La France dit non au Front National

8 mai 2017 by

Comme il y a 15 ans, en 2002, les Français ont clairement rejeté l’aventure que leur proposait le Front National qualifié pour le deuxième tour de ces élections présidentielles. Moins massivement cependant qu’en 2002, il faut bien le reconnaître ! A l’époque, plus de 25 millions d’électeurs français s’étaient exprimés en faveur du président sortant, Jacques Chirac, malgré les nombreuses affaires judiciaires pendantes qui lui collaient aux basques et qui lui valurent, quelques années plus tard, une condamnation infamante à 2 ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics et abus de confiance. Son adversaire de l’époque, Jean-Marie Le Pen, n’avait alors recueilli qu’un peu plus de 5 millions de voix, soit moins de 18 % des suffrages exprimés : un rejet net et sans bavure, traduisant une véritable mobilisation du front républicain !

Dessin de presse de Large

Hier, le rejet du Front National a été sans ambiguïté non plus puisque les chiffres, encore provisoires, montrent qu’Emmanuel Macron a gagné ces élections avec un peu plus de 66 % des suffrages exprimés, ce qui le rapproche du rêve giscardien de représenter « deux Français sur trois »…

Certes, ce rejet massif des idées du Front National est loin de concerner toute la France. La commune de Carnoux-en-Provence s’est distinguée une nouvelle fois hier en plaçant en tête Marine Le Pen avec 51,8 % des suffrages exprimés. Un score qui montre d’ailleurs que le Front National est en nette progression puisque la présidente du Front National a recueilli hier dans notre ville pas moins de 1891 voix, soit 340 de plus que sa nièce, Marion Maréchal Le Pen, finaliste des élections régionales en décembre 2015, il y a moins de 18 mois.

Carte de France du résultat des élections présidentielles (infographie publiée par Le Monde)

La carte de France des résultats du 2ème tour de ces élections présidentielles ne manque d’ailleurs pas d’intérêt. Deux départements seulement ont placé Marine Le Pen en tête (l’Aisne et le Pas de Calais), mais on y voit nettement le très fort ancrage du Front National dans le tiers nord et nord-est de la France ainsi que dans le sud-est. Au premier tour, Marine Le Pen était arrivée en tête dans les Bouches-du-Rhône comme sur l’ensemble de la Région PACA, ce qui n’a pas été le cas au second tour. On observe néanmoins localement des scores très élevés du Front National qui a frôlé la première place dans le département du Var où il est arrivé largement en tête au deuxième tour dans des villes comme Fréjus, Brignoles ou Draguignan, ce qui confirme un ancrage territorial très fort dans ce secteur.

Marine Le Pen aura donc échoué comme son père à concrétiser cette victoire du 1er tour qui lui avait permis d’éliminer de la course ses deux challengers de droite (François Fillon) comme de gauche (Jean-Luc Mélenchon). Son score pourtant a presque doublé par rapport à celui de Jean-Marie Le Pen en 2002 puisque plus de 10 millions de Français ont glissé dimanche un bulletin à son nom dans la petite enveloppe marron. Rapporté au nombre d’inscrits sur les listes électorales (un peu plus de 47,5 millions de Français en 2017), cet engouement reste très minoritaire et on voit mal comment ce parti, qui suscite une telle force de rejet auprès de la majorité de la population, pourrait arriver à gouverner un jour le pays, sauf à imaginer que le taux d’abstention, qui atteint déjà des records, ne progresse encore…

Mais le constat vaut aussi pour le gagnant de ces élections qui n’a finalement recueilli sur son nom qu’un peu plus de 20 millions de voix, soit moins d’un Français sur deux inscrit sur les listes électorales : 43,6 % exactement. C’est un peu mieux que François Hollande en 2012 qui avait rassemblé sur son nom 39,1 % des suffrages rapportées au nombre d’inscrits, mais très comparable au score obtenu par Nicolas Sarkozy en 2007 (42,7%). Sauf que François Hollande comme Nicolas Sakozy avant lui savaient pouvoir compter sur une majorité solide grâce à l’ancrage du parti qui les soutenaient.

Emmanuel Macron prononçant son discours de rassemblement au soir de son élection, le 7 mai 2017 (photo © L. Bonaventure / POOL / AFP)

Pour le nouveau Président de la République élu hier, les choses risquent d’être plus compliquées et les élections législatives des 9 et 16 juin prochains ne s’annoncent pas de tout repos. On a bien vu, dès hier soir, à quel point les ténors de la vie politique, droite et gauche confondues, bien que tous balayés à l’issue du premier tour de ces élections, avaient repris du poil de la bête et se présentaient déjà en opposants convaincus et fermement décidés à rendre la vie impossible au futur pouvoir exécutif, malgré le discours d’ouverture et d’apaisement de ce dernier. Chaque camp cherchant à faire élire au parlement le maximum de ses affidés afin de bloquer autant que possible toute décision qui lui paraîtrait contraire à ses intérêts ou à sa vision des choses, nul besoin d’être devin pour imaginer qu’Emmanuel Macron aura besoin de beaucoup de diplomatie pour arriver à tenir un cap cohérent dans un tel contexte.

François Baroin (ici avec Thierry Solère, François Jacob et Jean-François Copé) espère bien prendre sa revanche aux législatives et devenir premier ministre de cohabitation (photo © archives AFP)

Rien n’exclut pour l’instant que la droite LR sorte largement en tête des prochaines élections législatives, et on peut compter sur la hargne d’un François Baroin et de ses lieutenants pour s’y employer de toutes leurs forces, en s’appuyant pour cela sur l’excellent ancrage territorial de la plupart des barons locaux. Rappelons en effet, pour ceux qui l’auraient déjà oublié, que ce scénario était de très loin le plus vraisemblable il y a quelques mois encore, alors que François Fillon caracolait en tête des sondages, avant que le Canard enchaîné ne dévoile à la France estomaquée que le petit père La Vertu n’était pas aussi irréprochable qu’on le pensait. Mais maintenant que ce boulet électoral a été arraché des pieds de la droite, nul doute que celle-ci va promptement relever la tête et récupérer son électorat traditionnel…

Dessin de presse de Martin Vidberg

Pour ce qui est de la gauche qui vomit le nouveau président, beaucoup trop libéral à son goût, celle qui s’est partagée au premier tour entre Jean-Luc Mélenchon (majoritairement), Benoit Hamon (modestement), Philippe Poutou et Nathalie Arthaud (plus marginalement), tout l’enjeu est de savoir comment elle compte se positionner à l’occasion des prochaines élections. Unie derrière des candidats communs dans une dynamique de recomposition à la manière allemande du parti Die Linke, elle pourrait assurément peser de manière substantielle sur ces élections et envoyer à l’Assemblée nationale des bataillons de députés sur lesquels le nouveau président devra nécessairement compter, quitte à infléchir sa politique. Au vu des personnalités de ceux qui la dirigent et de l’histoire des mouvements qui la composent, une telle hypothèse est néanmoins bien peu probable à ce stade…

Tout laisse donc penser que le quinquennat qui commence ne sera pas un long fleuve tranquille. Sauf à ce qu’Emmanuel Macron arrive à gagner son pari d’envoyer au parlement une majorité En marche représentative de son positionnement et fortement renouvelée grâce à un fort recours à la société civile, en dehors de ce cas de figure, on peut d’ores et déjà craindre que le nouveau président ne soit obligé de composer avec une majorité de droite frustrée et revancharde qui ne lui fera pas de cadeau. Bon courage Monsieur le Président !

L.V.  

Aires coop et Vue sur Vert, une démarche immobilière éco-responsable

6 mai 2017 by

A la veille du second tour d’élections présidentielles dont l’environnement a été le grand absent, alors même que les urgences liées à l’adaptation au changement climatique et à la mise en œuvre de la transition énergétique auraient justifié que ces questions soient placées au coeur du débat, saluons l’initiative de cette agence immobilière, Aires Coop, qui se veut coopérative et éco-responsable : tout un programme !

Installée à Marseille, rue Paradis, et créée par deux sœurs, Claire Vergeniolle de Chantal et Sandrine Moreau, cette structure est rattachée à l’agence que cette dernière, ancienne expert comptable, avait fondée en 2010 sous le nom de Cap Patrimoine, spécialisée en conseil de création de patrimoine et dans la transaction de biens de standing en Corse. L’idée qui sous-tend la création d’Aires coop : aider ses clients à acquérir, à Marseille et dans ses environs, un bien immobilier respectueux de l’environnement et accompagner les acquéreurs dans leurs travaux de rénovation énergétique.

Chantier de rénovation à Marseille (architecte Joëlle Burle – source Vue sur Vert)

Aires coop concentre notamment ses activités sur certains quartiers paupérisés de Marseille dont le Panier et la Belle de Mai, pour en faciliter l’accès à des primo-accédants, qui bénéficient dans ces zones de prix encore attractifs pour des logements souvent vétustes où d’importants travaux de rénovation sont à prévoir. L’agence s’investit donc pour aider ces acquéreurs à identifier les possibilités d’aides, via notamment les prêts à taux zéro qui permettent d’assurer les investissements nécessaires en matière d’isolation thermique en particulier. Ainsi, sur un appartement vendu 120 000 € dans le Panier et nécessitant 20 000 € de travaux pour refaire l’isolation et le système de chauffage, il est possible de bénéficier de 13 000 € d’aides directes et de crédits d’impôt, à condition de bien connaître les procédures !

Maison bioclimatique près de Fuveau (source : Aires coop)

L’agence dispose aussi à la vente de biens immobiliers haut de gamme dont une maison d’architecte bioclimatique à ossature bois de 240 m², édifiée sur un vaste terrain boisé situé au pied de la Sainte-Victoire, près de Fuveau. Reconnue « bâtiment durable méditerranéen » par un jury de professionnels, cette villa est un bel exemple d’une construction conçue et réalisée selon une approche environnementale durable, grâce à une insertion soignée dans le paysage, des performances énergétique et une luminosité optimisées par une orientation idéale, ainsi qu’une sobriété extrême en matière d’empreinte environnementale du fait de ses panneaux solaires, sa toiture végétalisée et son système de récupération des eaux de pluie.

Cette agence immobilière un peu atypique vient de s’associer avec un partenaire reconnu dans le milieu de l’architecture durable, Floris Van Lidth, qui a dirigé pendant 6 ans l’association marseillaise EnvirobatBDM, qui œuvre pour la prise en compte des enjeux environnementaux dans la construction et la rénovation du bâti en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Exemple de bâtiment labellisé BDM : crêche de Vaison-la Romaine (source EnvirobatBDM)

La démarche Bâtiments durables méditerranéens (BDM) est devenue un référentiel de qualité en matière d’éco-construction, créé en 2008 et porté par EnvirobatBDM, en partenariat avec l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et le Conseil régional PACA. Elle vise notamment à favoriser, dans le domaine du bâtiment, la prise en compte du coût global du projet et pas seulement à minimiser les coûts de construction sans tenir compte des frais de fonctionnement et d’entretien ultérieur, mais aussi à améliorer les pratiques en matière de gestion de projet, alimentées par le retour d’expérience et l’innovation, ainsi que par une valorisation de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Lycée Alexandra David-Neel à Digne-les-Bains : une construction BDM de l’architecte SARL Leteissier-Corriol (source EnvirobatBDM)

Floris Van Lidth vient lui-même de créer sa propre structure, joliment dénommé Vue sur Vert, destinée à faciliter le développement de projets immobiliers écologiques. Cette coopération amorcée avec l’agence Aires coop permettra de fournir au client des conseils sur le montage juridique et financier des projets, un appui pour trouver des professionnels du bâtiment spécialisés en matière d’éco-construction, une aide pour la recherche du terrain à bâtir ou du bien à rénover, puis un accompagnement pour le suivi de la conception du projet immobilier et de sa réalisation.

L’émergence sur le marché de tels acteurs locaux incite à penser que la demande de nos concitoyens en matière de constructions plus respectueuses de l’environnement est en train de s’étoffer. C’est plutôt une bonne nouvelle dans un monde où climato-sceptiques et adeptes de la rentabilité à court terme ont tendance à tenir encore largement les rênes du pouvoir. Peut-être un espoir que les mentalités sont en train d’évoluer ?

L.V.  

Après les eaux usées, Marseille s’attaque au pluvial !

