Rappel : l’école en débat à Carnoux !

15 mars 2017 by

Comme nous l’avions déjà annoncé ici, la prochaine conférence du Cercle Progressiste Carnussien se tiendra la semaine prochaine à Carnoux-en-Provence, jeudi 16 mars 2017, à partir de 18h30, dans la salle du Clos Blancheton, située au dessus du nouveau parking, en haut de la rue qui passe entre la mairie et l’hostellerie de la Crémaillère.

Elle prendra la forme d’une table-ronde animée par quatre intervenants, ayant tous une expérience éducative en milieu scolaire et qui proposeront des pistes de réflexion et d’action pour améliorer notre système éducatif qui fait l’objet de nombreuses critiques et interrogations.

Si le sujet vous interpelle, n’hésitez-pas à venir participer à ce débat citoyen sur le fonctionnement de notre système éducatif, plus que jamais au coeur des enjeux de notre société ! L’accès y est gratuit et sans restriction, en dehors du nombre de places limité qu’offre la salle mise à disposition par la commune.

Les dessous de la Présidentielle 2017

13 mars 2017 by

Depuis les débuts de la Ve République, jamais élection présidentielle en France n’avait revêtu un visage aussi suprenant que celle qui se profile à l’horizon. Pour la première fois sans doute un président sortant ne se représente pas après avoir fait un seul mandat de 5 ans, comme si les Français étaient devenus à leur tour des adeptes du zapping. La mise en œuvre des primaires à l’Américaine a fait des ravages du côté des ténors de la vie politique dont les principaux ont été balayés, et quant au bipartisme traditionnel, il paraît bien oublié !

A six semaines du premier tour, les sondages laissent en effet transparaître une répartitition des suffrages en quatre blocs quasi équivalents, représentant chacun, peu ou prou, un quart de l’électorat. Celui qui semble avoir toutes les chances de virer en tête au second tour est bien entendu le Front National de Marine Le Pen qui devrait sans difficulté rééditer le schéma de 2002, sauf que cela ne sera plus une surprise pour personne puisque c’est désormais ce qu’on observe lors de toutes les élections qui se suivent et se ressemblent beaucoup.

En réalité, la surprise vient plutôt de la Droite dont le candidat est singulièrement affaibli par la présence de l’ex-ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, qu’on qualifiera de centriste faute de savoir clairement où le positionner sur l’échiquier politique et qui pour l’instant dépasse dans les sondages son rival étiqueté LR.

Quant à la Gauche, elle se positionne pour la première fois depuis bien longtemps sur un programme réellement à gauche et les sondages lui donnent globalement un score proche de 25 % qui pourrait lui permettre d’accéder au second tour. Sauf que, contrairement aux trois autres blocs, elle n’a pas été capable de se rassembler derrière un candidat unique, ce qui ruine définitivement ses chances de ne pas être éliminée dès le premier tour ! De ce point de vue, Jean-Luc Mélanchon porte une lourde responsabilité, lui qui a refusé l’idée même de participer à la primaire de la Gauche alors qu’il se revendique clairement de gauche, et qui rejette désormais toute idée de dialogue avec son acolyte Benoît Hamon alors qu’on serait bien en peine de trouver la moindre différence idéologique dans le contenu de leur programme.

Les électeurs de gauche seront donc contraints de se reporter sur le banquier Macron s’ils ne veulent pas devoir arbitrer une fois de plus au second tour entre la Droite filloniste et l’Extrême-Droite lepéniste, comme c’est désormais le cas à chaque élection… En attendant, ils peuvent du moins se réjouir du spectacle croquignolesque qui se déroule à droite de l’échiquier politique autour du candidat François Fillon, mis en réelle difficulté suite aux révélations du Canard enchaîné quant aux sommes astronomiques qu’il a fait verser pendant des années à son épouse et à certains de ses enfants pour des emplois vraisemblablement fictifs.

Après avoir endossé, pendant toute la campagne des primaires, le costume du candidat intègre et vertueux, distribuant des leçons de morale à ses petits camarades Nicolas Sarkozy, mis en examen dans de multiples affaires, et Alain Juppé, jadis condamné pour détournement de fonds publics, le voilà bien en peine pour justifier les sommes énormes qu’il a ainsi soustraites pour son usage personnel. Après avoir clamé haut et fort qu’il se retirerait de la campagne s’il devait être mis en examen, le voila qui change brusquement de discours lorsqu’il se retrouve effectivement dans cette situation, criant au complot politique et ameutant ses amis de la droite la plus conservatrice pour organiser une démonstration de force devant le Trocadéro. Après avoir affirmé pendant toute sa (longue) carrière politique qu’il ne céderait jamais aux démonstrations de force de la rue et proposé encore en juin dernier d’interdire toute manifestation, le voila qui fait venir ses troupes par trains spéciaux et autocars pour montrer à son parti qu’il ne se laissera pas arrêter par quelques ennuis judiciaires momentanés et qu’il compte rester à tout prix le candidat de la Droite.

Du coup, le spectacle des élus LR et UDI clamant haut et fort vendredi dernier qu’il fallait déloger le « forcené » en actionnant un « plan B », et l’acclamant le lundi en lui renouvelant leur soutien unanime, ne manque pas de sel, à défaut de nous rassurer quant à la sincérité de ces mêmes responsables politiques. Le plus drôle de l’affaire est que c’est, semble-t-il, l’inoxydable Nicolas Sarkozy qui a mené la manœuvre, lui que l’on croyait retiré de la vie politique pour se consacrer à l’hôtellerie de luxe.

Si l’on en croit les informations du Canard enchaîné, le 3 mars dernier, Sarkozy était persuadé que son ancien « collaborateur » serait obligé de renoncer, la manifestation du Trocadéro prévue deux jours plus tard n’étant qu’un baroud d’honneur. Il a donc contacté Alain Juppé en promettant de soutenir la candidature de ce dernier, à condition qu’il s’engage à prendre comme Premier ministre son petit protégé, le maire de Troyes François Baroin, ancien chiraquien pur sucre, devenu sarkosiste par opportunisme.

Mais le maire de Bordeaux réserve sa réponse. Dimanche matin, ne voyant toujours rien venir, Sarkozy s’énerve et entame cette fois les discussions avec François Fillon à qui il propose son soutien, à condition que ses proches en soient récompensés : Laurent Wauquiez à la tête du parti et François Baroin à Matignon. Il faut dire que Fillon est difficile à déloger après sa victoire aux primaires et alors qu’il a déjà fait main basse sur le trésor de guerre de LR dont il détient les cordons de la bourse…

François Fillon au Trocadéro, le 5 mars 2017 : quand même la pluie s’en mêle… (photo copyrigth AFP)

Toujours est-il que la présence des sarkozistes à la tribune du Trocadéro aux côtés de François Fillon a achevé de convaincre Alain Juppé que l’ex chef de l’État le mène en bateau et qu’il n’a pas d’autre solution que de se retirer. Et voilà pourquoi le comité politique des Républicains qui s’est tenu le lundi 6 mars en soirée s’est transformé en sacre du « repris de justesse », malgré sa mise en examen. Pour être honnête, il n’aurait d’ailleurs guère été plus moral de le remplacer par un Alain Juppé déjà condamné pour des faits d’emplois fictifs. Mais l’affaire a laissé des traces au sein de la Droite où certains ont montré plus de souplesse que d’autres pour suivre ces différents revirements successifs. L’enthousiasme des juppéistes et des centristes, dont l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, à soutenir le candidat LR finalement remis en selle, reste assez modéré, surtout au vu de la forte implication des grenouilles de bénitier de Sens Commun qui se sont très fortement mobilisées pour organiser la manifestation du Trocadéro et ce qui confirment l’ancrage très conservateur du programme de François Fillon.

Bien malin qui dira ce qu’il sortira de cette élection présidentielle. A défaut de rehausser le niveau de confiance et le respect que les Français peuvent légitimement accorder à leurs responsables politiques, au moins le spectacle et ses nombreux rebondissements auront-ils été à la hauteur de l’événement !

L.V.  

Croisière autour du monde : 18ème escale

12 mars 2017 by

Nos deux globe trotters à bord du Queen Elisabeth poursuivent leur périple autour du Monde depuis le port de Southampton. Après l’Amérique, l’Australie et la Papouasie Nouvelle-Guinée, les voila désormais au Japon pour une première escale à Okinawa.

Samedi 11 mars :

C’est sous une pluie battante que nous avons, ce matin, découvert Okinawa.

Vue du bateau, c’est une ville assez américaine avec de hauts immeubles. Notre excursion, juste après le déjeuner, nous a permis de nous faire une autre opinion de la ville, qui est, avouons-le, tres laide : maisons de bric et de broc, fils électriques emmêlés au dessus de nos têtes, circulation dense, rien de beau à se mettre dans l’œil !

Le jardin royal de Shikinaen sous la pluie…..

Une première visite au jardin royal : jusqu’au milieu du XIXe siècle en effet, l’île était indépendante du Japon avec des liens forts avec Taïwan. Le royaume s’appelait Ryukyu. Le jardin, qui faisait donc partie du palais royal, est superbe, avec un lac et des petits ponts …mais sous la pluie et dans la gadoue ce ne fut pas très drôle !

Ensuite nous avons continué vers le nord et découvert Ryukyu Mura : des maisons anciennes venues de toutes les parties de l’île ont été rassemblées là.

Le Tori qui, dans le Shintoïsme permet de passer du matériel au spirituel

On y voit les tatami, les cloisons en papier huilé, l’absence presque totale de meubles, avec la cuisine un peu à part (par crainte des incendies).

Fleurs de datura

Une végétation luxuriante nous rappelle que nous sommes en climat sub-tropical. Partout des fleurs, des dames en costume ancien avec le « obi » dans le dos… Bref, c’était charmant et nous y avons passé un bon moment, trop court malheureusement.

Entrée du Ryukyu Mura

Avec une musicienne locale

Une petite île artificielle posée sur deux barques

Un lion qui garde le foyer

Famille japonaise traditionnelle

Serpents confits dans l’alcool, présumés bons pour toutes les maladies !

Vers 19 h, le bateau a appareillé pour Kobe que nous atteindrons lundi.

Annie

Croisière autour du monde : 17ème escale

11 mars 2017 by

La croisière autour du monde de nos deux voyageurs à bord du Queen Elisabeth se poursuit. Après une escale en Papouasie Nouvelle-Guinée, ils s’approchent désormais du Japon.

Jeudi 9 mars :

Il y a quelque chose de magnifique sur ce bateau, ce sont les fleurs et plantes, toutes fraîches, qui sont disséminées partout !

Le fleuriste est un jeune Balinais que vous apercevez sur l’une des photos. Il refait une fois par semaine le gros bouquet en place dans le grand hall et c’est toujours superbe

Mais il a surtout la main verte pour les orchidées. Tous les bars sont fleuris d’orchidées dans des camaïeux de rose et de blanc. Je voulais en parler car c’est assez rare pour être signalé : en effet, nous avons connu des compagnies (je ne cite pas de nom, mais je pourrais le faire) où les fleurs, artificielles, se couvraient lentement de poussière, ce qui était assez laid !! C’est par des petits détails raffinés comme celui-ci que Cunard établit sa réputation.

Samedi, nous allons mettre le pied au Japon pour la première fois.

C’est aussi la première fois pour nombre de personnes sur le Queen. Nous sommes tous assez excités ! Cunard fait le maximum pour nous faciliter les choses : conférences quotidiennes illustrées de photos pour nous présenter les différents ports d’escale, liste de mots à connaître, de phrases toutes faites , de renseignements sur les mœurs du pays, sur son histoire ancienne ou récente etc….

Nous allons donc entamer la dernière partie de notre séjour, celle qui va nous faire connaître ou retrouver l’Extrême-Orient, puisque nous nous arrêtons non seulement au Japon mais aussi en Chine, au Vietnam et en Corée…

Comme d’habitude je vous tiendrai au courant, escale par escale, mais en attendant je bûche sur les guides !

Annie

Vinci victime d’un petit coup de mou : les zadistes en cause ?

9 mars 2017 by

L’affaire est déjà ancienne puisqu’elle s’est produite le mardi 22 novembre 2016. Elle avait alors fait la une de tous les médias et suscité de doctes interrogations de la part des plus brillants analystes boursiers, suscitant même l’intérêt du Canard enchaîné avant que ce dernier ne vienne fourrer son bec dans le cursus professionnel d’une certaine Pénélope Fillon.

Xavier Huillard, le PDG de Vinci

Ce jour-là, à 16h05, alors que Xavier Huillard, le PDG du géant du BTP (et heureux gestionnaire d’une bonne partie du réseau autoroutier français) Vinci, est en train de faire un beau discours devant la fondation de l’Ecole Polytechnique, un communiqué de presse est adressé à une poignée de journalistes et de sites économiques. L’agence de presse spécialisée Bloomberg relaie aussitôt l’information à destination des opérateurs boursiers.

