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Insecticides tueurs d’abeille : Hulot a failli avaler de travers

2 juillet 2017

Lors de l’annonce du premier gouvernement d’Edouard Philippe le 17 mai dernier, peu après l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République, nombreux étaient ceux qui pariaient que le nouveau ministre d’État à la transition écologique et solidaire, l’ex animateur de télé Nicolas Hulot, peu connu pour ses qualités diplomatiques et son art du compromis, ne ferait pas de vieux os à ce poste. Beaucoup se demandaient même s’il arriverait à battre le record de longévité d’Alain Bombard, resté secrétaire d’État pendant 32 jours avant d’être débarqué pour ses déclarations à l’emporte pièce sur la chasse à courre, voire celui de Léon Schwartzenberg, éphémère ministre de la santé de Michel Rocard, éjecté 9 jours après sa nomination pour avoir tenu des propos peu consensuels sur l’euthanasie.

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire (crédit photo Villard / SIPA)

Et pourtant, contre toute attente, Nicolas Hulot non seulement a été confirmé dans ses fonctions lors de la formation du second gouvernement Philippe, mais il est toujours à son poste un mois et demi plus tard, alors que d’autres poids-lourds de cet attelage, dont François Bayrou, Richard Ferrand ou encore Marielle de Sarnez ont déjà mordu la poussière… Pour quelqu’un qui déclarait voilà peu à propose de sa toute nouvelle charge ministérielle « j’espère que ce ne sera pas qu’un job d’été », c’est plutôt encourageant…

Et voilà même qu’il vient d’engranger la satisfaction de voir arbitrer en sa faveur un désaccord majeur avec le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, l’ex député socialiste de la Manche, Stéphane Travert. Par comparaison avec les énormes couleuvres avalées par ses prédécesseurs à ce poste ingrat, dont Ségolène Royal qui avait dû laisser Manuel Valls lui imposer de laisser Alteo continuer de déverser en plein Parc national des Calanques ses eaux industrielles riches en métaux lourds et fortement alcalines, c’est donc plutôt un bon début.

Rappelons pour mémoire que les députés avaient adopté en mars 2016, à l’occasion de l’examen en deuxième lecture à l’Assemblée nationale de la loi Biodiversité, un amendement prévoyant d’interdire l’usage des insecticides à base de néonicoticoïdes, dont il a été largement prouvé la nocivité sur le système nerveux des abeilles. Un pas en avant que tous les défenseurs de l’environnement et surtout les apiculteurs attendaient depuis des années en observant année après année l’effondrement des colonies d’abeilles et autres pollinisateurs (bourdons et papillons notamment) : la production de miel qui était d’environ 30 000 tonnes par an il y a 20 ans, a péniblement atteint 15 000 tonnes en 2015…

Des ruches françaises de moins en moins productives (infographie AFP)

La particularité de ces substances actives (clothianidine et imidaclopride, produites par Bayer, et thiaméthoxame synthétisé par la firme Syngenta), commercialisées notamment sous les noms de Gaucho et Cruiser, est qu’elles ont un effet systémique, c’est à dire qu’elles envahissent tout le système de la plante, de la sève au pollen. Il suffit donc d’en enrober les graines pour contaminer toute la plante durant toute sa croissance, ce qui évite à l’agriculteur d’avoir ensuite à traiter ces cultures par des aspersions répétées comme avec d’autres produits.

Le gain de temps et les économies qui en résultent expliquent pourquoi ces insecticides ont été autant plébiscités jusqu’à constituer désormais un tiers des insecticides utilisés dans le monde. On l’utilise en particulier pour protéger les cultures de blé, d’orge ou de betterave contre les attaques de pucerons verts. Le hic, c’est que les pollinisateurs qui viennent butiner sur ces champs absorbent ces substances qui ont une action nocive puissante sur leur système nerveux et les désorientent, leur empêchant de rejoindre leur colonie, d’où la perte constatée de plus de 300 000 ruches chaque année, une véritable hécatombe qui ne se limite bien évidemment pas aux seules abeilles domestiques mais touche tous les insectes pollinisateurs.

En 2013 déjà, la Commission européenne avait décidé de limiter l’utilisation professionnelle de produits phytosanitaires contenant des substances actives de la famille des néonicotinoïdes sur certaines cultures et également d’interdire la mise sur le marché de semences traitées ainsi que les utilisations non-professionnelles. Il lui avait bien fallu en effet tenir compte de l’avis de l’Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (AESA) qui avait constaté, au vu des inombrables études scientifiques concordantes sur le sujet, l’effet désastreux de ces substances sur les populations d’abeilles.

A l’époque, ces restrictions d’usage, entrées en vigueur au 1er décembre 2013, portaient sur 75 cultures différentes dont notamment des cultures fruitières (abricots, poires, pommes, pêche et nectarines, prunes), des cultures de fruits à coque (noix, noisettes amandes) ou des cultures de fruits rouges (fraises, myrtilles), jugées particulièrement attractives pour les abeilles. Mais il ne s’agissait que d’un moratoire temporaire car de nombreux pays, dont le Royaume-Uni en pointe sur ce dossier, s’étaient alors battus bec et ongles pour empêcher toute mesure d’interdiction définitive.