3 mai 2017 by

Baignade interdite au Prado après un orage (photo © P. Laurenson / AFP)

A Marseille, comme chacun sait, mieux vaut ne pas se baigner sur la plage du Prado après un orage. Rappelons que ce parc balnéaire qui s’étend sur 3,5 km de littoral et couvre près de 26 ha, a été aménagé de manière complètement artificielle à la fin des années 1970, sous la mandature du Gaston Deferre, pour permettre avant tout de se débarrasser à moindre frais des millions de m³ de déblais issus des chantiers de construction des lignes de métro. A l’époque, on ne prenait guère de gants avec l’environnement y compris dans une zone littorale située comme celle-ci à l’embouchure de l’Huveaune, dans un milieu naturel qui a dû jadis être un haut-lieu de la biodiversité…

Plages du Prado avec au centre l’embouchure de l’Huveaune

Il faut dire aussi que, dans les années 1970, l’Huveaune, à son arrivée en mer, n’était qu’un vaste égout malodorant charriant les effluves des nombreuses industries qui bordaient ses berges, et servant d’exutoire en mer aux eaux usées d’une partie de Marseille et des communes de l’amont, dont Carnoux.

Le réseau souterrain servant à canaliser les eaux usées s’était construit progressivement au cours du XIXe siècle, sous forme unitaire au centre ville, sous forme séparative (les eaux pluviales de ruissellement étant collectées à part) dans les quartiers plus récents et les communes voisines.

Vue du Grand émissaire de Marseille (photo © SERAMM)

Mais jusqu’en 1987, tout était rejeté directement en mer, sans le moindre traitement, via un grand émissaire construit en 1896 et aboutissant dans l’anse isolée et peu accessible de Cortiou, en plein coeur du massif des calanques, où un vaste fleuve de déchets boueux se jette dans la mer, en attendant qu’un jour peut-être, la collectivité finisse par le prolonger plus au large pour diminuer l’incidence de ces rejets sur les fonds côtiers les plus fragiles.

Rejet en mer dans la calanque de Cortiou (source)

En 1979, alors que la plage du Prado est aménagée, il n’est plus question d’y déverser les eaux fortement pollués et toxiques de l’Huveaune. Une dérivation est donc créée, qui renvoie ces eaux directement dans l’émissaire de Cortiou où elles sont ensuite rejetées en mer, ni vu ni connu. En période de fortes pluies cependant, lorsque l’émissaire est saturé, un déversoir d’orage permet aux eaux de l’Huveaune en crue de rejoindre leur lit naturel et de se rejeter en mer le long de la plage du Prado, qu’elles polluent alors allègrement en jonchant la plage des multiples déchets qu’elles charrient.

Vue en surface de la station de traitement des eaux usées Géolide

Dans les années 1970, sous la pression de certains naturalistes et des plongeurs qui s’alarment de la disparition des herbiers de posidonies et de l’appauvrissement de la faune marine au large des côtes marseillaises totalement ravagées jusqu’à plus de 40 km du rivage par ce flux incessant d’eaux polluées, la ville se décide enfin à mettre en oeuvre une station d’épuration physico-chimique, destinée au traitement des eaux usées de Marseille et de 15 communes environnantes, dont Carnoux. Le chantier commence en 1984, en bordure de l’Huveaune. La station, enterrée sous le stade Vélodrome, est mise en service en 1987.

Mais le renforcement de la réglementation en matière de traitement des eaux usées, avec notamment l’adoption en 1991 de la directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines, rend très vite cette station insuffisante. En 2008, elle est donc complétée par l’adjonction d’un dispositif de traitement biologique, dit Biostyr, installé sous l’esplanade Ganay. La nouvelle station, dénommée Géolide, constitue la plus grande usine enterrée de traitement des eaux usées du monde et traite 70 millions de m³ d’eau usée par an.

Schéma de la station Géolide (source)

L’eau y est injectée dans 34 bassins de 1500 m³ chacun, remplis de billes de polystyrène sur 3,50 m d’épaisseur. Les bactéries fixées à la surface de ces billes fixent une partie de la pollution au passage. Pour éviter le colmatage des billes, celles-ci sont lavées chaque jour et l’eau de lavage subit un traitement physico-chimique par coagulation et floculation, suivi d’une décantation lamellaire afin d’agglomérer, concentrer et piéger les bactéries sous forme de boues. Ces boues sont alors acheminées vers une usine de traitement, située à 6 km de là, dans l’ancienne carrière de la Cayolle qui surplombe la calanque de Sormiou. Les boues y sont épaissies et séchées avant d’être valorisées sous forme de compost qui sert actuellement à réhabiliter l’ancienne décharge d’ordures ménagères d’Entressen.

Vue de la station de traitement de la Cayolle (photo © Lakko Marseille)

Cependant, en cas de forte pluie, le système d’assainissement n’est pas en mesure de traiter l’ensemble des effluents collectés car les eaux de ruissellement viennent alors grossir les flux habituels d’eaux usées, provoquant rapidement la saturation des capacités de traitement. Pour éviter que la ville ne soit noyée sous un flot d’eaux polluées et nauséabondes, tout l’excédent est alors rejeté directement en mer, principalement par l’émissaire de Cortiou mais aussi en partie via l’ancien exutoire de l’Huveaune, donc directement sur la plage du Prado !

Ce problème récurrent commençant à déprécier sérieusement l’attrait touristique de la ville, l’ancienne Communauté urbaine Marseille Provence Métropole s’est engagée en 2010 dans un projet de contrat de baie, désormais opérationnel depuis juin 2015 pour une durée de 6 ans avec, à la clé, un budget de 265 millions d’euros, dont 185 millions engagés via le Contrat d’agglomération de traitement des eaux usées signé l’année d’avant avec l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée, et 25 millions mobilisés dans le cadre du contrat de rivière de l’Huveaune, signé en octobre 2015 à Aubagne.

Inondations rue de Rome à Marseille en septembre 2000 (photo © Bataillon des marins-pompiers de Marseille)

Une des actions phares de ce contrat de baie consiste précisément à s’attaquer enfin au problème des eaux pluviales qui rendent inopérant le traitement des eaux usées de l’agglomération marseillaise en période de fortes pluies. L’objectif affiché, qui peut paraître modeste, est de réduire de 50 % les rejets d’eaux usées non traitées vers la calanque de Cortiou au cœur du Parc National des Calanques, et ceci en réponse à un arrêté préfectoral de janvier 2004 qui impose à la collectivité de réaliser d’ici fin 2018 une capacité de rétention des eaux usées de 90 000 m³.

Un premier ouvrage a ainsi été réalisé dès 2007 à l’occasion des travaux de requalification de la rue de la République dans le cadre de la prolongation du tramway. Gigantesque cylindre de 49 m de long situé à 15 m sous terre, ce bassin permet de stocker 14 500 m³ collecté en centre ville. Les gros déchets y sont récupérés et la partie claire de l’eau décantée est rejetée en mer une fois l’orage passé, tandis que les eaux polluées sont envoyées à la station de traitement dès que celle-ci est de nouveau en capacité de les traiter. Quatre autres basins sont prévus sur le périmètre de l’agglomération marseillaise : un de 12 000 m³ achevé en septembre 2015 place Jules Guesde à la Porte d’Aix, un de 15 000 m³ dans l’emprise du tunnel ferroviaire désaffecté Lajout près de la nouvelle station de métro boulevard Capitaine Gèze, un autre de même capacité cours Pierre Pujet, et enfin un plus vaste de 33 000 m³ à Saint-Mauront, près des Docks.

Vue intérieure du bassin Ganay lors de son inauguration (photo publiée par GoMet)

Un sixième ouvrage profond de 30 m pour un diamètre de 56 m et une capacité de 50 000 m³, a été construit à partir de 2014 sous le stade Ganay. Désormais achevé et inauguré en avril 2017, ce gigantesque bassin enterré, pour lequel il a fallu mobiliser pas moins de 80 000 tonnes de béton, doit être relié d’une part à la station de traitement Géolide et d’autre part au réseau unitaire. Pour cela, il a notamment fallu creuser une galerie de 3 m de diamètre et 300 m de longueur, à 10 m de profondeur. Un tunnelier a été mobilisé dans ce but, pendant près de 6 mois, jusqu’à ressortir près du boulevard Michelet en décembre 2016, une fois sa tâche accomplie.

Sortie du tunnelier (photo © N. Vallauri pour La Provence)

Vue en coupe du bassin Ganay (source)

En surface, on ne verra du bassin Ganay qu’un modeste bâtiment de service au forme de simple pavillon et il reste encore à reconstruire le nouveau stade Ganay au dessus du réservoir enterré dont les Marseillais seront bien en peine d’imaginer l’existence une fois le chantier achevé. C’est d’ailleurs le risque de ce type de démarche qui consiste à masquer de la vue du citoyen les aménagements pourtant indispensables au fonctionnement de la ville : à force d’oublier que la gestion des eaux fait partie intégrante de la vie urbaine, comment peut-on s’en approprier les enjeux pourtant essentiels ?

L.V.  

Qui donc a écrit le programme d’Emmanuel Macron ?

1 mai 2017 by

On a beaucoup reproché à Emmanuel Macron de ne pas avoir fait l’effort de rédiger un programme cohérent, piochant ses idées à droite et au gauche au gré des opportunités. L’honnêteté oblige à reconnaître que ce n’est pas le cas. Présenté le 2 mars 2017, le programme du candidat d’En marche, désormais en lice pour le second tour de la présidentielle, est au contraire très structuré.

Celui qui en a coordonné l’élaboration : Jean Pisani-Ferry. Un économiste, qui a démissionné en janvier 2017 de son poste de commissaire général de France Stratégie, pour rejoindre à 65 ans l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, de 26 ans son cadet. Peu connu du grand public, cet ingénieur de Supélec qui a été aussi conseiller économique de Dominique Strauss-Kahn et de Christian Sautter au ministère de l’Économie, et expert auprès de la Commission européenne et du FMI, professeur à l’Ecole polytechnique et à l’Université libre de Bruxelles, est issu d’une lignée prestigieuse de grands serviteurs de l’État. Il est en effet le fils de l’ancien ministre du général de Gaulle et de François Mitterand, Edgard Pisani. Il est aussi, comme son nom l’indique, l’arrière petit-neveu de Jules Ferry en personne, excusez du peu…

Jean Pisani-Ferry, le 25 juin 2014 à Paris ( photo © T. A. Clary AFP/Archives)

Nommé en 2013 par François Hollande commissaire général à la stratégie et à la prospective, Jean Pisani-Ferry avait déjà eu l’occasion de travailler avec Emmanuel Macron lors de la campagne de 2012, et ce dernier lui avait confié en 2014, alors qu’il était ministre de l’économie, la rédaction d’un rapport sur « les domaines prioritaires d’investissement ».

Sa rigueur et son honnêteté, que ceux qui le côtoient s’accordent à lui reconnaître, ont fait percevoir sa présence auprès du candidat d’En marche comme un gage de sérieux. D’autant qu’il considère qu’un programme politique ne doit pas être un simple « catalogue de propositions » mais doit correspondre à une vision construite et prospective de l’action politique, comme le détaille un article des Echos qui rapporte ses propos : « Il ne faut pas se tromper de diagnostic. Le candidat ne peut pas tout prévoir, mais je crois beaucoup à ce que les Américains appellent le mandat, le capital politique donné par les électeurs pour être investi dans des choses difficiles ».

Dessin de Miss Lilou

Pour cela, il faut que l’intention du candidat soit clairement comprise. « On vit une époque que l’on peut qualifier de réactionnaire au sens où il y a une croyance que revenir en arrière peut être une solution à nos problèmes », analyse-t-il. « Face à cela, il faut construire l’utopie du monde de demain ».

A une semaine du second tour de la présidentielle, il n’est donc pas inintéressant de s’attacher à la vision de la société de demain que porte Jean Pisani-Ferry. Chargé en 2013 d’élaborer une stratégie à 10 ans pour la France, son rapport remis en juin 2014, est une somme ambitieuse, enrichie de nombreux échanges avec les partenaires sociaux et la société civile, qui balaie l’avenir de la France à l’horizon 2025. S’appuyant sur un diagnostic approfondi de la situation du pays et de ses points d’entrave, la rapport identifie 8 objectifs principaux parmi lesquels le besoin de réconcilier les citoyens avec la démocratie, la nécessité de combattre les discriminations en vue d’une égalité républicaine, le besoin de refonder une politique sociale lisible qui vise le plein emploi effectif, ou encore la mise en oeuvre d’un développement responsable et durable.

25 juin 2014 : Jean Pisani-Ferry remet à François Hollande le rapport prospectif sur la France dans 10 ans (photo © Elysée)

La prospective n’est pas un exercice facile, surtout dans un monde complexe et mouvant. La manière dont les politiques, parmi lesquels Emmanuel Macron, se sont emparés des propositions issues de cette analyse, est naturellement discutable, et chacun aura son opinion sur le sujet. Néanmoins, le diagnostic posé et les pistes explorées, non seulement lors de l’élaboration de ce rapport et des différentes notes thématiques qui le prolongent, mais aussi dans le cadre des débats qui ont été organisés dans de nombreuses villes par France Stratégie pour enrichir les échanges, tout ceci représente une matière à réflexion d’un grand intérêt.

