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Croisière autour du monde : 8ème escale

12 février 2017

Des nouvelles de nos deux croisiéristes en vadrouille autour du monde à bord du Queen Elisabeth, après leur dernière halte à San Francisco.

Mercredi 8 février :

Sur le bateau, quelque part dans l’Océan Pacifique entre San Francisco et Hawaï…

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A bord, la musique est partout et c’est toujours de la musique vivante et non un enregistrement. Ici vous avez le quatuor à cordes Tiffany, mais aussi un orchestre de jazz et un piano solo…

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Ici deux duos très performants : flûte traversière et guitare par 2 jeunes Allemands, piano et violon par deux Anglais.

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blog394_phhonolulu3Jeudi 9 février :

Quelques mots sur Hawaï que nous atteignons aujourd’hui. C’est un archipel de 6 îles appartenant aux USA qui les ont annexées en 1898. Hawaï est la plus grand île de l’archipel, Ohau la plus peuplée, les autres étant Honolulu et Pearl Harbour où nous feront escale demain, puis Mauï où nous ferons escale ensuite, mais aussi Lauai, Molokai et Kauaï.

Elles ont été découvertes par Cook, le grand homme de la région dont le nom revient à chaque fois ! Il y avait La Perouse aussi bien sûr mais il a été probablement tué et peut-être même mangé dans les Samoa… Des traces retrouvées récemment laissent à penser que les Espagnols avaient peut être trouvé ces îles 200 ans avant Cook mais qu’il ne s’y étaient pas intéressés…

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Les îles sont une grande destination pour le tourisme avec un climat très agréable toute l’année. On y pratique tous les sports nautiques et en particulier le surf. Deux vues de la plage de Waikiki à Honolulu…

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui !

blog394_phhawai3Vendredi 10 février :

Quelques mots sur Pearl Harbour où nous avons débarqué aujourd’hui. C’est un excellent mouillage à 11 km au nord ouest d’Honolulu et dont le nom vient du fait qu on y a élevé des huîtres perlières.

En décembre 1941, 150 avions japonais détruisent presque toute la flotte US et précipitent les USA dans la seconde guerre mondiale, faisant des milliers de morts.

Aujourd hui c’est un lieu de recueillement pour les Américains. On y évoque la mémoire de 3 bateaux en particulier, le SS Arizona, le SS Missouri et le SS Bowfin, un sous-marin.

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A Pearl Harbour, le sous marin Bowfin, la plaque d’accueil et des canons embarqués sur les sous marins.

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Une scène qui m’a évoqué irrésistiblement un plan du film culte de Fred Zinnemann, avec Burt Lancaster et Frank Sinatra, « Tant qu’il y aura des hommes »…

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blog394_phmaui2Samedi 11 février :

Hello, nous venons d’apprendre qu’il y a une modification par rapport à l’itinéraire prévu : avant d’aborder aux îles Tonga, nous nous arrêterons un jour (le 16 mars) à Apia, dans les îles Samoa, là où Robert Louis Stevenson a vécu les dernières années de sa vie et où il est enterré.

Par contre on est vraiment au bout du monde et je ne sais pas si les communications seront faciles ! Je ferai pour le mieux..…

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blog394_phmaui3Nous étions aujourd’hui sur l’île de Mauï. Dans le patio du Pioneer inn, le plus ancien hôtel de l’île. Une pirogue polynésienne et un bouquet de fleurs qui sont naturelles je vous le jure !

Pas grand chose à faire sur l’île de Mauï… Il faisait gris et donc prendre un bain n’était pas très tentant.  Des inondations avaient coupé la route menant aux volcans. Alors on s’est contenté de flâner dans le centre de la petite bourgade, sorte de super marché pour touriste proposant les inévitables tee shirts, magnets, colliers de fleurs en soie…

Sur la grand place nous avons admiré un banian géant, planté en 1870. Nous avons vu l’ancien tribunal et la maison du missionnaire Baldwin. Nous avons bu un verre dans le très charmant Pioneer Inn, premier hôtel construit à Mauï, et puis nos chaloupes nous ont ramenés au bateau.

