Archive for novembre 2014

En France, un modèle qui produit de la pauvreté…

30 novembre 2014

Blog124_PhLivre« Les lecteurs se demandent souvent comment un journaliste choisit ses sujets. C’est une question qui revient sans cesse : pourquoi cette histoire et pas une autre ? Pourquoi ce village-là ? Pourquoi cette usine? Et pourquoi cet homme ? Les explications ne manquent pas. On se rend à cet endroit-là parce qu’un événement s’y est déroulé, incendie ou élection, meurtre ou mariage, peu importe, quelque chose. Ça paraît simple, non? »

Florence Aubenas

En ce matin du 25 novembre, mon attention a été tirée ce matin par le billet de Brice Couturier sur France Culture. Voilà un extrait de sa chronique :

Florence Aubenas

Florence Aubenas

« …Florence Aubenas est l’une des rares journalistes à donner systématiquement la parole à ce pays des « invisibles », chez qui l’accablement l’emporte sur la colère, le refus de la politique et l’abstention surpassant le vote protestataire. Dans le livre qu’elle vient de publier sous le titre « En France », vous découvrirez cet autre pays, celui

– où l’on paie des recruteurs pour faire s’installer des médecins roumains et cubains dans nos déserts médicaux ;

– où l’ouvrier à la chaîne, autrefois traité d’esclave moderne est aujourd’hui considéré comme un « privilégié » parce qu’il a un emploi ;

– où les cultivateurs sont mis en liquidation, parce que leurs exploitations demeurent déficitaires, malgré un labeur épuisant ;

– où les commerçants exposent des cercueils dans leurs vitrines, pour protester contre un niveau de prélèvement qui les empêche de se verser un salaire ;

– où des collégiennes de 15 ans vont jusqu’au bout de leur grossesse parce que « un enfant, c’est déjà ça, toujours quelque chose qu’on a » ;

– où un ouvrier intérimaire qui apprend, le vendredi soir, qu’il n’est pas repris le lundi matin, s’entend dire que « virer un intérimaire, ça ne s’appelle pas virer » ;

– où les ouvrières de la biscuiterie Jeannette, mise en liquidation, ont pris soin de nettoyer les bureaux que les cadres avaient laissés à l’abandon, « au cas où quelqu’un viendrait ». Et elles ont bien fait : leur entreprise vient de redémarrer… ».

FLORENCE AUBENAS RETROUVE LA FRANCELà-dessus j’ai voulu en savoir plus, à défaut d’avoir le livre en question à ma disposition. Comme je préfère plutôt m’adresser « au bon Dieu qu’à ses Saints », j’ai déplacé mon enquête sur le site de France Inter qui accueillait Florence Aubenas, journaliste d’exception à mon avis, le vendredi 17 novembre. Je vous suggère de vous y reporter, vous ne le regretterez pas.

A propos de son livre En France  Florence Aubenas, dit ceci : « Écrits et publiés dans Le Monde, où je suis reporter, les textes rassemblés dans ce livre ont en commun d’être nés dans cette zone d’opacité-là, entre des questions et des réponses qui ne coïncident pas ».

Squoten

La formule qui tue…

28 novembre 2014

La municipalité de Carnoux-en-Provence édite chaque année un agenda qui fait l’objet d’une distribution auprès des concitoyens. Cet agenda fait paraître gratuitement la liste des acteurs économiques de la cité, cela afin de promouvoir les entreprises industrielles, de commerce et de service de Carnoux. Si l’initiative est louable, les modalités de sa mise en œuvre ne sont pas exemptes de trouble.

Blog123_PhAgenda2014

Ainsi, quel n’a pas été l’effroi de ceux qui ont reçu mi-octobre 2014 une lettre de rappel émanant de l’adjointe au maire déléguée à la Vie économique et à l’Emploi, quand ils ont lu la phrase qui accompagne la dernière relance :

SANS RÉPONSE DE VOTRE PART, NOUS CONSIDÉRONS QUE VOUS N’ÊTES PLUS EN ACTIVITÉ ET SEREZ DONC SUPPRIMÉ.

Blog123_PhInterieurLa formulation est directe et brutale. Le raccourci final (sic) utilisé est audacieux et nous imaginons bien la torpeur qui a envahi ceux qui ont reçu ce courrier.

L’adjectif VOTRE et le pronom VOUS renvoient en effet à une personne physique, le destinataire du courrier qui, à la lecture de la fin de la phrase, envisage aussitôt sa fin tragique. Nul ne doute que dans l’esprit du rédacteur, il était question de supprimer l’encart. Mais reconnaissons que l’ellipse est osée et qu’une relecture préalable du texte aurait été nécessaire…

Dans le contexte méridional, le verbe supprimer mérite d’être utilisé avec circonspection !