Une interview de Jean Pisani-Ferry, réalisée pour l’association Réso Hebdo Eco en octobre 2016, alors qu’il était encore à la tête de France Stratégie, permet d’en retrouver quelques points saillants. Il y explique notamment comment la situation française du travail s’est dégradée par rapport à d’autres pays européens : non seulement le taux de chômage y est plus élevé (autour de 10 % alors qu’il est plus proche de 5 % chez nos voisins allemands, autrichiens ou danois) mais le taux d’emploi (qui mesure le nombre d’actifs occupés par rapport à la population totale en âge de travailler) y est plus faible : 64 % en France contre 76 % en Allemagne, Suède ou Pays-Bas.

Or, non seulement le travail est plus rare en France, mais les enquêtes montrent que la qualité du travail y est aussi moindre, en termes de rythmes d’activité, de charge de travail, de compatibilité avec la vie familiale ou d’autonomie des salariés. Et ceci alors que la France est l’un des pays qui consacre les moyens budgétaires les plus importants en matière de politique publique de l’emploi : 108 milliards d’euros par an ! Une des causes de faiblesse pointée par Jean Pisani-Ferry est le faible niveau de compétence d’une partie de la population active française, alors que les niveaux de coût salarial du pays exigeraient que la main d’oeuvre soit au contraire au top en matière de compétence professionnelle.

Un des intérêts d’une telle approche prospective sur le long terme est d’identifier les axes sur lesquels il importe d’investir en matière de politique publique en trouvant le bon équilibre entre dispositifs d’ampleur nationale et outils de formation et d’accompagnement pilotés de manière plus locale et plus proche du terrain. Pour répondre à l’ampleur des défis qui nous attendent, que ce soit face au changement climatique, à la nécessaire transition énergétique, au besoin de maintenir une forte cohésion sociale, à la nécessité de renforcer le niveau de formation et de compétence de chacun, les réponses ne peuvent être que globales et de long terme. Elles doivent s’appuyer sur un diagnostic approfondi et partagé, permettant de mobiliser un débat citoyen éclairé.

Bref, tout le contraire des idées simplistes qui laisseraient entendre qu’il n’y a qu’à supprimer l’immigration et sortir de l’Europe pour que, comme par miracle, la prospérité revienne pour chacun. « Il faut lutter contre la trumpisation des débats » dit Jean Pisani-Ferry. Ce n’est sans doute pas inutile en effet…

L.V.  

FN : ils en ont parlé…

29 avril 2017 by

Un dîner en famille – dessin de presse de Caran d’Ache publiée dans le Figaro le 14 février 1898

Chacun se souvient du célèbre dessin du caricaturiste Caran d’Ache en plein débat sur l’affaire Dreyfus qui divisait alors la France en deux camps irréconciliable, provoquant querelles et déchirements au sein même des foyers, jusqu’à transformer les repas familiaux en batailles rangées…

A une semaine du deuxième tour des élections présidentielles qui verront s’affronter la présidente du Front National et un candidat centriste qui se veut « en marche » mais ni à gauche ni à droite, bien qu’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée auprès de François Hollande et ancien ministre du gouvernement Valls, voilà que ce climat de guerre civile larvée reprend de la vigueur…

Il faut dire que tout concourt à dramatiser la situation, avec un Front National arrivé en tête du premier tour dans plusieurs régions françaises, dont PACA où Marine Le Pen a engrangé plus de 28 % des sufrages exprimés, et des reports de voix qui s’annoncent cahotiques. L’accord de gouvernement que vient de passer Nicolas Dupont-Aignan avec le Front National est ressenti par beaucoup comme un véritable coup de tonnerre dans le paysage politique français alors que rien n’annonçait un tel ralliement dans son discours jusque là. Les élus qui, comme le maire de Carnoux Jean-Pierre Giorgi, lui ont apporté leur parainnage pour qu’ils puissent présenter sa candidature, doivent s’en mordre les doigts…

Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen annonçant leur alliance, samedi 29 avril 2017 (photo © G. Van der Hasselt / AFP)

Quant aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, rien n’indique que leurs voix se porteront en majorité sur le candidat d’En marche lors du second tour. Leur leader a en effet fortement évolué depuis 2002, lorsqu’il appelait sans la moindre hésitation à voter en faveur de Jacques Chirac, estimant que ce « devoir républicain » était une nécessité absolue pour toute « conscience de gauche ». Mais 15 ans plus tard, il n’est plus question de front républicain en faveur d’Emmanuel Macron, alors même qu’ils sont issus tous les deux des rangs du Parti socialiste ! Aurait-il perdu entre temps sa conscience de gauche, lui qui avait déjà rejeté avec dédain toute participation éventuelle aux primaires de la gauche ? Comprenne qui pourra…

Bref, dans un tel climat, mieux vaut ne pas aborder les sujets politiques en famille ! Parmi les très nombreuses vidéos engagées qui circulent sur le net pour mettre en garde contre l’arrivée possible au pouvoir du Front National, nous vous conseillons ce court-métrage savoureux, sobrement intitulé Raclure, réalisé par Maxime Péméja et Clara Collange, qui met en scène justement un de ces dîners de famille qui dégénère.

L’ambiance est pourtant plutôt à la fête pour cette famille attablée autour d’une raclette, deux mois seulement après l’installation à l’Elysée de Marine Le Pen. Evan, le fils aîné, engagé dans l’armée depuis 4 ans, est tout fier d’annoncer sa récente nomination au grade de sous-lieutenant et explique que sa compagnie va être envoyée à Calais pour y nettoyer la ville des migrants qui l’encombrent. Sophie, la nouvelle copine du petit frère s’étonne un peu d’une décision aussi radicale, et c’est parti pour une discussion un peu animée comme on les aime dans les chaumières dès qu’il s’agit de débat d’idées…

Photo extraite de la video

Les positions sont tranchées mais pas caricaturales et chacun se retrouvera facilement dans cet échange où s’affrontent deux visions opposées mais totalement sincères vis à vis de la gestion des migrants bloqués à Calais et, bien au-delà, sur l’attitude à adopter face aux flux migratoires. La mise en scène est soignée et les dialogues réalistes. On est dans un débat d’idées et de valeurs, mais à l’échelle humaine. Le père, boulanger, s’inquiète pour la baisse d’activité de sa boutique, du fait de la concurrence du kebab qui a ouvert en face de chez lui. La mère, s’enorgueillit d’avoir privilégié la présence auprès de ses enfants à sa carrière professionnelle et aspire tout simplement au bonheur de la vie.

Une discussion passionnée en famille…

Pas de vision idéologique donc, mais des échanges du quotidien entre membres d’une même famille dont les visions diffèrent en raison de leur sensibilité propre. Et pourtant, cela suffit à faire exploser le consensus festif du dîner familial. Car, d’argument en argument, les choses dégénèrent rapidement tandis que le fromage bouillonne dans le plat à raclette… Les portes finissent par claquer et le paisible climat de convivialité du début ne résiste pas à cette discussion animée où chacun se renvoie à la figure des arguments de plus en plus radicaux.

A regarder et à faire circuler sans modération en cette période de banalisation de la vision de la société que propose le Front National, dans laquelle priment la recherche de la sécurité individuelle, le repli sur soi et le rejet de l’étranger que l’on affuble de tous les maux. Pas sûr que cette vidéo suffira à convaincre ceux qui ont voté Front National ou qui s’apprêtent à le faire dimanche prochain de modifier leur choix. A défaut de vouloir peser sur le cours des élections, elle a surtout le mérite d’inciter chacun à s’interroger sur son positionnement, dans un domaine où rien n’est tout blanc ou tout noir, mais surtout affaire d’équilibre et dicernement car, comme le disait Raymond Aron, « voter, ce n’est pas choisir entre le bien et le mal, mais entre le préférable et le détestable ».

Bravo en tout cas aux jeunes réalisateurs de ce court-métrage qui mérite d’être largement diffusé !

L.V.  

Dimanche 42 avril 2017, jour d’élection…

27 avril 2017 by

Ce premier tour de l’élection présidentielle 2017 subsistera probablement dans les annales de la vie politique française, au même titre que le 21 avril 2002, resté gravé dans toutes les mémoires comme le symbole de la montée du Front National dont le leader d’alors, Jean-Marie Le Pen, avait réussi à se qualifier pour le second tour, éliminant sèchement le premier ministre socialiste sortant, Lionel Jospin, pourtant crédité d’un excellent bilan économique.

Souvenirs, souvenirs : les résultats du 1er tour de la présidentielle 2002

                    Un dessin de Na !

Quinze ans plus tard, le scénario se répète mais cette fois le cataclysme est encore plus fort puisque la fille et héritière de Jean-Marie Le Pen a réussi à éliminer dès le premier tour de l’élection présidentielle, non seulement le candidat du Parti socialiste, le pauvre Benoît Hamon qui termine l’aventure électorale avec à peine plus de 6 % des suffrages exprimés, mais aussi l’ancien premier ministre LR de Nicolas Sarkozy, François Fillon, qui était pourtant donné archi-gagnant de cette élection il y a quelques mois seulement : un 21 avril double donc, comme n’ont pas manqué de le faire observer de nombreux chroniqueurs…

En 2002, des millions de Français (de gauche), traumatisés par cette percée spectaculaire de l’extrême-droite, avaient aussitôt battu le pavé pour exprimer leur aversion des idées lepénistes et assurer de leur soutien le candidat de la droite, le bienheureux Jacques Chirac, élu dans un fauteuil au deuxième tour avec un score stalinien de 82,2 %. A Carnoux même, une poignée de militants avaient tenu à exprimer leur mobilisation contre les idées frontistes, sous l’œil goguenard des élus municipaux qui fêtaient dans le même temps la déroute de la gauche.

Manifestation contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, place de la Bastille le 1er mai 2002 (photo P. Wojazer / Reuters)

En 2017, le climat a beaucoup évolué et tout le monde s’attendait à ce que Marine Le Pen se qualifie pour le second tour de l’élection présidentielle, d’autant que les instituts de sondage avaient fait un travail remarquable en prédisant de manière extrêmement fiable les résultats de ce premier tour. La seule incertitude résidait dans sa position face au candidat Emmanuel Macron qui est finalement arrivé en tête avec près d’un million de voix supplémentaires.

Evolution des sondages avant le 1er tour de la présidentielle (données publiées par France soir © T. Saint-Cricq, K. Tian, J. Bonnard, C. Malplat / AFP)

Comme en 2002, l’écart  avec le troisième homme est modeste, sauf que Marine Le Pen a quand même engrangé près de 7,7 millions de suffrages exprimés là où son père en 2002 n’en avait recueilli que 4,8… C’est dire à quel point les idées du Front National se sont ancrées et diffusées dans tout le pays. Et quasiment personne n’a jugé utile de descendre dans la rue pour protester contre l’expression de ce vote inspiré en partie par le repli sur soi et la peur de l’étranger.

Les premiers sondages annoncent Emmanuel Macron vainqueur au second tour mais avec un score qui sera selon toute vraisemblance très inférieur à celui de Jacques Chirac en 2002 et d’ailleurs rien n’est encore joué d’avance !

Un duel Macron / Le Pen pour le 2ème tour (Montage photo L’Express – photos C. Platiau et P. Laurenson / Reuters)

Car le paysage politique français paraît s’être complètement brouillé, laissant apparaître de nouvelles lignes de fracture largement inédites. La candidate du Front National a fait ses meilleurs scores dans les zones rurales et périurbaines, avec une position hégémonique dans certaines régions comme les Hauts-de-France, le Grand Est ou encore la région PACA. A Carnoux, elle est ainsi arrivée largement en tête du premier tour avec 32,3 % des voix quand le candidat d’En marche arrive troisième à moins de 18 %.

En revanche, ses scores ont été très faibles dans les grandes métropoles comme Lyon (8,8 %), Strasbourg (12 %), Rennes (6,7 %) ou encore Paris (moins de 5 % !). Ceci confirme à quel point est en train de se creuser en France le fossé entre les métropoles dynamiques et le monde de la ruralité, des banlieues et des petites villes de province qui se sent délaissé, exclu, déclassé. Dans ce paysage, Marseille fait un peu figure d’exception pour avoir placé en tête Jean-Luc Mélenchon, juste avant la dirigeante frontiste, confirmant en tout cas l’aversion viscérale de cette ville pour une vision économique libérale.

