Carnoux : une conférence sur les CIQ à Marseille

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Cesare Mattina, enseignant-chercheur en sociologie

Cesare Mattina, enseignant-chercheur en sociologie

Dans le cadre des conférences organisées régulièrement par le Cercle Progressiste Carnussien, le sociologue Cesare Mattina interviendra vendredi 22 janvier 2016 sur le thème de la légitimation politico-institutionnelle des Comités d’Intérêt de Quartier (CIQ) à Marseille. Enseignant-chercheur au Laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES-CNRS) et à Aix-Marseille Université, Cesare Mattina est un spécialiste de la sociologie politique dont les sujets de prédilection concernent en particulier les questions de gouvernance et de démocratie participative, avec leurs dérives pathologiques que sont les relations politiques clientélaires, voire les systèmes mafieux.

Enseignant en sociologie urbaine et en sociologie politique, il anime depuis 2014 un programme de recherche franco-allemand sur la politique et la corruption mais a aussi travaillé, notamment avec Laurent Mucchielli, sur le trafic de drogue à Marseille, mais aussi sur la gestion des risques industriels dans le Val de Durance ou sur les phénomènes de criminalité organisée en Italie. Ses investigations l’ont aussi conduit à s’intéresser au fonctionnement des Comités de quartiers et conseils de quartiers (CIQ) dans les agglomérations de Nice, Toulon et Marseille.

C’est sur cette dernière thématique qu’il axera sa prochaine conférence prévue à Carnoux le 22 janvier prochain. Dans une perspective d’analyse socio-historique du rôle du secteur associatif et de leurs dirigeants dans le gouvernement de la ville de Marseille, il analysera le processus historique de légitimation par le pouvoir politique marseillaise de Comités d’Intérêt de quartier (CIQ) comme acteurs incontournables de la définition des problèmes locaux et de « proximité » et plus généralement du gouvernement de la ville.

Gaston Deferre

Gaston Deferre

Pour certains d’entre eux, nés dans les années 1890, en grand essor dans les années 1920, puis affaiblis entre la période vichyste et les années 1950, les Comités d’Intérêt de Quartier (CIQ) marseillais font résurgence concomitamment avec la nouvelle poussée de l’urbanisation des années 1960. D’une part, les CIQ proches des idées communistes et du PCF reprennent leurs activités tout particulièrement dans les quartiers au nord et à l’est de la ville. D’autre part, face à l’affaiblissement considérable des patronats d’entreprise au sortir de la guerre, face au recul de l’enracinement des cercles de sociabilités catholiques souvent liés aux partis de sa majorité, Gaston Defferre et ses camarades se voient obligés de réinvestir ces mondes associatifs de quartier dans l’objectif affiché est de mieux saisir et canaliser les nouvelles demandes provenant de la société urbaine.

Certes, ces associations et leurs membres ne vont pas recevoir les mêmes avantages dérivant de la redistribution clientélaire des ressources dont bénéficient les employés municipaux, les salariés du Provençal ou les entourages d’associations « communautaires ». Les ressources matérielles allouées par la mairie se limitent essentiellement à des petits locaux mis à la disposition des CIQ et aucune subvention publique n’est autorisée par les statuts des comités et de leur Confédération Générale. Cependant, c’est du côté des ressources symboliques et de reconnaissance notabiliaire que les CIQ bénéficient d’une très grande légitimation de la part des différentes majorités se succédant à la mairie. Malgré les récurrents débats médiatiques sur leur déclin, cette hyper-légitimation qui leur a été accordée fait, à partir des années 1960, des CIQ un acteur structuré et quasi-incontournable du gouvernement de la ville, capable de suggérer, de proposer et parfois d’imposer des visions de l’urbain et de la cité à différentes échelles (principalement mais pas uniquement, celle du « trottoir », des rues et des places, du quartier, de l’arrondissement).

AfficheConfMattina_A4coulCesare Mattina montrera comment cette hyper-légitimation des CIQ, construite dans le temps long, est essentiellement de trois types : une légitimation notabiliaire concernant davantage leurs présidents que la structure associative en elle-même; une légitimation institutionnelle qui les érige au rang même de composantes du pouvoir municipal ; une légitimation territoriale, du fait de pouvoir s’octroyer et voir reconnue une représentativité quasi-absolue du « quartier ».

Comme toutes les conférences organisées par le CPC, l’entrée est gratuite et ouverte à tous, avec un débat en direct avec l’intervenant à la suite de sa présentation. Alors venez nombreux, vendredi 22 janvier à partir de 18h30, dans la salle du Clos Blancheton !

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Une Réponse to “Carnoux : une conférence sur les CIQ à Marseille”

  1. Bientôt la conférence sur les CIQ à Marseille… | Cercle Progressiste Carnussien Says:

    […] vendredi 22 janvier 2016 qu’aura lieu la prochaine conférence organisée par le Cercle Progressiste Carnussien. Présentée par Cesare Mattina, […]

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