Maroiller

I have a dream…

26 novembre 2014

« I have a dream… ». Je viens de faire un rêve…une ville où la municipalité rencontrerait les acteurs locaux (associations, acteurs culturels) pour convenir avec eux des meilleurs lieux d’implantation du futur dispositif de panneaux « laissant plus d’espace pour l’affichage libre, culturel et municipal ».

Eric Piolle, maire de Grenoble

Eric Piolle, maire de Grenoble

Non ce n’est pas à Carnoux-en-Provence …mais à Grenoble où le nouveau maire Eric Piolle met en application une des promesses de sa campagne électorale, au cours de laquelle il avait dénoncé la place excessive de la publicité en ville. Il a ainsi décidé de ne pas renouveler son contrat avec le groupe d’affichage J.C. Decaux. Les publicités disparaitront dès janvier 2015. « La municipalité fait le choix de libérer l’espace public grenoblois de la publicité en développant les espaces pour l’implantation d’arbres et pour permettre l’expression publique. Elle ne lance pas de nouvel appel d’offre pour de l’affichage publicitaire ». C’est ce qu’a précisé la mairie dans un dossier de presse publié le 23 novembre 2014, annonçant ainsi que 326 panneaux publicitaires vont disparaître du paysage urbain.

Publicité à Grenoble (photo MaxPPP)

Publicité à Grenoble (photo MaxPPP)

Le manque à gagner pour la commune sera quant à lui très largement compensé par les économies déjà réalisées sur les dépenses de protocole. « Rien qu’entre 2013 et 2014, la ville a en effet réduit son budget réalisé de plus de 190 000 € », assure le dossier de presse. Et face à l’effondrement des recettes de la publicité traditionnelle avec notamment la concurrence d’internet, la redevance perçue par la commune, qui était de 600 000 € par an dans le cadre du contrat 2004-2014, se serait seulement située dans une fourchette allant de 100 000 à 150 000 € par an (avec écrans digitaux) en cas de nouveau contrat, estime-t-elle par ailleurs.

Non, décidément, ce n’est pas à Carnoux…où la plupart des espaces publicitaires qui encombrent l’espace public sont occupés à l’année par des messages de propagande de la municipalité elle-même… A Carnoux où la police municipale a enlevé vendredi dernier toutes les affiches annonçant plusieurs manifestations sur la commune (lotos, marché de Noël, conférence, etc.). Cet affichage associatif sur les arbres et les lampadaires le long du mail est pourtant toléré de longue date, dans la mesure où les panneaux ne restent que quelques jours et sont soigneusement enlevés dès le lendemain de la manifestation qu’ils annoncent.

A Carnoux, un seul panneau d'affichage public pour 7000 habitants... et c'est la mairie qui a la clé...

A Carnoux, un seul panneau d’affichage public pour 7000 habitants… et c’est la mairie qui a la clé…

Sinon comment inviter nos concitoyens aux événements ponctuels se déroulant sur la commune, alors qu’il n’existe pour les 98 associations de Carnoux qu’un seul et unique panneau d’affichage public, soigneusement contrôlé par la mairie qui seule y a accès ? Cette opération « place nette » traduirait-elle une volonté de la municipalité de réduire encore davantage l’espace de liberté dont jouissent à Carnoux les associations qui ne sont pas sous son contrôle direct ?

« Il y en avait trop » nous a-t-on dit… Mais que veut dire trop ? Quelle est la limite à ne pas dépasser ? Ne serait-il pas plus simple pour tout le monde de mettre à disposition des associations et acteurs locaux de véritables panneaux d’affichage publics librement accessibles dans les principaux lieux de passage de la commune, comme cela se pratique dans la plupart des collectivités où règne une démocratie apaisée et responsable ?

Cécile Tonnelle

A Carnoux, le piéton est en danger de mort…

25 novembre 2014

Dans le lotissement Plein Soleil, entre les n° 24 et 34 rue Joliot-Curie, le réseau d’alimentation électrique n’est plus souterrain. Depuis quinze jours, des câbles électriques provisoires ont été installés par des techniciens en prenant appui sur les lampadaires de l’éclairage municipal pour pallier les câbles enterrés défaillants. Ces derniers datent en effet de la création du lotissement à la fin des années 1970.

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Au-delà du désagrément esthétique, c’est surtout le caractère dangereux de l’installation provisoire qui fait problème. Les câbles apparents sont connectés sur les boites d’alimentation des pavillons – les boites ne sont donc plus fermées – et des rubans rouges et blancs ainsi que des bandeaux rouges signalent le DANGER DE MORT potentiel.

Blog121_Ph2Dans cette rue aux trottoirs étroits où les véhicules qui l’empruntent ne respectent pas tous la vitesse limitée à 30 km/h, et où des enfants pourraient être tentés de voir ce qui se cache derrière ces signaux d’alerte, l’installation qui occupe certaines zones de trottoirs est très dangereuse.