Le message en question se présente comme un communiqué officiel du groupe Vinci et explique que le directeur financier du groupe, Christian Labeyrie, vient d’être limogé après la découverte d’erreurs comptables portant sur un montant total de 3,5 milliards d’euros, entraînant une révision des comptes consolidés de l’exercice 2015 et du premier trimestre 2016.

Le groupe Vinci, une véritable galaxie…

Immédiatement, la bourse s’enflamme et l’action Vinci dévisse, grâce à l’action zélée des automates de marchés qui vendent aussitôt à tour de bras sous l’effet de cette nouvelle alarmante. A 16h27, alors que les cotations venaient tout juste de reprendre après avoir été automatiquement stoppées pour éviter le désastre, un nouveau faux communiqué est diffusé, confirmant que des informations comptables explosives ont été dérobées au groupe. Le cours de Vinci poursuit alors sa dégringolade vertigineuse.

En quelques minutes, le cours de l’action a ainsi perdu 18 % de sa valeur, tombant de 61,81 à 49,93 euros. La valorisation du groupe est passée en moins d’un quart d’heure d’environ 36 milliards d’euros à 29 milliards, soit une perte quasi instantanée de plus de 7 milliards d’euros !

Le groupe Vinci finit par réagir et publie alors, à 16h49, un communiqué officiel sur son site pour démentir les deux précédents. Le cours de l’action remonte et clôture finalement la séance à 17h en baisse de 4 % seulement.

Une demi-heure plus tard, cet acte de sabotage boursier est revendiqué par un groupe de militants qui expliquent avoir agi en représailles contre la forte implication de Vinci dans le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, et pour quelques autres turpitudes du groupe de BTP sur certains de ses chantiers à l’étranger.

Bien entendu, une enquête est aussitôt ouverte par l’Autorité des marchés financiers, le gendarme de la Bourse. Elle met d’ailleurs rapidement en évidence que les communiqués étaient des faux grossiers, des « hoax » pour emprunter le jargon anglicisant du monde de la finance. Le premier émanait d’un domaine internet « vinci-group » loué auprès du gestionnaire de noms de domaines Gandi pour la modique somme de 22,50 € par un certain Thomas Moulaert qui avait fourni comme numéro de téléphone celui de la mairie de Roermond, paisible bourgade hollandaise.

Quant au contact indiqué sur le communiqué et qui était sensé correspondre au service de presse de Vinci, il s’agit d’un numéro correspondant à une carte prépayée issue d’un opérateur virtuel indien domicilié à Londres, mais bien sûr personne ne s’est donné la peine de vérifier tout ceci avant de diffuser l’information…

Trois mois plus tard, si l’on en croît un article récent du Monde, l’Autorité des marchés financiers n’est guère plus avancée même si de nombreux articles à travers le monde ont décortiqué en détail ce cas de figure remarquable de « hoaxcrash » qui consiste ni plus ni moins qu’en un simple canular téléphonique à 7 milliards d’euros. Un beau coup de maître mais qui n’est pas si rare que cela, puisque la presse spécialisée cite de multiples autres exemples assez comparables. La bourse n’est décidément qu’une vaste loterie soumis aux humeurs joueuses de certains…

Les transactions boursières qui ont été réalisées sur le titre Vinci pendant les quelques minutes de folie qui ont vu le titre jouer allègrement au yoyo ont bien évidemment été analysées à la loupe mais il semble bien que rien de particulier n’ait été décelé et tout semble donc désigner les zadistes de Notre-Dame des Landes comme les auteurs de ce canular, sans même qu’ils se soient enrichis au passage.

Un geste de militant donc, selon toute vraisemblance, comme celui de ces faucheurs de chaises qui se sont permis de faire main basse sur le mobilier de plusieurs agences bancaires de BNP Paribas, promettant de rendre les chaises à leur propriétaire dès lors que ce dernier rendra les milliards d’euros soustraits via l’évasion fiscale que cette banque pratique à grande échelle.

Opération réquisition dans une agence de BNP-Paribas (photo Attac)

En tout cas, la mésaventure du groupe Vinci aura au moins servi aux autorités boursières françaises à prendre conscience du risque et à prendre les mesures qui s’imposent. La plus spectaculaire d’entre elles consiste ni plus ni moins qu’à rappeler aux journalistes qu’il leur est conseillé de vérifier leurs sources face à de tels communiqués. Une démarche salutaire en effet. Vinci trouvera peut-être qu’il a payé un peu cher pour que son affaire débouche sur une telle recommandation qui est sans doute déjà largement enseignée dans les écoles de journalisme, mais manifestement le groupe Vinci cherche plutôt à faire profil bas après sa mésaventure largement médiatisée.

Qu’on se rassure cependant : à ce jour l’action du groupe est remontée à plus de 70 € et le chiffre d’affaire du groupe devrait s’approcher en 2017 des 40 milliards d’euros, pour un résultat d’exploitation qui a dépassé les 4 milliards sur l’exercice 2016. Le petit incident boursier du 22 novembre n’est donc qu’une péripétie sans importance pour le géant du BTP. Qu’est-ce 7 milliards d’euros de nos jours ? Cela représente tout juste le montant total de l’aide sociale à l’enfance qui est alloué chaque année sur l’ensemble du territoire national, une broutille !

L.V. 

KATULU ? N°52

7 mars 2017 by

Ce nouveau numéro du cercle de lecture Katulu ? affilié au Cercle Progressiste Carnussien vous emmène découvrir de nouveaux ouvrages en espérant vous faire partager ses coups de coeur et son plaisir de la lecture. Retrouvez l’intégralité des notes de lecture de l’ensemble de ces livres (katulu-n52). Si vous aussi vous avez envie d’échanger en toute convivialité autour de vos dernières lectures, venez nous rejoindre pour nos prochaines réunions !

 

Chanson Douce

Leila Slimani

« Chanson douce » ou le roman de la fracture sociale, élu Prix Goncourt 2016. Roman du conflit – universel- entre ambitions professionnelles et raisons familiales.

Faut-il apprendre à voir ? Faut-il apprendre à lutter contre l’indifférence, la désinvolture, la négligence, la passivité ? Faut-il oublier l’insouciance, la naïveté ?

Leïla Slimani (photo C. Hélie © Éditions Gallimard)

Un double infanticide ouvre le roman. Le genre de ce roman est donc un thriller  dans lequel le lecteur est réduit à remonter le temps, le décrypter, le décliner, l’analyser. Et ceci afin de comprendre cet horreur, ce malheur. Le lecteur est ainsi empoigné par la force de la pensée de l’auteur qui est derrière chaque page et opère une fascination troublante sur notre esprit.

Ce roman est le portrait glacial de notre société. D’un côté des petits bourgeois en quête de réussite sociale et devenant ainsi à leur insu patrons de petites gens à leur service. En effet la soumission, l’obéissance servile de Louise (la nourrisse) va plonger le couple qui l’emploie dans leurs habits de maîtres et peu à peu va glisser vers l’exploitation de l’homme par l’homme.

L’auteur trace selon une coupe chirurgicale parfaite chaque personnage. Le style est pareil à un stylet précis, sobre. Rien n’est en trop, chaque détail sert à l’intrigue, à la vérité de l’instant, chaque élément du décor sert à situer les personnages.

De ce roman se dégage une musique « douce » lancinante aux relents effroyables, effrayants. L’auteur nous tend un miroir qui nous laisse pétrifiés, sidérés, honteux face à cette fracture sociale que l’on ne veut pas voir, avec ses excès de maltraitance ou de condescendance des plus riches envers les plus démunis. Elle nous force à sentir le poids de cette solitude et la misère des plus démunis qui poussent toujours à la haine et au crime parfois.

Le mystère de Louise reste entier. La vérité de chacun reste une part inavouable ou inaccessible à l’autre. Cet instant où tout bascule reste notre « chanson douce » insondable.

                                                                                                           Nicole


Contrepoint

Anna Enquist

Le titre indique tout de suite le rapport avec la musique, « le contrepoint » étant la superposition de deux ou plusieurs lignes mélodiques. Pour les profanes en matière musicale, le contrepoint fait penser à notre petite musique intime secrète qui se cache en chacun de nous comme une doublure invisible.

Ce qui m’a paru intéressant dans ce roman, c’est le travail de captation du lecteur, et ceci dès la présentation du premier tableau : une femme devant un piano, un crayon à la main, face à une partition de Bach, « Les Variations Goldberg ». On se trouve tout de suite emporté dans la fusion des sentiments, des aspirations, des tensions de l’auteur. Son écrit devient musique et nous entraîne malgré nous dans cette confusion structurée des impressions et des volontés. On passe de la légèreté à la gravité, de la joie à la tristesse. On vit la musique.

L’auteur, Anna Enquist

On s’approprie à travers Bach, dans un grand dénuement et naturel, de la vérité d’une « femme » de l’enfant, de la « fille ». Le portrait est tout en anonymat et délicatesse. Le lecteur a été averti dès les premières pages du livre d’une perte, d’un vide, d’un traumatisme. On devine le drame, on vit la dévastation de cette femme qui adhère à cette philosophie dans laquelle le passé est ce qui est devant alors que l’avenir n’est que derrière avec cette force de l’imprévu.

La vie c’est recevoir une chose puis c’est aussi devoir y renoncer. Selon elle, dans la vie « tout arrive deux fois ». Il y a le tragique et la farce. Le tragique vous arrive comme une vague ensuite il y a la phase de farce, celle de l’observation et ce besoin de l’effort anesthésiant, ce besoin de travail pour chasser l’absurde.

Ce livre est un chemin, un apprentissage, un message initiatique, un viatique de l’au-delà. Il nous faut donc entendre ce Contrepoint -malgré nous- et pour notre gloire. Éternel Sisyphe que nous sommes !!! C’est un livre empreint de sensibilité, de simplicité dans l’expression des sentiments, sans doute une plongée dans la technicité de l’art ou seulement dans la curiosité de la découverte de ces Variations Goldberg.

Le lecteur peut aussi s’arrêter à cette leçon de justesse, délicatesse discrétion, dignité, ce chagrin parmi tant de poésie et croire en l’art qui sauve et retenir cette belle image de la fille « embrassée par des papillons ».

                                                                                                     Nicole

 

Dans la peau d’une djihadiste

Anna Erelle

Anna Erelle est journaliste ou plus exactement pigiste dans deux journaux parisiens. Chargée de rendre compte de ce que vivent les familles dont les enfants sont partis en Syrie, elle va  se faire passer pour une jeune fille convertie récemment à l’Islam sous le nom de Mélanie et prendre contact avec Daech par internet, ceci en accord avec la direction de son journal.

Elle va tomber de façon extrêmement rapide et facile par internet sur un chef djihadiste qui va la harceler, nuit et jour, la féliciter pour sa beauté, lui promettre très rapidement le mariage et la vie facile en Syrie en accord avec l’Islam, avec la soumission de la femme et évidemment la guerre contre les impies. Le livre détaille les relations en particulier par Skype que vont avoir cette pseudo jeune fille de 20 ans avec cet homme de 38 ans. Un départ en Syrie est organisé mais n’aboutira pas.

Cette expérience périlleuse a permis, de mettre en évidence la facilité avec laquelle Daech entre en contact avec des inconnus, les convainc de partir, avec des promesses qui ne reposent sur rien et un discours semi religieux, les incitant à surtout ne pas réfléchir, faire confiance à cet homme dont les promesses vont d’ailleurs évoluer en fonction du temps, laissant en particulier beaucoup d’approximations quant à l’arrivée en Turquie ou en Syrie, un voyage où les accueillants finalement ne sont pas là et pour lequel il faut trouver d’autres solutions de dernier moment. On imagine facilement le nombre de jeunes garçons ou filles qui ont dû se trouver particulièrement seuls, perdus et qui ont dû accepter n’importe quelles conditions de vie après leur départ de France.

Les services secrets français vont d’ailleurs pouvoir récupérer un certain nombre d’informations en particulier à propos de ce chef djihadiste français qui a été repéré dès 2003. Il s’en suivra des conséquences sur la vie d’Anna qui doit changer de journal, d’appartement et de domaine d’investigation. Une fatwa a été lancée contre elle (p. 249).

Un livre qui se lit très vite comme un thriller et qui met bien en évidence le rôle de première importance que jouent les réseaux sociaux auprès des jeunes prêts à vivre une aventure supposée les sortir de la morosité de leur vie, de leur non reconnaissance par leur entourage, répondant à des arguments finalement relativement peu convaincants pour des personnes adultes.

Comment lutter contre ces enrôlements que l’on sait très importants, quand on voit aujourd’hui qui sont les auteurs des attentats de ces deux dernières années ?

