De nouveaux radars dans le collimateur…

by

La ville de Marseille est l’une des agglomérations urbaines où la vidéosurveillance est particulièrement développée avec près de 1600 caméras déployées sur l’ensemble du territoire communal et un centre de vidéosurveillance à la pointe du progrès. L’ancienne municipalité envisageait même d’y mettre en œuvre un dispositif inspiré des méthodes de flicage israélien, déjà testé à Nice, et qui consiste à exploiter en direct les vidéos postées par des citoyens vigilants et prompts à dénoncer tout comportement potentiellement suspect. Un dispositif de vidéosurveillance, qui en réalité, sert principalement à traquer les infractions au code de la route, tout comme d’ailleurs dans plusieurs autres villes de l’agglomération, à l’image de Carnoux, où sont déjà en service une quarantaine de caméras sur la voie publique, ou encore Cassis qui en compte actuellement 85 pour 7200 habitants, un record national !

A Carnoux comme dans de nombreuses villes, les caméras servent surtout à la verbalisation des infractions routières (photo © CPC)

Mais ce dispositif n’est manifestement pas encore suffisant pour calmer les ardeurs des automobilistes dont l’incivilité est légendaire dans l’agglomération marseillaise. Un comportement qui se traduit directement dans les statistiques puisque le département des Bouches-du-Rhône était en 2021, celui qui dénombrait le plus d’accidents en France, avec pas moins de 2790 accrochages et 100 morts sur la route, pour la plupart, des hommes de 18 à 34 ans… Selon l’avocate Romy Collard Lafond, spécialisée dans la défense des victimes de la route, à Marseille, les accidents de la circulation tuent bien davantage que les règlement de compte entre dealers des cités à coups de kalachnikov, avec jusqu’à 14 décès pour le seul mois de juillet 2021 !

Accident de circulation sur la ligne de tramway rue de Rome à Marseille le 24 mai 2022 : pour une fois, la Police était sur place… (source
© arabstrait13 / France bleu)

Face à l’indifférence médiatique qui entoure encore trop souvent ces banals accidents de la route qui fauchent pourtant bien des vies innocentes, les autorités ont donc décidé de monter d’un cran l’arsenal répressif en recourant, comme souvent, à la technologie de pointe, plutôt qu’en renforçant les effectifs des forces de police et de gendarmerie, de plus en plus rares sur le bord des chaussées.

Comme l’annonçait Made in Marseille il y a quelques jours, 17 nouveaux radars vont être implantés à Marseille dans les prochains mois, probablement d’ici la fin de l’année, voire début 2023. Et pas n’importe quels radars… Des modèles ultra sophistiqués qui ne portent d’ailleurs même plus le nom de radars mais celui d’ETU, des « équipements de terrain urbain ». Un euphémisme bien dans l’air du temps pour désigner des dispositifs légers et mobiles, capable non seulement de repérer des excès de vitesse dans les deux sens de circulation, mais aussi d’enregistrer des franchissements de feu rouge, l’absence de respect des distances de sécurité, des stops, des priorités piétons ou des pistes cyclables, et même les dépassements dangereux ou l’usage du téléphone au volant…

Une véritable bête noire pour les automobilistes distraits, pressés ou maladroits qui risquent de rapidement voir fondre leur capital de points sur leur permis de conduire… D’ailleurs, on apprend par la même occasion que trois de ces petites merveilles de la technologie répressive sont déjà en phase de test depuis fin 2021, à Marseille et aux Pennes-Mirabeau, se contentant pour l’instant d’enregistrer les infractions sans les verbaliser, histoire de bien calibrer la machine pour qu’elle soit au top le moment venu.

La corniche John-Fitzgerald Kennedy, dont la partie en surplomb sur la mer vient d’être rénovée : un dite fortement accidentogène… (source © AMP Métropole / Actu-Marseille)

Une date qui pourrait peut-être même arriver plus vite que prévu car Yannick Ohanessian, adjoint au Maire de Marseille en charge de la sécurité, a déjà fait la carte des sites où seront déployés en priorité ces bijoux technologiques, sur l’ensemble des arrondissements marseillais mais surtout sur les secteurs à fort enjeu de sécurité routière dont les abords des écoles. La Corniche Kennedy, qui vient tout juste d’être entièrement rénovée à l’issue d’un chantier qui a duré des années et qui est régulièrement rendue aux piétons le temps d’un week-end dans le cadre des opérations « La voie est libre », pourrait peut-être même être équipée dès cet été, maintenant que la phase de test est considérée comme concluante.

Nouveau radar dernier cri installé à Toulouse début 2022 (photo © Thibaut Calatayud / Actu-Toulouse)

Les automobilistes marseillais, habitués de longue date à prendre de nombreuses libertés avec les règles communes de la circulation, ont donc du souci à se faire et vont sans doute devoir réfréner quelque peu leur fougue méditerranéenne qui a tendance à s’exacerber au volant. Mais ils ne sont pas les seuls dans le collimateur. Plusieurs équipements du même type sont en phase de déploiement depuis quelques mois dans les agglomérations de Toulouse, Montpellier ou encore Montbéliard où les premiers modèles ont été testés dès le mois de septembre 2021.

Exemple de radar Mesta Compact (source © Radar-auto)

Développé et commercialisé par la société Idemia, issue du rapprochement de Safran Identity & Security avec Oberthur Technologies, le modèle Mesta Compact qui devrait être ainsi déployé en site urbain est déjà homologué depuis le 31 janvier 2021 pour les mesures de vitesse et le contrôle de franchissement de feu rouge. Il s’agit d’un dispositif multifonction, doté d’une antenne radar Doppler tracker multi-cible nouvelle génération disposant d’un large faisceau capable de suivre simultanément jusqu’à 126 véhicules sur 5 voies dans les deux sens de circulation et sur une portée de plus de 100 mètres. Il va être bien difficile d’échapper à un tel mouchard ! Il est d’ores et déjà prévu de mettre en place 500 équipements de ce type en site urbain, dont une centaine seulement sera effectivement équipée d’un radar opérationnels, les autres n’étant que des leurres à effet dissuasif puisque le dispositif pourra aisément être déplacé d’une cabine à une autre : il va donc falloir s’habituer à respecter le code de la route, même à Marseille !

L. V.

Étiquettes : , , , , , , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.


%d blogueurs aiment cette page :