Les riverains sont inquiets devant une situation qui constitue un réel DANGER et qui semble devoir durer. En effet, les techniciens en charge du chantier ne sont pas réapparus depuis dix jours.

Faut-il attendre un accident pour que les travaux de réfection du réseau aboutissent ?

Il y a urgence pour garantir la sécurité des piétons, les plus jeunes comme les moins alertes.

Michel Motré

Échanges de savoirs : une nouvelle conférence du CPC

22 novembre 2014

Une nouvelle conférence organisée par le Cercle progressiste carnussien aura lieu à Carnoux-en-Provence, lundi 1er décembre 2014, à 18h30 en salle Tony Garnier. Ce sera l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le fonctionnement des réseaux d’échange de savoir et autres initiatives associatives d’échanges de services entre citoyens. Face à une emprise croissante de l’argent qui régit toutes nos activités quotidiennes même celles qui sont à la source de nos liens sociaux, de nombreuses initiatives ont en effet vu le jour pour proposer une autre approche moins mercantile et plus humaine.

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C’est une de ces initiatives que viendra nous exposer Rosemarie Ott, présidente du RESAU, le Réseau d’échange réciproque de savoirs aubagnais, une association créée en 1990 mais qui est affiliée à un mouvement datant des années 1970, celui des RERS (réseaux d’échange réciproque de savoirs), désormais le FORESCO. Dans cette démarche, l’idée est que chacun est porteur de savoirs et de compétences dans des domaines variés et complémentaires, sans qu’il n’y ait forcément de hiérarchie entre ces connaissances. Chacun peut donc à la fois donner et recevoir, par exemple aider quelqu’un à s’améliorer en jardinage et en échange recevoir non pas une rémunération mais des cours d’anglais ou de cuisine.

Ces réseaux d’échange de savoirs sont en effet caractérisés par l’absence de rémunération. L’important, c’est la solidarité et le lien social qui se créent au travers de ces échanges d’expérience et de compétences personnelles.

Dans le système des SEL ou systèmes d’échanges locaux, qui seront aussi évoqués lors de la conférence du 1er décembre, l’échange est matérialisé par une sorte de paiement mais avec une monnaie virtuelle, ce qui permet de hiérarchiser davantage les services rendus et de les valoriser à leur juste prix, de telle sorte qu’on se rapproche d’une démarche économique et pas seulement pédagogique et sociale.

« Échanger savoirs, biens et services, c’est possible ! », tel est le titre de cette nouvelle conférence du Cercle : venez nombreux pour ce moment privilégié d’échange, ouvert à tous gratuitement, et qui permettra de découvrir de nouvelles approches propres à recréer ce lien social qui fait tant défaut dans notre société soumise à l’individualisme et au consumérisme…

L. V. LutinVertPetit

Les médias sous (riche) influence

16 novembre 2014
Le linguiste et philosophe américain Noam Chomsky

Le linguiste et philosophe américain Noam Chomsky

En 1988, Noam Chomsky et Edward Hermann, décrivaient dans leur livre « Manufacturing consent » les mécanismes qui expliquent pourquoi les médias, loin de jouer le rôle de quatrième pouvoir qu’on leur prête habituellement, comme contrepoids aux pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, proposent en réalité un traitement biaisé de l’information au service des élites politiques et économiques dominantes. « Des années de recherches consacrées aux médias nous ont convaincu que les médias sont utilisés pour mobiliser un vaste soutien aux intérêts particuliers qui dominent les sphères de l’État et le secteur privé. » : tel est le constat de Noam Chomsky qui va jusqu’à affirmer que « par la fabrication du consensus, on peut rendre inefficace le droit de vote » … Terrible aveu d’échec pour nos régimes soi-disant démocratiques !

Son analyse, exemples à l’appui, identifie comme première cause à cette dérive le fait que la majorité des organes de presse, écrite ou télévisée, est concentrée entre les mains de grands groupes économiques et financiers. D’autres filtres s’y ajoutent, dont la publicité (qui incite les médias à une certaine autocensure) mais aussi les sources d’information utilisées, avec un rôle croissant des services de relations publiques des grands groupes industriels et commerciaux et des lobbies qui arrivent à manipuler l’opinion par le truchement de leurs « experts à gages ».

Blog119_PanneauEn 2002, la traduction française du livre de Noam Chomsky, titrée « La fabrication du consentement » vient actualiser cette analyse, intégrant par exemple le fait que les idéologies dominantes ont partiellement évolué, la lutte contre le terrorisme islamique remplaçant peu ou prou l’anticommunisme de naguère, mais les mécanismes restent les mêmes. Quant à la concentration des médias dans les mains de la classe dominante, elle s’est encore accentuée !

