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Un chant d’espoir en Israël ?

11 janvier 2017

Les médias n’en ont pas forcément beaucoup parlé, encore que Le Monde notamment s’en soit fait largement l’écho : des milliers de femmes israéliennes du mouvement Women Wage Peace, qui rassemble plus de 20 000 adhérents, se sont mobilisées fortement pour la paix en organisant de multiples rassemblements en Israël mais aussi en Cisjordanie.

Des femmes du Women Wage Peace

Des femmes du Women Wage Peace

Cette formidable « marche de l’espoir » s’est achevée par une prière juive et musulmane pour la paix prononcée par 4000 femmes en bord de la Mer morte, mais aussi par une manifestation de 15 000 femmes, vêtues majoritairement en blanc, devant la demeure du Premier ministre Benjamin Netanyahou, le 19 octobre dernier, pour réclamer la fin du conflit.

Le mouvement est né en 2014, pendant l’opération « Bordure protectrice » menée dans la bande de Gaza et qui causa en cinquante jours la mort de près de 2 100 Palestiniens et de 73 Israéliens (dont 66 militaires). Une des fondatrices de ce mouvement modéré et pragmatique, Marie-Lyne Smadja, universitaire à Tel-Aviv, a pris conscience, à l’occasion de ce conflit sanglant, de la nécessité de dépasser les postures politiciennes pour tenter de remettre en marche le processus de paix.

Le cortège de la Marche pour la Paix (photo A. Momani / AFP/Getty Image)

Le cortège de la Marche pour la Paix (photo A. Momani / AFP/Getty Image)

La vidéo qui rend compte de cet événement sans précédent qu’a constitué cette marche des femmes en faveur de la paix est à voir et à partager sans limite. Outre les images de la marche pacifique et joyeuse de ces femmes de tous âges et de tous horizons, on y voit une magnifique chanson d’espoir, « Prayer of the Mothers » interprétée en arabe et en hébreu par 10 femmes juives et 10 musulmanes, sous la direction de la chanteuse israélienne Yael Deckelbaum.

La Prière des mères conduite par la chanteuse Yael Deckelbaum

La Prière des mères conduite par la chanteuse Yael Deckelbaum

Jean-Claude Guillebaud, a écrit un très beau papier paru dans Sud-Ouest pour attirer l’attention sur cette vidéo pleine d’espoir. En voici quelques extraits :

Tout le monde le dit depuis longtemps : les médias aiment tant les mauvaises nouvelles qu’ils oublient souvent de donner les bonnes. À un journaliste débutant, on expliquera qu’un train qui arrive à l’heure, ce n’est pas une « information ». En revanche, s’il déraille au prix d’une trentaine de morts, alors on en fera la une. Chacun convient, bien sûr, qu’il faut donner TOUTES les nouvelles, même mauvaises. Seules les dictatures aimeraient qu’on publie exclusivement les informations « positives ». Alors ?

Le soldat israélien Elor Azaria reconnu coupable d’homicide sur un Palestinien, le 4 janvier à Tel-Aviv (photo H. Levine / AFP)

Le soldat israélien Elor Azaria reconnu coupable d’homicide sur un Palestinien, le 4 janvier à Tel-Aviv (photo H. Levine / AFP)

Alors, il se trouve que cette semaine nous avons vécu une séquence exemplaire de ce dilemme. Cela concerne Israël. La presse européenne a beaucoup brodé sur deux « affaires » plutôt malodorantes. D’abord, le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a été entendu deux fois par la police, qui le soupçonne d’avoir reçu des cadeaux suspects d’hommes d’affaires israéliens. Dans le même temps, la justice a condamné un soldat de Tsahal, le sergent Elor Azaria, pour avoir tiré une balle dans la tête d’un Palestinien gisant au sol et apparemment hors d’état de nuire après avoir attaqué au couteau des militaires israéliens à Hébron.

Les deux affaires sont indirectement liées, car Netanyahou, qui est proche de l’extrême droite, cherche à obtenir la grâce de ce sergent que les extrémistes juifs présentent déjà comme un héros. Beaucoup de commentateurs européens en conviennent : l’État Hébreu, qui est militairement plus fort que jamais, traverse une des plus graves crises morales de son histoire. Voilà pour les mauvaises nouvelles.

Or, cette même semaine s’est produit en Israël un événement qui, à mes yeux, aurait mérité la première place, surtout à la télévision : une initiative féminine propre à redonner espoir. Elle est le fait d’une association, les Mères pour la paix. En octobre dernier, elles avaient lancé la Marche de l’espoir. Or, un film montre les différentes phases de cette Marche de l’espoir. C’est ce film qui vient d’être diffusé et qu’on peut voir en ligne. Je l’ai visionné plusieurs fois avec la même émotion.

