KATULU ? n°53

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Ce nouveau numéro du cercle de lecture Katulu ? affilié au Cercle Progressiste Carnussien vous fera découvrir de nouvelles oeuvres en espérant vous faire partager ses coups de coeur et son plaisir de la lecture. Retrouvez l’intégralité des notes de lecture de ces livres (Katulu53). Si vous aussi vous avez envie d’échanger en toute convivialité autour de vos dernières lectures, venez nous rejoindre pour nos prochaines réunions !

Paris est une fête

Ernest Hemingway (1899-1961)

Une trentaine d’années après son passage dans la ville lumière, entre 1957 et 1959, Hemingway travaille sur les « Vignettes parisiennes » nom qu’il donne alors à ses récits de «fragments de vie». Quand Hemingway meurt en 1961 son ouvrage est inachevé et sans titre ! C’est son épouse Mary qui décidera de l’appellation retenue, suggérée par l’expression « A moveable feast » utilisée par Hemingway, un jour de 1950 : « Si vous avez eu la chance de vivre à Paris quand vous étiez jeune, quels que soient les lieux visités par la suite, Paris ne vous quitte plus, car Paris est une fête mobile ».

Il s’agit d’un récit de souvenirs du Paris des années 20, celui qu’Hemingway a connu lorsqu’il y vivait avec sa première femme Hadley. « Mais tel était le Paris de notre jeunesse, au temps où nous étions très pauvres et très heureux ». C’est un peu comme si, sortant des photos d’une boîte et regardant chacune d’elles, on se souvenait de l’endroit où on était et des gens avec qui on vivait. C’est donc une collection d’instantanés, chacun illustrant un aspect de la vie parisienne ou une relation.

Il réalise alors son rêve d’écrire, à Paris « La ville la mieux faite pour permettre à un écrivain d’écrire ». Gertrude Stein l’encourage dans cette voie et lui apprend à « décortiquer » son style, le pousse à supprimer tous les mots inutiles et vulgaires : « Vous ne devez rien écrire qui soit inaccrochable ».

La vignette « Nada y pues nada », rédigée en 1961, doit conclure son recueil de souvenirs. Il y fait allusion au traitement d’électrochocs qu’il vient de subir et à sa santé défaillante « Cet ouvrage contient des matériaux des remises de ma mémoire et de mon cœur. Même si l’on a trafiqué la première, et si le second n’est plus ». Il peine à cacher la mélancolie qui s’empare de lui. Quelques temps après il se suicide d’une balle dans la tête.

Antoinette

Ma part de Gaulois

Magyd Cherfi

Ce livre est l’histoire d’un jeune issu d’une famille d’origine algérienne et vivant dans la banlieue de Toulouse, dans la Cité des Izards : « petit beur de la rue Raphaël ». Ce garçon a une famille pour qui l’école a de l’importance et surtout la mère qui durant toute la scolarité de ses enfants a contacté les professeurs pour être sûre que tout se passait bien pour eux.

Deux thèmes sont abordés :

– La Culture, l’apprentissage du Français nécessaire à l’intégration. La place du Français pour Magyd mais souvent le roman fait la part belle au « parler des cités » !

– L’intégration des peuples venus d’Afrique du Nord dans les année 60 et la place des femmes.

L’auteur, Magyd Cherfi (photo © Polo-Garat)

Magyd : un jeune Beur qui voulait être « le Victor Hugo des banlieues », passionné par la littérature, la poésie : « j’étais dans la cité comme un magicien des mots et m’en léchais la plume » mais modeste il sent ses faiblesses et parle même de « scribouillage », il était la plume du quartier ! « A défaut d’être mec, je me suis fait plume et ma haine, plutôt que des poings, s’est servie d’un stylo »

Malheureusement, le fossé se creusait entre lui et ses potes de la Cité : « on t’aime pas parce que tu nous ressembles et que tu cherches à pas nous ressembler, tu cherches quoi avec tous ces mots que tu apprends ? ». La montée de l’Islamisme et du Salafisme le consterne « J’ai du mal à me projeter tant l’avenir est incertain. Par exemple, plus jeune, je n’aurais imaginé que tant de filles se voileraient. Je m’étais dit la démocratie, la République pour tous vont entraîner une adhésion à des valeurs, à un patrimoine commun ».

