Financement occulte à Carnoux ? Les voies du Sénat sont impénétrables…

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Après l’Assemblée nationale, c’est au tour du Sénat de dévoiler enfin la manière dont est distribuée la manne financière que constitue la réserve parlementaire. Le site du ministère des finances permet désormais de consulter la répartition de ces petits cadeaux aux collectivités locales, dont le montant atteint quand même la bagatelle de 53,9 millions d’euros pour le seul exercice 2013 !

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C’est beaucoup moins qu’en 2012 où les sénateurs avaient distribué pas moins de 132 millions en subventions de toute sorte, ce qui tendrait à montrer que le fait de rendre publique les effets de cette pratique oblige les parlementaires à une certaine retenue. Rappelons qu’il avait fallu l’acharnement d’un simple citoyen, Hervé Lebreton, président de l’association Regards citoyens, pour que le Sénat accepte de rendre publics ces chiffres à partir de 2011, comme si la démocratie participative ne pouvait se complaire que dans l’ombre et le déni…

Ceci dit, l’examen des chiffres de ce cru 2013 reste riche d’enseignement sur la manière dont fonctionnent nos élus. Il convient bien sûr de les manipuler avec prudence car le tableau communiqué par Bercy pointe les montants réellement versés en 2013 tout en précisant la date à laquelle a été attribuée la subvention. Ceci explique ainsi les 41 € versés pour la réhabilitation d’un ancien presbytère dans l’Allier : un geste bien pingre en apparence mais qui s’avère correspondre au reliquat d’une subvention antérieure… Une explication aussi au geste posthume du sénateur-maire de Roquefort-La Bédoule, Francis Giraud, décédé en octobre 2010, et dont on apprend qu’il vient d’allouer en 2013 100 000 € pour la réfection de l’école maternelle sur sa commune…

Philippe Marini, sénateur de l'Oise

Philippe Marini, sénateur de l’Oise

On constate en tout cas à la lecture de ce tableau que la répartition est loin d’être équitable. Sur les 348 sénateurs, une soixantaine se partagent la moitié du gâteau. Ainsi, Philippe Marini, président UMP de la commission des finances, sénateur-maire de Compiègne dans l’Oise, a versé pas moins de 2,16 millions d’euros dans son département, dont plus de la moitié dans la ville dont il est l’élu. On est très au delà des 150 000 euros distribués en moyenne par chaque sénateur et on imagine qu’une telle largesse ne peut que faciliter la bonne opinion de ses électeurs en faveur de ce grand philanthrope.

Au hasard de la lecture de cette liste de

Bruno Gilles, sénateur des Bouches-du-Rhône

Bruno Gilles, sénateur des Bouches-du-Rhône

subventions à la Prévert, on apprend par exemple que le sénateur UMP des Bouches-du-Rhône Bruno Gilles n’a pas hésité à acheter un tracteur pour la commune de Ventabren, sans doute pour rappeler que le Sénat est avant tout le lieu de représentation du monde rural.

On observe aussi que tel sénateur juge stratégique d’allouer 100 000 euros à l’association des maires des Hautes-Pyrénées : à quelques mois de la campagne pour le renouvellement du Sénat il n’est en effet pas inutile de caresser ses grands électeurs dans le sens du poil…

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Petite surprise locale également à la lecture de ces données puisqu’on y apprend que la commune de Carnoux-en-Provence a bénéficié d’une somme rondelette de 30 000 euros allouée pour « l’aménagement d’un square, rue de l’Ambrous (quartier Lou Caïre) ».

Blog102_PhChalandOn imagine sans peine qu’il s’agit du parc Jean Chaland, récemment réhabilité, mais dont personne à Carnoux n’imaginait qu’il avait été en partie financé par la réserve parlementaire de Mme Annie Jarraud-Vergnolle, ex sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantiques ! Ancienne adjointe au maire d’Anglet, cette dame avait fait son entrée au Sénat en 2006 à la faveur du décès d’André Labarrère, mais n’avait pas réussi à se faire réélire en 2011, se faisant même exclure du Parti socialiste pour avoir voulu à tout prix maintenir sa candidature au second tour contre un écologiste.

Reste à savoir par quel mystère cette éphémère élue au palais du Luxembourg a attribué en 2010 une subvention pour la réfection d’un square sur la commune de Carnoux ? Sans doute le prochain numéro du Messager, toujours attentif à tenir informés les Carnussiens des détails de la vie démocratique locale, nous en apprendra t-il davantage à ce sujet…

L.V. LutinVertPetit

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Une Réponse to “Financement occulte à Carnoux ? Les voies du Sénat sont impénétrables…”

  1. Mais que faisait donc Tony Garnier à Carnoux ? | Cercle Progressiste Carnussien Says:

    […] du Nord, ni un ancien maire de la commune comme Jean Chaland qui a laissé son nom à un autre jardin public de la ville, ni même un de ces anciens officiers de l’armée coloniale, le maréchal […]

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