A l’époque, les auteurs avaient identifié aux États-Unis cinq acteurs principaux dont les groupes General Electric (propriétaire de NBC), Time Warner (AOL), le magnat australien ultra-conservateur Rupert Murdoch (Fox News), Turner (CNN) et le conglomérat Columbia Broadcastin System. Un article récent de l’Express met en évidence que cette concentration des médias aux mains de patrons de grands groupes économiques s’est depuis très largement mondialisée. Il cite bien entendu le cas de Silvio Berlusconi, arrivé aux plus hautes fonctions politiques en Italie grâce en partie au contrôle d’une majorité des médias transalpins. Mais c’est aussi le cas en Amérique avec l’ancien maire de New-York, Michael Bloomberg, propriétaire d’un vaste réseau de radios, ou avec le milliardaire mexicain Carlos Slim qui a renfloué en 2009 le quotidien New York Times sur lequel lorgnerait désormais un autre homme d’affaire richissime, le chinois Chen Guangbiao, tandis que le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, s’est offert en 2013 un autre quotidien prestigieux, le Washington Post.

Bernard Arnault, première fortune de France, propriétaire des Echos (© MaxPPP)

Bernard Arnault, première fortune de France, propriétaire des Echos (© MaxPPP)

En France, un article paru dans le Monde Diplomatique de juillet 2014, évoque aussi le fait que « le trombinoscope des maîtres de la presse parisienne décalque de plus en plus étroitement le classement des milliardaires français »… On peut s’étonner en effet que l’homme le plus riche de France (selon le classement Forbes 2014), Bernard Arnault, fondateur du groupe de luxe LVMH, ait cru nécessaire de contrôler également le quotidien économique Les Échos (ainsi que Radio Classique ou Investir Magazine, notamment). D’autant que le TOP 10 des plus grandes fortunes françaises comprend aussi François Pinault, propriétaire du Point, Serge Dassault, propriétaire du Figaro, Patrick Dahi, actionnaire principal de Libération, Xavier Niel, qui contrôle désormais Le Monde et Le Nouvel Observateur, mais également Vincent Bolloré, propriétaire de Direct Matin et de la chaîne Canal +. Citons aussi pour faire bonne mesure Martin Bouygues, propriétaire des chaînes TF1 et LCI, Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, du Journal du Dimanche et de Paris Match, Alain Weil, propriétaire de RMC et BFMTV ou encore Philippe Hersant, principal actionnaire (à parts égales désormais avec Bernard Tapie) du groupe qui publie notamment Nice Matin, Var Matin et La Provence.

Alors que la presse et l’audiovisuel sont actuellement en pleine crise, on se demande bien pourquoi ces grands capitaines d’industrie qui visent d’abord la rentabilité à tout crin investissent dans un tel secteur, le plus souvent à fonds perdus, sinon pour y gagner en influence et en notoriété.

Xavier Niel, patron de Free (© Reuters)

Xavier Niel, patron de Free (© Reuters)

Le cas de Xavier Niel, fondateur de Free, en est un bon exemple. Lorsqu’il rachète Le Monde en 2010, la situation économique de ce titre prestigieux n’est guère brillante. Mais pour celui qui passait alors pour le vilain petit canard du secteur des télécommunications, le gain en termes d’image de marque est colossal et cette opération lui a ouvert d’un coup les portes du Tout-Paris de la finance, des médias et de la politique… C’est bien évidemment le même ressort qui anime l’homme d’affaires franco-israélien Patrick Dahi, nouveau propriétaire de SFR, lorsqu’il entre au capital du quotidien Libération en pleine déconfiture…

Blog119_DessinUne telle concentration de nos principales sources d’information entre les mains de ces grands patrons du capitalisme mondialisé incite à une certaine vigilance. Cela ne signifie pas bien évidemment que les journalistes sont aux ordres et que nous sommes tous manipulés par des médias orientés. Mais comme l’a bien analysé Noam Chomsky, le processus est plus insidieux : on est bien loin de la propagande de naguère qui n’hésitait pas à diffuser de grossières contre-vérités. Les pressions directes sur les journalistes sont rares, mais l’autocensure liée à l’entre-soi est de mise, qui consiste à sélectionner l’information en se focalisant souvent sur l’accessoire, sur le pittoresque et le spectaculaire, sur les sentiments, au risque d’oublier l’essentiel des débats de fond et de marginaliser certaines opinions pourtant pertinentes. Outil de base indispensable au bon fonctionnement de la démocratie dans un monde de plus en plus complexe, l’information du citoyen exige plus que jamais une grande vigilance de la part de chacun d’entre nous !

L. V. LutinVertPetit

Racisme à contretemps ?

12 novembre 2014

Après la mort du jeune Michaël Brown, jeune Noir non armé tué par un policier de Ferguson, dans le Missouri, l’Amérique s’interroge sur les injustices liées à une discrimination raciale encore vivace.

Un article paru dans Libération le 26 août 2014, rappelle que la situation sociale aux États-Unis est cependant plus complexe que ne le laissent penser les stéréotypes qui considèrent les minorités ethniques et en particuliers les Noirs, comme les populations défavorisées par excellence.