Son style met en évidence cette difficulté à se positionner dans la vie : « je dois rester le Magyd de la rue que j’ai été. Si je ne veux pas me perdre, je ne dois pas laisser le Magyd de l’érudition tout seul, alors je dois tricoter les deux langues. Je suis un schizophrène de la littérature, c’est une manière d’être entier. Écrire c’est me chercher et me trouver ».

Josette J.

La vie de ma voisine

Geneviève Brisac

Ce livre raconte la vie d’Eugénie Plocki, née en 1927 de parents juifs polonais, Rivka et Nuchim, pendant la deuxième guerre mondiale. Rivka la mère a quitté son village à 18 ans. C’était l’aînée de 12 frères et sœurs, militante de 20 ans, féministe, dégoûtée des injustices et des violences.

En 1924 elle rencontre Nuchim qui est arrivé en France en 1920. En 1925 naît Eugénie, déclarée française (droit du sol) et en 1928 arrive un garçon Maurice. « Nous n’étions pas riche mais tout allait bien ». La mère, un cerveau, travailleuse infatigable apprend la langue française qu’elle parle sans aucun accent. Le père, lui, raconte la vie de sa famille : les assassinats, le parti, Trotski, la mort de son frère assassiné, les amis arrêtés les uns après les autres.

Geneviève Brisac (photo © Brice Toul / Getty)

En 1936 : voyage à Varsovie pour connaître la famille de la mère, 36 heures de train dans l’Allemagne nazie, Jenny gardera un très mauvais souvenir de ces gens qu’elle ne comprend pas elle dira « je ne me sens pas juive ». En 1940 premières mesures anti-juives les rafles, plus de travail, l’étoile jaune dès 1942, la peur, puis l’arrestation le 16 juillet 1942 : « les enfants français peuvent partir ».

Après vérification de leurs identités, Jenny et son frère sont libérés. Nuchim et Ricka vont dire à leur enfants en quelques minutes tous ce qu’ils savent de la vie des hommes, de l’amour de la vie. Ils ont deux heures pour se dire adieu et la mère explique à sa fille l’inventaire de la maison, la lessive, le repassage, les courses… Ils ne se reverront jamais.

Au milieu des années 1950, Jenny qui est devenue institutrice (elle n’a pas voulu d’autres classes que le cours préparatoire) rencontre Charlotte Delbo qui va lui raconter les camps .

L’auteur a mis tout son art au service de ces événements si tragiques. Au-delà de la vie de Jenny elle raconte d’autres histoires, des personnages qui mériteraient eux aussi un livre. Ce livre est un petit bijou de finesse de sensibilité

Suzanne

Petit pays

Gael Faye

L’auteur raconte l’enfance de Gabriel, dit Gaby, dans une impasse résidentielle d’un quartier bourgeois de Buzumbara, la capitale du Burundi. Il a dix ans et sa petite soeur Ana en a trois de moins. Avec sa soeur, son papa blanc aux yeux verts et sa maman Tutsi réchappée du premier massacre rwandais, il raconte promenades et pique-nique au bord du lac. Avec ses camarades, on participe à ses jeux au bord de la rivière ou à travers les jardins de manguiers. Avec l’institutrice, Madame Economopoulos, on prend part à sa découverte des livres.

L’auteur, Gaël Faye (photo © Jérôme Fouquet)

Mais l’ambiance ludique se dissout lentement. Sa mère quitte son père, la maison et les enfants. Les soupçons racistes apparaissent. La violence se généralise. On tue dans la rue, dans les jardins, puis les maisons. Le père évacue ses deux petits vers la France…

Gaby, à trente ans, retourne au pays pour recueillir un héritage de livres. Tout est apaisé mais il ne reconnaît pas les lieux de son enfance. Murs et barbelés ont remplacé les bosquets de bougainvilliers. Elliptique et insoutenable, la folie colle à l’âme des rescapés !

Gabriel, le narrateur s’est réfugié dans les livres et le déni pour ne pas voir le sang répandu et l’horreur des cadavres allongés si simplement dans les caniveaux, il raconte sans pathos, avec des mots d’enfant bien élevé l’horreur de tous les jours. « J’érigeais ma vie en forteresse et ma naîveté en chapelle ».