Cécile

 

Heureux les heureux

Yasmina Reza

Le titre « Heureux les heureux » évoque les huit Béatitudes du Sermon sur la montagne (Matthieu), formule reprise par Jorge Luis Borges « Heureux les aimés et les aimants et ceux qui peuvent se passer de l’amour. Heureux les heureux. »

Un roman choral, récompensé par le Prix littéraire français Le Monde 2013, qui emboîte les êtres et les histoires et qui aborde des sujets aussi universels que l’amour et l’amitié, la vie et la mort, le couple et la famille, le pouvoir, la filiation, la maladie…

L’auteur, Yasmina Reza

Il se présente sous forme de courts chapitres, chacun portant le nom d’un personnage. Les récits de la vie des personnages sont écrits à la première personne. Les décors sont des lieux quelconques comme un supermarché. C’est donc une comédie humaine contemporaine.

Les personnages, écorchés vifs se débattant avec la vie qui s’échappe, les rêves et les idéaux, la spiritualité. Ils sont plus ou moins liés les uns aux autres : ce sont des maris, des filles, des pères, des maîtresses, des épouses, des collègues. Ce sont dix-huit individus qui prennent la parole et donnent des points de vue différents sur certains des événements de leur vie

Les heureux de ce récit nous ressemblent. Ils racontent nos aptitudes aux affres : s’ennuyer, subir, s’affronter, se tromper, blesser, déchaîner son sadisme. Dans de telles occupations quotidiennes, difficile de trouver son bonheur ! Ces « heureux » sont des tourmentés.

Ainsi, en plein XXIe siècle, seul, en famille, avec amant, maîtresse, même pourvu de smartphone, l’Homme est inexorablement seul.

                                                                                                           Antoinette

 

Parler d’amour au bord du gouffre

Boris Cyrulnik

C’est un essai dont le thème est la résilience, soit la capacité de chacun, à tout âge, à surmonter les épreuves et à se remettre des traumatismes. Il décrit et analyse des cas de résilience adulte, expliquant l’incidence de ces histoires de vie sur le couple et la fonction parentale. La démonstration est ainsi faite de la possibilité de surmonter de graves blessures affectives et d’entreprendre le « travail de revivre ».

L’auteur, Boris Cyrulnik

C’est un ouvrage qui nous concerne et qui nous instruit en donnant des éléments de réponse aux questions sur notre propre vie, sur celles de nos proches. Il éclaire certains de nos comportements. Il donne de l’espoir en nous montrant qu’il n’y a pas de fatalité, pas de déterminisme. Penser le traumatisme nous amène à comprendre qu’un être meurtri n’est pas condamné à le rester.

La résilience permet de surmonter les épreuves, à tous les âges et dans tous les domaines de la vie. La résilience est en effet liée à l’amour, l’amour permet la résilience, et la résilience permet l’amour, c’est ce lien qui lui donne sa valeur salvatrice. L’amour apparaît comme le remède !

L’intérêt de de ce concept faisant appel à plusieurs disciplines (psychiatrie, neurologie, psychologie, éthologie) permet de montrer les fondements biologiques, physiologiques de nos comportements. Ainsi, la résilience qui préconise de donner une représentation au traumatisme en le remaniant par des images ou des mots, a un effet concret sur notre cerveau, sa « reconfiguration » pouvant être observée par l’imagerie médicale.

                                                                                                           Antoinette

 

A l’ombre des cerisiers

Dorte Hansen

Au « Vieux Pays », en 1945, dans une campagne de Prusse occidentale, entre l’Elbe et la mer : on y parle encore le Platt, sorte de vieil allemand. Les protagonistes : Ida Eckhoff, veuve et propriétaire terrienne, Karl Eckhoff, son fils, revenu de la guerre, la jambe raide et l’esprit dérangé, Hildegarde von Kamcke, musicienne, veuve et réfugiée Prusse orientale, Vera von Kamcke, ses deux filles et Anne sa petite fille.

C’est une arborescence humaine à laquelle répondent les hautes silhouettes des cerisiers et des pommiers dans les champs. La composition évoque le style de Bruegel l’ancien, peintre de froidure rythmée de groupes humains plongés dans des historiettes qui s’interpénètrent et se répondent en un grand souffle vital.

L’auteur, Dorte Hansen

Généalogies de femmes ancrées à la terre : on les en prive, elles meurent comme Ida qui se pend dans sa grange. Ou encore, elles s’échappent de cette gangue pour y revenir âpres, taiseuses mais plus fortes car il faut se protéger face au futur instable. Souvent épousées pour leurs biens, elles protègent leur nichée et leurs hommes travaillent dur pour perpétrer les traditions.

Anne, la petite fille, mère célibataire, revient au village pour trouver un sens à sa vie et la sécurité pour son enfant Léon. Elle restaure l’antique construction ; c’est son havre, son ancrage… peut-être le vrai sujet du récit,  annoncé dès la première page : « la maison gémissait, elle ne sombrerait pas. Son toit hérissé tenait bien sur ses poutres. Les intempéries avaient altéré l’inscription du pignon … écrite en Platt : MIENNE EST CETTE MAISON ET PAS TANT MIENNE, QU’APRES MOI LA DIRA AUSSI SIENNE.

La transmission et l’intégration se sont réalisées en trois générations. La maison est, vivra… Le petit Léon y grandira dans la joie et la tendresse de sa mère et de sa grand-tante.

Roselyne

 

Le grand marin

Catherine Poulain

Un livre envoûtant : vous embarquez avec Lili et vous ne décrochez plus.

« Il faudrait toujours être en route pour l’Alaska ; mais y arriver à quoi bon…. Je ne veux plus mourir d’ennui, de bière, d’une balle perdue. De malheur. Je pars. » Ces deux lignes résument cette expérience de vie : tout quitter, se plonger dans une autre vie, pour ne pas mourir ou pour renaître ?

L’auteur, Catherine Poulain

Alors c’est Kodiak en Alaska « Je voudrais qu’un bateau m’adopte » : ce sera le « Rebel ». Il va falloir faire ses preuves. C’est la découverte des hommes, ceux qui embarquent, qui sentent la bière, chiquent du tabac, crachent, peignent la ville en rouge (ça veut dire aller se cuiter). C’est la tournée des bars, des bordels où les indiennes attendent… C’est le « shelter » l’asile de nuit, abri du frère Francis, quand on n’a pas d’argent pour l’hôtel…

A chaque retour de pêche l’auteur nous replonge dans l’atmosphère glauque du port, un monde déglingué qu’elle fait vivre avec force par des portraits saisissants des hommes à la dérive qui ne se révèlent que lorsqu’ils affrontent la mer. Et on ré-embarque, pêche à la morue noire, pêche au flétan.

Une expérience physique et mentale, d’une rudesse hors du commun pour celle que les hommes appellent « le moineau », qu’elle raconte dans un style simple, clair, sans pathos (et pourtant cela serait tentant), avec une fluidité et un certain suspens qui vous prend et vous emmène jusqu’au bout… au bout du livre, au bout de l’interrogation sur le sens de la vie !

Et puis il y aura le « grand marin », le temps d’une saison… Chacun repart de son côté. Le temps des « attaches » est passé…

Après 10 années passées dans le Grand Nord, l’auteur vit entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc : bergère, ouvrière viticole… Libre.

Marie-Antoinette

 

L’amie prodigieuse

Elena Ferrante

Dans un quartier pauvre de Naples, vers 1950, deux amies d’une dizaine d’année, Elena dite Lunù et Raphaela dite Lila, sont de brillantes écolières poussée par la maîtresse Madame Oliviero vers des études plus évoluées. La famille d’Elena accepte, celle de Lila, pourtant plus douée, refuse.

Sur fond d’histoire de quartier coincé entre talus et voie ferrée, parlant encore le patois napolitain, mêlant travail, mafia, scandales locaux, dettes et adultères, les fillettes vont fonctionner comme des vases communicants : Lila, plus dynamique, insuffle sa hargne et son génie à son amie jusqu’à un arrêt brutal dû à la nécessité de venir en aide à son frère Rino et son père le cordonnier Fernando Cerullo.

L’auteur, Elena Ferrante

Leur route se sépare. Lila est le point de départ d’une création d’entreprise de chaussures pour laquelle elle accepte d’épouser un riche jeune voisin et camarade d’enfance. Lenuccia continue jusqu’au bac, voire plus loin, comme elle le promet à son amie.

Certains épisodes comme l’expédition des jeunes du quartier vers le centre de Naples et leur rencontre violente avec des jeunes des « Beaux Quartiers » laissent supposer une suite bouillonnante de tensions sociales ou psychologiques.

Ce premier tome se termine par le mariage de Lila, selon les traditions méridionales où les plus pauvres se ruinent pour paraître. Richesse des histoires familiales qui s’entrecroisent en fresque populaire. Subtilité d’approche d’une amitié d’enfance oscillant entre la rugosité et la grande tendresse.

Un livre plein de clarté et de fluidité, agréable à lire. Une saga populaire. Les suites : « Le nouveau nom », « Celle qui reste et celle qui fuit ».

Roselyne

 

Manderley for ever

Tatiana de Rosnay

Ce livre débute par la première phrase du roman de Daphné du Maurier « Rebecca » : « j’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley ». Il y a des lectures qui peuvent vous marquer à jamais. C’est sans doute ce qui a eu lieu pour l’auteur lorsque sa mère lui offre « Rebecca », une révélation pour la petite fille de 12 ans : « je voulais déjà être romancière, j’étais possédée ».

L’auteur, Tatiana de Rosnay

Certaines scènes de ce roman restent en mémoire et font vivre Daphné loin des clichés de l’époque. Elle qui ne comprenait pas pourquoi elle avait un nom français se réfugie dans un pays imaginaire, se créant un double masculin qui lui permet d’exprimer ses instincts de garçon manqué : Menabilly le manoir abandonné auquel elle redonna vie, qu’elle habitera pendant plus de 20 ans et qui lui inspirera le château de Rebecca, ses amours féminines sensuelles ou platoniques qui ne l’empêcheront pas d’être profondément amoureuse de son mari.

Sous la plume de Tatiana de Rosnay, Daphné devient un personnage de roman « mais tout est absolument vrai je n’ai rien inventé ». Elle a rencontré les enfants et petits-enfants de la romancière, elle a lu tous ses livres, elle est allée à Mayfair, à Hampstead, à Meudon en Cornouailles. Elle a noué des liens d’amitiés avec Tessa une de ses filles qui lui a confié des lettres échangées avec sa mère. Elle y a découvert la facette méconnue de la romancière qu’on disait froide et préférant son fils.

L’auteur rend un vibrant hommage à Daphné qui l’a fascinée pendant son enfance et dont le parcours a guidé le sien au point d’avoir surnommé son bureau Manderley. Après cette lecture j’ai évidemment lu « Rebecca » qui m’a enchantée. Je vous recommande ces deux livres.

Suzanne

The Heir (l’héritier)

Vita Sackville West

Victoria Sackville West, dite Vita, naît en 1892 au château de Knole dans le Kent, d’une famille noble et très riche. « Poétesse, romancière, essayiste, biographe, traductrice, et….jardinière », c’est dire qu’elle s’intéressait à tout !

En 1913 elle a 21 ans et épouse Harold Nicolson. Ils resteront unis jusqu’à la fin en un mariage improbable, chacun d’eux se revendiquant comme bisexuel. Son mari fait de la politique, il est ministre de Churchill durant la seconde guerre mondiale. Le couple voyage beaucoup, au Moyen-Orient en particulier.

Victoria Sackville West

En 1928, à la mort de son père, la loi anglaise qui exclut les filles, l’empêche d’hériter du château de Knole. C’est un traumatisme pour la jeune femme et plusieurs de ses romans traiteront de l’amour que l’on peut éprouver pour un lieu, amour aussi puissant, plus puissant peut être, que celui que l’on a pour une personne.

Vita commence à écrire en 1919, alors qu’elle a 27 ans : 15 romans, des poèmes, deux recueils de nouvelles composent son œuvre qui la relie au groupe d’écrivains britanniques dit « de Bloomsbury » auquel appartient aussi Virginia Woolf. Vita décrit ce qu’elle connaît, c’est à dire l’aristocratie, la vie dans les grands manoirs à la campagne, l’amour des plantes, des chiens, des jardins.

Ses romans, souvent très courts, parlent de la mélancolie, du ciel anglais en été (il fait presque toujours beau dans ses histoires !) et montrent un profond amour de l’Angleterre. Un style fluide, des intrigues simples avec des personnages bien typés, c’est un régal pour qui est amoureux de l’Angleterre et de ses ciels changeants, des thés sur des pelouses verdoyantes, des parties de cricket disputées par des gentlemen tout de blanc vêtus.

Les dernières années d’une vieille femme sont évoquées dans « All passion spent » (toute passion abolie, 1931). « Grand canyon » composé en 1942 est le seul essai de Vita en science fiction. Elle y imagine les USA envahis par les Nazis. Enfin, son dernier ouvrage, qui paraît juste avant sa mort en 1961, « Escales sans nom » (No signposts in the sea) évoque ses voyages avec son mari entre les deux guerres.