Leymah Gbowee, militante pacifiste libérienne, Prix Nobel de la Paix 2003

Leymah Gbowee, militante pacifiste libérienne, Prix Nobel de la Paix 2003

Dans cette vidéo joyeuse, déterminée, courageuse, on entend un message de Leymah Gbowee, une femme du Liberia qui a obtenu le prix Nobel de la paix en 2003 pour avoir contribué à la fin de l’atroce guerre civile dans ce pays. S’adressant à ces « mères pour la paix », elle les encourage à poursuivre la lutte. « La paix est possible, ajoute-t-elle, quand des femmes intègres et décidées se lèvent pour le futur de leurs enfants. »

Il faudra certainement encore beaucoup de manifestations de la sorte pour que la paix progresse dans cette région, mais ne boudons pas notre plaisir en voyant de telles images, et faisons-les circuler !

SJ

Israël : modèle ou repoussoir ?

14 mai 2016

Depuis les récents attentats de djihadistes en Europe, nombre de nos élus politiques se précipitent en Israël considéré comme un modèle de lutte anti-terroriste qui a su instaurer un régime particulièrement efficace de surveillance et de repression qui permet de contrer les menaces des militants islamistes en tout genre. « Il faut terroriser les terroristes » avait déjà théorisé l’inénarrable Charles Pasqua et c’est cette recette que nos responsables politiques viennent chercher auprès des forces de sécurité israéliennes, de la même manière que les militaires américains empétrés dans la guerre du Vietnam ou plus tard les régimes militaires dictatoriaux d’Argentine ou du Chili des années 1970 venaient s’enquérir auprès de l’armée française des méthodes de torture et de terreur mises en place lors de la bataille d’Alger.

Arrestations musclées à Jérusalem (crédit photo AFP)

Arrestations musclées à Jérusalem (crédit photo AFP)

L’expertise semble avoir changé de camp et Israël est devenu aux yeux du monde occidental le modèle abouti qui permet de contenir la violence plutôt que d’en limiter les causes par une action politique, sociale ou diplomatique. On a vu ainsi le maire de Nice, Christian Estrosi déclarer lors d’un déplacement en Israël le 16 juin 2014 : «  Je suis fier d’être un ami d’Israël. A peine arrivé sur la Terre d’Israël, je souhaite m’exprimer afin de marquer mon engagement dans la lutte contre l’anti-judaïsme, qui gagne partout du terrain, et contre l’odieuse campagne internationale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui sévit au plan international ».

Christian Estrosi et le ministre israélien de la défense Moshe Ya’alon en février 2016

Christian Estrosi et le ministre israélien de la défense Moshe Ya’alon en février 2016

A peine élu à la tête de la région PACA, le même Christian Estrosi s’est aussitôt précipité en Israël pour y effectuer son premier voyage à l’international. Il y a rencontré des leaders de la sécurité ainsi que les ministres de l’Intérieur et de la Défense, avec comme objectif affiché de venir prendre des leçons en matière de lutte au quotidien contre les actions terroristes. « Être à la pointe de la lutte par le renseignement contre la cybercriminalité est un objectif majeur lorsqu’on sait que la radicalisation se fait par le biais des réseaux sociaux » a-t-il ainsi déclaré tout en estimant que : « Il est temps que la France comprenne que nous ne gagnerons pas la guerre avec les lois de la Paix ! » .

Martine Vassal à Jérusalem le 3 mai 2016 avec Reuven Rivlin, président d'Israël (photo M. Neiman / GPO)

Martine Vassal à Jérusalem le 3 mai 2016 avec Reuven Rivlin, président d’Israël (photo M. Neiman / GPO)

Depuis, la présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, s’est également empressée de réaliser son premier déplacement officiel à l’étranger justement en Israël, à Jérusalem, avec comme objectif affiché d’apprendre comment combattre le terrorisme : « la France peut tant apprendre d’Israël » s’exclamait-elle ainsi tout en s’affichant avec le président de l’État israélien, Reuven Rivlin, considéré comme un faucon du Likoud.

A croire que l’État répressif d’Israël que certains, à l’instar de Pierre Stamboul, co-président de l’Union Juive Française pour la Paix, n’hésitent pas à qualifier de lieu d’apartheid, serait un modèle pour nos démocraties occidentales… Pourtant, quand on lit certains témoignages dont celui du Français François-Xavier Gilles sur son blog Palestine.Katinfo, de retour d’un voyage en Israël, cette répression policière à outrance, venant en appui à des militants sionistes décomplexés qui poursuivent sans vergogne leur œuvre de colonisation, on se sent pour le moins mal à l’aise face à cette « horreur au quotidien ».

Evolution des territoires palestiniens depuis 1947

Evolution des territoires palestiniens depuis 1947

FX. Gilles et son groupe en visite à Al Khalil (Hébron) en avril 2016

FX. Gilles et son groupe en visite à Al Khalil (Hébron) en avril 2016

Quelques extraits de ce témoignage : « Israël avance tel un rouleau compresseur: il ne s’arrête pas; il accélère. Le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem est envahi de drapeaux israéliens au premier étage des maisons toujours plus nombreuses à être colonisées. La police et l’armée israéliennes, auxquelles s’ajoutent maintenant des milices à pied ou à moto en gilet pare balle, sont omniprésentes tout au long du trajet, pourtant musulman, de la porte de Damas au mur des lamentations. Les colons israéliens, tous plus ridicules les uns que les autres dans leurs accoutrements invraisemblables, y déambulent sans vergogne, pistolets à la ceinture pour certains ».