C’est donc en attendant que l’Europe se mette d’accord sur des mesures plus fermes sur le sujet que la France a débattu de la question à l’occasion du vote de la loi Biodiversité, d’autant que ce moratoire na manifestement pas eu les effets escomptés puisque les ventes d’insecticides néonicotinoïdes ont bondi en France, passant de 387 tonnes en 2013 à 508 en 2014, soit un gain de 31 % en un an !

Le débat a été houleux en 2016, avec même une intervention du ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, fortement aiguillé par les principales fédérations professionnelles agricoles des producteurs de blé, de maïs, d’oléagineux et de betteraves incitant par courrier les députés à ne surtout pas décider d’interdiction brutale de ces produits jugés indispensables pour garantir la compétitivité des filières. Il s’était finalement soldé par une interdiction à compter du 1er septembre 2018 sur l’ensemble des cultures mais avec possibilité d’accorder des dérogations jusqu’en 2020, histoire de laisser du temps à chacun de s’adapter, et éventuellement aux changements de majorité de revenir en arrière…

Stéphane Travert, ministre de l’agriculture et de l’alimentation crée le buzz en annonçant vouloir revenir sur l’interdiction prochaine des néonicotinoïdes (crédit photo BFMTV)

C’est bien d’ailleurs ce qui a failli se passer puisque dès sa nomination au ministère de l’agriculture et poussé par les lobbies agricoles et de l’agrochimie, Stéphane Travert est aussitôt monté au créneau en déclarant le 26 juin 2017, moins d’une semaine après son entrée en fonction, vouloir revenir sur cette interdiction prochaine des néonicotinoïdes, qu’il juge excessive par rapport aux obligations européennes et surtout gênante pour les intérêts de la profession.

Cette déclaration a aussitôt fait bondir son collègue Nicolas Hulot qui a immédiatement tweeté qu’il n’était pas question de revenir sur les engagements votés il y a un an, et déclarant : « Nous ne reviendrons pas sur ces acquis. Je veux être le garant de ce qu’ont fait mes prédécesseurs ». Sur un tel sujet, on ne l »imaginait pas en effet se déjuger lui qui avait toujours été en pointe dans ce combat contre les insecticides tueurs d’abeilles. En revanche, la position du chef du gouvernement, Edouard Philippe, était plus attendu. Cet ancien directeur des affaires publiques d’AREVA est en effet réputé peu sensible aux questions environnementales, au point d’avoir voté contre la loi Biodiversité en 2016, et contre la loi sur la Transition énergétique.

Et pourtant, ce même Edouard Philippe a signifié le jour même à son ministre de l’agriculture que le débat avait déjà été tranché et qu’il n’était pas question de revenir en arrière sur cette interdiction prochaine des insecticides néonicotinoïdes. Première victoire donc pour le nouveau ministre Nicolas Hulot, mais nul doute que le combat ne fait que commencer et qu’il aura d’autres occasions de monter au créneau pour éviter d’avaler trop de couleuvres sur les nombreux chantiers qui s’ouvrent devant lui… Pas de vacances donc pour Monsieur Hulot !

L. V.  

Comment lutter contre les moustiques ?

17 juin 2017

Le moustique tigre, Aedes albopictus

Avec le retour des beaux jours et l’arrivée des cigales, ce sont aussi les moustiques qui s’en donnent à coeur joie, et parmi eux le redoutable moustique tigre, Aedes albopictus, potentiel vecteur de la dengue, du chikungunya et du Zika ! Arrivé en France en 2004, en provenance de l’Asie du sud-est, le moustique tigre est désormais implanté durablement dans une trentaine de départements français et son expansion se poursuit grâce à son excellente adaptation aux milieux urbains et à la capacité de ses œufs à résister aux périodes de froid hivernal.

Pour autant, le moustique tigre n’est que l’une des 3500 espèces de moustiques recensées dans le monde, dont 64 en France métropolitaine (et 238 en Guyane !). Seules environ 200 de ces espèces s’attaquent à l’homme, parmi lesquelles le moustique ordinaire, Culex pipiens, encore très répandu en France mais qui commence à se faire rare à Carnoux où il a été largement supplanté par son cousin asiatique nettement mieux adapté à l’environnement local.

Le classique, Culex pipiens (photo Stephen Doggett, NSW Health Pathology)

La lutte contre les moustiques s’est développée au tout début du XXème siècle, après que le médecin militaire Alphonse Laveran, alors en poste à Alger, a découvert en 1880 que le paludisme était provoqué par un hématozoaire, Plasmodium falciparum, puis a compris le rôle des moustiques de type anophèles dans la transmission de ce parasite. Jusque là, on se contentait de lutter contre la malaria en tentant d’assécher les zones humides. A partir de cette période, les actions sont devenues plus ciblées, et moins impactantes pour ces zones humides qui jouent par ailleurs un rôle majeur pour la biodiversité mais également pour la régulation du cycle de l’eau : diffusion des moustiquaires, introduction massive de gambusies, poissons dont les larves se nourrissent de moustiques et qui se sont révélés particulièrement invasifs, mais aussi campagnes de désinsectisation à coup de produits chimiques peu ragoûtants…

Epandage de DDT sur une plage dans les années 1950

C’est ainsi que dès 1943 et avec l’aide des troupes américaines de débarquement, des campagnes s’organisent pour pulvériser, à l’intérieur même des habitations de certains régions de Corse, un mélange à base de pétrole et de DDT… Dans les années 1960, ce sont les zones côtières du Languedoc qui sont aspergées de DDT par voie aérienne pour les assainir avant d’y développer le tourisme de masse.