En effet Mauï ne possède pas de port et on effectue le transport avec des canots appelés tenders. De retour à bord, une belle surprise nous attendait: des baleines s’ébattaient dans la baie et nous avons vu un festival de sauts, souffle projeté très haut, acrobaties de toute sorte effectuées par ces mastodontes qui sont en même temps si légers dans leurs déplacements dans l’eau…

Cinq jours de mer à présent pour rejoindre, en franchissant l’équateur, les îles Samoa. La mer est très calme et la température voisine de 25 degrés, fort agréable.

A bientôt !

Annie

Croisière autour du monde : 7ème escale

7 février 2017

Samedi 4 février :

San Francisco est une ville qui ressemble peu aux autres cités américaines : les risques réels de tremblement de terre (le pire fut celui de 1906) font que l’on ne construit pas en hauteur et que les gratte-ciel sont rares. Cela donne à cette ville implantée au bord d’une baie magnifique un petit air européen…

Nous y sommes déjà allés plusieurs fois mais il reste toujours un musée, une église que l’on a envie de voir ou de revoir… Nous avons découvert avec bonheur le MOMA, le musée d’art moderne qui nous a réservé de belles surprises. Il faut dire que mon mari et moi sommes fanas de peinture…

Voici en illustration quelques-unes des dizaines de photos que nous avons prises dans le musée !

Une salle du MOMA de San Fransisco avec un tableau d’Andy Wahrol à gauche

Une salle du MOMA de San Francisco avec un tableau d’Andy Wahrol à gauche

Magritte – Les valeurs personnelles

Magritte – Les valeurs personnelles

Edward Hopper - l’entracte

Edward Hopper – l’entracte

Diego Rivera - Le porteur de fleurs

Diego Rivera – Le porteur de fleurs

Frida et Diego Rivera (tableau de Frida Khalo)

Frida et Diego Rivera (tableau de Frida Khalo)

La fin du voyage de Robert Colescott

La fin du voyage de Robert Colescott

 

blog392_phaquarium1Dimanche 5 février :

A San Francisco, nous avons pu voir aussi Grâce Cathedral. Construite au XIXe siècle sur le modèle de…Notre-Dame de Paris ! C’est assez cocasse dans un quartier plutôt chic dont les maisons sont, pour les plus anciennes, victoriennes.

Depuis longtemps je voulais voir Alcatraz la fameuse prison ou fut enfermé, entre autres Al Capone. La visite a été très intéressante ! Sur un bout de rocher battu des vents, des bâtiments sévères qui ne furent fermés qu’en 1963, des cellules minuscules avec le fameux mur donnant sur le couloir et qui est constitué d’une simple grille (on l’a vu dans bien des films !). Dans la boutique d’Alcatraz on a même eu la surprise de rencontrer un ancien taulard venu dédicacer le livre qu’il a consacré à son séjour dans cette prison d’où on pense que personne n’a jamais réussi à s’évader.

On est aussi allés faire coucou aux lions de mer qui donnent un spectacle gratuit aux touristes toujours nombreux. En somme deux jours de visite très variées dans une ville qui ne laisse pas indifférent.

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Et puis, il y a l’aquarium de la Baie de San Francisco : un aquarium petit mais magnifiquement coloré et très bien fait. Un vrai régal pour les yeux !

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Lundi 6 février:

Nous voici désormais en mer pour trois jours, en route pour Hawaï, après avoir passé deux jours fort agréables  à San Francisco.

