Autoconsommation d’électricité, c’est possible !

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Panneaux photovoltaïque intégrés en toiture (source © L’Energeek)

Produire soi-même à base d’énergie renouvelable l’électricité que l’on consomme, ce n’est pas si fréquent que cela, mais pour autant l’idée n’est pas si farfelue ! L’approche la plus classique en matière d’autoproduction d’électricité, surtout dans le Sud de la France, consiste à recouvrir une partie de sa toiture de panneaux photovoltaïques et de brancher l’installation sur le réseau électrique, ce qui permet de revendre à EDF le surplus de production et ceci à un tarif garanti avantageux.

Une telle démarche nécessite néanmoins un investissement relativement conséquent, de l’ordre de 20 à 30 000 € pour une installation de 6 à 9 kWc qui nécessite une superficie utile de toiture correctement orientée de l’ordre de 45 à 75 m2. Cela suppose surtout des procédures relativement lourdes pour assurer le raccordement au réseau et exige que les panneaux soient directement intégrés à la toiture en remplacement du revêtement classique, ce qui peut être source de nombreux désordres, depuis la simple fuite jusqu’à la mise à feu de l’isolation et de la charpente en cas de défaillance électrique !

Ombrière photovoltaïque sur une terrasse de Marseille (source © Twiza)

Une alternative consiste donc à produire uniquement l’électricité dont on a besoin, ce qui est beaucoup plus simple car il n’est alors nul besoin de transférer le surplus d’électricité produite sur le réseau : l’électricité produite est alors injectée directement en aval du compteur, par exemple au niveau d’une simple prise. Dans ce cas en revanche, il ne faut produire que ce dont on a besoin, les dispositifs de stockage de type batterie étant coûteux, peu performants à long terme, et encore moins écologiques.

Il suffit donc de poser 2 à 3 modules photovoltaïques, soit une surface de 4 à 6 m2 seulement, disposés en ombrière voire simplement fixés au sol en l’absence d’obstacle à l’insolation. La puissance produite est alors nettement plus faible, de l’ordre de 0,5 à 0,8 kWc, mais peut suffire à couvrir la consommation électrique de base du foyer, en dehors des pics de consommations que l’on observe généralement lorsqu’on met en marche le four électrique, le micro-onde ou la machine à laver, ainsi bien sûr que les radiateurs électriques éventuels.

Ombrière photovoltaïque en pergola (source © LSK outdoor)

Inutile en effet d’espérer produire sa propre électricité pour se chauffer l’hiver si l’on utilise des convecteurs électriques ! Même en Provence, la production photovoltaïque fonctionne très bien l’été et en journée, mais pas quand le soleil se cache… L’objectif est donc alors de dimensionner l’installation au plus juste pour couvrir uniquement le « bruit de fond » courant qui correspond à la consommation des appareils toujours branchés ou en veille, tels que réfrigérateur, livebox, ordinateurs, etc. Une pompe de piscine qui fonctionne principalement en période estivale peut être aussi partiellement alimentée grâce à un tel système.

Une installation de ce type nécessite donc de bien connaître sa consommation électrique de base et ses variations dans le temps. C’est d’ailleurs un excellent prétexte pour regarder de plus près les caractéristiques de cette consommation, quitte à ajuster ses habitudes de vie pour l’optimiser…En tout état de cause, on considère, au vu des retours d’expérience existants, que l’optimum économique permet ainsi de couvrir entre 20 et 40 % de sa consommation électrique annuelle totale, ce qui n’est déjà pas si mal !

Selon ENEDIS (ex ERDF, responsable du réseau de distribution d’électricité en France), on considère qu’il existe actuellement en France de l’ordre de 20 000 foyers consommant leur propre électricité, un chiffre très probablement appelé à se développer dans les années à venir. Le département Alpes-du-Sud d’ENEDIS vient d’ailleurs de réaliser une opération pilote d’autoconsommation photovoltaïque collective, une grande première en région PACA.

Maquette du projet des Colibres avec les ombrières photovoltaïques (source © TPBM)

Il s’agit en l’occurrence d’un projet d’habitat participatif porté par l’association Les Colibres, sur la commune de Forcalquier, dans les Alpes de Haute-Provence. Lancé en 2013 par un groupe de familles militantes, suite à un précédent projet de la mairie qui avait avorté, le projet consiste en la construction de 11 logements répartis dans 3 bâtiments à ossature bois installés sur une parcelle communale d’un peu plus de 4 000 m2 seulement. Plusieurs parties communes (buanderie, chambres d’amis, atelier, garage à vélo, jardin) sont partagées entre les membres du collectif.

Le groupe d’auto-constructeurs, formé début 2014 et dont les premières familles ont emménagé fin 2017, compte en son sein plusieurs professionnels aguerris dont un urbaniste, une avocate, l’architecte du projet, et le directeur d’une structure associative d’accompagnement de projets d’habitat participatif. Il s’est constitué en société civile immobilière d’attributions (SCIA), une structure juridique adaptée à ce type de projet collectif et qui est donc la personne morale avec qui ENEDIS a conventionné.

Chantier des Colibres à Forcalquier (photo © Les Colibres)

En l’occurrence, la production photovoltaïque est assurée via des ombrières intégrées à l’architecture des bâtiments sous forme de casquettes, avec une puissance totale installée de 16 kWc. La consommation électrique étant évaluée à 2 kW par logement, la production est redistribuée de manière intelligente, grâce à la pose de compteurs Linky, en fonction de l’occupation et des besoins de chacun des logements.

La convention passée avec ENEDIS permet à ce dernier de procéder au relevé des compteurs communicants, de calculer les quantités consommées et produites par chacun des propriétaires en tenant compte des clés de répartition définies au sein du groupe, mais aussi d’émettre toutes les données utiles à la rémunération des autres fournisseurs (car bien sûr le dispositif n’est pas autosuffisant), du responsable d’équilibre et du gestionnaire du réseau public de distribution.

Un bel exemple, parmi d’autres, qui montre en tout cas qu’ENEDIS est désormais en capacité de gérer ce type de demande avec une souplesse que l’on n’imaginait pas de la part de l’héritier d’une longue tradition de centralisme énergétique à base de nucléaire… Il se murmure d’ailleurs que la nouvelle réglementation thermique en préparation pour 2020 pourrait présenter des avancées dans ce domaine en incitant les constructeurs de bâtiments neufs à prévoir dès l’origine des dispositifs facilitant l’installation de panneaux photovoltaïques pour une part d’autoconsommation : la transition énergétique se met peu à peu en marche…

L.V. 

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