La mise en évidence des risques liés à l’utilisation massive de cet insecticide, révélés notamment par le livre de la biologiste américaine Rachel Carson, Printemps silencieux, publié en 1962, mettra progressivement un terme à de telles pratiques. En 1976, la découverte du Bti, Bacillus thuringiensis israelensis, insecticide biologique très sélectif et peu toxique pour les autres espèces, permet de lancer la démoustication dans des zones comme la Camargue qui jusque là avaient été relativement épargnées par ces campagnes du fait de son statut de zone naturelle protégée, et ceci bien qu’elle ait été le théâtre de la dernière épidémie de paludisme connue sur le territoire métropolitain en 1943.

En Camargue, comme sur toute la frange littorale des Pyrénées-Orientales jusqu’aux Bouches-du-Rhône, c’est un établissement public créé en 1958, l’Entente interdépartementale pour la démoustication (IED) qui est chargé de la lutte contre la prolifération des moustiques et principalement des espèces les plus nuisibles pour l’homme que sont Aedes caspius et Aedes detrius, dont les larves se développent en milieu humide. La stratégie adoptée depuis août 2006 en Camargue consiste à identifier les gîtes larvaires qui font l’objet d’une surveillance permettant de déclencher à bon escient les traitements (principalement par voie aérienne) à base du larvicide Bti, qui n’est toxique (par ingestion) que pour les larves de nématodes (dont font partie les moustiques) mais pas pour les autres organismes aquatiques.

Epandage de Bti en Camargue (source Actu environnement)

Ces pratiques sont fortement encadrées et accompagnées d’une démarche de suivi environnemental pour évaluer l’impact de ces interventions sur le milieu naturel. Le Parc naturel de Camargue impose en effet que 10 % de l’enveloppe consacrée à la démoustication soit affectée à un suivi de son impact écologique et sociologique. Or ces études ont mis en évidence que l’effet de ces traitements est loin d’être négligeable et se répercute sur toute la chaîne alimentaire : la destruction des larves de moustiques et de chironomes provoque une diminution de moitié des populations d’odonates (libellules et autres agrions) et de 60 % des araignées, ce qui se traduit déjà par une diminution d’un tiers des passereaux, confirmant s’il en était encore besoin, que tout équilibre écologique est par nature fragile…

Du coup, les recherches s’orientent désormais vers la mise en œuvre de stratégies encore plus ciblées qui visent à réguler les populations de moustiques uniquement là où elles constituent une véritable gêne pour les populations, donc dans les lieux habités. Il s’agit pour cela de mettre en place des pièges à moustiques pour constituer des barrières autour des zones urbanisées.

Schéma de principe d’un piège à moustique artisanal (source : espacebuzz)

L’idée du piège à moustique individuelle est vieille comme le monde et il suffit de regarder sur internet d’excellentes vidéo qui expliquent en détail comment constituer un piège à moustique en coupant en deux une bouteille en plastique au fond de laquelle on dispose un mélange de sucre roux, d’eau et de levure de boulanger, avant de refermer le récipient avec la partie conique renversée : les moustiques attirés par le produit sucré rentrent dans la bouteille mais n’arrivent plus à en ressortir. Le système est efficace mais doit être renouvelé régulièrement.

Les inventeurs de la borne anti-moustiques (source : Qista)

Pour être utilisé à une échelle plus industrielle, d’autres dispositifs existent dont un breveté en 2013 et désormais produit par la société Qista, basée à Aix-en-Provence. Ces BAM, ou bornes anti-moustiques, attirent les moustiques en reproduisant la respiration humaine au repos (par expirations saccadées de gaz carbonique) et en diffusant des composés chimiques à base d’acide lactique proches de la sueur humaine. Les moustiques sont aspirés par un ventilateur dès qu’ils s’approchent du piège et sont retenus dans un filet. Le dispositif a été testé dans un hameau d’Arles en 2015 et s’est avéré particulièrement efficace pour un coût relativement modique tout en se montrant particulièrement sélectif : sur plus de 250 000 insectes capturés, 99,7 % appartiennent à 9 espèces de moustiques ciblées ! En 2016, 15 pièges de ce type ont été mis en place et l’expérience pourrait encore s’étendre.

Piège contre le moustique tigre développé par l’IED (source © France3 Languedoc-Roussillon)

Vis à vis du moustique tigre, des démarches similaires se développent également. La particularité de cette espèce est que les femelles pratiquent une ponte fractionnée en répartissant leurs œufs dans différents endroits jugés propices mais dispersés et peu aisés à détecter. L’idée consiste donc à les attirer dans des gîtes très attractifs mais rendus inaccessibles par une moustiquaire munie d’une chambre de contamination où le moustique s’enduit les pattes d’un peu d’insecticide. Ne réussissant pas à y déposer ses œufs, la femelle ira pondre ailleurs mais en disséminant l’insecticide sur tous ses lieux successifs de ponte, ce qui le rend du coup très opérant sur les futures larves.

Bref, l’ingéniosité humaine dans la lutte contre son ennemi séculaire, le moustique, n’a pas de limite…

L.V.  