Mugambi Jouet

Mugambi Jouet

Son auteur, Mugambi Jouet, avocat et essayiste, a vécu plusieurs années en Amérique et est un bon connaisseur de son système judiciaire. Il relève en particulier le fait que les violences policières s’exercent principalement contre les minorités ethniques à cause de l’idée très répandue dans la société américaine que les Noirs et les Latinos représentent l’essentiel des populations à problèmes, en d’autres termes les pauvres et donc les délinquants.

Or la situation s’avère nettement plus nuancée comme le montrent plusieurs étude. Ainsi, un tiers des prisonniers aux USA et 43 % des condamnés à mort sont des Blancs. Une étude de l’Urban Institute relève de son côté que, contrairement aux stéréotypes proclamés, « 42 % des familles pauvres américaines sont blanches, alors que 30 % sont des Latinos et seulement 22 % des Noirs. Bien que les minorités soient représentées de façon disproportionnée parmi les pauvres, de nombreux blancs sont aussi défavorisés ».

Blog118_DessinRicheSelon M. Jouet, « les inégalités de richesse les plus frappantes ne sont pas entre les Blancs et les minorités ou même entre les riches et les pauvres. Elles sont entre les personnes extrêmement riches et tout le reste du pays. Durant les trente dernières années, une part colossale des richesses aux États-Unis a été accaparée par les citoyens énormément fortunés, particulièrement le 1 % des plus riches. Les revenus des Américains pauvres ou de la classe moyenne ont chuté ou stagné durant cette période ».

Une analyse riche d’enseignement pour nos pays européens qui sont également confrontés à de fortes inégalités de revenus au sein de sociétés présentant d’importantes diversités ethniques, avec des risques d’amalgames toujours préjudiciables pour une justice sociale équilibrée…

Squoten

Empreinte écologique mondiale : est-ce bien raisonnable ?

10 novembre 2014

Blog117_PhTerre2« Depuis le 19 août 2014, la population mondiale vit à crédit : elle a consommé en huit mois l’intégralité des ressources que la Terre peut produire en une année sans compromettre leur renouvellement », selon les calculs du think tank Global Footprint Network. « Pour le reste de l’année, notre consommation aboutira à un déficit écologique qui puisera dans les stocks de ressources naturelles et augmentera l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère… »

Cette situation de dette écologique remonte aux années 1970. L’échéance tombe de plus en plus tôt depuis 1993, date depuis laquelle cet indice est calculé, ainsi que nous l’avions déjà évoqué ici. En 1993, ce point de rupture, « le jour du dépassement », avait été évalué au 21 octobre. Dix ans plus tard, il intervenait au 22 septembre et désormais il s’est encore avancé d’un mois dans l’année, sans que l’humanité ne s’en émeuve particulièrement…

Blog117_PhTerre1Même si ce calcul ne représente qu’une estimation des tendances de consommation des ressources, il constitue la meilleure approximation scientifique de l’écart entre notre demande en ressources et services écologiques et la capacité de notre planète à les fournir. Il traduit en tout cas clairement une aggravation inexorable de notre situation de déséquilibre chronique. Sommes-nous vraiment raisonnables ?

Squoten

Roms : la difficile cohabitation…

8 novembre 2014

Blog116_PhRom« On est en France depuis 2007, on a été expulsé huit fois et, plusieurs fois, on n’a rien pu prendre du tout de nos affaires. Ici, sur ce campement, on est là depuis un an et on va nous casser nos baraques encore, dans deux jours. Depuis qu’on est en France, jamais on nous a proposé quelque chose pour l’intégration… On ne veut pas que nos enfants grandissent à faire la manche comme nous on fait. On veut s’intégrer parce que c’est bon pour nos enfants, pour faire grandir nos enfants exactement comme les autres enfants, pour avoir une vie normale… On ne veut pas que nos enfants grandissent jusqu’à vingt ans dans la forêt… »

Ce texte écrit par des familles roumaines et publié dans la revue Résistances, est révélateur des difficultés que rencontrent au quotidien les familles de Roms dans notre pays qui ne brille pas par ses qualités d’accueil et de solidarité face à ces populations…

Blog116_RomCitons aussi ce point de vue de Christine et Yves Vandamme, publié sur le site de l’association aubagnaise Ballon Rouge, en date du 30 octobre 2014, et intitulé « Des pauvres qui encombrent » :

Lundi 27 octobre 2014, un article paru dans le journal « La Provence » sous le titre « Ces camps de Roms illégaux qui créent des tensions » révèle les nuisances subies par les propriétaires et les riverains et expose la position du maire d’Aubagne qui a interpellé la préfecture pour obtenir l’expulsion. Le journaliste conclut son article en précisant que si l’expulsion satisfera les riverains, elle déplacera sûrement le problème ailleurs.

