La mairie et l’apolitisme.

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Fable comique ou consternante….selon l’humeur

En  début de cet an de grâce 2011,  le Cercle Progressiste avait invité le Professeur Bernard Vialettes, chef du service de nutrition à l’hôpital de la Timone pour parler, en professionnel expérimenté, des menaces que font peser sur l’hôpital public les réformes de notre président bien-aimé (par un tiers des français !). La conclusion de sa conférence avait été que cette réforme risquait de nous amener à un hôpital public vendu à la découpe au privé et qu’il n’en resterait qu’un hôpital des pauvres, comme les anciens hospices d’avant 1958.

La présidente du Cercle Progressiste avait rédigé un bref résumé de cette conférence pour l’inclure dans le « Messager », journal de la municipalité de Carnoux, pensant naïvement que le devenir des hôpitaux publics était un centre d’intérêt important pour la population.

apolitique.....!

Telle n’a pas été l’opinion de la municipalité qui a refusé ce texte au prétexte qu’il était politique . Le Messager étant ‘apolitique’, exclusivement destiné à informer les Carnussiens des événements de la commune (qui, comme chacun sait, n’ont jamais rien de politique!), ce texte ne pouvait convenir.

Cet argument n’ avait pas convaincu certains mauvais esprits (il y en a toujours et partout, vous savez !) mais ils n’avaient pas le choix. Il fallait se plier à la censure municipale !

Quelle n’a pas été la stupéfaction des mêmes esprits chagrins quand ils ont reçu le « Messager » en question et découvert, dès la première page, l’ éditorial du maire intitulé « La résistance au changement », dont les premières lignes  défendent les « réformes courageuses » du gouvernement sur les retraites, la fiscalité et la réforme territoriale en les justifiant par les habituels clichés  gouvernementaux : la « mondialisation », la « courbe démographique »,la « crise économique et financière ».  Bref, un texte éminemment politique, reprenant à son compte tous les poncifs de la propagande gouvernementale ; poncifs aussi creux que des slogans publicitaires, pour quiconque s’est penché un peu sérieusement sur ces questions. Ces merveilleuses « réformes » s’étaient bien sûr heurtées à la « contestation » de ceux qui résistent à tout changement, mais ils sont tellement bornés, les pauvres !

Ainsi, pour le maire de Carnoux, justifier les contre-réformes du ‘président des riches’ et les opposer, avec un dédain mal dissimulé, à la résistance de  la ‘France d’en bas’ serait donc apolitique. Mais dénoncer les effets de ces contre-réformes sur l’hôpital public serait politicien, partisan, toutes choses très mal vues dans le beau monde. Le Professeur Bernard Debré, député UMP, qui a récemment dénoncé la casse de l’hôpital public, n’est donc lui aussi qu’un vilain politicien.

Leur stupéfaction passée, les esprits chagrins se sont aussi souvenus d’une récente fête des associations où la municipalité s’était distinguée par un tri très sélectif et (n’en doutons pas) très ‘apolitique’, des associations autorisées à tenir un stand. Alors, ils se sont dit qu’à tout prendre, les déclarations de certains élus municipaux qui clament haut et fort : « Ici on est chez nous, on fait ce qu’on veut ! », avaient au moins le mérite de la franchise.

Ainsi va la vie dans la Principauté de Carnoux. L’instauration de République ne semble pas être pour demain, sans doute encore un effet de la résistance au changement.

J-C B

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