La plupart des informations de cet article sont issues du n° 92-93 de l’excellente revue Zones Humides infos publiée par la SNPN (Société nationale de protection de la nature)

Chez les fourmis aussi, certains se la coulent douce…

2 octobre 2015

Contrairement à sa cousine la cigale, la fourmi est travailleuse, bien que peu prêteuse : l’affirmation va de soi, fermement ancrée dans notre inconscient collectif par les fables de La Fontaine que tout écolier français a appris, génération après génération… La fourmilière est même considérée comme l’archétype de la société parfaitement organisée, basée sur une stricte division du travail, où chacun prend sa part de l’organisation collective et fait preuve d’un dévouement à toute épreuve, n’hésitant pas à porter de lourdes charges pour aller emplir les réserves de la colonie.

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Et pourtant, une expérience récente, menée par deux chercheurs de l’université d’Arizona, vient quelque peu mettre à mal ce mythe admirable, comme le relate Pierre Barthélémy dans son blog Passeurs de science. Dans un article paru en septembre 2015 dans la revue scientifique Behavioral Ecology and Sociobiology Daniel Charboneau et Anna Dornhaus expliquent en effet que certaines fourmis se sont fait une spécialité de ne strictement rien faire pendant toute la sainte journée, pendant que leurs congénères s’activent sans relâche pour le bien de la collectivité…

En fait, le constat n’est pas neuf et ceux qui observent les fourmilières se sont aperçu depuis belle lurette qu’une bonne moitié des individus se contentent de glander lamentablement pendant que leurs congénères s’activent en tous sens pour assurer le bon fonctionnement de la collectivité. Mais on pouvait supposer que ce ne sont pas toujours les mêmes qui travaillent et que les fourmis ont simplement développé avant nous le travail posté qui permet à certains de se reposer pendant que d’autres prennent la relève.

Fourmis coupe-feuilles (photo G. Lacz / Rex Features)

Fourmis coupe-feuilles (photo G. Lacz / Rex Features)

Pour en avoir le cœur net, nos deux chercheurs de Tucson (Ariizona) sont aller recueillir cinq petites colonies de Temnothorax rugatulus, une fourmi nord-américaine, et les ont installées dans des nids artificiels imitant les fissures de rochers où vit habituellement cette espèce, mais recouvert d’une plaque de verre pour permettre de les observer. Les fourmis avaient à leur disposition eau, nourriture et grains de sable qu’elles utilisent pour construire des murs dans leurs colonies.

Chaque individu a été repéré avec une série de points de couleurs et les colonies ont été filmées à raison de 18 épisodes de 5 mn chacun, répartis sur une durée de 3 semaines. Il ne s’agit donc pas vraiment d’une observation en continu, mais qui est quand même jugée représentative. Ensuite, chaque séquence a été analysée en repérant soigneusement les activités auxquelles s’adonne chacun des individus : un véritable travail de fourmi, bien évidemment…

Fourmis de l'espèce Temnothorax rugatulus marquées à la peinture pour une expérience (photo © J. Jandt)

Fourmis de l’espèce Temnothorax rugatulus marquées à la peinture pour une expérience (photo © J. Jandt)

Au total, ce sont 225 fourmis dont l’activité individuelle a été ainsi scrutée à la loupe, ce qui a permis de distinguer 4 grandes catégories. Les puéricultrices, qui sont au nombre de 34, prennent soin des œufs et des larves tandis que les ouvrières (26) travaillent principalement hors du nid à l’approvisionnement. Un petit tiers du groupe (62 fourmis) ont été considérées comme des généralistes qui font un peu de tout, depuis la construction du nid jusqu’à leur toilette personnelle ou celle de leurs congénères, en passant par la trophallaxie, cette activité si particulière qui consiste à régurgiter un peu de nourriture dans le « jabot social » des fourmis trop occupées pour prendre le temps de se nourrir elles-mêmes.Blog235_PhFourmis2

Quant aux 103 fourmis restantes, elles sont décrites par les chercheurs comme de simples oisives qui ne font quasiment rien, quelle que soit la période à laquelle on les observe : de véritables glandeurs professionnels, spécialisés à ne rien faire !

Les deux chercheurs se perdent en conjectures quant aux raisons d’une telle aptitude de certains individus au farniente prolongé. Ils observent que cette catégorie de fourmis semble fuir les interactions sociales avec ses congénères, ce qui pourrait expliquer qu’elle manque d’information quant à la nature du travail qui l’attend, à moins tout simplement qu’elle évite soigneusement de le savoir, préférant se la couler douce pendant que les autres s’échinent aux tâches ménagères…

Blog235_PhLivreWerberIl faudra certainement de plus longues périodes d’observation pour confirmer ce constat étonnant qui semble indiquer que la société des fourmis, que l’auteur Bernard Werber avait su si bien évoquer dans ses romans, n’est finalement pas si éloignée des sociétés humaines en général et du monde du travail en particulier. Qui n’a jamais observé avec quelle habileté certains se débrouillent pour faire semblant de s’activer en tout sens sans jamais rien faire de réellement efficace pour la collectivité ?