Contrôles au faciès par des policiers israéliens à Jérusalem Est  (crédit photo AFP)

Contrôles au faciès par des policiers israéliens à Jérusalem Est (crédit photo AFP)

Le représentant de France Palestine Solidarité décrit les arrestations arbitraires et les contrôles musclés permanents destinés à intimider, les fouilles au corps brutales en pleine rue et les commentaires désabusés des vieilles femmes qui observent ces violences policières quotidiennes : « C’est une honte, ça n’arrête pas, ils n’ont rien fait, on ne peut rien, c’est tous les jours comme ça ». Il évoque les spoliations des maisons dans Jérusalem Est qui n’a toujours pas de statut défini mais où la colonisation juive se poursuit insidieusement, avec l’aide d’intermédiaires véreux. Il décrit l’asphyxie organisée de toute l’économie palestinienne dont les produits agricoles sont bloqués tandis que les fruits et légumes israéliens inondent les marchés, les check point qui changent sans arrêt et dont le seul but semble être de rendre la vie impossible aux résidents palestiniens.

« Si les fruits et légumes ne passent pas, les palestiniens des territoires occupés comme on appelle précieusement la Cisjordanie d’à côté, et encore moins les palestiniens de Gaza, ne passent pas non plus. Ils leur faut un permis, délivré par l’autorité israélienne, pour se rendre à Jérusalem. Une fois l’an et encore, pas pour tout le monde. Certains n’y sont jamais allés.

Check point de Qalandia entre Ramallah et Jérusalem

Check point de Qalandia entre Ramallah et Jérusalem

Maram, une jeune femme palestinienne de 24 ans, enceinte et mère de deux enfants, en avait obtenu un de ces laisser-passer, pour la première fois de sa vie. Le mercredi 27 avril, venant de son village de Beit Surik voisin, elle s’est avancée au check-point de Qalandiya en empruntant innocemment l’accès réservé aux voitures ; elle ne comprenait pas l’hébreu, langue dans laquelle les soldats lui ordonnaient de loin de rebrousser chemin. Les soldats l’ont assassinée. Son frère Ibrahim, 16 ans, qui l’accompagnait et qui a tenté de lui porter secours a été abattu lui aussi.

Nous sommes passés au check-point une heure plus tard, en revenant de Ramallah. Deux reporters de télévision étaient présents. C’était bourré de jeeps et de militaires. Obligés de changer de bus, nous avons demandé à des palestiniens présents sur les lieux ce qu’il se passait. « Deux palestiniens ont été tués; l’un tentait de passer le check-point alors qu’il n’avait pas d’autorisation (par le mauvais accès); l’autre a tenté de l’aider ». Les voitures continuent d’avancer au pas, les passagers présentent leurs papiers aux soldats surarmés; comme d’habitude à Qalandiya, un long fleuve tranquille… »

Point de passage de Qalandia après la mort de deux Palestiniens, le 27 avril 2016 (photo A. Gharabli  / AFP)

Point de passage de Qalandia après la mort de deux Palestiniens, le 27 avril 2016 (photo A. Gharabli / AFP)

Le communiqué officiel précisera : « Les policiers israéliens ont tué mercredi matin deux Palestiniens qui s’approchaient d’eux armés de couteau et ont refusé de s’arrêter malgré des injonctions répétées au point de passage de Qalandiya entre Jérusalem et la Cisjordanie occupée ». Mais de nombreux témoignages de passants, repris notamment par Le Parisien, confirment bien qu’il s’agit d’une simple méprise et que les couteaux retrouvés près des corps ont été déposés après coup par les soldats israéliens pour masquer leur bévue. Des dérives pour le moins inquiétantes dans une démocratie modèle !

A l’issue de ce témoignage, François-Xavier Gilles évoque aussi ce mur de séparation en béton construit pour protéger les colonies israéliennes et que certains ont baptisé le mur de la honte. De nombreuses fresques ont été peintes sur ce mur comme sur celui qui coupait jadis en deux la ville de Berlin, plusieurs étant l’oeuvre de l’artiste britannique anonyme Bansky.

Quelques fresques peintes par l'artiste de rue Bansky sur le mur de la honte à Bethléem

Quelques fresques peintes par l’artiste de rue Bansky sur le mur de la honte à Bethléem

F.-X. Gilles évoque en particulier un dessin peint sur le mur à Bethléem, « montrant un seul enfant d’un côté du mur tenant un cerf-volant au couleur de la Palestine et, de l’autre côté de ce mur, plusieurs enfants tenant chacun un cerf-volant aux couleurs des drapeaux des pays de l’occident – Oui, la phrase inscrite en arabe est terrible: Votre silence nous tue ».

Fresque à Bethléem : qui s'intéresse encore aux souffrances des Palestiniens ?

Fresque à Bethléem : qui s’intéresse encore aux souffrances des Palestiniens ?