Annie

 

JESSIE

Stephen KING

Gérald Burlingame, avocat réputé à Portland (État du Maine, États-Unis) et son épouse, Jessie, de son nom de jeune fille Mahout, forment un couple depuis une vingtaine d’années. Ce ne devait être qu’un simple jeu sexuel, comme les affectionnait Gérald, dans leur maison de campagne au bord du lac Kashwakamak, agrémentant le petit séjour tranquille.

L’auteur, Stephen King

Jessie se retrouve donc menottée, à la tête du montant du lit « dont les chaînes lui laissaient quinze centimètres de mou. Pas beaucoup de liberté de mouvement ».Jessie cherche vainement à faire comprendre à Gérald que ce petit jeu ne lui convient pas et qu’il la libère de ces menottes. Mais Gérald ne veut rien entendre.

Jessie prise d’une rage soudaine, lui porte deux violents coups de son pied droit et de son talon gauche. Gérald pousse un hurlement et bascule au sol, raide mort. Isolée au milieu de nulle part, nue et menottée, Jessie lutte contre ses peurs qui semblent la mener vers la folie…

Un chien errant, affamé, s’offre un festin de choix en consommant Gérald et plus tard une ombre se glisse dans la pièce et observe Jessie. Celle-ci croit voir le fantôme de son père décédé. En réalité cette silhouette est bien plus inquiétante et redoutable.

Un « huis clos » hallucinant, des scènes d’un réalisme et d’une telle intensité dramatique (mais non dépourvue d’humour) qu’il nous semble « lire un film ».

Ghislaine

Le mystère Henri Pick

David Foenkinos

« Les dernières heures d’une histoire d’amour », manuscrit signé Henri Pick est trouvé dans « la bibliothèque des livres refusés ». Ce secteur original fut crée à Crozon, en Bretagne, par Jean-Pierre Gourvec, veuf et introverti, bibliothécaire d’un très petit village au fin fond du Finistère qui apprend qu’à Vancouver existe la « Brautian Library » pour les ouvrages refusés par les éditeurs.

L’auteur, David Foenkinos

Sa mort n’éteint pas son action qui végète cependant, jusqu’à la visite impromptue d’une jeune éditrice originaire de Crozon. Elle y découvre ce manuscrit qu’elle fait publier avec grand succès mais… qui en est l’auteur réel ? Commence alors un jeu de piste socio-littéraire.

Subtilement, c’est une histoire de mise sous presse avec en broderie romanesque le cheminement d’auteurs malchanceux et de journalistes accros.

Très amusant, voire édifiant.

                                                                                                           Roselyne

 

 

 Un été avec Montaigne

Antoine Compagnon

Une quarantaine d’extraits choisis dans « Les essais » de Michel de Montaigne, sont commentés par Antoine Compagnon, professeur au Collège de France.

L’auteur, Antoine Compagnon

Ces quarante chapitres, concis et vifs, sont issus de petites interventions qui lui avaient été commandées par France Inter pour une émission littéraire. Cela sent encore le commentaire parlé, dans un style alerte ; les sujets, clairement listés dans la table des matières, sont commentés et émaillés de longues citations du philosophe bordelais.

On reste ébloui de se re-souvenir : Montaigne…quel écrivain ! Sur tous les plans, c’est un plaisir délicieux.

Roselyne

 

L’Absente

Lionel Duroy

Ce récit autobiographique commence par un départ vers l’espoir d’un renouveau : Augustin, quelque peu déboussolé par sa famille et son enfance veut retourner en Bretagne. Il espère y retrouver quelque chose de sa vie qui l’attacherait, qui ferait qu’à cet endroit il aurait du plaisir à se tenir, nourri de ce souvenir.

En fait le but de ce voyage c’est d’aller sur les traces de sa mère dont il veut comprendre le caractère, la vie, les causes de sa dépression. Une mère qu’il a détestée toute son enfance. Mais réflexion faite et n’ayant pas retrouvé l’auberge qu’il cherchait, il se souvient que la route de Verdun était somptueuse et change de direction en pleine nuit pour aller à Sainte-Menehould.

L’auteur, Lionel Duroy

Le roman est ce voyage en voiture, une espèce de fuite en avant d’un homme seul, malheureux mais voulant renaître, dormant dans des hôtels simples, attaché à ses deux vélos comme on aime ses enfants, écrivain reconnu qui rencontre même un amour en chemin.

A travers ce livre l’auteur montre aussi combien la lecture et l’écriture ont eu pour lui un rôle salvateur : « je m’en suis sorti enfant parce que je me suis mis à habiter mes livres ». Il s’échappe de la vie quand déprimé elle lui devient insupportable : il va vers un nouveau lieu ou dans un nouveau livre ! Concordance entre le livre et le lieu de refuge. « L’Absente » traduit bien ce lien : c’est un parcours nécessaire à sa survie intellectuelle et psychologique !

« Écrire des choses que nous portons tous plus ou moins en nous mais que nous ne parvenons pas à exprimer, des choses que nous préférons taire parfois ». « J’écris ce que je dois écrire au moment où le livre s’impose à moi, au moment où il est prêt à venir, et je me moque de savoir si c’est un roman ou autre chose ».

                                                                                                           Josette J.

Croisière autour du monde : 16ème escale

6 mars 2017 by

Nos deux globe trotters en vadrouille autour du monde à bord du Quenn Elisabeth viennent de quitter les côtes australiennes pour aborder en Papouasie Nouvelle-Guinée.

La côte au lever du soleil. Quel calme !

La côte au lever du soleil. Quel calme !

Dimanche 5 mars :

Nous sommes aujourd’hui à Alotau au sud-est de la Papouasie Nouvelle-Guinée. Vous aurez observé que cette escale n’était pas au programme au début. Il va y avoir une seconde escale rajoutée, celle de Kochi au Japon le 19 mars. Elle remplace la journée de mer. Le reste de la croisière ne devrait pas subir de modifications.

La chaleur équatoriale, c’est comme si on vous jetait une couverture chaude et humide sur le corps ! Personnellement, je déteste. Les couleurs sont comme brouillées par la brume omniprésente, tout effort vous fait transpirer, et quand on inspire on a le sentiment d’ingérer de l’eau !

Cérémonie de bienvenue devant le bateau

Cérémonie de bienvenue devant le bateau

C’est ce genre de sensation qui nous a accueillis au sortir de l’atmosphère agréable du bateau. Après avoir assisté à la danse de bienvenue des guerriers, nous avons trouvé un minibus un peu délabré mais, oh miracle, avec l’air conditionné !

Nos guides locaux et deux jeunes anglais avec qui nous partageons le taxi

Nos guides locaux et deux jeunes anglais avec qui nous partageons le taxi

On a fait une balade de 3 heures, avec deux jeunes anglais qui travaillent dans la salle des machines à bord.

Un bain sur une plage oubliée de tous

Un bain sur une plage oubliée de tous

On a pu voir une plage comme avant la venue de l’homme blanc, admirer la vue magnifique sur la végétation du sommet d’une colline (les arbres sont très beaux : palmiers à huile ou à noix de coco, bananiers, lianes de toute sorte…).

Puis un arrêt à un petit marché artisanal où nous avons vu des bois sculptés assez beaux.

Enfin repos à l’ombre dans l’un des deux « hôtels internationaux » comme dit fièrement notre guide Cécilia, et retour à la cabine ou une bonne douche suivie d’une sieste nous remet en forme !

Un jardin de rêve au bord de la mer

Un jardin de rêve au bord de la mer

Enfants costumés

Enfants costumés

Petit marché artisanal : bois sculptés, sacs en tricot, les inévitables casquettes, sarongs etc...

Petit marché artisanal : bois sculptés, sacs en tricot, les inévitables casquettes, sarongs etc…

Barques dans le port d'Alotau

Barques dans le port d’Alotau

Au fond de la baie notre bateau

Au fond de la baie notre bateau

Quand on revient d'excursion, c'est la reine elle-même qui nous accueille !

Quand on revient d’excursion, c’est la reine elle-même qui nous accueille !

A 5 heures nous partirons plein nord pour atteindre l’archipel japonais dans sa partie la plus méridionale, au niveau de l’île d’Okinawa.

Annie

La croisière s’enfume !

5 mars 2017 by

Alors que nos deux globe-trotters parcourent le monde depuis début janvier à bord du luxueux navire de croisière Queen Elisabeth, voila qu’en France, certains se mettent à tousser au vu de l’impact environnemental de cette industrie touristique en plein essor. C’est ainsi que l’émission Thalassa, dans son édition du 20 janvier 2017, s’efforçait de dévoiler « le prix du rêve » des bateaux de croisière.

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Un petit pavé dans la mare de l’industrie touristique des croisières de luxe à bord de véritables immeubles flottants, alors que cette activité florissante et lucrative est en plein essor. En 2016, ce sont plus de 25 millions de passagers qui ont ainsi sillonné les mers du globe à bord de ces gigantesques usines à touristes, un chiffre qui a doublé en 10 ans et qui ne cesse d’augmenter !

L'épave du Costa Concordia, le 22 janvier 2012 (photo © P. P. Cito  /SIPA/ AP)

L’épave du Costa Concordia, le 22 janvier 2012 (photo © P. P. Cito /SIPA/ AP)

Pourtant, l’envers du décor incite à la réflexion comme le dénonce, non seulement ce documentaire de Thalassa, mais bien d’autres, qui pointent une industrie sans scrupule profitant largement de la captivité de sa clientèle et offrant à son personnel des conditions de travail parfois peu enviables. Même le panache de l’équipage en a pris un coup depuis l’épopée peu glorieuse du capitaine du Costa Concordia qui s’était ridiculisé devant le monde entier après avoir non seulement échoué son paquebot géant le long du littoral toscan mais ensuite pris la fuite alors même que l’évacuation des passagers venait tout juste de commencer, un naufrage spectaculaire qui avait fait 32 morts et fortement terni l’image de la compagnie Costa Croisières.

Mais les critiques les plus vives envers l’industrie des croisières de luxe portent surtout sur leur impact environnemental. Ces énormes usines flottantes chargées de milliers de touristes provoquent en effet sur certains lieux fragiles du globe, et en particulier des archipels isolés et relativement préservés, une pression fortement préjudiciable. Et c’est aussi la pollution atmosphérique provoquée par ces immenses paquebots dans leurs ports d’escale qui est de plus en plus pointée du doigt.blog404_phmarseille

On a vu notamment la journaliste de Thalassa, Sophie Rolland, s’intéresser à la qualité de l’air de Marseille, premier port de croisière en France qui accueille désormais chaque année 500 paquebots et 1,7 millions de croisiériste : une manne pour le commerce local et une source non négligeable de pollution en particules fines. Sur le quai où sont amarés les bateaux de croisière qui laisent tourner en permanence leurs moteurs pour assurer la climatisation à bord, les reporters de Thalassa mesurent ainsi plus de 100 000 particules fines par cm³ d’air, cinq fois plus que devant la gare Saint-Charles qui n’est pourtant pas réputée pour être un havre d’air pur !

blog404_phfootingSur le pont supérieur du navire, là où les passagers restés à bord font leur footing quotidien, la teneur en particules fines s’avère même encore 3 à 4 fois supérieure à celle mesurée sur le quai…

L’affaire n’est pas nouvelle, comme le rappelle un article de Marsactu qui évoque l’alerte lancée en 2015 par l’association France Nature Environnement, affirmant qu’un bateau de croisière pollue autant l’atmosphère qu’un million de voitures ! De fait, une étude menée de 2010 à 2013 sur cinq villes méditerranéennes dont Marseille, dans le cadre du projet européen APICE, avait permis de mieux quantifier l’impact de ces bateaux de croisière sur la qualité de l’air de ces villes. A Marseille, l’organisme en charge de la surveillance de la qualité de l’air, Airpaca, estime que cette contribution est globalement de l’ordre de 5 % mais elle est bien évidemment très supérieure à proximité des installations portuaires.

Système d'alimentation électrique des navires de la Méridionale, quai d'Arenc (photo © : E. Bonibi)

Système d’alimentation électrique des navires de la Méridionale, quai d’Arenc (photo © : E. Bonibi)

Une amélioration importante a pourtant été apportée en 2016 grâce à l’installation de bornes électriques permettant d’alimenter à quai les trois navires de la Compagnie méridionale de navigation lors de leurs quelque 500 escales annuelles en provenance de Corse. Le système est encore en phase de test et il faudra attendre cet été pour vérifier qu’il suffit à assurer les besoins en climatisation pendant la durée des escales…Il ne pourrait en tout cas pas être étendu aux immenses paquebots de croisière tant la consommation de ces derniers est considérable.

D’autant que l‘investissement n’est pas négligeable puisqu’il s’élève à 4,4 millions d’euros dont 1,5 apporté par le Grand port maritime de Marseille et 1,7 millions par des subventions publiques de l’État, de la Région, de l’ADEME et du FEDER. Mais cela devrait permettre d’éviter une pollution atmosphérique équivalente, pour chacun des trois navires, à 3 000 véhicules chaque jour pour ce qui est des particules fines et 65 000 véhicules/jour pour les oxydes d’azote. On respire déjà mieux !