Retenons en tout cas que les fourmis arrivent semble t-il à se débrouiller même avec une petite moitié d’oisifs, ce qui n’est pas forcément très éloigné de ce qui se passe dans notre propre société et finirait presque par être rassurant…

L. V. LutinVertPetit

Moustique tigre : un cas de dengue à Aubagne

6 octobre 2014

Le moustique tigre, Aedes albopictus, est désormais présent et bien implanté dans les Bouches-du-Rhône depuis au moins 2009. Signalé dans les Alpes-Maritimes depuis 2004, il a désormais colonisé toute la vallée du Rhône et on l’a même aperçu cette année jusqu’en Gironde, ce qui tend à confirmer que cet insecte s’acclimate très bien dans nos contrées... Tout va bien pour lui, merci !

Moustique tigre à l'action...

Moustique tigre à l’action…

Du fait de sa remarquable capacité d’adaptation, les maladies pour lesquelles il sert d’hôte vecteur, se propagent également à grande vitesse dans le monde. C’est en particulier le cas du chikungunya et de la dengue. Cette dernière, souvent dénommée « grippe tropicale », est caractéristique des zones tropicales à subtropicales où elle toucherait 50 millions de personnes chaque année, d’après l’OMS, dont 500 000 atteintes de dengue hémorragique, mortelle dans 20 % des cas. Ainsi dans les seules Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe), 86 000 cas de dengue ont été répertoriés en 2014, ce qui donne une idée de l’ampleur du phénomène.

Mais la dengue commence peu à peu à se propager aussi en Europe. Pour l’instant, la grande majorité des cas sont importés, c’est à dire se développent sur des personnes à leur retour de voyage dans un pays où ils ont été infectés. Cependant, deux premiers cas autochtones, c’est à dire touchant des personnes qui n’ont pas voyagé en dehors de la zone dans les 15 jours précédents, ont été signalés dès 2010 près de Nice. Et l’été 2014 voit se poursuivre la tendance inquiétante avec trois nouveaux cas déclarés.

Le premier a été signalé par l’ARS dans le Var, le 21 août 2014, ce qui a amené à placer ce département en niveau 2 du plan national anti-dissémination du chikungunya et de la dengue, avec mise en œuvre de mesures de démoustication dans les environs de la résidence du patient. Un deuxième cas a été signalé, toujours dans le Var, près de Toulon, le 12 septembre. Enfin, le 19 septembre, un troisième cas de dengue autochtone a été signalé, à Aubagne cette fois. Dans ce dernier cas il semblerait que le virus ait été importé par un voisin de la victime qui avait contracté la maladie au retour d’un séjour en Thaïlande et le virus a été transmis par un moustique local.

Représentation du virus de la dengue (source Atlanta 2010)

Représentation du virus de la dengue (source Atlanta 2010)

Dans les trois cas, les personnes affectées ont été rapidement guéries et leur cas n’inspire aucune inquiétude. Souvent bénigne, la maladie provoque une forte fièvre accompagnée de maux de tête intenses, de vomissements, de douleurs musculaires et articulaires, et d’une éruption cutanée ressemblant à celle de la rougeole. La durée d’incubation est de 2 à 7 jours. On observe généralement une brève rémission 3 à 4 jours après les premiers symptômes, puis ceux-ci s’intensifient, avec parfois des saignements de nez ou des hémorragies conjonctivales, et les symptômes disparaissent rapidement au bout d’une semaine sans laisser de séquelle. Seule la forme hémorragique est réellement dangereuse.

Il n’existe pour l’instant aucun traitement ni vaccin contre la dengue même si de très nombreuses recherches sont en cours. La seule parade consiste donc à se protéger contre les moustiques et à supprimer les sites favorables à leur développement, à savoir tous les lieux humides avec un peu d’eau stagnante. La période d’activité des moustiques tigres dans nos régions s’étend principalement entre début mai et fin octobre, mais cet insecte s’avère remarquablement résistant au froid des périodes hivernales, ce qui explique qu’il s’adapte si bien à notre climat méditerranéen. Bref, un hôte encombrant avec qui il va falloir s’habituer à cohabiter en ces périodes de réchauffement climatique…

L. V. LutinVertPetit

Les fourmis de la Crau : un chantier à haute intensité de main d’œuvre !

10 août 2014
Constat des dégâts après la rupture du pipeline (photo © RNCC – CEN PACA)

Constat des dégâts après la rupture du pipeline
(photo © RNCC – CEN PACA)

Le 7 août 2009, un garde de la réserve naturelle des coussouls de Crau a la désagréable surprise d’observer un geyser de pétrole brut en plein milieu de la plaine de Crau, un écosystème très particulier qui s’étend entre Arles et Fos-sur-mer, et dont une grande superficie est classée Natura 2000.

Ce fameux coussoul de Crau constitue en effet un milieu naturel très spécifique. Cette immense plaine caillouteuse est issue des dépôts alluvionnaires de la Durance qui y avait là son delta avant qu’elle ne change son cours pour aller se jeter dans le Rhône. Le sol est ainsi constitué d’une épaisse couche de galets plus ou moins cimentés et a donné naissance à un milieu d’apparence hostile recouvert d’une maigre végétation, broutée par des générations de moutons, grillée par le soleil provençal et balayée par les furieux assauts du mistral que rien n’arrête.

