’été se prolonge un véritable débat national pour ou contre l’interdiction du burkini, ce fameux vêtement de bain porté par quelques femmes musulmanes intégristes. Plusieurs maires prennent des arrêtés municipaux pour interdire le port de ce vêtement sur les plages. Le Conseil d’État finit par invalider le 26 août 2016 l’arrêté pris par la commune de Villeneuve-Loubet qui interdisait les vêtement religieux ostentatoire sur la plage, rappelant que cette tenue de bain n’est pas attentatoire à l’ordre public. Un dessin de KAK publié sur son site.blog375_ph08

Septembre

La liste des candidats autorisés à concourir à la primaire de la droite et du centre est dévoilée le 21 septembre 2016 par la Haute-Autorité en charge de ce processus. Sept candidats sont finalement dans la course dont une seule femme, Nathalie Kosciusko-Morizet, et aucun candidat du centre, comprenne qui pourra. L’ancien premier ministre, pourtant condamné pour détournement de fonds publics, Alain Juppé est largement favori dans les sondages, devant l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy qui concentre les critiques de son camp du fait des nombreuses affaires judiciaires qui le concernent, relatifs en particulier aux modalités de financement de ses campagnes précédentes. Un dessin de Vadot, publié dans la revue Sandawe.com.blog375_ph09

Octobre

La campagne présidentielle aux États-Unis se termine dans un climat de tension exacerbée par l’élection surprise du milliardaire démagogue et conservateur Donald Trump face à la démocrate Hilary Clinton, considérée comme la candidate du système et fortement critiquée pour son opportunisme politique. Un dessin de Rodho paru dans le magazine Diacritik.blog375_ph10

Novembre

François Fillon remporte haut la main les primaires de la droite en prévision des prochaines élections présidentielles, éliminant dès le premier tour Nicolas Sarkozy qui avait pourtant fait le forcing pour être de nouveau candidat à l’élection présidentielle et à l’immunité judiciaire. Pour la seconde fois de sa carrière, l’ancien président de la République renonce à la vie politique, ce qui devrait lui laisser du temps libre pour s’occuper de sa défense dans les multiples affaires judiciaires dans lesquelles il est empêtré. Un dessin de Fix.blog375_ph11

Décembre

Après un suspens savamment entretenu, François Hollande annonce finalement qu’il ne briguera pas un second mandant présidentiel, ouvrant la porte à une candidature de son premier ministre, Manuel Valls, qui annonce aussitôt qu’il participera à la primaire du Parti socialiste. La cote de popularité du Président de la république était tombée si bas que ce retrait s’imposait. Pour autant, il fallait oser filer la métaphore du désamour et de la désillusion : Gros l’a fait, dans ce dessin paru dans Marianne !blog375_ph12

Enfin débarrassés de Sarkozy !

23 novembre 2016

C’est la bonne nouvelle de ce premier tour des primaires de la droite : Nicolas Sarkozy, l’éternel revenant dont les Français à leur large majorité croyaient s’être débarrassés en mai 2012, ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle. Pour la modique somme de 2 €, plus de 4 millions de Français sympathisant de la droite, ont donc exprimé, ce dimanche 20 novembre, un très net rejet de celui qui fut président de la République de 2007 à 2012.

blog361_dessincourseAvec à peine plus de 20 % des suffrages recueillis, c’est un véritable camouflet qui lui a été infligé, à lui qui affirmait avoir totalement changé et qui rêvait de reconquérir le pouvoir suprême pour se mettre ainsi définitivement à l’abri des multiples affaires judiciaires qui lui collent à la peau et pour lesquels il devrait comparaître bientôt devant la Justice. Après avoir freiné tant qu’il a pu, à coup d’arguties abracadabrantesques, le cours des investigations judiciaires, il va bien devoir désormais répondre enfin devant les juges des multiples accusations dont il est redevable.

Ses adieux à la vie politique, comme les précédents en 2012, ont été empreints de dignité, mais son ralliement à son ancien « collaborateur » et ex-premier ministre, François Fillon n’est peut-être pas dénué de tout calcul politique… Sa longue carrière politique lui a au moins appris à ne jamais insulter l’avenir.

blog361_dessinkarcherFrançois Fillon en tout cas semble bien parti pour emporter dimanche prochain le second tour de ces primaires de la droite et il pourrait bien gagner dans la foulée les élections présidentielles le 7 mai 2017, au vu de l’état de dispersion dans lequel la gauche aborde cette échéance.

Avec un peu plus de 44 % des suffrages exprimés, cet apparatchik de la droite la plus réactionnaire, adepte d’un libéralisme économique thatchérien totalement débridé, qui n’a jamais exercé d’autre métier que celui d’homme politique, crée la surprise de cette élection, reléguant loin derrière lui le maire de Bordeaux Alain Juppé. Rien n’est encore joué mais les derniers sondages annoncent déjà une victoire éclatante de François Fillon à l’issue du second tour de ces primaires, le 27 novembre prochain.

François Fillon, grand vainqueur des primaires de la droite (photo C. Platiau / Reuters)

François Fillon, grand vainqueur des primaires de la droite (photo C. Platiau / Reuters)

Dans notre région où tous les ténors de la droite soutenaient le candidat Sarkozy, le choc a été un peu rude, mais après tout, la différence de programme entre lui et son ancien premier ministre est tellement ténue que personne ne verra la différence… Même notre député, Bernard Deflesselles, qui pourtant soutenait ardemment son ami Jean-François Copé, n’hésitera pas une seconde à se rallier à celui qui fut jadis le rival malheureux de ce dernier à la tête de l’ex-UMP (pour cause de fraude électorale massive, rappelons-le au passage).

Le maire de Meaux ressort en tout cas complètement essoré de ces primaires où il n’a recueilli qu’un peu plus de 12 000 voix à l’échelle nationale, soit 0,3 % des suffrages exprimés (et à peine davantage que les bulletins nuls !). Une sacrée claque et qui n’est certainement pas due qu’à sa seule méconnaissance du prix des viennoiseries…

blog361_dessinprimairesL’ancien ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, supposé incarner le renouveau de la droite dans ces élections, est lui aussi tombé de l’armoire en découvrant son score étriqué de 2,4 %, derrière sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet, ce qu’il n’aurait sans doute jamais imaginé, même dans ses pires cauchemars… Malgré son discours ultra nationaliste, il n’aura sans doute pas été jugé assez conservateur pour l’électorat de droite, ou peut-être tout simplement pas assez crédible au vu de ses multiples approximations ?

Sur Carnoux, comme sur l’ensemble de la 9ème circonscription des Bouches-du-Rhône, largement acquise à la droite, les électeurs se sont déplacés en masse pour ces primaires, faisant une nouvelle fois mentir nos élus locaux qui partent du principe que les Français ne s’intéressent pas à la politique. François Fillon est arrivé largement en tête, comme presque partout ailleurs, avec 43 % des suffrages sur Carnoux : un satisfecit pour le maire qui, faisant fi de sa prudence habituelle, s’était clairement déclaré en sa faveur il y a peu, dans un grand quotidien national.

Nicolas Sarkozy y résiste mieux que dans d’autres régions, avec plus de 35 % des voix sur Carnoux alors qu’Alain Juppé recueille à peine plus de 15 % des suffrages. Quant au pauvre Copé, le champion de Bernard Deflesselles, il ne récolte que 0,25 % des voix à Carnoux et 0,28 % sur l’ensemble de la circonscription, encore moins qu’au niveau national ! Il faudrait décidément que quelqu’un se dévoue pour souffler à notre député que son sens politique commence à être quelque peu émoussé après une aussi longue carrière et qu’il serait peut-être temps pour lui de passer à autre chose !

L.V.  lutinvert1small

Environnement : le grand oublié des présidentielles 2017 ?

20 novembre 2016

Alors même que se déroule le premier tour des primaires de la droite, force est de constater que jusqu’à présent et à cinq mois tout juste du premier tour des prochaines élections présidentielles, il n’a guère été question d’environnement dans cette campagne électorale qui pourtant bat déjà son plein.blog360_dessintrump

Les nouvelles de la planète ne sont pourtant pas des meilleures et nul désormais ne peut nier la réalité du changement climatique, sauf à être d’une mauvaise foi flagrante comme le futur président des États-Unis, Donald Trump, pour qui il ne s’agit ni plus ni moins que d’un « canular », une simple invention des Chinois pour empêcher les Américains d’exploiter leurs ressources en gaz de schiste…

Nous sommes en 2016 et tout indique que les 16 années que nous venons de connaître depuis le passage à l’an 2000 font partie des 17 les plus chaudes que la Terre a connu depuis le début des mesures météorologiques au XIXème siècle. Quant à la réalité du lien de causalité entre ce réchauffement climatique global et l’activité humaine via l’exploitation des énergies carbonées et la production massive de gaz à effet de serre, aucun scientifique sérieux n’est plus en mesure actuellement de la nier, malgré les efforts désespérés des plus climatosceptiques d’entre eux.