Frisson dans le dos ! Le lecteur suit l’auteur sans porter de jugement, s’exclamant comme lui : « quel gâchis, l’Afrique ! »…

Roselyne

Remède de cheval

M.C. Beaton

Agatha Raisin, détective bien connue des lecteurs de M.C Beaton, revient dans son petit village de Carsely, après un séjour aux Bahamas où, sous prétexte d’y passer des vacances, elle cherchait la compagnie du séduisant James Lacey, son voisin qui avait laissé entendre qu’il partait pour Nassau, capitale de l’archipel. Il faut dire que James, colonel à la retraite, est un irréductible célibataire et entend le rester, et sa voisine, elle, une redoutable chasseresse lorsqu’il s’agit de conquérir un homme.

L’auteur MC Beaton

Les autres personnages :

– Paul Bladen, vétérinaire, beau quadragénaire, a ouvert un cabinet à Carsely. Ce dernier ne désemplit pas de toutes ces dames venues avec leur matou.

– Bill Wong, sergent à Carsely, a beaucoup d’estime pour Agatha.

– Lord Pendelberry : propriétaire de chevaux.

Lorsqu’il fait appel au vétérinaire pour s’occuper d’un cheval, c’est le drame dans les écuries : Paul Bladen est retrouvé mort. Accident ou assassinat ? Agatha et James commencent leur enquête.

Une des dames interrogée, Mrs Joseph, qui détestait le vétérinaire parce qu’il avait euthanasié son chat est découverte sans vie dans sa salle de bain ; elle était diabétique… alors le diabète est-il la cause de ce décès ou s’agit-il d’un nouveau meurtre ? L’enquête devient plus dangereuse et Agatha mettra sa vie en péril.

Ghislaine

De l’âme

François Cheng

Cet ouvrage est un recueil de lettres écrites par François Cheng à une amie. C’est le cheminement philosophique, empreint de poésie, de l’intime conviction spirituelle de François Cheng, en tant que Chinois, taoïste et chrétien, qui est tracé au fil des lettres.

L’académicien François Cheng

Il exprime des interrogations : le cœur, morceau de chair qui bat est-il le moteur de la vie, ou bat-il au nom du principe de vie, un vouloir vivre, un désir d’être qui maintient le cœur en marche ? Ces interrogations le conduisent du simple  « niveau instinctif du vouloir-vivre » à un « désir d’être » plus élevé, celui du « Désir initial grâce auquel l’univers est advenu ». L’âme lui semble en nous depuis notre naissance, d’abord en tant que pré-langage : « l’esprit raisonne, l’âme résonne », « l’esprit est Yang, l’âme est Yin ».

L’esprit est là pour prendre conscience de la réalité de l’âme. Elle demeure le fait de l’unité de la présence de l’Un dans l’univers. L’âme, marque de l’unicité de chaque personne, lui assure « une unité de fond et, par là, une dignité, une valeur, en tant qu’être ».

L’âme n’exclut pas la souffrance, souffrance qui appelle le partage qui nous relie. « Le fait que chaque être est unique ne l’isole nullement dans un écrin exceptionnel »… La souffrance seule peut éventuellement l’arracher à sa vanité illusoire » et le rendre ainsi « capable d’accorder à l’autre respect et valeur, base à partir de laquelle naît la possibilité de l’amour ».

Dans les dernières pages de son livre, François Cheng se questionne « Suis-je dans le vrai ? C’est une question qui me dépasse ». Toutefois l’âme demeure pour lui, même si le corps entre en déchéance et l’esprit en déficience.

Ce livre ne donne pas une définition de l’âme, il n’affirme rien. Il s’agit plutôt d’une invitation à accompagner l’auteur sur le chemin de sa pensée. Il nous fait découvrir, en nous éblouissant par l’immensité de sa culture, par son extrême sensibilité, sa vision poétique de la vie.

Antoinette

No Home

Yaa Gyasi

Du 18° au 20° siècle, l’auteur fait vivre (de façon alternée) la descendance respective de deux demi-sœurs qui ne se connaîtront jamais. Une branche restera en Afrique, sur la côte de l’Or (Ghana), l’autre sera « embarquée » comme esclave en Amérique du Nord.