J’en profite pour apporter quelques réponses aux interrogations de Nicole. Sur le bateau, tout d’abord : le Queen Elizabeth est un navire de croisière lancé en 2010, qui peut embarquer 2 081 passagers et 1 005 membres d’équipage. Il mesure 964 pieds de long (le pied vaut 30 cm, faites le calcul…) sur 106 pieds de large. Les cabines vont de la cabine intérieure sans fenêtre, à la cabine avec fenêtre carrée, puis la cabine avec balcon et enfin les suites plus grandes bien sûr. Il y a même des duplex, cabines sur deux niveaux avec deux chambres et deux salles de bain plus un grand salon et une terrasse !

Pour ce qui est de l’itinéraire, il est bien entendu imposé par la compagnie : on choisit une croisière en fonction de l’itinéraire proposé. Autrefois, quand on faisait un tour du monde, il fallait aller d’un bout à l’autre du trajet. Ce n’est plus ainsi aujourd’hui où on peut faire une fraction du tour du monde selon ses envies et ses possibilités. Nous, nous avons pris le navire à son départ d’Angleterre, à Southampton (c’est là que la compagnie Cunard à son port d’attache et ses bureaux), et le quitterons  à Singapour, soit environ 3 semaines avant son retour à Southampton.

Quant à nos motivations… La Terre n’est pas si vaste et il arrive maintenant fréquemment que nous disions « Oui mais ce port nous l’avons déjà vu plusieurs fois ! » Donc les choix de nos croisières s’avèrent parfois difficiles ! Cet itinéraire nous a séduit car il est assez branché Asie : il propose quatre escales au Japon, une en Corée du Sud, deux au Vietnam, et deux en Chine. Voilà pourquoi nous l’avons choisi cette fois-ci !

A bientôt !

Annie

Croisière autour du monde : 6ème escale

4 février 2017
Des lions de mer se prélassent sur les pontons

Des lions de mer se prélassent sur les pontons

Le Queen Elisabeth à bord duquel ont pris place nos deux croisiéristes a désormais quitté la côte mexicaine pour aborder en Californie dans la baie de San Francisco.

Vendredi 3 février :

Nous voici près de San Francisco. Après un tour sur le bord de mer pour voir les phoques et les lions de mer, nous avons pris un ferry pour aller voir la célèbre prison de haute sécurité Alcatraz (qui signifie pingouin en espagnol).

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blog389_phalcatraz5Elle a abrité plus de 230 prisonniers dont le célèbre Al Capone qui en est sorti mentalement atteint (il faut dire qu’il était presque toujours à l’isolement dans une cellule sans lumière !)

La prison a été fermée par Robert Kennedy en 1963. Ce que l’on sait moins, c’est que l’île a été autrefois occupée par des indiens de différentes tribus. Leur porte parole, un mohawk, disait : « il me paraît juste que les bateaux du monde entier arrivant devant le golden Gate voient cette île indienne et se souviennent alors de la vraie histoire de cette nation ».

Les photos vous montrent quelques détails de la vie des prisonniers et des lieux qu’ils occupaient.

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L’entrée de la prison d’Alcatraz

Vue intérieure des coursives

Vue intérieure des coursives

Une cellule d'Alcatraz

Une cellule d’Alcatraz

Une visite très intéressante que je rêvais de faire depuis longtemps…

Annie

Croisière autour du monde : 2ème escale

17 janvier 2017

Ca y est : nous avons retrouvé la trace de nos deux croisiéristes qui ont donc achevé sans encombre leur périlleuse traversée de l’Atlantique nord…

 

Dimanche 15 janvier

Après une longue semaine sans voir la terre ni aucun navire d’ailleurs, nous arrivons ce matin à New York ! Le temps s’est mis au beau avec un soleil radieux mais une température à peine supérieure à zéro.

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Le navire passe sous le grand pont « Verrazzano bridge » dont je vous envoie une photo, puis, entrant dans la rivière Hudson, nous voyons ce que tout le monde attend : la Statue de la Liberté,  œuvre du sculpteur français Bartholdi……les caméras crépitent et tout le monde est impatient de fouler le sol du nouveau monde.

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Ce devrait être fait vers 14 heures.