Ce qui n’empêche pas certains candidats à l’élection présidentielle (et pas des moindres!) de déclarer péremptoirement, comme l’a encore fait Nicolas Sarkozy en septembre 2016, qu’il « faut être arrogant comme l’homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat ». On savait déjà que pour lui, « toutes ces questions d’environnement, ça commence à bien faire », comme il l’avait asséné publiquement lors d’une visite au Salon de l’Agriculture dès 2010, tirant un trait définitif sur le pacte écologique qu’il avait signé peu avant son élection en 2007, à l’initiative de Nicolas Hulot. Mais chacun sait bien que les promesses de campagne n’engagent que ceux qui les écoutent…

blog360_dessincovoiturageIl y a un an tout juste, les médias bruissaient chaque jour des derniers développements de la COP 21 au cours de laquelle se jouait, comme chacun en convenait alors, l’avenir de l’humanité. L’affaire a été présentée comme un beau succès diplomatique bien que les engagements pris par les différents pays à cette occasion soient loin de permettre de limiter sous la barre fatidique des 2 °C l’augmentation de la température moyenne du globe : on serait plutôt autour des 3,5 °C (dont 1,2 °C qui sont d’ores et déjà constatés, sachant que pour l’instant nos émissions de gaz à effet de serre ne font encore qu’augmenter…). Et pourtant, la COP 22 vient de s’achever dans l’indifférence générale sans le moindre engagement supplémentaire, sinon celui de Daniel Trump de s’asseoir sans vergogne sur l’accord de Paris pourtant déjà ratifié par les États-Unis !

Le premier débat des candidats à la primaire de la droite

Le premier débat des candidats à la primaire de la droite

Mais rien de tout cela ne semble perturber nos responsables politiques en quête d’un mandat présidentiel. Sur les trois débats qui viennent d’opposer les concurrents à la primaire de la droite, il a beaucoup été question de réduire les dépenses publiques, de combattre le terrorisme et de terroriser les islamistes, mais seules quelques minutes ont été consacrées aux questions environnementales, manifestement jugées mineures. Quelques minutes que Nicolas Sarkozy, jamais en retard d’une provocation, a mis à profit pour affirmer en substance que les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre sont les écologistes qui s’opposent au développement de l’énergie nucléaire. Il fallait en effet y penser : chapeau l’artiste !

Dessin de Tignous

Dessin de Tignous

Certes, si l’on fouille un peu dans les programmes des candidats comme l’a fait notamment le think tank La Fabrique écologique, analyse rapportée notamment dans la Gazette des communes, on verra que Alain Juppé et François Fillon font quelques propositions pour faciliter la rénovation énergétique des logements. De son côté, le candidat déjà déclaré Jean-Luc Mélenchon défend l’idée d’isoler au moins 70 000 logements par an et de construire 200 000 logements publics aux normes écologiques pendant cinq ans. Rappelons au passage qu’en 2014 ce sont déjà 400 000 logements qui ont été rénovés en vue d’une moindre consommation énergétique et que la loi de transition énergétique adoptée en 2015 par le gouvernement actuel affiche un objectif de 500 000 logements rénovés chaque année via des mesures incitatives dont le crédit d’impôt et l’écoprêt à taux zéro.

Alors que ces chantiers de rénovation énergétique peuvent avoir des retombées positives majeures non seulement sur l’évolution de notre environnement climatique mais aussi sur la facture énergétique des particuliers comme sur la balance commerciale nationale et surtout permettre de créer des milliers d’emplois non délocalisables, il est vraiment étonnant de constater à quel point de tels enjeux sont passés sous silence dans une campagne politique de cette ampleur, masqués par des débats homériques sur la taille du tissu dont certains choisissent de s’envelopper pour aller se baigner l’été…

Dessin de Geluck

Dessin de Geluck

Il en est de même pour les questions qui touchent aux modes de déplacement. Alors que les transport constituent la principale source d’émission de gaz à effet de serre, en constante augmentation depuis 1990, et qu’ils contribuent très largement aux atteintes sanitaires via les émissions de particules fines, ce thème est quasiment absent du débat public de ces élections. Il y a pourtant dès à présent bien davantage de morts en France du fait de la pollution atmosphérique (qui serait à l’origine d’environ 45 000 décès prématurés chaque année dans notre pays et qui coûte très cher à la société comme on ne cesse de le démontrer, étude après étude) que du terrorisme. Mais le sujet a bien du mal à s’immiscer dans le débat public…

A quand des sujets de campagne qui prennent enfin en compte des questions aussi cruciales pour notre avenir et celui de nos enfants ?

L.V.  lutinvert1small

Le référendum, moyen d’expression démocratique pertinent ?

8 novembre 2016

On entend beaucoup en ce moment les candidats à la Présidence de la République évoquer la notion de référendum, mais est-ce bien un moyen d’expression démocratique pertinent ?

blog355_phreferendumD’abord, qu’est-ce que le référendum ?

Le référendum est une procédure de vote permettant de consulter directement les électeurs sur une question ou un texte, qui ne sera adopté qu’en cas de réponse positive.

Comme le rappelle le site officiel Vie Publique, la Constitution prévoit quatre cas de référendum :

  • pour l’adoption d’un projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent (art. 11 de la Constitution) ;
  • pour l’adoption d’un projet de loi tendant à autoriser la ratification d’un traité (art. 11) ;
  • pour réviser la Constitution (art. 89). Toutefois, aucune révision constitutionnelle, même approuvée par référendum, ne peut porter sur « la forme républicaine du gouvernement » au niveau local,
  • pour soumettre à la décision des électeurs d’une collectivité territoriale, un projet d’acte relevant de sa compétence (art. 72-1).

A quoi sert un référendum ?

Le référendum est, avant tout, un instrument de « démocratie directe » car il permet au peuple d’intervenir directement dans la conduite de certains domaines de la politique nationale ou locale. Aujourd’hui, beaucoup d’observateurs proposent de recourir davantage au référendum, notamment pour faire évoluer certains secteurs de la vie sociale difficiles à réformer.

Montage publié sur http://www.tropicalboy.fr/ (l'authenticité du propos reste à vérifier...)

Montage publié sur http://www.tropicalboy.fr/ (l’authenticité du propos reste à vérifier…)

C’est ainsi que Nicolas Sarkozy, candidat aux primaires de la droite et du centre, s’il est élu à l’élection présidentielle, projette de soumettre aux Français deux sujets : l’internement des « fichés S » jugés dangereux et la suspension du droit « automatique » au regroupement familial.

Pour l’ensemble des candidats aux mêmes primaires, ce sont plus de treize questions qui sont envisagées. Mais toutes ne semblent pas relever du champ constitutionnel d’exercice de ce mode d’interrogation avec pour conséquence l’absence de certitude sur ce qu’il adviendrait de la procédure. Cela concerne les deux propositions ci-dessus, ou encore « réformer l’organisation des territoires en rapprochant les régions et les départements »….

Dans le cadre de nouvelle Loi Travail, le texte prévoit la mise en place de référendum d’entreprises. Ces derniers seraient initiés par des syndicats représentants moins de 30 % des salariés. Pour qu’il soit validé, le référendum doit être approuvé par plus de 50 % des suffrages exprimés par les salariés. Les syndicats majoritaires ne pourront s’opposer au résultat.

Est-ce que le référendum est un instrument pertinent ?

Pour amorcer une réponse à cette question, nous pouvons déjà nous appuyer sur le référendum du 27 avril 1969 par lequel le président de Gaulle a soumis au peuple « la création de Régions et la réforme du Sénat avec fusion avec le Conseil économique et social ».

Affiche de campagne pour le référendum de 1969

Affiche de campagne pour le référendum de 1969

Les Français ont répondu à 52,41 % des suffrages exprimés NON et comme le président avait mis en jeu son maintien au pouvoir, il a ensuite démissionné le 28 avril 1969. En réalité, les Français ont répondu à une question qui n’était pas posée et ont voté contre le Général de Gaulle !

blog355_phtraite-de-lisbonnePlus près de nous, concernant le référendum de 2005 relatif à la Constitution européenne, les Français ont répondu NON à 54,67 % des suffrages exprimés car ils déjugeaient son volet social, mais c’est ensuite par un vote au Parlement que la France a ratifié le traité européen.

Dernièrement, en Grande-Bretagne, le vote relatif à sa sortie de l’Union Européenne a obtenu un vote positif à avec plus de 52 % de OUI, avec les conséquences que l’on connaît dont la démission du Premier ministre Cameron.

Nous pouvons aussi évoquer le référendum portant sur la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes près de Nantes dont le résultat favorable reste contesté.

Quels enseignements peut-on en tirer ?

Le contexte dans lequel les électeurs, quel que soit le niveau auquel se situe la consultation, joue un rôle majeur : besoin de renouvellement politique en 1969, cadre social insuffisant en 2005, repli identitaire et rejet de l’immigration en Grande-Bretagne en 2016, difficultés dans l’entreprise…

La question posée doit être sans ambiguïté et porter sur un sujet constitutionnellement compatible.

Jean-Marc Sauvé, premier vice-président du Conseil d’État

Jean-Marc Sauvé, premier vice-président du Conseil d’État

Pour conclure, on peut se référer à l’Intervention de Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’État, lors du colloque organisé par la Société de législation comparée le 4 novembre 2011 sur le thème : « théorie et pratiques du référendum ».

« Le bon gouvernement de la cité impose de savoir conjuguer les atouts et prévenir les inconvénients des différents modes de démocratie existants, direct et indirect. Tout gouvernement doit prendre appui sur deux piliers. Le premier est celui de l’adhésion populaire aux grands choix structurant la vie collective, adhésion qui peut s’exprimer par la voie du référendum et qui remplit une fonction d’authentification et d’approbation de ces choix, indispensable en démocratie. Le second remplit une fonction plus stratégique d’anticipation, de projection dans l’avenir et, parfois même, de rupture avec l’opinion plus ou moins exprimée du plus grand nombre. Une telle prise de risque relève d’une éthique de responsabilité qui est la marque des grandes démocraties. »

MM

Un « branleur » à la tête de la région PACA ?

6 novembre 2016

Chacun sans doute se souvient que c’est Nicolas Sarkozy en personne, alors à la tête du parti qui ne s’appelait pas encore Les Républicains, qui avait demandé en avril 2015 à Christian Estrosi, ancien pilote motocycliste devenu député-maire de Nice et (éphémère) ministre de l’Industrie, de conduire la liste UMP aux élections régionales. Une élection remportée haut la main après que son adversaire malheureux de gauche, Christophe Castaner, ait préféré jeter l’éponge entre les deux tours pour ne pas laisser le Front National en position de gouverner la Région.