Difficile en effet de ne pas se sentir interpellé par le développement de cette politique d’apartheid et par le renforcement de la violence qui ne fait que s’accroître des deux côtés du mur de séparation. L’histoire a maintes fois prouvé qu’accroître la répression aveugle dans une situation d’injustice ne pouvait que renforcer la détermination de ceux qui se sentent victimes et qui du coup se lancent dans des actions terroristes de plus en plus violentes. Il n’y a bien entendu aucun lien entre les actions djihadistes de DAECH et le conflit israélo-palestinien, raison de plus pour ne pas aller chercher en Israël des solutions inadaptées au contexte qui est le notre…

L.V.  LutinVertPetit

Pierre Stambul, victime d’une incursion brutale du Raid à son domicile

13 juin 2015

Le coprésident de l’Union juive française pour la paix, Pierre Stambul, vient de subir à son domicile marseillais de Montredon, dans la nuit du 8 au 9 juin 2015, une incursion nocturne pour le moins musclée de la part du RAID, soi-disant unité d’élite de la Police nationale française, qui s’est violemment attaqué à son domicile en pleine nuit après avoir terrorisé tout le voisinage, utilisant les techniques les plus brutales de la lutte anti-terroriste et l’embarquant menotté pour une garde à vue qui a duré pas moins de 7 heures…Blog194_PhRaid

Pourquoi un tel déchaînement de violence contre un paisible citoyen ? En réalité, c’est une simple erreur de la police suite à un mauvais canular téléphonique, comme l’a reconnu à La Provence le préfet de police de Marseille Laurent Nunez. Pas de quoi fouetter un chat donc, et d’ailleurs, trois jours plus tard, la victime attendait toujours des excuses officielles ou au moins des explications, comme elle l’indique sur le site de Politis où elle raconte sa mésaventure…

Pierre Stambul à Carnoux le 23 septembre 2013

Pierre Stambul à Carnoux le 23 septembre 2013

Pierre Stambul est un militant associatif qui se présente comme juif, athée et antisioniste et qui était d’ailleurs intervenu en septembre 2013 à Carnoux, à l’invitation du Cercle progressiste carnussien pour une conférence remarquable intitulée « La guerre israélo-palestinienne : quelles causes ? Quelle issue ? ». Une de ses tribunes récentes sur l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme a aussi été reproduite sur ce même blog et c’est également sur ce thème récurrent qu’il s’apprêtait à donner une nouvelle conférence à Toulouse, le 9 juin dernier, co-organisée par l’Union juive française pour la paix et le comité BDS (Boycott, Désinvestissement Sanctions) qui cherche à mobiliser l’opinion internationale pour inciter Israël à se conformer au droit international.

La veille de son départ pour Toulouse, alors qu’il dormait paisiblement à son domicile marseillais aux côtés de son épouse Sarah, son téléphone sonne longuement vers 1h du matin. Lorsqu’il finit par répondre, le mystérieux interlocuteur raccroche et Pierre Stambul se recouche après avoir laissé le combiné décroché. Deux heures plus tard, à 3h30, sa porte d’entrée est violemment défoncée et un commando du RAID lourdement armé fait irruption. Pierre Stambul est immédiatement plaqué au sol, menotté, insulté par les brutes armées qui l’empêchent de s’exprimer. Il reste ainsi pendant trois quart d’heure sans pouvoir s’expliquer tandis que le commando fouille son domicile à la recherche de caches d’armes devant les voisins accourus à la rescousse. Le fils de son propriétaire qui tente de s’interposer est également brutalisé et plaqué au sol. Le portail d’entrée du lotissement et les portes d’entrée de deux autres locataires ont aussi été fracturés sans ménagement.

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Ce n’est que peu à peu que la cause d’un tel déchaînement de violence se fait jour. Pierre Stambul apprend ainsi à sa grande surprise qu’il est accusé d’avoir tout simplement tué son épouse pourtant bien vivante à ses côtés ! Un mystérieux interlocuteur a en effet appelé vers 1h30 le commissariat de police du 9ème arrondissement, se faisant passer pour Pierre Stambul et déclarant qu’il venait de frapper sa femme. Les policiers rappellent aussitôt et tombent sur le même homme qui leur affirme alors que sa femme est morte et qu’il les attend armé d’un fusil, d’où le branle-bas de combat et l’intervention musclée du RAID.

Mais l’affaire n’en reste pas là, comme si la victime était nécessairement suspecte. C’est donc menotté qu’il est remis à la police nationale et emmené avec sa compagne au commissariat situé rue de…Haïfa selon le récit de La Marseillaise (ça ne s’invente pas !). Il finit la nuit en cellule et ce n’est qu’à 8h du matin qu’il est enfin interrogé avant d’être de nouveau placé en garde à vue, pour finalement quitter le commissariat à 11h30 seulement. Il assurera quand même la conférence à Toulouse le soir même à 20h30, conférence à laquelle assistent près de 300 personnes malgré les protestations de la Ligue de défense juive qui appelait à empêcher cette conférence par tous les moyens.