L’auteur, Yaa Gyasi

Chaque chapitre (14 en tout) est une véritable « nouvelle ». On laisse un personnage pour retrouver sa descendance 15 ou 20 ans plus tard dans un chapitre suivant. Ces ruptures donnent au livre un rythme très particulier, « le lecteur en sachant plus que chaque personnage sur ses ascendants ».

Le sujet unique de ce roman : où et quand finit l’esclavage ? Que ce soit en Afrique ou en Amérique, cette histoire familiale retrace la souffrance des êtres humiliés, meurtris par leurs semblables, des vies déchirées, anéantis par la soif de pouvoir et d’argent. L’Histoire se répète et, de chapitre en chapitre, l’espoir est une lueur bien faible.

Qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui, « être noir » aux États-Unis ? Un livre passionnant, fort, sans pathos, une réflexion historique, un regard sur un phénomène bien trop souvent classé comme « du passé ».

Marie-Antoinette

Article 353 du Code Pénal

Tanguy Viel

Le décor est posé dès les premières pages : le meurtre… Puis c’est l’accusé face au juge : un long monologue, à la première personne. Il parle au juge, il se parle à lui-même. Il explique, il constate, se dévoile, garde ses secrets.

L’auteur, Tanguy Viel (photo © Patrice Normand)

Une écriture adaptée au personnage : un quinquagénaire, ouvrier licencié des chantiers navals, courageux, bosseur ; un fils qu’il élève seul ; l’épouse est partie. Un homme vieilli par les infortunes et les échecs, un homme floué par les promesses d’un promoteur ; d’autres se sont suicidés.

« Un grand roman social » dans la France des années 80, les années « fric » et la question : la violence physique est-elle légitime face à la violence des puissances de l’argent ?

Un livre d’une force et d’une intensité impressionnantes non seulement par les idées qu’il défend mais aussi par son style d’écriture. Et puis il faut lire l’article 353 du Code de procédure pénale… un conseil bien utile pour certains !

Marie-Antoinette

Deux petits pas sur le sable mouillé

Anne-Dauphine Julliand

C’est le récit de la vie d’une famille où une petite fille est atteinte d’une maladie génétique orpheline, la leucodrystrophie métachromatique, qui se traduit par la destruction progressive de la myéline, la gaine des nerfs qui permet la transmission de l’influx nerveux. La petite fille a deux ans et on a remarqué qu’elle ne marchait pas normalement d’où le titre. Elle mourra un an et demi plus tard.

Au moment où la famille apprend ce dont souffre leur petite fille, la mère est enceinte. Elle ne veut pas savoir si le fœtus est atteint ou pas. Ils vont vivre une fin de grossesse difficile. La naissance se passe bien. C’est une autre petite fille. Malheureusement elle est aussi atteinte du même déficit. Les médecins leur proposent une greffe de moelle osseuse pour essayer d’enrayer cette maladie. C’est ce qu’ils vont faire en déménageant toute la famille de Paris à Marseille le temps de la greffe soit 4 mois.

Anne-Delphine Julliand (source : La chaîne du coeur)

Pendant ce temps la première petite fille a plusieurs fois besoin de soins hospitaliers. Les deux enfants seront donc à la Timone à des services différents. On imagine l’organisation familiale pour réguler la présence des parents auprès du tout petit bébé 5 mois et auprès de l’autre petite fille.

Aucun misérabilisme. Ce livre est un concentré de résilience, vivre jour après jour en se saisissant de tout ce qui peut être positif. C’est un concentré de solidarité intra et extra familiale, une œuvre coordonnée avec les soignants pour éviter la souffrance et privilégier le bien être de l’enfant. Appeler à l’aide quand on est au fond du trou, prendre quelques jours de congé même si toute la famille n’est pas ensemble pour souffler, pour vivre avec l’aîné des enfants un petit garçon qui va bien. C’est un hymne à l’Amour, à la force du lien entre les parents, les enfants, la nounou la famille, les amis, ce qu’ils sont capables de mobiliser et de donner. « Il faut ajouter de la vie aux jours lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie ».