Depuis, le nouveau président de la Région PACA a largement oublié qu’il avait été élu avec de nombreuses voix de gauche et s’est surtout distingué par ses invectives contre le gouvernement (et la SNCF), et sa surenchère permanente sur le terrain sécuritaire. On le croyait en tout cas toujours très proche de Nicolas Sarkozy dont il soutient ouvertement la candidature aux primaires de la Droite (inutile désormais de rajouter « et du Centre », puisque ce courant de la Droite n’est même pas représenté parmi les candidats et considéré avec beaucoup de suspicion par plusieurs d’entre eux…).

Nicolas Sarkozy en extase lors de son meeting de campagne à Marseille (photo O. Monge / MYOP pour Libération)

Nicolas Sarkozy en extase lors de son meeting de campagne à Marseille (photo O. Monge / MYOP pour Libération)

Et pourtant, Christian Estrosi était curieusement absent lors du grand raout qui a rassemblé plus de 3000 personnes dans la salle Vallier à Marseille, le 27 octobre dernier, pour soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy. Un meeting qui se tenait à la même heure que celui du candidat Alain Juppé, lequel avait préféré se délocaliser à La Garde, près de Toulon, d’où il se permettait de se gausser de la propreté des rues marseillaises en énonçant finement : « Quand un Bordelais se plaint de la saleté, je lui dis d’aller voir à Marseille ». Une analyse qui lui a valu une réplique de Cacou formulée avec tout autant de finesse et d’ouverture d’esprit par un Renaud Muselier en pleine forme : « On ne nous critique pas nous les Marseillais. On nous aime ou on s’en va ». Décidément la campagne présidentielle est bien lancée et on voit que le niveau du débat est particulièrement élevé…

Plus de 3000 participants selon E. Ciotti…

Plus de 3000 participants selon E. Ciotti…

En tout cas, pour soutenir le candidat Sarkozy à Marseille, tous les ténors de la Droite locale, de Jean-Claude Gaudin à Renaud Muselier en passant par Eric Ciotti et Maryse Joissains étaient bien présents, « entre amis » comme l’a lourdement souligné le maire de Marseille, tous, mais pas le président de la Région PACA…

Le candidat Sarkozy s’en est lui-même ému, quelques minutes avant d’entrer en scène, interrogeant à la ronde, avec sa discrétion légendaire et son phrasé distingué qui le caractérisent : « il est où, Estrosi ? ». C’est le Canard enchaîné qui rapporte la scène, largement reprise par de nombreux médias (sauf curieusement La Provence, on se demande bien pourquoi…).

Et pendant ce temps là, Christian Estrosi se baigne...

Et pendant ce temps là, Christian Estrosi se baigne…

Face au silence gêné qui l’entoure, l’ex Chef de l’État répète sa question : « il est où ? Il vient pas ? ». Un des organisateurs du meeting finit par se dévouer et lui répond : « Non, il a pris quelques jours ». « Il est malade ? » interroge Nicolas Sarkozy. « Non, il est fatigué ». « Moi aussi, je suis fatigué » lâche le candidat en campagne. Alors, son interlocuteur, de guerre lasse, finit par lâcher le morceau : « Il a pris quelques jours à l’ïle Maurice », ce qui déclenche de la part du patron des Républicains cette réplique cinglante : « A l’ïle Maurice ! Quel branleur ! ».

Espérons en tout cas que Christian Estrosi aura bien profité de ses vacances. Toujours est-il qu’il ne devrait pas craindre le choc thermique au retour de l’Océan Indien, car le voila habillé pour l’hiver…

L.V.  LutinVert1Small

Primaires de la Droite : la chasse aux fonctionnaires est ouverte !

12 octobre 2016

Alors que la campagne des primaires de la Droite et du Centre bat son plein, à six mois des prochaines élections présidentielles, les candidats en lice se lancent dans une surenchère délirante pour savoir qui supprimera le plus de postes de fonctionnaires. Pour Nicolas Sarkozy, la barre a été fixée à 300 000 fonctionnaires dont il convient de supprimer le poste dans les meilleurs délais, histoire d’alléger les dépenses publiques puisque, comme chacun sait, le fonctionnaire est une espèce nuisible envahissante qu’il est nécessaire d’éradiquer. François Fillon estime quant à lui que c’est 500 000 postes de fonctionnaires qu’il faut supprimer sans attendre : qui dit mieux ?

blog350_phsarkozyPour Nicolas Sarkozy, comme toujours, les choses sont simples et même de plus en plus simplistes maintenant qu’il s’est mis en tête que sa cible était le peuple et son ennemi les élites de la République : « Nous ne pouvons pas continuer à avoir autant d’emplois publics en France, à rebours de nos voisins européens. Ce n’est d’ailleurs pas une question d’idéologie ou de dogme. C’est incontournable et, au fond, cela ne devrait même pas être un sujet de clivage entre la gauche et la droite ».

Il se vante d’ailleurs d’avoir supprimé pas moins de 150 000 postes de fonctionnaires entre 2007 et 2012. Mais il n’a pas eu de chance car, selon lui, « A l’époque, 95 % des régions étaient à gauche et 70 % des départements étaient à gauche. Dans le même temps où on réduisait de 150 000 les effectifs de l’Etat, les collectivités territoriales de gauche les augmentaient d’autant ».

Avec un tel personnage, il n’est pas toujours facile de faire la part des choses tant il prend ses aises avec la vérité… Une chose est sûre, il y a bien eu de nombreuses suppressions de postes dans les forces de sécurité et on en paye largement le prix aujourd’hui, alors que les ténors de droite accusent de laxisme le gouvernement qui fait ce qu’il peut pour former de nouveaux policiers afin de remplacer les postes disparus.

Blog325_DessinSarkoClownRappelons ainsi pour mémoire que ce sont pas moins de 12 650 postes de policiers et de gendarmes qui ont été supprimés entre 2007 et 2012, à l’initiative de Nicolas Sarkozy, auxquels il faut ajouter 3 900 suppressions de postes du fait de la fusion entre les renseignements généraux et la DST pour créer la nouvelle DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), mais aussi 54 000 postes de militaires en application de la loi de programmation militaire votée en 2009. Soit quant même plus de 70 000 postes en moins pour les forces de sécurité et du renseignement, un chiffre qui est rarement mis en avant par les candidats aux primaires de la Droite…

Quant aux 150 000 postes qui auraient été créés par les collectivités territoriales dans le même temps, la vérité mérite d’être nuancée comme l’a bien rappelé Libération. L’essentiel de ces « créations de postes » résulte en réalité des transferts de compétences qui ont été opérés à partir de 2006 en application des lois de décentralisation de 2004. Si l’on fait abstraction des effets de ces simples transferts de compétences de l’État vers les collectivités territoriales, la hausse des effectifs dans les régions se limite à 1 200 postes et à 7 400 dans les départements, mais tout de même 80 000 dans les communes qui, elles, étaient loin d’être systématiquement gérées par des élus de gauche à cette période ! Mais le candidat Sarkozy ne s’encombre pas de ce genre de détails…

Plusieurs des candidats de droite souhaitent revenir sur la suppression du jour de carence en cas d’arrêt maladie, jour de carence qui avait été instauré au 1er janvier 2012 mais que François Hollande a fini par supprimer en 2014 après une évaluation peu concluante de son efficacité. Sarkozy, s’il revient au pouvoir, a promis de revenir sur cette mesure en doublant la mise avec cette fois deux jours de carence, la prise en charge ne se faisant qu’à partir du 3ème jour d’arrêt maladie.

Dans le privé, il existe en effet 3 jours de carence mais là aussi la vérité oblige à dire que les deux tiers des salariés du privé bénéficient en fait du rachat de ces 3 jours de carence par la caisse de prévoyance de leur entreprise si bien qu’ils ne s’en aperçoivent même pas. Cette mesure concerne en particulier les cadres (à 82 %) et principalement les salariés des grandes entreprises (à 77 %). L’objectif de la Droite est donc simplement d’étendre à la fonction publique une injustice qui touche principalement les ouvriers des PME : une belle mesure sociale effectivement !

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Autre marotte de Nicolas Sarkozy et de son rival ultralibéral François Fillon : faire travailler plus longtemps les fonctionnaires dont l’emploi n’aura pas été supprimé. Il s’agit notamment de faire passer la durée hebdomadaire de travail de 35 à 37 heures et même à 39 heures pour les volontaires selon Nicolas Sarkozy. Quant à la retraite, « il faudra non seulement continuer à retarder l’âge du départ avec une première étape à 63 ans dès 2020, puis une seconde à 64 ans en 2025, mais aussi organiser la convergence des règles de calcul des pensions», estime Sarkozy qui souhaite également supprimer les régimes spéciaux.

blog350_dessin35hSur la question du temps de travail, la Gazette des communes rappelle que le rapport publié il y a quelques mois par le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale a calculé que le temps moyen de travail des fonctionnaires s’élève à 1 584 heures par an, légèrement inférieure à la durée réglementaire fixée à 1 607 heures, l’écart venant pour l’essentiel de certaines professions telles que les infirmières, les policiers ou les agents de maintenance, qui bénéficient de régimes particuliers du fait de leur cycle de travail atypique les obligeant à travailler de nuit ou le dimanche.

