Posts Tagged ‘Mexique’

Au Mexique aussi les explorations se poursuivent…

20 janvier 2018

Alors que les spéléologues de l’association Cassis, les rivières mystérieuses, poursuivent leurs explorations pour tenter de remonter les deux rivières souterraines du Bestouan et de Port-Miou, envisageant désormais la réalisation d’un forage pour explorer le puits terminal situé à 3 km de l’exutoire du Bestouan, voilà que leurs collègues mexicains viennent de faire un grand pas en avant dans la connaissance de réseaux souterrains ennoyés dans la région du Yucatan.

Gran Cenote près de Tulum, site touristique très prisé…

Comme en Provence calcaire, ce secteur du Yucatan est un massif karstique dans lequel les circulations d’eau souterraines ont créé des galeries souterraines par dissolution progressive du calcaire sous l’effet de l’acidité des eaux. Lorsque le toit de ces galeries s’effondre, on observe en surface la formation de vastes puits ou avens, connus localement sous le nom de cénotes. Certains de ces effondrements se forment sous la surface d’un plan d’eau (lac, lagune ou même dans la mer), et ne sont alors visibles sur sous la forme de tâches plus foncées, trous bleus ou trous noirs selon leur perception…

Les Mayas, qui occupaient la péninsule du Yucatan avant l’arrivée des Espagnols, connaissaient bien ces puits naturels donnant accès à de vastes réserves d’eau douce (et parfois salée lorsque les réseaux karstiques communiquement avec la mer, comme c’est le cas aussi à Port-Miou). Ils les utilisaient comme source d’approvisionnement en eau potable. Mais, ils les considéraient également comme des bouches d’accès permettant d’entrer en communication avec les dieux de l’infra-monde, d’où l’origine du mot cénote qui dérive d’un ancien vocable maya signifiant « puits sacré ». Ils s’en servaient donc aussi comme lieux de sacrifice et y jetaient des offrandes et autres victimes expiatoires, ce qui, dans notre conception hygiéniste moderne, paraît bien peu approprié…

Salle ornée de concrétions dans le réseau de Sac Actun (source : Feel the planet)

Toujours est-il que ces cénotes et les réseaux de galeries souterraines noyées qui les relient constituent un immense terrain de jeu pour les spéléologues et les archéologues qui les explorent depuis des années. L’un d’entre eux, le plongeur allemand Robert Schmittner, qui réside au Yucatan depuis maintenant 20 ans et dirige le projet intitulé Gran Acuifero Maya (GAM), explore ainsi depuis des années les réseaux sub-aquatiques autour de la cité balnéaire de Tulum. Il vient de faire la une de très nombreux médias en annonçant, le 15 janvier 2018, avoir réalisé la jonction entre deux réseaux désormais reliés entre eux, ce qui en fait la plus vaste grotte noyée du monde avec pas moins de 347 km de galeries connues !

Progression de plongeurs de l’équipe du GAM dans les galeries de Sac Actun (photo © Herbert Mayrl / GAM via Reuters)

Jusque-là, le réseau de Sac Actun, situé au nord de Tulum, était le deuxième plus vaste système subaquatique exploré au monde avec déjà 262 km de galeries, juste derrière un autre réseau de 269 km, situé dans la même région mais plus au sud et dénommé Ox Bel Ha. Quant au second réseau exploré par les équipes du GAM, connu sous le nom de Dos Ojos, il s’agissait d’un vaste labyrinthe de près de 84 km de longueur cumulée, qui se classait à la quatrième place mondiale. La jonction réalisée entre ce dernier système et celui de Sac Actun montre que les deux ne constituent qu’un seul et unique réseau qui prend désormais le nom du plus grand des deux.

Et le mouvement n’est sans doute pas fini car Robert Schmittner compte bien poursuivre ses explorations. Rien que dans le nord-est de l’État de Quintana Roo où se situe le réseau karstique ennoyé de Sac Actun, on a répertorié pas moins de 358 réseaux subquatiques accessibles, représentant à ce jour un linéaire total de 1 400 kilomètres !

Plongeur de l’équipe du GAM à Sac Actun (photo © Herbert Mayrl / GAM via Reuters)

Outre l’intérêt spéléologique et hydrologique d’une telle découverte de la plus grande grotte noyée du monde, cette meilleure connaissance des réseaux souterrains du Yucatan est une aubaine pour les paléontologues, archéologues et autres anthropologues. On retrouve en effet dans ces galeries noyées et au fond des puits qui en donnent accès, de très nombreux vestiges, ossements animaux et humains, mais aussi poteries et objets sacrificiels mayas qui permettent d’en savoir toujours davantage sur l’histoire de la région et les différentes civilisations qui s’y sont succédées.

Crâne de Naia découvert en 2007 (photo © Roberto Chavez ARCE / AFP )

C’est ainsi qu’a été retrouvé en 2007, dans les eaux du gouffre de Hoyo Negro (en français « trou noir »), un aven de 43 m de profondeur qui fait partie du réseau de Sac Actun, le squelette de Naia, une jeune fille de 15 à 16 ans qui vivait dans la région il y a environ 13 000 ans, en plein âge glaciaire, et qui était malencontreusement tombée au fond du gouffre où elle s’était noyée.

A l’époque, avant la fin de la dernière glaciation, le niveau de la mer était plus bas d’environ 120 m et du coup les grottes du Yucatan n’étaient pas ennoyées à leur niveau actuel si bien que l’accès au puits se faisait à pied sec. Outre ses restes, l’aven abritait également des ossements de 26 autres mammifères terrestres dont un tigre à dents de sabre et un gomphothère, sorte d’éléphant préhistorique.