Blog93_PhCrau

Ganga cata dans la Crau

Ganga cata dans la Crau

Mais cette steppe aride, proche de celles d’Afrique du Nord ou de l’Espagne, est aussi un écosystème d’une incroyable richesse où l’on peut observer près de 300 espèces d’oiseaux sur les 479 répertoriées en France ! Parmi celles-ci se trouvent le faucon crécerelle, l’outarde canepière ou encore le ganga cata dont la Crau constitue le seul habitat connu en France. D’autres espèces sont également emblématiques des coussouls de Crau, dont le lézard ocelé ou le criquet rhodanien sans aile…

Bref, on comprend l’émoi du garde face à cette marée noire qui se déverse en ce petit matin d’août 2009 sur près de 5 hectares… Le coupable est un oléoduc enterré à faible profondeur et qui conduit le pétrole depuis le l’étang de Berre vers les zones de raffinage et les complexes pétrochimiques de Feyzin et de l’axe rhénan en Allemagne. Il appartient à la Société du pipeline sud-européen, la SPCE, une filiale des majors du pétrole (Shell, Exxon, Total et BP). Malgré l’alerte précoce, la quantité de pétrole répandue est estimée à environ 5000 tonnes avec un risque de pollution pour la nappe phréatique qui est exploitée pour l’approvisionnement en eau potable.

Vue aérienne de la pollution en 2009

Vue aérienne de la pollution en 2009

Des systèmes de pompage sont aussitôt mis en place pour éviter que les hydrocarbures n’aillent migrer dans la nappe et un chantier énorme d’excavation est entrepris sans tarder. Ce sont au total 72 000 m3 de terre souillées qui sont décaissés et mis en décharge, le chantier de dépollution mobilisant près de 50 hectares. Des biologistes de l’Institut méditerranéen de biologie et d’écologie, l’IMBE, un laboratoire de l’université d’Avignon rattaché au CNRS, sont mis à contribution. Une carrière proche est remise en exploitation pour y extraire les terrains de substitution, lesquels sont mis en place en respectant l’ordre des horizons pédologiques et en tentant de conserver la faune d’invertébrés qui les a colonisés.

Au total, la SPCE affirme avoir dépensé de l’ordre de 50 millions d’euros pour remettre en état le site. Assignée en justice par deux associations de protection de l’environnement, dont France Nature Environnement, la société vient d’être condamnée le 29 juillet 2014 par le Tribunal correctionnel de Tarascon, à payer une amende dérisoire de 75 000 euros, assortie de 400 000 euros de dommages et intérêts, les juges ayant considéré que la société avait entrepris des efforts incontestables pour réparer autant que possible les dommages occasionnés.

Fourmi moissonneuse au travail (photo R. Jaunâtre - CNRS-IMBE)

Fourmi moissonneuse au travail (photo R. Jaunâtre – CNRS-IMBE)

Pour tenter de recréer l’écosystème, la SPCE a subventionné l’équipe de chercheurs de l’IMDE afin de mettre en place une démarche originale en vue de réinstaller la végétation initiale malgré l’aridité du climat et les conditions naturelles assez hostiles. Le programme de recherche imaginé par Thierry Dutoit et son équipe s’appuie sur une main d’œuvre locale toute trouvée, l’une des 14 espèces de fourmis présentes dans la Crau, en l’occurrence les fourmis moissonneuses (messor barbarus). Les ouvrières de cette espèce ont en effet la particularité d’aller rechercher des graines jusqu’à une trentaine de mètres de leur nid et ceci plusieurs fois par jour. Malgré leur ténacité, il arrive fréquemment qu’elles perdent leur fardeau en chemin, si bien qu’elles jouent gratuitement le rôle de semoir manuel.

Introduction d'une reine sous un galet (photo IMDE)

Introduction d’une reine sous un galet (photo IMDE)

A l’automne 2011, les chercheurs de l’IMDE ont donc récupéré près de 200 reines qu’ils ont acclimatées sur les 5 hectares pollués en 2009 ainsi que sur un autre espace de 375 hectares jadis exploité en verger et rendu à sa vocation naturelle. Protégées sous un galet, les reines ont pondu et produit les premières équipes d’ouvrières dès l’année suivante. Trois ans plus tard, 40% des reines fondatrices ont survécu, chaque nid comprenant entre 8000 et 20000 ouvrières qui travaillent d’arrache-pied à la revégétalisation du secteur. Une belle tentative de restauration écologique dont l’avenir dira si l’opération peut être reproductible dans d’autres écosystèmes…

L. V. LutinVertPetit 

Le moustique tigre…. la suite…

1 mai 2013

La surveillance du moustique tigre, transmetteur notamment de la dengue et du chikungunya, va démarrer le 1er mai dans 17 départements du sud de la France.

Aedes albopictus

Aedes albopictus

La surveillance estivale du moustique tigre, Aedes albopictus, une espèce capable de transmettre des maladies telles que la dengue et le chikungunya, concernera, dès mercredi, 17 départements français situés principalement dans le sud du pays, a annoncé mardi le ministère de la santé.
Huit nouveaux départements, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-orientales, l’Aude, la Haute-Garonne, la Drôme, l’Ardèche, l’Isère et le Rhône sont venus s’ajouter l’an dernier à la liste des départements où le moustique est désormais définitivement implanté.

Mais le moustique tigre a également été détecté de manière ponctuelle en Gironde, Pyrénées-Atlantique, Aveyron, Saône-et-Loire, Ain, Savoie et Haute-Savoie, précise la Direction générale de la Santé (DGS) dans un communiqué.