Cécile

Comment Baptiste est mort

Alain Blottière

Enlevé dans le désert par un groupe de Djihadistes avec ses parents et ses frères, Baptiste sera le seul libéré après plusieurs semaines de captivité. L’auteur nous fait entrer dans la tête d’un adolescent qui a vécu l’indicible, la destruction lente et préméditée de sa personnalité qui le transformera en tueur.

L’auteur, Alain Blottière

Le roman alterne entre un dialogue (débriefing avec un psychologue) et la narration des événements. Les nombreuses pages de dialogue sont présentées de façon originale : topographie particulière, phrases courtes, avec des espaces figurant les silences, le mystère, les secrets, les zones d’ombre, comme un halètement. Une manière d’écrire qui fait passer l’effroi, qui glace.

Peu à peu se révèle l’histoire extraordinaire et cruelle vécu par Baptiste que ces ravisseurs appellent « Yumaï ». Baptiste est mort, survit Yumaï… Mais à quel prix ?

Un sujet d’actualité des plus brûlant (l’auteur s’est inspiré d’un fait réel), traité de façon magistral. Un livre terrifiant, glaçant qui ne peut laisser indifférent.

Marie-Antoinette

Un trou dans la toile

Luc Chomarat

Thomas, un créatif travaillant dans une grande agence de publicité, sentant venir son licenciement, accepte un poste d’observateur dans une agence para-gouvernementale.

L’auteur, Luc Chomarat

Sous la direction de Buzzati, il doit prouver l’existence ou la non-existence de « l’inconnu » qui sévit sur la toile. Qu’il le traque Outre Atlantique ou qu’il le cherche avachi les pieds sur son bureau, il a ressenti sa présence par deux fois.

Sa très ravissante femme Liane, Omar son petit garçon de trois ans, Fjord la glaciale fille de sa femme, son ami d’enfance Christian et Emile, le geek qui travaille à ses cotés, ne pourront le retenir. Happé par sa recherche, au hasard de ses pas, il va franchir le rideau de perle au fond d’une ultime boutique de souvenirs.

Le web n’apportera pas de réponse à son aventure personnelle. Trouvera-il une solution métaphysique pour apaiser ses doutes ? Drôle de héros pour un triller virtuel.

Roselyne

Maman a tort

Michel Bussi

Malone, 3 ans, et Gouti, son doudou, sont les personnages phare de ce polar bien ficelé dans lequel on se rend compte qu’on a rien compris, quand on croyait avoir compris.

L’auteur, Michel Bussi

Quel rapport entre ce cambriolage qui tourne mal et l’enfant ? Et ce doudou, c’est un chien, un cochon ? De quel pouvoir est-il doté pour avoir un tel ascendant sur l’enfant ?

Vasile, le psychologue scolaire est le seul à croire Malone qui affirme que sa maman n’est pas sa vrai maman. Les souvenirs d’un enfant de cet âge s’effacent vite, mais ceux de Malone semblent tenaces. Vasile fait part de ses doutes à la commandante Marianne Augresse qui enquête sur le cambriolage et aura du mal à débrouiller les fils de cet écheveau tout en essayant de donner un sens à sa vie.

Et sans être un roman à l’eau de rose, des rayons de soleil viendront éclairer le mot F I N.

Josette M.

Quelques titres à partager : « ma valise » pour l’été

QUAND ROMAN RIME AVEC POÉSIE

Le poids du papillon – Erri De Luca

Face à face entre le chamois, « le Roi » de la harde d’une taille et puissance exceptionnelle et le braconnier qui veut abattre le seul animal qui lui a toujours échappé. Entre eux deux il y a la délicatesse des ailes d’un papillon blanc : « ce fut la plume ajoutée au poids des ans, celle qui l’anéantit ». Ce récit est « une épure poétique d’une très grande beauté. Erri De Luca un talent de conteur hors du temps ».

Le dimanche des mères – Graham Swift

Comme chaque année les aristocrates anglais donnent congés à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche. Que faire quand on est orpheline ? Le destin en cette journée de 1924 transformera une jeune servante en écrivain. Raffinement, délicatesse, sensualité et nostalgie, « un petit chef-d’œuvre, concis et grisant à la fois ».