Il est exact que la durée moyenne du temps de travail est légèrement supérieure dans le privé (1 684 heures annuelles), l’écart se traduisant généralement par des jours de congés ou de RTT supplémentaires (7 en moyenne). Mais quand François Fillon affirme qu’obliger les fonctionnaires à passer à 39 heures hebdomadaires permettrait de supprimer automatiquement 600 000 postes, c’est largement exagéré. Un rapport de la Cour des Comptes a d’ailleurs fait le calcul et estime que dans le meilleur des cas, en supposant une parfaite fluidité dans la réorganisation des services pour s’adapter à ces nouveaux rythmes, le gain ne serait que de 27 000 postes sur un an !blog350_phfillon

« Est-ce que la France peut continuer à emprunter sur les marchés internationaux pour payer les salaires des fonctionnaires. Ça ne peut pas durer. On consacre 57 % de la richesse nationale à la dépense publique » : encore une déclaration choc de François Fillon en campagne pour les primaires !

Petite précision : la dépense publique n’est pas liée aux seuls salaires des fonctionnaires. Celle-ci représente certes 41 %  des dépenses totales dans la fonction publique d’État mais seulement 25 % dans la territoriale. La part de la masse salariale de tous les fonctionnaires français (hors militaires) ne représente en réalité que 13 % de la richesse nationale, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, d’autant que sur les 10 dernières années, les traitements progressent moins vite pour les fonctionnaires (0,2 % par an en moyenne dans la fonction publique d’Etat en euros constants) que dans le privé (0,5 % en moyenne).

Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il avait été instauré le principe de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant en retraite. On a vu ce que donnait une telle politique sur l’évolution des effectifs de la police mais les Républicains souhaitent désormais l’étendre aux collectivités territoriales, quitte à réformer la Constitution puisque celle ci garantie actuellement la libre administration des collectivités et ne permet donc pas d’imposer ce type de mesure par la loi.

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Quant aux fonctionnaires d’État, Nicolas Sarkozy a trouvé comment en diminuer encore le nombre : il suffit de supprimer les contrôles du fisc et de l’inspection du travail dans les entreprises et les exploitations agricoles ! Une mesure radicale en effet qui permet de donner carte blanche aux fraudeurs de toute sorte. Pas sûr qu’une telle approche soit de nature à rétablir l’équilibre des comptes de la Nation mais on reconnaît bien là la solidarité de l’avocat d’affaire, doublement mis en examen, envers ceux qui, comme lui, ont l’habitude de prendre certaines libertés avec l’interprétation des lois.

L.V.  LutinVert1Small

Les libraires se vengent de Sarkozy…

14 février 2016

Lors de la publication du dernier livre de Nicolas Sarkozy, le parti qu’il préside avait envoyé à tous ses adhérents un courrier personnalisé les invitant à commander sans tarder cet ouvrage dans lequel il a mis « toute son expérience de la vie et de la politique » rien de moins, « pour montrer tout l’amour qu’il porte à la France qu’il a chevillé au corps depuis toujours et pour la vie », et pour les siècles des siècles, amen.

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Certains esprits mesquins dont le bras droit d’Alain Juppé, Gilles Boyer, s’étaient émus publiquement de cette publicité gratuite aux frais du parti alors que rien de tel n’avait été prévu pour évoquer la publication toute récente des livres de François Fillon et d’Alain Juppé. Mais d’autres, dont de nombreux petits libraires ont surtout été intrigués, dans ce courrier officiel du principal parti de droite, par cette invitation sans détour à commander le précieux ouvrage sur les sites de commerce en ligne, Amazon en tête.

Dessin publié dans le Canard enchaîné du 27 janvier 2016

Dessin publié dans le Canard enchaîné du 27 janvier 2016

Comme si Les Républicains considéraient comme un fait acquis que les librairies de quartier avaient depuis belle lurette disparu du paysage de l’édition. Nombre d’entre eux avaient déjà moyennement apprécié de se voir démarcher depuis quelque temps déjà pour commander de grosses quantités d’un livre politique écrit par une personnalité de tout premier plan dont on refusait de leur indiquer le nom : on n’achète pas un âne dans un sac quand on est petit commerçant acculé à la survie du fait de la concurrence féroce du commerce par internet…

Du coup, certains de ces libraires à l’esprit un peu taquin, se sont amusés à disposer dans leurs rayons La France pour la vie (Plon) aux côtés de l’ouvrage du blogueur L’Odieux Connard – Qu’il est bon d’être mauvais (Points), du recueil de dessins humoristiques de Cabu Toujours aussi cons ! (Cherche-midi) ou du Prix de la BD Fnac Le Grand Méchant Renard (Delcourt), ainsi que l’on relevé plusieurs internautes, largement relayés par certains médias dont Le Monde.

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Dessin paru dans le Canard enchaîné du 27 janvier 2016

Dessin paru dans le Canard enchaîné du 27 janvier 2016

Un voisinage qui ne met pas forcément en valeur une oeuvre à la portée inestimable puisqu’elle constitue de la part de l’ex président de la république à l’égo surdimensionné un exercice de mea culpa assez surréaliste, qui a largement inspiré de nombreux caricaturistes et contribue à faire beaucoup parler du livre, à défaut de donner envie de le lire…

L.V. LutinVertPetit

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Contre toute attente, Sarkozy n’a pas changé…

30 janvier 2016

Blog270_PhLivreAprès avoir annoncé solennellement au soir de sa défaite électorale à l’élection présidentielle de 2012 qu’il se retirait définitivement de la vie politique, et après être revenu en force à peine deux ans plus tard pour reprendre la tête du principal parti d’opposition, en jouant des coudes et en écrasant quelques pieds au passage, voila que l’inoxydable Nicolas Sarkozy publie un livre pour tenter de se remettre en selle sur la scène médiatique et concurrencer ses rivaux.

Il faut dire que pour lui la situation n’est guère brillante. Outre les affaires judiciaires qui s’accumulent sur son dos, sa récente mise en examen pour corruption active et trafic d’influence, et les soupçons de fraude sur ses comptes de campagne qui se confirment de jour en jour, son retour à la hussarde aux manettes de l’UMP puis son passage en force pour rebaptiser le parti « Les Républicains » ont laissé des traces.

Alors que les primaires se profilent à l’automne 2016, rien n’indique que Nicolas Sarkozy soit particulièrement bien placé pour porter de nouveau les couleurs de la Droite aux prochaines élections présidentielles. L’intransigeance et le cynisme dont il a fait preuve lors des récentes élections régionales en refusant obstinément tout front républicain contre le FN et la brutalité avec laquelle il a viré ceux qui, comme Nathalie Kozusko-Morizet avaient osé émettre un avis plus nuancé, l’ont conduit dans le tréfonds des sondages de popularité où il navigue désormais à 1 point derrière François Hollande : un véritable exploit par les temps qui courent !

Nicolas Sarkozy (photo Abaca)

Nicolas Sarkozy (photo Abaca)

Il lui fallait donc réagir, d’autant que tous ses rivaux potentiels aux prochaines primaires, Jean-François Copé, François Fillon et Alain Juppé, viennent tous de publier un livre pour attirer sur eux l’attention des médias. Qu’à cela ne tienne, l’ex-président de la république les a donc imité et vient de publier le 25 janvier dernier son dernier pensum, titré « La France pour la vie » et tiré à 120 000 exemplaires, lui qui déclarait il y a peu ne pas vouloir « écrire un livre qui vienne encombrer les étagères parce que personne ne le lit »…

Mais le président des Républicains n’est pas à une contradiction près, lui qui affirme sans arrêt qu’il a changé. Après avoir fustigé tant et plus tous ceux qui se livrent à la repentance, voila qu’il leur emboîte le pas et bat sa coulpe pour avoir « abaissé la fonction présidentielle » et lâchant en public son célèbre « Casse-toi, pauv’con » et pour avoir fêté sans vergogne son élection à la magistrature suprême en allant festoyer au Fouquet’s avec tout le gratin du CAC 40, puis en s’offrant des vacances de milliardaire sur le yacht de luxe de l’homme d’affaires Vincent Bolloré. Ces vacances indécentes à Malte à peine élu lui paraissent avec du recul avoir été « une erreur de jugement incontestable ». Promis, juré, il ne recommencera plus…

Blog270_DessinYachtSauf que, comme le rapporte le Canard enchaîné dans sa dernière édition, il vient tout juste de récidiver à l’occasion de ses dernières vacances ! Le 21 décembre 2015 en effet, la famille Sarkozy au grand complet s’est accordé un petit repos bien mérité à Marrakech, non pas dans un vulgaire hôtel pour touristes, mais dans un palais royal mis à disposition en toute simplicité par le roi Mohamed VI en personne. C’est le petit Louis et sa copine qui ont vendu la mêche en postant quelques photos de la piscine paradisiaque sur les réseaux sociaux, histoire d’épater les copains…

Le roi du Maroc Mohammed VI saluant Nicolas Sarkozy et son fils Louis, en septembre 2010 (photo Keystone)

Le roi du Maroc Mohammed VI saluant Nicolas Sarkozy et son fils Louis, en septembre 2010 (photo Keystone)

Et pour le voyage, pas de charter non plus mais tout simplement un jet privé arborant le bason du roi et venu chercher la famille Sarkozy en toute discrétion à la sortie du pavillon de Dassault Falcon Service au Bourget, en faisant en sorte que l’embarquement ne fasse sans que l’on voit monter les passagers à bord. Comme l’explique le Canard enchaîné, « on peut aimer les jets de luxe et avoir sa pudeur »… Et même du savoir-vivre comme l’a démontré Nicolas Sarkozy en encensant sans mesure son logeur royal lors d’une conférence donnée quelques jours plus tard à Abou Dhabi, le 13 janvier, au cours de laquelle il a déclaré avec emphase : « tout le monde n’a pas la chance d’avoir un souverain comme le roi du Maroc ! ». Les opposants marocains à la famile royale marocaine qui s’arroge chaque année plus de 250 millions d’euros d’argent publique et qui détient l’une des plus grosse fortunes mondiales ne manqueront certainement pas d’apprécier !