Le 2ème tour vu par le dessinateur suisse Chapatte (dessin paru dans le Courrier international)

Par beaucoup d’aspects, cette élection a montré en effet la forte émergence de ces deux pôles : d’un côté une gauche assez radicale qui a rarement été aussi plébiscitée dans les suffrages puisque ses deux représentants, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, s’ils avaient été unis, auraient largement viré en tête à l’issue du premier tour, et de l’autre une extrême-droite qui atteint des sommets, avec en commun un même rejet du libéralisme, de l’orthodoxie budgétaire, de la financiarisation, de l’ouverture des frontières et plus largement des élites qui dirigent le monde.

Cette nouvelle recomposition du paysage politique français a fait le jeu du candidat de centre droit qu’est Emmanuel Macron (si tant est qu’on puisse le classer selon ce type de critère sans doute un peu périmé), bien aidé en cela par la décrédibilisation de son challenger, l’ex Premier Ministre François Fillon, le donneur de leçon à la moralité douteuse.

Mais dans un tel contexte, le second tour pourrait réserver bien des surprises. Si certains, à gauche comme à droite, ont d’ores et déjà apporté sans barguigner leur soutien à Emmanuel Macron pour faire barrage au Front National, ce n’est pas (encore ?) le cas du candidat malheureux Nicolas Dupont-Aignan, lequel n’a même pas réussi à atteindre le seuil fatidique de 5 % qui lui aurait permis d’être remboursé de ses frais de campagne.

Jean-Luc Mélenchon, arrivé en tête du 1er tour à Marseille (photo © maxppp)

Plus troublant, c’est aussi le cas du leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui, après avoir fait une campagne remarquée se soldant par un score inespéré, est apparu lui-même hésitant, au soir du premier tour à donner une consigne de vote. Pour quelqu’un qui a combattu toute sa vie contre les idées de l’extrême-droite, une telle position est pour le moins déroutante, surtout après les nombreuses convergences qui sont apparus tout au long de la campagne sur les visions économique de ces deux partis situés aux deux extrêmes de l’échiquier politique…

Après un tel séisme, la recomposition du paysage politique français est en marche, mais nul doute qu’elle sera douloureuse et semée d’embûches. Bien malin qui pourrait en prédire l’issue !

L.V. 

Réfugiés : doit-on les laisser se noyer ?

25 avril 2017 by

Le Cercle Progressiste Carnussien propose, le jeudi 11 mai 2017 à 18h30 salle du Clos Blancheton à Carnoux-en-Provence, une conférence sur la question humanitaire du sauvetage en mer Méditerranée de personnes qui fuient les conflits armés et la misère économique.

Depuis l’an 2000, ce sont plus de 30 000 personnes qui sont mortes en mer Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes. La traversée entre la Libye et l’Italie en fait l’axe migratoire le plus mortel au monde. Pour la seule année 2015, ce sont 2 892 personnes qui ont péri sur cette route.

Face à cette tragédie, la société civile européenne s’est mobilisée pour créer en 2015 SOS MEDITERRANEE, une association européenne de sauvetage en mer Méditerranée.

Cette conférence qui s’appuiera sur des extraits du film « Les migrants ne savent pas nager » et sur des vidéos réalisées par l’association SOS Méditerranée sera animée par Pierre CALFAS, bénévole de l’association.

Crédit photo : Federica Mameli

Grâce à des dons privés venus d’Italie, de France et d’Allemagne, SOS Méditerranée a affrété un bateau, l’Aquarius, qui navigue entre les côtes libyennes et l’Italie et recueille à son bord des adultes et des enfants que des passeurs ont entassés sur de frêles embarcations inadaptées pour affronter un voyage long (plus de 30 heures) et périlleux.

Quand on sait que le sort de ces malheureuses personnes fait l’objet d’un marchandage initié par des soit disant passeurs qui les réduisent avant leur départ en situation de quasi esclavage, la question humanitaire qui se pose est bien celle de notre responsabilité collective. Doit-on les laisser se noyer sans rien faire ?

En effet, les embarcations surchargées ne laissent que peu d’espoir d’atteindre les côtes hospitalières  de l’Italie et, pour de nombreux passagers, c’est la mort qui les frappe après moins de 20 mn passées dans l’eau.

Sauvetage en mer près de Lesbos en décembre 2016 (crédit photo Laurin Schmid)

En France, cette année 2017, le sauvetage en mer a été classé Cause Nationale. Deux associations sont reconnues pour leur engagement, la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) et SOS Méditerranée.

Au-delà de l’aspect humanitaire du sauvetage en mer, c’est aussi la question de la désespérance de populations qui est soulevée et à laquelle Pierre CALFAS pourra apporter son analyse fondée sur une rare expérience en matière de développement économique et social, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

Nous vous attendons nombreux à cette conférence qui traitera d’un sujet auquel nul ne peut être insensible.

Michel Motré

Président du Cercle Progressiste Carnussien

Rivières mystérieuses de Cassis : les explorations se poursuivent…

22 avril 2017 by

En octobre 2015, une conférence organisée par le Cercle progressiste de Carnoux et animée par l’association Cassis, la rivière mystérieuse, avait attiré plus de 120 personnes pour visionner deux films spectaculaires présentés par Gérard Acquaviva et Louis Potié. Un succès qui s’explique largement par la fascination qu’exerce l’exploration en cours de ces deux résurgences en mer d’eaux douces, connues vraisemblablement depuis l’Antiquité mais dont on commence seulement à mieux appréhender les cheminements souterrains.

Emplacement des sources de Port-Miou et du Bestouan (source KarstEAU)

Au cours de l’année 2016, les explorations de ces conduits karstiques noyés, parcourus et cartographiés désormais sur plusieurs kilomètres et qui débouchent en mer, se sont poursuivies avec notamment plusieurs campagnes de plongée en avril et mai 2016 organisées en présence du plongeur professionnel Xavier Méniscus, qui avait battu en juillet 2015 un record européen de plongée spéléologique en descendant à -262 m dans un gouffre des Corbières.

Matériel utilisé pour la plongée de Xavier Méniscus à Port-Miou le 28 mai 2016

A Port-Miou, le 28 mai 2016, il est descendu à -145 m dans le grand puits terminal (qu’il avait exploré en 2012 jusqu’à -223 m), un puits qui se situe en amont de la galerie d’entrée, à un peu plus de 2 km du débouché en mer, dans la calanque de Port-Miou. Plusieurs vidéos ont été tournées à cette occasion, par Michael Walz et Fred Swierczynski. Le montage de ces images sous-marine donne une bonne idée de la nature de telles expéditions et de la sophistication du matériel nécessaire pour s’engager dans une telle entreprise.

Plongée dans la galerie naturelle de Port-Miou (extrait d’une vidéo réalisée par Fred Swierczynski en avril 2016)

On y voit les plongeurs se faufiler à travers les buses du barrage anti-sel qui avait été construit dans les années 1970 à une période où l’on espérait pouvoir exploiter un jour cette résurgence d’eau douce en la protégeant des remontées d’eau saline. Depuis, les investigations effectuées par les universitaires du programme KarstEAU, sous la conduite de Bruno Arfib, ont permis de comprendre que d’autres intrusions salines plus profondes permettaient à l’eau de mer de contourner ce barrage.

Coupe schématique de la résurgence de Port-Miou (document extrait de la plaquette Les rivières de Cassis)

Les images tournées à l’occasion de ces plongées récentes donnent une bonne idée de la taille de la galerie principale dans laquelle évoluent les plongeurs, et surtout de l’ampleur du puits qui se développe à l’extrémité de cette galerie.

Plongée dans le puits de Port-Miou (extrait d’une vidéo réalisée par Fred Swierczynski en avril 2016)

On y voit aussi un plongeur déverser de la fluorescéine dans la galerie fin de réaliser une mesure de débit (par suivi de la dilution).

Essai de coloration à la fluorescéine à Port-Miou (extrait d’une vidéo réalisée par Fred Swierczynski en avril 2016)

En avril 2017, de nouvelles plongées viennent d’avoir lieu, toujours dans la galerie de Port-Miou, qui ont notamment permis d’installer deux fluocapteurs à charbon actif qui devraient permettre de détecter finement toute trace de fluorescéine en vue de nouvelles tentatives de coloration.

Car dans le même temps, les explorations spéléologiques continuent depuis la surface du plateau calcaire, afin de tenter de repérer des voies d’accès terrestres vers l’amont de ces galeries souterraines noyées. En 2015, les spéléologues concentraient beaucoup d’espoir sur le gouffre de la Gorguette qui se situe juste en contrebas de la route départementale, dans la descente entre Carnoux et Cassis. Un essai de coloration y a donc été tenté en octobre 2015, avec l’aide des pompiers pour apporter la charge de dilution nécessaire. Mais grande fut la déception de tous les acteurs de cette expérience car aucune trace de colorant n’a pu être détectée ni dans la résurgence du Bestouan ni dans celle de Port-Miou.

Extrait d’un article de La Provence du 31 octobre 2015 relatant la tentative de coloration depuis le gouffre de la Gorguette

Depuis, les efforts se concentrent donc sur deux autres avens situés à proximité l’un de l’autre, au dessus du Mussuguet, en bordure du camp militaire de Carpiagne, de part et d’autre de la limite administrative du parc National des Calanques (ce qui ne facilite pas les autorisations pour y intervenir !).

Tête de l’aven Mussuguet 3

Le premier, dit Mussuguet 3 de son petit nom, est un puits vertical de 32 m de profondeur dont le fond est obstrué d’éboulis argileux et où la présence de caz carbonique oblige à prendre de nombreuses précautions. Persuadés que cet aven se prolonge en profondeur, les spéléologes s’acharnent depuis 2013 à déblayer le fond du gouffre de ces blocs éboulés. En février 2015, alors qu’ils avaient réussi à approfondir de quelques mètres le fond du trou, une première coloration a montré que ce point d’infiltration naturel était bien en lien direct avec la galerie de Port-Miou située juste en dessous puisque la fluorescéine a été détectée au barrage de Port-Miou 43 heures plus tard, après avoir parcouru environ 3,5 km en souterrain.

Equipement du Mussuguet 3 pour sa désobstruction (photo MV, 18 octobre 2015)

Cette bonne nouvelle a dopé les espoirs des spéléologues qui ont donc redoublé d’efforts, équipant à demeure le puits d’un portique métallique pour y suspendre le treuil destiné à remonter les déblais. Fin 2016, après de nombreux week-end passés à se relayer au fond du puits pour remplir des seaux d’argile, la profondeur de l’aven atteignait 44,15 m. Un travail de fourmi donc qui devra encore se poursuivre sachant que chaque seau remonté à la surface au prix d’efforts qui forcent l’admiration ne permet de faire baisser le fond du puits que de 1,3 cm en moyenne…

Quant à l’aven du Sumac, découvert en 2014 et situé à une centaine de mètres du précédent, il fait lui aussi l’objet d’un travail de forçat pour le désobstruer car il était totalement rempli de pierres lors de sa découverte. Le travail de déblaiement est d’ailleurs plutôt plus rapide dans ce dernier car les éboulis ne sont pas aussi argileux.

L’entrée du Sumac soigneusement protégée

En mai 2015, après avoir remonté plus de 2600 seaux de pierres, les spéléologues avaient ainsi atteint la profondeur de 12 m. Un an plus tard, alors que le fond du puits principal s’établissait à 19 m de profondeur, une diaclase secondaire a été repérée, laissant espérer un prolongement au moins jusqu’à la profondeur de 41 m. Le suspens se poursuit donc et tout laisse espérer que de nouvelles découvertes devraient permettre d’en savoir bientôt davantage sur ces fameuses rivières mystérieuses de Cassis et sur le réseau de conduits karstiques qui les alimentent depuis un vaste espace calcaire qui englobe probablement tout le massif du Beausset et peut-être même au-delà.

Rendons hommage en tout cas à ces passionnés qui se retrouvent tous les week-end pour progresser, centimètre par centimètre, pierre à pierre, seau après seau, dans la connaissance de ces réseaux souterrains qui se déployent sous nos pieds, aux portes de Carnoux.

L.V.  

Eden, la Méhari écologique du XXIe siècle

18 avril 2017 by

Tous les fans de Deux-Chevaux, Dyane et Méhari connaissent le 2CV Méhari Club de Cassis (MCC), dont l’aventure a commencé dans les années 1980. Les frères Marquès ont d’abord personnalisé des Méhari en belles voitures de plage avant de lancer un catalogue complet de pièces détachées de toute la gamme des 2CV, Dyane et Méhari.