Originaire d’Asie et implanté depuis de nombreuses années dans certains départements d’Outre-mer, il est apparu en métropole en 2004, dans les Alpes Maritimes, avant d’être aperçu en Corse et dans le Var en 2007, puis dans les Alpes de Haute-Provence et certains quartiers de Marseille en 2010. En 2011, il s’est également installé dans l’Hérault, le Gard et le Vaucluse.

« Il n’y a pas, à l’heure actuelle, d’épidémie de dengue ou de chikungunya dans ces départements » précise le communiqué de la GDS qui rappelle qu’un dispositif de lutte contre le moustique existe depuis 2006.

Il est actualisé chaque année et renforcé à partir du 1er mai et jusqu’à la fin de la période estivale. Il inclut une surveillance des populations de moustiques et des cas humains ainsi qu’une sensibilisation des personnes résidant dans les zones ou la présence du moustique est avérée.

Dans ses recommandations, la DGS relève qu’il est « important de supprimer les eaux stagnantes qui permettent la reproduction du moustique à l’intérieur et surtout autour de son domicile » (soucoupes de pots de fleurs, vases, gouttières mal entretenues, pneus usagés…).

Par ailleurs, les personnes se rendant dans des pays où circulent les virus du chikungunya et de la dengue doivent se protéger des piqûres de moustiques, dans ces pays mais également à leur retour si elles résident dans les départements où le moustique est implanté.

Pour la première fois en 2010, des cas autochtones de dengue (2 cas) et de chikungunya (2 cas) avaient été identifiés pendant l’été dans les Alpes-Maritimes et le Var.

Un dossier complet sur la dengue et le chikungunya est disponible sur le site www.sante.gouv.fr

Ndlr : 17 départements français : Il s’agit des Alpes-Maritimes, de la Haute-Corse, de la Corse du Sud, du Var, des Alpes-de-Haute-Provence, des Bouches-du-Rhône, du Gard, de l’Hérault, du Vaucluse, du Lot-et-Garonne, des Pyrénées orientales, de l’Aude, de la Haute-Garonne, de la Drôme, de l’Ardèche, de l’Isère et du Rhône.

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Après le moustique tigre, le charançon rouge…

5 décembre 2012

2 charançons rouges des palmiers capturés à Nice

Les charançons rouges sont de redoutables prédateurs qui ont pour cible les palmiers, très nombreux sur la Côte d’Azur. En dépit des mesures de prévention et d’éradication, ils progressent dangereusement.

 Le coléoptère a une "attirance particulière" pour le palmier

Le coléoptère a une « attirance particulière » pour le palmier

Le coléoptère, très agressif, menace le patrimoine paysager constitué de presque 100.000 palmiers, qui sont à la fois le symbole de la diversité et la signature de la Côte d’Azur.
Des pièges ont été posés sur les arbres menacés. Les 6 et 13 novembre dernier, deux Charançons rouges des Palmiers ont ainsi été capturés à Nice. Le premier au Castel des Deux Rois à l’est de Nice et le deuxième à l’aéroport Nice-Côte-d’Azur.
La ville de Nice, conformément aux préconisations du Comité de Pilotage azuréen (COPIL CRP 06) de lutte intercommunale contre le Charançon Rouge des Palmiers a aussitôt effectué une campagne de contrôle des palmiers et d’information auprès des propriétaires situés en zone contaminée, soit dans un périmètre de 200 mètres, avec les équipes de bénévoles de la Réserve Civile citoyenne.
Trois palmiers privés suspects ont été identifiés et ont fait l’objet d’un premier contrôle rapproché. Un examen plus approfondi est en cours. Ces captures confirment la réalité de la menace qui pèse sur le patrimoine végétal de la Côte d’Azur et justifient les efforts entrepris depuis 2009 par les collectivités partenaires contre le charançon.
Les propriétaires de palmiers doivent être mobilisés plus que jamais contre ce nuisible, en exerçant une surveillance attentive et régulière de leurs palmiers par des professionnels agréés.
En janvier 2013, un Colloque scientifique international sera organisé à l’Opéra de Nice, ville pilote, afin de réunir l’ensemble des pays concernés et faire le point sur les méthodes de lutte les mieux appropriées pour une meilleure coordination à l’échelle méditerranéenne. La Ville de Nice et les 35 communes partenaires du COPIL CRP 06 ainsi que la Principauté de Monaco continuent à unir leurs efforts pour faire reculer l’infestation et protéger les palmiers azuréens.

Pour en savoir plus sur le charançon rouge

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Le moustique tigre chez nous : quel risque sanitaire ?

30 novembre 2012
Aedes albopictus

Aedes albopictus

Nous étions plus de 60 à être venus écouter le docteur Marie Vazeille chercheur à l’Institut Pasteur de Paris, spécialisée dans l’étude des moustiques porteurs de virus, le 26 novembre 2012 à la salle Tony Garnier à Carnoux.

En effet beaucoup de personnes s’étaient fait piquer, cet été dans la région, par ces moustiques dont l’abdomen et les pattes sont rayés, d’où leur nom : moustique « tigre ».

JC. B avait déjà fait un article dans notre blog dès le mois de septembre suivi par la réaction de notre maire. On vient enfin de lire la page dans le bulletin municipal, Le Messager d’octobre, faisant suite à une directive préfectorale du début d’année sur la conduite à tenir  à propos de ces moustiques. Cependant le complément d’information était bien nécessaire eu égard aux nombreuses questions qui ont suivi l’exposé particulièrement didactique de Marie Vazeille. On peut d’ailleurs être déçus qu’aucun représentant de la mairie ne fût présent pour cette séance d’information ouverte à tous…

Le moustique tigre ou Aedes albopictus est un moustique de la même famille que les anophèles qui transmettent le paludisme. C’est un moustique qui transmet des maladies virales par le sang.