L'Harmony of the seas en escale à Marseille (photo © D. Leriche pour Nice Matin)

L’Harmony of the seas en escale à Marseille (photo © D. Leriche pour Nice Matin)

Il n’en demeure pas moins que les autres navires de croisière monumentaux qui fréquentent quotidiennement le port de Marseille restent de gros pollueurs. Le mastodonte « Harmony of the seas », avec ses 362 m de long et ses 72 m de hauteur (l’équivalent d’un immeuble de 20 étages) brûle ainsi à lui-seul 250 000 litres de fuel lourd chaque jour !

Certaines compagnies commencent déjà à équiper leurs navires de « scrubbers » qui permettent de débarrasser les fumées de leurs émissions sulfurées les plus nocives (oxydes de soufre), ne serait-ce que pour respecter la réglementation européenne qui vient de se durcir, mais il s’agirait d’aller plus loin en s’attaquant également aux particules fines, aux oxydes d’azote et au gaz carbonique émis. En attendant, le port de Marseille lance une étude de faisabilité concernant l’installation éventuelle de « scrubbers mobiles », des sortes de gigantesques hottes aspirantes montées sur barges flottante et qui viendraient se positionner le long des navires à quai pour retraiter leurs fumées et retenir les éléments les plus polluants.

Système mobile de traitement des fumées à Los Angeles (photo © D. R.)

Système mobile de traitement des fumées à Los Angeles (photo © D. R.)

De tels systèmes mobiles sont d’ores et déjà déployés dans le port de Los Angeles et pourraient servir d’exemple. A terme, la solution la plus raisonnable serait cependant que l’ensemble des navires de croisière s’équipent pour fonctionner au gaz naturel liquéfié nettement moins polluant. Cette technologie permet en effet d’éliminer presque entièrement les rejets d’oxydes de soufre et d’azote, tout en réduisant de moitié les émissions de particules fines et d’un tiers celles de CO2. Certaines compagnies commencent à mettre en chantier de tels navires et Marseille se prépare déjà à les accueillir en aménageant une plateforme d’avitaillement grâce au terminal méthanier de Fos-sur-Mer.

Tout indique donc que le port phocéen s’installe durablement comme escale de ces usines flottantes à touristes, même si beaucoup préféreraient envisager un mode de développement un peu moins artificiel. Espérons du moins que la technologie de ces mastodontes des mers évoluera assez vite avant que l’air de la Cannebière ne devienne définitivement irrespirable…

L.V.  lutinvert1small

Croisière autour du monde : 15ème escale

4 mars 2017 by

La croisière autour du monde à bord du Quenn Elisabeth se poursuit, avec des nouvelles de la Grande barrière de corail où nos deux correspondant viennent de jeter l’ancre après une escale à Brisbane, en Australie.

Plage artificielle en ville : un mur la sépare de la haute mer en protection contre les crocodiles d'eau salée

Plage artificielle en ville : un mur la sépare de la haute mer en protection contre les crocodiles d’eau salée

Jeudi 2 mars :

Cairns est une ville moyenne de 160 000 habitants située au bord de la mer sur une plaine basse et marécageuse. C’est le domaine du « crocodile d’eau salée » un animal beaucoup plus dangereux que les crocodiles d’eau douce. Une bonne partie des rives de Cairns sont d ailleurs souvent interdites à la baignade.

Cairns est à 2 200 km au nord de Sydney. La ville exporte des minerais et du sucre, avec des plantations de canne dans toute la région. Mais sa plus grande richesse reste le tourisme. La ville jouit d’un climat tropical chaud qui permet de profiter de la nature 12 mois par an.

Arrivée des touristes dans cette banlieue de Cairns

Arrivée des touristes dans cette banlieue de Cairns

Enfin, il y a la grande barrière de corail ! Elle s étend sur 2 600 km au large de Cairns et remonte jusqu’à la pointe la plus au nord de l’Australie. Elle couvre une superficie totale de 350 000 km2, soit presque autant que l’étendue d’un pays comme l’Allemagne, par exemple, qui couvre 357 000 km2!

La barrière est constituée de coraux de centaines d’espèces différentes. Certains sont juste sous la surface de l’eau, d’autres sont beaucoup plus profonds. La barrière abrite de tès nombreuses espèces vivantes : algues, fruits de mer, étoiles de mer, méduses…

Demain vendredi, je vais aller retrouver ce milieu marin exceptionnel que j’ai déjà vu il y a une dizaine d’années et qui m’a laissé un souvenir ébloui…

Embarquement sur le catamaran vers la barrière de corail

Embarquement sur le catamaran vers la barrière de corail

Vendredi 3 mars :

Il a plu toute la journée à Cairns ! Le déluge ! De ces pluies tropicales d’eau chaude, caractéristiques de cette région. C’est que la saison des pluies n’est pas terminée…

Robert, qui n’aime pas beaucoup l’eau, est allé se balader à Cairns pendant que j’allais revoir les récifs coralliens que j’avais déjà vus il y a une dizaine d’années. J’avais un peu peur de ce que j’allais trouver : on parle tellement de destruction de ces coraux par l’homme, du fait de la surexploitation touristique et en raison du réchauffement climatique…

Eh bien, bonne nouvelle ! Les coraux sont apparemment en bonne santé, colorés, variés en formes et en couleurs.… Par contre, alors qu’il y a 10 ans les poissons pullulaient tot autour, aujourd’hui il y en a, bien sûr, mais beaucoup moins nombreux. Est-ce dû à la saison ? Je ne sais pas !

En tous cas, ce fut une journée superbe. Arrivés sur le récif vers 11 h, on a pris pied sur un ponton flottant de 55 m de long où on a pu se mettre en maillot et récupérer notre équipement, palmes, masque et tuba. Pour ceux qui le voulaient, il y avait des combinaisons de plongée mais je m’en suis passée !

Les coraux sont au maximum à 2,30 m de la surface. Il suffit donc de nager le masque dans l’eau pour admirer des jardins sous marins dignes de « la petite sirène » d’Andersen !

Un bateau à fond de verre nous a transportés un peu plus au large et nous avons pu voir un coquillage géant, de ceux qu’on appelle benitiers, et même une belle tortue à la carapace presque dorée qui nous a croisés sans aucune crainte.

On nous a ensuite servi un bon déjeuner avec de délicieuses crevettes et nous n’avons regagné « notre Queen » qu’à 5 heures de l’après midi.

Samedi 4 mars :

Aujourd’hui il fait très beau, la mer est d’huile…

Demain nous allons voir les cannibales de PNG (Papouasie Nouvelle-Guinée). Vous pensez que je plaisante mais la guide nous a dit très sérieusement que cette coutume était encore pratiquée dans les zones reculées !

C’est promis, nous ne quitterons pas le bord de mer… et puis on n’a pas trop peur, on se dit qu’on est un peu trop vieux pour leur faire envie ! De plus ils n’aiment pas la viande blanche paraît-il…..!

Annie

Croisière autour du monde : 14ème escale

1 mars 2017 by

Nos deux croisiéristes à bord du Queen Elisabeth poursuivent leur périple autour de l’Australie : après une escale à Sydney, les voici désormais à Brisbane.

 Nos deux reporters sous un « arbre bouteille » qui aurait plu à Botero !

Nos deux reporters sous un « arbre bouteille » qui aurait plu à Botero !

Mardi 28 février :

Brisbane est une ville de 2 000 000 d’habitants, située au bord du fleuve Brisbane (du nom d’un gouverneur des Nouvelles Galles du Sud).

L’Australie est composée de 6 états : Western  Australia, Northern territory, Queensland, New South Wales, Victoria, South Australia, plus la Tasmanie au sud. A Sydney, nous étions dans les Nouvelles Galles du Sud. A Brisbane, nous voila dans le Queensland.

C’est un pays plat, où les colons s’installèrent dès 1842. La tribu des Turball, venue du détroit de Torres, nommait la ville Mian Jin.

Le plus grand hôtel de la ville dans un bâtiment victorien

Le plus grand hôtel de la ville dans un bâtiment victorien

Nous n’avons pas prévu d’excursions et allons nous balader au gré de nos envies. Il faudra être de retour pour 18 h, le départ étant prévu à 18 h 30.

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blog402_phgrattecielUne petite balade sur le fleuve nous a permis d’admirer l’architecture ultra moderne de la ville, avec des gratte-ciel tout en verre dignes des USA.blog402_phguerre

 

Le monument aux morts des deux guerres mondiales mérite le coup d’œil : c’est émouvant d’y lire comme lieux de bataille La Somme, Amiens…

 

 

 

Mercredi 1er mars :

Nous voici de nouveau au large : deux jours de mer nous attendent pour atteindre Cairns et la grande barrière de corail….

Je vais profiter de ces deux jours de mer pour vous parler un peu de la nourriture sur le bateau. Au 9ème il y a le Lido : il est ouvert presque 24 h sur 24. Le matin, il fait le petit déjeuner sous forme de buffet, plus copieux que je ne saurais dire ! A midi, il sert le déjeuner toujours en buffet et toujours très bon. A 4 h il sert le the à l’anglaise avec scones, crème fouettée et confitures, petits sandwiches au pain de mie fourrés au saumon, concombre (très british !). Le soir, dîner buffet et, avec supplément d’environ 18 dollars, repas typiques changeant tous les soirs : indien, mexicain, chinois…

blog402_phlido

Un stand « pizza » existe aussi. Votre pizza est préparée devant vous et vous en choisissez les ingrédients. Ce n’est pas mauvais mais un peu fade car sans thym, ni romarin, ni huile d’olive ! A éviter si on aime la vraie pizza comme à Naples !

blog402_phbritanniaAu 2ème et 3ème (sur deux niveaux donc), le Britannia vous accueille pour un petit déjeuner servi à table (sympa mais un peu long) et un déjeuner idem. Le soir, nous y avons notre table réservée  depuis le début du voyage. Un repas de 3 plats, service grand style, sommelier, musique d’ambiance… Le grand chic, quoi !blog402_phannie

Maintenant si vous payez votre cabine plus chère ou si vous prenez une suite (ce qui n’est pas notre cas), vous aurez droit à des restaurants pour les « happy few » comme le Princess Grill, le Queen Grill, le Britannia club.

Enfin, la cuisine française se trouve à « la verandah », pont 2. On la dit très bonne, mais nous n’avons pas essayé ! Le supplément est de 25 dollars pour le lunch, et 35 pour le diner.

J’ajoute qu’à tout moment de la journée et de la nuit, the, café, boissons fraîches, biscuits sont disponibles.
En somme, il est difficile de ne pas prendre du poids sur un bateau comme celui-ci !

Annie

Croisière autour du monde : 13ème escale

27 février 2017 by

La croisière autour du monde de nos deux voyageurs à bord du Queen Elisabeth se poursuit. Après une escale en Nouvelle-Zélande, ils arrivent désormais en Australie, à Sydney.

Nos deux reporters devant Harbour bridge à Sydney

Nos deux reporters devant Harbour bridge à Sydney

Vendredi 24 février :

Nous arriverons demain à Sydney. Tout le monde est impatient !

En attendant, voici quelques généralités sur cette ville fascinante et dont nous sommes tombés amoureux dès notre premier voyage en 2007.

C’est la plus grande ville d’Australie avec 4 200 000 habitants mais ce n’en est pas la capitale qui est Canberra, une ville nouvelle à égale distance des deux mégapoles qui se disputaient l’honneur d’être capitale : Sydney et Melbourne.

La baie, tres découpée et offrant un mouillage idéal, a été découverte par Cook (encore lui !) en 1770, mais ce n’est qu’en 1788 qu’arrive le premier lot de bagnards (convicts) qui vont peupler ce véritable continent avec l’aide, si l’on peu dire, de prostituées et voleuses tirées des prisons londoniennes.

Après ce début peu reluisant, ce sera une « succes story » : des émigrants affluent de partout, surtout au moment de la découverte de métaux et pierres précieuses. A Sydney, on compte à peu près 100 nationalités d’origine différentes, dont 50 % d’Europe et 22 % d’Asie.

Durant nos deux jours d’escale nous espérons voir ou revoir le magnifique jardin botanique avec ses chauves souris et ibis blancs, mais aussi l’opéra construit en 1973 par le danois Joern Utzon qui est à Sydney ce que la Tour Eiffel est à Paris !

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Nous circulerons sur les mignons ferries qui se croisent sans cesse dans la baie. Nous flânerons dans le beau jardin chinois de l’amitié. Nous boirons un pot sur Circular quay avec ses bars et ses restaurants. Nous irons voir quelques musées. Nous ferons du shopping dans le quartier des Rocks, un ancien quartier de débauche et de bordels qui a été joliment rénové et qui est tres « tendance » aujourd’hui.