 

Lundi 16 janvier

Les deux tours du World Trade Center n’existent plus depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Cette nouvelle tour les remplace, très élancée avec son triangle pointe en bas.

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Le quartier est encore et toujours en travaux, c’est émouvant ! Un musée des attentats a vu le jour. Malheureusement nous n’avons pas eu le temps de nous y rendre et je regrette donc de ne pouvoir vous en dire plus…..

Le Queen Elisabeth amarré dans le port de New York

Le Queen Elisabeth amarré dans le port de New York

Nous venons de quitter New York et nous dirigeons vers le sud. Prochaine escale : Fort Lauderdale en Floride.

 

Mardi 17 janvier

Ces deux jours à New York nous ont laissé un sentiment mitigé. D’abord il faisait un froid de gueux et marcher dans la rue était très pénible. Ensuite comme d’habitude, c’est choquant de voir des quartiers superbes qui voisinent avec des zones misérables…

Nous avions eu l’idée saugrenue de louer sur les « hop on  hop off », c’est à dire des bus à deux étages qui font le tour de la ville avec des arrêts devant les musées, les demeures, les commerces de luxe….. On monte et on descend quand on veut et on prend le bus suivant dès qu’on a fini la visite choisie… Ces bus, nous les avons expérimentés un peu partout, à Barcelone, Cork en Irlande, Washington, Paris… C’est toujours magnifique. Pas à New York !!! Bus non chauffé, commentaires sans aucun intérêt, périodicité des passages beaucoup trop rare (par exemple pour  Brooklyn : un bus toutes les 2 heures !). À déconseiller donc.

Nous avons donc fait deux visites intéressantes tout de même durant cette longue escale. Le premier soir une balade de nuit vers Harlem nous a permis de voir les illuminations de Noël qui sont encore en place, puis nous a menés à l’Apollo Theatre où dans les années 30 des radio crochets ont révélé de grands musiciens et chanteurs de jazz dons les noms sont visibles sur le trottoir.

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Enfin nous avons terminé la soirée au Cotton Club, un des « speakeasy » du temps de la prohibition. Un orchestre de 7 musiciens, une chanteuse, de l’ambiance, une bonne soirée !

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Le lendemain nous tentons d’aller voir le musée d’art de Brooklyn… Hélas, il est fermé le lundi ! Nous avons dons opté pour le MoMa, musée d’art moderne situe en plein Manhattan et qui présente des œuvres à partir de 1880. Nous y avons vu une exposition Picabia, un peintre que nous connaissions mal.

Peinture de Picabia (MoMA)

Tableau de Picabia (MoMA)

Mais au détour d’une salle, nous sommes tombés en arrêt devant un merveilleux Chagall, ainsi qu’un tableau du Douanier Rousseau….

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Le navire file donc à présent plein sud. La température s’est adoucie déjà et demain on pourra je pense commencer à songer à la piscine…..

Annie

A Flint, mieux vaut ne pas boire pas l’eau du robinet…

4 janvier 2017

La ville de Flint, située au nord des États-Unis, dans l’État du Michigan, fait partie, comme sa voisine Detroit, située à quelques 120 km de là, de ces cités américaines qui ont fondé leur prospérité sur l’essor de l’industrie automobile et qui ont subi de plein fouet le déclin de cette dernière. La société Buick y a été fondée en 1908 et General Motors en 1911, fournissant de l’emploi à foison pour toute la région.

Chaîne de montage de l’usine Buick à Flint

Chaîne de montage de l’usine Buick à Flint

Durant près d’un siècle, toute la ville ou presque a vécu de l’industrie automobile, jusque dans les années 1990, lorsque les usines General Motors ont fermé et ont même été entièrement rasées, laissant place à de vastes friches industrielles entourées de clôtures grillagées en plein centre ville. En 25 ans, la ville a perdu un tiers de sa population qui dépasse désormais péniblement les 100 000 habitants. Plus de la moitié de la population y est noire et 42 % vit en dessous du seuil de pauvreté, tandis que le taux de criminalité y atteint des records. Maisons, écoles, supermarchés et casernes de pompiers, devenus inutiles, y sont détruits les uns après les autres tandis que la ville se meurt à petit feu.

