Conseil municipal au banc d’essai du Ravi

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Le Ravi, c’est ce mensuel provençal satirique qui décortique l’actualité régionale sans parti pris (sinon peut-être contre le Front National et sa vedette locale, Marion Maréchal-Le Pen surnommée « nous voilà »), mais en tout cas sans ménagement ni retenue.Blog334_PhRavi

Parmi ses rubriques, ceux qui s’intéressent encore à la vie politique locale (il paraît qu’il en existe encore…) liront avec délice la rubrique intitulée « Contrôle technique de la démocratie ». Chaque mois, un journaliste du Ravi teste incognito le déroulement d’un conseil municipal ou d’une assemblée délibérante, et en relate les moments forts, comme si vous y étiez. Rappelons au passage qu’un conseil municipal est un spectacle gratuit et que chacun peut y assister à sa guise, la seule contrainte étant d’en connaître les dates à l’avance (à Carnoux, cela relève du délit d’initié…) et de ne pas s’endormir avant la fin car la qualité des dialogues laisse parfois à désirer.

Les journalistes du Ravi n’en ont donc que plus de mérite à rendre captivant les  conseils municipaux auxquels ils font l’effort d’assister régulièrement et dont ils rendent compte avec beaucoup d’humour et de finesse : une belle leçon de démocratie, pas toujours très flatteuse pour nos élus locaux !

Caricature parue dans Le Ravi

Caricature parue dans Le Ravi

En février dernier, c’était la ville de La Ciotat qui recevait la visite du Ravi, alors que le maire Patrick Boré était sous le coup de mystérieuses menaces de mort et que de curieux plaisantins au sang un peu chaud s’amusaient à tirer sur la porte de la mairie : rien que de très classique dans une commune où le principal d’un collège avait été assassiné en 2003 sur le parking de son établissement sans que son meurtre ne soit jamais élucidé…

Ce jour-là pourtant, au conseil municipal, il ne sera pas question des mystérieux mitraillages qui visent certains élus malgré les 113 caméras de vidéosurveillance présentes en ville. Parmi les délibérations prises, Le Ravi note avec bonheur que le maire s’octroie une petite augmentation de ses frais de représentation qui passent à 13 000 €, juste compensation sans doute de ses petites frayeurs récentes. A l’élu frontiste qui l’interpelle pour savoir ce qu’il compte faire de tout cet argent, le pharmacien Patrick Boré lui répond « Si je fais une coloscopie, il faut que je vous communique les résultats ? ». Un échange tout en finesse et en courtoisie…

Il faut dire que le même élu FN avait passablement énervé le maire en réclamant d’entrée à voir les procurations confiées aux membres présents de la majorité municipale. Il reviendra à la charge plusieurs fois tout au long du conseil municipal tandis que le maire « machouille délibérement son chewing gum ». Mais aux réponses évasives du début (« Vous les aurez, on est en train de les vérifier »), succèdent les rappels à l’ordre (« C’est infernal, asseyez-vous, on vous les donnera. Ce n’est pas vous qui allez me donner des leçons de démocratie ») puis le coup de colère final (« Ça ne s’arrêtera pas ! Soit vous faites un recours soit vous arrêtez, ça suffit à la fin »). On ne saura jamais ce que cachent ces fameuses procurations…

Le 17 mars 2016, le Ravi était présent également pour assister à la seconde élection de Jean-Claude Gaudin à la tête de la nouvelle métropole Aix-Marseille-Provence après le faux départ du 9 novembre 2015 et les multiples recours qui s’en sont suivis. Le décor est planté : « 240 élus se pressent au palais du Pharo à Marseille. La salle est carrée, Gaudin tout en rondeur ». Maryse Joissains qui, jusqu’à la veille avait tout fait pour que la métropole ne voit jamais le jour explique de manière pédagogique son brusque revirement : «  Mes ouailles vont payer. Mieux vaut être dedans pour récupérer le pognon. Mais je vais me battre de l’intérieur. Parce que la métropole, ça reste une vaste connerie !  ». Au moins, sa position est claire…

Rélection de Jean-Claude Gaudin le 17 mars 2016

Réélection de Jean-Claude Gaudin le 17 mars 2016

Après l’élection du nouveau président, et pour la suite des votes, « chacun reçoit une calculette orange dont un technicien, diapo à l’appui, livre le mode d’emploi. Gaudin, paumé : Va falloir réexpliquer ! Après deux tests, Gaudin prévient : Faut pas se tromper ! Election du 1er vice-président. Seule candidate : Martine Vassal. La patronne LR du Conseil départemental rafle 186 voix. Et Gaudin de citer une devise dont il a le secret : Allié, oui, vassal, non !  ». Presque du Pagnol dans le texte !

Plus tard, alors que « Gaudin rappelle à Joissains, à propos d’une disposition, que C’est la loi, l’Aixoise rétorque : Ça va, on est à Marseille !  ». Effectivement, on avait failli l’oublier…

Le maire d’Aubagne, Gérard Gazay (dessin de Trax pour Le Ravi)

Le maire d’Aubagne, Gérard Gazay (dessin de Trax pour Le Ravi)

Le 25 mai, c’est à Aubagne que le Ravi est allé tâter le pouls de la démocratie locale, dans la salle polyvalente du Bras d’or, où se tiennent désormais les réunions du conseil municipal, sous le Mac Do. La carrière politique du maire actuel, Gérard Gazay, un ancien d’IBM, devenu brusquement maire d’Aubagne puis quasi simultanément vice-président du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille, impressionne manifestement le Ravi qui, pour consulter sa biographie, a dû aller fouiller sur le site du Cercle des Libéraux, création d’Alain Madelin et soutien indéfectible de Donald Trump, tout un programme…

Comme d’habitude, le Ravi plante le décor : « A Aubagne, c’est comme à l’assemblée nationale : l’extrême-droite est à l’extrême-droite de la table du conseil et la gauche à gauche ». Au menu de ce conseil municipal, il ne s’agit rien de moins que de changer le nom de la commune que le maire souhaite désormais appeler Aubagne-en-Provence ! Pour Gérard Gazay, «  L’intérêt est évident pour le développement de notre ville  ». Denis Grandjean s’étonne de cette démarche qui rappelle furieusement celle des époux Mégret, lesquels avaient tenté la même manœuvre lorsqu’ils étaient à la mairie de Vitrolles. En tout cas, l’opposition concède au maire d’Aubagne qu’il s’agit pour l’instant de sa seule promesse de campagne tenue…

Gérard Gazay lors d’une séance du conseil municipal en juillet 2016 (photo © La Marseillaise)

Gérard Gazay lors d’une séance du conseil municipal en juillet 2016 (photo © La Marseillaise)

Les passes d’arme entre Gérard Gazay et Magali Giovannangeli ne manquent pas de sel et on constate que le maire s’agace très vite des observations de son opposition. Toute comparaison avec la situation d’une autre commune voisine ne serait bien évidemment que purement fortuite… De même qu’il serait de mauvaise grâce de relever l’absence totale d’implication des élus frontistes dans les affaires de la ville. Le Ravi note néanmoins que l’élu FN « Nicolas Robine se réveille à l’occasion d’une petite salve de délibérations sur des partenariats entre la ville et l’université Aix-Marseille qui fait pourtant l’unanimité. «  Comme on est hors compétence, je ne prendrai pas part au vote  », annonce le jeune frontiste. Par manque de compétences ? ».

A lire sans modération sur le site du Ravi

L.V. LutinVert1Small

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