Dessin de Gros paru dans Marianne

Dessin de Gros paru dans Marianne

Quant aux paroles grossières qui lui avaient échappé lors d’une rencontre malheureuse dans les allées du Salon de l’Agriculture, là aussi la page est tournée, ou presque… A l’issue du récent meeting qui s’est tenu à Nîmes le 20 janvier 2016, c’est en des termes très choisis qu’il s’est adressé aux maires respectifs d’Agde et de la Grande-Motte devant de nombreux témoins : « Vous deux, il faut qu’on s’explique. Vous m’avez baisé aux régionales, petits merdeux. Moi on m’encule pas, hein ! Moi, je me fais pas enculer, compris ? ». Ceux qui craignaient que l’ex président de la République ait perdu avec le temps de sa désarmante et rafraichissante spontanéité seront donc rassurés : il n’a finalement pas tant changé que cela…

L.V.  LutinVertPetit

Le duo Sarkozy-Berlusconi alimente les fantasmes des jeunes Japonaises !

15 juin 2015

C’est une belle pépite que vient de révéler le Huffington Post, repérée cette semaine seulement par des fans français de mangas japonais ! Dans cet extrait de dessin animé, on y voit un groupe de jeunes japonaises délirer autour de leurs fantasmes quant à leur attirance pour des hommes mûrs et le dialogue est pour le moins surprenant :

« J’aime beaucoup les hommes plus âgés. »

« Tu as dit que tu aimais les hommes raffinés de plus de 50 ans : comme Poutine et Medvedev ? Ou Obama et Clinton? »

« Les deux pourraient me plaire. Mais pour moi, c’est Berlusconi et Sarkozy ! »

La vignette qui illustre cet échange savoureux montre effectivement une image totalement fantasmée mais qui rend bien reconnaissables les deux chevaux de retour du paysage politique franco-italien, représentés torse nu, dos-à-dos, muscles saillants et regard complice.

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Malgré cette tenue dénudée, les voilà en tout cas habillés pour l’hiver au détour de ces quelques plans qui figurent depuis 2013 dans la partie bonus du dessin animé réalisé à partir du manga japonais Genshiken Nidaime, lequel relate les activités d’un groupe d’étudiants qui gravite autour d’un club d’otaku, ces adeptes de culture visuelle moderne, fans de mangas, jeux vidéos et dessins animés.

Car la suite du dialogue n’est pas moins savoureuse :

« Qui sont-ils ? »

« Des hommes politiques étrangers. »

« Et s’ils ne courraient les jupons que pour cacher leur relation secrète ? »

On savait déjà que la couverture médiatique des déboires extraconjugaux de Bill Clinton avait fait le tour du monde, ainsi d’ailleurs que celle des activités controversées de notre DSK national dans certain hôtel new-yorkais, mais on n’imaginait pas à quel point notre ancien Président de la République et nouveau président des Républicains faisait fantasmer la jeunesse nippone, du fait de son pouvoir de séduction et de son caractère volage supposés.

Blog195_PhSarkoBerlu

Quant à imaginer une relation secrète entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, il est vrai que les deux hommes politiques ont beaucoup de points en commun, ne serait-ce que leur goût immodéré de l’argent et du pouvoir et leur détestation commune de la Justice ordinaire, mais de là à leur attribuer une liaison sentimentale, il y a quand même un sacré pas à franchir ! Décidément, ces Japonais ne respectent vraiment rien…

L. V. LutinVertPetit

Nicolas Sarkozy placé en garde à vue !

1 juillet 2014
Arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Office anti-corruption de la Police judiciaire, le 1er juillet à Nanterre (photo Dominique Faget /AFP)

Arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Office anti-corruption de la Police judiciaire, le 1er juillet à Nanterre (photo Dominique Faget /AFP)

La nouvelle n’est pas banale : pour la première fois en France sous la Cinquième République, un ancien chef de l’Etat vient d’être placé en garde à vue ! Nicolas Sarkozy est en effet entendu depuis ce matin 8 h dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption, les infractions financières et fiscales au siège de la police judiciaire à Nanterre, pour une garde à vue qui peut légalement durer jusqu’à 48 heures. Son avocat, Thierry Herzog, est déjà en garde à vue depuis hier ainsi que deux magistrats, Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation, et Patrick Sassoust, avocat général à la chambre criminelle de la haute juridiction. Tous les quatre sont entendus dans le cadre d’une enquête pour trafic d’influence et violation du secret de l’instruction, menée par deux juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Paris.

Blog83_Dessin3Tout est parti des écoutes téléphoniques dont a fait l’objet Nicolas Sarkozy en début d’année, dans le cadre de l’enquête sur d’éventuels financements lybiens de la campagne présidentielle de 2007. L’ancien président de la République, averti de ces écoutes avait, comme un vulgaire malfrat, fait l’acquisition d’un second téléphone portable sous le faux nom de Paul Bismuth, avec lequel il échangeait avec son avocat Thierry Herzog  des plaisanteries peu amènes sur les magistrats en charge de son dossier dans l’affaire Bettencourt. On s’y perd tant les affaires judiciaires qui collent aux basques de Nicolas Sarkozy sont nombreuses ! En tout cas, les révélations issues de ces écoutes semblent montrer assez clairement que l’ancien président et son avocat sont tenus informés de très près sur les développements de cette affaire Bettencourt pour laquelle Nicolas Sarkozy avait déjà été mis en examen en septembre 2013 pour abus de faiblesse. Il semblerait même que Nicolas Sarkozy ait, par l’intermédiaire de son avocat, fait miroiter au magistrat Gilbert Azibert, un piston pour un poste prestigieux à Monaco, afin de le persuader de s’enquérir des avancées de l’instruction en cours dans l’affaire Bettencourt. Ce dernier n’ayant pas directement accès au dossier a alors fait appel à un de ses anciens subordonnés et c’est ainsi que l’ancien président de la République a pu être tenu informé des développement de l’affaire.

Blog83_Dessin1Nul ne sait encore sur quoi débouchera cette nouvelle péripétie judiciaire. Les réactions outragées des amis de Nicolas Sarkozy qui cherchent à le faire passer pour la victime d’un acharnement judiciaire orchestré par l’Elysée mettent en tout cas en évidence, une fois de plus, la conception que se fait l’UMP de la Justice française qui ne pourrait être qu’aux ordres du pouvoir exécutif !  Curieuse conception d’une Justice qui devrait être impitoyable pour les petits voyous et ne devrait pas se mêler de ce que font nos responsables politiques lorsqu’ils s’assoient allégrement sur les lois de la République…

L. V.  LutinVertPetit

Bygmalion : après Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy sur la sellette ?

7 juin 2014

Décidément les affaires ne s‘arrangent pas pour l’UMP ! Après la démission forcée de son président Jean-François Copé, c’est maintenant Nicolas Sarkozy qui est indirectement visé par les investigations de la Justice dans l’affaire Bygmalion et ses liens avec la campagne présidentielle de 2012…

Meeting de Nicolas Sarkozy, à Paris, le 22 avril 2012 (photo REUTERS/Philippe Wojazer)

Meeting de Nicolas Sarkozy, à Paris, le 22 avril 2012
(photo REUTERS/Philippe Wojazer)

Petit retour en arrière pour essayer de démêler l’écheveau compliqué de cette affaire au delà des mensonges et de l’enfumage avec lesquels les dirigeants de l’UMP ont tenté de masquer leurs errements. Quant l’affaire éclate en février 2014, les révélations de l’hebdomadaire Le Point désignent la société de communication Bygmalion qui aurait surfacturé ses prestations lors de son intervention dans l’organisation des meetings de campagne de Nicolas Sarkozy, avec des montants qui atteignent parfois le double des tarifs habituellement pratiqués. A l’époque, certains à droite n’hésitaient pas à accuser les dirigeants de cette société, très proches de Jean-François Copé, d’avoir abusé de leur situation pour faire les poches du parti et même « voler Sarkozy ».

Deux mois plus tard, les révélations du journal Libération mettant en évidence l’existence de pseudo conventions de l’UMP facturées très cher à l’UMP en pleine campagne électorale donnent une toute autre tournure à l’affaire. C’est l’avocat de Bygmalion, maître Maisonneuve, qui met alors les pieds dans le plat en expliquant tranquillement que « l’affaire Bygmalion, c’est plutôt l’affaire des comptes de campagne du candidat Sarkozy »…

Perquisition au siège de l'UMP le 26 mai 2014 (photo REUTERS / Charles Platiau)

Perquisition au siège de l’UMP le 26 mai 2014 (photo REUTERS / Charles Platiau)

Les perquisitions effectuées au siège de l’UMP et chez Bygmalion tendent de fait à confirmer ses affirmations. On se souvient que les comptes de campagne du candidat Sarkozy en 2012 avaient été invalidés par le Conseil constitutionnel en juillet 2013, les Sages n’ayant d’autre solution que de suivre les conclusions de la Commission des comptes de campagne dont le verdict avait été rendu fin 2012. Le montant présenté par le candidat avait dû en effet être rectifié pour intégrer des dépenses manifestement oubliées dont certaines liées au fameux meeting de Villepinte. Après correction, le plafond autorisé de 21,5 millions d’euros, pourtant très conséquent, était largement dépassé, ce qui avait donc conduit à cette invalidation, obligeant l’UMP à lancer son fameux Sarkothon pour faire payer par les militants le manque à gagner de 11 millions d’euros non remboursé par le contribuable.