En 2011, la ville, surendettée, est au bord de la faillite, au point que la municipalité est placée sous tutelle d’un administrateur d’urgence, nommé par le gouverneur républicain du Michigan, Rick Snyder. Les élus démocrates, qui sont à la tête de la ville depuis des décennies, sont accusés de clientélisme et de gabegie. Une cure d’austérité s’impose donc et les nouveaux responsables se lancent dans une chasse effrénée aux économies.

La rivière de Flint, nouvelle ressource en eau supposée potable (photo B. Pugliano / Getty)

La rivière de Flint, nouvelle ressource en eau supposée potable (photo B. Pugliano / Getty)

En avril 2014, c’est l’alimentation en eau potable qui est passée au crible de l’audit financier. Traditionnellement, la ville de Flint achète son eau à Detroit mais le coût de cet approvisionnement est jugé excessif par les ardents défenseurs de la rigueur budgétaire. Qu’à cela ne tienne, on décide du coup de pomper directement l’eau dans la Flint River qui traverse la ville, au moins pour quelques années, en attendant un hypothétique projet privé d’approvisionnement depuis le lac Huron, à la frontière canadienne.

Usine de traitement de l’eau à Flint (photo B. Carlsen / AFP)

Usine de traitement de l’eau à Flint (photo B. Carlsen / AFP)

La petite station de potabilisation vétuste est sommairement réhabilitée et pendant un an et demi, la ville va ainsi être alimentée par une eau fortement polluée, riche en métaux lourds et en germes pathogènes, et surtout fortement corrosive, au point d’attaquer sérieusement les conduites en plomb constituant l’essentiel du réseau de distribution d’eau supposée potable.

Très rapidement, la population se met à souffrir de vomissements et les pathologies s’accumulent. Depuis juin 2014, 87 cas de légionellose sont recensés, dont 10 s’avèrent mortels. Les autorités recommandent de faire bouillir l’eau et font appel à l’expertise de certaines sociétés dont Véolia qui préconisent des traitements chimiques mais ces derniers ne font qu’aggraver la corrosion des canalisations. Les cas de saturnisme se multiplient et General Motors, qui avait conservé sur place une usine de poids-lourds, finit par rétablir à ses frais, dès octobre 2014, une canalisation d’adduction d’eau depuis Detroit pour mettre fin aux graves problèmes de corrosion qui menacent ses propres installations industrielles !

Manifestation à Flint le 25 avril 2015 (photo J. May /Flint Journal)

Manifestation à Flint le 25 avril 2015 (photo J. May /Flint Journal)

Face à l’inertie des autorités, la population s’organise et plusieurs associations se créent, dont Flint Rising, pour dénoncer ce scandale et réclamer des solutions à la hauteur du problème. En octobre 2015, sous la menace de plusieurs recours en justice, les autorités finissent par rétablir l’alimentation par le réseau de Detroit. Mais il faut encore attendre le 8 janvier 2016 pour que le gouverneur décide enfin de déclarer l’état d’urgence sanitaire. Le 16, Barack Obama a même placé Flint en état d’urgence fédérale, afin d’accélérer la distribution d’eau en bouteille et de filtres, avec ces mots : « si j’étais en charge d’une famille là-bas, je serai hors de moi à l’idée que la santé de mes enfants puisse être en danger ».