Devant le succès, Citröen SA leur a confié en 1998 les outillages d’origine du quai de Javel, afin de reproduire les pièces de la Méhari. Le même passage de relais a eu lieu en 2000 pour la 2CV.

Méhari 4 x 4 de 1979 (photo © Citroën)

Aujourd’hui, la famille Marquès a cédé son fond industriel et commercial à une nouvelle organisation financière, épaulée par la Banque Publique d’Investissement. Elle est pilotée par MM Julien V. et Stéphane W. (deux bons camarades de Terminale…), dûment diplômés et expérimentés en industrie auto. Avec courage, ils lancent l’Eden.

L’Eden, c’est à la base l’historique Méhari, lancée en 1968, il y a près de 50 ans, avec sa carrosserie en plastique moulé, fixée sur un châssis et munie d’une suspension et d’une motorisation issus de la mythique 2CV (qui, elle, date de 70 ans !). Mais contrairement à ses aînées, l’Eden est équipée d’une nouvelle motorisation entièrement électrique, alimentée par une batterie ion-lithium de dernière génération.

L’Eden, écologique et tout électrique, entièrement montée à Cassis et partiellement fabriquée à Carnoux…

Il s’agit bien d’une nouvelle voiture, dûment homologuée depuis mars 2016 pour la France et l’Europe, classée véhicule utilitaire à 4 places. Offrant une autonomie de 120 km, la batterie se recharge en moins de 4 h sur une simple prise électrique domestique. La voiture est entièrement montée à Cassis, dans les locaux agrandis du MCC (qui occupent 8 000 m2 sur un terrain de 10 hectares) et, cerise sur le gâteau, plusieurs des pièces, dont le châssis et une sellerie très variée sont fabriqués à Carnoux même.

La E-Méhari de Citroën

La Méhari cassidaine se distingue en tout cas très nettement de sa petite sœur relookée E-Mehari que Citroën vient tout juste de dévoiler, un véhicule électrique également, directement inspiré de la Bluesummer de Bolloré et qui, elle, sera fabriquée à Rennes, avec un objectif de 1000 exemplaires, pour un prix de vente qui devrait revenir à 25 000 €, hors coût de location des batteries (79 € par mois). Même une fois déduit le bonus écologique qui s’élève à 6 000 € pour l’achat d’un véhicule électrique, l’investissement reste élevé pour un véhicule au confort minimaliste !

L’Eden devrait d’ailleurs être proposée à la vente pour un prix assez comparable, mais avec une carrosserie identique à celle d’origine, ce qui devrait plaire aux nostalgiques des années 1960… C’est d’ailleurs là-dessus que compte manifestement le 2CV-Mehari Club de Cassis puisque la présentation officielle de l’Eden s’est faite à l’occasion de la 40e édition du salon Rétromobile, qui s’est tenu Porte de Versailles début février 2016 et que le lancement commercial a eu lieu lors de l’édition suivante du salon, en février 2017.

Présentation du concept-car Eden au salon Rétromobile en février 2016 (photo © G. Pelletier)

Nous ne pouvons donc que nous réjouir de cette belle création industrielle, qui allie avec bonheur la tradition mythique et l’esprit de la 2CV avec la dernière modernité écologique : 10 kW seulement et un entretien quasiment inexistant ! Et de surcroît, une conduite 100 % plaisir, cheveux au vent et selon l’esprit de liberté des belles années.

Bravo, longue vie et prospérité à l’Eden !

Léonide G.

Inondation : une nouvelle stratégie pour la métropole marseillaise

14 avril 2017 by

A Marseille comme dans le reste de la Provence, on craint traditionnellement surtout la sécheresse et les feux de forêt mais le risque d’inondation est loin d’être négligeable et souvent bien plus meurtrier. Les inondations de juin 2010 dans le Var, avec ses 26 morts et des dommages matériels évalués à un milliard d’euros, l’ont rappelé une fois de plus, de même que celles d’octobre 2015 dans les Alpes-Maritimes. Certains se souviennent peut-être de ce jeune homme mort noyé en août 1986 sur la route départementale entre Carnoux et La Bédoule, mais plus près de nous un orage survenu le 19 septembre 2000 avait encore fait 3 morts à Marseille et rebelote, 3 ans plus tard, avec encore 3 morts et 2 disparus à l’occasion de nouvelles pluies diluviennes en décembre 2003.

Un extrait de La Provence après l’inondation du 19 septembre 2000

Quand on fouille un peu dans les archives, on se rend rapidement compte que ces événements n’ont rien d’exceptionnel et se reproduisent de manière récurrente. De violentes crues de l’Huveaune ont laissé des traces dans les chroniques historiques en 1518, 1610 ou encore 1716. Le 22 octobre 1810, le centre-ville de Marseille était inondé suite à un violent orage, entraînant la mort d’une jeune fille. On pourrait citer de même d’autres épisodes catastrophiques du même type en date du 1er octobre 1892 ou encore le 8 novembre 1907 où l’on déplore 4 victimes et de gros dégâts. Début octobre 1973, ce sont 7 personnes en tout qui se noient à l’occasion d’une nouvelle vague d’inondations sur Marseille, tandis qu’en 1976 on dénombre plus de 1000 sinistrés suite à une nouvelle crue de l’Huveaune.

Bref, le territoire de la métropole Aix-Marseille est fortement exposé au risque inondation, même si chacun n’en a pas forcément conscience. C’est donc tout l’intérêt de la stratégie locale de gestion du risque inondation qui vient d’être adoptée le 14 mars 2017 par arrêté préfectoral, que de rappeler l’étendue de ce risque et de proposer une démarche cohérente pour le prévenir.

Cette stratégie locale, est la dernière étape d’un processus initié en 2010 suite à la transposition en droit français d’une directive européenne de 2007 sur les inondations. Cette démarche a consisté d’abord à mieux délimiter, sur l’ensemble du territoire national, les zones potentiellement inondables, puis à identifier les territoires les plus exposés. Ces territoires à risque important sont au nombre de 122 en France dont deux sur le périmètre de la métropole marseillaise : l’un qui va de Gemenos à Marseille et l’autre qui couvre la zone d’Aix-en-Provence depuis Gardanne jusqu’à Salon-de-Provence.

Cinq fleuves côtiers principaux baignent l’agglomération d’Aix-Marseille : la Touloubre qui prend naissance au pied de la Sainte-Victoire et se jette dans l’étang de Berre, l’Arc qui passe près d’Aix-en-Provence et se jette également dans l’étang de Berre, la Cadière qui traverse Vitrolles et Marignane, le ruisseau des Aygalades, issu du massif de l’Etoile et qui se jette dans la mer à Marseille, tout comme le dernier, l’Huveaune qui traverse Aubagne et dont le bassin versant englobe l’essentiel de la commune de Carnoux.

Par souci de cohérence et même si des structures administratives différentes interviennent sur ces différents bassins hydrographiques, la stratégie locale qui vient d’être adoptée couvre ces 5 bassins versants et intéresse du coup les deux territoires à risque importants, dont l’ensemble du périmètre de la métropole Aix-Marseille-Provence qui a d’ailleurs vocation, de par la loi, à prendre en charge la compétence liée à la gestion de l’eau et des milieux aquatiques et à la prévention des inondations.

L’avenir dire si cette stratégie sera efficace, qui vise à améliorer les différents volets de la prévention du risque inondation sur ce territoire, depuis l’alerte et la gestion de crise jusqu’à la réduction de la vulnérabilité des enjeux exposés, en passant par une gestion plus adaptée des flux en cas de crue. Une chose est sûre : les services de l’État qui ont organisé l’élaboration de cette stratégie locale ont fait un gros effort de communication pour faire connaître la démarche et en diffuser largement les grandes lignes. Le contenu de la stratégie est librement accessible en ligne ainsi qu’une plaquette d’information et deux vidéo, l’une qui explique en quoi consiste la démarche et l’autre qui se veut un document de sensibilisation de la population vis-à-vis du risque inondation sur le territoire de la métropole marseillaise.

Extrait de la vidéo réalisée par la DDTM 13 sur la stratégie locale

Ce dernier document destiné au grand public mérite d’être largement diffusé. Il rappelle à tous la présence de ces cours d’eau qui traversent notre agglomération, souvent endigués voire busés comme l’Huveaune dans la traversée du centre-ville d’Aubagne, disparaissant de notre vue et se rappelant brusquement à notre souvenir lorsqu’ils cherchent à se frayer un lit au milieu des zones urbanisées à l’occasion d’un événement pluvieux plus intense que d’habitude. Leurs eaux, grossies par les flux qui ruissellement rapidement sur les terrains imperméabilisés des parkings de centres commerciaux et des zones industrielles ou pavillonnaires, débordent alors et empruntent les axes routiers où elles déferlent en emportant tout sur leur passage.

Extrait de la vidéo

La vidéo imagine un journal télévisé relatant le déroulement de la prochaine inondation qui ne devrait pas manquer de se produire sur le territoire de la métropole Aix-Marseille-Provence, en s’appuyant sur des images d’archives d’inondations récentes. Le résultat est assez saisissant et mérite d’être regardé, l’objectif étant bien évidemment de rappeler à chacun la réalité du risque et les bons comportements à adopter lors d’un tel événement.

Photo d’archive (copyrigth France 3)

Les inondations de ces dernières années, en zone méditerranéenne, ont en effet montré à quel point nombre de victimes dans ce type de catastrophe meurent parce qu’elles ont eu des comportements inadaptés et imprudents : vouloir à tout prix aller rechercher sa voiture dans un parking souterrain en cours d’inondation, s’engager dans une route partiellement inondée ou faire le forcing pour aller chercher ses enfants à l’école alors qu’ils y sont en sécurité, autant de gestes anodins mais qui sont trop souvent à l’origine de tragiques noyades.

Photo d’archive de l’inondation du 19 septembre 2000 à Marseille

Les automobilistes en particulier payent un lourd tribut à chaque inondation car ils se croient en sécurité dans leur voiture sans avoir conscience que celle-ci devient rapidement incontrôlable avec seulement 30 cm d’eau, pour un peu que celle-ci soit boueuse et qu’elle s’écoule rapidement, sans compter qu’il devient rapidement très difficile d’ouvrir les portières pour sortir d’un véhicule du fait de la poussée de l’eau.

Mieux vaut donc avoir conscience de ces éléments plutôt que de les découvrir par soi-même dans la panique d’une inondation ! C’est pourquoi on ne peut qu’inciter chacun à visionner cette courte vidéo qui rappelle ces quelques notions de base et invite à une vigilance active.

L.V.  

Centrales solaires à tour : une technologie futuriste !

11 avril 2017 by

C’est probablement le génial Archimède qui a eut le premier l’idée d’utiliser un jeu de miroirs pour concentrer les rayons du soleil de manière industrielle afin d’obtenir des températures élevées, destinées à enflammer la flotte de vaisseaux romains assiégeant la ville de Syracuse. L’histoire est d’ailleurs sans doute exagérée mais on ne prête qu’aux riches…

Le concentrateur solaire de Mouchot en 1878

Toujours est-il que, depuis cette lointaine Antiquité, la technologie a fait son chemin et que les centrales thermiques solaires commencent à se multiplier. C’est d’ailleurs un ingénieur français, un certain Augustin Mouchot, qui en 1866 a inventé le premier moteur solaire constitué d’un réflecteur en forme de parabole qui concentre les rayons du soleil sur une chaudière électrique en verre alimentant une machine à vapeur. Lors de l’exposition de 1878, un appareil de son invention, doté d’une surface réfléchissante de 20 m2 reçoit d’ailleurs une distinction à l’occasion de l’exposition universelle de Paris.

Le four solaire d’Odeillo dans les Pyrénées

Le principe des miroirs paraboliques qui concentrent le rayonnement solaire en leur point focal a été ensuite réutilisé à plus grande échelle, à l’initiative du chimiste français Félix Trombe dont les travaux se sont concrétisés par l’élaboration d’un premier four solaire à Mont-Louis en 1949, puis, à partir de 1962, par la construction d’un prototype semi-industriel, le Grand four solaire d’Odeillo, mis en service en 1970 à Font-Romeu. Une série de miroirs réfléchissants renvoient les rayons du soleil vers d’autres miroirs concentrateurs disposés en parabole qui font converger le rayonnement vers une cible circulaire de 40 cm de diamètre située en haut d’une tour, permettant d’obtenir une température de 3500 °C.