Jérôme Lavrilleux à BFMTV le 26 mai 2014

Jérôme Lavrilleux à BFMTV le 26 mai 2014

Lors de ses aveux en direct sur BFMTV le 26 mai 2014, Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé et fraîchement élu au Parlement européen depuis la veille, reconnaît sans détour que des factures payées par l’UMP correspondaient en réalité à des dépenses effectuées au titre de la campagne présidentielle de 2012. A l’époque, Jérôme Lavrilleux n’était rien moins que co-directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy aux côtés de Guillaume Lambert, actuel préfet de la Lozère. Lorsqu’il lui a remis l’insigne de l’Ordre national du Mérite le 15 octobre 2012, Nicolas Sarkozy aurait d’ailleurs dressé son éloge par les mots suivants : « voici un homme qui a le talent de ne pas embêter les personnes avec qui il travaille avec des problèmes qu’elles n’ont pas à connaître ». On ne saurait être plus clair !

Dessin2_Blog77Que s’est-il donc passé pendant cette fameuse campagne présidentielle de 2012 ? A l’époque, Nicolas Sarkozy souhaitait profiter de sa position de Président de la République pour se déclarer le plus tard possible et lancer une campagne éclair. Curieusement, ce n’est pas la société Bygmalion qui a été chargée de gérer les meetings mais une de ses filiales, Event & Compagnie, laquelle n’a été contactée qu’en janvier 2012, initialement pour organiser 4 meetings. Au final, il y aura 42 meetings et la facture s’élève à 19 millions d’euros ! D’après les comptes de Bygmalion tels qu’ils ont pu être reconstitués après enquête, Event & Compagnie aurait elle-même payé 14,5 millions d’euros à ses différents prestataires, ce qui représente une marge brute de 23 % qui n’a finalement rien d’extravagant. Pour cette seule année 2012, l’UMP aurait versé au total 23 millions d’euros à Bygmalion… Là où le bât blesse, c’est qu’une partie de ces prestations n’a pas été payée au titre de la campagne présidentielle mais directement par l’UMP, pour des prestations fictives, les fameuses « conventions UMP », selon un système de double facturation qui a donc été reconnu par Jérôme Lavrilleux. L’ancien trésorier de l’UMP, Dominique Bord, avait d’ailleurs démissionné en novembre 2012, alors que François Fillon et Jean-François Copé s’écharpaient pour la présidence du parti, précisément au moment où il devait signer les chèques pour honorer ces factures douteuses, six mois après l’élection présidentielle…

On est donc loin du scénario initial qui laissait entendre qu’une société aux mains de copains de Copé, aurait servi de pompe à fric pour ce dernier, au détriment de l’UMP. L’affaire traduit plus prosaïquement les dérives d’une campagne présidentielle que Nicolas Sarkozy voulait gagner à tout prix sans regarder à la dépense, quitte à plomber les comptes de son parti déjà bien mal en point, persuadé qu’il était que jamais l’on oserait invalider ses comptes de campagne. L’UMP en sort complètement essorée : déjà grevée d’un emprunt de 55 millions d’euros, elle a vu sa subvention baisser de 10 millions d’euros suite à la perte de 120 députés lors des élections législatives de 2012 et les comptes du parti sont donc plus que jamais dans le rouge. Il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler qu’après l’élection présidentielle de 2007, la situation était assez similaire avec un déficit de 10 millions d’euros en fin d’année et des dépenses déjà colossales (7 millions d’euros) en congrès et autres manifestations, pour lesquels la Justice commence aussi à s’interroger…

Dessin_Blog77Quelle qu’en soit l’issue judiciaire, l’UMP ne sortira pas grandie de cette affaire qui traduit la désinvolture avec laquelle sont gérés les comptes du parti. Voilà en tout cas une bruyante casserole supplémentaire accrochée aux basques de Nicolas Sarkozy, même si, comme l’affirme lui-même Jérôme Avrilleux,  » Ça n’ira pas jusqu’à Sarkozy. Il n’y a jamais rien qui va jusqu’à Sarkozy. On est là pour ça, hein ? « . En son temps, Alain Juppé avait déjà accepté de payer pour Jacques Chirac en endossant la responsabilité dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris : une belle tradition d’abnégation dans ce parti où les dirigeants trouvent toujours un lampiste sur qui se défausser !

L.V.LutinVertPetit

 

Sarkozy démissionne du Conseil constitutionnel: une première.

5 juillet 2013

L’ancien président français Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi à l’AFP sa démission immédiate du Conseil constitutionnel pour « retrouver sa liberté de parole ».

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« Après la décision du Conseil constitutionnel et devant la gravité de la situation et les conséquences qui en résultent pour l’opposition et pour la démocratie, Nicolas Sarkozy démissionne immédiatement du Conseil Constitutionnel afin de retrouver sa liberté de parole », indique le communiqué.

Le rejet du compte de campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy a été confirmé jeudi par le Conseil constitutionnel, une mesure sans précédent pour un ancien chef de l’État.

La « jurisprudence Chirac »
Les anciens chefs de l’État sont membres de droit du Conseil et ne peuvent donc pas démissionner formellement. Mais comme l’a souligné jeudi auprès de l’AFP, le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, ils peuvent décider comme Jacques Chirac de ne pas venir siéger. Dans ce cas, a précisé M. Debré, c’est la « jurisprudence Chirac » qui s’applique, et il n’y a « plus de versement d’indemnités ».

Dès qu’il avait appris son renvoi en correctionnelle dans l’un des volets de l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, pour lequel il a été ensuite condamné, M. Chirac avait informé M. Debré de sa décision de ne plus siéger au Conseil constitutionnel. Jeudi, M. Sarkozy a téléphoné à M. Debré pour l’informer de sa décision, a-t-on appris de sources concordantes.

Jean-François Copé à la rescousse
Dès la nouvelle publiée, le président de l’UMP Jean-François Copé est allé s’entretenir avec l’ancien président de la République, dans ses bureaux parisiens de la rue de Miromesnil. M. Copé a annoncé qu’il réunirait « la semaine prochaine » un bureau politique statutaire de l’UMP « afin d’examiner toutes les conséquences de cette décision ». Mais, dès la fin de journée jeudi, M. Copé devait faire une déclaration depuis le siège du parti.

De son côté, François Fillon, ancien Premier ministre de M. Sarkozy pendant toute la durée de son quinquennat, a appelé sa « famille politique » à assumer les conséquences financières de la décision des neuf Sages.

« Grande souscription nationale »
Dans une déclaration au siège de l’UMP, le visage grave, M. Copé a appelé « les militants », « sympathisants » et tous les Français à répondre à cette campagne de dons « afin de barrer la route » à ceux qui rêvent de « voir l’espace politique français monopolisé par la gauche et par les partis extrémistes ».

« La voix de l’UMP ne s’éteindra pas », a-t-il promis. Selon le député-maire de Meaux, qui s’est entretenu avec M. Sarkozy jeudi, la décision du Conseil constitutionnel est « grave puisqu’elle a pour conséquence de priver le premier parti d’opposition républicaine des moyens d’exercer sa mission au service de la démocratie française ».

Il s’est insurgé du fait qu’un dépassement des comptes de campagne « de 400.000 euros sur un budget total de 22 millions (ait) pour effet de priver l’UMP de 11 millions de dotations publiques », soit le remboursement dont aurait bénéficié M. Sarkozy si ses comptes avaient été validés.

Avec M. Sarkozy, « nous sommes convenus ensemble que face au péril, il appartenait à notre famille politique de faire bloc, comme cela doit être le cas dans tous les moments d’épreuves », a dit M. Copé.

Le président de l’UMP a affirmé qu’il réunirait « en début de semaine prochaine le bureau politique et l’ensemble des parlementaires de l’UMP pour évoquer la situation ainsi que les conditions de mise en oeuvre de cette grande souscription nationale ».

UMPthon….!
Normalement, ils ne pouvaient pas tomber plus bas. Après le cirque de novembre, les querelles de chapelles et l’annonce d’un nouveau-vote-pour-savoir-s’il faut-revoter-à-la-rentrée, l’UMP avait quand même touché le fond, non ? Pas tout à fait visiblement…

Alors que le Conseil constitutionnel a confirmé ce jeudi après-midi le rejet du compte de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy, privant l’ex-candidat du remboursement par l’Etat de quelque onze millions d’euros, Jean-François Copé a eu une idée lumineuse. Lancer un UMPthon. Ce n’est pas une blague !

La mine défaite, comme si on lui avait annoncé la victoire assurée de François Fillon à la primaire de 2016, le président de l’UMP a invité les militants et les sympathisants à donner un peu de leur argent pour renflouer les caisses et éviter la faillite du parti. « La voix de l’UMP ne s’éteindra pas », a-t-il promis, assommé par la nouvelle.

Chirac avait raison, « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ». Copé n’a pas tort non plus quand il répète qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. La preuve…

Le Carnussien Vigilant Masqué.... Clic...

Sarkozy ridiculisé….

29 novembre 2012

Une chaîne turque a réalisé une publicité très peu flatteuse à l’égard de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy.

Pour sa nouvelle campagne de pub, la chaîne de télévision turque CNBC-e, souhaitait mettre l’accent sur sa programmation variée à savoir de l’information en journée et des séries américaines le soir. C’est la raison pour laquelle, ils ont décidé d’associer certaines de ces séries avec des photographies des grands de ce monde.