Depuis, la situation s’améliore lentement mais les distributions d’eau potable se poursuivent en attendant que les canalisations de plomb, désormais gravement corrodées, puissent être progressivement changées afin qu’elles ne continuent plus à empoisonner la population, lentement mais sûrement. Plus de 27 000 enfants seraient ainsi menacés par une intoxication irréversible au plomb…

Distribution d’eau en bouteille à Flint en mai 2016 (photo AFP)

Distribution d’eau en bouteille à Flint en mai 2016 (photo AFP)

Dans un tel contexte, chacun règle ses comptes et les attaques en justice se multiplient. Même Véolia, qui n’est pourtant intervenu dans cette affaire que pour une expertise ponctuelle courant 2015, est attaqué par le procureur général depuis juin 2016 et va devoir s’expliquer devant la justice américaine, au même titre qu’un de ses concurrents, la société Lockwood, Andrews & Newnam.blog376_pheaupolluee

Beaucoup accusent les autorités d’avoir fait preuve d’un laxisme coupable dans une ville dont la population, majoritairement noire et pauvre, était considérée comme suffisamment passive pour supporter une telle situation et ne méritant pas d’investir plus que le strict minimum pour renouveler les infrastructures publiques. De ce point de vue, les reportages de Frédéric Autran, pour Libération, ou de Yves Eudes, paru dans le Monde, sont tout à fait instructifs…

On sait désormais, depuis le procès de Christine Lagarde, que pour les responsables politiques d’un certain niveau, la négligence en matière de gestion des affaires publiques, n’est qu’une faute vénielle qui ne mérite même pas d’être condamnée. Puisse néanmoins cet exemple amener nos élus à réfléchir aux conséquences des décisions qui sont prises sous le seul angle des économies à court terme, même si, à de multiples égards, la gestion de l’alimentation de l’eau en France n’est pas soumise à autant de risques de dérives qu’aux États-Unis, jusqu’à présent du moins…

L.V.  lutinvert1small

Changement climatique : Donald Trump se serait-il trompé ?

8 décembre 2016

Pendant toute sa campagne électorale, le candidat républicain Donald Trump n’avait pas arrêté d’exprimer une position climato-sceptique des plus caricaturales, ne manquant jamais une occasion, à chaque chute de neige hivernale, de tourner en dérision ceux qui alertent sur le réchauffement climatique global sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre.

Comment peut-on encore douter de la réalité du réchauffement climatique ?

Comment peut-on encore douter de la réalité du réchauffement climatique ?

On se souvient de Vladimir Poutine clamant à qui voulait l’entendre que le réchauffement climatique était une excellente nouvelle pour la Russie et plus encore pour la Sibérie. Manifestement, Trump n’était pas loin de partager ce même sentiment, n’hésitant pas à affirmer que le changement climatique global n’était qu’un « canular », « un concept inventé par les Chinois pour empêcher l’industrie américaine d’être compétitive ».

Le candidat, alors en campagne promettait, s’il était élu, d’ « annuler » l’accord de Paris signé par les États-Unis le 12 décembre 2015 à l’issue de la COP 21 et entré en vigueur le 4 novembre 2016, quelques jours seulement avant la date de l’élection présidentielle américaine.

Il aura donc beaucoup fait parler de lui pendant le déroulement de la COP 22 qui vient de se tenir à Marrakech et à l’occasion de laquelle 360 grandes entreprises américaines ont publié un manifeste l’appelant à changer ses positions face au risque majeur du réchauffement climatique, risque qui pourrait se transformer en formidable opportunité de développement technologique pour peu que les responsables politiques ne s’enferment pas dans le déni et prennent le sujet à bras le corps. L’annonce, pendant la COP 22, d’une des dernières mesures prises par l’administration Obama, visant à diminuer de 80 % les émissions américaines de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport à leur niveau de 2005, ressemblait d’ailleurs autant à un baroud d’honneur qu’à un pied de nez au milliardaire nouvellement élu.

Lequel semble du coup avoir légèrement atténué sa position maintenant qu’il accède réellement aux responsabilités. C’est du moins ce que la presse mondiale en a déduit suite à une interview qu’il a accordée le 23 novembre dernier au New York Times, entretien dont beaucoup ont compris qu’il ne comptait en réalité pas sortir de l’accord de Paris et que manifestement ses propos quelques peu outranciers tenus lors de la campagne n’étaient plus de mise.