Sur la base de cette expérience, EDF réalise en 1983 sa première centrale solaire Thémis, installée en Cerdagne. Après de nombreux aléas et sous l’impulsion du Conseil général des Pyrénées-Orientales, le site est équipé en 2012 de près de 200 héliostats, des miroirs réfléchissants orientables qui suivent la course du soleil, et concentrent le rayonnement solaire sur un récepteur central situé au sommet d’une tour de 105 m de hauteur, dans lequel circule un fluide caloporteur (à base de sels fondus) permettant de transformer de l’eau en vapeur et d’actionner une turbine pour produire de l’électricité.

La centrale solaire Themis à Targassonne

Ce principe des centrales solaires thermodynamiques à tour est désormais en plein essor dans le monde entier, surtout dans des latitudes où le rayonnement solaire au sol est très supérieur à celui que l’on peut connaître en France. L’Espagne notamment s’est fortement investie dans ce domaine avec notamment la centrale Solar tres, inaugurée en 2011 en Andalousie, d’une puissance d’environ 20 MW avec près de 2500 héliostats et une autonomie de près de 15 heures grâce au stockage d’énergie assuré par l’inertie thermique du fluide caloporteur.

La centrale solaire de Gemasolar, près de Séville en Espagne, avec ses 2650 héliostats

Les États-Unis bien entendu ne sont pas en reste malgré leur exploitation intensive des gaz de schiste, avec en particulier la centrale solaire de Crescent Dunes (dans le désert du Nevada), d’une puissance de 110 MW (à comparer aux 5 MW d’une grande éolienne récente). Entrée en service en 2016, elle est constituée de 10 000 miroirs réfléchissants et d’une tour de 195 m de haut dans laquelle les sels fondus sont portés à 565 °C. Fonctionnant 24 heures sur 24 grâce à l’inertie thermique des sels fondus, cette centrale permet d’alimenter en électricité plus de 75 000 foyers !

Toujours aux États-Unis, la centrale d’Ivanpah dans le désert des Mojave en Californie, à 60 km de Las Vegas, est désormais le plus grand site d’énergie solaire américain avec 3 tours de concentration, 173 500 miroirs et une capacité de production de 392 MW (à comparer aux 900 MW d’un réacteur nucléaire type Fessenheim) qui permet l’alimentation en électricité de 140 000 foyers.

Vue du ciel, les trois champs de miroirs d’Ivanpah (photo G. Mingasson/Getty Images for Bechtel)

Et les projets se multiplient un peu partout. La société américaine BrigthSource Energy qui exploite la centrale d’Ivanpah s’est ainsi associée avec General Electric (qui a racheté la branche énergie d’Alstom, rappelons-le au passage tant l’épisode fut douloureux et inique) pour construire une centrale solaire thermodynamique géante dans le désert du Néguev, en réponse à un appel d’offre lancé par le gouvernement israélien en 2013, pour la modique somme de 660 millions d’euros.

Le champ de miroirs de la centrale Ashalim (photo © J. Guez / AFP)

Cette centrale dénommée Ashalim, qui devrait entrer en fonction fin 2017, sera constituée de 55 000 miroirs réfléchissants répartis sur une superficie de près de 300 hectares, et d’une tour de 24 m de haut encore en cours de construction. Une des particularités de cette installation est que les mouvements permanents des héliostats pour suivre la course du soleil sont réglés par des connections wi-fi pour limiter les coûts d’installation.

D’autres pays suivent la course, dont le Maroc qui est également très intéressé par cette technologie du futur en plein essor. Sa centrale solaire Noor 1, inaugurée en février 2016 près de Ouarzazate, est constituée de miroirs courbes répartis sur 480 ha, et totalise une puissance installée de 160 MW. Et ce n’est qu’un début puisque la deuxième tranche du projet est d’ores et déjà lancée avec, à terme, un objectif affiché de 580 MW de puissance installée !

Vue aérienne de la centrale Noor au Maroc (photo © F. Senna / AFP / Getty images)

N’oublions-pas non plus la centrale solaire de Dubaï qui se construit également par étapes, dans un environnement particulièrement favorable avec 3500 heures d’ensoleillement annuel moyen et des températures au sol de 40 °C en été. L’émirat ambitionne tout simplement de produire un quart de ses besoins en électricité grâce à cette centrale d’ici 2030, soit une puissance installée à cette date de 5 GW, le tout pour un investissement de 12 milliards d’euros…Pour l’instant, la puissance déjà installée est de 100 MW mais pourrait doubler d’ici la fin de l’année 2017 si tout va bien.

Jusque là, le coût de l’électricité produite de cette manière reste supérieur à celui obtenu par d’autres procédés plus classiques mais les choses évoluent rapidement en la matière. De quoi rester (un peu) optimiste quant à la capacité humaine à innover pour développer la production d’énergies renouvelables et limiter progressivement nos émissions de gaz à effet de serre avant qu’il ne soit trop tard…

L.V.

Emmanuel Macron, en marche vers le pouvoir ?

8 avril 2017 by

Décidément, rien ne se passe comme prévu lors de cette campagne pour l’élection présidentielle de 2017… A deux semaines seulement du premier tour, il paraît bien difficile de faire le moindre pronostic.

La seule certitude, c’est que la gauche en sera très vraisemblablement éliminée dès le premier tour, sauf à ce que l’un des deux candidats en lice se désiste ou que les deux finissent par trouver un accord. Mais un tel scénario devient chaque jour plus improbable, chacun s’arcqueboutant sur ses positions. Benoît Hamon, bien que vainqueur incontesté de la primaire de la gauche et bénéficiant du ralliement de Yannick Jadot, lui-même désigné à l’issue de primaires internes aux écologistes, est à la peine dans les sondages qui le créditent désormais d’à peine 10 % des intentions de vote.

Dessin de Wingz

Face à lui, Jean-Luc Mélanchon est dans une dynamique positive qui lui a permis depuis un mois de passer de 10 à 15 % des intentions de vote, comme si les électeurs de gauche avaient déjà oublié son refus hautain de participer à la primaire de la gauche. Il n’en reste pas moins que le socle de leur électorat commun reste stable et ne dépasse pas 25 %. Cela pourrait être suffisant pour être qualifié au second tour, à condition que ces voix se portent sur un candidat unique. Dispersées entre deux candidats, quelle que soit la répartition entre les deux, c’est la certitude qu’aucun candidat de gauche ne sera qualifié pour le second tour, au grand dam de millions d’électeurs de gauche qui devront donc se résigner à ne pas être représentés, une fois de plus, du fait de la stratégie suicidaire des dirigeants de ce courant politique.

Selon toute vraisemblance, le résultat de cette élection uninominale à deux tours se jouera donc entre la représentante du Front national, Marine Le Pen, et ses deux outsiders dans les sondages. François Fillon, grand gagnant des primaires de la droite en novembre dernier, est désormais englué dans le discrédit suite à sa méthode de défense déplorable et à l’arrogance extrême dont il a fait preuve pour répondre aux multiples reproches sur sa cupidité financière. Mis en examen pour détournement de fonds publics, il s’enferre dans ses mensonges successifs, tentant vainement d’accréditer la thèse d’un complot imaginaire ourdi à son encontre par le fameux « cabinet noir » de l’Elysée, avec la complicité des médias et de la justice.

Et pourtant, comme pour Marine Le Pen, elle-même sous le coup de multiples affaires judiciaires, ces accusations semblent ne guère troubler son électorat puisque les derniers sondages indiquent une remontée des intentions de vote en sa faveur, le créditant d’un score de l’ordre de 20 %, dépassant même les 30 % chez les électeurs de plus de 50 ans qui sont, comme chacun sait, les plus assidus à voter.

Un second tour laissant le choix entre François Fillon et Marine Le Pen n’est donc pas à exclure. Néanmoins, force est de constater que l’OVNI Emmanuel Macron est en train de se rapprocher, dans les intentions de vote, de la candidate du Front national, avec pas moins de 24 % selon les derniers sondages. Personne ne sait trop bien comment positionner ce candidat dont les soutiens politiques vont de Robert Hue à Alain Madelin en passant par François Bayrou et désormais Manuel Valls. Sa ligne politique le situe néanmoins sans ambiguïté à gauche de François Fillon et à droite de Benoît Hamon, dans cet espace centriste qui a eu, jusque là, bien du mal à s’affirmer dans le paysage politique de la Cinquième République et qui pourrait donc peut-être arriver à se faire une place au soleil à l’occasion de ces élections présidentielles qui s’annoncent si atypiques…

Dessin de Gros publié dans Marianne du 17 mars 2017

C’est d’ailleurs un des points faibles de la candidature d’Emmanuel Macron : beaucoup se demandent en effet sur quelle majorité il compte s’appuyer pour gouverner au cas où il serait élu. Dans cette hypothèse, certains en sont même déjà à imaginer une situation de cohabitation avec un gouvernement de droite, tant le parti LR est confiant dans sa victoire lors des prochaines législatives, face à une gauche totalement atomisée et à un FN traditionnellement handicapé dans le cadre d’un scrutin majoritaire uninominal à deux tours.

Dessin de Placide

Et pourtant, ce ne sont pas les candidats qui manquent à Emmanuel Macron pour s’aligner lors des élections législatives du mois de juin. Plus de 14 000 personnes se seraient ainsi portées candidates ! Mais la commission d’investiture présidée par l’ex-UMP Jean-Paul Delevoye a fixé un cahier des charges très strict, exigeant pour les 577 candidats investis le respect de la stricte parité hommes-femmes (alors que seules 15 % des offres de service reçues sont féminines !) ainsi qu’un équilibre entre élus et représentants de la société civile, mais aussi entre gauche, droite et centre : un vrai casse-tête donc !

Les 14 premiers candidats investis par En marche (photo extraite du site de campagne En marche)

C’est sans doute la raison pour laquelle le mouvement En marche retarde autant que possible ses procédures d’investiture, afin de ne pas polluer la campagne présidentielle. Pourtant, lors de son invitation sur le plateau de l’Emission politique de France 2, le 5 avril dernier, Emmanuel Macron s’est résolu à dévoiler une liste de 14 candidats d’ores et déjà investis par son parti pour les prochaines législatives. On y retrouve notamment Jean-Michel Fauvergue, l’ancien patron du RAID qui avait dirigé l’assaut contre l’Hyper Casher, mais aussi Mounir Mahjoubi, l’ancien président du Conseil national numérique, Hughes Renson, ancien conseiller pour les affaires sociales du Président Jacques Chirac, ou encore Elisabeth Toutut-Picard, directrice adjointe du CHU de Toulouse.

Jean Viard, candidat aux prochaines législatives (photo issue du site de campagne En marche)

Parmi ces 14 premières candidatures ainsi dévoilées se trouve en particulier le sociologue Jean Viard, qui était intervenu à Carnoux à l’invitation du Cercle progressiste carnussien, le 27 juin 2008, pour une conférence sur l’évolution des rythmes de travail et de notre rapport au temps. Fondateur et co-directeur des éditions de l’Aube à la Tour-d’Aygues, dans le Vaucluse (où il se portera candidat lors des prochaines élections législatives), il est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’aménagement du territoire, les rapports entre urbain et rural, la ville de Marseille ou encore l’essor du Front national. Ex-directeur du CEVIPOF, le Centre d’études de la vie politique française, une unité de recherche rattachée au CNRS, Jean Viard a aussi été élu en 2008 conseiller municipal de Marseille et vice-président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole jusqu’en mars 2014. Alors porte-parole du socialiste Patrick Mennucci, le voici donc désormais engagé dans le camp de l’ancien ministre de l’économie Emmanuel Macron, en marche, qui sait, vers une victoire électorale prochaine ? L’avenir le dira prochainement…

L.V.  

« Cinq zinnias pour mon inconnu »

6 avril 2017 by

Tel est le titre du livre qu’est venue nous présenter son auteure : Marie-France Clerc, lors d’une session de Katulu ? ce dernier jeudi du mois, soit le 30 mars, à la salle Albert Fayer à Carnoux devant un public d’une vingtaine de personnes.

Les grands parents de Marie-France Clerc ont immigré d’Ukraine vers la Pologne en 1921 où la mère de Marie France Clerc est née, puis ils vont s’installer en Lorraine dès 1923. Ils seront naturalisés français en 1938. Cet épisode de l’exil sera très douloureux pour la famille de Marie-France qui n’en parlera que difficilement. Seules des chansons ou des histoires d’enfants du pays perdu vont nourrir les premiers souvenirs de notre oratrice. A l’occasion de la retraite elle ressent le besoin de faire des recherches puis d’écrire pour se libérer de toute cette angoisse dont elle a hérité de ses parents et grands-parents. Ce sera un livre sous le mode de roman, à l’adresse de ses petits-enfants, s’inspirant de ce qu’elle a retrouvé de ce passé enfoui.