Les Roms sont majoritairement des citoyens de l’Union Européenne depuis 2007 (Bulgares et Roumains). Ils ont le droit de circuler, mais sept pays de l’union européenne (dont la France) ont choisi de limiter leur accès au travail. Ils devraient avoir le même statut que les centaines de milliers de français expatriés au sein de la communauté européenne. Sauf qu’ils demeurent, éternels bannis de l’histoire, dans une extrême pauvreté. Ils sont considérés comme des populations de seconde zone, après avoir été pourchassés et massacrés par le nazisme.

Riches et pauvres : une cohabitation toujours délicate...

Riches et pauvres : une cohabitation toujours délicate…

Actuellement, environ 20 000 Roms se trouvent en France. Ce sont des populations sédentaires (à la différence des gens du voyage) qui ne demandent qu’à trouver une modeste place pour vivre dignement. Installer ces familles, garantir la scolarisation des enfants, l’enjeu est-il vraiment démesuré pour notre pays et ses 36 000 communes ?

S’y refuser pour d’obscures raisons politiciennes, se contenter de faire expulser ces errants, c’est reporter ce drame humain sur la collectivité voisine. Cette inertie, de l’État jusqu’aux mairies, relève de la non assistance à personnes dans l’extrême misère, adultes et enfants.

Fermer les yeux ne fait pas disparaitre le problème. Cela contribue au contraire à développer des difficultés, des nuisances et des tensions pour l’ensemble de la population environnante.

Squoten

Serions-nous trop nombreux sur Terre ?

5 novembre 2014

Blog115_PhLivre1« Bientôt 10 milliards d’humains sur Terre. Combien de temps encore la planète pourra-t-elle fournir l’eau, la nourriture, l’énergie nécessaires ? » C’est en ces termes que s’interroge l’Américain Alan Weisman dans son dernier livre intitulé « Compte à rebours, jusqu’où pourrons-nous être trop nombreux sur Terre ? », publié en janvier 2014.  Ses réflexions, issues de voyages dans des endroits particulièrement peuplés de la planète, rejoignent celles d’un ouvrage collectif paru récemment sous la direction de Michel Sourrouille et au titre évocateur « Moins nombreux, plus heureux ». Blog115_PhLivre2De quoi relancer le débat autour de la question démographique en prenant appui sur des arguments écologiques… C’est la réflexion à laquelle se livre Reporterre, le « quotidien de l’écologie », qui propose un éclairage très intéressant sur la question, signé de Barnabé Binctin.

Certes, ces théories ne sont pas nouvelles, largement popularisées par le pasteur anglais Thomas Malthus dans son célèbre « Essai sur le principe de population » publié en 1798, puis reprises avec succès par Paul Ehrlig dans son ouvrage intitulé « La Bombe P » paru en 1968. Elles reposent sur l’idée largement répandue que les ressources de la Terre (et par conséquent ses capacités de production agricole) étant limitées, plus la pression démographique s’accroît, plus il sera difficile de nourrir chacun, ce qui ne peut conduire qu’au chaos au delà d’un certain seuil de population.

Blog115_Graphique

Depuis, la courbe de croissance de la population mondiale a connu un accroissement spectaculaire, triplant entre 1930 et 2000, période pendant laquelle nous sommes passés de 2 à 6 milliards ! D’après le Fonds des Nations Unies pour la population, le seuil des 7 milliards a été allégrement franchi dès 2011 et on se dirige désormais tout droit vers le chiffre pharaonique de 10 milliards d’humains vers 2050, sauf catastrophe planétaire d’ici là…

La question est bien sûr de savoir si la Terre est en mesure de nourrir une population aussi nombreuse, voire tout simplement de la supporter. Au problème des ressources qui sont nécessairement limitées, s’ajoute en effet désormais de nombreux risques liés à l’activité humaine, dont celui du changement climatique, qui peut contribuer à dérégler sérieusement la machine…

Bien évidemment, les réponses à cette question cruciale sont forcément complexes et multiples ! Notre impact sur l’environnement dépend en effet, non seulement de la population mais aussi de notre mode de consommation et de nos choix technologiques : une famille pauvre du Rajasthan ou de Mauritanie ne va pas consommer autant qu’une famille de Parisiens ou de Texans et son empreinte écologique ne sera en rien comparable.