Vous aurez des photos de tout cela au fur et à mesure ! Amitiés.

blog401_phsydney1Samedi 25 février :

Ce matin il pleut dru sur la ville de Sydney ! Au fond Harbour bridge, puis le Queen Mary 2 que nous croisons pour la première fois. Au premier plan, un des nombreux ferries qui parcourent la ville par la mer.

Ce n’est vraiment pas le temps idéal pour visiter ! Souhaitons qu’il fasse meilleur demain !

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Dimanche 26 février :

blog401_phhyattAprès cette première journée si pluvieuse, Sydney, en ce dimanche matin, nous a offert son visage le plus beau sous un ciel d’une pureté magnifique. Nous avons flâné de Circular  quay au marché artisanal, avons bu un café dans un hôtel du quartier des Rocks et avons même craqué pour une lithographie par un peintre local qui, par ses couleurs, nous évoque Dufy ou les impressionnistes.

Quelques photos de notre deuxième journée à Sydney : un ferry jaune et vert passe devant l’opéra, un selfie devant Harbour bridge…

Depuis le Hyatt plaza, nous avons une vue superbe de notre bateau amarré en plein centre…

Annie

A Carnoux, les poissons sentent l’huile de friture…

25 février 2017 by

Tout le monde a tendance à l’oublier, mais le vallon dans lequel s’est établie la ville de Carnoux-en-Provence est le siège d’un oued, un vallat sec qui rejoint, en contrebas de l’autoroute, le Merlançon (issu de La Bédoule), lequel va ensuite se jeter dans l’Huveaune à Aubagne. Comme tout oued, il lui arrive de subir des crues, parfois meurtrières comme cela avait été le cas pour le Merlançon le 26 août 1986. La ville de Carnoux est d’ailleurs sujette au risque inondation, principalement du fait des nombreux dysfonctionnements de son système de gestion des eaux pluviales globalement sous-dimensionné par suite du développement anarchique de la ville depuis les années 1960.

Le ruisseau de Carnoux en contrebas de la RD 41E (photo prise le 10 novembre 2012)

Le ruisseau de Carnoux en contrebas de la RD 41E (photo prise le 10 novembre 2012)

Tout laisse penser néanmoins qu’avant l’urbanisation de ce vallon, l’oued ne devait être en eau que pour de courtes périodes consécutives aux épisodes pluvieux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et la partie visible du cours d’eau, qui sert de fossé pluvial bétonné en contrebas de la route départementale RD 41E, entre le rond-point des Barles et la limite Est de la commune, coule désormais quasiment toute l’année, en dehors de quelques rares périodes sèches. Car le ruisseau a été transformé en exutoire pluvial de la ville de Carnoux : toutes les eaux plus ou moins souillées qui s’épandent sur la chaussée, y compris au niveau de la zone industrielle, mais aussi les vidanges de piscines et les pompages permanents d’exhaure finissent tous dans le ruisseau, sans le moindre traitement !

Sortie à l'air libre du ruisseau de Carnoux en aval du rond-point des Barles

Sortie à l’air libre du ruisseau de Carnoux en aval du rond-point des Barles

Le ruisseau de Carnoux bizarrement orangé le 6 octobre 2014

Le ruisseau de Carnoux bizarrement orangé le 6 octobre 2014

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le cours d’eau, dans la partie où il s’écoule à l’air libre, à partir du rond-point des Barles, ressemble plus à un égout à ciel ouvert qu’à un ruisseau, avec des eaux qui passent par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel au gré des produits qui y ont été déversés par les habitants et les entreprises de Carnoux…

Durant toute la traversée de la ville le ruisseau est en effet purement et simplement busé, ce qui est bien commode pour éviter d’avoir à se poser trop de questions existentielles quant à ce qu’on y rejette. On voit ainsi, au gré du parcours du ruisseau, des huiles de vidange et des solvants qui sont versés directement par les « bouches d’égout » installées le long des bordures de trottoirs, mais qui en réalité communiquent directement dans le ruisseau.

Regard sur le réseau d'eaux pluviales le long de la place du marché

Regard sur le réseau d’eaux pluviales le long de la place du marché

Des travaux ont pourtant été fait tout récemment en vue du réaménagement du centre-ville et on pourrait penser que l’esplanade où se tient le marché de Carnoux deux fois par semaine est au minimum muni d’une bouche d’évacuation reliées au réseau qui permet d’évacuer les eaux usées vers la station de traitement (située à Marseille près du stade Vélodrome). Mais il semble bien que rien de tel n’ait été prévu et on peut voir les commerçants déverser leurs huiles de friture usagées directement dans le réseau d’eau pluvial via les regards protégés par les grilles en fonte le long de la rue, autrement dit directement dans le ruisseau qui coule en dessous !

blog400_phruisseauC’est bien dommage pour la qualité de l’eau du Merlançon et de l’Huveaune en aval, pour lequel sept communes se sont pourtant regroupées au sein du Syndicat intercommunal du bassin versant de l’Huveaune qui pilote depuis 2015 un contrat de rivière doté d’un budget global de 18 millions d’euros en vue d’améliorer la qualité de ce milieu aquatique remarquable et d’en protéger les abords contre le risque d’inondation. La cohérence aurait voulu que la commune de Carnoux adhère au syndicat et participe à ce contrat de rivière dans une logique bien comprise de solidarité amont-aval.

Mais, comme à l’acoutumée, la municipalité a préféré joué les égoïstes et se soucie comme d’une guigne de ce qui se passe en aval de son territoire. Plutôt que de chercher à retenir autant que possible les eaux de ruissellement en amont et favoriser leur infiltration, elle bétonne à outrance, imperméabilise le moindre espace et élargit les tuyaux d’évacuation afin d’accélérer encore les flux qui iront inonder nos voisins en aval. Quant à la qualité des eaux qui alimentent l’Huveaune via le ruisseau de Carnoux, mieux vaut ne pas regarder de trop près ce qu’elles contiennent : assurément, les huiles de fritures que le vendeur de paëlla et ses collègues forains y déversent deux fois par semaine ne sont certainement pas les produits les plus nocifs qui s’y retrouvent ! Avis aux pêcheurs qui taquinent le goujon sur les berges de l’Huveaune : si le poisson sent un peu l’huile de friture, c’est qu’il baigne dans des eaux qui ont transité par le très buccolique vallon de Carnoux…

L.V.  lutinvert1small

Croisière autour du monde : 12ème escale

23 février 2017 by

blog399_phplage1Partis pour un demi-tour du monde à bord du Queen Elisabeth, nos deux voyageurs sont désormais en Nouvelle-Zélande où ils ont d’abord fait escale à Auckland.

 

 

Mercredi 22 février :

On appelle « Bay of islands » la région située tout au nord de l’île du nord, c’est à dire à environ 150 km d’Auckland. Tout va bien, il fait beau et chaud. Normal nous sommes à l’extrême nord…mais de l’hémisphère sud !

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C’est un endroit fabuleux avec environ 160 îles, dont certaines minuscules, protégeant des baies et de multiples passages… C’est ici que les Britanniques se sont implantés au début, malgré l’hostilité des Maoris.

Nous avons jeté l’ancré au large de Paihia, une des villes les plus animées du coin et qui est un peu la Côte d’Azur de la Nouvelle Zélande. Comme la ville n’a pas de port nous avons dû gagner la terre par des chaloupes appelées « tenders ».

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La petite ville est charmante et propose beaucoup d’activités diverses : nager avec les dauphins, gagner une ile voisine en ferry, faire du parachute ascensionnel, découvrir le pays en hélicoptère… De belles plages de sable et des bars sur pilotis en bord de mer ajoutent à son charme.

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Nous y avons passé la journée et dès 17 h sommes repartis en direction de Sydney que nous atteindrons le 25. Nous y resterons le 26 puis prendrons la route du nord vers Brisbane et Cairns.

Annie

Croisière autour du monde : 11ème escale

21 février 2017 by

En croisière à bord du Queen Elisabeth, nos deux voyageurs parcourent l’Océan Pacifique : après les îles Samoa, une escale manquée dans les Tonga….

Dimanche 19 février :

Les îles Tonga c’est cela: des assiettes vertes posées sur la table de la mer ! Malheureusement nous n’en avons pas vu davantage…. Le temps est devenu mauvais avec un vent à 32 noeuds et la passe pour entrer dans le port est étroite et bordée de récifs. Très sagement, le capitaine a décidé de renoncer à l’escale et a repris la mer en direction d’Auckland en Nouvelle-Zélande.

Nous devions y arriver mardi mais il a pu obtenir une place à quai pour lundi soir. C’est donc ce soir que nous retrouverons cette ville où modernisme et reliques de l’ère victorienne cohabitent harmonieusement.

La mer est de nouveau forte. Il a plu cette nuit mais le soleil chasse peu à peu les nuages. Comme chaque matin je reviens de faire ma demi-heure de gym, vélo, tapis roulant, haltères… Il faut se forcer un peu pour sortir du lit avant 7 heures mais en définitive ça fait du bien avec une bonne douche en prime !

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blog398_phsallereposVoici quelques photos des installations de la salle de « fitness » comme on l’appelle, avec ses douches, ses salles de repos et son sauna. blog398_phsauna

Il y a aussi les coiffeurs, pédicures et manucure, salles de massages et traitements de beauté. C’est un endroit bien agréable que je fréquente tous les jours.

 

Lundi 20 février :

Auckland, avec ses 1 400 000 habitants est la plus grande ville de tout le Pacifique. Elle a été la capitale de la Nouvelle-Zélande de 1840 à 1865. Aujourd’hui, c’est Wellington.

La colonisation britannique n’y a pas été facile. Les Maoris se sont défendus longtemps à partir de leurs villages fortifiés, les « pa ». En 1840, le capitaine Hobson signe, au nom de la couronne, le traité de Waitangi. Très contesté, encore aujourd’hui, il donne lieu à 40 années de guerres, les  land wars. En fait les aborigènes n’avaient pas pleinement compris ce à quoi ils s’engageaient en signant le traité.

Auckland a été surnommée la ville des voiliers. Le vent toujours présent, permet de nombreuses compétitions. En entrant dans le port, on est accueilli par le cône volcanique de Rangitoto qui a surgi de la mer il y a seulement 600 ans.

C’est Cook qui a, le premier, fait le tour des deux îles et en a dressé la carte. Auckland possède 3 belles plages et de nombreux musées dont le plus grand concerne la civilisation maori et se trouve au milieu d’un parc verdoyant magnifique « the domain ».

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A notre arrivée, le temps est beau mais un peu frais. Nous attendons pour débarquer que les autorités nous donnent le feu vert…

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blog398_phraieEn balade en bus nous visitons un aquarium, puis nous promenons à travers la ville de nuit… Quand vous traiterez quelqu’un de « gueule de raie », sachez de quoi vous parlez ! Et ne restez pas médusés devant ces bestioles élégantes !blog398_phmeduses

Annie

Prochaine conférence : école et société, comment lever le malentendu ?

19 février 2017 by

L’école et l’éducation constituent à la fois un enjeu politique et un terrain de conflits qu’il faut aborder clairement sans s’abriter derrière des faux fuyants ou des présupposés non explicites. On peut y retrouver tous les choix qui dépendent de convictions philosophiques ou religieuses, d’idéologies (surtout lorsqu’elles prétendent ne pas en être), d’intérêts personnels ou de groupes, de situations sociales. Transformer des usagers en clients, par exemple, n’est pas anodin : pouvons-nous être sereinement des consommateurs d’école ?

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Nous sommes bien au cœur de la politique, entendue dans son sens de choix de vie sociale et de rapports entre individus et collectivités (ou de communautés ?). Choix pour lesquels, aujourd’hui, on ne peut plus se contenter d’une démocratie représentative (soumise aux aléas médiatiques et politiciens) influencée par des experts sans contrôle et des sondages sans lisibilité laissant cours à toute démagogie et à un « clanisme » constituant d’écuries présidentielles… Repenser l’École ne peut être le privilège d’aucun spécialiste !

dessinchatLe Cercle Progressiste Carnussien cherche à faire vivre les valeurs citoyennes et toutes les idées progressistes dans leur diversité et leur richesse. Pour cela les conférences du CPC sont devenues, au fil des ans, un lieu de rencontre permettant l’information et la participation au débat entre citoyens sur l’évolution des institutions qui permettent la vie en société. L’École, à travers ses différentes composantes (maternelle, primaire, secondaire, université) a été et demeure un enjeu majeur pour l’apprentissage de la vie collective, pour la transmission des savoirs, pour l’étude les grandes questions d’aujourd’hui et de celles qui sont devant nous…

Les dernières évaluations PISA montrent, pour la France, que l’Éducation nationale ne parvient pas à améliorer la réussite des élèves les plus faibles, cela même si les critères généraux retenus ne sont pas pleinement pertinents. En effet, comment comparer la performance des élèves français à leurs condisciples coréens ou chinois quand on sait que ces derniers suivent aussi des cours  supplémentaires organisés après l’école !dessinfayot

Plusieurs sujets peuvent être mis en débat : L’école est-elle sélective ? Comment donner à tous l’envie d’apprendre ? Comment concevoir un enseignement qui favorise le fait d’apprendre et de réussir ensemble ? Comment avoir confiance dans l’école et dans sa capacité à faire réussir ? Pourquoi enregistre-t-on une augmentation sensible des demandes d’inscription dans l’enseignement privé ? Fait-on le choix d’une école pour les bons élèves ou d’une école pour tous ? Comment motiver les élèves pour l’école ? Comment construire une société d’avenir  pour tous les élèves ? Et la liste n’est pas exhaustive...

