Serions-nous trop nombreux sur Terre ?

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Blog115_PhLivre1« Bientôt 10 milliards d’humains sur Terre. Combien de temps encore la planète pourra-t-elle fournir l’eau, la nourriture, l’énergie nécessaires ? » C’est en ces termes que s’interroge l’Américain Alan Weisman dans son dernier livre intitulé « Compte à rebours, jusqu’où pourrons-nous être trop nombreux sur Terre ? », publié en janvier 2014.  Ses réflexions, issues de voyages dans des endroits particulièrement peuplés de la planète, rejoignent celles d’un ouvrage collectif paru récemment sous la direction de Michel Sourrouille et au titre évocateur « Moins nombreux, plus heureux ». Blog115_PhLivre2De quoi relancer le débat autour de la question démographique en prenant appui sur des arguments écologiques… C’est la réflexion à laquelle se livre Reporterre, le « quotidien de l’écologie », qui propose un éclairage très intéressant sur la question, signé de Barnabé Binctin.

Certes, ces théories ne sont pas nouvelles, largement popularisées par le pasteur anglais Thomas Malthus dans son célèbre « Essai sur le principe de population » publié en 1798, puis reprises avec succès par Paul Ehrlig dans son ouvrage intitulé « La Bombe P » paru en 1968. Elles reposent sur l’idée largement répandue que les ressources de la Terre (et par conséquent ses capacités de production agricole) étant limitées, plus la pression démographique s’accroît, plus il sera difficile de nourrir chacun, ce qui ne peut conduire qu’au chaos au delà d’un certain seuil de population.

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Depuis, la courbe de croissance de la population mondiale a connu un accroissement spectaculaire, triplant entre 1930 et 2000, période pendant laquelle nous sommes passés de 2 à 6 milliards ! D’après le Fonds des Nations Unies pour la population, le seuil des 7 milliards a été allégrement franchi dès 2011 et on se dirige désormais tout droit vers le chiffre pharaonique de 10 milliards d’humains vers 2050, sauf catastrophe planétaire d’ici là…

La question est bien sûr de savoir si la Terre est en mesure de nourrir une population aussi nombreuse, voire tout simplement de la supporter. Au problème des ressources qui sont nécessairement limitées, s’ajoute en effet désormais de nombreux risques liés à l’activité humaine, dont celui du changement climatique, qui peut contribuer à dérégler sérieusement la machine…

Bien évidemment, les réponses à cette question cruciale sont forcément complexes et multiples ! Notre impact sur l’environnement dépend en effet, non seulement de la population mais aussi de notre mode de consommation et de nos choix technologiques : une famille pauvre du Rajasthan ou de Mauritanie ne va pas consommer autant qu’une famille de Parisiens ou de Texans et son empreinte écologique ne sera en rien comparable.

Famille de réfugiés peuls en Mauritanie (photo Irabiha Abdel Wedoud)

Famille de réfugiés peuls en Mauritanie (photo Irabiha Abdel Wedoud)

Nous savons déjà depuis bien longtemps que la Terre n’est pas en mesure de nourrir 10 milliards d’habitants qui souhaiteraient vivre à l’américaine, mais tout est question d’équilibre… Ainsi, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) considère que l’on peut sans difficulté répondre aux besoins alimentaires de 12 milliards d’habitants, mais à condition d’adapter sérieusement nos modes de consommation car pour un même apport alimentaire, la viande nécessite beaucoup plus de ressources que des céréales. L’agronome Marc Dufumier ne dit pas autre chose en expliquant qu’un être humain a besoin de 200 kg de céréales par an pour se nourrir alors que la production mondiale actuelle est de 330 kg par personne : le seul hic est qu’il faudrait une répartition plus équitable de cette production, et nous en sommes loin ! Il en est bien évidemment de même pour ce qui concerne notre empreinte écologique puisque l’on constate que les émissions de CO2 de la Chine ne dépassent celles des Etats-Unis que depuis 2006, malgré une population nettement plus nombreuse à cette date…

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Jacques Véron, chercheur à l’INED (Institut national d’études démographiques) conclut ainsi : « Je ne vois pas aujourd’hui au nom de quoi on pourrait dire que nous sommes trop nombreux. Il ne s’agit pas de nier que la pression démographique a des conséquences sur l’environnement, mais d’éviter les discours réducteurs ou simplistes. Le problème, c’est de considérer que les détériorations environnementales soient du ressort de la démographie au premier degré. Est-ce que si l’on était moins nombreux, on respecterait pour autant plus les forêts et la biodiversité… ? ». Un beau sujet de réflexion pour chacun d’entre nous en effet.

L. V.  LutinVertPetit

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3 Réponses to “Serions-nous trop nombreux sur Terre ?”

  1. Des images de fin du Monde… | Cercle Progressiste Carnussien Says:

    […] pas ». Ce vieux proverbe Cree devient une réalité de plus en plus brutale dans un monde où la surpopulation et la surexploitation des ressources naturelles ont déjà largement ravagé notre environnement, […]

  2. Cercle Progressiste Carnussien Says:

    […] en sommes désormais à plus de 7 milliards d’humains et les projections les plus réalistes en prévoient 9 milliards dès 2050. Depuis des années la quasi totalité du […]

  3. Ressources en eau : le rapport secret de Nestlé… | Résistance Inventerre Says:

    […] en sommes désormais à plus de 7 milliards d’humains et les projections les plus réalistes en prévoient 9 milliards dès 2050. Depuis des années la quasi totalité du […]

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