Donald Trump en entretien dans les bureaux du New York Times le 22 novembre 2016 (photo H. Masuike/The New York Times)

Donald Trump en entretien dans les bureaux du New York Times le 22 novembre 2016 (photo H. Masuike/The New York Times)

Or le New York Times a tenu à publier sur son site la transcription intégrale de l’entretien accordé par le nouveau président élu aux journalistes et l’analyse de ses propos, tel que l’a rapporté Stéphane Foucart dans Le Monde, suscite plutôt une certaine perplexité. L’exercice, « offrant ainsi au lecteur un voyage fascinant au cœur des brumes sibyllines de la pensée trumpienne », révèle en tout cas à quel point la pensée du nouveau président est confuse, c’est le moins que l’on puisse dire…

Petit florilège de cet entretien qui restera sans doute dans les annales : à la question du chroniqueur Thomas Friedman : « Allez-vous retirer à l’Amérique son rôle moteur dans la lutte contre le changement climatique ? » Trump répond : « Je regarde ça de très près, Tom. Je vais vous dire quoi. J’ai l’esprit ouvert là-dessus. On va regarder très soigneusement. C’est une question intéressante parce qu’il y a peu de choses où il y a plus de divisions que sur le changement climatique. Vous avez tendance à ne pas l’écouter, mais il y a des gens de l’autre côté de cette question qui ne sont, tenez, même pas… »blog366_phtrump

Charitable, le patron du journal relance le débat, ce qui permet à Donald Trump de développer sa pensée : « Mais beaucoup de gens intelligents sont en désaccord avec vous. J’ai un esprit très ouvert. Et je vais étudier beaucoup de choses qui se sont produites là-dessus et nous allons les regarder très soigneusement. Mais j’ai un esprit très ouvert. Vous savez, le jour le plus chaud, c’était en 1890 et quelque, en 1898. Vous savez, vous pouvez faire grand cas de différents points de vue. J’ai un esprit totalement ouvert. Mon oncle a été pendant trente-cinq ans professeur au MIT. Il était un grand ingénieur et scientifique. C’était un type bien. Et il était… il y a longtemps, il avait son sentiment — c’était il y a longtemps —, il avait son sentiment à ce sujet. C’est un sujet très complexe. Je ne suis pas sûr que personne saura jamais. »

blog366_dessintrumpEffectivement, il y a fort à craindre qu’on ne saura jamais réellement ce que le nouveau président des États-Unis pense de ce sujet sinon qu’il est certainement très complexe. Peut-être son oncle scientifique aurait-il en effet été plus précis sur le sujet ? Pourtant les journalistes ne se découragent pas pour autant et relancent l’intéressé en lui demandant s’il pense que le réchauffement est lié aux activités humaines. « Maintenant, je pense… disons, je pense qu’il y a une connexion. Il y a quelque chose. Cela dépend à quel point. Cela dépend aussi de combien cela va coûter à nos entreprises. Vous devez bien comprendre, maintenant, nos entreprises ne sont pas compétitives. »

Voilà déjà qui est plus clair. La véracité d’un fait dépend donc, dans l’esprit de M. Trump, de son coût pour les entreprises américaines. Un journaliste insiste : les États-Unis vont-ils, oui ou non, se retirer de l’accord de Paris ? « Je vais y jeter un œil », répond simplement M. Trump.

Faut-il donc vraiment être rassuré par une position manifestement encore bien mouvante ? Le journaliste du Monde qui rapporte ces propos parait pour le moins inquiet à ce sujet et retient surtout de cet entretien que si Donald Trump insiste autant, tout au long de cette interview, sur son ouverture d’esprit, il est surtout à craindre que l’esprit du nouveau président soit en réalité plutôt « ouvert aux quatre vents »…

L.V.  lutinvert1small