Marie-France Clerc à Carnoux

M.F. Clerc nous parle d’abord de l’histoire de l’Ukraine en général mal connue. Si nous avons une certaine mémoire récente de la Révolution Orange, Maïdan, les manifestations et la répression sanglante vues à la télévision… nous sommes bien en peine d’avoir une idée plus précise de l’histoire de cette nation où la position de Kiev était prépondérante dès le 8ème siècle !

L’Ukraine, d’une superficie semblable à celle de la France, avec 46 millions d’habitants est une nation particulièrement riche en ressources agricoles et minières. Tout au long de l’histoire après avoir été le premier état slave et le plus puissant d’Europe aux 11 et 12ème siècles, l’Ukraine fut asservie par la Russie tsariste, les Polonais, les Turcs, avec quelques périodes de relative indépendance en particulier entre 1917 et 1920 avant l’annexion par la Russie Soviétique. Ce pays a vécu de terribles périodes de famine entre 1930 et 1933, puis la grande terreur entre 1937 et 1938 avec la purge des élites au cours de laquelle des centaines de milliers de personnes ont disparu. Ceci a contribué à la position mitigée vis-à-vis des Allemands tout d’abord accueillis comme libérateurs en 1941 puis combattus du fait des mauvais traitements infligés, sans parler de la solution finale pour les Juifs.

Aujourd’hui, après l’éclatement de l’URSS en 1991 et la programmation de son autonomie, l’Ukraine doit se « désoviétiser ». Il existe 13 langues en Ukraine avec une dominante de l’ukrainien mais aussi du russe : 70 ans de régime communiste soviétique et 300 ans d’interdiction de l’ukrainien ne s’effacent pas du jour au lendemain.

M.F. Clerc avec Marie-Antoinette Ricard (Katulu ?)

Durant cette rencontre avec l’auteure, nous avons aussi parlé de littérature avec Gogol, Chevtchenko, Kourkov, un Ukrainien qui écrit en russe : « Le pingouin », « Le journal de Maidan »…

Le livre de Marie-France Clerc n’est pas historique. C’est la transmission de la mémoire et la réconciliation avec le passé. Lorsqu’elle l’acheva, elle put enfin se rendre sur la terre de ses ancêtres, retrouver de la famille, prendre connaissance des archives et découvrir un peu de la véritable histoire des siens.

Ce roman est construit sous la forme d’une intrigue qui ne peut être résumée sans la déflorer ! Alors pour plus de détail il faut lire ce livre.

Une excellente soirée très animée par de multiples questions qui s’est terminée de façon tout à fait conviviale autour du verre de l’amitié.

                                                                                                           Cécile T.

Croisière autour du monde : dernière escale

4 avril 2017 by

En croisière à bord du Queen Elisabeth, nos deux reporters ont terminé leur tour du monde partiel après une dernière escale au Vietnam.

Vendredi 31 mars :

Ce matin vers 11 heures, nous avons quitté le Queen Elisabeth 2 avec un petit pincement au cœur. Depuis 3 mois c’était devenu un peu notre maison…

Singapour vu ce matin depuis le pont 10

Les gratte-ciel de Singapour

À Singapour, la chaleur et l’humidité sont accablantes. Nous prenons un taxi pour rejoindre notre hôtel, le Mandarin, dans Orchard Road. C’est un quartier voué au shopping. Les centres commerciaux se suivent avec les mêmes marques de luxe : Cartier, Prada, Chanel… Moi, ce n’est pas trop mon truc !

Un centre commercial de grand luxe juste en face de chez nous

La vue de notre chambre d’hôtel au 27e étage de l’hôtel Mandarin

La ville est neuve, ultra moderne, livrée au gigantisme. Notre hôtel a 1000 chambres et ce n’est pas le plus grand !

Nous quitterons dimanche Singapour et rentrerons à la maison….

Ce fut un beau, un très beau voyage, mais maintenant je crois que nous avons envie de nous retrouver chez nous !

J’espère que vous avez aimé nos photos et nos petits textes qui vous ont permis, du moins je l’espère, de voyager un peu par personne interposée.

Bien à vous tous et à très bientôt à Carnoux!

Annie

Débat sur l’école (partie 4) : une école inclusive…

3 avril 2017 by

Le dernier sujet de cette table ronde aborde la question de l’égalité des chances pour les élèves souffrant de handicaps et leur intégration dans l’école.

C’est Laurent Mauneau, professeur des écoles spécialisé en charge du suivi de la scolarisation des élèves handicapés sur les villes de La Ciotat et Ceyreste, acteur du dispositif AEBEP (Élèves A Besoins Éducatifs Particuliers) qui fait en bref rappel de l’historique de la prise en charge de ces élèves « particuliers » .

Laurent Mauneau

Dans un passé encore récent, ces élèves identifiés « handicapés » étaient voués à être enfermés dans des institutions avec une quasi impossibilité de retrouver une vie sociale normale. A part quelques cas  de lourdes pathologies médicales ou comportementales nécessitant une scolarisation  dans un établissement spécialisé, la volonté d’accueillir des enfants différents dans l’école ordinaire s’est faite progressivement.

Le but est de passer d’un système de séparation, d’exclusion (incapacité à accueillir et prodiguer un enseignement adapté) à un système d’intégration (dans certaines conditions, dans un nombre limité d’établissement, avec des éducateurs spécialisés) vers un concept d’inclusion où l’élève « à besoins particuliers » est totalement intégré au sein d’une classe ordinaire.

C’est l’esprit de la loi de 2005 prônant l’accueil de tous les élèves en prenant compte  leurs handicaps à travers des adaptations et aménagements. Encore faut-il définir ce que sont ces incapacités. Ce sont aussi bien celles d’un enfant diabétique, d’un dyslexique, d’un enfant ayant des difficultés pour écrire, d’un déficient visuel ou auditif, ou d’un élève précoce voire d’un paraplégique.

C’est aussi poser le postulat que dès le départ, tous les élèves devraient être réunis sans distinction obligeant l’école à s’adapter. Pour Laurent Mauneau, c’est possible. Des protocoles sont prévus pour chaque cas pour compenser leurs difficultés, car la capacité  intellectuelle de ces élèves est équivalente aux autres et leurs facultés d’acquisition des connaissances sont similaires.

Les solutions passent par des adaptations tant matérielles que  comportementales. En effet, des outils très simples peuvent compenser les difficultés comme par exemple un ordinateur avec un clavier « Braille » pour un déficient visuel, la disponibilité d’une armoire à pharmacie pour stocker l’insuline d’un diabétique, instituer une discipline et des méthodes d’expression orale (élèves – professeurs) pour qu’un déficient auditif assimile en totalité les connaissances orales dispensées.

Il est évident que la mise en œuvre de ces dispositifs ne peut se faire qu’avec la coopération des familles, des enseignants, des partenaires éducatifs, chacun d’eux devant prendre en compte que la notion de « temps » (d’apprendre et de s’épanouir à son rythme) n’est pas la même pour tous pour atteindre l’objectif de la réussite de tous dans un milieu scolaire sous pression des programmes, des effectifs et des autres familles.

Il est encourageant de constater qu’en maternelle, par exemple, un sentiment d’empathie naturelle existe chez les enfants envers ceux qui sont en situation de handicap. Dans les classes supérieures, cela peut parfois faire naître des interrogations, car les élèves bénéficiant  d’aménagements spéciaux peuvent être perçus comme avantagés par rapports aux autres, comme quoi  un travail permanent doit être effectué pour ancrer dans les esprits la notion d’égalité.

Cette approche de l’accompagnement des élèves en situation de handicap révèle le besoin identique des élèves  en  difficulté scolaire « ordinaire » et l’obligation de l’école, de la société de s’adapter pour créer les conditions d’une réussite pour tous. Cette tâche est immense mais les solutions proposées au cours de cette table ronde ouvrent de réelles perspectives.

L’école : un océan de questions qui restent sur la table…

Les conférenciers furent ensuite interpellés par le public pour engager un échange d’idées sur les arguments et thèmes abordés précédemment. Il en résulte que les préoccupations relatives à l’école, au cours du temps, restent les mêmes :

– l’école doit-elle ne transmettre que des savoirs ou des valeurs ; émanciper ?

– l’orientation est-elle bien faite (stages, alternance) ?

– l’internat pourrait-il être une solution pour certains ?

– malgré de multiples réformes, la régression des performances est constatée. Pourquoi ?

– l’idéal ne serait-il pas une réponse individuelle adaptée à chaque élève, une utopie ?

La discussion se poursuivit un verre à la main pour clôturer cette soirée riche en contenu. Il semble évident, qu’à l’avenir, une autre conférence devrait être proposée pour éclairer notre vision sur l’école et son devenir.

C. M.

Débat sur l’école (partie 3) : la pédagogie Freinet…

2 avril 2017 by

Une des expériences en cours actuellement à La Ciotat, au collège Jean-Jaurès et au Lycée Auguste et Louis Lumière est intitulée CLEF (collège lycée expérimental Freinet). Michel Motré, ancien instituteur et ancien inspecteur d’académie, parle avec enthousiasme de cette expérience qui semble anachronique puisque l’école Freinet a été conçue pour le primaire et dans les années 1930 !

Michel Motré

Ce programme débuté en 2008, a été proposé d’abord par deux enseignants travaillant déjà en Pédagogie Freinet dans leurs classes afin de la mettre en place dans une équipe complète d’enseignants dans un premier temps de la 6ème à la terminale et désormais à partir de l’école primaire avec l’école du secteur Maltemps. Cela permet une cohérence pédagogique qui redonne toute sa valeur au travail, institue l’élève comme « auteur » de ses apprentissages et propose une réussite éducative fondée sur une approche globale de l’enfant.

La formation dispensée développe autant les savoirs conceptuels (notions, concepts, règles, normes et lois) que les « savoirs opératoires ». Dans cet esprit l’équipe enseignante s’attache tout particulièrement à l’expression (épanouissement), la vie coopérative, l’expérimentation, le travail individualisé pour favoriser des processus individuels dans le cadre d’une réussite sociale.

L’enseignement s’organise autour de cours disciplinaires en classe complète, de travail individualisé en groupes de niveaux mélangés (5 à 6 h par semaine), d’ateliers (3 h par semaine) et des d’autres moments de vie scolaire. La durée hebdomadaire de travail et le contenu des programmes sont identiques aux classes ne suivant pas cette expérience. Les parents sont associés à l’équipe pédagogique pour évaluer les travaux et la progression des élèves.

Les effets constatés sont probants sur les acquis des élèves qui ont plaisir à venir à l’école, où la sérénité règne dans les classes, une aisance orale est de mise et les élèves identifiés « décrocheurs »  sont de nouveau  en capacité de poursuivre des études dans les voies traditionnelles. De même les enseignants sont confortés par la reconnaissance de leur rôle de pédagogue.

La réussite aux examens, dans ces deux établissements et équivalent à celles des autres ne proposant pas cette méthode CLEF. Un signe ne trompe pas car les demandes d’inscription à ces établissements de La Ciotat ne peuvent être toutes satisfaites, des familles déménageant même de régions éloignées pour avoir la chance de profiter de ce programme !

C. M.

Débat sur l’école (partie 2) : les potentialités des TPE…

1 avril 2017 by

« On n’arrive plus à intéresser les élèves ! » entend-on chez les professeurs. « Les élèves s’ennuient » lit-on aussi parfois. Ces plaintes témoignent d’un certain découragement qu’un professionnel doit savoir dépasser. Dans cet objectif Jacques Tonnelle, ex professeur de mathématiques et formateur à l’IUFM, a exploré des pistes pour  repenser le rapport au savoir des élèves et le rôle des professeurs dans la manière d’attirer et captiver l’attention des élèves.

Jacques Tonnelle

Il n’hésite pas à redonner du sens au verbe « apprendre » qui, pour lui, au travers des TPE (Travaux Personnels Encadrés) permettent de découvrir ce qu’il appelle la raison d’être des « œuvres » sélectionnées dans les programmes. Pour lui une « œuvre » (savoir) est une création humaine nécessitant la mobilisation de connaissances diverses comme par exemple, une équation mathématique, le droit constitutionnel, une recette de cuisine, la génétique, etc. Cela peut dépasser le cadre purement scolaire d’une discipline figée, contrainte par des directives nationales (textes et instructions).

Quel est le  dispositif des TPE ? Actuellement les élèves en classe de Première doivent mener un projet « personnel encadré ». Des thèmes sont sélectionnés par les professeurs de la classe et les documentalistes sur la base d’une liste nationale, les élèves de la classe sont répartis en différents groupes autour des sujets choisis en accord avec les deux professeurs qui suivent leur recherche, à raison de deux heures par semaine.