Famille de réfugiés peuls en Mauritanie (photo Irabiha Abdel Wedoud)

Famille de réfugiés peuls en Mauritanie (photo Irabiha Abdel Wedoud)

Nous savons déjà depuis bien longtemps que la Terre n’est pas en mesure de nourrir 10 milliards d’habitants qui souhaiteraient vivre à l’américaine, mais tout est question d’équilibre… Ainsi, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) considère que l’on peut sans difficulté répondre aux besoins alimentaires de 12 milliards d’habitants, mais à condition d’adapter sérieusement nos modes de consommation car pour un même apport alimentaire, la viande nécessite beaucoup plus de ressources que des céréales. L’agronome Marc Dufumier ne dit pas autre chose en expliquant qu’un être humain a besoin de 200 kg de céréales par an pour se nourrir alors que la production mondiale actuelle est de 330 kg par personne : le seul hic est qu’il faudrait une répartition plus équitable de cette production, et nous en sommes loin ! Il en est bien évidemment de même pour ce qui concerne notre empreinte écologique puisque l’on constate que les émissions de CO2 de la Chine ne dépassent celles des Etats-Unis que depuis 2006, malgré une population nettement plus nombreuse à cette date…

Blog115_Foule

Jacques Véron, chercheur à l’INED (Institut national d’études démographiques) conclut ainsi : « Je ne vois pas aujourd’hui au nom de quoi on pourrait dire que nous sommes trop nombreux. Il ne s’agit pas de nier que la pression démographique a des conséquences sur l’environnement, mais d’éviter les discours réducteurs ou simplistes. Le problème, c’est de considérer que les détériorations environnementales soient du ressort de la démographie au premier degré. Est-ce que si l’on était moins nombreux, on respecterait pour autant plus les forêts et la biodiversité… ? ». Un beau sujet de réflexion pour chacun d’entre nous en effet.

L. V.  LutinVertPetit

Autoroutes : le hold-up du siècle !

3 novembre 2014

Après un rapport au vitriol rédigé par la Cour des comptes fin 2013 et que nous avions déjà évoqué ici, c’est maintenant au tour de l’Autorité de la concurrence de rendre public, le 18 septembre 2014, un avis très sévère sur le bilan de la privatisation des autoroutes françaises.

On y apprend ainsi que les trois groupes de BTP (Vinci, Eiffage et le consortium espagnol Albertis) qui se sont partagés en 2006 le gâteau des concessions autoroutières privatisées sous le gouvernement de Dominique de Villepin, ont d’ores et déjà rentabilisé leur mise initiale de 14,8 milliards d’euros et engrangent des bénéfices colossaux qui s’apparentent à une véritable spoliation du domaine public !

Dessin de Gros, publié dans Marianne

Dessin de Gros, publié dans Marianne

L’Autorité de la concurrence n’y va pas avec le dos de la cuillère, estimant ni plus ni moins que « la rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d’autoroutes, largement déconnectée de leurs coûts et disproportionnée par rapport au risque de leur activité, est assimilable à une rente ». Selon ses calculs, pour 100 € de péage acquitté par les automobilistes, 20 à 24 € vont directement dans la poche des actionnaires : un tel niveau de rémunération est pour le moins inhabituel, surtout pour une activité dépourvue du moindre risque, un véritable « jackpot perpétuel » comme le souligne Marianne, qui dénonce ce scandale depuis des années…

Dessin de Gros, publié dans Marianne

Dessin de Gros, publié dans Marianne

Résultat : il n’aura fallu que six ans et demi à Vinci (qui gère les autoroutes du sud de la France dont la concession d’ESCOTA) pour rembourser sa mise de départ alors que la concession a été calculée sur 30 ans et déjà allongée moyennant quelques investissements en faveur de l’environnement (mais dont la moitié correspondent en réalité à la mise en place de télépéages dont l’objectif principal est de réduire les coûts de personnel et d’accroitre encore la rentabilité des autoroutes : il n’y a pas de petit profit chez ces gens là…).

Dessin de Gros, publié dans Marianne

Dessin de Gros, publié dans Marianne

Avec du recul, on se demande bien par quel sortilège les sociétés Vinci et Eiffage ont réussi à mettre la main sur le réseau autoroutier à un prix aussi avantageux alors que la Cour des comptes évaluait sa véritable valeur autour de 23 à 25 milliards d’euros, soit un rabais confortable de l’ordre de 40 % ! D’autant que depuis, la rentabilité n’a cessée de s’accroître avec une baisse des charges de fonctionnement et d’investissements, cumulée à une envolée des tarifs qui sont passés en moyenne de 0,082 €/km en 2005 à 0,104 aujourd’hui (soit une hausse de près de 30 % en quelques années) mais atteignant localement jusqu’à 0,176 €/km sur le tronçon géré par Vinci entre Aubagne et le péage de La Barque : un record national !

Pour les actionnaires de ces sociétés concessionnaires, les dividendes sont confortables car tout est redistribué. Pas question en effet d’affecter ces profits colossaux au désendettement de ces sociétés car, cerise sur le gâteau, elles bénéficient de la déductibilité de leurs charges d’emprunt : un petit cadeau fiscal  qui leur a rapporté la bagatelle de 3,4 milliards d’euros depuis 2006. Sans compter que les travaux qui sont réalisés sont bien évidemment confiés en priorité aux entreprises de groupe car il est bien connu que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même… Encore une flagrante entorse à la concurrence relevée dans le rapport qui vient d’être rendu public.