Luxueuse austérité – Marie Rouanet

Luxueuse austérité, c’est la vie dans le décors d’autrefois où la maîtresse de maison donnait sa vie du lever au coucher du soleil pour les travaux innombrables. L’eau est précieuse, la terre aride, l’argent rare… Luxueuse austérité, c’est la vie comme autrefois ; c’est retrouver les gestes d’antan ; c’est redécouvrir les odeurs, les bruits de l’homme, de la nature. Luxueuse austérité, c’est apprivoiser le silence, c’est redonner la valeur aux mots. Une vie dépouillée source de joies insoupçonnables. Une écriture poétique incroyable… Un enchantement !

Le rouge vif de la rhubarbe – Audur Ava Olafsdottir

Dans une nature « close », l’Islande, une histoire toute simple : tendresse des personnages, splendide nature, longue nuit d’hiver, trop longs jours de lumière d’un été très bref… et les rêves d’une petite fille handicapée, conçue dans un champ de rhubarbe sauvage. Une poésie à découvrir.

Le bureau des jardins et des étangs – Didier Decoin

Un « faux » roman japonnais du 12° siècle : portrait de Miyuki, jeune veuve, qui doit remplacer son mari et entreprendre à pied un périple de plusieurs centaines de kilomètres. C’est l’art de la description : chaque page est pleine de détails, de précisions sur les gens, les gestes, les habits, les lieux, les ambiances. Ce sont aussi des lignes où l’érotisme perle avec beauté, délicatesse, volupté. C’est encore l’Empire des sens où la subtilité des odeurs trouve son apogée lors du concours des parfums « takimono awase ». Un livre modèle d’écriture, très construit. Un peu trop parfait… ?

VOYAGE DANS UN AUTRE LANGAGE

L’homme qui entendait siffler une bouilloire – Michel Tremblay

Connaissez-vous le français- québécois : le joual ? Une découverte dans ce roman qui au-delà de l’écriture est une leçon de vie : comment l’homme réagit-t-il lorsque la maladie devient partie intégrante de son être ? 179 pages de lutte pour trouver la solution en un seul mot.

Des coccinelles dans des noyaux de cerises – Nan Aurousseau

Un tueur en série, rusé, intelligent, qui sculpte des coccinelles dans des noyaux de cerises mais surtout qui arnaque un voyou du grand banditisme, c’est rare, c’est très fort ! Un récit à la première personne, « une histoire solide, qui tient debout » comme dit son auteur, de l’humour noir, une tragédie sans pathos… inspirée de faits réels. Il faut se laisser surprendre par le style d’écriture « inventé pour ce récit ». Étonnant, surréaliste !

Les Harmoniques – Marcus Malte

Lorsque la poésie et le jazz se transforme en concert littéraire ! Un polar saisissant, rude… et une plongée dans la guerre de l’ex-yougoslavie qui remplit d’effroi.

RÉFLEXIONS POUR LE MONDE D’AUJOUD’HUI

Le silence même n’est plus à toi – Asli Erdogan

Chroniques de la romancière turque qui lui valurent son emprisonnement en août 2016 suite à la tentative du coup d’état de juillet. Libérée quatre mois plus tard suite à des pressions internationales, Asli est sous surveillance en attente de procès. Son délit : écrire dans un journal pro-kurde pour dénoncer toutes les atteintes à la liberté d’opinion ; se battre pour les droits des femmes. « Briser l’étau du silence », tel est l’objectif des éditions Actes Sud. Un témoignage d’une dureté extrême sur la Turquie actuelle,d’une écriture magnifique ce qui le rend encore plus poignant. Faire de la lecture de ce livre un témoignage de solidarité.

Il se passe quelque chose – Jérôme Ferrari

L’auteur réunit dans un ouvrage des chroniques (22 textes) qu’il a écrites de janvier à juillet 2016 dans le journal « La Croix ». « Elles s’intéressent toutes à un certain usage du langage et, plus exactement, à la façon dont les mots perdent tout contact avec la réalité. » De la déchéance de la nationalité à la liberté d’expression, de la réforme de l’orthographe à la rhétorique des hommes politique, il donne aux lecteurs des éléments objectifs ou critiques. Professeur de philosophie, pétri de classicisme J. Ferrari oblige à la réflexion, qu’on apprécie ou non sa dialectique.

Marie-Antoinette

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