Angela Merkel et Hillary Clinton n’ont pas trop à se plaindre étant donné qu’elles sont associées aux « Gossip girl ». Kate Middleton et la reine Elizabeth sont, quant à elles, associées à la série « How I Met Your Mother ». Mais la comparaison est nettement moins flatteuse pour Nicolas Sarkozy. L’ancien président français est assimilé à la série « Two and a half men » (traduisez deux hommes et demi, à savoir « Mon oncle Charlie » en français). Le mari de Carla Bruni y apparaît, minuscule, aux côtés du président américain Barack Obama et du Premier ministre britannique David Cameron.

Nicolas Sarkozy se retire de la politique.

8 mai 2012

D’après son entourage, Nicolas Sarkozy a confirmé au lendemain de sa défaite au second tour de l’élection présidentielle qu’il se retirait définitivement de la vie politique. Un départ qui divise l’UMP qui se retrouve sans leader à quelques semaines des législatives.

Quel sera l’avenir politique de Nicolas Sarkozy? Si l’on en croit le Figaro, il a bel et bien décidé de tourner la page. Si, au terme de son discours dimanche soir, un doute subsistait, il semble certain, aujourd’hui, qu’il  n’exercera plus d’activité politique 30 ans après ses débuts. Il l’aurait répété ce lundi lors d’une réunion à l’Elysée évoquant le « plaisir de vous revoir pour parler du bon vieux temps ».

Au lendemain de la défaite au second tour de l’élection présidentielle, Sarkozy a reçu son comité de campagne à l’Elysée, dont faisaient partie les Fillon, Coppé ainsi que des ministres et ses principaux collaborateurs. Une réunion d’une heure, où il est apparu fatigué, le teint gris, les traits marqués, mais calme et serein, et lors de laquelle il a affirmé qu’il arrêtait la politique.

« Une page se tourne pour moi. Je ne serai pas candidat aux législatives, ni aux élections à venir », a-t-il déclaré, avant de sourire. « Soyez rassurés, je renouvellerai ma carte de l’UMP et je payerai ma cotisation. Mais je quitte l’opérationnel ». Une déclaration ambigüe, mais qui semble bien claire. « Cela veut dire qu’il arrête définitivement, c’est ça » a questionné un ministre. « Oui, c’est très clair, tu n’avais pas compris? », a répondu un proche du président. « Il n’a pas voulu que ce soit brutal, comme Lionel Jospin, il l’a donc annoncé différemment dimanche soir aux militants ».

Se revoir et parler du bon vieux temps
Dans ce dernier raout aux faux airs de verre d’adieu, Sarkozy a admis que si ça ne tenait qu’à lui, il serait parti plus tôt. « Si j’avais pu, je serais parti dès demain, mais il y a des traditions à respecter. Je les respecterai et la passation des pouvoirs (le 15 mai, ndlr) aura lieu avec François Hollande, comme elle a eu lieu entre Jacques Chirac et moi ». Beau joueur, il a justifié l’invitation lancée à François Hollande de se tenir auprès de lui lors des cérémonies du 8 mai. « Quand on prend de la hauteur, on tire tout le monde vers le haut ».

Enfin, il aspire à une vie plus calme, loin des médias. « J’espère vivre un peu normalement. J’ai perdu les élections mais les journalistes continuent de m’empêcher de faire un pas. Impossible de déjeuner au restaurant en famille. Je suis épié. J’espère qu’on me laisser un peu tranquille », avant de conclure. « On ne se quitte pas tout à fait, j’aurai le plaisir de vous revoir, pour parler du bon vieux temps ».

Les pontes brouillent les pistes
S’il semble clair, le départ de Nicolas Sarkozy est désormais devenu un enjeu politique à quelques semaines des législatives qui se dérouleront les 10 et 17 juin prochain. Groggy par la défaite, l’UMP doit éviter d’apparaître affaiblie aux yeux d’un électorat qui pourrait être tenté par le Front National. D’ailleurs, certains pontes du parti, comme Rachida Dati, jouent sur les mots, histoire de brouiller les pistes. « Nicolas  Sarkozy ne se retire pas de la vie politique. Il a très clairement dit qu’il continuerait son engagement politique sous une autre forme », a déclaré ce lundi matin sur Europe 1 l’ancien garde des Sceaux. Mais nul n’est dupe. Et il se chuchotte en coulisse qu’il réside une fracture entre l’arrière-garde et la nouvelle-garde gaulliste; cette dernière préférant un départ de celui qui pourrait, à l’image d’un Giscard voire d’un Jospin dans le camp d’en face, occulter la nouvelle mouvance d’un parti qui doit se trouver rapidement un leader. Or, il semble que personne n’ait l’envie ou la stature pour assumer ce rôle.

Lettre ouverte au Président Sarkozy

25 avril 2012

Cette « lettre citoyenne » au Président Sarkozy, est publiée par Médiapart.

Cette lettre est une initiative participative et citoyenne. Son rédacteur souhaite simplement donner aux lecteurs de Mediapart qui pourraient la soutenir la possibilité de diffuser un texte d’intervention qui a trois fonctions principales. Souligner tout d’abord que l’élection présidentielle de 2012 comporte un enjeu exceptionnel : la défense de la démocratie dont les valeurs ont été mises à mal par cinq années de pouvoir autoritaire. Faire ensuite œuvre de mémoire en rappelant le terrible passif de ce quinquennat : aucun des engagements majeurs pris par le candidat de 2007 n’a été tenu. Cette lettre a enfin pour fonction d’apporter une possible contribution à la lutte contre l’abstention, qui, si elle devait être importante, pourrait faire le jeu du président-candidat. Or la démocratie est l’affaire de toutes et de tous.

Cette lettre ne s’adresse pas prioritairement au lectorat de Mediapart, très majoritairement conscient des enjeux de cette élection. Elle n’aura d’effet que si les lecteurs de Mediapart s’en emparent pour la diffuser en premier lieu aux électrices et aux électeurs qui, à tort ou à raison, doutent de la politique et s’apprêtent à ne pas aller voter, c’est-à-dire, potentiellement plus d’un tiers de nos concitoyens.

A cette fin chaque lecteur est invité à diffuser le texte de cette lettre à tous ses contacts par courrier électronique, en le copiant dans un message qui pourrait avoir l’objet suivant : LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT SARKOZY – NE BRISEZ PAS CETTE CHAINE CITOYENNE. Les réseaux sociaux peuvent être aussi un relais efficace.

MEDIAPART

http://blogs.mediapart.fr/edition/2012-ils-sengagent/article/150412/nous-n-oublierons-pas-lettre-ouverte-au-president-sar

Monsieur le Président,

Les citoyens français vous ont élu sur la foi et la sincérité d’un programme politique dont vous n’avez pas respecté les engagements et auquel vous avez maintes fois tourné le dos depuis votre élection, le 6 mai 2007.

Aujourd’hui vous vous présentez une nouvelle fois au suffrage du peuple français et vous menez une campagne reposant sur une double imposture : la promesse d’une nouvelle rupture et l’oubli de votre bilan. Bien plus, vous utilisez les services de l’État au bénéfice de votre campagne et vous n’hésitez pas à exploiter les événements politiques, économiques et sociaux à des fins électoralistes et avec le soutien de nombreux médias qui propagent une insidieuse politique de la peur sur laquelle vous espérer bâtir une popularité.

Cette lettre citoyenne entend simplement vous rappeler les trop nombreux engagements que vous n’avez pas tenus.

Vous aviez promis en 2007 de maintenir le droit à la retraite à 60 ans : vous l’avez repoussé autoritairement à 62 ans, contre l’avis de la majorité des Français et au terme du plus long conflit social que la France ait connu depuis très longtemps. Nous n’oublierons pas !

Vous avez souhaité dans vos propositions que « la formation initiale des enseignants soit assurée » : votre réforme a supprimé l’année de stage et conduit des milliers de jeunes enseignants non formés à exercer devant des élèves désemparés.  Nous n’oublierons pas !

Vous avez voulu réformer en profondeur l’université et la recherche et vous prétendez que cette réforme est le succès de votre quinquennat : les milliards promis ne sont jamais arrivés et de nombreux établissement de l’Enseignement supérieur sont aujourd’hui en déficit tandis que les organismes de recherche sont démantelés.  Nous n’oublierons pas !

Vous avez promis de « préserver l’excellence de notre système de santé » et d’«améliorer les conditions de travail des professionnels de la santé ». Vous avez fait fermer des hôpitaux et des maternités, créé des déserts médicaux dans de nombreuses régions, supprimé des dizaines de milliers de postes de personnels de santé et détérioré gravement l’accès aux soins de millions de français.  Nous n’oublierons pas !

Vous vous êtes engagé à « veiller rigoureusement à l’indépendance de la justice » : les nombreuses affaires en cours montrent crument l’exercice d’un pouvoir qui tend à privatiser la justice au service d’intérêts financiers, personnels ou politiques, et qui contrevient gravement au principe d’indépendance dont votre fonction vous fait pourtant le garant. Vos gouvernements successifs ont enfreint sous votre autorité l’Article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui dispose que la loi « doit être la même pour tous ».  Nous n’oublierons pas !

Votre politique a ainsi ébranlé les trois socles de la République française : la Sécurité sociale, l’École et la Justice.  Nous n’oublierons pas !

Au chapitre des Droits de l’Homme vous aviez promis à vos compatriotes de « franchir de nouvelles étapes dans la préservation et la conquête des libertés ». Les seules étapes que vous avez fait franchir à la société française constituent une inadmissible régression des Droits de l’Homme : votre politique sécuritaire et d’immigration, en flattant les idéologies d’extrême droite et en avivant les haines comme les peurs, a porté non seulement atteinte dans son application aux libertés démocratiques fondamentales, mais aussi aux principes intangibles des grands textes fondateurs de notre histoire, et que votre volonté politique a travaillé à déconstruire et à mettre en péril : La Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, la loi de 1905, les valeurs issues du Conseil National de la Résistance. Nous n’oublierons pas !