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Or ce mauvais canular dont a été victime Pierre Stambul est clairement signé, comme le reconnaît en effet le Préfet de police. Son auteur est selon toute vraisemblance le franco-israélien Grégory Chelli, un militant sioniste proche de l’extrême droite israélienne, qui se définit lui-même comme « hacktiviste » et qui se présente sous le pseudonyme de « Ulcan ». Né en 1982 à Paris, cet ancien membre de la Ligue de défense juive s’est fait connaître à la fin des années 2000 en publiant sur un site Web intitulé ViolVocal, des impostures et canulars téléphoniques, technique qu’il maîtrise parfaitement et qu’il a largement appliquée à partir de 2013 à des fins d’activisme politique.

Grégory Chelli, alias Ulcan, sur son profil Facebook

Grégory Chelli, alias Ulcan, sur son profil Facebook

Hacker émérite et par ailleurs webmaster d’un site pour adultes en Roumanie, il lance de multiples actes de piratage informatique contre différents médias et personnalités politiques au cours de la guerre de Gaza en 2014, bloquant notamment les sites de France Inter et de France Info, qu’il rend momentanément inaccessibles, mais revendiquant aussi des attaques contre les sites de Rue89, Libération, Médiapart, Arrêt sur images ou encore celui du NPA Franche-Comté.

Plus grave, il s’attaque directement aux personnes, n’hésitant pas à harceler et menacer de nombreux journalistes et personnalités, parmi lesquels des rappeurs, mais aussi l’écrivain d’extrême droite Hervé Ryssen, le chroniqueur Aymeric Caron ou l’islamologue Tarik Ramadan, ainsi déjà qu’un autre dirigeant de l’Union juive française pour la paix, Jean-Guy Greilsamer, le 31 mars dernier. Sa spécialité : obtenir les données confidentielles d’infractions issues du fichier STIC de la police et les rendre publiques ou s’en servir pour du harcèlement téléphonique. Sa technique : le phreaking, qui lui permet de falsifier le numéro de l’appelant, et l’utilisation des codes radio utilisés pour l’identification des commissariats de police.

De tels outils s’avèrent des armes redoutables dans les mains de ce psychopathe fanatique, comme le relate un article très documenté du Monde. Ainsi, en juillet 2014, il appelle la police en se faisant passer pour le journaliste de Rue89, Pierre Haski, et il déclare avoir tué son épouse et s’être retranché armé à son domicile. Quelques jours plus tard, il s’en prend à un autre journaliste de Rue89, Benoît Le Corre, dont il appelle les parents en leur faisant croire que leur fils est mort. Puis il téléphone à la police en se faisant passer pour le père du journaliste, lequel déclare avoir tué sa femme et son fils puis s’être barricadé chez lui, déclenchant ainsi un assaut du GIGN en pleine nuit. Le père du journaliste n’y survivra pas et décédera d’un infarctus quelques jours plus tard, ce qui n’empêchera pas Grégory Chelli de harceler encore le malheureux journaliste pour le narguer.

Une autre de ses victimes, Sihem Souid, chargée de mission auprès du ministère de la justice, raconte également son calvaire rapporté par Arrêt sur images. Harcelée en septembre 2014 de centaines d’appels de menaces revendiqués par le même Grégory Chelli, elle porte plainte après que ses propres parents ont été eux-aussi convoqués au commissariat suite aux embrouilles d’Ulcan. Et elle croit vivre un cauchemar en découvrant que l’enquête est confiée à un certain Michel Thooris, par ailleurs secrétaire général du syndicat policier d’extrême-droite France Police, et qui serait un proche de la Ligue de défense juive. Grégory Chelli s’est d’ailleurs lui-même vanté d’être passé par ce même policier pour accéder aux données du fichier STIC !

Le policier Michel Thooris, proche des milieux d'extrême droite sioniste

Le policier Michel Thooris, proche des milieux d’extrême droite sioniste

Arrêté et condamné à deux reprises en 2008 et 2009 pour des actes de violence commis alors qu’il militait au sein de la Ligue de défense juive, Grégory Chelli quitte la France en juillet 2014 pour aller se réfugier à Ashdod en Israël, peu avant qu’une nouvelle information judiciaire ne soit ouverte contre lui. Depuis, la coopération judiciaire avec l’État d’Israël ne semble guère avoir prospéré sur ce dossier et Pierre Stambul se demande même si un mandat d’arrêt international a bien été lancé à son encontre. En tout cas, Grégory Chelli ne semble pas prêt d’arrêter ses « canulars téléphoniques » puisqu’il a recommencé dès le lendemain, s’en prenant cette fois à l’ancien député communiste (et ancien président de l’association France Palestine Solidarité) Jean-Claude Lefort, une autre des têtes de turc de la Ligue de défense juive, avec exactement le même mode opératoire que la veille auprès de Pierre Stambul.