MoustiqueTigre3

Le cycle de reproduction dépend de la température ambiante, il est d’une semaine à 25°C. Il sera d’autant plus court que la température est plus élevée. Après la fécondation, la femelle va faire son repas de sang en piquant un vertébré (dont les humains) pour le développement de ses œufs (plus d’une centaine) qu’elle va pondre dans des zones humides : naturels comme des creux d’arbres, de pierre ou artificiels comme les pneus, les gouttières, les coupelles sous les pots de fleurs etc. Il peut donc vivre dans les zones urbaines ou rurales. Les œufs survivent à la sécheresse et au gel, ce qui a permis l’expansion de ce moustique dont l’origine n’était qu’asiatique y compris le Japon. Les premiers moustiques « tigres » sont identifiés en Europe en Albanie en 1979 et en France en 2004.

La direction générale de la santé va depuis déposer des pondoirs dans le territoire français pour surveiller l’expansion du moustique aujourd’hui localisé essentiellement dans le midi de la France et dans la région parisienne.

Le moustique « tigre » peut transmettre les virus de la dengue et le chikungunya. Si le moustique « tigre » lors de son repas de sang pique un malade, il va lui-même être infesté, sans être malade, mais il va transmettre le virus lors des autres piqures et cela tout au long de sa vie qui dure environ un mois. Nous nous souvenons de l’épidémie de chikungunya à la Réunion : 3000 cas en 2005, 266000 cas en 2006 soit le 1/3 de la population (une centaine de morts) et en Italie en 2007 : première épidémie en pays tempérée : 250 cas à partir d’un seul voyageur malade.

En France chaque année on peut compter quelques centaines de cas importés d’Asie ou d’Afrique. En 2010  deux fillettes dans le Var ont développé le Chikungunya de façon autochtone. Avec l’activation du plan national anti-dissémination : les deux foyers sont restés circonscrits. Les deux maladies : la dengue et le chikungunya sont des maladies à déclaration obligatoire. Elles provoquent de très fortes fièvres avec céphalées et douleurs dans les muscles et les articulations qui peuvent pour le Chikungunya durer jusqu’à une année. Il n’y a pas de vaccination  pour aucune de ces deux maladies.

Aedes albopictus pique pendant la journée mais souvent au levé du jour et à la tombée de la nuit. Il n’y a pas de traitement spécifique. Il faut se protéger des piqures : moustiquaire, repellents en crème ou spray, diffuseurs électriques d’insecticides, serpentins etc.

Il faut surtout agir à la source pour que les moustiques ne se développent pas dans l’environnement immédiat. Eliminer les sites larvaires autour de chez soi : eaux stagnantes : fond de piscine, pots de fleurs. Les campagnes d’information et d’éducation sanitaire sont nécessaires, pour que certains responsables administratifs locaux et certains propriétaires comprennent l’enjeu de cette prévention afin de réduire le développement de ces moustiques même si aujourd’hui nous ne sommes pas dans une phase aigue de développement d’une maladie virale elle peut se développer très rapidement dans une population non protégée que nous sommes.

Au cours du débat, plusieurs intervenants ont posé la question de savoir comment les simples citoyens peuvent intervenir sur ce problème sanitaire. Dans un premier temps, on peut compléter son information (et celle de ses voisins!) en utilisant les sites suivants :

http://www.ars.paca.sante.fr/Moustique-tigre.140275.0.html

http://www.albopictus.eid-med.org/images/albo06/video/video.swf

Si l’on est confronté à des voisins récalcitrants, on peut contacter l’Entente Interdépartementale de Démoustication installée à Montpellier, tel.: 04 67 63 67 63 où des techniciens très compétents peuvent donner des indications concrètes. Ces gens ont même le droit, dans la partie ouest du département des BdR, de pénétrer chez des habitants qui refuseraient de prendre les précautions indispensables.

En principe, ce n’est pas le cas à Carnoux, mais la municipalité peut et doit intervenir dans ces cas-là par une mise en demeure de procéder à l’élimination de toute pièce d’eau stagnante.

Vous pouvez avoir accès au diaporama de la conférence que Marie Vazeille nous a gentiment donné en cliquant ici.

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                                                C.T et JC.B

Le Maire et les moustiques…

8 octobre 2012

Le 13 septembre dernier nous informions dans ce blog la population de Carnoux de la découverte de la présence du moustique tigre sur la commune, voir ici.

Guy Hélin (élu liste d’opposition) avait alors interpellé le Maire sur ce sujet.

Voici, ci dessous, le courrier qu’il a reçu de la part de l’adjointe au Maire de Carnoux en réponse à son interpellation…. Apparemment, il en sera question dans le prochain numéro du Messager….?

le courrier de l’adjointe au Maire de Carnoux

Réaction immédiate d’un carnussien que nous reproduisons ici : « Ce maire !! toujours un train de retard. En parler alors que l’hiver approche…! Enfin, au moins il est au courant pour l année prochaine…. »

Affaire à suivre…..