Élections régionales 2015 : quelles perspectives ?

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Dans trois mois aura lieu le premier tour des prochaines élections régionales, le 6 décembre 2015, et bien malin qui pourrait dire ce qu’il en ressortira… Une chose est sûre néanmoins : la Gauche qui dirige, depuis 2010 et souvent depuis bien plus longtemps, 21 des 25 Conseils régionaux actuels (à l’exception de l’Alsace, de la Guyane et de la Réunion) risque fort de devoir céder du terrain, dans la droite ligne des élections municipales, départementales, sénatoriales, et européennes qui se sont toutes soldées par des défaites relativement sévères…

La nouvelle carte des 13 régions métropolitaines

La nouvelle carte des 13 régions métropolitaines

Le contexte de ces élections qui se profilent est toutefois assez particulier. Depuis le dernier scrutin, qui remonte à mars 2010, le paysage a bien changé. Le territoire métropolitain sera désormais divisé en 13 régions à partir du 1er janvier 2016, en lieu et place des 22 qui préexistaient et la fusion s’est bien souvent faite dans la douleur…

La compétence des régions s’est renforcé également à l’occasion de la loi récente de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles adoptée en janvier 2014, puis de celle portant sur la nouvelle organisation territoriale de la république et qui vient tout juste d’être votée. La Région est désormais clairement identifiée comme chef de file sur de multiples compétences dont le développement économique, la formation professionnelle, la gestion des lycées, les transports ferroviaires régionaux, mais aussi la gestion de nombreux schémas d’aménagement du territoire et le développement des grandes infrastructures, au travers notamment des contrats de plan État-Région. Un rôle qui s’accroît au détriment de celui des départements, la région et l’intercommunalité sortant nettement renforcées des récentes évolutions législatives en matière d’organisation territoriale.

Christophe Castaner, député-maire de Forcalquier (photo © J. Matheron / AFP)

Christophe Castaner, député-maire de Forcalquier (photo © J. Matheron / AFP)

La Région PACA fait partie des rares régions métropolitaines dont les contours restent inchangés. Mais il n’en sera très probablement pas de même quant à son mode de gouvernance. Présidé depuis 1998 par le socialiste Michel Vauzelle qui a été réélu sans difficulté en 2004 et en 2010, le Conseil régional changera forcément de président puisque l’ancien maire d’Arles et éphémère ministre de la Justice de François Mitterrand ne se représente pas. C’est l’actuel député des Alpes de Haute-Provence et maire de Forcalquier, vice-président du Conseil régional délégué à l’emploi et à l’économie jusqu’en 2012, qui devrait mener la liste socialiste lors des prochaines élections.

L’assemblée sortante, élue en mars 2010 et qui compte 123 membres, comporte une large majorité de gauche qui s’appuie sur 41 élus socialiste ou radicaux, 20 écologistes et 11 représentants du Front de Gauche. L’opposition actuelle se partage entre 30 élus de Droite et 21 du Front National. Mais le contexte politique actuel ne paraît guère favorable à la Gauche. Face à la liste conduite par Christophe Castaner, c’est le maire de Nice, Christian Estrosi qui mènera le combat, à la tête d’une liste rassemblant Les Républicains (ex-UMP) et l’UDI, et dont le chef de file dans les Bouches-du-Rhône sera le revenant Renaud Muselier, déjà député européen. A entendre les discours ultra-réactionnaires et xénophobes de M. Estrosi depuis son entrée en campagne, on comprend d’ailleurs que son principal adversaire dans cette campagne ne sera pas la liste socialiste mais plutôt celle du Front National, dirigée par la petite fille de Jean-Marie Le Pen, la jeune députée Marion Maréchal-Le Pen qui entend bien confirmer lors de ces prochaines élections les bons scores récents de ce parti dans plusieurs des départements de PACA.

Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi (photos © B. Horvat et V. Hache / AFP)

Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi (photos © B. Horvat et V. Hache / AFP)

Les débats entre ces deux listes promettent d’être assez nauséeux, avec un vrai risque de surenchère autour de politiques de repli sécuritaire. Mais curieusement, la Gauche préfère aborder ces élections de manière désunie. Les écologistes, dont la tête de liste devrait être la Marseillaise Sophie Camard, présidente du groupe EELV à la Région, ont en effet refusé de s’associer à leurs alliés socialistes et feront donc liste à part au premier tour, sauf peut-être à s’allier au Front de Gauche, mais rien n’est encore décidé de ce côté. Une chose est sûre, les communistes et le Parti de Gauche, emmenés par Jean-Marc Coppola, vice-président du Conseil régional en charge des lycées et du patrimoine, refusent également de faire liste commune avec les socialistes. Une stratégie qui globalement arrange bien leurs adversaires de Droite et d’Extrême-Droite…

Jean-Marc Coppola et Sophie Camard

Jean-Marc Coppola et Sophie Camard

Que ressortira t-il de ce joyeux pastis dans lequel chacun semble chercher à tirer la couverture à lui sans guère se préoccuper pour l’instant de bâtir un quelconque programme ? L’avenir le dira. Les règles du scrutin sont certes plutôt favorables à un émiettement des candidatures au premier tour puisqu’il suffit de 5 % des suffrages exprimés pour pouvoir fusionner avec une autre liste et 10 % pour se maintenir au second tour. Mais cela reste un suffrage majoritaire, contrairement à celui qui prévalait en 1986, à l’époque où Jean-Claude Gaudin dirigeait sans aucun état d’âme la Région PACA avec ses alliés du Front National. Désormais, la liste arrivée en tête du 2ème tour obtient d’emblée 25 % des sièges et le reste se partage à la proportionnelle, de telle sorte que la liste majoritaire, même avec 33 % des suffrages obtient la majorité absolue des sièges.

Reste à voir si la stratégie de division de la Gauche au premier tour de ces élections est la meilleure pour espérer arriver en tête du second tour face à des listes de Droite et d’Extrême-Droite emmenées par des ténors très médiatisés et qui se présentent soudés face à leurs électeurs ?

L.V.  LutinVertPetit

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4 Réponses to “Élections régionales 2015 : quelles perspectives ?”

  1. L’image du Parti Socialiste en prend un coup… | Cercle Progressiste Carnussien Says:

    […] de la Gauche s’apprêtent à se présenter sur des listes adverses pour les prochaines élections régionales en région PACA et […]

  2. Régionales 2015 en PACA : 10 listes en lice | Cercle Progressiste Carnussien Says:

    […] tout cas, ce n’est pas l’offre politique qui manquera lors des prochaines régionales, et l’électeur aura largement le choix pour le premier tour puisque ce sont pas moins de 10 […]

  3. Le Nord de la France prend de la hauteur… | Cercle Progressiste Carnussien Says:

    […] françaises ont vu leur nombre se réduire significativement à l’occasion de la récente réforme territoriale adoptée fin 2014 et qui est entrée en vigueur au 1er janvier 2016. Certaines […]

  4. Horizons Sud : un bilan mitigé pour la région PACA | Cercle Progressiste Carnussien Says:

    […] tout en renforçant la structuration intercommunale, et ceci dans le contexte du redécoupage des Régions françaises, le SRADDET est en réalité un nouveau schéma régional de planification qui fusionne plusieurs […]

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