L.V. LutinVertPetit

Israël contre les Juifs

19 février 2015

AfficheConfStambul_A4coulLe 23 septembre 2013, le Cercle progressiste carnussien avait invité Pierre Stambul à animer une conférence intitulée « La guerre israélo-palestinienne : quelles causes ? Quelle issue ? ». Se décrivant lui-même comme juif, athée et antisioniste (après avoir vécu en Israël), il milite à l’Union juive française pour la paix, sur le site de laquelle il vient de publier le texte suivant que nous reproduisons in extenso car il soulève plusieurs questions intéressantes en cette période où l’on parle beaucoup d’antisémitisme en France…

C’est un refrain bien établi. Vous critiquez Israël et le sionisme ? Vous êtes antisémite ! Un Juif français veut pouvoir « vivre son judaïsme » ? On l’invite à faire son « alyah » et à apporter sa pierre à la colonisation de la Palestine.

On essaie de nous marteler que l’histoire des Juifs s’est achevée et qu’Israël en est l’aboutissement. Israël fonctionne comme un effaceur de l’histoire, de la mémoire, des langues, des traditions et des identités juives. La politique israélienne n’est pas seulement criminelle contre le peuple palestinien. Elle se prétend l’héritière de l’histoire juive alors qu’elle la travestit et la trahit. Elle met sciemment en danger les Juifs, où qu’ils se trouvent. Et elle les transforme en robots sommés de justifier l’injustifiable.

Pierre Stambul à Carnoux le 23 septembre 2013

Pierre Stambul à Carnoux le 23 septembre 2013

Retour sur un passé récent

L’histoire des Juifs français n’a strictement rien à voir avec Israël. Régulièrement spoliés, massacrés ou expulsés par différents rois très chrétiens, les Juifs ont acquis la citoyenneté française avec l’Abbé Grégoire pendant la Révolution. Ces deux derniers siècles ont été marqués par une quête de la citoyenneté et de l’égalité des droits. L’affaire Dreyfus a révélé que, si une partie de la société française était antisémite, une autre partie, finalement majoritaire, considérait que l’acquittement et la réhabilitation de Dreyfus étaient l’objectif de tous ceux qui étaient épris de liberté et refusaient le racisme.

L’histoire des Juifs français a été marquée par leur participation importante à la résistance contre le nazisme et le régime de Vichy, puis par l’engagement de nombre d’entre eux dans des luttes progressistes et/ou anticoloniales. Les intellectuels juifs de cette époque s’appelaient Raymond Aubrac, Marc Bloch, Laurent Schwartz, Pierre Vidal-Naquet, Stéphane Hessel. C’était une époque où beaucoup de Juifs pensaient que leur propre émancipation passait par celle de tou-te-s. C’était une époque où le racisme, le fascisme et la haine de l’autre étaient considérés comme des abjections à combattre. Les enfants juifs allaient à l’école publique, jamais il ne leur serait venu à l’idée de se séparer des autres dans des écoles confessionnelles.

Stéphane Hessel en 2011 © EPA/H. Villalobos

Stéphane Hessel en 2011 © EPA/H. Villalobos

On s’efforce aujourd’hui en Israël d’effacer l’histoire des Juifs dans les différents pays où ils ont vécu. Si les Juifs ont longtemps été considérés par les antisémites en Europe comme des parias inassimilables et s’ils ont été persécutés parce qu’ils constituaient un obstacle aux nationalismes fous qui rêvaient de sociétés ethniquement pures, ils n’ont jamais recherché la séparation mais au contraire l’insertion à l’intérieur des sociétés dans lesquels ils vivaient.

Une assignation à la désertion

On fait un saut de quelques années. En tête d’une gigantesque manifestation parisienne censée dénoncer le terrorisme, on trouve trois criminels de guerre, Nétanyahou, Lieberman et Bennet qui viennent de s’illustrer dans le massacre de plus de 2000 Palestinien-ne-s (essentiellement des civil-e-s) à Gaza pendant l’été 2014. Profitant de l’émotion causée par l’attentat antisémite de la Porte de Vincennes, Nétanyahou est autorisé (par le gouvernement français) à déclarer aux Juifs français qu’ils sont en insécurité en France et qu’ils doivent partir dans leur « vrai » pays, Israël.

A gauche, le premier ministre israélien en tête de cortège de la marche républicaine à Paris le 11 janvier 2015 © E. Feferberg (AFP)

A gauche, le premier ministre israélien en tête de cortège de la marche républicaine à Paris le 11 janvier 2015 © E. Feferberg (AFP)

En fait, le sionisme n’a jamais combattu l’antisémitisme. Il s’en est toujours nourri avec en permanence un seul et unique but : faire immigrer le maximum de Juifs en Israël. Du coup, Nétanyahou n’hésite pas à mettre en danger les Juifs français. Il en fait des étrangers dans leur propre pays, des « touristes » qui n’ont pas compris que leur « patrie » est là-bas. Les Juifs sont sommés d’être des « traîtres » (à la seule et unique cause, celle du Grand Israël de la mer au Jourdain) ou des complices. La France a toujours été un échec pour Israël : à peine 80000 Juifs sont partis depuis 1948 et une moitié est revenue. Alors la propagande se fait assourdissante. Pourtant, s’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il sera ainsi tant que la destruction de la Palestine se poursuivra.