Selon Le Monde, la découverte n’avait été annoncée qu’en mai 2014 par l’Institut mexicain d’anthropologie et d’histoire, à l’issue de nombreuses analyses. De fait, la découverte des restes particulièrement bien conservés de cette jeune fille de 13 000 ans s‘est révélée très enrichissante sur le plan scientifique car les populations amérindiennes indigènes de cette période étaient des groupes nomades peu nombreux et leurs vestiges ne sont donc pas si fréquents. L’analyse génétique de l’ADN mitochondrial de Naia a permis ainsi de confirmer d’une part son origine asiatique et d’autre part son apparentement aux actuels indiens d’Amérique malgré des différences morphologiques qui traduisent simplement les évolutions génétiques subies depuis que ces peuplades, venues de Sibérie par le détroit de Behring, se sont lentement répandues sur l’immense territoire américain. Des conclusions qui corroborent d’ailleurs celles issues de l’analyse d’un autre squelette découvert dans le Montana, plus ou moins contemporain de Naia et également issu d’une souche de population sibérienne.

Une chose est sûre, les grottes ennoyées du Yucatan, tout aussi mystérieuses que celle de Cassis, n’ont pas fini de livrer tous leurs secrets…

L.V.  

Publicités

Croisière autour du monde : 5ème escale

2 février 2017

blog388_phtetereineNos deux croisiéristes poursuivent leur nouveau voyage autour du monde à bord du Queen Elisabeth. Après une escale à Carthagène, sur la côte colombienne, le bateau a passé le canal de Panama et remonte désormais sur la côte pacifique en direction de la Californie.

Vendredi 27 janvier :

Un buste de la Reine, un échiquier en plein air, une partie du casino : le Queen Elisabeth n’en finit pas de nous émerveiller et de nous faire découvrir toutes ses possibilités.

Partie d'échecs sur le pont du Queen Elisabeth

Partie d’échecs sur le pont du Queen Elisabeth

 

Le casino à bord du Queen Elisabeth

Le casino à bord du Queen Elisabeth

Samedi 28 janvier :

Aujourd’hui, nous sommes à Huatulco, à l’extrême sud du Mexique, à 500 km au sud d’Acapulco. Il fait un temps magnifique. Dans les années 1970, vu le succès de la ville d’Acapulco qui, créée à partir de rien devenait peu à peu une icône pour vacances de nantis, le gouvernement mexicain décide de fonder une nouvelle ville dans le district d’Oaxaca à 400 km au sud d’Acapulco. Ce sera Santa Cruz de Huatulco : 30 km de plages de sable réparties en 35 criques avec golf, équitation, plongée, marina etc…

Le district est connu pour ses belles ruines pré colombiennes et à été le lieu de naissance de deux héros du pays, Porfiro Diaz et Beniti Juarez. Aujourd’hui on n’y entend parler que de l’anglais et c’est l’une des destinations préférées des Américains et des Canadiens. On n’ose imaginer ce que cela deviendrait si Trump rompait toute relation avec le Mexique, décourageant par la même les Etats-Uniens d’aller y passer leurs vacances !

C’est un endroit charmant où nous avons pris un bain fabuleux dans une eau à 26 degrés au moins mais bien sûr ça a un petit côté préfabriqué, façon Dysneyland…. Située largement au sud du tropique du cancer la ville jouit d’un climat chaud toute l’année et il n’y a pas de basse saison pour le tourisme !

Mardi 31 janvier

Cabo San Lucas : une ville mexicaine située tout au bout de la péninsule qu’on appelle « Baja Californie », la Basse Californie, et qui appartient au Mexique. Cabo San Lucas était un minuscule village de pêcheurs. On y voit encore des barques de pêche sur lesquelles se prélassent les pélicans.

blog388_phpelicans

blog388_phfacadescabo

Mais aujourd’hui, c’est devenu un piège à touristes, bruyant et assez décevant.

Nous avons donc peu flâné entre les boutiques à tee-shirts et les bars à bière, au pied des façades de beaux hôtels assez standardisés.

Une halte au restaurant nous a permis d’assister à la préparation du guacamole : un délice !

blog388_phserveur

Ensuite, nous avons fait un périple en mer à la recherche des baleines qui viennent frayer en eaux chaudes à cette période de l’année. Celles que nous avons vues (5 ou 6 je pense) étaient des « humpback », celles que nous appelons baleines à bosse.

blog388_phbaleine3

Rien de plus émouvant que la grâce de ces mastodontes qui lancent d’abord un jet de vapeur (on dit qu’elles soufflent) puis laissent apparaître leur dos luisant et noir et, enfin, si on a de la chance, la queue très large.

blog388_phbaleine1Nous les avons observées une bonne heure. C’était magique, d’autant plus que mon mari et moi étions seuls dans un petit bateau avec le pilote mexicain ! Une vraie balade privée, un régal ! Les baleines sont néanmoins difficiles à prendre en photo : soyez donc indulgents pour mon mari qui a fait son possible !

blog388_phbaleine2

Nous sommes à présent en mer pour deux jours et ensuite nous atteindrons San Francisco où nous resterons deux jours également. Le temps s’est un peu rafraîchi. A San Francisco, on nous parle de températures voisines de 13 ou 14 degrés ! On n’est plus sous les tropiques !

Annie