Dessin de Gros, publié dans Marianne

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Comment sortir d’une telle impasse qui va manifestement à l’encontre de l’intérêt général ? Renationaliser les autoroutes paraît exclu car l’État serait bien en peine de trouver l’argent nécessaire pour cela. Quant à la voie d’une taxation, elle paraît compromise. Il faut dire que les avocats de ces firmes ont bien travaillé puisque les contrats de concession vont jusqu’à stipuler que « en cas de modification ou de création d’impôts, de taxes et redevances spécifiques aux concessionnaires d’ouvrages routiers à péage ou aux concessionnaires d’autoroutes, l’État et la société concessionnaire arrêtent d’un commun accord les compensations qui devront être apportées ». Autrement, dit, François Hollande et Ségolène Royal peuvent bien menacer de taxer davantage les bénéfices indus, Vinci et Eiffage ne craignent rien puisque, si nouvelle taxe il y a, elle sera intégralement compensée soit par une subvention publique, soit par une augmentation automatique des tarifs. Un vrai cauchemar pour le contribuable-usager…

L. V. LutinVertPetit

La crise ? « Tout se passe comme prévu… »

1 novembre 2014

« Tout se passe bien, en fait, du point de vue des 1 % qui se gavent comme jamais ; les banques qui devraient être en prison pour faillite frauduleuse, leurs patrons se font mieux payer que jamais et arrivent maintenant au gouvernement dans différents pays. Je trouve que la situation n’est pas du tout catastrophique pour ceux qui financent les campagnes électorales des élus».

Blog113_Ph2Emission

Ces propos quelque peu iconoclastes ont été tenus le 5 septembre 2014 dans l’émission de France 2 animée par Frédéric Taddeï en présence notamment de Jacques Attali, Robert Hue et Marcel Gauchet, dans le cadre d’un débat sur le thème : « Pourquoi avons-nous l’impression de vivre la rentrée la plus catastrophique de la Vème République ? ».

Leur auteur : Étienne Chouard, professeur d’économie dans un lycée marseillais qui s’était illustré en publiant en 2005 sur son blog personnel (actualisé depuis) une analyse critique très sévère contre le projet de traité constitutionnel européen. Largement repris par différents forums puis par les médias, son argumentation avait alors connu un très vaste écho, au point d’obliger Dominique Strauss-Kahn et d’autres responsables politiques à tenter de déconstruire son argumentation, en vain cependant puisque le « non » avait fini par l’emporter lors du référendum…

Blog113_Ph1ChouardDepuis, il milite en faveur d’une reprise du pouvoir par le peuple contre les élites politiques et financières qui gouvernent en notre nom mais en fonction de leurs propres intérêts, à savoir ceux des classes dominantes qui s’accaparent les richesses et le pouvoir. Son credo : aider les citoyens à s’organiser pour rédiger eux-mêmes une constitution, afin d’éviter de se faire ainsi confisquer le pouvoir décisionnel en laissant écrire les lois par des professionnels de la politique qui ne font que défendre les intérêts des puissants. Il se montre aussi très critique contre les dérives libérales de l’Union européenne qui contribuerait à favoriser le chômage de masse, bénéfique pour maintenir les salaires les plus bas possibles et donc maximiser les profits. Il s’inquiète également du rôle accru des banques privées en faveur desquelles les états ont abandonné leur pouvoir de création de la valeur monétaire publique.

Bref, un trublion qui n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat du débat politique, au risque de se prendre parfois les pieds dans le tapis et de se voir accusé de céder aux sirènes de la théorie du complot ou du « tous pourris » qui sert si bien les intérêts du Front national mais lui a valu de nombreuses critiques, issues notamment de l’extrême–gauche ! Criant souvent à la censure, force est de constater qu’il semble en avoir été victime à plusieurs reprises, par exemple à l’occasion d’un projet de film militant sur le pouvoir et les institutions, intitulé « Dédale, un fil vers la démocratie » et dont la diffusion a dû être interrompue sous la pression de militants de gauche qui refusaient que M. Chouard y apparaisse à leurs côtés…

En tout cas, son intervention lors de cette récente émission de France 2 a séduit nombre d’internautes, au point d’ailleurs que les extraits diffusés sur différents médias ont fait l’objet d’une réclamation de France Télévision pour atteinte aux droits d’auteur, ce qui a conduit à la retirer de plusieurs sites. Encore accessible en intégralité sur le blog d’Étienne Chouard, ainsi que sur Facebook, Youtube et Dailymotion notamment, sous forme d’un court monologue de 4 minutes, elle mérite d’être entendue, au moins par nos élus politiques si fiers de la délégation qui leur est faite pour prendre à notre place les décisions qui leur paraissent les plus judicieuses mais qui ne répondent pas toujours à l’intérêt général du plus grand nombre… Une réflexion salutaire en tout cas sur les limites de notre modèle démocratique.

L. V. LutinVertPetit