À « l’alyah » (la montée) des vivants vers Israël, s’ajoute à présent celle des morts. Les autorités israéliennes incitent vivement les Juifs français à faire enterrer leurs proches en Israël. Ainsi les victimes de la tuerie de la porte de Vincennes ont été inhumées au cimetière de Givat Shaul. Ce « quartier » de Jérusalem, c’est l’ancien Deir Yassine, le village martyr de la guerre de 1948 où les milices de l’Irgoun dirigées par Menachem Begin ont massacré toute la population avant que le village ne soit, comme tant d’autres, rayé de la carte. Quel symbole !

Israël à l’avant-garde de l’islamophobie

Les Juifs ont vécu pendant des centaines d’années dans le monde musulman. Ils ont même été accueillis par l’empire ottoman après leur expulsion d’Espagne en 1492. Aujourd’hui, Israël participe à la diabolisation des Arabes et des musulmans en se comportant en élève modèle du « choc des civilisations ». Le racisme anti-arabe et l’islamophobie s’expriment ouvertement, des politiciens en ont fait leur fond de commerce et les passages à l’acte sont fréquents. Les crimes de masse comme à Gaza ou la multiplication des propos racistes (Pour le rabbin Rosen, les Palestiniens sont des Amalécites et la Torah autorise qu’on les tue ainsi que leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux) laisseront des traces. Comment imaginer que ce qui est infligé aux Palestiniens sera sans conséquences ?

Colons israéliens s'attaquant à une vieille femme palestinienne à Hébron © N. Shyoukhi (AP)

Colons israéliens s’attaquant à une vieille femme palestinienne à Hébron © N. Shyoukhi (AP)

En Israël, des propagandistes rivalisent pour expliquer que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde musulman, masquant le fait que l’antisémitisme a été avant tout une invention européenne et chrétienne. Les Juifs orientaux subissent en Israël des discriminations sociales et un mépris raciste. Ils ont souvent été humiliés et discriminés à leur arrivée. Ils sont coupés de leurs racines et poussés à renier leur identité. L’expulsion des Palestiniens de 1948 est présentée comme un « échange de population » alors que le sionisme est le principal responsable, et de la Nakba, et du départ des Juifs orientaux de leurs pays.

Qu’y a-t-il de juif en Israël ?

Les sionistes ont théorisé l’idée que les Juifs et les non-Juifs ne peuvent pas vivre ensemble. C’est totalement contraire à tout ce qui s’est passé pendant des centaines d’années. Cela va à l’encontre de l’aspiration des Juifs à sortir des ghettos, des mellahs et des juderias pour devenir des citoyens normaux.
Blog158_PhUltraorthodoxesLes Juifs religieux qui émigrent en Israël y rencontreront rarement la religion telle qu’elle a été pratiquée pendant des siècles. Le courant national-religieux s’est imposé. Ce courant intégriste a totalement révisé la religion. Le « peuple élu », ça n’a jamais voulu dire qu’il a plus de droit que les autres mais au contraire qu’il a plus de devoirs. Parmi les préceptes, il y a
« ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse » et « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». « L’an prochain à Jérusalem », ça n’a jamais voulu dire qu’il faut réaliser le nettoyage ethnique en cours, mais « vivement que le Messie vienne ». L’hébreu a toujours été une langue religieuse interdite à l’usage profane. La religion juive est une religion de « l’exil ». L’installation sur cette terre (d’Israël/Palestine) avant l’arrivée du Messie et a fortiori l’établissement d’un Etat juif étaient interdits. D’ailleurs les Juifs expulsés d’Espagne en 1492 ne sont pas allés à Jérusalem. Herzl a rencontré une hostilité quasi unanime des rabbins contre le projet sioniste dès qu’il a été question d’établir un État juif en Palestine.

Pour les Juifs laïques, les valeurs dominantes d’Israël sont à l’antithèse de ce que sont pour eux les valeurs du judaïsme. Où trouve-t-on dans la tradition juive le racisme, le chauvinisme, le militarisme, le négationnisme de l’existence et de la dignité de l’autre ? Qu’y a-t-il de commun entre ce qu’ont représenté les grands intellectuels juifs (Einstein, Freud, Arendt, Kafka, Benjamin …) et les criminels de guerre qui dirigent Israël ? Qu’est devenue en Israël la mémoire de celles et ceux qui ont lutté contre le fascisme et le colonialisme (Marek Edelman, Abraham Serfaty, Henri Curiel…) ? De quel héritage juif peuvent se prévaloir les colons et les militaires qui justifient à l’avance les violences et les crimes commis contre les Palestiniens ?

Affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens en 2013 à Hébron © N. Shyoukhi (AP)

Affrontements entre manifestants palestiniens et soldats israéliens en 2013 à Hébron © N. Shyoukhi (AP)

Comme l’écrit l’historien israélien Shlomo Sand à propos du livre de Yakov Rabkin Comprendre l’État d’Israël, « celui qui voit dans le sionisme une continuation du judaïsme ferait bien de lire ce livre. Mais celui qui croit que l’État d’Israël est un État juif est obligé de le lire ».