Cependant des voies d’avenir, des projets se dessinent pour améliorer l’efficacité de l’École. Certes les défis sont énormes, mais il y a des raisons d’espérer. Le thème retenu est ce point crucial autour duquel s’orienteront les échanges : École et Société, comment lever le malentendu ?

La conférence débutera sous forme d’une table ronde alimentée par quatre courtes interventions mettant en lumière des solutions ponctuelles qui surgissent dans l’école. Ces initiatives parfois ignorées ou marginalisées contredisent le fatalisme ambiant. Leur dévoilement permettra d’échapper aux lieux communs qui polluent le débat et fourniront des pistes à explorer pour l’avenir.

afficheconfecoleLes quatre intervenants, Laurent Mauneau (professeur des écoles spécialisé, enseignant référent pour la scolarisation des élèves handicapés), Michel Motré (instituteur puis professeur en zone d’éducation prioritaire et enfin inspecteur pédagogique régional en arts plastiques, ex-directeur de la délégation académique à la formation et à l’innovation pédagogique), Michel Neumayer (ex professeur en collège, puis formateur d’adultes, animateur du GFEN en Provence, le Groupe français pour l’éducation nouvelle, et membre du Lien international d’éducation nouvelle) et Jacques Tonnelle (ex professeur de mathématiques, formateur à l’IUFM et au DEA Didactique des mathématiques) exposeront des initiatives (expérimentations, innovations ou pratiques pédagogiques) probantes visant à éclairer le public avant que s’engage l’échange avec la salle.

L’École pourrait peut-être participer, par ses pratiques, (conseils, coopératives, élaboration des projets, productions d’élèves, apprentissage du débat…) de l’émergence d’une démocratie délibérative et participative? À condition que des zones de pouvoir (que peut-on décider dans la classe, dans l’école…?) soient instaurées et de ne pas sombrer dans la réunionnite aiguë. Resterait aussi à évaluer les réformes qui ont avorté ou ont été abandonnées. Peut être, aussi, à condition que se constitue une nouvelle association de chasseurs, défenseurs d’une écologie de la pensée : les chasseurs d’idées reçues…

dessinreformeNe pas oublier : vous êtes donc invités cordialement à cet échange ouvert à tous qui se tiendra jeudi 16 mars 2017 dans la salle du Clos Blancheton à Carnoux-en-Provence, à partir de 18h30.

J. Tonnelle

Croisière autour du monde : 10ème escale

18 février 2017 by

blog397_phstevenson3Nos deux croisiéristes à bord du Queen Elisabeth poursuivent leur demi-tour du monde et viennent de débarquer aux îles Samoa après plusieurs jours dans l’Océan Pacifique.

Jeudi 16 février :

La journée du 16 février à marqué notre premier contact avec l’île de Upolu et sa capitale Apia. Je ne sais pas si vous penserez comme moi, mais le mot Samoa m a toujours été très évocateur de végétation luxuriante, d’indigènes au corps peint et d’aventures de toutes sortes. Or, quand on a fantasmé longtemps sur une carte du Pacifique sud, on est parfois déçu quand la réalité se présente à vous….blog397_phulopu2

Cela n’a pas été le cas du tout cette fois et l’île nous a enchantés même si les « natifs » sont pudiquement vêtus de chemises à fleurs et de longs sarongs.

blog397_phcathedraleNous avons simplement loué un taxi pour la journée (nous étions quatre, avec un couple ami : ça n’a donc pas été ruineux !). Partis d’Apia, petite ville dont nous avons vu la belle cathédrale catholique (20 % de la population est en effet catholique) consacrée tout récemment en 2016.

Nous sommes ensuite montés vers le nord pour voir Vailima, la magnifique maison construite par Robert Louis Stevenson et où l’auteur a passé les quatre dernières années de sa vie.blog397_phstevenson2

La maison contient encore la plupart de ses meubles, ses livres, des photos… C’est très émouvant.Un jardin paradisiaque et tout fleuri l’entoure. La maison, construite en bois, est entourée de coursives ombragées et délicieusement fraîches en cette matinée déjà chaude, N’oublions pas que nous sommes à l’équateur !

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blog397_phulopuToujours vers le nord nous nous sommes arrêtés pour voir la cascade de Papapapaitai, dans un écrin de verdure tropicale, puis nous avons atteint un temple un peu inhabituel : sans prêtre et consacré à la méditation toutes religions confondues. Il n’y a que 8 temples de ce genre dans le monde et un seul en Europe, en Allemagne. Là encore, un jardin magnifique entoure la propriété.

Atteignant la côte nord enfin, nous avons découvert une plage de carte postale (voyez les photos !) où nous avons déjeuné au frais puis avons pris un des bains les plus mémorables de ma vie !

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Retrouvant Apia, nous avons flâné dans le petit marché installé, commodément pour nous, au pied de notre bateau !

De retour dans notre cabine, une bonne sieste réparatrice nous a remis en forme pour la soirée !

Annie

Algérie : Macron met les pieds dans le plat de couscous…

16 février 2017 by

A moins de trois mois de l’élection présidentielle française et alors que le candidat Emmanuel Macron est crédité de scores assez inattendus dans les sondages, voila qu’une nouvelle polémique vient de naître, comme les médias en raffolent. En visite en Algérie depuis la fin de la semaine dernière, l’ancien ministre de l’économie, le seul des candidats à la présidentielle qui ait jugé utile de se déplacer dans ce pays, a en effet tenu des propos sur la colonisation qui ont fait bondir la droite et encore plus l’extrême droite !

Emmanuel Macron interviewé par la chaîne algérienne Echorouk News

Emmanuel Macron interviewé par la chaîne algérienne Echorouk News

Tout heureux de faire oublier momentanément ses petits déboires avec la justice et surtout ses grands écarts avec la morale, François Fillon est aussitôt monté sur ses grands chevaux, jugeant indignes les propos tenus par Emmanuel Macron qui avait qualifié de crime contre l’humanité et de barbarie la colonisation française en Algérie. Sur ce plan, le clivage entre les deux candidats est flagrant, François Fillon ayant exprimé sa volonté en août dernier de réécrire l’Histoire de France sous forme d’un grand roman destiné à glorifier uniquement les grandeurs de la Nation et n’hésitant pas à affirmer que « la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique ».

Quant au Front National, il se déchaîne, accusant Macron de tirer dans le dos de la France depuis l’Algérie et le jugeant indigne de représenter la France à partir du moment où il ose dénigrer certains pans de son histoire.

Mais qu’a donc bien pu dire Emmanuel Macron pour déclencher de telles passions sur un sujet qui, jusqu’à preuve du contraire, n’est pas franchement au cœur de la campagne électorale ni au centre des préoccupations du Français moyen ? Il suffit pour s’en rendre compte de surfer sur le site d’information particulièrement bien fait de TSA (pour « Tout sur l’Algérie », tout simplement…). On peut y voir in extenso l’interview télévisée donnée par Emmanuel Macron et diffusée mardi 14 février 2017 à la chaîne algérienne Echorouk News.

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Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le candidat à la présidentielle fait preuve d’un ton éminemment mesuré et responsable, très éloigné de celui qu’emploient ses adversaires pour le dénigrer. L’essentiel de son discours porte d’ailleurs sur des aspects plus généraux liés au renforcement de la coopération entre la France et l’Algérie, qu’il appelle de ses vœux dans de nombreux domaines culturels, mais aussi économiques et diplomatiques voire sécuritaires mais aussi linguistiques.

Sur la colonisation française en Algérie, Emmanuel Macron commence par citer une phrase qu’il avait lui-même employée la veille lors d’une intervention précédente : « La France a apporté la déclaration des droits de l’Homme en Algérie, mais elle a oublié de la lire ». Le propos résume finalement assez bien la position de Macron qui ne nie pas les effets bénéfiques de la colonisation mais ne cherche pas non plus à en masquer les effets délétères et les excès auxquels elle a donné lieu : « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes », a-t-il ainsi expliqué.

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On le voit, le propos n’est pas aussi caricatural que certains voudraient le faire croire. Il est d’ailleurs cocasse qu’on lui ait fait exactement le procès inverse, comme le lui rappelle le journaliste qui l’interroge, pour avoir déclaré en novembre dernier dans une interview au Point : « Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie ».

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Serait-on encore, plus de soixante ans après la fin de la guerre d’Algérie, dans un tel climat passionnel qu’il ne serait pas possible d’envisager avec la sérénité et le recul de l’historien, les deux faces antagonistes de la colonisation comme s’efforce de l’exprimer Emmanuel Macron lorsqu’il déclare : « La colonisation est un acte de domination et de non reconnaissance de l’autonomie d’un peuple. Tout en reconnaissant ce crime, je ne veux pas qu’on tombe dans la culture de la culpabilisation sur laquelle, on ne construit rien. C’est ce chemin de crête que je veux que nous prenions ensemble » ?

Combien de temps faudra t-il encore pour que Français et Algériens puissent enfin regarder en face ce passé qui décidément a bien du mal à passer ? Il n’est finalement peut-être pas inutile que certains, de temps à autre, mettent un peu les pieds dans le plat pour rappeler des vérités que l’on aimerait tellement oublier après les avoir discrètement glissées sous le tapis. Ce n’est pas dénigrer son pays que de rappeler que ses responsables n’ont pas toujours été irréprochables ! Un regard lucide et objectif sur les erreurs du passé n’est jamais inutile et vaut sans doute mieux qu’une réécriture aveugle et orientée de notre histoire commune…

Ceci dit, Emmanuel Macron n’imaginait sans doute pas soulever un tel tollé en exprimant en Algérie ses réflexions sur la colonisation et il s’est du coup senti obligé, de retour sur le sol français et face à la polémique naissante, d’enregistrer un message vidéo spécifique pour expliquer et justifier sa position. C’est le problème quand on met les pieds dans le plat de couscous : un risque ensuite de pédaler quelque temps dans la semoule…

L.V. lutinvert1small

Croisière autour du monde : 9ème escale

14 février 2017 by

La croisière autour du monde à bord du Queen Elisabeth se poursuit. Après une escale à Hawaï, le navire se trouve désormais en plein Océan Pacifique, en direction des îles Samoa.

 Lundi 13 février :

Nous voici en route vers les îles Samoa dont l’histoire est pour le moins compliquée. Elles ont appartenu pour certaines d’entre elles à l’Allemagne jusqu’en 1918. D’autres, au sud-est, sont aujourd’hui américaines. Celles où nous ferons escale ont été placées sous le protectorat de la Nouvelle-Zélande avant de devenir indépendantes en 1962.

Upalu, où nous nous arrêterons, est une petite île (63 km sur 21) où se trouve la capitale Apia. La monnaie est le tala. La Perouse toucha ces iles en 1787 mais fut attaqué par des indigènes belliqueux et dut repartir en ayant perdu plusieurs de ses hommes.

Le plus intéressant à Apia sera sans doute la visite de la demeure de Robert Louis Stevenson, l’auteur, entre autres, de « l’île au trésor ». Rongé par la tuberculose, il était venu chercher un climat doux et a fini ses jours dans ce  coin perdu où, si l’on en croit ses écrits, il fut très heureux.

Mardi 14 février :

Aujourd’hui, nous fêtons un triple événement. D’abord, bien sûr, c’est la Saint-Valentin. Ensuite, il est prévu que nous franchissions la ligne mythique de l’équateur à midi. Et enfin, nous venons tout juste de franchir la ligne de changement de date. Hier, c’était dimanche 12 mars et ce matin, miracle, nous sommes mardi 14 ! Le lundi 13 s’est évaporé dans la nature… A côté, le passage à l’heure d’été, c’est de la petite bière…

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Chaque passager reçoit de la part de la compagnie Cunard son beau diplôme !

Et maintenant, le franchissement de la ligne équatoriale ! Neptune et sa femme vont faire passer une cérémonie d’initiation à tous ceux qui franchissent pour la première fois cette ligne virtuelle, ce qui n’était pas notre cas.

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La première épreuve consiste à embrasser un poisson… Beaucoup ont eu du mal ! Quant à la seconde épreuve, il s’agit de plonger dans la piscine, le corps enduit de spaghettis bolognaise ! Un peu degueu à mon goût et puis la piscine va être fermée pour nettoyage pendant un à deux jours !