C’est une question qui initialise un TPE, comme celle-ci : Comment la technologie  de GPS peut-elle s’avérer utile dans la gestion des catastrophes naturelles ? Les élèves travaillent en autonomie, par groupes et/ou individuellement. La constitution d’un dossier thématique atteste le travail de recherche documentaire. De plus chaque élève remplit un carnet de bord où est consignée la progression du travail individuel. La réalisation finale fait l’objet d’une communication orale face à un jury en fin d’année. Une note est portée au livret scolaire et sera prise en compte au baccalauréat.

L’objectif des TPE est de définir des situations problématiques motivantes de manière à stimuler l’action volontaire d’apprendre et, par la même, rompre avec la perte de saveur des savoirs qui font trop souvent l’objet d’une visite superficielle dans l’approche scolaire. Il s’agit de développer chez l’élève le goût pour l’enquête en organisant un parcours d’étude et de recherche qui permette de proposer une contribution à la question sélectionnée.

L’originalité de cette méthode – qu’on peut généraliser en l’adaptant – est de proposer des questions comme source de l’enseignement ! C’est alors la situation qui vient motiver l’action d’apprendre. D’où l’importance de la formulation d’un « sujet d’étude » sous forme de question. Le rôle des professeurs est primordial dans la gestion de la recherche. Il faut en effet montrer la pertinence des savoirs existants, mais aussi en mobiliser d’autres qui peuvent ne pas être inscrits dans les programmes.

On pourra ainsi parler du fonctionnement du GPS sans rentrer par exemple dans les nombreux aspects scientifiques et techniques qui pourraient entrer dans l’étude. Ces derniers seront alors utilisés comme boîtes noires, prises en compte certes, mais sans être travaillées. L’important est de faire apparaître, chemin faisant, les besoins de l’enquête, et d’en travailler quelques uns.

Le dispositif des TPE veut donc répondre à la nécessité de motiver les savoirs diffusés par l’école. Avant de céder la parole au nouvel intervenant, Jacques Tonnelle conclut par une citation de Gaston Bachelard : « C’est le travail qui est producteur d’un savoir, et pas le produit fini (la formule mathématique par exemple) .

C. M.

Débat sur l’école (partie 1) : un diagnostic déroutant…

31 mars 2017 by

Les adhérents du Cercle Progressiste Carnussien et le public portant un intérêt au sujet du rôle de l’école dans la mise en pratique de méthodes et initiatives permettant une amélioration de la transmission des savoirs ce sont retrouvés, Clos Blancheton, pour participer à une conférence sur l’école et la société. Un débat en forme de table ronde où quatre professionnels de l’éducation ont exposé, à tour de rôle, leur expérience et leur vision sur les méthodes et les pratiques pédagogiques pouvant réconcilier tous les acteurs de l’école : élèves, parents, enseignants et décideurs politiques. Le but de la soirée était de donner la parole au public pour échanger sur les thèmes abordés.

Michel Motré, président du CPC, présente les conférenciers et introduit la séance en rappelant que  l’objectif des communications est de lever les incompréhensions qui entourent le rôle de l’école, de ses acteurs dans notre société souvent en conflit avec celle-ci, tout en soulignant qu’il n’y avait pas de solutions  définitives mais  que des réponses existaient, des expériences tangibles probantes.

Les 4 conférenciers au Clos Blancheton, le 16 mars 2017

C’est Michel Neumayer, spécialiste de « l’éducation nouvelle » et formateur d’enseignants, qui prend la parole en premier pour dresser un tableau de la situation actuelle de l’école, diagnostiquer tel un examen clinique les conflits et tensions qui parcourent la société à son sujet.

Michel Neumayer

Il constate que l’école est à l’image de la société, c’est à dire inégalitaire ; les enfants de cadre et d’enseignants réussissent mieux que les autres, pourquoi ? « L’ascenseur social » qui profitait, au siècle dernier, aux classes défavorisées, ne fonctionne plus.

L’école est prise dans la double injonction d’éduquer, d’instruire et, dans le même temps, de trier les enfants par  une orientation précoce. La coupure « manuel » / « intellectuel » subsiste toujours avec un  mépris inavoué de l’enseignement professionnel.

L’école est tiraillée, à l’heure « d’internet », par le doute de ce qu’il faut transmettre et comment ? Le poids de l’enseignement « intemporel » persiste alors que les savoirs humains évoluent dans les sciences, la linguistique, et d’autres domaines.

A l’heure  de la globalisation planétaire et de ses enjeux, il est nécessaire d’aborder la transmission de nouveaux savoirs en évitant les conflits qui agitent l’école à propos de la laïcité en particulier ou d’autres sujets de clivages.

Les dernières évaluations PISA montrent, pour la France, que l’Éducation nationale ne parvient pas à améliorer la réussite des élèves les plus faibles. Cela pose le problème de l’évaluation des connaissances qui sont sanctionnées par des notes perçues  comme « une punition » quand elles sont mauvaises et déclenchent, alors souvent un blocage de la motivation de l’élève qui subit  la conséquence d’une absence d’individualisation des méthodes alors qu’en matière d’apprentissage, l’hétérogénéité, bien encadrée, est un moyen de redonner le goût au travail scolaire et de créer une progression efficace des ses acquis.

Des expériences et innovations existent mais suffisent-elles ? Aujourd’hui, le contrat qui lie la société  et l’école est régi par le Politique, est-ce suffisant ? Quelle place fait-on aux parents dans l’école ? Comment en fait-on des partenaires du devenir scolaire de leur enfant ?

Il ne faut certes pas que l’école devienne un objet de consommation mais qu’une juste appréciation des moyens mis à sa disposition, une formation adaptée pour les enseignants, une administration centrale efficace puissent alors contribuer à la création d’une vision ambitieuse, confiante (non anxiogène) de l’école du futur, telle est la conclusion de Michel Neumayer à cet instant du débat.

C. M.

Croisière autour du monde : 24ème escale

29 mars 2017 by

Nos deux globe-trotters à bord du Queen Elisabeth poursuivent leur périple autour du Monde. Après une escale à Hong Kong, ils viennent d’arriver sur les côtes vietnamiennes.

Mardi 28 mars :

On nous avait présenté Nha Trang comme un lieu de villégiature de luxe… Bof ! Ce que nous avons trouvé, ce sont quelques hôtels d’extrême grand luxe, c’est vrai, mais où on ne voit pas un Vietnamien (sauf les employés bien sûr). A qui sont-ils réservés ? A de riches Chinois ? Aux Américains nostalgiques du pays ?

Vue depuis le bateau ce matin

Ce n’est pas après quelques heures en ville qu’on peut répondre à ces questions ! Partout ailleurs ce sont des boutiques minables et sales, des trottoirs défoncés, des pousse-pousse qui vous environnent pour vous emmener ici ou là… La plage, en revanche est belle.

Le marché de Nha Trang

L’institut Pasteur demeure un des plus beaux bâtiments de la ville. C’est ici que Yelsin, un Suisse collaborateur de Pasteur, découvrit le bacille de la lèpre. Un petit musée nous permet de voir le cabinet de travail du chercheur qui a été pieusement conservé. La rue principale se nomme d’ailleurs rue Pasteur…

La rue Pasteur

La chaleur ! Je n’en ai pas encore parlé… Elle est écrasante. Les ordures dans les rues émettent des senteurs dont le moins qu’on en puisse dire est qu’elles sont puissantes !

Un carrefour entre taxis et pousse-pousse

Nous avions fait un premier voyage au Vietnam il y a environ 15 ans. Pour nous, le pays a peu changé. On continue à manger dans la rue (et à laver la vaisselle dans le caniveau), assis sur des tabourets d’enfants en plastique de toutes les couleurs !

Bref, depuis notre départ cela a été l’escale la plus décevante, d’autant qu’on nous en avait dit beaucoup de bien !

 

Les beaux militaires sont montés à bord

Mercredi 29 mars :

Alors là ! On a battu les records ! Cette escale (qui, pour nous qui nous arrêtons à Singapour, sera la dernière de notre périple) s’appelait au départ Hô Chi Minh Ville, soit Saigon. Puis, peu à peu, il n’a plus été question de ça et on nous a parlé de Phu My. Je suis allée m’informer et on m’a répondu que c’était le port de Saigon. Bon.

Nous sommes dans le delta du Mékong

La veille de l’arrivée, nous avons appris que Saigon était à 90 km ! Donc cher et long si on choisit le taxi… En fait, cela n’a même pas été possible, Phu My N étant qu’une zone industrielle loin de tout, dans un paysage dévasté par l’homme : ordures de toutes sortes jonchant les bords de route, les petits champs couverts de fragments de plastique etc…

La ville de Ba Ria et ses vendeurs de rue

On nous a alors proposé une navette pour nous rendre à une ville d’une certaine importance, Ba Ria.
Nous avons fait 40 minutes de bus (heureusement, c’était climatisé et propre) pour atteindre cette ville qui est très étalée et dont nous n’avons même pas aperçu le centre, si toutefois il y en a un !

Le bus nous a déposés devant un « marché ». En fait, c’était un vilain supermarché flanqué de quelques boutiques de chaussures, livres, fleurs artificielles, Kentucky fried chicken…, tout cela fort laid ! Nous y avons passé un quart d’heure et avons illico repris le bus pour le bateau.

Il est midi et demi, j’en ai profité pour vous raconter cette piteuse journée et je me propose de faire part de notre mécontentement à Cunard en leur demandant de supprimer cette escale sans aucun intérêt de leurs prochains voyages !

Le supermarché où le bus nous a arrêtés

C’est vraiment décevant de terminer un si beau voyage sur une note si discordante !
Demain nous sommes en mer et vendredi nous arriverons à Singapour (en anglais, ça s’écrit Singapore). Nous y avons réservé deux nuits d’hôtel dans un bel établissement d’Orchard Road, une rue très centrale. Nous avons hâte de découvrir cette ville dont on nous a dit le plus grand bien… Bien entendu, vous serez les premiers informés !

Annie

Croisière autour du monde : 23ème escale

27 mars 2017 by

En croisière à bord du Queen Elisabeth, nos deux globe-trotters sont en Chine où ils ont fait une première escale à Shangaï, avant de débarquer à Hong Kong.

Le skyline ultra moderne

Dimanche 26 mars :

C’est avec, une fois de plus, un ciel gris que nous avons visité Hong Kong. Décidément, dans cette partie du monde, le printemps a bien du mal à s’installer…

Cette ville, très cosmopolite et depuis longtemps, a été rendue à la Chine par la Grande Bretagne en 1997. Elle jouit toujours d’un statut particulier, une sorte de semi indépendance : monnaie différente (le dollar de Hong Kong), conduite à gauche (comme du temps des Anglais), et démographie débridée (par opposition à la politique de l’enfant unique en vigueur en Chine)…

La ville est juchée sur un territoire minuscule et pentu. Les gratte-ciel se serrent les uns contre les autres, les rues sont étroites et tortueuses, la circulation y est difficile et les ralentissements nombreux.

Vue du sommet de Victoria Peak le QE 2 est en plein centre à droite de la tour en forme de doigt

Hong Kong Park et sa végétation luxuriante

Centre commercial

J’ai pour ma part éprouvé une impression d’étouffement, avec partout des grappes de gens agglutinés, des files d attente pour commander un café… Il est vrai que la densité de la population est supérieure à celle de Monaco !

Hong Kong Park et sa végétation luxuriante

Nous avons repris notre technique d’excursion semi-guidée. Nous avons ainsi vu successivement le parc avec sa végétation tropicale superbe, le point culminant, Victoria Peak, et la vue admirable sur la baie (ça aurait été encore plus beau avec un ciel bleu, mais bon….), la plage de Repulse Bay, plage artificielle dont le sable a été importe à grands frais de Chine et qui est protégée par un filet anti requin et, enfin, un marché dans un lacis de petites rues pittoresques où on trouve de tout : fruits, fleurs, objets artisanaux, soies, vêtements, copies de tableaux plus ou moins réussies …

Sur la plage de Repulse Bay

De retour au bateau, nous avons pris le thé dans la grande tradition : sandwiches de pain de mie, scones avec confiture de fraise et crème et serveurs en gants blancs !

Le spectacle du soir nous a permis d’entendre un Chinois, natif de Mongolie, qui joue d’un instrument admirable mais très peu connu en Occident, le dulcimer qu’on appelle aussi cymbalum en Europe de l’Est. Il a interprété beaucoup de classique mais aussi du rag time et des airs orientaux, une très belle soirée !

Hong Kong by night

Voilà, il n’est pas loin de minuit et je vais devoir vous dire à tous !

Annie