Sous votre présidence plusieurs ministres condamnés ou mis en cause dans des procédures ou des informations judicaires, ont continué impunément à exercer leurs fonctions alors que dans toute démocratie digne de ce nom ils auraient dû se mettre en retrait. Vous avez ainsi contribué à l’abaissement moral de la politique en la soumettant, soit à une idéologie condamnable, soit aux intérêts d’une oligarchie financière et d’un clan.  Nous n’oublierons pas !

Aveuglé par votre hyperprésidence et votre conduite autoritaire des affaires de l’Etat, vous avez dévalorisé le rôle du gouvernement et du Parlement. En refusant obstinément de vous mettre à l’écoute des citoyens, en méprisant les associations et les organisations syndicales, vous avez délité les liens sociaux et provoqué une crise démocratique et institutionnelle sans précédent dont vous portez l’entière responsabilité. Responsabilité encore aggravée par le choix de la provoquer en une période de grave crise économique et financière, crise que vous exploitez et que votre politique alimente en choisissant d’accabler les plus pauvres et en ne cessant d’enrichir la classe des Français les plus aisés. En cinq années d’exercice de votre pouvoir, vos gouvernements ont considérablement aggravé les inégalités sociales et économiques.  Nous n’oublierons pas !

Enfin, vous avez adopté à de multiples reprises un comportement public et fait des choix politiques qui ont rabaissé la fonction présidentielle ainsi que l’image, la culture et les valeurs de la France en Europe et dans le monde.  Nous n’oublierons pas !

Pour toutes ces raisons, en allant voter les 22 avril et 6 mai prochains,  Nous n’oublierons pas que vous avez brisé le contrat social et politique qui vous unissait à nous. Vous avez perdu toute crédibilité.

Il est temps, Monsieur le Président, que vous redeveniez un citoyen et un justiciable ordinaires.

NE BRISONS PAS CETTE CHAINE CITOYENNE CONTRE L’OUBLI !

DEFENDONS TOUS ENSEMBLE LA DEMOCRATIE !

Sarkozy au plus bas.

4 mars 2011

La cote de confiance du président français Nicolas Sarkozy (22%) est au plus bas depuis son élection en mai 2007, selon un sondage de TNS Sofrès à paraître samedi dans le Figaro Magazine.

Le chef de l’Etat perd deux points par rapport au même baromètre du mois précédent. Au total, 75% des Français ne lui font pas confiance et 3% sont sans opinion.

De son côté le Premier ministre François Fillon accuse lui aussi une légère baisse (-1 point), avec une cote de confiance à 33%.

Ce sondage a été réalisé auprès d’un échantillon national de 1.000 personnes entre le 25 et le 28 février, alors que s’annonçait un remaniement ministériel qui allait voir l’éviction de la chef de la diplomatie Michèle Alliot-Marie.

Le président français cherchait alors à reprendre la main à un peu plus d’un an de la présidentielle, après les errements d’une diplomatie incapable de prendre la mesure du vent de liberté traversant le monde arabe.

Selon ce même sondage TNS Sofrès, le directeur général du FMI et adversaire socialiste potentiel du président Sarkozy, Dominique Strauss Kahn, reste en tête des personnalités que les Français souhaitent voir jouer un rôle dans les mois qui viennent, avec 45% (+3).

Il devance une autre socialiste, la patronne du PS Martine Aubry (39%, +2).

Sarkozy a émis 10 tonnes de CO2 ….

15 janvier 2011

….pour une visite de moins de 3 heures

La gauche en Midi-Pyrénées s’est déchaînée jeudi contre la visite de Nicolas Sarkozy dans la région, qui aura servi selon elle à occulter le véritable bilan économique du président et aura produit un volume considérable de dioxyde de carbone pour un déplacement éclair.

« Le président-candidat Nicolas Sarkozy a moins délivré des voeux aux forces économiques qu’organisé un meeting électoral à sa gloire et aux frais des contribuables », s’est indigné le député et président du conseil général du Gers Philippe Martin (PS). « Cette visite n’aura pas non plus été une bonne chose pour l’environnement puisque l’aller-retour éclair de Nicolas Sarkozy et de sa suite à Toulouse dans le nouvel Airbus présidentiel se sera traduit par l’émission de plus de dix tonnes de CO2 pour un déplacement de moins de trois heures », a-t-il dit dans un communiqué.

M. Sarkozy avait choisi une usine d’Airbus à Blagnac (Haute-Garonne), près de Toulouse, pour présenter ses voeux au monde économique et exalter les raisons de « croire en la France » dans un contexte difficile; mais avec Midi-Pyrénées, c’est aussi dans une région très à gauche qu’il se rendait.

Banderoles confisquées
M. Sarkozy n’est pas sorti de l’enceinte d’Airbus. Sa venue, protégée par un dispositif de sécurité très visible, n’aura donné lieu qu’à un rassemblement d’une centaine de personnes, tenues à distance des usines par les forces de l’ordre. Les manifestants, en majorité de la CGT, ont été refoulés vers le parking d’une grande surface par les CRS qui, sous les huées et les insultes, leur ont enlevé leurs banderoles pour les salaires et l’emploi et contre la réforme des retraites.

Parterre acquis
« C’est une nouvelle fois en bâillonnant l’expression des salariés et de leurs représentants que le

président de la République a pu sans contradiction expliquer devant un parterre largement acquis au néolibéralisme que les droits sociaux dans notre pays étaient une entrave à la réussite économique », a protesté la CGT.

Dit et non-dit
Le président de la région, Martin Malvy (PS), s’est également insurgé contre ce qu’a dit M. Sarkozy, par exemple sur les 35 heures, mais aussi contre ce qu’il n’a pas dit. « Nicolas Sarkozy a l’art d’oublier son propre bilan et celui de la droite », dit M. Malvy dans un communiqué. Depuis que M. Sarkozy est président, « la France a perdu plusieurs centaines de milliers d’emplois dans l’industrie, les délocalisations qu’il critique se sont accrues. Alors qu’en Allemagne l’industrie représente 34% du PIB, elle n’en constitue plus aujourd’hui que 16% en France », dit M. Malvy. Dans le même temps, l’endettement du pays a augmenté d’environ 40% et le déficit a été multiplié par quatre, ajoute-t-il.

L’UMP de la Haute-Garonne a au contraire salué l’insistance de M. Sarkozy sur la nécessité de préserver le tissu industriel national, ainsi que sa défense de la réforme des retraites. « Ce discours tranchait avec le concert lancinant des lamentations entonné par les élus socialistes locaux avant la venue du chef de l’Etat »,a-t-elle dit dans un communiqué. (afp)

Sarkozy dégringole…

1 octobre 2010

La cote de confiance du président français Nicolas Sarkozy à la fin du mois de septembre est au plus bas depuis les élections, avec 4 points en moins (à 26%), selon un sondage de l’institut TNS Sofres Logica publié jeudi par le Figaro Magazine.

Dans cette étude réalisée pour le baromètre mensuel du journal, Nicolas Sarkozy retrouve son niveau de juillet, déjà le plus bas jamais mesuré depuis son élection à la présidence de la République.

Par ailleurs, 72% des personnes interrogées affirment ne pas faire confiance au chef de l’Etat, plus haut niveau jamais atteint. Deux pour cent sont sans opinion.

la cote de confiance du président

Fillon aussi
Avec 34% de personnes qui lui font confiance (- 3 points), le Premier ministre François Fillon suit la même pente et atteint son plus bas niveau depuis sa nomination. Soixante pour cent de personnes ne lui font pas confiance (+ 4 points). Six pour cent sont sans opinion.

L’ensemble de la classe politique française est d’ailleurs en repli, selon ce sondage. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), l’ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn est toujours en tête de ce classement avec une cote inchangée de 45%.

Cette enquête, réalisée du 24 au 27 septembre auprès de 1.000 personnes interrogées en face-à-face à leur domicile, intervient alors Nicolas Sarkozy fait face une forte grogne sociale contre son projet de réforme des retraites.

Le président français essuie également beaucoup de critiques, tant en France qu’au niveau européen, sur sa politique sécuritaire, notamment dans le dossier des Roms.

Fidel Castro : « Supposons que Sarkozy devienne soudain fou… »

15 septembre 2010

L’ex-président cubain s’inquiète du fait que le chef de l’Etat français a « aussi une mallette avec les codes pour lancer une des 300 bombes nucléaires qu’il possède ».

L’ancien président cubain Fidel Castro affirme dans un article publié lundi 13 septembre que les expulsions de Roms de France montrent que le président français Nicolas Sarkozy est en train de devenir « fou », et s’inquiète de sa puissance nucléaire.

La Une du Nouvel Obs.

Fidel Castro rappelle « que la France est la troisième puissance nucléaire de la planète » et affirme que « Sarkozy a aussi une mallette avec les codes pour lancer une des plus de 300 bombes qu’il possède ».

La menace d’une guerre nucléaire

« Supposons que Sarkozy devienne soudain fou, comme il semble que cela est en train de se passer. Que ferait dans ce cas le Conseil de sécurité des Nations unies, avec Sarkozy et sa mallette? », se demande le leader de la révolution cubaine dans l’île communiste.

Sarkozy a récemment ordonné le renvoi de Roms de France vers la Roumanie et la Bulgarie, ce que le reste de l’Europe a condamné.

« Est-ce que cela a un sens moral et éthique de lancer une attaque contre l’Iran, qu’ils condamnent pour son intention présumée de fabriquer une arme de ce type? Où est la sagesse et la logique de cette politique? », demande le dirigeant cubain, qui agite depuis plusieurs mois la menace d’une guerre nucléaire en cas d’attaque contre l’Iran.