 

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Comme vous le constatez, tout ce folklore avait attiré la grande foule sous un ciel magnifique…

Annie

Croisière autour du monde : 8ème escale

12 février 2017 by

Des nouvelles de nos deux croisiéristes en vadrouille autour du monde à bord du Queen Elisabeth, après leur dernière halte à San Francisco.

Mercredi 8 février :

Sur le bateau, quelque part dans l’Océan Pacifique entre San Francisco et Hawaï…

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A bord, la musique est partout et c’est toujours de la musique vivante et non un enregistrement. Ici vous avez le quatuor à cordes Tiffany, mais aussi un orchestre de jazz et un piano solo…

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Ici deux duos très performants : flûte traversière et guitare par 2 jeunes Allemands, piano et violon par deux Anglais.

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blog394_phhonolulu3Jeudi 9 février :

Quelques mots sur Hawaï que nous atteignons aujourd’hui. C’est un archipel de 6 îles appartenant aux USA qui les ont annexées en 1898. Hawaï est la plus grand île de l’archipel, Ohau la plus peuplée, les autres étant Honolulu et Pearl Harbour où nous feront escale demain, puis Mauï où nous ferons escale ensuite, mais aussi Lauai, Molokai et Kauaï.

Elles ont été découvertes par Cook, le grand homme de la région dont le nom revient à chaque fois ! Il y avait La Perouse aussi bien sûr mais il a été probablement tué et peut-être même mangé dans les Samoa… Des traces retrouvées récemment laissent à penser que les Espagnols avaient peut être trouvé ces îles 200 ans avant Cook mais qu’il ne s’y étaient pas intéressés…

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Les îles sont une grande destination pour le tourisme avec un climat très agréable toute l’année. On y pratique tous les sports nautiques et en particulier le surf. Deux vues de la plage de Waikiki à Honolulu…

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui !

blog394_phhawai3Vendredi 10 février :

Quelques mots sur Pearl Harbour où nous avons débarqué aujourd’hui. C’est un excellent mouillage à 11 km au nord ouest d’Honolulu et dont le nom vient du fait qu on y a élevé des huîtres perlières.

En décembre 1941, 150 avions japonais détruisent presque toute la flotte US et précipitent les USA dans la seconde guerre mondiale, faisant des milliers de morts.

Aujourd hui c’est un lieu de recueillement pour les Américains. On y évoque la mémoire de 3 bateaux en particulier, le SS Arizona, le SS Missouri et le SS Bowfin, un sous-marin.

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A Pearl Harbour, le sous marin Bowfin, la plaque d’accueil et des canons embarqués sur les sous marins.

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Une scène qui m’a évoqué irrésistiblement un plan du film culte de Fred Zinnemann, avec Burt Lancaster et Frank Sinatra, « Tant qu’il y aura des hommes »…

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blog394_phmaui2Samedi 11 février :

Hello, nous venons d’apprendre qu’il y a une modification par rapport à l’itinéraire prévu : avant d’aborder aux îles Tonga, nous nous arrêterons un jour (le 16 mars) à Apia, dans les îles Samoa, là où Robert Louis Stevenson a vécu les dernières années de sa vie et où il est enterré.

Par contre on est vraiment au bout du monde et je ne sais pas si les communications seront faciles ! Je ferai pour le mieux..…

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blog394_phmaui3Nous étions aujourd’hui sur l’île de Mauï. Dans le patio du Pioneer inn, le plus ancien hôtel de l’île. Une pirogue polynésienne et un bouquet de fleurs qui sont naturelles je vous le jure !

Pas grand chose à faire sur l’île de Mauï… Il faisait gris et donc prendre un bain n’était pas très tentant.  Des inondations avaient coupé la route menant aux volcans. Alors on s’est contenté de flâner dans le centre de la petite bourgade, sorte de super marché pour touriste proposant les inévitables tee shirts, magnets, colliers de fleurs en soie…

Sur la grand place nous avons admiré un banian géant, planté en 1870. Nous avons vu l’ancien tribunal et la maison du missionnaire Baldwin. Nous avons bu un verre dans le très charmant Pioneer Inn, premier hôtel construit à Mauï, et puis nos chaloupes nous ont ramenés au bateau.

En effet Mauï ne possède pas de port et on effectue le transport avec des canots appelés tenders. De retour à bord, une belle surprise nous attendait: des baleines s’ébattaient dans la baie et nous avons vu un festival de sauts, souffle projeté très haut, acrobaties de toute sorte effectuées par ces mastodontes qui sont en même temps si légers dans leurs déplacements dans l’eau…

Cinq jours de mer à présent pour rejoindre, en franchissant l’équateur, les îles Samoa. La mer est très calme et la température voisine de 25 degrés, fort agréable.

A bientôt !

Annie

Christian Estrosi slalome entre les irrégularités de gestion

10 février 2017 by

Décidément, les responsables politiques de droite sont de bien piètres gestionnaires de l’argent publique ! Chacun a bien entendu en tête l’image désastreuse du candidat à la Présidentielle et ancien Premier ministre, François Fillon, forcé de reconnaître qu’il a versé de l’ordre de 1 million d’euros depuis des années à sa femme et à ses enfants pour arrondir ses fins de mois en piochant allégrement dans son indemnité parlementaire.

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On se souvient naturellement de son ancienne ministre de l’économie, Christine Lagarde, récemment reconnue coupable de « négligence » par la Cour de Justice de la République pour avoir autorisé contre toute attente le processus d’arbitrage en faveur de Bernard Tapie qui a coûté la bagatelle de 403 millions d’euros au contribuable.

Le sénateur Serge Dassault, peu affecté par sa récente condamnation

Le sénateur Serge Dassault, peu affecté par sa récente condamnation

On ne s’attardera pas, par charité, sur les turpitudes de l’ancien chef de l’État, Nicolas Sarkozy, mis en examen pour corruption, trafic d’influence et financement illégal de sa campagne électorale, ni sur celle de son grand ami, le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, condamné, comme son épouse d’ailleurs, pour prise illégale d’intérêt et récemment mis en examen pour fraude fiscale aggravée. On pourrait citer aussi le sénateur Serge Dassault, condamné pour corruption et, dernièrement, pour fraude fiscale.

Bref, la liste est longue et bien peu glorieuse pour tous ces responsables politiques de premier plan qui fustigent à longueur de journée le laxisme de la Justice, votent des lois de plus en plus répressives, et hurlent au complot politique et à l’acharnement judiciaire chaque fois qu’ils sont pris la main dans le sac…

Sur cette liste des élus de droite capables d’une remarquable souplesse lorsqu’il s’agit de jongler avec les règles de la gestion publique, l’actuel président de la Région PACA, Christian Estrosi, semble tenir un rang plus qu’honorable. Il avait déjà été épinglé par la Cour des Comptes alors qu’il occupait le poste de Ministre de l’Outre-mer en 2011, pour avoir quelques peu négligé de régler certaines factures personnelles de blanchisserie, pour avoir utilisé un jet privé pour un déplacement à New York, pour avoir logé sa fille dans un logement de fonction parisien et pour avoir pris la détestable habitude de faire venir de Nice, en avion, son chauffeur attitré pour faciliter ses déplacement dans la capitale deux jours par semaine, plutôt que de prendre le taxi. Rien que de très banal pour un responsable politique ordinaire…

Devant le stade Allianz Riviera pendant la coupe de l’UEFA

Devant le stade Allianz Riviera pendant la coupe de l’UEFA

En mars 2015, c’est pour la gestion du stade Allianz Riviera, construit dans le cadre d’un partenariat public-privé très désavantageux pour la ville de Nice, que le Paquet national financier avait ouvert une enquête et ordonné des perquisitions dans les bureaux de la commune et de la métropole, toutes les deux dirigées par le même Christian Estrosi.

En septembre de la même année, c’est la gestion de la SEMIACS, une société d’économie mixte contrôlée par la ville de Nice et qui gère la quasi-totalité du stationnement public de la ville, qui est mise en cause par la Chambre régionale des Comptes dans un rapport peu amène. Les irrégularités relevées sont tellement graves et tellement nombreuses que les magistrats s’estiment dans l’incapacité de prononcer des recommandations pour redresser la barre, ne voyant d’autre solution qu’une reprise en main complète pour venir nettoyer ces écuries d’Augias où le népotisme le dispute au clientélisme et à la gabegie.

Christian Estrosi à la tête de la Métropole Nice Côte d’Azur

Christian Estrosi à la tête de la Métropole Nice Côte d’Azur

Début 2016, tout juste élu à la tête de la Région, c’est cette fois pour ses fonctions de maire de Nice qu’il a été de nouveau montré du doigt par la Chambre régionale des Comptes. Il faut dire que la dette de la ville était passée de 367 à 500 millions d’euros de 2007 à 2014, ce qui n’est pas a priori un signe flagrant de saine gestion financière ! Et le responsable n’est pas seulement l’État qui aurait baissé ses dotations, comme nos élus locaux de droite n’arrêtent pas de le répéter. En l’occurrence, les magistrats pointaient tout simplement de graves dérives liées à des dépenses injustifiées et illégales en faveur du personnel communal : paiement d’heures supplémentaires généreuses sans le moindre contrôle, primes à gogo et congés payés au-delà de ce que la loi autorise… Rien n’était trop beau pour acheter la paix sociale et nourrir le clientélisme parmi les employés municipaux !

Et voilà que l’histoire se répète comme vient de le dévoiler Médiapart en début d’année. Cette fois, ce sont les stations de ski du Mercantour qui sont sur la sellette. Les remontées mécanique des stations d’Isola 2000 et Auron sont de fait administrées par le Syndicat mixte des stations du Mercantour, dont le président n’est autre qu’un certain Christian Estrosi. Or les magistrats pointent dans leur rapport l’opacité de la gestion qui « ne respecte pas les obligations légales d’information des élus et des citoyens » mais surtout des « irrégularités dans la tenue des comptes », dont ils n’hésitent pas à écrire qu’elles « compromettent leur fiabilité et leur sincérité ».

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Car les magistrats, en épluchant les comptes présentés comme excédentaires, se sont rendus compte que cet excédent dépend en réalité totalement des subventions versées par la métropole Nice Côte d’Azur (pour 5,2 millions d’euros tout de même) et par le Conseil départemental des Alpes-Maritimes (pour 4,8 millions), lesquelles constituent la moitié de ses ressources. « Contrairement à ce que laissent penser les comptes et les délibérations du syndicat, l’activité de gestion et d’exploitation des domaines skiables se montre ainsi fortement déficitaire », écrivent ainsi les magistrats. Pour le dire autrement, ce sont les contribuables de la Métropole qui viennent combler le déficit – pour le moins conséquent – des stations de ski de l’arrière-pays niçois où Christian Estrosi adore venir faire une petite descente à l’occasion.

Le prince Albert et Christian Estrosi (à dr.) à Auron, en janvier 2016 (photo © Jaguar Land Rover French Riviera)

Le prince Albert et Christian Estrosi (à dr.) à Auron, en janvier 2016 (photo © Jaguar Land Rover French Riviera)

Les contribuables de Nice ou de Cagnes-sur-Mer ont-ils pour vocation de financer les forfaits des skieurs et les canons à neige qui arrosent les pistes de neige artificielle ? Ce n’est pas l’avis des magistrats qui citent à l’appui leurs collègues de la Cour des comptes écrivant en 2015 : « Il est impératif que le soutien public soit réservé aux collectivités qui acceptent de restructurer et de repenser leur modèle économique. Le contribuable ne peut pas soutenir des stations de ski qui sont dans l’incapacité structurelle d’assurer leur équilibre d’exploitation. »

Curieusement, cette critique a mis hors de lui Christian Estrosi, qui a renvoyé à la Chambre régionale des Comptes pas moins de 132 pages d’observations, ce qui fait beaucoup pour un rapport qui n’en comportait que 80 ! Il y défend bec et ongles ses stations de sports d’hiver de la vallée de la Tinée, son fief électoral de toujours qui lui a offert son siège de député en 1997 et son fauteuil de président du Conseil général en 2001.

Christian Estrosi aux côtés de Colette Fabron, maire de St Etienne de Tinée

Christian Estrosi aux côtés de Colette Fabron, maire de St Etienne de Tinée

Le président de la Région est toujours propriétaire d’un vaste appartement à Auron où sa fille est monitrice de ski et il a pesé de tout son poids pour faire élire en 2014 Colette Fabron maire de Saint-Étienne-de-Tinée : une parfaite inconnue qui a surtout pour caractéristique d’être la directrice de la société d’économie mixte des cimes du Mercantour, l’exploitant des remontées mécaniques d’Auron, on reste en famille…

Comme par hasard, une des premières mesures prises par Christian Estrosi dès son arrivée à la tête de la région PACA en novembre 2016, a été de faire voter une aide de 50 millions d’euros aux stations de ski des Alpes du Sud : on n’est jamais mieux servi que par soi même !

L.V. lutinvert1small