Certains Juifs pensent qu’après le génocide nazi, Israël est l’ultime refuge. Au nom de quoi les dirigeants israéliens peuvent-ils brandir partout l’antisémitisme et le souvenir du génocide ? Les sionistes n’ont joué qu’un rôle marginal dans la lutte contre l’antisémitisme et la résistance au nazisme. Certains dirigeants sionistes ont même eu un comportement honteux pendant la montée du fascisme (Ben Gourion avec les accords de Haavara, 1933) et à l’époque de l’extermination (le groupe Stern assassinant des soldats et des dignitaires britanniques). Comment ne pas comprendre que la mémoire du génocide signifie « que cela n’arrive plus jamais » et pas « que cela ne NOUS arrive plus jamais », ce qui correspond à une vision tribale de l’humanité totalement contraire à toutes les formes d’héritage juif.

Refuser l’assignation et la peur, refuser toutes les formes de racisme et de discrimination

Il y a des confrontations qui ont du sens : les luttes contre l’oppression, la domination, le colonialisme, pour l’égalité des droits. On nous vend aujourd’hui une guerre qui n’est pas la nôtre : celle d’un monde dit « civilisé » contre le « terrorisme islamique ». Dans cette « guerre », les musulmans sont considérés comme des terroristes en puissance et sont sommés de « prouver » qu’ils ne sont pas des complices de Daesh. Et les Juifs sont assignés à soutenir sans réserve une politique israélienne criminelle contre les Palestiniens et suicidaire pour les Juifs.

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Cette fuite en avant criminelle tient par la peur. Ce syndrome assure le consensus à un point tel qu’un négociateur palestinien (le professeur Albert Aghazarian) a pu dire que les Israéliens ont peur de ne plus avoir peur. Cette peur irrationnelle a gagné beaucoup de Juifs français.

Dans le contexte du « choc des civilisations », prétexte des dominants pour ensanglanter le monde, il y a en France une montée générale de toutes les formes de racisme. Contrairement à l’image fabriquée par les principaux médias, le racisme frappe essentiellement tous les « dominés », toutes les victimes de l’apartheid social : Arabes, Noirs, Roms. Il prend une nouvelle tournure en se masquant derrière l’islamophobie. Comme il n’est plus politiquement correct de dire « sale arabe », on diabolise l’islam. Il y a aussi une incontestable et détestable montée de l’antisémitisme. Mais les différentes formes de racisme ne sont pas traitées de la même façon.

Les dirigeants israéliens et en France le CRIF, participent activement à la stigmatisation des musulmans. Ils affirment contre toute évidence qu’il n’y a qu’un seul racisme à dénoncer (l’antisémitisme) et qu’on est à la veille d’une nouvelle « nuit de cristal ». Ils font apparaître les Juifs comme ceux que le pouvoir protège alors que l’idéologie sécuritaire, les déclarations des principaux dirigeants et le travail nauséabond de pseudo intellectuels, visent une seule population déclarée dangereuse.

Les stéréotypes antisémites se nourrissent aussi de la complicité du CRIF avec la politique israélienne et de la partialité évidente du pouvoir. À l’heure des confusions, l’indignation légitime contre les crimes israéliens fait monter l’antisémitisme et les quelques paumés attirés par la violence effroyable de Daesh commettent des attentats criminels contre les Juifs parce que Juifs.

La lutte contre le racisme ne peut pas être découpée. Choisir certaines « bonnes » victimes contre d’autres est à l’antithèse du combat antiraciste. La politique israélienne et la négation totale des droits du peuple palestinien ne protègent absolument pas les Juifs. Au contraire. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu « tuer le Juif », celui qui pensait que son émancipation passait par celle de l’humanité. Comme le dit le militant israélien anticolonialiste Eitan Bronstein : « nous ne serons jamais libres tant que les Palestiniens ne le seront pas ». En refusant le tribalisme, les Juifs français réaffirmeront une histoire dont ils peuvent être fiers.

C’est tou-te-s ensemble qu’il faut combattre tous les racismes, toutes les stigmatisations, toutes les discriminations. C’est tou-te-s ensemble qu’il faut défendre le droit, en Palestine comme ici.

Pierre Stamboul

Rappel : Conférence du CPC lundi 23 septembre

20 septembre 2013

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Conférence du Cercle Progressiste Carnussien

6 septembre 2013
Pierre Stambul

Pierre Stambul

Pierre Stambul, né en 1950, est professeur de mathématiques à Marseille  à la retraite. Il se dit juif laïc, athée et antisioniste. Son judaïsme est principalement issu du souvenir du génocide nazi dont ont souffert ses parents résistants pendant la guerre. Il milite depuis 2002 dans l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) dont il est le co-président contre le sionisme.

Dans sa conférence, il nous dira pourquoi il préfère le mot « guerre » au mot « conflit » dans la situation qui se vit en Israël/Palestine, comment la colonisation de la Palestine par Israël aboutit à une situation d’apartheid où les droits fondamentaux des palestiniens sont bafoués. « Comment le sionisme n’est pas seulement criminel pour les Palestiniens mais comment il est suicidaire pour les Juifs. »

Il parlera de son livre : « Israël – Palestine – Du refus d’être complice à l’engagement« .

Pierre StambulLivre

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